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La Rançon de Mon Silence

La Rançon de Mon Silence

Auteur:: Caius Hawthorn
Genre: Romance
Les phares de la voiture ont balayé mon visage, m'offrant un retour inattendu du néant. Après des mois d'enfer, de captivité et d'abus, j'étais Amélie, l'orpheline "adoptée" du Château Durand, retrouvée errant pieds nus et en haillons dans les rues de Bordeaux. Mais la pitié affichée par mes parents adoptifs et l'indifférence glaciale de mon "frère" Julien, l'homme que j'avais tant aimé, ont rapidement dissous toute illusion de normalité. Alors que j'essayais de manger, le dégoût m'a saisie, me faisant vomir le peu que j'avais dans le ventre. Il m'a regardée avec dégoût, l'air de rien. Puis mon père adoptif a posé une vérité glaçante : mon fonds de dotation, mon assurance-vie, aurait dû me libérer bien plus tôt. Julien savait, il a délibérément retardé le paiement de la rançon pour me "donner une leçon". Comment l'amour que je lui portais avait-il pu se transformer en une telle haine ? Pourquoi a-t-il voulu me détruire ainsi ? Ces mois d'agonie n'étaient pas un accident, mais une punition délibérée. Ce château, autrefois mon refuge, est devenu la prison de ma mémoire. Je dois partir, m'échapper de ce passé qui me ronge, et comprendre pourquoi. Mais cette évasion ne sera que le début.

Introduction

Les phares de la voiture ont balayé mon visage, m'offrant un retour inattendu du néant.

Après des mois d'enfer, de captivité et d'abus, j'étais Amélie, l'orpheline "adoptée" du Château Durand, retrouvée errant pieds nus et en haillons dans les rues de Bordeaux.

Mais la pitié affichée par mes parents adoptifs et l'indifférence glaciale de mon "frère" Julien, l'homme que j'avais tant aimé, ont rapidement dissous toute illusion de normalité.

Alors que j'essayais de manger, le dégoût m'a saisie, me faisant vomir le peu que j'avais dans le ventre.

Il m'a regardée avec dégoût, l'air de rien.

Puis mon père adoptif a posé une vérité glaçante : mon fonds de dotation, mon assurance-vie, aurait dû me libérer bien plus tôt.

Julien savait, il a délibérément retardé le paiement de la rançon pour me "donner une leçon".

Comment l'amour que je lui portais avait-il pu se transformer en une telle haine ?

Pourquoi a-t-il voulu me détruire ainsi ?

Ces mois d'agonie n'étaient pas un accident, mais une punition délibérée.

Ce château, autrefois mon refuge, est devenu la prison de ma mémoire.

Je dois partir, m'échapper de ce passé qui me ronge, et comprendre pourquoi.

Mais cette évasion ne sera que le début.

Chapitre 1

Les phares de la voiture ont balayé la rue déserte, s'arrêtant sur une silhouette fragile. C'était moi, Amélie. Pieds nus, vêtue de haillons, errant dans Bordeaux.

Les médias s'étaient déjà emparés de l'histoire. La "fille adoptive disparue du Château Durand" était réapparue.

Mathieu, le chef de la sécurité du domaine, a arrêté la voiture. Il est sorti sans un mot, m'a enveloppée dans une grande couverture et m'a aidée à monter à l'arrière.

Puis il a ouvert la portière avant. Julien, mon "frère" adoptif, l'homme que j'avais aimé jusqu'à l'obsession, est sorti.

Il m'a regardée de haut en bas. Son visage était un masque de dégoût.

« Regarde-toi, on dirait un chien errant. »

Ces mots, froids et tranchants, ont confirmé ce que mon cœur savait déjà. Il était responsable. Son indifférence pendant ma captivité n'était pas un oubli. C'était un choix.

Je n'ai pas répondu. J'ai simplement baissé la tête, cachant mon visage dans la couverture.

Le silence dans la voiture sur le chemin du retour était lourd. Mathieu conduisait, son regard fixé sur la route. Julien, à côté de lui, regardait par la fenêtre, comme si ma présence le souillait.

J'étais un problème qu'on venait de récupérer. Pas une sœur, pas même un être humain. Juste une nuisance.

De retour au château, mes parents adoptifs, les Durand, m'ont accueillie avec des larmes et de la pitié.

