Genre Classement
Télécharger l'appli HOT
Accueil > Loup-garou > La Luna , Médecin de L'Alpha
La Luna , Médecin de L'Alpha

La Luna , Médecin de L'Alpha

Auteur:: Belle Plume
Genre: Loup-garou
L'histoire suit Stella, une talentueuse cardiologue, qui découvre son héritage surnaturel après avoir sauvé la vie d'un patient mystérieux. Ce dernier, un loup-garou, la mord accidentellement pendant une intervention chirurgicale, ce qui déclenche une série de transformations physiques et psychologiques chez Stella. Tandis qu'elle s'adapte à ses nouvelles capacités et à son rôle inattendu dans un monde surnaturel, Stella doit faire face à des défis complexes : un mariage arrangé avec Calvin, un Alpha puissant et impitoyable qui exige qu'elle porte ses enfants pour assurer la survie de la meute ; l'éducation de ses triplés qui montrent des signes précoces de talents uniques ; et la découverte de ses origines mystérieuses qui la lient à des ennemis dangereux et à des secrets enfouis.

Chapitre 1 N1

La pluie tombait en fines gouttelettes contre les grandes fenêtres de l'hôpital, créant une mélodie apaisante dans l'obscurité de la nuit. Stella , une cardiologue renommée, se tenait debout près de son bureau, le regard fixé sur les dossiers de ses patients. Malgré son succès professionnel, elle ressentait toujours ce vide lancinant, une solitude qui s'accrochait à elle, même au milieu des vies qu'elle sauvait quotidiennement.

La sonnerie stridente du téléphone brisa le silence. Elle décrocha, reconnaissant immédiatement la voix pressée de l'infirmière en chef. « Docteure, nous avons une urgence. Un homme vient d'arriver, blessé par balle, et la balle est logée dangereusement près de son cœur. On a besoin de vous maintenant. »

Sans perdre une seconde, elle attrapa son stéthoscope et se précipita vers la salle d'opération. Ses talons résonnaient contre le carrelage froid des couloirs vides, l'écho se répercutant autour d'elle. Les urgences n'étaient pas rares, mais quelque chose dans la voix de l'infirmière lui avait fait comprendre que ce cas était différent.

En entrant dans la salle d'opération, elle fut accueillie par une équipe déjà en place, le visage tendu. Le patient était allongé sur la table, son torse couvert de sang séché. La balle était effectivement très proche de son cœur, une situation périlleuse qui nécessitait une main experte.

Elle se pencha sur le patient, ses doigts tremblant légèrement alors qu'elle touchait sa peau. Il était glacé, presque mort. Pourtant, elle ressentit une chaleur inhabituelle émanant de lui, comme si un feu caché brûlait sous la surface. Elle chassa cette pensée étrange de son esprit et se concentra sur la tâche à accomplir.

L'opération commença, les heures s'écoulant alors qu'elle naviguait délicatement entre les vaisseaux sanguins et les tissus fragiles. Mais quelque chose n'allait pas. Elle remarqua avec stupeur que la plaie semblait se refermer d'elle-même, les tissus se régénérant à une vitesse inexplicable. Son cœur s'accéléra, un mélange de peur et d'incompréhension l'envahissant.

« Est-ce que vous voyez ce que je vois ? » murmura-t-elle à l'un de ses collègues, qui hocha la tête, les yeux écarquillés. Personne ne comprenait ce qui se passait, mais il n'y avait pas de temps pour des questions. Elle devait continuer, retirer cette balle avant qu'il ne soit trop tard.

Après ce qui lui sembla être une éternité, elle réussit enfin à extraire la balle, un morceau de métal déformé, presque noirci. Mais à cet instant précis, tout bascula.

Le corps du patient se raidit soudainement, comme parcouru par une onde électrique. Ses yeux, fermés depuis le début de l'intervention, s'ouvrirent brutalement, révélant un regard sauvage, animal. Avant qu'elle ne puisse réagir, il poussa un cri guttural, un hurlement qui résonna dans toute la salle d'opération, glaçant le sang de ceux présents. Ses mains s'agrippèrent à son bras avec une force inhumaine, et avant qu'elle ne puisse se dégager, il la mordit, profondément.

