Genre Classement
Télécharger l'appli HOT
Accueil > Milliardaire > La Mariée en Danger
La Mariée en Danger

La Mariée en Danger

Auteur:: God's deel
Genre: Milliardaire
Lorsque Antonio Morelli , un milliardaire de la mafia, épouse Sophie Blackwell , il ne s'attendait pas à tomber amoureux. Mais Sophie n'est pas une femme docile. Elle cache un secret qui pourrait tout changer. Alors que leur mariage devient un jeu de pouvoir, de trahison et de passion, ils doivent se battre ensemble contre des ennemis puissants.

Chapitre 1 Chapitre 1

Chapitre 1

Une bague. Un simple anneau d'or qu'Antonio fait glisser sur son doigt sans même la regarder. Sophie Blackwell, elle, garde les yeux rivés sur lui, son menton légèrement relevé, une arrogance contenue dans son silence. Tout le monde les observe. Les deux familles, les alliances, les invités, les hommes de main. Ce mariage, c'est une transaction, un pacte scellé sous des airs de fête. Les sourires sont faux, les félicitations sonnent creux.

Antonio ne supporte pas cette mascarade. Son père l'a acculé, forcé à accepter cette union sous prétexte d'un accord passé entre les Morelli et les Blackwell. Une dette à honorer, un équilibre à maintenir, une guerre à éviter. Ce n'est pas de l'amour, c'est une stratégie. Sophie, il ne la connaît pas, et pourtant, il l'a déjà en horreur. Trop fière, trop froide. Elle se tient là, dans cette robe blanche qui aurait dû symboliser une promesse, mais qui ne signifie rien d'autre qu'une cage.

Quand il se penche pour embrasser sa nouvelle épouse, elle ne détourne pas la tête, mais ses lèvres restent closes, figées. Un frisson lui traverse l'échine. Il sent son défi, son refus de se soumettre. Il serre la mâchoire, glisse sa main dans la sienne avec plus de force qu'il ne devrait. Elle ne bronche pas.

Les applaudissements résonnent. Antonio lâche sa main. Sophie recule d'un pas infime, imperceptible aux yeux des autres, mais pas aux siens. Elle veut garder ses distances. Il veut en faire autant.

- Félicitations, murmure son père en lui serrant l'épaule, un sourire satisfait aux lèvres.

Antonio ne répond rien. Il sait ce que ça veut dire. Il a fait ce qu'on attendait de lui. Il a rempli son rôle. Mais il n'a rien promis de plus.

***

La réception bat son plein, mais Antonio a déjà envie de s'éclipser. Les rires, la musique, l'alcool... Tout ça le fatigue. Il attrape un verre de whisky et s'installe à une table à l'écart. Il n'a pas envie de sourire, pas envie de trinquer à ce mariage dont il se fout.

- Ce n'est pas très courtois d'ignorer sa femme le jour de son mariage.

La voix de Sophie le tire de ses pensées. Elle s'est approchée, un verre à la main, un léger sourire au coin des lèvres. Ironique.

- Je croyais qu'on était d'accord pour ne pas jouer la comédie.

- Je n'ai jamais dit que j'allais faire semblant, rétorque-t-elle en s'asseyant en face de lui.

Antonio la scrute. Elle est belle, il ne peut pas le nier. Mais ce n'est pas une beauté douce. Elle a des yeux perçants, une posture droite, une manière de le regarder qui l'agace.

- Pourquoi tu as accepté ce mariage ? demande-t-il, sa voix grave, posée.

Sophie hausse les épaules, sirote son verre.

- Pourquoi tu l'as accepté, toi ?

Antonio ricane. Elle répond par une question, comme si elle n'avait pas l'intention de lui donner une vraie réponse. Ça l'énerve. Il pose son verre avec un bruit sec sur la table.

- On sait tous les deux que c'est de la merde. Mais il y a toujours une raison.

Un silence. Puis elle se penche légèrement vers lui, plante ses yeux dans les siens.

- Et si je n'avais pas envie de te la donner ?

Antonio serre les poings sous la table. Il sait qu'il ne tirera rien d'elle ce soir. Et il déteste ça.

***

Ils quittent la réception ensemble, mais le silence entre eux est pesant. Arrivés à leur suite nuptiale, Antonio ouvre la porte sans un mot et la laisse entrer la première.

Sophie ne jette même pas un regard autour d'elle. Elle pose ses affaires, retire ses boucles d'oreilles, défait lentement son collier. Antonio l'observe du coin de l'œil. Elle est trop calme.

