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L'Ombre de Jeanne

L'Ombre de Jeanne

Auteur:: Beach Bum
Genre: Romance
Chaque soir, après douze heures exténuantes, je rentrais auprès de Jeanne, architecte brillante, devenue l' ombre d' elle-même suite à la faillite de son entreprise. Je travaillais jusqu' à l' épuisement, acceptant n' importe quel boulot, ramassant même des bouteilles dans les rues de Paris, pour subvenir à nos besoins et alléger son fardeau. Un soir, alors que je savourais un rare moment de tendresse, bercé par l' appel de son amie Chloé, les mots prononcés au téléphone se sont figés dans mes veines, brisant mon univers en mille éclats : « Tu vas enfin pouvoir divorcer de ce type et épouser Pierre ? Son dernier souhait va être exaucé... formidable ! » Ce coup de poignard m' a révélé la terrible vérité : la faillite n' était qu' une mise en scène, un prétexte pour me quitter et épouser mon cousin, Pierre, gravement malade. Le constat fut brutal : mon amour inconditionnel, mes sacrifices, tout n' était qu' une illusion dont j' étais la victime consentante. Pourquoi m'a-t-elle utilisé comme un pion, un simple arrangement pour masquer ses véritables sentiments ? Ce n'était plus de la douleur, mais une rage froide qui m'a envahi, me poussant à signer les papiers du divorce, à accepter l'inacceptable. Je l'ai laissée partir, aveuglée par sa cruauté, et j'ai décidé de prendre mon envol, loin de Paris, pour New York, vers une nouvelle vie où la trahison de Jeanne ne serait plus qu'un lointain souvenir. C'est ainsi que j'ai choisi de renaître de mes cendres, jurant qu'elle ne me briserait plus jamais.

Introduction

Chaque soir, après douze heures exténuantes, je rentrais auprès de Jeanne, architecte brillante, devenue l' ombre d' elle-même suite à la faillite de son entreprise.

Je travaillais jusqu' à l' épuisement, acceptant n' importe quel boulot, ramassant même des bouteilles dans les rues de Paris, pour subvenir à nos besoins et alléger son fardeau.

Un soir, alors que je savourais un rare moment de tendresse, bercé par l' appel de son amie Chloé, les mots prononcés au téléphone se sont figés dans mes veines, brisant mon univers en mille éclats : « Tu vas enfin pouvoir divorcer de ce type et épouser Pierre ? Son dernier souhait va être exaucé... formidable ! »

Ce coup de poignard m' a révélé la terrible vérité : la faillite n' était qu' une mise en scène, un prétexte pour me quitter et épouser mon cousin, Pierre, gravement malade.

Le constat fut brutal : mon amour inconditionnel, mes sacrifices, tout n' était qu' une illusion dont j' étais la victime consentante.

Pourquoi m'a-t-elle utilisé comme un pion, un simple arrangement pour masquer ses véritables sentiments ?

Ce n'était plus de la douleur, mais une rage froide qui m'a envahi, me poussant à signer les papiers du divorce, à accepter l'inacceptable.

Je l'ai laissée partir, aveuglée par sa cruauté, et j'ai décidé de prendre mon envol, loin de Paris, pour New York, vers une nouvelle vie où la trahison de Jeanne ne serait plus qu'un lointain souvenir.

C'est ainsi que j'ai choisi de renaître de mes cendres, jurant qu'elle ne me briserait plus jamais.

Chapitre 1

La porte de l' appartement s' ouvrit dans un léger grincement. Antoine Moreau entra, l' odeur de la friture et de la fatigue accrochée à ses vêtements. Il avait travaillé douze heures d' affilée comme serveur dans un petit bistrot du quartier, un travail qu' il avait pris en plus de son autre emploi de jour. Ses mains étaient rouges et douloureuses, mais il les cacha derrière son dos en voyant Jeanne Dubois assise sur le canapé, le regard perdu dans le vide.