La douleur fut vive, transperçant sa chair comme une lame brûlante. Elle laissa échapper un cri étouffé, tentant de se dégager, mais ses membres semblaient figés. Le monde autour d'elle s'effaçait, ne laissant que la sensation de ses dents incrustées dans sa peau, son souffle chaud et fétide contre son poignet.

Puis, aussi soudainement qu'il s'était réveillé, l'homme s'effondra, ses mains retombant lourdement sur la table, inertes. Le silence retomba sur la pièce, aussi brutal que la fin de la tempête. Son corps ne montrait plus aucun signe de vie, comme si ce dernier acte de violence avait été son adieu au monde.

L'équipe médicale se précipita vers elle, mais elle recula instinctivement, cachant son bras blessé sous sa blouse. « Ça va... je vais bien, » balbutia-t-elle, mais sa voix tremblait. La morsure brûlait encore, un feu étrange se répandant lentement depuis la plaie jusqu'à son cœur. Elle sentait que quelque chose clochait, mais ne savait pas encore quoi.

Elle se força à reprendre son calme, regardant autour d'elle les visages paniqués de ses collègues. « Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? » demanda l'un d'eux, la voix tremblante. Elle devait prendre une décision, mais son esprit était embrouillé, incapable de se concentrer.

« On... on doit s'occuper du patient, » répondit-elle enfin, réalisant à quel point ses mots sonnaient vides. Mais il n'y avait plus rien à faire pour lui. L'homme était mort, son cœur avait cessé de battre, et malgré les circonstances étranges, il était maintenant entre les mains du légiste.

Elle fit de son mieux pour rester professionnelle, ordonnant qu'on transfère le corps à la morgue et qu'on nettoie la salle. Mais à l'intérieur, elle se sentait déchirée, secouée par ce qu'elle venait de vivre. La morsure pulsait encore, un rappel constant de l'horreur de l'instant passé.

Après avoir donné ses instructions, elle quitta la salle d'opération en titubant légèrement, son esprit en ébullition. Dans le vestiaire, elle retira doucement sa blouse, révélant la plaie sur son bras. Le sang avait coagulé autour des marques profondes laissées par les dents, mais ce qui l'effraya le plus, c'était la chaleur étrange qui irradiait de la blessure, comme si un poison invisible s'infiltrait dans son corps.

Elle attrapa une trousse de premiers soins, nettoyant la plaie avec soin, mais quelque chose en elle lui disait que ce n'était pas suffisant. Comment expliquer ce qu'il s'était passé ? Personne ne la croirait si elle racontait que son patient, quasiment mort, s'était réveillé pour la mordre avant de mourir pour de bon. Cela ressemblait plus à un cauchemar qu'à une réalité.

Les heures qui suivirent furent floues. Elle rentra chez elle, ses pensées en désordre, revivant sans cesse la scène. Chaque fois qu'elle fermait les yeux, elle voyait ce regard animal, ce cri inhumain résonnait encore dans ses oreilles. Mais ce qui la hantait le plus, c'était la morsure. Elle la sentait, brûlante sous la peau, comme une marque indélébile de ce moment cauchemardesque.

Elle passa une nuit agitée, tournant et retournant dans son lit, incapable de trouver le sommeil. Des rêves étranges l'assaillirent, peuplés de créatures qu'elle ne reconnaissait pas, mais qui semblaient la connaître. Elles l'appelaient par son nom, chuchotant des mots incompréhensibles, mais chargés de menace.

Au petit matin, elle se leva, épuisée et confuse. La morsure semblait avoir empiré, la peau autour devenant rouge et enflammée. Elle décida de consulter un médecin, mais une voix intérieure lui souffla de ne rien dire sur la véritable nature de la blessure. Elle ne comprenait pas pourquoi, mais elle savait que c'était important. Quelque chose de terrible était en train de se passer, et elle en était le centre.

