Je suis Everly, une louve-garou vivant dans une meute qui ne m'a jamais vraiment acceptée. Mes journées sont remplies de solitude et de regards méprisants, mais j'ai appris à endurer en silence. Être la fille du chef de la meute n'a pas rendu ma vie plus facile. Au contraire, cela a amplifié les attentes et les déceptions. Mon père, Alaric, est un chef respecté mais impitoyable, et il a toujours préféré mon frère, Kael, à moi. Ce favoritisme flagrant a creusé un fossé entre nous.
Le soleil se levait à peine lorsque je suis sortie de notre maison, une grande bâtisse en bois nichée au cœur de la forêt. L'air frais du matin était vivifiant, mais je savais que la journée qui m'attendait serait loin d'être agréable. En traversant la cour, j'ai croisé plusieurs membres de la meute qui me jetèrent des regards froids, certains murmurant entre eux. Je serrai les poings et baissai la tête, habituée à cette hostilité silencieuse.
Je me suis dirigée vers la salle d'entraînement, un grand espace ouvert où les membres de la meute s'exercent et se préparent aux éventuels dangers. Kael était déjà là, donnant des ordres et démontrant des mouvements de combat. Les autres loups-garous l'écoutaient avec une attention respectueuse. Mon frère avait toujours été le fils prodigue, l'héritier idéal aux yeux de notre père.
- Everly, tu es en retard, comme d'habitude, lança Kael en me voyant approcher.
- Je ne suis pas en retard, rétorquai-je, le visage impassible. L'entraînement commence dans cinq minutes.
Il haussa les épaules, un sourire moqueur étirant ses lèvres.
- Peu importe, nous n'avons pas besoin de toi ici. Pourquoi ne pas aller cueillir des baies ou faire quelque chose d'utile pour une fois ?
Les autres ricanèrent, et je sentis mes joues chauffer de honte et de colère. Je ne répondis pas et me dirigeai vers l'extrémité de la salle, m'entraînant seule comme à mon habitude. Mes mouvements étaient précis et fluides, fruits de longues heures de pratique en solitaire. Pourtant, je savais que peu importe mes compétences, elles ne seraient jamais reconnues par mon père ou mon frère.
Après l'entraînement, je décidai de rendre visite à Luna, ma meilleure amie. Luna et moi avions grandi ensemble, et malgré les défis de ma vie, elle avait toujours été là pour moi. Sa maison était située à l'autre bout du village, une petite maison charmante entourée de fleurs sauvages. En arrivant, je frappai à la porte, et elle m'ouvrit presque immédiatement, un large sourire éclairant son visage.
- Everly ! Entre, ça fait longtemps que je ne t'ai pas vue.
Je lui rendis son sourire et entrai. La chaleur de son foyer et son accueil chaleureux étaient toujours un réconfort pour moi.
- Désolée, j'ai été occupée avec... tout, dis-je en soupirant. Comment vas-tu ?
- Bien, répondit-elle en me conduisant dans la cuisine. J'ai préparé du thé, viens t'asseoir.
Nous nous installâmes à la table, et elle me servit une tasse de thé fumant. Son regard se fit plus sérieux.
- Comment ça se passe avec ton père et Kael ?
Je haussai les épaules, tentant de paraître indifférente.
- Comme d'habitude. Kael est toujours le favori, et mon père ne voit que ses exploits. Rien de nouveau.
Luna me prit la main et la serra doucement.
- Everly, tu es tellement plus forte que tu ne le crois. Ne les laisse pas te rabaisser. Un jour, ils verront ta valeur.
Je souris faiblement. Les paroles de Luna étaient réconfortantes, mais il était difficile de garder espoir. Nous continuâmes à discuter de tout et de rien, et pendant un moment, j'oubliai mes soucis. Mais cette tranquillité fut de courte durée.
En retournant chez moi, je tombai sur mon père, Alaric, dans le hall d'entrée. Il était un homme imposant, avec des yeux perçants et une posture rigide. Il me fixa avec un regard froid.
- Everly, j'ai besoin de te parler.
Mon cœur se serra, mais je gardai un visage impassible.
- Oui, père ?
- J'ai entendu des plaintes à ton sujet, commença-t-il. Il semble que tu ne contribues pas autant que tu le devrais à la meute. Tu dois prendre tes responsabilités plus au sérieux.
Je serrai les dents, retenant une réponse cinglante. Je savais que me défendre ne ferait qu'empirer les choses.
