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La Dernière Danse de Juliette

La Dernière Danse de Juliette

Auteur:: Seren Nightingale
Genre: Romance
Le médecin m'a accordé quelques mois, mais le même jour, Kyle, mon premier amour, est revenu à Lyon, épousant une autre. Dévastée par un diagnostic sans appel, je n'avais plus le temps pour les larmes, seulement celui de le revoir. Pour l'attirer auprès de moi, j'ai brandi la seule carte qu'il me laissait: une vidéo intime de notre passé, le forçant à "passer du temps" avec moi. Mais cette tentative désespérée de réconciliation s'est transformée en cauchemar: humiliée par ma mère, piégée par sa fiancée, j'ai vu ma réputation traînée dans la boue quand Kyle, pour protéger son couple parfait, a mis en ligne la photo de mon corps vulnérable, brisant à jamais ma dignité. Aujourd'hui, alors qu'il s'apprêtait à dire « oui » à une autre, ma vie fauchée par une tragédie inattendue, ma dernière pensée fut pour lui, un appel brisé emporté par les notes joyeuses de sa marche nuptiale. Pourtant, un an plus tard, je me suis réveillée, une nouvelle identité, des souvenirs fragmentés et les yeux d'une autre femme greffés sur les miens, me donnant une seconde chance de comprendre le passé.

Introduction

Le médecin m'a accordé quelques mois, mais le même jour, Kyle, mon premier amour, est revenu à Lyon, épousant une autre.

Dévastée par un diagnostic sans appel, je n'avais plus le temps pour les larmes, seulement celui de le revoir.

Pour l'attirer auprès de moi, j'ai brandi la seule carte qu'il me laissait: une vidéo intime de notre passé, le forçant à "passer du temps" avec moi.

Mais cette tentative désespérée de réconciliation s'est transformée en cauchemar: humiliée par ma mère, piégée par sa fiancée, j'ai vu ma réputation traînée dans la boue quand Kyle, pour protéger son couple parfait, a mis en ligne la photo de mon corps vulnérable, brisant à jamais ma dignité.

Aujourd'hui, alors qu'il s'apprêtait à dire « oui » à une autre, ma vie fauchée par une tragédie inattendue, ma dernière pensée fut pour lui, un appel brisé emporté par les notes joyeuses de sa marche nuptiale.

Pourtant, un an plus tard, je me suis réveillée, une nouvelle identité, des souvenirs fragmentés et les yeux d'une autre femme greffés sur les miens, me donnant une seconde chance de comprendre le passé.

Chapitre 1

Le jour où le médecin m'a annoncé qu'il ne me restait que quelques mois à vivre, Kyle Larson est revenu à Lyon.

Le diagnostic était clair : une tumeur cérébrale en phase terminale.

La nouvelle est tombée comme un couperet, mais je n'ai pas pleuré. J'avais épuisé toutes mes larmes il y a des années.

À la télévision, les chaînes d'information locale ne parlaient que de lui, Kyle Larson, le jeune prodige de l'architecture, de retour au pays après des années passées à l'étranger.

Les rumeurs disaient qu'il revenait pour son mariage. Un mariage arrangé avec Carole Moore, l'héritière d'un prestigieux domaine viticole de Bourgogne.

Une femme élégante, cultivée, tout ce que je n'étais pas.

Je l'ai attendu à l'hospice de la Croix-Rousse, là où sa mère avait passé ses derniers jours. C'était un lieu que je n'avais jamais cessé de visiter, un sanctuaire secret où je gardais l'espoir de le revoir.

Et il est venu.

Il se tenait près de la fenêtre, le dos tourné vers moi, regardant la ville s'étendre à ses pieds. Il portait un costume sombre, parfaitement coupé, qui soulignait sa silhouette élancée. Il n'avait pas changé. Toujours aussi beau, toujours aussi inaccessible.

Un souvenir a traversé mon esprit, vif et douloureux : un week-end à Annecy, le soleil sur sa peau, son rire qui résonnait sur le lac. Un temps où nous étions tout l'un pour l'autre.

J'ai pris une profonde inspiration, rassemblant le peu de courage qu'il me restait.

« Kyle. »

Il s'est retourné lentement. Son visage était un masque de froideur. Pas la moindre étincelle de reconnaissance dans ses yeux.

