La dernière chose que j'ai vue, c'était le sourire cruel de ma demi-sœur, Camille, et de mon ex-petit ami, Antoine, au pied de mon lit d'hôpital.
« Jeanne, ma chère sœur, tu n'aurais jamais dû rivaliser avec moi. L'héritage de papa m'appartient. »
Il y a cinq ans, la veille de l'examen d'entrée, ils m'avaient piégée, droguée et abandonnée avec du matériel de triche.
Mon père, obsédé par sa réputation, m'a reniée et chassée.
Antoine, mon sauveur auto-proclamé, m'a recueillie, mais ne cherchait qu'à m'utiliser.
J'ai tout sacrifié pour lui, jusqu'à ce que je découvre la vérité sur leur complot, même sur le meurtre de ma douce mère.
La trahison était si profonde qu'elle m'a volé le souffle.
Dans un dernier souffle, une seule pensée a traversé mon esprit : « Si seulement je pouvais avoir une seconde chance... »
Puis, le choc douloureux d'un accident de voiture.
Et je me suis réveillée.
La lumière du soleil filtrait à travers les rideaux de ma chambre d'adolescente.
La date indiquée sur mon téléphone m'a glacée : trois jours avant l'examen d'entrée à l'université.
Ce n'était pas un rêve.
Camille est entrée, le même verre de lait empoisonné que dans ma vie précédente à la main, un sourire mielleux sur son visage.
« Non, merci. Je n'ai pas soif », j'ai dit, vidant le lait sans hésiter.
Son sourire s'est figé, son expression se durcissant.
Le masque de la gentille sœur venait de tomber.
La partie venait de commencer.
Cette fois, je ne serais plus la Jeanne naïve.
J'étais revenue pour me venger.
La dernière chose que j'ai vue dans ma vie antérieure, c'étaient les visages satisfaits de ma demi-sœur, Camille, et de mon ex-petit ami, Antoine.
Ils se tenaient devant mon lit d'hôpital, leurs sourires cruels gravés dans ma mémoire.
« Jeanne, ma chère sœur, tu n'aurais jamais dû essayer de rivaliser avec moi. »
La voix de Camille était douce, mais chaque mot était rempli de venin.
« L'héritage de papa, sa reconnaissance, tout cela m'appartient. »
Antoine, l'homme que j'avais aimé et pour qui j'avais tout sacrifié, se tenait à ses côtés, un bras protecteur autour de ses épaules.
Il m'a regardée avec un dégoût non dissimulé.
« Tu étais si naïve, Jeanne. Tu as vraiment cru que je t'aimais ? Je n'ai fait que t'utiliser. Tu étais juste un tremplin pour moi. »
Il y a cinq ans, la veille de l'examen d'entrée à l'université, ils m'avaient droguée.
Ils m'avaient abandonnée dans une ruelle sombre, avec du matériel de triche soigneusement placé sur moi.
Puis, ils avaient appelé les médias.
Les flashs des appareils photo m'avaient aveuglée, les questions des journalistes m'avaient assaillie.
« Mademoiselle Dubois, est-il vrai que vous avez tenté de tricher ? »
« Votre père est un homme d'affaires si respecté, que pensera-t-il de ce scandale ? »
J'ai été accusée de fraude. J'ai manqué l'examen le plus important de ma vie. Mon père, un homme obsédé par sa réputation, m'a reniée sur-le-champ.
« Je n'ai pas de fille comme toi ! Tu es une honte pour la famille Dubois ! »
Il m'a chassée de la maison et privée de mon héritage.
À ce moment-là, Antoine est apparu comme mon sauveur. Il m'a dit qu'il croyait en mon innocence, qu'il m'aimait et qu'il prendrait soin de moi.
Je l'ai cru.
Je me suis installée chez lui. J'ai abandonné mes études, mes rêves, mon avenir.
Je lui ai donné un enfant.
Pendant cinq ans, j'ai travaillé sans relâche pour subvenir à nos besoins, pour entretenir cet homme que je pensais être mon rocher.