- Je fais de mon mieux, répondis-je calmement. Je m'entraîne dur et j'essaie de...
- Ton mieux n'est pas suffisant, coupa-t-il. Regarde ton frère, Kael. Il donne tout pour cette meute. Tu devrais t'inspirer de lui.
La comparaison constante avec Kael était insupportable, mais je m'inclinai légèrement, comme pour signifier mon acceptation.
- Je vais essayer de faire mieux, dis-je simplement.
Alaric hocha la tête, visiblement insatisfait mais prêt à mettre fin à la conversation. Je me retirai rapidement dans ma chambre, cherchant refuge dans la solitude. Mon espace personnel était mon sanctuaire, un endroit où je pouvais être moi-même sans jugement.
Assise sur mon lit, je repensai aux paroles de Luna et à ma rencontre avec mon père. La colère et la frustration bouillonnaient en moi, mais je savais que je devais les canaliser en quelque chose de productif. J'étais déterminée à prouver ma valeur, non seulement à ma meute, mais aussi à moi-même.
Le crépuscule commençait à tomber lorsque je décidai de sortir pour une course nocturne dans la forêt. La transformation en loup-garou était toujours une expérience libératrice, un moment où je pouvais me connecter à mon véritable moi. La forêt était dense et sombre, mais mes sens aiguisés guidaient mes pas avec assurance.
Alors que je courais à travers les arbres, je sentis une présence familière et me retournai pour voir Luna, elle aussi transformée. Elle m'avait suivie, comme elle le faisait souvent.
- Je savais que je te trouverais ici, dit-elle en s'approchant de moi.
Nous courûmes ensemble en silence pendant un moment, savourant la liberté que nous offrait notre forme animale. Après un certain temps, nous nous arrêtâmes près d'un ruisseau, reprenant notre forme humaine.
- Tu sais, Everly, tu es la meilleure amie que j'ai jamais eue, dit Luna en s'asseyant sur une pierre. Je ne veux pas te voir souffrir à cause de ton père et de Kael.
Je m'assis à côté d'elle, touchée par sa sincérité.
- Merci, Luna. Toi aussi, tu es la meilleure amie que j'ai jamais eue. Parfois, tu es la seule raison pour laquelle je tiens le coup.
Luna me sourit, et nous restâmes là, profitant de la quiétude de la forêt nocturne. Pourtant, une partie de moi ne pouvait s'empêcher de se demander combien de temps je pourrais supporter cette marginalisation. J'étais prête à me battre pour ma place dans la meute, mais je savais que le chemin serait long et ardu.
En retournant chez moi cette nuit-là, je me sentais plus déterminée que jamais. J'avais Luna à mes côtés, et je savais que je devais trouver un moyen de prouver ma valeur. Peu importe les obstacles, je n'abandonnerais pas. J'étais Everly, fille du chef de la meute, et je méritais ma place autant que n'importe qui d'autre.
Ainsi se terminait une journée de plus dans ma vie compliquée. Demain, je continuerais à me battre, à m'entraîner, et à chercher des moyens de gagner le respect et la reconnaissance que je méritais. Mon parcours serait difficile, mais j'étais prête à l'affronter, tête haute et cœur vaillant.
Les jours qui suivirent furent étranges. Luna, habituellement si présente et chaleureuse, commença à se comporter de manière distante. Nos conversations, jadis pleines de complicité et de rires, se firent de plus en plus rares. Au départ, je mis cela sur le compte du stress et des obligations de la meute. Mais bientôt, je ne pus ignorer l'évidence.
Un matin, alors que je sortais pour m'entraîner, je croisai Luna près de la salle de réunion. Elle semblait agitée, jetant des regards furtifs autour d'elle. Je m'approchai avec un sourire, espérant chasser la tension apparente.
- Salut, Luna. Tu vas bien ? Ça fait quelques jours qu'on ne s'est pas vues, dis-je avec une légère hésitation.
Elle sursauta légèrement, comme prise en faute, puis se tourna vers moi avec un sourire forcé.
- Oh, salut Everly. Oui, désolée, j'ai été... occupée, répondit-elle en évitant mon regard.
- Tu es sûre que tout va bien ? On dirait que quelque chose te tracasse.
Elle secoua la tête vivement, mais son sourire ne parvint pas à masquer son inconfort.
- Non, tout va bien. Juste... des trucs de la meute, tu sais comment c'est.
