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L'Oubli de Lavande

L'Oubli de Lavande

Auteur:: Clara Laura
Genre: Moderne
Mon mariage avec Éléonore, mère de notre fils Léo, était autrefois notre paradis provençal. Mais son amnésie après un accident a tout détruit : elle m'a oublié, elle a renié Léo. Mon ancien ami, Matthieu, a profité de sa vulnérabilité, s'imposant comme son grand amour. Je suis devenu un père au foyer humilié, traité comme un domestique. L'ignominie a culminé au vernissage où Éléonore, au bras de Matthieu, a rejeté publiquement Léo, le qualifiant d'«accident». La pitié générale était pire que le mépris. Le coup de grâce : Léo, victime d'une crise d'asthme sévère, suffoquait dans mes bras. Éléonore, après avoir bloqué tous mes comptes, a refusé catégoriquement d'aider notre fils sur le trottoir parisien. «Il va très bien, ton fils, tu veux juste gâcher ma soirée,» lança-t-elle, d'une cruauté indicible. Comment une mère pouvait-elle renier son enfant, le laisser mourir ? La douleur était insoutenable, l'injustice me dévorait. En montant dans le VTC providentiel, j'ai pris une décision radicale : Julien était mort. Pour Léo, pour ma dignité, une nouvelle vie devait éclore. J'allais disparaître, effacer mon passé, et Éléonore connaîtrait enfin la solitude et la souffrance qu'elle m'avait infligées.

Introduction

Mon mariage avec Éléonore, mère de notre fils Léo, était autrefois notre paradis provençal.

Mais son amnésie après un accident a tout détruit : elle m'a oublié, elle a renié Léo.

Mon ancien ami, Matthieu, a profité de sa vulnérabilité, s'imposant comme son grand amour.

Je suis devenu un père au foyer humilié, traité comme un domestique.

L'ignominie a culminé au vernissage où Éléonore, au bras de Matthieu, a rejeté publiquement Léo, le qualifiant d'«accident».

La pitié générale était pire que le mépris.

Le coup de grâce : Léo, victime d'une crise d'asthme sévère, suffoquait dans mes bras.

Éléonore, après avoir bloqué tous mes comptes, a refusé catégoriquement d'aider notre fils sur le trottoir parisien.

«Il va très bien, ton fils, tu veux juste gâcher ma soirée,» lança-t-elle, d'une cruauté indicible.

Comment une mère pouvait-elle renier son enfant, le laisser mourir ?

La douleur était insoutenable, l'injustice me dévorait.

En montant dans le VTC providentiel, j'ai pris une décision radicale : Julien était mort.

Pour Léo, pour ma dignité, une nouvelle vie devait éclore.

J'allais disparaître, effacer mon passé, et Éléonore connaîtrait enfin la solitude et la souffrance qu'elle m'avait infligées.

Chapitre 1

Je sors mon téléphone et compose un numéro. La voix à l'autre bout du fil est rauque et impersonnelle.

« C'est réglé ? »

« Oui, » je réponds, ma propre voix basse. « Les Calanques. Comme convenu. »

« Le paiement. »

« Il sera fait. »

Je raccroche. Le silence de l'appartement parisien est lourd.

Dans la chambre, mon fils Léo, un an, dort paisiblement. Son souffle léger est le seul son qui me maintient ancré à la réalité.

Pour lui, je suis prêt à tout. Même à mourir. Ou du moins, à le faire croire.

Ma main se glisse dans ma poche et touche le métal froid d'un médaillon. Un réflexe.

Un flashback.

Le soleil de Provence tape sur nos têtes d'enfants. L'odeur de la lavande est partout. Éléonore et moi, on court dans les champs, on rit. On tombe. Une petite pierre coupante nous fait une cicatrice identique sur la paume de la main. Notre pacte de sang, on disait en rigolant.

Pour ses dix-huit ans, je lui ai offert ce médaillon. Ancien, gravé de nos initiales. J et E. Elle ne le quittait jamais.

Je lui écrivais des poèmes. Elle disait que mes mots sentaient la lavande et le soleil.

Où est cette fille maintenant ?

La porte de la chambre s'ouvre. C'est elle. Éléonore.

Elle ne me regarde pas. Ses yeux sont froids, vides. Depuis l'accident, il y a un an, dix ans de sa vie ont été effacés. Notre vie.

Elle ne se souvient de rien. Ni de moi, ni de Léo.

Pire, elle croit aimer un autre homme. Matthieu. Mon ancien ami. Un peintre raté et manipulateur qui a profité de son amnésie pour se glisser dans son lit, dans sa vie, dans sa fortune.

Il lui a raconté qu'il était son grand amour, et elle l'a cru.

« Julien, qu'est-ce que tu fais là ? » sa voix est tranchante.

