Chapitre 1
Luna fixait la table soigneusement dressée, ses doigts jouant nerveusement avec le bord de sa serviette en lin. Le déjeuner professionnel qu'Ethan avait insisté pour organiser à domicile semblait étrangement pesant. Elle avait passé la matinée à veiller à chaque détail, comme toujours, mais quelque chose d'indéfinissable planait dans l'air, une tension qu'elle ne pouvait ni nommer ni ignorer. Ethan était plus distant que d'habitude, son regard fuyant, sa mâchoire crispée comme s'il mâchait des pensées amères.
« Tout est parfait, » murmura-t-il en passant derrière elle, posant brièvement une main sur son épaule.
Elle aurait voulu croire à la douceur dans son ton, mais le contact était aussi mécanique qu'un automate bien huilé. Depuis plusieurs semaines déjà, elle avait remarqué des nuances dans son comportement, des absences déguisées sous le masque de responsabilités, des regards évités avec une maladresse inhabituelle.
La sonnette retentit, tranchant le silence feutré de leur maison. Luna se redressa, son instinct lui criant que ce moment était un tournant, bien qu'elle n'en comprît pas encore la portée.
Ethan alla ouvrir la porte, et une voix féminine s'éleva, douce et contrôlée, avec une touche de chaleur calculée.
« Merci de m'accueillir chez vous, Ethan. Je suis ravie de pouvoir enfin rencontrer votre épouse. »
Luna se retourna, son cœur battant plus vite. Elle n'avait pas été préparée à cette rencontre, pas vraiment. Quand Ethan lui avait parlé, plus tôt cette semaine, d'un « ajustement nécessaire à son équipe », il n'avait pas jugé bon de préciser que l'ajustement en question prendrait la forme d'une femme manifestement aussi confiante qu'élégante.
Isabella Black fit son entrée avec une grâce naturelle qui lui donnait l'air de glisser sur le sol. Sa robe noire parfaitement ajustée contrastait avec sa chevelure blonde brillante, et un sourire impeccable illuminait son visage comme si elle savait exactement quel effet elle produisait.
« Luna, voici Isabella, ma nouvelle assistante personnelle, » déclara Ethan, son ton neutre comme s'il annonçait l'arrivée d'un nouveau partenaire commercial.
Luna s'avança, tendant une main polie. « Enchantée de vous rencontrer, Isabella. »
La poigne d'Isabella était ferme, assurée, mais quelque chose dans son sourire semblait trop maîtrisé, trop parfait pour être sincère.
« Le plaisir est pour moi, madame Blackwood. Votre mari ne tarit pas d'éloges sur vous. Il est rare de rencontrer une femme avec autant de force et de grâce. »
Les compliments glissèrent sur Luna comme de l'eau sur une vitre froide. Elle détecta une note d'hypocrisie, ou peut-être était-ce son imagination, mais quelque chose dans le regard d'Isabella la mettait mal à l'aise.
Ethan coupa court à l'échange en les invitant à s'installer autour de la table. Il semblait presque soulagé de pouvoir échapper à cette interaction.
Au cours du déjeuner, Isabella se montra charmante, riant aux anecdotes d'Ethan, posant des questions pertinentes sur les projets de la société, et tissant avec une aisance déconcertante un réseau invisible entre elle et les deux époux. Pourtant, Luna sentit rapidement qu'Isabella ne s'adressait à elle que par courtoisie, ses véritables attentions étant dirigées vers Ethan.
Une phrase, cependant, ébranla l'atmosphère soigneusement construite.
« Votre mari est un homme fascinant, Luna. Vous avez beaucoup de chance de partager sa vie. »
La coupe de vin que Luna portait à ses lèvres trembla légèrement, mais elle reprit contenance en posant doucement son verre sur la table.
« Oui, c'est un homme exceptionnel, » répondit-elle, mesurant chaque mot.
Ethan esquissa un sourire qui ne parvint pas à masquer son malaise. « Isabella est un atout précieux pour l'entreprise. Sa vision et son énergie vont vraiment faire avancer nos projets. »
« J'en suis certaine, » murmura Luna, luttant pour maintenir un ton cordial.
