La pluie tombait à verse sur les rues sombres de Naples, transformant l'asphalte en un miroir brisé où les lumières des réverbères se reflétaient en mille éclats tremblants. Lina Moretti, assise sur le vieux canapé élimé du salon, sentait son cœur battre contre ses côtes comme un oiseau affolé. Son père, Massimo Moretti, faisait les cent pas devant elle, ses mains tremblantes crispées autour d'un verre de whisky à moitié vide.
- Papa, pourquoi tu m'as appelée si tard ? murmura-t-elle en resserrant son châle autour de ses épaules.
Elle n'aimait pas cet appartement exigu qui empestait l'alcool et la fumée de cigarette. Depuis des années, son père sombrait dans un puits sans fond de dettes et d'illusions perdues, mais elle ne s'attendait pas à ce qu'il ait une nouvelle catastrophe à lui annoncer.
Il s'arrêta brusquement, ses yeux fatigués cherchant à éviter les siens.
- Lina... ma fille... je n'avais pas le choix.
Un frisson glacé remonta le long de sa colonne vertébrale.
- De quoi tu parles ?
Elle vit son père prendre une profonde inspiration, comme un homme sur le point de plonger dans une mer noire et sans fond.
- Alessandro De Luca.
Le silence qui suivit fut assourdissant.
Elle sentit sa gorge se nouer. Ce nom, elle le connaissait. Tout Naples le connaissait. Alessandro De Luca n'était pas »seulement un homme, il était une légende sombre, un spectre qui planait sur la ville. Chef impitoyable de l'un des clans mafieux les plus puissants, il était craint et respecté.
- Qu'est-ce que tu as fait, Papa ? chuchota-t-elle, redoutant la réponse.
Il détourna les yeux, fixant un point invisible sur le mur.
- J'ai... j'ai signé un accord avec lui.
Elle se leva brusquement, sentant le sol vaciller sous ses pieds.
- Un accord ?! Quel genre d'accord ?!
Son père vida son verre d'un trait avant de s'appuyer lourdement contre le mur.
- Mes dettes, Lina. Elles étaient devenues ingérables. J'étais au bord du gouffre, ils allaient me tuer. Alessandro a proposé un marché...
Elle recula d'un pas, une terreur sourde grandissant dans sa poitrine.
- Dis-moi que ce n'est pas ce que je crois...
- Tu dois l'épouser, Lina, lâcha-t-il dans un souffle, la voix brisée.
Le monde s'arrêta.
Lina sentit une onde glaciale la traverser, une douleur fulgurante lui déchirant le ventre.
- Non...
- Il a dit que tu devais porter son héritier. En échange, il efface toutes mes dettes et me laisse en vie.
Elle porta une main tremblante à sa bouche.
- Comment as-tu pu... ?
Son père s'avança vers elle, les yeux brillants d'un mélange de honte et de désespoir.
- Je n'avais pas le choix ! Tu crois que je voulais ça ?! Mais c'est soit ça, soit ils me mettent une balle dans la tête, Lina !
Elle aurait voulu hurler, frapper, tout briser autour d'elle.
- Et moi ?! Tu crois que j'ai le choix, moi ?!
Une larme roula sur sa joue, mais elle l'écrasa aussitôt. Elle ne pleurerait pas. Pas maintenant.
Un coup sec retentit à la porte. Son père sursauta.
- Ils sont là.
Lina sentit ses jambes se dérober sous elle.
La poignée tourna, et deux hommes en costume noir entrèrent sans un mot. Leur simple présence fit chuter la température de la pièce. L'un d'eux s'écarta pour laisser passer une silhouette imposante.
Alessandro De Luca.
Son entrée était silencieuse, mais son autorité résonnait dans chaque recoin de la pièce. Grand, vêtu d'un costume sombre parfaitement taillé, il incarnait l'élégance du pouvoir et la froideur de la menace. Ses cheveux bruns étaient impeccablement coiffés en arrière, mettant en valeur des traits anguleux, une mâchoire ciselée et des yeux d'un bleu glacial.