« Juliette. »

Sa voix était plate, dénuée de toute émotion.

J'ai essayé de sourire.

« Tu es enfin de retour. »

« Il le fallait bien, » a-t-il répondu, son regard balayant la pièce comme si je n'étais qu'un meuble.

« J'ai entendu parler de ton mariage. Félicitations. »

Il a haussé un sourcil, un rictus méprisant au coin des lèvres.

« Tu es bien informée. Tu as toujours aimé les ragots. »

La cruauté de ses mots m'a frappée en plein cœur, mais je n'ai rien laissé paraître. Je n'avais plus le temps pour la fierté.

« J'ai besoin de toi, Kyle. »

« Ah, » a-t-il dit, sortant un étui à cigarettes de sa poche. « On y vient. Qu'est-ce que tu veux cette fois ? De l'argent ? »

Il a allumé sa cigarette, le geste lent et délibéré. La fumée a formé un voile entre nous.

« Je veux que tu passes les deux prochains mois avec moi. Jusqu'à ton mariage. »

Il a éclaté d'un rire sec, sans joie.

« Tu es folle. »

« Peut-être, » ai-je concédé. « Mais j'ai quelque chose qui pourrait t'intéresser. »

J'ai sorti mon téléphone et lui ai montré une vidéo. C'était nous, à Annecy. Jeunes, insouciants, amoureux. Et très intimes.

« C'est notre week-end, » ai-je dit doucement. « Tu te souviens ? »

Son visage s'est durci. La couleur a quitté ses joues.

« Efface ça. »

« Non. »

« Qu'est-ce que tu veux, Juliette ? » a-t-il sifflé, sa voix basse et menaçante.

« Je te l'ai dit. Deux mois. En échange, cette vidéo disparaît. Sinon, je pense que la famille de ta fiancée et les investisseurs de ton nouveau projet architectural à Confluence seraient ravis de la voir. »

Le silence s'est installé, lourd et tendu. Il m'a regardée, ses yeux sombres brillant d'une fureur froide. Je pouvais voir la lutte qui se livrait en lui.

Finalement, il a écrasé sa cigarette dans un cendrier.

« D'accord. »

Le mot est tombé, sec et sans appel.

« Deux mois. Mais ne t'attends à rien de moi. »

Il s'est détourné et est parti sans un regard en arrière, me laissant seule avec ma victoire au goût amer.

Chapitre 2

Notre "relation" forcée a commencé le lendemain. C'était un jeu cruel, un mélange de désir et de mépris.

Le soir, il y avait un dîner de famille dans la somptueuse villa des Larson, sur la colline de Fourvière. Une prison dorée surplombant Lyon.

Ma mère était là, rayonnante aux côtés de son nouveau mari, le père de Kyle. Elle m'a à peine jeté un regard avant de se lancer dans une tirade sur ma réputation.

« Juliette, chérie, j'ai pensé à toi, » a-t-elle dit d'une voix mielleuse. « Le fils du conseiller municipal Dubois est un jeune homme très bien. Je lui ai parlé de toi. Il serait ravi de te rencontrer. »

Elle a ajouté, assez fort pour que toute la table entende : « Il faut bien que tu te cases un jour. Avec ta vie dissolue, ce ne sera pas facile. »

J'ai senti le rouge me monter aux joues. La honte était une vieille amie.

J'allais répliquer, mais une voix s'est élevée, calme et tranchante.

« Elle est allergique aux fruits de mer. Le menu de ce soir ne lui convient pas. »

C'était Kyle.

Tout le monde s'est tourné vers lui, surpris. Il n'avait pas levé les yeux de son assiette, mais ses mots flottaient dans l'air, un rappel fugace de notre ancienne complicité.

Ma mère a paru déconcertée un instant, puis a balayé l'objection d'un geste de la main.

« Oh, des détails. On trouvera bien quelque chose pour elle. »

Plus tard dans la soirée, alors que je cherchais à m'échapper sur la terrasse, Kyle m'a suivie.

« Qu'est-ce que tu joues ? » m'a-t-il demandé, sa voix dure.

« Je ne joue à rien. »

« Arrête tes comédies, Juliette. Tu crois que je ne vois pas clair dans ton jeu ? Tu te complais dans ce rôle de victime. »

Ses mots étaient comme des gifles. J'ai reculé, le dos contre la balustrade froide.

