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La Compagne Maudite du Roi Lycan

La Compagne Maudite du Roi Lycan

Auteur:: Bless Gallery
Genre: Loup-garou
Après la mort tragique de ses proches, une femme loup-garou solitaire et méprisée se voit finalement accorder un compagnon par la déesse de la lune. Mais son nouveau partenaire la rejette et la méprise, la poussant à avoir une aventure d'un soir avec un inconnu, ce qui la laisse enceinte. Intimidée et isolée, elle vit un véritable enfer jusqu'à ce que le roi Lycan vienne la réclamer comme sa compagne. Craignant pour la sécurité de ses bébés, elle s'enfuit et se cache. Pourquoi fuit-elle le roi Lycan ? Quelle est la vérité derrière la mort de ses parents ? Le roi Lycan la reconnaîtra-t-il, elle et ses bébés, à son retour ? Que leur réserve l'avenir, alors que le roi a ses propres secrets et dangers à affronter ?

Chapitre 1 Chapitre 1

La pluie tombait à grosses gouttes sur la forêt, battant contre les troncs des arbres dans un bruit sourd, comme un avertissement d'une calamité imminente. Dans l'obscurité de la nuit, une silhouette s'élançait, sa silhouette frêle fendant l'air à toute vitesse, ses cheveux noirs, presque bleutés sous la lueur pâle de la lune, se collant à son visage trempé. Elle n'avait pas peur. Pas de la pluie, ni de la forêt, ni des ombres qu'elle sentait glisser furtivement entre les arbres. Ce n'était pas cela qui l'effrayait. Ce qu'elle redoutait, c'était le vide.

Ce vide qu'elle portait en elle depuis trop longtemps, un gouffre sans fin qui s'était élargi avec chaque événement tragique qui avait marqué sa vie.

Ses parents... Ils étaient partis trop tôt. Ils avaient été arrachés à elle dans un hurlement strident, l'écho de leur mort résonnant dans ses oreilles encore aujourd'hui, comme une cloche funeste qui ne cessait de la poursuivre. La vision de leur corps, allongé dans l'herbe, défiguré, et le sang qui imprégnait la terre, était un souvenir qu'elle ne pourrait jamais effacer. Un meurtre, pur et simple, un acte de cruauté préméditée. Mais pourquoi ? Pourquoi eux ? Ses parents, des figures respectées dans leur meute, aimés et honorés par tous, étaient soudainement tombés sous les coups d'une vengeance obscure. Un clan rival, des vieilles querelles remontant à des siècles, des secrets bien enfouis... et tout s'était effondré.

Elle s'arrêta enfin dans une clairière, l'air lourd et humide. L'effort de courir sous la pluie laissait ses jambes tremblantes, mais son esprit, lui, ne voulait rien céder. Il était en feu, et la douleur dans sa poitrine la poussait à avancer. Elle avait fui. Fui cette meute qui ne la regardait plus que du coin de l'œil. Fui ce rôle imposé, ce masque de parfaite fille obéissante, l'ombre de ce que ses parents avaient été. Depuis leur disparition, la meute s'était divisée, certains cherchant à la protéger, d'autres la rejetant comme un poison. Elle n'avait pas sa place là. Pas parmi ceux qui, à chaque regard, semblaient la juger coupable. Coupable d'être née trop tard, coupable d'être la seule survivante.

Et puis, il y avait la déesse de la lune. Cette entité dont la présence imprégnait chaque fibre de l'existence des loups-garous, ce pouvoir suprême qui régnait sur les destinées de chacun. Elle, l'enfant abandonnée, avait enfin reçu son compagnon. La déesse avait parlé : elle ne serait plus seule. Un choix divine. Son âme marquée. Un cadeau, dit-on. Mais dans son cœur, ce n'était pas un cadeau. Ce n'était qu'une chaîne de plus, une obligation. Elle l'avait espéré, un instant. Un souffle de réconfort dans un monde devenu glacé. Elle l'avait cru, ce rêve éveillé. Elle avait cru que tout changerait, qu'elle aurait enfin sa place, qu'elle serait aimée pour ce qu'elle était.