Mais au fond d'elle, quelque chose grondait. Elle savait reconnaître une rivalité masquée derrière une courtoisie polie. Et si Isabella était un atout pour l'entreprise, pourquoi Luna avait-elle l'impression qu'elle s'imposait déjà dans leur espace personnel ?
À la fin du repas, Isabella s'excusa pour passer un appel. Ethan la raccompagna brièvement vers le salon, laissant Luna seule un instant. Elle en profita pour calmer les pensées qui tourbillonnaient dans son esprit, mais ses doigts continuaient de tapoter nerveusement la nappe.
Quand Ethan revint, il paraissait agité, ses traits tirés.
« Elle est vraiment talentueuse, tu sais, » dit-il soudain, comme pour briser un silence qu'il trouvait insupportable.
Luna le fixa, sa voix calme, mais ses mots acérés comme une lame. « Je suis sûre qu'elle l'est, Ethan. Mais pourquoi ai-je l'impression que tu n'as pas tout dit à son sujet ? »
Il fronça les sourcils, visiblement pris au dépourvu. « Je ne vois pas de quoi tu parles. C'est une professionnelle, rien de plus. »
« Alors pourquoi cette nervosité ? » insista-t-elle, croisant les bras.
Ethan s'éloigna, passant une main dans ses cheveux, un geste qu'il faisait toujours lorsqu'il se sentait acculé.
« Luna, je gère des pressions que tu ne peux pas imaginer. Embaucher Isabella était une décision stratégique. C'est pour le bien de l'entreprise, rien d'autre. »
« Rien d'autre, » répéta-t-elle, goûtant l'amertume de ses mots.
Il soupira, l'air exaspéré. « Pourquoi veux-tu toujours chercher des problèmes là où il n'y en a pas ? »
Elle se leva lentement, ses yeux fixant les siens avec une intensité qui le força à détourner le regard.
« Parce que je te connais, Ethan. Et je sais quand quelque chose ne va pas. »
Un silence lourd s'abattit sur eux, brisé uniquement par le bruit lointain d'Isabella qui parlait au téléphone dans l'autre pièce.
« Tu t'inquiètes pour rien, » lâcha-t-il finalement, mais son ton manquait de conviction.
Luna ne répondit pas. Elle n'avait pas besoin de mots pour comprendre que cet échange ne résolvait rien. Au contraire, il ne faisait qu'éclairer la distance grandissante entre eux.
Isabella revint peu après, souriante et détendue comme si elle ne percevait pas la tension palpable dans la pièce.
« Merci encore pour ce déjeuner délicieux, » dit-elle à Luna en s'apprêtant à partir. « C'était un véritable plaisir. »
Luna hocha la tête, souriant par pure obligation.
Quand la porte se referma derrière Isabella, Luna resta debout un long moment, le regard fixé sur Ethan.
« Alors, » dit-elle doucement, mais avec une fermeté sous-jacente, « combien de temps penses-tu que cela va durer ? »
Il releva les yeux vers elle, surpris.
« Quoi donc ? »
« Ce jeu. Cette illusion que tout est normal. »
Il resta silencieux, mais dans ce silence, Luna trouva une réponse bien plus bruyante qu'elle n'aurait voulu.
Isabella n'était pas qu'une simple assistante. Luna le sentait dans ses tripes. Et si Ethan pensait qu'elle allait ignorer ce qui se jouait devant elle, il se trompait lourdement.
Chapitre 2
La porte d'entrée claqua doucement, mais dans le silence tendu de la maison, ce bruit résonna comme une détonation. Luna releva les yeux de son livre, son regard se fixant sur l'horloge du salon. 22 h 48. Ethan était encore plus en retard que d'habitude, et il n'avait pas pris la peine d'envoyer un message ou de répondre aux siens.
Elle posa son livre sans marquer la page, son esprit bien trop agité pour s'attarder sur les mots imprimés. Le bruit de ses pas, feutrés mais déterminés, s'approcha de l'entrée. Quand Ethan apparut enfin, il avait l'air épuisé. Ses épaules s'affaissaient légèrement, sa cravate était dénouée, et une ombre inquiétante alourdissait son regard. Pourtant, quelque chose dans son attitude ne collait pas. Ce n'était pas de la fatigue qu'elle voyait, mais une tension dissimulée, un mélange de culpabilité et d'agacement.