Je hochai la tête, bien que mon intuition me criait qu'il y avait autre chose. Nous échangeâmes quelques banalités avant qu'elle ne trouve une excuse pour s'éloigner rapidement. Je restai là, perplexe et inquiète.
Les jours suivants, son comportement devint encore plus étrange. Elle évitait mon regard, trouvait des excuses pour ne pas passer de temps avec moi, et semblait constamment sur ses gardes. Un soir, en revenant d'une course à travers la forêt, je décidai de la suivre discrètement, espérant comprendre ce qui n'allait pas.
Je la vis se faufiler dans les bois, jetant des coups d'œil nerveux par-dessus son épaule. Mes sens aiguisés me permirent de la suivre sans être repérée. Après quelques minutes, elle rejoignit un petit groupe de loups-garous, dont certains appartenaient à notre meute. Parmi eux se trouvait Kael.
Je me cachai derrière un arbre, tendant l'oreille pour écouter leur conversation.
- ...et si on réussit à la faire expulser, nous pourrons enfin instaurer un nouvel ordre, disait Kael, son ton empreint de détermination.
- Mais comment convaincre le conseil de la meute ? demanda Luna, ses yeux brillant d'une inquiétude que je ne lui connaissais pas.
Kael sourit froidement.
- Ne t'inquiète pas pour ça. J'ai mes moyens. Il suffit que tu continues à la discréditer. Fais en sorte qu'elle commette une erreur irréparable.
Mon cœur se serra alors que les paroles de Kael s'infiltraient dans mon esprit. Luna complotait contre moi, avec mon propre frère. La trahison brûla en moi comme une flamme vive, et je dus me mordre la lèvre pour ne pas crier.
Une fois la réunion terminée, je retournai discrètement chez moi, mon esprit tourbillonnant de colère et de chagrin. Je devais confronter Luna, mais comment ? Une partie de moi refusait d'y croire, espérant encore qu'il s'agissait d'un malentendu.
Le lendemain, je retrouvai Luna près du ruisseau où nous avions l'habitude de nous rencontrer. Elle semblait nerveuse, et je pris une profonde inspiration avant de m'avancer vers elle.
- Luna, nous devons parler, dis-je, ma voix plus ferme que je ne l'avais prévu.
Elle se tourna vers moi, son sourire habituel absent.
- De quoi veux-tu parler, Everly ?
- Je sais tout, Luna. Je sais que tu complotes avec Kael pour me faire expulser de la meute, dis-je en croisant les bras, essayant de contenir ma colère.
Son visage se décomposa en une expression de surprise et de peur.
- Everly, ce n'est pas ce que tu crois...
- Pas ce que je crois ? Je vous ai entendus ! Vous essayez de me discréditer, de me faire chasser ! Comment as-tu pu me faire ça ? Toi, ma meilleure amie !
Elle recula d'un pas, les larmes commençant à couler.
- Je... je n'avais pas le choix. Kael m'a menacée. Il m'a dit que si je ne l'aidais pas, il s'en prendrait à ma famille.
Je secouai la tête, sentant ma colère se transformer en une douleur profonde.
- Et tu as pensé que trahir ton amie était la meilleure solution ?
Elle éclata en sanglots, tombant à genoux devant moi.
- Everly, je suis désolée. Je ne voulais pas te faire de mal. Je suis piégée. Je ne sais pas quoi faire.
Je regardai Luna, partagée entre la compassion et la colère.
- Tu aurais dû me parler. On aurait trouvé une solution ensemble. Maintenant, il est peut-être trop tard.
Je la laissai là, au bord du ruisseau, mes émotions en ébullition. Comment pourrais-je faire confiance à quelqu'un à nouveau après une telle trahison ?
En rentrant chez moi, je trouvai Kael et mon père en pleine conversation. Leur regard se tourna vers moi alors que j'entrais.
- Everly, où étais-tu ? demanda Alaric, son ton sec et autoritaire.
- Je parlais à Luna, répondis-je, le regard fixant Kael avec une intensité brûlante.
Il haussa un sourcil, feignant l'innocence.
- Oh, et de quoi parliez-vous ? demanda-t-il nonchalamment.
- De ta tentative de me faire expulser de la meute, Kael, crachai-je. Je sais tout.
Alaric fronça les sourcils, se tournant vers Kael avec une lueur de suspicion dans les yeux.
- Est-ce vrai, Kael ?