Il posa son regard sur elle, et pendant une fraction de seconde, son expression se troubla.
Lina, elle, n'arrivait plus à respirer.
Parce qu'elle connaissait ces yeux.
Elle les avait déjà vus, il y a des années.
Elle recula d'un pas, incapable d'y croire.
- Non... murmura-t-elle, sa voix brisée par l'incrédulité.
Alessandro s'avança lentement, son regard ancré dans le sien.
- C'est toi, Lina.
Sa voix était basse, rauque, emplie d'une émotion contenue.
- Tu me reconnais, pas vrai ?
Les souvenirs la percutèrent avec la violence d'une tempête.
Un été brûlant. Des rires d'enfants. Un garçon aux yeux d'un bleu éclatant qui lui tenait la main en lui jurant qu'il reviendrait toujours vers elle.
Mais il n'était jamais revenu.
Elle l'avait cru mort.
Et aujourd'hui, il était là. Un homme transformé en monstre.
- Alessandro...
Elle vit un éclair d'émotion traverser son regard avant qu'il ne se referme comme une porte blindée.
- Viens avec moi, Lina.
Sa voix ne laissait aucune place à la négociation.
Elle secoua la tête, les larmes menaçant de couler.
- Je ne peux pas...
Il fit un pas vers elle, et elle sentit son odeur : un mélange de cèdre, de cuir et de danger.
- Tu n'as pas le choix.
Son père posa une main tremblante sur son épaule.
- Lina...
Elle tourna la tête vers lui, mais il baissa les yeux.
Il l'avait déjà vendue.
Le cœur brisé, elle n'eut pas la force de résister quand Alessandro referma sa main sur son poignet et l'entraîna hors de l'appartement.
Dehors, la pluie continuait de tomber, glaciale et impitoyable, tandis qu'elle montait dans la voiture noire qui l'emmenait vers un avenir qu'elle ne voulait pas.
Dans l'ombre, Alessandro observait son reflet dans la vitre, le regard voilé.
- Nous avons du temps à rattraper, Lina.
Sa voix était un murmure, une promesse chargée de ténèbres.
Elle le fixa, une seule pensée traversant son esprit :
**Comment l'amour pouvait-il devenir une prison ?**
Lina fixait le paysage qui défilait derrière la vitre teintée de la voiture, les lumières de Naples se transformant en traînées lumineuses sous la pluie battante. Son cœur tambourinait dans sa poitrine, et sa gorge semblait nouée par un étau invisible. Elle était partie. Arrachée à son appartement minable, à son père indigne, à sa vie déjà bancale. Désormais, elle n'avait plus aucun contrôle sur son destin.
Elle détourna lentement les yeux du paysage nocturne pour les poser sur l'homme assis à côté d'elle. Alessandro De Luca. Ce nom, associé à tant de peur et de légendes urbaines, »lui était pourtant familier d'une manière bien plus intime. Il n'était pas seulement un criminel redouté. Il n'était pas seulement le diable qui venait de la réclamer comme un bien acquis.
Il était son passé.
Son regard se perdit sur lui, détaillant chaque trait de son visage comme pour y retrouver le garçon qu'elle avait connu. Il avait grandi, s'était endurci, transformé en cet homme froid, calculateur, dont l'aura oppressante emplissait tout l'habitacle. Mais sous cette façade impénétrable, il y avait quelque chose d'autre. Une ombre de douleur.
- Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?
Sa voix était plus tremblante qu'elle ne l'aurait voulu, mais elle ne détourna pas les yeux.
Alessandro ne répondit pas tout de suite. Il continuait de fixer droit devant lui, impassible, comme s'il pesait chaque mot avant de le laisser franchir ses lèvres.
- Ça aurait changé quoi ? finit-il par dire, sa voix basse et maîtrisée.
Lina sentit une colère sourde lui monter à la gorge.
- Tout.
Elle serra les poings sur ses genoux, essayant de maîtriser la tempête d'émotions qui menaçait d'exploser en elle.