Je l'ai soutenu pendant qu'il terminait ses études, croyant en ses promesses d'un avenir meilleur.
Et aujourd'hui, alors que je gisais sur ce lit d'hôpital après une « chute accidentelle » dans les escaliers, j'ai enfin appris la vérité.
La trahison était si profonde, si complète, qu'elle m'a volé le souffle.
Leur plan avait fonctionné à la perfection.
« Maintenant que tu es sur le point de mourir, il n'y a plus de raison de te cacher la vérité », a ricané Camille. « C'est ma mère qui a tué la tienne, pour pouvoir épouser papa et mettre la main sur la fortune des Dubois. Et c'est moi qui ai orchestré ta chute. »
Le sang a reflué de mon visage. Ma mère...
Mon cœur s'est brisé en un million de morceaux. La douleur était physique, une agonie qui consumait tout mon être.
J'ai arraché la perfusion de mon bras, ignorant la douleur aiguë.
Je devais m'échapper.
Je me suis levée du lit en titubant et j'ai couru hors de la chambre, leurs rires cruels me poursuivant dans le couloir.
Je suis sortie de l'hôpital en trombe, l'air froid de la nuit me cinglant le visage.
Je courais sans but, les larmes brouillant ma vision.
Des phares m'ont aveuglée. Un crissement de pneus.
Un choc violent.
Mon corps a été projeté dans les airs. La dernière chose que j'ai ressentie était une douleur insupportable, puis le froid qui envahissait mes membres.
Une seule pensée a traversé mon esprit avant que l'obscurité ne m'engloutisse.
Si seulement je pouvais avoir une seconde chance...
Je me suis réveillée en sursaut, le souffle court, le cœur battant à tout rompre.
La lumière du soleil filtrait à travers les rideaux de ma chambre, la chambre de mon adolescence.
Une odeur familière flottait dans l'air. Douce et légèrement écœurante.
L'odeur du lait chaud.
J'ai regardé autour de moi, confuse. Les posters sur les murs, mes livres d'école empilés sur le bureau... tout était exactement comme dans mes souvenirs.
J'ai attrapé mon téléphone sur la table de chevet.
La date affichée à l'écran m'a glacée.
Nous étions trois jours avant l'examen d'entrée à l'université.
Ce n'était pas un rêve.
J'étais revenue.
La porte de ma chambre s'est ouverte doucement. Camille est entrée, un verre de lait à la main, un sourire mielleux sur le visage.
« Jeanne, ma chérie, je t'ai apporté du lait chaud pour t'aider à te détendre avant l'examen. Tu as l'air si pâle. »
C'était le même verre de lait. Le même lait drogué qu'elle m'avait donné dans ma vie précédente.
Mon estomac s'est noué. La haine, pure et glaciale, a envahi chaque fibre de mon être.
Dans ma vie passée, j'avais bu ce lait sans me méfier, reconnaissante de sa sollicitude.
Cette fois, les choses seraient différentes.
J'ai regardé Camille droit dans les yeux, un sourire froid étirant mes lèvres.
« Non, merci. Je n'ai pas soif. »
Son sourire s'est figé. Elle ne s'attendait pas à ce refus.
« Mais... je l'ai fait spécialement pour toi. Pour te donner de l'énergie. »
« J'ai dit non. »
Ma voix était ferme, sans appel. J'ai pris le verre de sa main et, sous son regard stupéfait, je l'ai vidé dans la poubelle à côté de mon bureau.
Le liquide blanc a éclaboussé les papiers au fond.
Le visage de Camille a changé. L'incrédulité a laissé place à une colère mal contenue.
Son expression s'est durcie, ses yeux se sont plissés.
Le masque de la gentille demi-sœur était tombé.
« Comme tu voudras », a-t-elle craché, sa voix soudainement froide et tranchante.
Elle a fait demi-tour et a claqué la porte derrière elle.
Je suis restée là, le cœur battant la chamade, mais pas de peur.
D'excitation.
La partie venait de commencer.
Cette fois, je n'étais plus la Jeanne naïve et crédule.
J'étais une femme qui avait tout perdu, qui avait été trahie et assassinée.
