Mon mari, Antoine, chirurgien cardiaque de renom, était mon monde. Je croyais en notre amour, en notre avenir, malgré les défis de nos carrières exigeantes.
Le couteau de l'agresseur brillait dans le couloir de l'hôpital, et ma vie était en jeu. Mais la pensée qui me vrillait le cerveau était l'absurdité abjecte : Antoine était en train de chercher le chat de sa jeune collègue, Sophie Bernard. Il me laissait mourir, pour un chat.
L' opération fut un succès, mais la tragédie frappa Sophie. Elle tomba du balcon, elle mourut. Une promotion inattendue m' attendait, ironiquement à son poste.
Mais la vraie trahison arriva ensuite. Antoine, ivre de rage, me livra à des voyous dans une ruelle sombre, filmant chaque instant. Ses paroles glaçaient le sang : Il voulait que je subisse la même honte et la même mort que Sophie, me jetant du balcon de notre appartement.
Je me suis réveillée au son des cris de ma famille, le désespoir dans leurs voix. Mourir dans la honte ? Non. Pas cette fois.
Cette fois, c' est lui qui allait goûter à la même chose. Je ne suis plus la victime sans défense. Je me souviens de tout. Et le jeu a commencé.
Le couteau de l'agresseur brillait sous la faible lumière du couloir.
Alors que la lame glacée se dirigeait vers moi, une seule pensée tournait en boucle dans ma tête, absurde et amère.
Mon mari, le Dr. Antoine Lefevre, un chirurgien cardiaque de renom, était en train de chercher le chat de sa jeune collègue.
Pendant que je risquais ma vie, il était avec Sophie Bernard.
Cette pensée m'a donné une force que je ne me connaissais pas, j'ai réussi à le joindre, à le convaincre de parler à la famille enragée et de préparer l'opération en urgence, sauvant ainsi tout le monde du danger imminent.
L'opération fut un succès.
Mais la tragédie a frappé ailleurs.
Sophie, en cherchant seule son chat dans la nuit, a été agressée. Elle est tombée du balcon. Elle n'a pas survécu.
Antoine a été anéanti, comme si on lui avait arraché le cœur.
Ironiquement, l'hôpital m'a confié le poste de chef de service adjoint en cardiologie, celui que Sophie occupait.
Une promotion née d'une tragédie.
Lors de la fête organisée pour ma promotion, Antoine a profité de mon état d'ivresse. Il m'a souri, un sourire que je n'avais jamais vu auparavant, froid et vide.
Il m'a livrée à des voyous dans une ruelle sombre derrière le restaurant.
Il a tout filmé avec son téléphone.
La dernière chose que j'ai vue, c'était son visage, déformé par la haine.
« Si ce n'était pas toi, Sophie n'aurait pas subi tout cela ! »
« Demain, je mettrai la vidéo en ligne pour que tu goûtes toi aussi à la honte et à la mort. »
Ses yeux étaient injectés de sang. Il a prononcé ces mots, chaque syllabe chargée d'un venin glacial.
Puis, il m'a jetée du balcon de notre appartement.
Le vent sifflait à mes oreilles.
Je me suis réveillée au son des cris de ma famille, des cris de panique et de désespoir.
Mourir dans la honte ?
Non.
Pas cette fois.
Cette fois, c'est lui qui allait goûter à la même chose.
Je lui ferai regretter d'être né.
Je suis de retour.
Le bruit assourdissant des cris et des insultes a frappé mes oreilles.
« Où est le Dr. Lefevre ! Faites venir le Dr. Lefevre tout de suite ! Si ma mère meurt, je vous tue tous ! »
Je me tenais dans le couloir bondé de l'hôpital, l'odeur d'antiseptique et de peur flottant dans l'air. C'était le chaos. La famille d'une patiente en état critique avait perdu tout contrôle.
Le directeur adjoint, le Dr. Philippe Moreau, le visage en sueur, essayait de calmer la situation.
« S'il vous plaît, calmez-vous ! Nous faisons tout notre possible ! »
Il s'est tourné vers moi, l'air affolé.
« Émilie ! Où est Antoine ? Sa patiente est en train de mourir, et il est introuvable ! »
Je savais exactement où il était.
Avant que je puisse répondre, un homme grand et costaud, le fils de la patiente, a saisi le Dr. Moreau par le col.
« On s'en fout de vos excuses ! Trouvez-le maintenant ! »
Ses yeux étaient fous de rage et de chagrin. Derrière lui, quelques hommes à l'allure menaçante bloquaient le passage, les poings serrés.
J'ai pris une profonde inspiration, le cœur battant à tout rompre, mais mon esprit était d'une clarté glaciale.
J'ai regardé l'homme costaud, puis le Dr. Moreau.
« Antoine n'est pas joignable pour le moment. »
Ma voix était calme, trop calme.
« Il aide sa jeune collègue, le Dr. Sophie Bernard, à retrouver son chat. Il m'a dit que c'était très important pour elle. »
Un silence s'est installé.
Les infirmières et les médecins présents ont échangé des regards stupéfaits. Leurs chuchotements ont commencé à s'élever comme un essaim d'abeilles.
« Le chat de Sophie Bernard ? »
« Mais... ils sont très proches, n'est-ce pas ? »
« En pleine urgence vitale, il cherche un chat ? C'est une blague ? »
L'homme costaud, Marc Dupont, a lâché le Dr. Moreau. Son regard s'est fixé sur moi, dur et perçant.
« Vous êtes sa femme, n'est-ce pas ? Appelez-le. Dites-lui de ramener ses fesses ici immédiatement. »
J'ai hoché la tête, sortant mon téléphone.
Dans ma vie précédente, j'avais paniqué. J'avais supplié Antoine de revenir, j'avais pleuré.
Cette fois, j'ai composé son numéro avec un calme sinistre.
Il a répondu, la voix agacée, avec le miaulement lointain d'un chat en fond sonore.
« Quoi encore, Émilie ? Je suis occupé ! »
J'ai mis le haut-parleur.
« Antoine, la famille de Mme Durand est ici. Ils sont... très en colère. La situation est hors de contrôle. Le Dr. Moreau te cherche partout. »
J'ai délibérément omis de lui dire de revenir.
« Merde ! Je ne peux pas tout faire ! Dis-leur d'attendre ! Sophie est en larmes, je ne peux pas la laisser comme ça ! »
Sa voix, pleine d'impatience et de préoccupation pour une autre femme, a résonné dans le couloir silencieux.
Le visage de Marc Dupont s'est assombri.
« Coupez ! » a-t-il ordonné.
Il m'a arraché le téléphone des mains et l'a jeté à l'un de ses hommes.
« Toi, et vous tous, » dit-il en balayant la pièce du regard, « vous allez rester ici. Personne ne sort, personne ne passe d'appel. »
Ses hommes ont immédiatement bloqué toutes les sorties de l'étage.
Nous étions pris au piège.
Les infirmières se sont regroupées, terrifiées.
« Mais qui sont ces gens ? Ce ne sont pas juste des membres de la famille... » a murmuré l'une d'elles.
« Ils ressemblent à des gangsters... »
Exactement.
Et mon cher mari, dans son arrogance, venait de déclencher une bombe à retardement. Une bombe qui, cette fois, n'exploserait que sur lui.