Mais ce rêve s'était effondré dès la première rencontre.

Il était grand, son nouveau compagnon. Imposant, presque trop pour elle. Il avait des yeux d'acier, froids, inaccessibles, et une carrure qui n'invitait pas à la tendresse. Il était comme une montagne, et elle n'était qu'un souffle d'air. Rien n'aurait pu la préparer à l'indifférence dans son regard, à cette froideur, cette distance qui la dévastait chaque jour un peu plus. Il n'était pas là pour elle. Il n'avait jamais voulu d'elle. Et la déesse de la lune, qu'elle pensait capable de tout, l'avait trahie.

Dès le premier contact, il l'avait rejetée.

Elle s'en souvenait encore, ce regard qui l'avait foudroyée, l'instant où il lui avait dit qu'il ne l'avait jamais désirée. Que son destin n'était pas de la protéger, mais de l'éloigner. La déesse avait donné ce lien, mais il n'avait jamais été le sien. Elle n'était qu'un fardeau qu'il ne voulait pas porter. Ses mots étaient tranchants, blessants, comme des lames de couteau : « Tu n'es pas celle que je veux. »

Il l'avait rejetée sans vergogne, et à ce moment-là, toute la chaleur qu'elle avait espérée se briser en éclats.

Elle n'avait plus rien. La meute la méprisait, son compagnon la haïssait, et la déesse semblait l'avoir oubliée. La solitude l'avait engloutie comme une mer sans fin. Elle s'était retrouvée là, sur cette terre hostile, en proie à un désespoir qu'elle ne connaissait que trop bien.

Les jours suivants, elle s'était refermée sur elle-même. Il n'y avait plus de larmes à verser, plus de pleurs à émettre. Elle s'était enfermée dans un silence lourd, et quand la nuit tombait, elle se sentait disparaître dans les ombres. Elle se battait contre le vide qui grandissait, contre cette douleur lancinante qui s'infiltrait dans ses os. Elle savait que personne ne viendrait la chercher. Personne n'avait jamais voulu d'elle. Son compagnon, son nouveau rôle dans la meute, tout cela n'était qu'une façade. Une promesse brisée.

C'est dans cette nuit-là, au plus bas de son désespoir, qu'un inconnu entra dans sa vie.

Il n'avait rien d'extraordinaire. Un homme, un simple homme, avec des yeux noirs comme la nuit, un regard dur mais pas cruel. Un homme qui avait vu son âme brisée, comme si tout était écrit dans son regard. Elle l'avait rencontré par hasard. Ou peut-être que ce n'était pas le hasard. Peut-être que la déesse, dans sa folie, avait voulu qu'elle choisisse. Ce soir-là, alors qu'elle errait sans but dans les rues, noyée dans ses pensées sombres, cet homme lui avait tendu la main.

Il ne lui avait rien demandé. Aucun mot n'avait été échangé. Il l'avait simplement prise dans ses bras, comme un étranger qui savait, d'une manière ou d'une autre, qu'elle avait besoin de réconfort. Et, dans un élan de faiblesse, elle s'était laissée aller. Ce n'était qu'un moment. Une nuit. Mais cette nuit-là, elle avait cru que la vie pouvait encore offrir une étincelle de chaleur. Elle l'avait cru, tout simplement.

Elle ne savait même pas son nom. Il n'avait pas cherché à le lui dire. Mais ce qui s'était passé entre eux, cette nuit-là, allait changer sa vie à jamais. Les traces de sa peau, la chaleur de son corps contre le sien, tout cela était devenu son secret. Mais ce secret allait avoir des conséquences bien plus grandes qu'elle ne l'avait imaginé.