Les jours suivants ne firent qu'intensifier son malaise. La plaie ne se cicatrisait pas comme elle aurait dû. Elle la sentait pulser sous ses bandages, comme une vie propre, et des douleurs aiguës traversaient son corps à des moments aléatoires. Parfois, elle sentait une force inconnue en elle, comme si ses sens étaient soudainement amplifiés, ses réflexes plus vifs.

Au-delà des douleurs physiques, son esprit était assailli par des pensées et des sensations qu'elle n'avait jamais connues. Elle percevait des odeurs, des sons, des présences qu'elle n'aurait jamais remarquées auparavant. Le monde autour d'elle semblait avoir changé, devenant plus intense, plus vivant, mais aussi plus terrifiant.

Chapitre 2 N2

Et toujours, ces rêves la hantaient. Des rêves où elle courait à travers des forêts sombres, poursuivie par des ombres, entendant les battements de son propre cœur résonner comme un tambour. Chaque nuit, elle se réveillait en sursaut, la respiration haletante, couverte de sueur.

La peur grandissait en elle, une peur viscérale qu'elle ne pouvait plus ignorer. Elle savait que ce qui s'était passé dans cette salle d'opération n'était que le début de quelque chose de beaucoup plus grand, de plus dangereux. La morsure n'était pas seulement une blessure physique. C'était une marque, un lien avec un monde qu'elle n'aurait jamais dû découvrir.

Elle ne pouvait plus continuer ainsi. Il fallait qu'elle trouve des réponses, qu'elle comprenne ce qui lui arrivait avant qu'il ne soit trop tard. Mais une part d'elle, profondément enfouie, savait déjà que sa vie venait de changer

La nuit était tombée, enveloppant la ville dans un manteau sombre et silencieux. À l'intérieur de son appartement, Stella se tenait devant la fenêtre, son regard perdu dans les lumières lointaines. Ses mains tremblaient légèrement alors qu'elle resserrait la couverture autour d'elle, essayant de se réchauffer malgré la chaleur étouffante de la pièce. La morsure sur son bras la brûlait encore, un rappel constant de ce qui s'était passé à l'hôpital.

Elle n'arrivait pas à se détacher de ce moment, de la manière dont l'homme s'était réveillé, ses yeux sauvages la fixant, puis la morsure, cette douleur vive qui avait transpercé sa peau. La plaie semblait différente de toutes celles qu'elle avait vues auparavant. Elle était médecin, elle en avait traité des centaines, mais celle-ci... elle était unique, effrayante. Elle pouvait presque sentir le poison se répandre dans ses veines, une chaleur malsaine qui pulsait sous sa peau.

Elle jeta un coup d'œil à l'horloge murale, les aiguilles marquant deux heures du matin. Le sommeil semblait hors de portée, son esprit trop tourmenté pour trouver le repos. Chaque fois qu'elle fermait les yeux, elle revivait cette scène, ce cri guttural, cette morsure. Elle se sentait piégée dans une boucle infernale, incapable de s'échapper.

Finalement, épuisée, elle se résigna à aller se coucher. Les draps froids la firent frissonner, et elle se blottit sous la couette, espérant que la fatigue finirait par l'emporter. Mais à peine ses paupières s'étaient-elles fermées qu'un rêve étrange et dérangeant prit possession d'elle.

Elle se trouvait dans une forêt dense, les arbres se dressant autour d'elle comme des géants menaçants. L'air était lourd, saturé de l'odeur de la terre humide et des feuilles en décomposition. Elle marchait lentement, ses pieds s'enfonçant dans le sol boueux, chaque pas la rapprochant d'un danger qu'elle ne pouvait ni voir ni comprendre. L'obscurité était totale, la lune cachée derrière un épais rideau de nuages, et pourtant, elle sentait une présence. Quelque chose la suivait, une créature silencieuse, ses yeux fixés sur elle dans l'ombre.