Elle ne tourna même pas la tête vers lui. Jeanne, la brillante architecte, la femme qu' il aimait plus que tout, était l' ombre d' elle-même depuis la faillite de son entreprise de design. Pour la protéger, pour l' aider à traverser cette épreuve, Antoine était prêt à tout. Il travaillait jour et nuit, acceptant n' importe quel petit boulot, allant même jusqu' à ramasser des bouteilles vides dans les rues de Paris tard le soir, quand il pensait qu' elle dormait. Il ne lui en avait jamais parlé, ne voulant pas ajouter à son fardeau.

« Tu as faim ? Je peux te préparer quelque chose, » dit-il d' une voix douce, essayant de dissimuler son épuisement.

« Non, » répondit-elle sèchement, sans le regarder.

Il y eut un silence. Antoine alla dans la cuisine et se versa un verre d' eau, buvant d' un trait pour apaiser la brûlure dans sa gorge. Il la voyait là, si belle et si distante, et son cœur se serrait. Il croyait fermement qu' ils surmonteraient cette épreuve ensemble, que son amour et ses efforts suffiraient à la soutenir. Il s' approcha d' elle, s' agenouilla et posa doucement sa tête sur ses genoux.

« Tout ira bien, Jeanne. Je suis là. »

Elle ne répondit pas, mais sa main se posa distraitement sur ses cheveux. Pour Antoine, ce simple contact était une bouffée d' espoir. Ils restèrent ainsi un long moment, dans le silence de l' appartement. Puis, le téléphone de Jeanne sonna, brisant la quiétude. Elle le décrocha, son visage s' éclairant légèrement.

« Allô, Chloé ? »

C' était une de ses amies proches. Antoine ne prêta d' abord pas attention à la conversation, se contentant de savourer ce rare moment de proximité. Mais la voix de Chloé, forte et claire même à travers le combiné, parvint jusqu' à ses oreilles.

« Alors, ça y est ? Tu as réussi à le faire signer ? Tu vas enfin pouvoir divorcer de ce type et épouser Pierre ? Son dernier souhait va être exaucé, c' est formidable ! »

Antoine se figea. Chaque mot était un coup de poignard. Divorcer ? Épouser Pierre ? Son cousin, Pierre Moreau, qui était gravement malade ? Il releva lentement la tête, regardant Jeanne avec une incrédulité totale. Le sang se retira de son visage.

Jeanne, paniquée, tenta de couper court à la conversation. « Chloé, je te rappelle plus tard. »

Elle raccrocha brusquement, mais le mal était fait. Le secret était révélé. La faillite n' était qu' un mensonge. Une mise en scène. Tout ça, pour le quitter. Pour épouser un autre homme. Antoine se releva, ses jambes tremblaient. La fatigue de ces derniers mois, les sacrifices, l' amour inconditionnel qu' il lui portait, tout cela lui parut soudain absurde, ridicule. Il se sentait vidé, anéanti.

« Antoine, je... » commença-t-elle, le visage blême.

Il ne voulait pas entendre ses explications. Il vit sur la table basse une enveloppe. Il l' ouvrit d' une main tremblante. Les papiers du divorce. Elle les avait préparés. Il la regarda, les yeux remplis d' une douleur immense. L' amour qu' il croyait partager n' avait jamais existé. Il n' était qu' un obstacle sur son chemin.

« Je signe, » dit-il d' une voix blanche, sans expression.

Son cœur était brisé en mille morceaux, mais son visage restait impassible. Il prit un stylo et signa, là où elle avait mis une petite croix. Il n' y avait plus rien à dire, plus rien à sauver.

Jeanne parut surprise par sa rapidité. Elle s' attendait sans doute à des larmes, des cris, des supplications. Mais il n' y avait que ce silence terrible, ce vide.