Le lendemain matin, tout avait basculé. Elle se réveilla seule, dans une chambre qu'elle ne reconnaissait pas, l'odeur de l'homme encore présente dans l'air. Un souvenir diffus de ce qui s'était passé. Une fuite, un abandon de soi. Mais à cet instant, elle n'y pensa pas. Ce qu'elle ressentait, ce n'était pas la honte. C'était la douleur, celle d'une femme abandonnée qui, pour une nuit, avait cru pouvoir goûter à la douceur d'un contact humain. Mais la douleur venait de l'intérieur, du fait que ce moment n'aurait pas de suite.

Quelques jours plus tard, elle découvrit la vérité : elle était enceinte.

La révélation la frappa comme un coup de tonnerre. Elle se sentait piégée, comme une bête coincée dans une cage qu'elle n'avait pas construite. L'homme, l'inconnu, était une simple parenthèse dans sa vie, et pourtant, il avait laissé sa marque en elle. Elle ne l'avait pas voulu. Elle n'avait pas choisi. Mais maintenant, elle portait son enfant. Ses doutes, sa peur, tout cela s'intensifiait.

Le rejet de son compagnon, la fuite dans cette solitude glacée, tout cela était devenu presque insignifiant en comparaison. Ce petit être grandissant en elle était le seul qui comptait. Mais il n'y avait pas de place pour la douceur, pas de place pour les rêves. Il n'y avait que la survie.

Elle n'avait plus de famille, plus de meute, plus de repères. Et au fond de son cœur, une question sans réponse tourmentait son esprit : pourquoi avait-elle été choisie par la déesse de la lune ? Pourquoi la souffrance, pourquoi l'isolement, pourquoi cette malédiction de la solitude ?

Chapitre 2 Chapitre 2

Elle s'était tenue là, au centre de la grande salle du clan, les yeux baissés, chaque fibre de son être battant contre l'humiliation. Le rugissement des voix des autres membres résonnait dans ses oreilles comme une mer en furie, comme un écho interminable de leur mépris. Elle n'avait jamais voulu ce moment. Elle n'avait jamais voulu être là, sous les projecteurs d'un monde qui ne voulait pas d'elle, et pourtant, elle s'y trouvait, comme une proie incapable de fuir.

Les murs de la grande salle, qui avaient vu tant de festins et de rires, semblaient maintenant être une prison de verre dans laquelle elle se sentait piégée, vulnérable, exposée. Le silence pesant qui suivit la déclaration du chef de la meute n'était que le prélude d'un cataclysme qu'elle n'aurait jamais pu anticiper.

Son compagnon, ce loup implacable qui avait été désigné par la déesse de la lune pour être à ses côtés, se tenait devant elle. Il n'était pas seul. Entouré de ses alliés, ses frères de meute, il était l'incarnation de l'autorité, de la puissance. Son regard glacial, ses yeux d'acier qui se posaient sur elle avec une froideur distante, la faisaient frissonner. Il n'avait pas l'air de la voir, pas vraiment. Elle n'était qu'un fardeau. Un souvenir qu'il aurait aimé oublier. Un fardeau que la déesse avait décidé de lui infliger.

Quand il parla, la salle entière se tut.

« Elle n'est pas digne de ma présence. Elle n'est pas digne de ma meute. » Sa voix résonnait dans l'air, froide, implacable, comme une sentence de mort. Le poids de ses mots s'abattit sur elle avec une brutalité qu'elle n'aurait jamais cru possible. La déesse de la lune avait voulu unir leurs âmes, mais lui n'avait jamais voulu cette union. Jamais.

Elle se sentit transpercée par son regard, figée dans une douleur sourde qui se propageait lentement à travers tout son corps. Un frisson glacé, comme une morsure, se propagea sur sa peau. Il se tourna vers les autres membres de la meute, et ses paroles s'enchaînèrent, encore plus cruelles. « Elle est une erreur, un piège que le destin m'a tendu. Je n'ai pas choisi cela. J'ai été forcé. La déesse m'a trompé. »

Les rires se firent entendre, d'abord timides, puis plus francs, plus mordants. Les membres de la meute se mirent à chuchoter entre eux, jetant des regards furtifs dans sa direction, se réjouissant de sa souffrance. Chacun d'eux savait que le chef, l'homme qu'il était, ne se laissait pas abattre. La faiblesse n'avait pas de place parmi eux. Et ici, dans cette grande salle, ils étaient en train de la voir se briser. La détester, la renier. Ils la traitaient comme si elle n'était rien, comme si elle n'avait jamais eu sa place parmi eux.