« Ma pauvre chérie, mon Dieu, qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? » a sangloté Mme Durand en me serrant dans ses bras.

Son parfum de luxe m'a donné la nausée. Je me suis raidie, incapable de lui rendre son étreinte.

Le dîner a été un désastre. La table était dressée avec l'argenterie et la porcelaine habituelles. Camille, l'assistante de Julien, était là. Elle était assise à côté de lui, lui souriant, me lançant des regards méprisants.

Elle avait pris ma place.

Julien a rempli mon assiette. Un morceau de bœuf saignant, des pommes de terre dorées. La nourriture que j'aimais avant.

« Mange, » m'a-t-il ordonné, sans me regarder.

J'ai fixé l'assiette. L'odeur de la viande m'a rappelé la nourriture avariée qu'on me jetait au sol. Mon estomac s'est noué.

J'ai pris ma fourchette, mes mains tremblaient. J'ai porté un petit morceau à ma bouche.

Immédiatement, j'ai eu un haut-le-cœur. Je me suis levée d'un bond, une main sur la bouche, et j'ai couru hors de la salle à manger. J'ai vomi dans les toilettes du rez-de-chaussée, vidant le peu que j'avais dans l'estomac.

Quand je suis revenue, chancelante, tout le monde me regardait. La pitié sur le visage de mes parents. L'agacement sur celui de Julien. Le triomphe sur celui de Camille.

Personne ne comprenait. Personne ne voulait comprendre.

Chapitre 2

Le lendemain, M. Durand est venu dans ma chambre. Il avait l'air fatigué, rongé par la culpabilité. Il s'est assis sur le bord de mon lit.

« Amélie, il y a quelque chose que je dois te dire. »

Il m'a expliqué. Mes parents biologiques, morts dans un accident de voiture quand j'étais enfant, m'avaient laissé une assurance-vie. 400 000 euros. La même somme que la rançon.

« C'était ta dot, » a-t-il dit, la voix brisée. « Julien... il le savait. Il a utilisé cet argent pour la rançon, mais... il a attendu. »

Le monde s'est arrêté de tourner. Alors, j'avais les moyens de payer. J'aurais pu être libérée dès le premier jour. Mais Julien avait délibérément retardé le paiement. Pour me "donner une leçon".

M. Durand m'a tendu une carte bancaire.

« C'est à toi. C'est ton argent. Tu peux faire ce que tu veux. »

À cet instant, j'ai su. Je devais partir. Loin de Julien, loin de ce château qui était devenu ma prison. L'obsession que j'avais pour lui s'est transformée en une haine froide et pure.

Plus tard dans la journée, Julien est entré dans ma chambre sans frapper. Il m'a vue assise sur le lit, étrangement calme.

« Tu as l'air mieux, » a-t-il dit, d'un ton maladroit.

Il a essayé de s'approcher, de poser une main sur mon épaule.

J'ai reculé violemment, comme si son contact allait me brûler. La peur pure a envahi mon visage.

Il a froncé les sourcils, confus par ma réaction.

« Qu'est-ce que tu as ? Je suis ton frère. »

Mon frère. Le mot était un poison.

Il ne comprenait pas. Il ne comprendrait jamais l'étendue du mal qu'il m'avait fait.

La nuit est tombée. J'ai attendu que le château soit endormi. J'ai mis quelques affaires dans un petit sac, la carte bancaire bien cachée dans ma poche.

Je suis descendue sans faire de bruit, mes pieds nus sur le marbre froid. Mon plan était simple : marcher jusqu'à la route principale et appeler un taxi.

Mais en passant devant le bureau de la sécurité, la porte s'est ouverte. Mathieu était là. Il faisait sa ronde.

Il m'a regardée, puis mon sac. Il a compris tout de suite.

« Mademoiselle Amélie, où allez-vous ? »

Le désespoir m'a submergée. J'ai éclaté en sanglots, incapable de parler. Je lui ai juste montré mes bras. Sous les manches longues de mon pull, les cicatrices de brûlures et de coupures racontaient l'histoire que mes lèvres ne pouvaient pas prononcer.

Le visage de Mathieu s'est durci. Il a regardé mes bras, puis mon visage en larmes. Il a vu la vérité.

« C'est lui, n'est-ce pas ? C'est Julien. »

J'ai hoché la tête, tremblante.

Il n'a pas posé d'autres questions. Il a pris une décision.

« Venez. Je vous emmène. »

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