- Je t'ai cru mort, Alessandro. Mort !
Il ne bougea pas, mais elle vit sa mâchoire se contracter légèrement.
- C'était mieux ainsi.
- Mieux pour qui ?! siffla-t-elle, la rage perçant dans sa voix. Pour toi ? Pour ton foutu empire criminel ?
Alessandro tourna enfin la tête vers elle, ses yeux d'un bleu glacé la transperçant comme une lame effilée.
- Pour toi.
Elle sentit son souffle se bloquer.
- Tu crois vraiment que j'aurais pu revenir ? reprit-il, le ton plus dur. Que j'aurais pu frapper à ta porte et prétendre que tout était comme avant ?
Elle voulut répondre, lui crier que oui, qu'il aurait dû le faire, qu'il aurait dû la retrouver, mais les mots restèrent coincés dans sa gorge. Parce qu'elle savait que ce n'était pas aussi simple.
- Alors tu as choisi de disparaître, dit-elle finalement, la voix tremblante.
Un silence pesant s'installa dans la voiture. Alessandro se passa une main sur le visage, visiblement agacé.
- J'ai fait ce qu'il fallait.
Lina éclata d'un rire amer.
- Ce qu'il fallait ? Et maintenant, quoi ? Tu reviens des années plus tard pour m'acheter comme une vulgaire marchandise ?
- Ce n'est pas comme ça...
- Alors explique-moi, Alessandro ! hurla-t-elle en se tournant complètement vers lui, les yeux brillants de colère et de douleur. Parce que moi, je ne comprends pas !
Il la fixa longuement, son regard traversé par une ombre indéchiffrable. Puis il se pencha légèrement vers elle, réduisant l'espace entre eux jusqu'à ce qu'elle puisse sentir la chaleur qui émanait de son corps.
- Je n'ai jamais cessé de penser à toi, Lina.
Sa voix n'était plus qu'un murmure rauque, un aveu arraché à sa carapace d'acier.
Elle sentit son cœur se serrer violemment.
- Tu mens... souffla-t-elle, les larmes menaçant de couler.
- Non.
Un silence suspendit le temps.
Alessandro se redressa, rompant la proximité entre eux comme s'il réalisait qu'il s'était laissé emporter.
- Mais ça ne change rien, ajouta-t-il froidement.
Lina eut l'impression qu'il venait de la gifler.
- Bien sûr que si, Alessandro. Tu n'as pas le droit de prétendre que ça ne change rien.
Il ne répondit pas. Il s'adossa simplement contre le cuir du siège et détourna les yeux.
Elle sentit sa gorge se nouer davantage.
- Pourquoi tu veux que je porte ton enfant ? demanda-t-elle finalement, sa voix plus faible, brisée par l'incompréhension et la peur.
Il inspira profondément, comme s'il hésitait à lui répondre. Puis, enfin, il lâcha :
- Parce que j'ai besoin d'un héritier.
Elle ferma les yeux un instant, luttant contre le flot d'émotions qui la submergeait.
- Alors tout ça, c'est juste une affaire de sang ?
- C'est plus compliqué que ça.
- Explique-moi, alors.
Il se passa une main dans les cheveux, visiblement agacé.
- Mon empire... il ne survivra pas sans un héritier légitime. J'ai des ennemis partout, Lina. Si je veux sécuriser mon pouvoir, je dois avoir une descendance.
Elle le fixa, cherchant un mensonge dans son regard.
- Et tu as choisi moi ?
- Ce n'est pas un hasard.
Un frisson glacé remonta le long de sa colonne vertébrale.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
Il ne répondit pas immédiatement.
- Tu comprendras en temps voulu.
Elle sentit une vague de panique monter en elle.
- Non, Alessandro, dis-moi maintenant !
Mais il ne dit rien. Il la regarda simplement, ses yeux brillants d'un éclat troublant.
Puis la voiture ralentit, et Lina se rendit compte qu'ils arrivaient à destination.
Devant eux, une imposante villa aux allures de forteresse se dressait sous la pluie, entourée de hautes grilles noires et de gardes armés.