Elle sentit les larmes monter, brûlantes, prêtes à déborder, mais elle se força à les retenir. Elle ne pleurerait pas devant eux. Pas devant lui. Pas devant ce loup qui l'avait rejetée publiquement, la laissant exposée aux yeux de tous, comme un animal fragile qui ne méritait même pas d'être vu. Elle serra les poings, les ongles enfoncés dans la chair, comme si ça pouvait la maintenir en vie, la maintenir debout, mais tout était devenu flou, brisé. Elle n'était plus qu'une silhouette tremblante dans un océan de moqueries.

« Regardez-la, » dit-il, d'un ton presque amusé. « Elle croit qu'elle peut prétendre à un rôle parmi nous. Mais elle ne comprend pas que c'est moi qui dirige ici, pas elle. Elle n'a même pas les capacités nécessaires pour être une compagne digne. »

Chaque mot qu'il prononçait la frappait comme un coup de poing dans le ventre. Elle avait espéré, au fond d'elle, qu'il viendrait à sa défense, qu'il verrait en elle quelque chose de plus que ce qu'il était en train de dire. Mais non. Il l'avait jetée en pâture à la meute. Elle n'était rien, et il n'allait même pas la protéger.

L'humiliation était si grande qu'elle ne savait même plus où se mettre. Elle avait l'impression que tout le monde la voyait maintenant, qu'elle était la seule à être réduite à cette condition, à ce point de non-retour. La lumière de la salle la frappait, la brûlait, et elle avait envie de disparaître, de fuir. Mais elle était prise au piège. Piégée par ce regard glacial, piégée par l'inaction de son corps, piégée par cette meute qui l'observait avec un intérêt malsain.

Il se tourna à nouveau vers elle. Son regard, ce regard d'acier, glissa sur elle avec une dédain qui la coucha au sol. « Tu n'es pas la compagne que j'ai reçue. Je ne t'ai jamais voulue. » Sa voix était basse, presque un murmure, mais c'était comme s'il avait hurlé dans son âme. Le monde autour d'elle devint un tourbillon, un bruit incessant, un chœur moqueur qui lui martelait le crâne. Ses pensées se brouillèrent. Il ne la voulait pas. Il n'avait jamais voulu d'elle. Et tout ce qu'elle avait espéré – cet amour, cette acceptation – se brisait sous le poids de sa cruauté.

Elle voulait fuir. Elle voulait se cacher dans l'ombre, s'échapper loin de cette pièce, loin de ce regard. Mais son corps ne lui obéissait pas. Ses jambes fléchirent, ses genoux se replièrent sous elle. Elle s'effondra à genoux, incapable de tenir plus longtemps. Elle n'était plus qu'une ombre, une douleur vivante, une créature sans nom. L'injustice, l'humiliation, la colère et la tristesse se Mélangeaient en elle, l'étouffant, la rongeant de l'intérieur. Pourquoi ? Pourquoi lui faire cela ? Pourquoi, alors qu'elle avait cru en cette union, en ce lien, en ce destin ? Pourquoi la détruire ainsi ?

Les murmures des autres membres se faisaient de plus en plus forts, certains se moquaient ouvertement, d'autres se tenaient à l'écart, visiblement mal à l'aise. Mais il y avait aussi ceux qui se taisaient, qui observaient en silence. Leur regard, celui des témoins indifférents, achevait de la briser. Le seul qu'elle aurait voulu voir compatir, c'était lui. Lui, son compagnon, celui qu'elle avait cru capable de tout, celui qu'elle aurait suivi, aimé, chéri. Mais il la méprisait. Il n'y avait plus de place pour elle dans son cœur. Elle n'était qu'une erreur de parcours. Un fardeau. Il l'avait dit, et la réalité avait éclaté comme un verre brisé.