« Et toi, quel rôle joues-tu ? Le fils parfait ? Le fiancé dévoué ? »

Il s'est approché, son ombre me recouvrant. Il sentait le tabac froid et un parfum coûteux.

« Ne me pousse pas à bout. »

Soudain, sans que je sache pourquoi, la colère a laissé place à une autre émotion, plus ancienne, plus profonde. Il a posé sa main sur mon bras, et une décharge électrique a parcouru mon corps.

Nos visages étaient à quelques centimètres. Je pouvais sentir son souffle sur ma peau.

Puis, ses lèvres ont trouvé les miennes.

C'était un baiser brutal, désespéré, un mélange de haine et de désir. Je me suis accrochée à lui, oubliant la maladie, le chantage, tout. Pendant un instant, nous n'étions plus des ennemis, juste deux âmes perdues se retrouvant dans l'obscurité.

L'instant a été brisé par la sonnerie de son téléphone.

Il s'est reculé brusquement, comme s'il s'était brûlé. Il a regardé l'écran, et son expression a changé. C'était Carole.

Il a répondu, sa voix redevenant douce et attentionnée.

« Allô, mon amour ? Oui, tout va bien. Je te rejoins tout de suite. »

Il a raccroché et m'a regardée avec un mépris glacial.

« Sors de ma voiture. »

Nous étions dans sa voiture. Je ne me souvenais même pas comment nous y étions arrivés.

« Quoi ? »

« J'ai dit, sors. »

Il a ouvert la portière côté passager et m'a fait signe de descendre. Nous étions sur une route déserte, loin de la villa.

« Tu ne peux pas me laisser ici ! »

« Je peux, et je le fais. Ne t'approche plus de moi. »

Il a démarré en trombe, me laissant seule sur le bord de la route, le goût de son baiser encore sur mes lèvres et le cœur en miettes.

Le lendemain, je devais rencontrer le fameux fils du conseiller municipal. J'ai décidé de saboter ce rendez-vous.

J'ai appelé Alan Figueroa.

Alan était un étudiant en art que j'avais connu quelques années plus tôt. Il ressemblait un peu à Kyle, une version plus jeune, moins polie. Je l'avais soutenu financièrement, payé ses études, ses loyers. Il était devenu une sorte de projet, une distraction.

Mais Alan avait un problème : le jeu. Il était toujours fauché et me harcelait constamment pour de l'argent.

Je lui ai donné rendez-vous dans le café où je devais rencontrer mon prétendant.

Quand le fils Dubois est arrivé, Alan jouait déjà son rôle à la perfection. Il s'est approché de notre table, l'air faussement blessé.

« Juliette, chérie, qui est cet homme ? Tu m'avais dit que tu passerais la journée avec moi. »

Le fils Dubois, un jeune homme coincé et prétentieux, m'a regardée avec dégoût.

« C'est donc ça, votre réputation ? Vous n'êtes qu'une... »

« Une quoi ? » ai-je demandé, un sourire aux lèvres. « Finissez votre phrase. »

Alan a posé une main possessive sur mon épaule.

« Laisse-la tranquille. Elle est avec moi. »

Le fils Dubois a bafouillé quelques excuses et s'est enfui, scandalisé.

Alan s'est tourné vers moi, son sourire s'effaçant.

« Voilà. J'ai fait ce que tu voulais. Maintenant, l'argent. »

Je lui ai tendu quelques billets. Il les a arrachés de ma main.

« Ce n'est pas assez. J'ai des dettes. »

« C'est tout ce que j'ai, Alan. Débrouille-toi. »

J'ai quitté le café, le laissant fulminer. En marchant sur la Presqu'île, le cœur lourd, mon regard a été attiré par la vitrine d'un joaillier de luxe.

Et je les ai vus.

Kyle et Carole.

Ils étaient à l'intérieur, riant, regardant des bagues de fiançailles. Le vendeur leur présentait un solitaire magnifique, étincelant sous les lumières.

Il a pointé une bague en particulier. Je pouvais lire sur ses lèvres le nom du modèle : "L'Unique".

Une bague qu'un homme ne peut acheter qu'une seule fois dans sa vie, un symbole d'amour éternel.

Kyle a pris la main de Carole et a glissé la bague à son doigt. Elle lui allait parfaitement.

Le monde s'est effondré autour de moi.

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