Son cœur battait à tout rompre, résonnant dans sa poitrine comme un tambour de guerre. Elle accéléra le pas, puis se mit à courir, ses jambes se déplaçant à une vitesse qu'elle ne pensait pas possible. Mais peu importe à quel point elle courait, elle sentait toujours cette présence, ce souffle chaud dans son cou, ce bruit de pattes sur le sol, se rapprochant inexorablement.

Elle se retourna brusquement et vit une paire d'yeux lumineux dans l'obscurité, des yeux d'un jaune perçant qui semblaient percer son âme. Avant qu'elle ne puisse réagir, une silhouette massive se jeta sur elle, un loup gigantesque, ses crocs brillants sous la faible lumière. Elle hurla, sentant le poids de l'animal la clouer au sol, ses griffes s'enfonçant dans ses épaules. Elle lutta désespérément, mais le loup était trop fort, trop rapide. Son hurlement se mua en un cri de terreur, résonnant dans la nuit, puis tout devint noir.

Elle se réveilla en sursaut, le souffle coupé, son corps couvert de sueur. Son cœur battait encore la chamade, comme s'il voulait sortir de sa poitrine. Elle se redressa dans son lit, tremblante, ses mains serrées sur la couverture. Ce n'était qu'un rêve, se répéta-t-elle, mais l'intensité en était si réelle qu'elle en avait la chair de poule. Elle se passa une main tremblante sur le visage, essayant de se calmer. Ses vêtements étaient collés à sa peau, trempés de sueur, et elle sentait encore la douleur vive de la morsure dans son rêve, comme si elle avait été réelle.

Mais ce n'était pas seulement le rêve qui l'effrayait. C'était ce sentiment, cette certitude qu'il ne s'agissait pas seulement d'un produit de son imagination. C'était comme si une part d'elle savait que ce loup était réel, qu'il faisait partie d'elle d'une manière ou d'une autre.

Elle jeta un coup d'œil à l'horloge. Il était déjà six heures du matin. Le sommeil n'était plus une option. Elle se leva lentement, ses jambes lourdes, encore engourdies par la peur qui l'avait envahie pendant la nuit. Elle se dirigea vers la salle de bain, évitant de croiser son reflet dans le miroir. L'eau froide qu'elle s'aspergea sur le visage ne fit rien pour apaiser son esprit tourmenté.

La journée allait être longue. Très longue.

En arrivant à l'hôpital, elle se força à afficher un masque de normalité, cachant son épuisement derrière un sourire professionnel. Mais à l'intérieur, elle se sentait comme un navire en perdition, balloté par une tempête qu'elle ne pouvait contrôler. Ses collègues lui adressèrent des sourires polis, mais elle pouvait voir les regards inquiets qu'ils lui lançaient lorsqu'ils pensaient qu'elle ne les voyait pas.

La nausée la frappa soudainement alors qu'elle se penchait sur le dossier d'un patient. Elle se redressa, la tête tournée vers la fenêtre pour essayer de prendre de l'air, mais cela n'aida pas. Une sueur froide lui couvrit le front, et elle sentit ses mains trembler. Son estomac se retournait, comme si une tempête faisait rage en elle.

« Ça va ? » La voix de son assistante, une jeune femme douce et attentionnée, la fit sursauter. Elle lui lança un regard confus, incapable de répondre tout de suite.

« Je... je ne me sens pas très bien, » murmura-t-elle finalement, sa voix plus faible qu'elle ne l'aurait voulu. Elle se sentait soudainement vulnérable, exposée. Ce n'était pas seulement la fatigue ou le stress. Quelque chose n'allait vraiment pas.

L'assistante fronça les sourcils, son inquiétude grandissant visiblement. « Vous devriez peut-être rentrer chez vous, » suggéra-t-elle doucement. « Je peux gérer les consultations pour aujourd'hui. Vous avez besoin de repos. »

Elle voulut protester, mais la vague de nausée qui la submergea à nouveau l'en dissuada. Peut-être qu'elle avait raison. Peut-être qu'elle devait simplement se reposer, essayer de comprendre ce qui se passait avec son corps avant que cela ne devienne ingérable.