- Je vais dormir sur le canapé, dit-il.

Elle s'arrête, lève un sourcil.

- Comme tu veux.

Pas de sarcasme. Pas de provocation. Juste une acceptation glaciale qui le laisse un peu trop frustré.

Il attrape une couverture, s'installe sans même prendre la peine de retirer sa chemise. Sophie éteint la lumière sans un bruit.

Le silence s'étire.

Puis, dans l'obscurité, une voix.

- Tu crois qu'on va se supporter longtemps ?

Antonio ne répond pas tout de suite.

- Tant que nos familles en auront besoin.

Un souffle amusé.

- Alors on est d'accord.

Oui. Ils sont d'accord. Mais ça ne veut pas dire qu'ils se feront confiance. Ni qu'ils baisseront leur garde.

Chapitre 2 Chapitre 2

Chapitre 2

Pas de place pour les caprices. Pas de place pour l'imprévu.

Antonio pose les règles. Claires. Simples. Incontournables.

- Tu seras mon épouse. Tu te comporteras comme telle.

Sophie ne cille pas.

- Je croyais que tu ne voulais pas de comédie.

- Je veux le contrôle.

Elle esquisse un sourire. Une moquerie glaciale.

- Je ne suis pas un pion.

Antonio s'approche. Trop près. Elle ne recule pas.

- Tu es tout ce que j'ai décidé que tu serais.

Silence. Une tension. Une attente. Il s'attend à ce qu'elle réponde. Qu'elle explose. Qu'elle se révolte. Mais elle se contente de le fixer. Puis elle tourne les talons.

Il la regarde s'éloigner. Son dos droit, son menton relevé. Il sent une colère sourde. Une frustration inexplicable.

***

Le manoir est un piège.

Sophie le sent dès qu'elle franchit le seuil.

Des regards. Partout. Des gardes. Discrets mais omniprésents. Des silhouettes qui bougent dans l'ombre. Des murmures qui s'éteignent dès qu'elle passe.

Elle teste. Avance trop près d'une porte fermée. Une main se pose sur son bras.

- Vous ne pouvez pas aller là.

Un homme. Grand. Impassible. Pas une once d'hésitation.

- Et si j'insiste ?

- Ce serait une erreur.

Elle retient un rictus.

Elle est surveillée. Chaque mouvement, chaque souffle. Une prison dorée.

Elle retourne dans la chambre. Antonio est là.

- C'est une forteresse, lâche-t-elle.

- C'est chez moi.

- Chez nous, tu veux dire.

Un sourire. Froid.

- Tu n'y es qu'une invitée.

Elle serre les poings.

***

Antonio observe.

Sophie ne se contente pas d'accepter. Elle cherche les limites. Elle les teste. Un jeu dangereux.

Il devrait la briser. Éteindre cette flamme d'insolence.

Mais il hésite.

Elle l'agace. L'intrigue. Il ne sait pas ce qui le dérange le plus.

Dans son lit, il ferme les yeux. Il pense à elle. À son regard. À sa bouche qui refuse de se plier.

Il pourrait la séduire. La posséder.

Ou la soumettre.

Le choix n'a jamais été aussi compliqué.

Chapitre 3 Chapitre 3

Chapitre 3

La tension se faisait sentir dans l'air, aussi lourde qu'un secret longtemps enfoui. Une enveloppe, déposée sans crier gare, s'était glissée sous la porte de la chambre de Sophie. Ses doigts, hésitants et tremblants, se refermèrent sur le papier, comme si par ce simple contact elle pouvait appréhender le passé qu'elle s'efforçait d'oublier. L'écriture, fine et implacable, dévoilait des mots froids et tranchants  : « Le passé ne meurt jamais. » Un frisson glacé parcourut son échine.

Elle s'était toujours persuadée que la force résidait dans l'oubli, dans la reconstruction d'une vie neuve, à l'abri des ombres de jadis. Pourtant, ces mots, aussi nets qu'un couperet, la rappelaient à une époque douloureuse, où chaque instant était une lutte silencieuse contre des démons intérieurs. Le souvenir de ce secret, enfoui sous des années de silence, revenait avec une violence inattendue, réveillant en elle une angoisse qu'elle croyait avoir vaincue.

- Qui es-tu ? murmura-t-elle dans l'obscurité, sa voix brisée par l'émotion. Pourquoi maintenant, après tout ce temps ?