« Encore une longue journée ? » demanda-t-elle d'un ton neutre, croisant les bras sans même s'en rendre compte.
Ethan s'arrêta un instant, ses clés encore en main, comme s'il considérait la question avec méfiance. « Oui, désolé. Le travail s'accumule avec les nouveaux projets. Tu sais comment c'est. »
Il passa devant elle, mais l'odeur subtile mais distincte d'un parfum floral flotta dans l'air, coupant sa respiration. Ce n'était pas son parfum. C'était léger, capiteux, et étranger à leur maison.
« Tu sens quelque chose ? » lança-t-elle brusquement, le suivant dans le salon où il commençait à retirer sa veste.
Ethan s'immobilisa à mi-chemin, ses mouvements ralentissant imperceptiblement avant qu'il ne se retourne. « Quelque chose comme quoi ? »
Luna avança, s'arrêtant à quelques centimètres de lui. Elle tendit la main et effleura sa veste du bout des doigts.
« Ce parfum. Ce n'est pas le tien. Ce n'est pas le mien non plus. »
Il resta un instant silencieux, une fraction de seconde de trop, avant de secouer la tête et de poser sa veste sur le dossier d'une chaise. « Probablement quelqu'un au bureau. Isabella est passée à proximité en cherchant des dossiers. Rien d'extraordinaire. »
Le nom d'Isabella fit surgir une vague de colère sourde dans la poitrine de Luna, mais elle la refoula pour l'instant. Elle étudia son visage, cherchant une faille, un aveu non verbal dans son expression. Rien. Il s'était déjà refermé comme une huître, affichant cet air détaché qui la rendait folle.
« Donc, tu veux que je croie que c'est simplement... un transfert accidentel ? »
Ethan haussa les épaules, un soupir irrité traversant ses lèvres. « Qu'est-ce que tu veux que je dise, Luna ? Je travaille de longues heures, entouré de gens. Ce genre de chose arrive. »
Son ton n'avait rien de rassurant. Il n'était ni défensif, ni conciliant. Juste fatigué, presque agacé qu'elle ose poser la question.
« Et ces longues heures, Ethan, elles incluent quoi exactement ? » demanda-t-elle, son ton devenant plus incisif malgré elle.
Il se passa une main sur le visage, un geste qui lui était devenu familier ces derniers temps. « Je n'ai pas l'énergie pour ça ce soir. Les réunions, les rapports, les appels interminables... Tout ce que je fais, je le fais pour nous, tu le sais. »
« Alors pourquoi j'ai l'impression que tu me caches quelque chose ? »
La question suspendit l'air, lourde et tranchante. Ethan détourna le regard, secouant la tête avant de répondre d'une voix plus basse, presque lasse.
« Tu cherches des problèmes là où il n'y en a pas, Luna. Pourquoi est-ce que tout doit devenir une interrogation ? Une suspicion ? Je suis épuisé, et je rentre chez moi pour trouver ça. »
Elle sentit son cœur se serrer à ses mots. Il était passé maître dans l'art de retourner la situation, de la faire se sentir coupable pour ses doutes. Mais cette fois, elle refusa de céder.
« Je ne cherche pas des problèmes, Ethan. Mais tu ne m'aides pas non plus à comprendre. Tu rentres tard, tu évites mes questions, et maintenant... ça. » Elle pointa la veste d'un geste vif.
Ethan releva les yeux vers elle, un éclat de colère brillant brièvement dans son regard. « Tu veux quoi ? Que je te dise exactement où j'étais à chaque minute de ma journée ? Que je t'envoie un compte-rendu détaillé ? Ce n'est pas comme ça qu'un mariage fonctionne, Luna. »
Elle croisa les bras, plantée devant lui. « Non, mais la confiance est censée en faire partie. »
Un silence lourd s'installa entre eux, seulement interrompu par le tic-tac distant de l'horloge. Ethan finit par détourner les yeux, ramassant sa veste avec un mouvement brusque.