« Allons-y maintenant, » dit-elle, presque pressée. « Allons à la mairie. Il faut que ce soit réglé tout de suite. Ne t' inquiète pas, Antoine. Après que Pierre sera... parti, je reviendrai vers toi. Nous nous remarierons, je te le promets. »

Cette promesse sonnait comme une insulte de plus. Une gifle. Il comprit qu' elle ne le voyait que comme une solution de repli, un port de secours pratique. Il ne dit rien, se contentant de hocher la tête. Il la suivit hors de l' appartement, comme un automate.

En marchant à ses côtés dans les rues de Paris, les souvenirs affluèrent. Leur rencontre à l' université. Il était un étudiant brillant mais timide, elle était la reine du campus, belle et inaccessible. Un jour, elle était venue vers lui, lui avait souri et lui avait dit : « C' est toi que je choisis. » Il avait cru à un conte de fées. Maintenant, il comprenait la vérité. Il n' avait jamais été un choix d' amour. Il était un arrangement. Un moyen d' éloigner Pierre, son cousin, dont elle était secrètement amoureuse depuis toujours. Leur mariage n' était qu' une façade pour cacher ses vrais sentiments.

Devant la mairie, il la regarda une dernière fois. Elle était belle, déterminée, mais il ne voyait plus en elle la femme qu' il avait aimée. Il ne voyait qu' une étrangère. Une manipulatrice qui avait joué avec son cœur pendant des années. Il sentit une clarté glaciale l' envahir. C' était fini. Il devait partir. Il devait quitter cette ville, cette vie, cet amour qui n' en avait jamais été un. Il ne voulait plus jamais la revoir.

Chapitre 2

Le divorce fut prononcé avec une rapidité administrative et froide. Moins d' une heure après avoir signé les papiers, Antoine était de nouveau un homme célibataire. Il ne retourna pas à l' appartement qui n' était plus le sien. Il marcha sans but, le certificat de divorce dans la poche de sa veste. Le papier était léger, mais il pesait une tonne sur son cœur.

Il entra dans un café, s' assit à une table isolée et sortit son téléphone. Le premier appel fut pour sa mentor, le professeur Lévesque, une linguiste renommée qui vivait maintenant à New York. Elle avait toujours cru en son talent pour la traduction, un rêve qu' il avait mis de côté pour soutenir la carrière de Jeanne.

« Professeur ? C' est Antoine. »

« Antoine ! Quelle surprise. Comment vas-tu ? »

Sa voix chaleureuse était un baume sur sa blessure.

« J' ai besoin d' un changement, » dit-il, sa propre voix sonnant étrangement détachée. « Votre proposition pour rejoindre votre équipe de traduction... est-elle toujours d' actualité ? »

Il y eut un court silence à l' autre bout du fil. « Bien sûr, Antoine. La place t' attend. Quand veux-tu venir ? »

« Le plus tôt possible. Demain, si je peux trouver un vol. »

Il raccrocha, un sentiment de vertige le saisissant. New York. Une nouvelle vie. L' idée était à la fois terrifiante et libératrice. Il avait tout misé sur son mariage, sur Jeanne. Il s' était trompé. Il avait choisi la mauvaise personne, sacrifié ses propres ambitions pour une illusion. La douleur était là, profonde, mais une petite flamme de colère et de détermination commençait à brûler en lui.

Il passa les heures suivantes à organiser son départ. Il acheta un billet d' avion en ligne pour le lendemain soir. Il appela la seule personne qu' il considérait comme un ami à Paris, Marc, pour lui demander de récupérer les quelques affaires personnelles qu' il avait laissées dans l' appartement. Il ne voulait plus jamais y remettre les pieds.

La nuit tomba sur Paris. Antoine n' avait nulle part où aller. Il erra dans les rues, le souvenir de sa vie avec Jeanne le hantant à chaque coin de rue. Le parc où ils s' étaient embrassés pour la première fois, le cinéma de leur premier rendez-vous, le restaurant où il l' avait demandée en mariage. Chaque lieu était une cicatrice.