Lina sentit un poids s'abattre sur ses épaules.
Elle venait de comprendre une chose essentielle.
Elle n'était pas seulement une prisonnière.
Elle était un pion dans un jeu dont elle ne connaissait pas encore les règles. Le portail en fer forgé se referma dans un grincement sinistre derrière la voiture. Lina observa la haute clôture qui encerclait le domaine, chaque centimètre conçu pour empêcher quiconque d'entrer... ou de sortir.
Lorsqu'ils s'arrêtèrent devant l'entrée principale, Alessandro descendit en premier, refermant la portière derrière lui. Un garde en costume noir ouvrit la portière de Lina. Elle hésita une seconde, puis sortit, levant les yeux vers la villa qui se dressait devant elle.
C'était une œuvre d'architecture imposante, toute de pierre claire et de fenêtres aux vitres teintées. Des colonnes massives soutenaient une large terrasse, et un jardin parfaitement entretenu s'étendait de chaque côté. Tout respirait la richesse et le pouvoir.Mais à ses yeux, c'était une prison.
- Suis-moi, dit Alessandro d'une voix calme mais sans appel.
Elle le suivit à contrecœur, son regard balayant les lieux à la recherche d'une faille, une issue possible.
À l'intérieur, la villa était tout aussi luxueuse. Un immense escalier en marbre trônait au centre du hall, menant à l'étage supérieur. Des lustres en cristal projetaient une lumière tamisée sur les murs ornés de tableaux, et chaque meuble semblait avoir été choisi avec un goût impeccable.
Alessandro s'arrêta devant une porte à double battant et l'ouvrit d'un geste fluide.
- Voici ta chambre.
Elle entra à reculons, incertaine, et découvrit une pièce plus grande que tout son ancien appartement. Un lit à baldaquin trônait au centre, drapé de soie ivoire. De larges fenêtres donnaient sur le jardin, mais elles étaient équipées de verrous solides. Une porte menait à une salle de bain privée, où un immense bain en pierre invitait à la détente.
Elle se retourna vers Alessandro, les bras croisés.
- Tu crois que je vais te remercier pour cette prison dorée ?
Il haussa légèrement un sourcil, visiblement peu affecté par son hostilité.
- Tu seras en sécurité ici.
- En sécurité... répéta-t-elle avec un rire sans joie. Tu veux dire séquestrée.
Il s'avança vers elle, réduisant la distance entre eux.
- Les règles sont simples, Lina. Tu ne quittes pas cette villa sans mon autorisation. Tu n'essaies pas de contacter l'extérieur. Tu obéis.
Elle le fixa avec défi.
- Et si je refuse ?
Il ne sourit pas, ne s'énerva pas. Il se contenta de la regarder, ses yeux d'un bleu glacial plongés dans les siens.
- Ce ne serait pas dans ton intérêt.
Elle sentit un frisson lui parcourir l'échine, non pas de peur, mais de frustration.
- Pourquoi tu fais ça ? demanda-t-elle, la voix plus douce malgré elle.
Il détourna brièvement le regard avant de répondre.
- Parce que je ne peux pas te perdre une deuxième fois.
Elle ouvrit la bouche, mais il recula, reprenant aussitôt son masque impassible.
- Un garde sera posté devant ta porte. Bonne nuit, Lina.
Puis il sortit, refermant la porte derrière lui. Un déclic sonore retentit.
Il venait de la verrouiller.
Lina resta figée un moment, fixant la porte avec incrédulité. Puis elle se précipita vers elle et tenta de l'ouvrir. Rien à faire.
Elle frappa violemment contre le bois.
- Alessandro ! Ouvre cette porte !
Aucune réponse.
Elle serra les poings, sentant la rage et l'impuissance la consumer.
Elle ne pouvait pas rester ici.
Elle devait fuir.
***
Le silence nocturne enveloppait la villa comme un linceul. Lina, assise sur le bord du lit, écoutait attentivement les bruits du couloir. Le garde était là, posté devant la porte, mais elle avait entendu ses pas s'éloigner quelques minutes plus tôt.