« Je vais me doucher. On en parlera demain si tu veux. »
Luna le regarda disparaître dans l'escalier, chaque pas résonnant dans sa tête comme une accusation silencieuse. Lorsqu'elle entendit la porte de la salle de bain se fermer, elle se laissa tomber sur le canapé, sa tête entre ses mains.
Elle aurait voulu croire en ses mots, mais quelque chose en elle refusait de se taire. Ce parfum... Ce n'était pas une coïncidence. Ce n'était pas simplement « rien ». Isabella. Ce nom flottait dans son esprit comme un poison. Depuis son arrivée, tout semblait dérailler. Ethan devenait distant, secret, et maintenant ce parfum...
Elle se leva d'un bond, poussée par une impulsion qu'elle ne comprenait pas entièrement. Elle saisit la veste qu'il avait laissée en bas et la porta à son nez. L'odeur était là, subtile mais persistante. Cette fois, elle était certaine. Ce n'était pas un simple contact accidentel.
Quand Ethan descendit une heure plus tard, vêtu de son pantalon de pyjama et d'un t-shirt, il trouva Luna debout, la veste à la main.
« Sérieusement ? » lâcha-t-il, visiblement agacé. « Tu es encore là-dessus ? »
Elle planta son regard dans le sien, son ton glacial. « Explique-moi, Ethan. Parce que je ne suis pas stupide, et je ne vais pas ignorer ce que je vois et ressens. »
Il passa une main dans ses cheveux mouillés, soupirant profondément. « Luna, c'est toi qui fais une montagne de rien. J'ai déjà expliqué. C'est le stress, le travail, les heures tardives. Je gère tout ce que je peux, et maintenant je dois aussi gérer ta paranoïa ? »
Le mot heurta sa patience déjà fragile. « Paranoïa ? Vraiment ? Tu trouves ça normal, toi ? Tu rentres tard, tu sens un parfum qui n'est pas le tien, et tu t'attends à ce que je reste là, silencieuse, en te faisant aveuglément confiance ? »
« Oui, je m'attends à ce que tu me fasses confiance, parce que je n'ai rien fait de mal ! » s'écria-t-il, sa voix montant d'un cran.
« Alors pourquoi tu es incapable de me regarder dans les yeux quand tu dis ça ? »
Ethan se figea, son visage se durcissant comme un masque. Il posa ses mains sur ses hanches, visiblement en lutte contre lui-même.
« Je te l'ai dit, Luna. Tout est sous contrôle. Fais-moi confiance. »
Mais ses mots sonnaient creux, comme s'il ne croyait pas lui-même à ce qu'il disait. Il se détourna, la laissant seule avec ses doutes et ses craintes qui continuaient de croître, menaçant de l'engloutir.
Chapitre 3
L'idée de passer par le bureau d'Ethan n'était pas planifiée. Luna détestait s'y rendre, pas parce qu'elle n'aimait pas voir son mari travailler, mais parce que l'atmosphère y était toujours glaciale, emplie de conversations murmurées et de regards perçants qui la mettaient mal à l'aise. Pourtant, cette fois, quelque chose en elle l'y poussait. Un mélange de colère et de méfiance, alimenté par les récents silences et demi-vérités.
Quand elle poussa la porte vitrée de la réception, elle sentit immédiatement les regards se tourner vers elle. La secrétaire assise derrière le bureau releva la tête avec un sourire crispé.
« Bonjour, madame Blackwood. Puis-je vous aider ? »
« Non, merci. Je vais voir Ethan. »
Sans attendre de réponse, Luna avança dans le couloir, ses talons résonnant sur le sol. Les bureaux ouverts se succédaient de part et d'autre, mais elle ignorait les employés qui détournaient le regard en la voyant passer.
Elle trouva Ethan dans son bureau, penché sur des dossiers, un téléphone coincé entre son épaule et son oreille. Il releva brièvement les yeux en la voyant, une ombre de surprise traversant son visage.