J'essaie de ne pas tressaillir. « Je veillais sur Léo. »

« Bien. Fais ton travail, » dit-elle en se détournant. « Matthieu m'attend. »

Je serre les poings. Mon travail. Je suis devenu le père au foyer, l'ombre méprisée, le domestique.

« Éléonore, » je murmure, une dernière tentative désespérée. « Tu ne te souviens vraiment de rien ? De Grasse ? De la lavande ? »

Elle se retourne lentement, un rictus de dédain sur les lèvres.

« Arrête avec tes histoires ridicules. La seule chose que je sais, c'est que ma vie était bien meilleure avant que tu ne t'y incrustes. Tu n'es qu'un poids. »

Ses mots me frappent. C'est la confirmation finale. Le déclencheur.

Il n'y a plus rien à sauver.

Plus tard, au vernissage de Matthieu dans la galerie d'Éléonore, dans le Marais, l'humiliation est publique.

Tout le monde me regarde avec un mélange de pitié et de mépris. Le mari cocu, le père au foyer entretenu.

Éléonore est radieuse au bras de Matthieu. Elle s'occupe du fils de ce dernier, un neveu dont il prétend avoir la garde. Elle lui sourit, lui ajuste sa cravate, une vraie mère.

Léo, dans mes bras, agite sa petite main vers elle. Elle l'ignore complètement.

J'entends des chuchotements.

« C'est lui, le mari. »

« Pauvre type. Elle ne le touche même pas. »

« Il s'accroche pour l'argent, c'est évident. »

Je me sens seul, isolé au milieu de cette foule hostile.

Je m'approche d'elle, essayant de garder mon calme. « Éléonore, Léo est fatigué. Nous devrions rentrer. »

Elle me lance un regard furieux, comme si je venais de commettre un crime.

« Tu ne vois pas que je suis occupée ? Tu n'es qu'un incapable. Un père au foyer raté qui ne sait même pas gérer un enfant. Rentre si tu veux. Personne ne te retient. »

Sa voix est forte. Plusieurs personnes se retournent. Mon visage brûle de honte.

Chapitre 2

Matthieu s'approche, un sourire faussement compatissant sur les lèvres.

« Julien, ça ne va pas ? Tu as l'air pâle. Éléonore est un peu tendue ce soir, c'est son grand soir. Rentre donc te reposer avec le petit. »

Sa voix est douce, mais ses yeux triomphent. Il me parle comme à un domestique.

Je le fusille du regard.

Éléonore intervient, sa voix encore plus dure.

« Léo ? Cet enfant n'est qu'un accident. Un outil que tu utilises pour essayer de me retenir. Le seul enfant qui compte pour moi, c'est celui de Matthieu. »

Un silence glacial tombe autour de nous. Le choc est visible sur les visages des invités les plus proches. C'est trop, même pour eux.

Les murmures changent de ton.

« Elle a dit ça ? »

« C'est son propre fils... »

« C'est cruel. Le pauvre homme. »

La pitié dans leurs yeux est presque pire que le mépris.

Je regarde Éléonore. Derrière le masque de froideur, je vois des éclairs de la femme que j'ai aimée. Une certaine façon de froncer les sourcils, un tic nerveux qu'elle a quand elle ment. Elle se force à être cette personne.

Mais ça ne change rien. La douleur est là, vive, insupportable.

Ma décision est prise. Je dois partir. Pour Léo. Pour moi.

Léo commence à pleurer, sentant la tension. Ses pleurs me ramènent à la réalité.

« On rentre, » je dis fermement, en me détournant.

Je me fraie un chemin dans la foule.

« Attends ! » crie Éléonore.

Je me retourne.

« Tu as bousculé Matthieu ! Excuse-toi ! »

Je regarde Matthieu, qui se frotte le bras d'un air théâtral, comme si je l'avais frappé.

« Il m'a poussé, chérie. Je crois qu'il voulait me faire tomber. »

C'est absurde. Je l'ai à peine effleuré.

La colère monte en moi, froide et tranchante. Je marche vers eux. Je sors le médaillon de ma poche. Le symbole de tout ce que nous avons perdu.

Je le tends à Matthieu.

« Tiens. C'est pour m'excuser. »

Éléonore me regarde, interloquée. Elle croit que c'est une nouvelle tentative de ma part, un jeu tordu pour attirer son attention.

« Qu'est-ce que c'est que cette comédie ? »

« C'est un cadeau. Considérez-le comme un cadeau de rupture. »

Je me retourne pour partir.

« Reste ici ! » ordonne-t-elle, me barrant le passage. « Tu crois que tu peux t'en tirer comme ça ? Tu joues à quoi, Julien ? »

Son incompréhension est totale. Elle ne voit pas que c'est un adieu. Pour elle, je suis juste un manipulateur pathétique. C'est mieux ainsi.

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