Elle hocha la tête, se levant lentement pour ne pas perdre l'équilibre. « D'accord, » dit-elle finalement. « Je vais rentrer chez moi. Merci. »

Le trajet de retour à son appartement se fit dans un brouillard. Elle ne se souvenait même pas avoir quitté l'hôpital, ni être montée dans le taxi qui l'avait ramenée chez elle. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle avait besoin de s'allonger, de fermer les yeux et d'essayer d'oublier, ne serait-ce que pour un instant, la peur qui s'emparait d'elle.

Elle s'effondra sur son lit, les vêtements encore sur elle, et ferma les yeux. Mais au lieu de trouver le sommeil, elle se retrouva de nouveau dans cette forêt sombre, ses pieds la menant vers un destin qu'elle ne pouvait pas fuir. La présence du loup était toujours là, palpable, comme une ombre qui planait au-dessus d'elle.

Chapitre 3 N3

Elle sentit une larme couler sur sa joue, suivie par une autre. La peur, la confusion, le désespoir... tout se mélangeait en elle, créant un nœud qu'elle ne pouvait pas défaire. Tout ce qu'elle savait, c'était que quelque chose en elle avait changé. Quelque chose qu'elle ne comprenait pas encore, mais qui était en train de prendre le contrôle.

L'obscurité l'enveloppait comme une couverture chaude et oppressante. À peine avait-elle fermé les yeux que le sommeil l'avait emportée, plongeant son esprit dans un abîme profond où les rêves et les cauchemars s'entremêlaient. Mais ce n'était pas un sommeil réparateur. C'était un sommeil lourd, oppressant, chargé d'une tension qu'elle ne parvenait pas à comprendre.

Elle se retrouva de nouveau dans cette forêt familière, mais cette fois, quelque chose était différent. L'air était plus dense, les ombres plus menaçantes. Elle marchait lentement, chaque pas résonnant dans le silence oppressant. Son cœur battait à tout rompre, non pas de peur, mais d'une étrange anticipation, comme si elle savait que quelque chose d'important allait se produire.

Elle n'était plus seule. Elle le sentait, cette présence qui la suivait, qui la guettait. Le loup était là, mais il n'était pas le seul. Une autre créature l'accompagnait, plus grande, plus imposante. Ses pas se firent plus lourds, comme si le sol même tentait de la retenir, de l'empêcher d'avancer. Elle aurait voulu s'arrêter, faire demi-tour, mais elle ne le pouvait pas. Ses jambes avançaient d'elles-mêmes, comme attirées par une force invisible.

Elle atteignit une clairière, le cœur battant à tout rompre, et s'arrêta net. Devant elle, dans l'ombre des arbres, se tenait une immense louve au pelage argenté, ses yeux perçants brillants dans la pénombre. Elle n'avait jamais vu un animal aussi majestueux et terrifiant à la fois. La louve la fixait avec une intensité qui la clouait sur place, incapable de bouger, de respirer.

« Qui es-tu ? » parvint-elle à murmurer, sa voix tremblante, brisée par l'angoisse. Elle se sentit petite, insignifiante, face à cette créature qui semblait la juger, la peser du regard.

La louve s'approcha, chaque pas résonnant dans le silence, et s'arrêta juste devant elle. Elle pencha la tête sur le côté, ses yeux d'un bleu glacial fixés sur les siens, puis ouvrit la bouche pour parler. Mais ce ne fut pas un grognement ou un rugissement qui en sortit, mais une voix claire, profonde, résonnant dans son esprit comme un écho lointain.

« Je suis celle que tu es devenue, » dit la louve d'une voix calme mais puissante, qui vibrait au plus profond de son être. « Nous sommes liées, toi et moi. Tu fais désormais partie de ce monde, de ce monde caché, où les créatures comme moi existent. »

Elle recula d'un pas, secouant la tête comme pour se débarrasser de cette voix qui résonnait dans son crâne. « Non... non, ce n'est pas possible. Ce n'est qu'un rêve... un cauchemar... » Sa voix se brisa alors qu'elle luttait contre l'évidence, ses mains tremblantes se serrant en poings.