Le silence répondit, lourd de non-dits, mais l'écho de cette phrase résonnait en elle comme une sentence inéluctable. La lettre n'était pas une simple menace, c'était l'invocation d'un passé dont elle avait pourtant tenté de se défaire. Chaque mot semblait la narguer, rappelant la douleur et la honte qu'elle avait si soigneusement enterrées.

Pendant que Sophie se débattait avec ses émotions, loin de là, Antonio, implacable et exigeant, avait déjà donné l'ordre à ses hommes de traquer toute piste de menace. Dans le calme feutré d'une pièce aux allures austères, sa voix, basse et autoritaire, retentissait :

- Aucun détail n'est anodin. Si quelqu'un ose s'en prendre à mon épouse, il paiera cher.

Les visages de ses lieutenants se fermaient, conscients que dans son monde, la moindre faiblesse était une porte ouverte à l'attaque. Chacun savait que derrière l'ordre impitoyable d'Antonio se cachait une volonté de protéger ce qu'il avait de plus précieux, même si cette protection se faisait par la force et la détermination de toute une vie.

La nuit avançait, et l'enveloppe, désormais posée sur une table, semblait peser sur l'âme de Sophie. Dans le silence de sa chambre, elle relut inlassablement les lignes qui évoquaient un passé trop lourd à porter. Les mots la hantaient, réveillant des souvenirs qu'elle croyait s'être effacés avec le temps. Elle se rappelait alors des nuits froides, des trahisons, et d'un amour déchu qui avait laissé des cicatrices profondes.

- Fuir n'est plus une option, se répétait-elle intérieurement. Le passé est là, tapi dans l'ombre, prêt à surgir et à tout détruire.

Plus tard, dans un couloir faiblement éclairé, le destin fit se croiser les regards d'Antonio et de Sophie. Lui, dont l'austérité masquait mal une inquiétude grandissante, et elle, dont les yeux brillaient d'un mélange de défi et de douleur.

- Une lettre, Sophie ? lança Antonio d'un ton mesuré, mais chargé d'ironie. - Elle semble te tourmenter.

Sophie leva les yeux, et dans son regard, se lisait à la fois la fatigue et la défiance.

- Vous savez comment sont les rumeurs, Antonio. Elles trouvent toujours un moyen de revenir nous hanter, répliqua-t-elle d'une voix tranchante.

- Les rumeurs ne sont que le reflet de certaines vérités, insista-t-il, la voix baissant d'un ton presque confessional. - Parfois, elles nous rappellent ce que nous préférerions oublier.

Leurs échanges, courts mais d'une intensité électrique, trahissaient une lutte intérieure. Chaque mot, chaque regard, oscillait entre la volonté de dominer et le désir de se rapprocher. La froideur habituelle d'Antonio laissait transparaître une hésitation, un conflit où l'orgueil se heurtait à une attirance irrésistible.

- Vous ne me laissez jamais la chance de me défendre, rétorqua Sophie, son ton à la fois amer et douloureux, comme si chaque mot était une lame plantée en plein cœur.

Antonio se figea un instant, surpris par la sincérité de cette accusation. Lui qui s'était toujours efforcé de garder le contrôle, se retrouvait déstabilisé face à cette femme dont la force intérieure semblait rivaliser avec la sienne.

- Peut-être, soupira-t-il, l'ombre de ton passé a-t-elle plus de poids que tu ne l'imagines, et moi, j'essaie de la contrôler sans savoir si je ne fais que m'exposer moi-même.

Un silence s'installa, lourd de sous-entendus, avant que Sophie ne reprenne :

- Et si ce secret, cette douleur que tu tentes d'effacer, nous rapprochait plutôt qu'elle ne nous séparât ? Si, dans cette lutte acharnée, il y avait une chance de briser nos chaînes ?

La question fit vaciller Antonio. Jamais il n'avait envisagé que le passé de Sophie puisse être le socle d'une union nouvelle, un pont entre deux êtres qu'il avait toujours considéré comme ennemis dans un jeu de pouvoir. Il ne voyait en elle qu'une femme rebelle, une énigme à dompter, mais désormais, il commençait à entrevoir une complexité insoupçonnée, faite de douleurs et d'espoirs mêlés.

Pendant ce temps, dans l'ombre, les hommes d'Antonio s'activaient. Un lieutenant, la mâchoire serrée, venait informer leur chef :

- Monsieur, il y a des murmures parmi nos rangs. Certains pensent que quelqu'un surveille votre épouse de près.

Les yeux d'Antonio se durcirent instantanément.