Il finit par s' asseoir sur un banc le long de la Seine. Il était épuisé, physiquement et mentalement. Le sommeil le gagna par intermittence, un sommeil agité, peuplé de cauchemars. Il voyait le visage de Jeanne, souriant, puis se transformant en un masque de mépris. Il entendait la voix de Chloé, encore et encore : « Tu vas enfin pouvoir épouser Pierre... »

Il fut réveillé par la sonnerie de son téléphone. Un message. Il l' ouvrit, les yeux encore embués de sommeil. C' était un numéro inconnu. Le message contenait une seule photo. Une photo de Jeanne et de Pierre, enlacés, souriants. Ils étaient dans une chambre d' hôpital. Pierre, malgré sa prétendue maladie grave, avait l' air rayonnant. Le message en dessous disait : « Merci de nous avoir laissé la place, mon pauvre ami. Elle ne t' a jamais aimé. »

La colère submergea la douleur. C' était Pierre. Son cousin. L' homme pour qui Jeanne l' avait trahi. Il serra le téléphone si fort que l' écran se fissura. La provocation était claire, cruelle. Pierre ne se contentait pas de lui prendre sa femme, il voulait aussi le détruire, le humilier.

Antoine regarda à nouveau la photo. Il zooma sur le visage de Jeanne. Elle souriait, oui, mais il y avait quelque chose d' autre dans son regard. Quelque chose qu' il n' avait jamais vu. Un bonheur total, une plénitude qu' elle n' avait jamais eue avec lui. Il comprit alors, avec une clarté douloureuse, que ce n' était pas seulement une question de pitié pour un homme malade. Elle l' aimait. Elle avait toujours aimé Pierre.

Cette prise de conscience fut la dernière chose dont il avait besoin. Le dernier lien émotionnel qui le retenait à elle venait de se briser. Il n' y avait plus d' amour, plus de regret, seulement un vide immense et une envie féroce de tourner la page.

Il se leva du banc. Le soleil commençait à se lever sur Paris, peignant le ciel de couleurs douces. Pour lui, c' était l' aube d' une nouvelle vie. Une vie sans Jeanne. Il jeta un dernier regard à la Seine, puis se détourna. Il avait un avion à prendre. Il se dirigea vers la petite chambre d' hôtel qu' il avait réservée pour quelques heures, vida son sac de tout ce qui lui rappelait son passé, ne gardant que l' essentiel. Il jeta les photos, les petits cadeaux, les souvenirs. Il voulait partir léger, sans bagage émotionnel.

Plus tard dans la soirée, en se rendant à l' aéroport, il passa devant le bistrot où il avait travaillé la veille. Par la fenêtre, il vit ses anciens collègues s' affairer. Une vie qu'il avait menée pour rien. Une bouffée d' amertume lui monta à la gorge. Il accéléra le pas. Il ne voulait plus rien avoir à faire avec cette ville.

Alors qu' il attendait dans la salle d' embarquement, il entendit une conversation animée non loin de lui. Il reconnut la voix de Chloé, l' amie de Jeanne. Elle était au téléphone, parlant fort, sans se soucier des autres.

« Oui, c' est fait ! Ils se sont mariés cet après-midi, à la mairie. Une petite cérémonie simple. Pierre est tellement heureux. Jeanne a dit qu' elle ne resterait avec lui qu' un mois, juste pour sa réputation, et qu' ensuite elle se remarierait avec Antoine. Elle est incroyable, n' est-ce pas ? Tellement dévouée. »

Antoine sentit son sang se glacer. Un mois. Se remarier avec lui. L' indifférence avec laquelle elles parlaient de sa vie, de ses sentiments, le dévasta. Il n' était qu' un pion dans leur jeu. Une pièce qu' on déplace sur un échiquier. Il se leva et se dirigea vers les toilettes. Il se regarda dans le miroir. Le visage qui le fixait était celui d' un étranger, marqué par la fatigue et la trahison. Il se passa de l' eau sur le visage, encore et encore, comme pour effacer la souillure de leurs mensonges.

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