La louve s'avança encore, ses yeux toujours fixés sur elle, perçants, implacables. « Ce n'est pas un rêve, » murmura-t-elle, sa voix teintée d'une étrange douceur. « C'est ta nouvelle réalité. Tu dois l'accepter. Tu n'es plus celle que tu étais. »

Ces mots frappèrent comme une lame glacée, transperçant ses défenses. Elle voulait crier, protester, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Son esprit tourbillonnait, essayant de comprendre, de saisir ce qui lui arrivait. Elle porta la main à son bras, là où la morsure brûlait encore, comme une cicatrice invisible marquant le début de cette transformation.

« Qu'est-ce que cela signifie ? » demanda-t-elle finalement, sa voix à peine plus qu'un chuchotement. « Que m'arrive-t-il ? »

La louve inclina la tête, une lueur de tristesse passant dans ses yeux. « Cela signifie que tu es devenue l'une des nôtres. Que le monde que tu connaissais n'est plus. Tu es maintenant une créature de la nuit, une louve, et tu devras apprendre à vivre avec cette nouvelle identité. »

Elle sentit son corps se raidir, le refus instinctif de cette réalité impossible. « Non... non, je ne peux pas... je ne veux pas... » Elle serra les poings, la panique montant en elle comme une vague, menaçant de la submerger.

« Tu n'as pas le choix, » répondit la louve, sa voix ferme mais empreinte de compassion. « Tu dois accepter ce que tu es devenue. Si tu refuses, tu mettras en danger non seulement toi-même, mais aussi ceux qui t'entourent. »

Les mots résonnèrent en elle, lourds de conséquences. Elle sentit son cœur se serrer, l'étau de la réalité se refermant autour d'elle. « Je... je ne comprends pas. Pourquoi moi ? Qu'ai-je fait pour mériter cela ? »

La louve ne répondit pas immédiatement. Elle la fixa un long moment, ses yeux brillants d'une sagesse ancienne, avant de parler de nouveau. « Cela n'a rien à voir avec ce que tu mérites. C'est simplement arrivé. Le destin, ou peut-être autre chose... Les choses sont ainsi. Mais tu as en toi la force de surmonter cette épreuve, de devenir plus forte. »

Elle secoua la tête, le désespoir l'envahissant. « Mais je ne sais même pas par où commencer... Je ne sais pas comment être... ça. » Ses épaules s'affaissèrent, la fatigue, la peur, tout se mêlait en elle, la laissant vidée, sans défense.

La louve s'approcha encore, jusqu'à ce que son museau effleure sa joue. « Tu n'es pas seule, » murmura-t-elle, sa voix douce comme une caresse. « Je suis avec toi, nous sommes une seule et même personne désormais. Et il y a d'autres comme nous. D'autres qui pourront t'aider à comprendre, à maîtriser tes nouvelles capacités. »

Elle ferma les yeux, essayant de se raccrocher à ces paroles, de trouver un semblant de réconfort dans cette union étrange. « Et si je n'y arrive pas ? » demanda-t-elle, la peur transperçant sa voix.

« Tu y arriveras, » affirma la louve avec conviction. « Mais tu devras faire face à des défis. Il y a des dangers dans ce monde, des chasseurs qui traquent les créatures comme nous, qui nous pourchassent sans relâche. »

Le mot « chasseurs » lui fit l'effet d'une décharge électrique, réveillant une peur primitive au fond d'elle. « Des chasseurs ? Pourquoi... pourquoi me traqueraient-ils ? »

« Parce que tu es différente, parce que tu es une menace pour eux, » répondit la louve. « Ils ne comprennent pas notre existence, ils ne voient en nous que des monstres à abattre. Mais tu devras être forte, apprendre à te défendre, à te protéger. »

Télécharger le livre

COPYRIGHT(©) 2022