Ses yeux se fermèrent. Elle se laissa tomber dans l'oubli. Mais, même dans cette obscurité, elle entendait encore sa voix, tranchante, nette comme une lame. Elle entendait encore l'humiliation, les rires, le poison qui se répandait dans son cœur. Elle n'était plus qu'une ombre sur cette terre. Un corps sans âme.

Et au fond d'elle, une question naquit, lourde, insupportable. Si elle n'était pas digne de lui, si elle n'avait aucune valeur, pourquoi avait-elle été choisie ? Pourquoi la déesse de la lune l'avait-elle unie à un homme qu'elle ne méritait pas ? Pourquoi la souffrance, pourquoi l'isolement, pourquoi l'abandon ? Elle n'avait pas les réponses. Et elle n'en aurait probablement jamais. Mais pour l'instant, elle devait survivre à ce rejet, à cette humiliation, et se raccrocher à ce qui restait d'elle. Car au fond de ce chaos, elle savait qu'elle n'était pas encore finie. Pas tout à fait.

Chapitre 3 Chapitre 3

La soirée s'étira dans un vide lourd, un silence oppressant qui se déversait dans la petite pièce où elle s'était réfugiée. Elle avait tout perdu. Son honneur. Son espoir. Et la dignité qu'elle avait cru mériter s'était effondrée sous le poids des mots d'un homme qu'elle n'aurait jamais dû croire. Elle s'était accrochée à l'idée d'un avenir partagé, d'un amour réciproque, mais tout cela s'était brisé comme du verre sous la violence de la réalité. Les rires moqueurs, les regards glacés, tout cela la hantait encore.

Elle n'avait nulle part où aller. Nulle part où se cacher. Loin du regard de la meute, loin du jugement, il n'y avait que l'obscurité de la nuit qui l'enveloppait. Une nuit sans fin, une nuit où les pensées se bousculaient sans cesse, lui brûlant le cœur comme un incendie dévorant. Elle avait besoin d'échapper, de fuir cette douleur, même si ce n'était que pour un instant. Le désir de disparaître dans les bras de l'inconnu, de tout oublier, de se laisser emporter par le moment, devenait irrésistible.

Elle avait entendu des voix au loin, des rires, des éclats de voix. Les membres de la meute étaient encore là, se réchauffant autour des feux, riant de ce qui venait de se passer. Elle les avait laissés derrière elle, comme des fantômes lointains. Les éclats de lumière du feu frappaient encore la nuit, mais pour elle, tout cela était devenu une mer lointaine. Un monde auquel elle n'appartenait plus.

Elle se leva brusquement, le besoin de fuir plus fort que la raison. Ses pieds la guidaient sans qu'elle le veuille, emportée par une force qu'elle ne contrôlait pas. Les rues étaient désertes, seules quelques ombres traversaient çà et là, leurs murmures se perdant dans l'air frais de la nuit. L'odeur de la pluie était lourde, et l'air semblait presque vibrer autour d'elle, comme si la terre elle-même ressentait son désespoir. Elle se laissa guider, poussée par un besoin animal, une pulsion incontrôlable. Ses pensées se brouillaient dans sa tête, et seule l'envie de disparaître dans l'oubli comptait.

Elle s'engagea dans une ruelle sombre, loin de l'agitation de la ville, loin des regards. Ses yeux scrutaient l'obscurité, cherchant une échappatoire, une brèche dans cette nuit infinie. Puis, sans prévenir, il apparut. Un homme. Il était là, comme s'il avait été attendu, comme une ombre faite de désir. Il s'arrêta devant elle, sans un mot, simplement une présence. L'air autour d'eux semblait soudainement se charger d'électricité, de cette tension muette qui ne demandait qu'à éclater. Il n'était pas comme les autres. Il y avait en lui quelque chose de sauvage, de mystérieux, quelque chose qui résonnait profondément en elle.