Mon frère éclata de rire, secouant la tête.
- Everly, tu es vraiment paranoïaque. Pourquoi voudrais-je te faire expulser ?
Je fis un pas en avant, le poing serré.
- Parce que tu as toujours voulu être l'unique héritier. Tu ne supportes pas l'idée que je puisse avoir une place dans cette meute.
- Assez ! tonna Alaric. Kael, est-ce vrai ce que dit ta sœur ?
Kael croisa les bras, adoptant une posture de défi.
- Père, Everly perd la tête. Elle invente des histoires pour attirer l'attention. Tu sais bien que je n'ai rien à voir avec ça.
Je serrai les dents, sentant la frustration monter en moi. Je savais que prouver sa culpabilité serait difficile, surtout avec mon père biaisé en sa faveur.
- Père, je te demande juste de garder l'esprit ouvert. Si tu n'es pas prêt à me croire, au moins surveille Kael et Luna. Leurs actions parleront d'elles-mêmes.
Alaric hocha la tête, bien que son regard restât froid et distant.
- Très bien. Mais sache que je ne tolérerai aucune accusation infondée. Everly, fais attention à ce que tu dis.
Je quittai la pièce, sentant les larmes monter. Ma propre famille complotait contre moi, et la personne en qui j'avais le plus confiance m'avait trahie. La solitude que je ressentais autrefois s'intensifiait, me laissant un goût amer en bouche.
Cette nuit-là, je ne pus trouver le sommeil. Les mots de Luna résonnaient dans ma tête, mélangés aux rires moqueurs de Kael. J'avais besoin d'un plan. Il ne suffisait plus de me défendre, je devais contre-attaquer. Mais comment prouver leur complot sans preuves tangibles ?
Je me levai tôt le lendemain matin, déterminée à trouver des réponses. En marchant dans la forêt, je rencontrai Jarek, un des membres les plus anciens et respectés de la meute. Il avait toujours été impartial et sage.
- Jarek, puis-je te parler ? demandai-je, ma voix tremblante d'émotion.
Il hocha la tête, me faisant signe de m'asseoir à côté de lui sur un tronc d'arbre.
- Bien sûr, Everly. Que se passe-t-il ?
Je lui expliquai tout, de la distance récente de Luna à la découverte de leur complot. Jarek écouta attentivement, son visage grave.
- Everly, ta situation est délicate. Mais sache que la vérité finit toujours par éclater. Si Luna et Kael complotent réellement contre toi, ils finiront par faire une erreur.
Je soupirai, reconnaissante de son soutien.
- Mais que puis-je faire en attendant ?
- Continue à être toi-même. Montre à la meute que tu es digne de leur respect et de leur confiance. Et garde les yeux ouverts. La vérité finira par se révéler.
Ses paroles m'apportèrent un peu de réconfort. J'avais un long chemin à parcourir, mais je n'étais pas seule. J'avais des alliés, même si leur nombre était réduit.
En retournant à la maison, je fis face à une
Nouvelle réalité. La trahison de Luna avait brisé quelque chose en moi, mais elle m'avait aussi rendue plus forte, plus déterminée. J'étais prête à tout pour prouver ma valeur et protéger ma place dans la meute.
Alors que le soleil se couchait sur une nouvelle journée, je sentis une résilience nouvelle naître en moi. La bataille ne faisait que commencer, et j'étais prête à affronter tous les défis qui se dresseraient sur ma route. Pour ma meute, pour ma famille, et surtout, pour moi-même.
Le lendemain matin, je me réveillai avec une détermination renouvelée. Les mots de Jarek résonnaient encore dans mon esprit. Il avait raison, je devais prouver ma valeur à la meute. Mais avant cela, je devais confronter mon père, Alaric, avec mes soupçons. C'était un risque à prendre, mais il fallait que je le fasse.
Je pris une profonde inspiration en m'approchant du bureau de mon père, une pièce sombre et austère où il passait la majorité de son temps. Je frappai à la porte et attendis.
- Entre, fit la voix autoritaire d'Alaric.
J'entrai et refermai la porte derrière moi. Mon père était assis à son bureau, penché sur une pile de documents. Il leva les yeux vers moi, ses sourcils se fronçant de mécontentement.
- Que veux-tu, Everly ? demanda-t-il sèchement.
Je pris une grande inspiration, essayant de rassembler tout mon courage.