- Aucun intrus ne passera ici sans en payer le prix, ordonna-t-il d'une voix basse, mais menaçante. - Chaque indice, chaque détail doit être exploité. Nous découvrirons qui ose mettre en péril ce qui m'est cher.

Les hommes acquiescèrent, conscients que derrière cet ordre se cachait une détermination inébranlable. L'atmosphère se chargeait d'une énergie presque palpable, comme si le moindre frisson pouvait annoncer l'éclatement d'une tempête.

Revenant vers Sophie, Antonio se rapprocha, ses pas résonnant faiblement dans le silence de la pièce. Il posa une main hésitante sur son épaule, comme pour apaiser la peur qu'elle essayait de dissimuler.

- Je ne cherche qu'à te protéger, déclara-t-il, la voix adoucie par une émotion qu'il se refusait habituellement de montrer. - Même si cela signifie devoir affronter des fantômes du passé.

Sophie recula légèrement, ses yeux fixant les siens avec une intensité nouvelle, oscillant entre défi et une lueur de compréhension.

- Protéger ou contrôler ? demanda-t-elle, sa voix trahissant une douleur qu'elle avait longtemps cachée. - Parfois, ce qui se présente comme une protection finit par devenir une prison.

Les mots flottaient dans l'air, lourds de vérités non dites. Antonio détourna le regard, luttant contre l'envie de répondre d'un ton sec. La dureté de ses méthodes avait toujours été sa marque, mais face à la fragilité apparente de Sophie, il se sentait étrangement vulnérable. Il la regarda alors, cherchant dans son regard l'écho de ses propres tourments.

- Peut-être avons-nous tous deux des démons à affronter, avoua-t-il enfin, le regard perdu dans une introspection douloureuse. - Je ne sais plus si je veux être le bourreau ou le protecteur.

Sophie s'approcha à nouveau, posant sa main sur la sienne, dans un geste à la fois tendre et provocateur.

- Je ne te demande pas de choisir, murmura-t-elle. Je te demande de comprendre que la fuite n'est plus une option pour moi, et peut-être pour toi aussi. Ce secret, cette lettre, c'est la preuve que le passé ne se laisse pas oublier. Il faut l'affronter, ensemble, pour espérer en sortir grandis.

Un silence complice s'installa alors que leurs regards se mêlaient, chargés d'une intensité presque insoutenable. Dans ce moment suspendu, la tension entre domination et séduction se dissolvait pour laisser place à une alliance fragile, née d'un besoin mutuel de vérité et de rédemption.

Les interrogatoires menés plus tôt, la rigueur implacable d'Antonio, et la menace persistante qui planait sur eux n'étaient plus que le prélude à une transformation inévitable. La lettre anonyme, désormais posée sur une table, n'était plus seulement un avertissement, mais le catalyseur d'un changement. Chaque mot, chaque silence, faisait écho à des vérités longtemps refoulées, et dans ce tumulte, une nouvelle force semblait prête à émerger.

- Dis-moi, Sophie, que comptes-tu faire ? demanda Antonio, la voix basse et hésitante, trahissant l'effort qu'il faisait pour conserver sa façade d'impitoyable chef.

- Je ne sais pas, répondit-elle simplement, le regard plongé dans celui d'Antonio, comme si elle cherchait à y discerner un indice de certitude. - Mais fuir n'est plus une option. Chaque ligne de cette lettre me rappelle que l'ombre du passé est toujours là, prête à nous hanter.

Les mots de Sophie résonnèrent en lui comme un appel à l'action. Il se rappelait alors les visages inquiets de ses hommes, les regards fuyants et les murmures qui s'étaient glissés dans l'obscurité de la nuit. Quelqu'un, quelque part, avait décidé de faire revivre des fantômes que le temps avait presque effacés.

Antonio se redressa, le regard dur se mêlant à une détermination nouvelle.

- Nous allons découvrir qui se cache derrière cette menace, déclara-t-il avec force. - Qu'importe le prix, nous traquerons chaque indice, chaque ombre qui ose s'approcher de nous.

Sophie hocha lentement la tête, ses yeux brillants d'une résolution farouche.

- Ensemble, murmura-t-elle, la voix chargée d'émotion, - nous allons affronter ce passé qui nous lie, et peut-être, dans cette lutte, trouver une vérité qui nous libérera.

La tension qui les avait unis jusque-là se transforma en une alliance inattendue, faite de promesses muettes et de révoltes contre un destin imposé. Dans le tumulte de cette nuit qui s'effaçait, l'ombre du passé se dressait désormais comme le point de départ d'une quête commune.