Elle le fixa, hésitante, mais ses lèvres se firent plus douces. Il n'avait pas besoin de dire un mot, son regard parlait pour lui. Un regard intense, brûlant, comme une invitation. Elle ressentit une chaleur monter en elle, une chaleur qu'elle n'avait pas connue depuis trop longtemps. Il se rapprocha lentement, d'abord doucement, puis plus pressé, comme si la nuit elle-même les poussait ensemble.

Sans réfléchir, sans penser aux conséquences, elle se laissa entraîner. Ses lèvres trouvèrent les siennes, et ce fut comme une explosion. Chaque toucher, chaque frôlement semblait briser la douleur accumulée, l'angoisse, la solitude. Il n'y avait plus de passé, plus de souffrance. Il n'y avait que lui et elle, dans cette danse fiévreuse, dans cette fusion brute. Elle ne connaissait pas son nom, il ne lui en avait pas donné. Et cela n'avait aucune importance. Elle n'avait rien à perdre, rien à sauver. Tout ce qu'elle voulait, c'était cet instant, cette chaleur, cet abandon total.

Ses mains se perdirent dans ses cheveux, dans la chaleur de sa peau, et elle se laissa emporter. Il la serra contre lui, son corps contre le sien, et elle sentit la puissance en lui. Pas celle de l'homme qu'elle avait cru être son compagnon. Mais quelque chose d'autre. Un feu qu'elle n'avait pas connu depuis trop longtemps.

Ils se retrouvèrent dans une ruelle sombre, leurs corps se frôlant dans une étreinte désireuse. Aucun mot. Juste des gestes, des souffles, des mains qui se cherchaient, qui exploraient. Les murs autour d'eux semblaient se refermer, les murs de la réalité s'effondrant sous la folie de ce moment. Loin de tout, loin des attentes, loin des humiliations.

Elle ne savait pas combien de temps cela dura. L'instant s'étirait, suspendu dans un espace hors du temps, hors de tout ce qui existait avant. La seule chose qui comptait maintenant était la chaleur de cet homme contre elle, l'étreinte d'un corps qu'elle ne connaissait pas, mais dont elle avait plus besoin qu'elle n'aurait pu le dire.

Quand la folie de l'instant s'estompa, il la regarda, toujours sans un mot. Ses yeux étaient pénétrants, comme s'il voyait à travers elle, comme s'il savait, comme s'il comprenait. Elle détourna les siens, honteuse de ce qu'elle avait fait, de ce qu'elle était devenue. Mais quelque part au fond de son âme, quelque chose brûlait encore. Quelque chose de plus fort que la culpabilité, plus fort que la honte.

Il s'éloigna sans un mot, disparaissant dans la nuit aussi silencieusement qu'il était venu. Elle resta là, seule, dans la ruelle, le corps encore en feu de cette rencontre intense, mais l'esprit lourd, emprisonné dans la réalité de ce qu'elle venait de faire. Elle se laissa glisser contre un mur, haletante, la tête basse.

Pourquoi avait-elle fait ça ? Pourquoi s'était-elle abandonnée à l'inconnu, à cette tentation qu'elle savait être interdite ? Elle avait cherché un moyen d'oublier la douleur, mais au lieu de cela, elle s'était enfoncée encore plus profondément dans un abîme sans fin. La réalité, si dure, si cruelle, semblait l'engloutir à nouveau. Elle ne savait même pas s'il serait capable de la voir, de la reconnaître, ou si ce qu'ils avaient partagé était simplement une illusion. Un accident. Un besoin passager, une échappatoire.

Elle se redressa lentement, ses jambes faibles, son esprit brisé. Mais au fond de ses entrailles, une petite lueur persistait. Un espoir, peut-être. Ou une folie. Peu importait. Ce qui était fait, était fait. Et demain serait un autre jour. Un autre jour où elle devrait encore faire face à la vérité. Mais pour l'instant, elle avait vécu. Elle avait ressenti quelque chose de plus fort que la douleur. Elle n'était pas morte, encore. Pas tout à fait.

Et ça, au moins, était tout ce qu'il lui restait.

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