« Je dois te rappeler, » dit-il rapidement avant de raccrocher.
« Qu'est-ce que tu fais ici ? » demanda-t-il, son ton plus étonné qu'accueillant.
Luna haussa un sourcil. « Je voulais te parler, mais tu ne sembles jamais disponible à la maison. Je me suis dit que je trouverais peut-être un moment ici. »
Ethan soupira, se laissant tomber sur son fauteuil. « Je suis débordé, Luna. Ce n'est pas vraiment le moment. »
« Ce n'est jamais le moment, n'est-ce pas ? » répliqua-t-elle.
Avant qu'il ne puisse répondre, une voix féminine s'éleva derrière elle.
« Oh, je ne savais pas que nous avions de la visite. »
Luna se retourna pour faire face à Isabella, impeccablement vêtue, un dossier à la main et ce sourire énigmatique accroché à ses lèvres.
« Madame Blackwood, quel plaisir de vous revoir. Vous êtes venue voir Ethan ? »
Le ton était chaleureux, mais il y avait quelque chose d'insidieux dans sa façon de parler. Isabella n'attendit pas de réponse, avançant pour poser le dossier sur le bureau d'Ethan.
« J'étais en train de finaliser les derniers détails du rapport que vous avez demandé. Je peux revenir plus tard si vous avez besoin de temps avec votre épouse. »
Chaque mot était choisi avec soin, et Luna sentit son estomac se nouer. Il y avait quelque chose de presque théâtral dans la manière dont Isabella prononçait *épouse*, comme si elle soulignait un point que Luna n'arrivait pas encore à saisir.
« Ce ne sera pas nécessaire, » intervint Ethan rapidement, se levant. « Isabella, vous pouvez me laisser ça. On en parlera plus tard. »
« Bien sûr, » répondit-elle avec un sourire. Mais au lieu de partir, elle se tourna vers Luna, son expression devenue presque complice.
« Vous devez être fière de lui. Ethan est un homme tellement dévoué. Il donne tellement de lui-même, parfois au point de s'oublier. »
Luna soutint son regard, ses propres mots coincés dans sa gorge. Isabella semblait attendre une réaction, mais Luna se contenta de la fixer en silence.
« Je vais vous laisser discuter, alors, » conclut Isabella en se dirigeant vers la porte. « Si vous avez besoin de quoi que ce soit, Ethan, je suis à votre disposition. »
Quand la porte se referma derrière elle, Luna sentit une vague de colère monter.
« C'est elle, n'est-ce pas ? »
Ethan fronça les sourcils. « Qu'est-ce que tu racontes ? »
« Arrête, Ethan. Je ne suis pas idiote. Elle était pleine de sous-entendus. Ce parfum sur ta veste, c'était le sien, n'est-ce pas ? »
Il soupira, s'appuyant contre son bureau. « Tu pars trop loin, Luna. Isabella est mon assistante, rien de plus. »
« Rien de plus ? Elle te parle comme si elle te connaissait mieux que moi. Et toi, tu la laisses faire. »
Ethan passa une main sur son visage, visiblement exaspéré. « Elle est professionnelle, Luna. Si tu veux me faire un procès pour le moindre regard ou mot échangé, alors je ne sais pas quoi te dire. »
« Pourquoi est-ce que j'ai l'impression que tu me mens ? »
Ethan planta son regard dans le sien, son ton devenant plus froid. « Peut-être parce que tu cherches des problèmes où il n'y en a pas. Je t'ai dit que tout était sous contrôle. Tu pourrais peut-être essayer de me faire confiance, pour changer. »
Luna recula d'un pas, comme si ses mots l'avaient giflée. Elle voulait répondre, crier, mais quelque chose dans la manière dont il la regardait, détaché et distant, la réduisit au silence.
Elle se détourna, le cœur lourd, et quitta le bureau sans un mot. Mais au fond d'elle, elle savait que cette rencontre n'était qu'un début. Il y avait quelque chose dans l'attitude d'Isabella, une assurance qui allait bien au-delà du cadre professionnel. Et la froideur d'Ethan... Cela ne faisait qu'ajouter à son sentiment de trahison imminente.