- Père, je dois te parler de quelque chose d'important. Cela concerne Luna et Kael.
Il se redressa légèrement, ses yeux perçants scrutant les miens.
- Continue.
- J'ai des raisons de croire que Luna et Kael complotent contre moi. Ils cherchent à me faire expulser de la meute, commençai-je, sentant ma voix trembler légèrement malgré moi.
Il poussa un soupir exaspéré et se pencha en arrière dans son fauteuil, croisant les bras sur sa poitrine.
- Everly, tu es sérieuse ? Tu viens me parler de rumeurs et de suspicions sans la moindre preuve tangible ?
- Ce ne sont pas des rumeurs, Père. J'ai entendu une conversation entre eux. Ils planifient de me discréditer, insistai-je, essayant de garder mon calme.
- Tu n'as donc rien de mieux à faire que d'espionner ta propre famille ? Ton frère et Luna ont des responsabilités importantes. Ils n'ont pas de temps à perdre avec des complots imaginaires, répliqua-t-il avec mépris.
Je serrai les poings, sentant la frustration monter en moi. Pourquoi ne voulait-il jamais me croire ?
- Père, je ne mens pas. Kael veut se débarrasser de moi pour être l'unique héritier. Il utilise Luna pour parvenir à ses fins.
Il se leva brusquement, son visage se durcissant.
- Assez ! Kael est un membre loyal et dévoué de cette meute, tout comme Luna. Tes accusations ne sont rien d'autre que des tentatives désespérées pour attirer l'attention. Si tu ne peux pas te comporter de manière responsable, alors il est peut-être temps que tu considères sérieusement ta place ici.
La douleur de ses paroles me transperça, mais je refusai de me laisser abattre.
- Tu ne comprends pas, Père. Je ne cherche pas à attirer l'attention. Je veux simplement protéger notre meute des manigances de Kael.
Il se tourna vers moi, ses yeux brûlant de colère.
- Tu es pathétique, Everly. Toujours à te plaindre et à accuser les autres de tes propres échecs. Je n'ai plus de temps à perdre avec tes enfantillages. Si tu veux prouver ta valeur, fais-le par des actions, pas par des accusations sans fondement.
Je restai figée, sentant les larmes me monter aux yeux, mais je refusai de les laisser couler devant lui. Sans un mot de plus, je sortis du bureau, mon cœur lourd de douleur et de déception.
En sortant, je tombai nez à nez avec Kael. Il avait certainement entendu notre conversation, car un sourire narquois étirait ses lèvres.
- Alors, petite sœur, tu as décidé de jouer les martyres ? railla-t-il.
Je le fusillai du regard, la colère remplaçant la tristesse dans mon cœur.
- Je ne joue pas les martyres, Kael. Je défends simplement ma place dans cette meute.
Il éclata de rire, un son dur et cruel.
- Ta place ? Quelle place, Everly ? Tu n'as jamais eu de place ici. Tu n'es qu'une nuisance, une épine dans le pied de notre père.
Je sentis la rage monter en moi, incontrôlable.
- Tu n'as aucune idée de ce que je vaux, Kael. Mais tu le découvriras bientôt. Je me battrai pour ma place, et je te prouverai que tu avais tort.
Il secoua la tête, toujours avec ce sourire dédaigneux.
- Bonne chance avec ça. Mais n'oublie pas, petite sœur, que dans cette meute, les faibles n'ont pas leur place. Et tu as toujours été la plus faible de nous deux.
Sans lui accorder un regard de plus, je me dirigeai vers la sortie. La douleur et la colère bouillonnaient en moi, mais elles alimentaient également ma détermination. Je ne pouvais pas laisser Kael et Luna gagner. Je devais trouver un moyen de prouver mes accusations, de montrer ma valeur.
La journée passa dans un flou de frustration et de planification. Je savais que pour renverser la situation, je devais être stratégique. J'avais besoin de preuves, et pour cela, je devais surveiller Kael et Luna de près.
Ce soir-là, après avoir partagé un repas silencieux avec la meute, je me rendis discrètement à la clairière où j'avais surpris Luna et Kael la dernière fois. En me cachant dans l'ombre des arbres, je guettai le moindre signe de leur présence. Les minutes passèrent lentement, et je commençais à perdre espoir lorsqu'ils apparurent enfin.
Luna semblait plus nerveuse que jamais, ses mains tremblant légèrement alors qu'elle parlait à Kael. Je tendis l'oreille, essayant de capter chaque mot.