Antonio, revenant à ses fonctions de chef, ordonna à ses hommes de redoubler de vigilance, tandis qu'en lui se nouait une certitude nouvelle : pour protéger Sophie, il devrait lui-même affronter ses propres démons. Le jeu dangereux entre le désir de dominer et celui de s'abandonner à une émotion trop longtemps refoulée était entamé.

- Il y a des choses que l'on ne peut ignorer, confia-t-il en se tournant vers la fenêtre, le regard fixe et dur, comme s'il scrutait l'horizon d'un futur incertain. - Le passé revient toujours hanter ceux qui pensent l'avoir oublié.

Sophie, les yeux baissés un instant, se redressa, déterminée.

- Alors, faisons face à cette vérité, répondit-elle avec une force qui surprit Antonio. - Je ne veux plus vivre dans la peur ni dans le contrôle. Je veux comprendre, même si cela doit me blesser à nouveau.

Leurs mains se rejoignirent, timides au début, puis plus assurées, scellant un pacte tacite. Dans cet instant fragile, ils décidèrent que, quoi qu'il advienne, ils affronteraient ensemble les ombres du passé et les menaces de l'avenir.

Le jour se levait à peine lorsque, séparément, ils se mirent à enquêter. Antonio passa au crible les rapports de ses hommes, scrutant chaque détail, chaque murmure suspect. Les interrogatoires se succédaient, et dans le regard de ses fidèles, il lisait autant la peur que la détermination. Il savait que quelqu'un rôdait, quelqu'un qui voulait briser leur équilibre fragile.

Pendant ce temps, Sophie, seule avec ses pensées, relisait la lettre encore et encore, s'efforçant de décrypter les indices que le mystérieux auteur y avait laissés. Chaque mot, chaque virgule, était porteur d'un message crypté, d'un avertissement voilé. Les souvenirs douloureux se mélangeaient aux interrogations sur l'avenir.

Dans un moment de répit, leurs chemins se croisèrent à nouveau dans un couloir silencieux. Antonio, d'un pas mesuré, s'approcha de Sophie, le regard empreint d'une résolution nouvelle, mais aussi d'une vulnérabilité qu'il ne pouvait plus dissimuler.

- Les interrogatoires avancent, annonça-t-il, d'une voix basse, presque imperceptible. - Il semblerait que des indices mènent à des noms que je croyais disparus depuis longtemps.

Sophie le regarda, intriguée et inquiète à la fois.

- Des fantômes du passé ? demanda-t-elle, la voix tremblante entre l'appréhension et l'espoir.

- Oui, répondit-il avec amertume. - Et si ces fantômes devaient ressurgir, nous serions forcés d'affronter non seulement des ennemis extérieurs, mais aussi nos propres peurs.

Un silence lourd s'installa, chargé de non-dits, où le poids des révélations à venir se faisait sentir. Dans ce moment suspendu, leur alliance se faisait plus forte, prête à défier un destin qui, jusqu'ici, semblait immuable.

- Nous choisirons d'accepter ces vérités, quoi qu'il en coûte, déclara Antonio, le regard brillant d'une détermination inédite. - Il n'y a plus de place pour la peur. La seule voie qui reste est celle de la vérité, même si elle doit être cruelle.

Sophie acquiesça, les larmes menaçant de perler dans ses yeux, non pas de faiblesse, mais de la force qu'il faut pour enfin se libérer.

- Ensemble, nous écrirons notre propre destinée, murmura-t-elle, et nous ne laisserons plus le passé dicter notre avenir.

Ainsi, dans le tumulte de cette journée naissante, entre interrogatoires impitoyables et confidences inattendues, l'ombre du passé se mua en une invitation à réinventer leur monde. Chaque mot, chaque geste, était une arme contre les démons qui les hantaient.

Antonio et Sophie, jadis opposés par des règles imposées et des cicatrices anciennes, se trouvaient désormais liés par la promesse d'affronter, ensemble, les fantômes du passé. Dans ce combat, la vérité deviendrait leur bouclier, et l'amour-incertain, fragile, mais ô combien puissant-leur seule issue vers un avenir libéré de la peur.

Et dans le silence qui suivit, alors que les premiers rayons du jour se mêlaient aux dernières ombres de la nuit, ils comprirent qu'en se penchant sur la douleur, ils pouvaient enfin espérer écrire une nouvelle page de leur histoire, celle où, ensemble, ils triompheraient des ombres et des menaces, pour ne plus jamais fuir leur propre vérité.

Télécharger le livre

COPYRIGHT(©) 2022