C'était sa chance.
Elle s'approcha de la fenêtre et inspecta le verrou. Trop solide. Elle ne pourrait pas le forcer.
Son regard balaya la chambre. Il devait y avoir un autre moyen.
Puis elle le vit.
Un petit conduit d'aération, juste assez grand pour qu'elle puisse s'y glisser.
Elle attrapa une lampe de chevet et, avec précaution, enleva la grille du conduit. Elle hésita une seconde, puis inspira profondément et se hissa à l'intérieur.
Le passage était étroit, poussiéreux, et chaque mouvement lui demandait un effort. Mais elle avançait.
Après plusieurs mètres, elle aperçut une sortie. Elle tendit la main, poussa la grille avec précaution...
Et tomba directement dans un couloir.
Un couloir où l'attendait Alessandro.
Il était adossé contre le mur, les bras croisés, une lueur indéchiffrable dans le regard.
- Intéressant, murmura-t-il.
Elle resta figée, le cœur battant à tout rompre.
- Je...
- Tu pensais vraiment que tu pouvais t'échapper ?
Sa voix était calme, presque amusée, mais elle y percevait une pointe d'agacement.
Elle se redressa lentement, essuyant la poussière sur ses vêtements.
- Tu ne peux pas m'enfermer ici indéfiniment.
Alessandro s'approcha lentement, son regard plongé dans le sien.
- Ce n'est pas une prison, Lina. C'est chez toi maintenant.
Elle secoua la tête, refusant d'accepter cette idée.
- Je ne serai jamais chez moi ici.
Il resta silencieux un instant, puis soupira.
- Tu m'obliges à être plus strict.
Elle sentit un frisson la parcourir.
- Qu'est-ce que ça veut dire ?
Il fit un signe de tête aux gardes qui se tenaient non loin.
- Raccompagnez-la dans sa chambre. Et renforcez la sécurité.
Lina sentit la panique l'envahir alors que deux hommes s'approchaient pour la saisir par les bras.
- Non ! Alessandro, arrête ça !
Il la fixa, son regard empreint d'une détermination glaciale.
- Tu ne comprendras que lorsque tu n'auras plus le choix.
Puis il tourna les talons et s'éloigna, laissant Lina seule avec une seule certitude :
Il ne la laisserait jamais partir. Lina tournait en rond dans sa chambre, sa frustration atteignant des sommets. Depuis son échec cuisant la veille, elle était surveillée comme un animal en cage. Les gardes à sa porte semblaient avoir triplé, et les fenêtres de sa prison dorée, déjà verrouillées, étaient désormais renforcées par un système de sécurité supplémentaire.
Elle s'arrêta devant la coiffeuse en bois verni et y planta ses doigts, serrant les bords du meuble jusqu'à ce que ses jointures blanchissent. Sa propre réflexion dans le miroir la narguait : ses longs cheveux noirs en bataille, ses yeux sombres brûlant de colère. Elle avait toujours été une battante. Et pourtant, elle était piégée comme une proie sous la main du prédateur.
La porte s'ouvrit brusquement, brisant le silence pesant de la pièce.
Alessandro entra, vêtu d'un costume noir impeccable, l'air aussi serein qu'à son habitude. - Tu manges à peine, lâcha-t-il en refermant la porte derrière lui.
Lina croisa les bras, adoptant une posture de défi.
- Pourquoi tu t'en soucies ? Je ne suis qu'un ventre pour ton héritier, non ?
Un éclat amusé passa fugacement dans ses yeux bleus, mais il ne répondit pas immédiatement. Il s'approcha lentement, sans la quitter du regard, sa présence emplissant la pièce d'une tension étouffante.
- J'ai dit que tu serais bien traitée ici. Mais c'est à toi de décider comment tu veux que ça se passe.
- Oh, vraiment ? Elle éclata d'un rire sarcastique. Parce que pour l'instant, je ne vois pas d'options.