- Kael, je ne sais pas combien de temps je peux continuer comme ça. Everly commence à se douter de quelque chose, murmura-t-elle.
- Peu importe. Nous devons continuer. Elle n'a aucune preuve, et Père ne la croira jamais, répondit Kael avec assurance.
- Mais et si elle trouve un moyen de prouver nos manigances ? demanda Luna, visiblement inquiète.
Kael attrapa son menton avec une main ferme, forçant son regard à croiser le sien.
- Écoute-moi bien, Luna. Nous sommes si près du but. Une fois qu'Everly sera hors de notre chemin, plus rien ne pourra nous arrêter. Fais ce que je te dis, et tout se passera bien.
Je serrai les poings, sentant une rage froide m'envahir. J'avais entendu assez. Je savais maintenant que leurs intentions étaient claires et que Luna n'était pas une victime innocente dans cette affaire.
Le lendemain matin, je décidai de retourner voir Jarek. S'il y avait bien une personne dans la meute qui pourrait m'aider, c'était lui. En arrivant chez lui, je frappai doucement à la porte.
- Entre, Everly, dit-il en ouvrant la porte. Tu as l'air préoccupée.
- J'ai besoin de ton aide, Jarek. J'ai surpris une autre conversation entre Kael et Luna. Ils complotent vraiment contre moi. Il faut que tu m'aides à trouver des preuves pour les démasquer.
Il hocha la tête, son expression grave.
- Je te crois, Everly. Nous allons trouver un moyen. Mais cela nécessitera de la patience et de la ruse. Es-tu prête à tout pour prouver la vérité ?
Je le regardai droit dans les yeux, la détermination brûlant en moi.
- Oui, Jarek. Je suis prête à tout.
- Très bien. Nous allons commencer par surveiller leurs mouvements. Tu devras te montrer discrète et ne pas éveiller leurs soupçons. Je parlerai également à quelques membres de la meute en qui j'ai confiance. Nous devons être prudents.
Les jours qui suivirent furent intenses. J'appris à me fondre dans l'ombre, à écouter et à observer sans être vue. Jarek et moi réussîmes à rassembler des fragments de conversations et des comportements suspects, mais il nous fallait encore quelque chose de plus concret.
Un soir, alors que je me préparais à aller me coucher, je reçus une note glissée sous ma porte. Elle était de Jarek. "Rencontre-moi à minuit près de la vieille grange. J'ai quelque chose à te montrer."
À l'heure dite, je me glissai hors de la maison, prenant soin de ne réveiller personne. La vieille grange se trouvait à l'écart du village, enveloppée dans l'obscurité et le silence. Jarek m'attendait, une lampe torche à la main.
- Qu'as-tu trouvé ? murmurai-je en m'approchant de lui.
- Suis-moi, répondit-il simplement.
Nous entrâmes dans la grange, et il me conduisit vers un coin reculé. Là, parmi les vieilles bottes de foin et les outils rouillés, se trouvait une cachette. Jarek l'ouvrit délicatement et sortit un dossier.
- C'est un journal de Kael. J'ai réussi à le récupérer discrètement. Il contient des notes sur ses plans et sur les actions de Luna. C'est exactement ce dont nous avions besoin.
Je pris le dossier, mes mains tremblantes d'excitation et de
Peur. En le feuilletant rapidement, je vis des descriptions détaillées de leurs plans pour me discréditer, des dates, des conversations. C'était la preuve tangible que je cherchais.
- Merci, Jarek. Avec ça, je pourrai enfin prouver la vérité à notre père.
Il hocha la tête, un sourire rassurant sur son visage.
- Fais attention, Everly. Kael et Luna ne reculeront devant rien pour atteindre leurs objectifs. Assure-toi que tu es bien préparée avant de confronter Alaric.
Je rentrai chez moi, le dossier serré contre moi. Je savais que la confrontation avec mon père serait difficile, mais j'étais prête. Cette fois, j'avais les preuves nécessaires. La vérité finirait par éclater, et je pourrais enfin trouver ma place dans la meute.
Alors que je me couchais, je sentis une lueur d'espoir renaître en moi. La bataille n'était pas encore gagnée, mais j'étais plus déterminée que jamais à me battre pour ma place et pour la justice. Le chemin serait long et semé d'embûches, mais je n'étais plus seule. J'avais des alliés et, surtout, j'avais la vérité de mon côté.