Et j'étais revenue pour me venger.
Je me suis assise à mon bureau, j'ai ouvert mes livres et j'ai commencé à réviser. Chaque seconde comptait.
Camille, Antoine, ma belle-mère... vous allez tous payer.
Je le jure.
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Camille a descendu les escaliers en trombe, son visage déformé par la rage. Elle a sorti son téléphone et a composé un numéro en tremblant.
« Antoine ? C'est moi. »
Sa voix était un murmure sifflant. Elle s'est assurée que personne ne pouvait l'entendre.
« Elle n'a pas bu le lait. »
Il y a eu un silence à l'autre bout du fil, puis la voix calme et calculatrice d'Antoine a répondu.
« Qu'est-ce que tu veux dire, elle ne l'a pas bu ? »
« Elle a refusé ! Elle a pris le verre et l'a jeté à la poubelle, juste devant moi ! Elle m'a regardée comme si... comme si elle savait. » Camille se rongeait les ongles, une habitude nerveuse qu'elle avait depuis l'enfance.
« Calme-toi, Camille. C'est probablement juste le stress de l'examen. Elle est paranoïaque. Ce n'est pas grave. »
« Pas grave ? Antoine, notre plan repose sur ça ! Si nous ne la droguons pas demain soir, nous ne pourrons pas la piéger avec le matériel de triche. Tout tombe à l'eau ! »
« Ça ne tombera pas à l'eau », a dit Antoine, sa voix toujours aussi posée. « Nous trouverons un autre moyen. Laisse-moi réfléchir. Ne fais rien d'imprudent. Continue de jouer ton rôle. »
« Mon rôle ? » a-t-elle sifflé. « J'en ai marre de jouer la gentille sœur ! Je la déteste ! Je veux ce qui me revient de droit ! »
« Et tu l'auras. L'héritage de ton beau-père, la position sociale... tout. Mais tu dois être patiente. Fais-moi confiance. »
La mention de l'héritage a semblé la calmer un peu.
« D'accord. Mais trouve une solution, vite. »
« Je m'en occupe. »
Elle a raccroché, son cœur battant toujours la chamade. En entendant la voix d'Antoine, un souvenir m'est revenu. Je me suis souvenue de la façon dont il me parlait, de sa prétendue dévotion.
« Jeanne, tu es la seule femme que j'aimerai jamais. Nous sommes des amis d'enfance, nous sommes faits l'un pour l'autre. »
Quel mensonge. Son « amour » n'était qu'un outil pour arriver à ses fins. La pensée m'a donné la nausée.
Dans ma chambre, j'ai regardé à nouveau la date sur mon téléphone.
Le 15 juin. L'examen était le 18.
Mon cœur a fait un bond.
Dans ma vie précédente, je m'étais réveillée le 17 juin, la veille de l'examen. Je n'avais eu qu'une journée pour essayer de comprendre ce qui se passait, et j'avais échoué.
Mais cette fois... cette fois, j'avais trois jours.
Trois jours entiers.
C'était plus qu'assez.
Une vague d'euphorie m'a envahie. C'était un avantage inattendu, un cadeau du ciel.
Je ne pouvais pas le gâcher.
J'ai attrapé une feuille de papier et un stylo. Mon cerveau s'est mis en marche à une vitesse vertigineuse.
Je me souvenais parfaitement de la plupart des sujets d'examen de ma vie antérieure. La physique, les mathématiques, la chimie... les questions étaient gravées dans ma mémoire par des années de regret et de « et si ».
Je me souvenais aussi des sujets qui avaient piégé les autres étudiants, des points clés que beaucoup avaient manqués.
J'ai commencé à écrire, à lister les chapitres, les formules, les théories. Mon écriture était rapide, presque frénétique. C'était une course contre la montre.
Je n'allais pas seulement réussir cet examen.
J'allais l'écraser.
Je devais non seulement déjouer leur plan, mais aussi m'assurer une place dans la meilleure université, loin de cette famille toxique et de ces souvenirs empoisonnés.
Mon avenir ne serait pas détruit une seconde fois.
Alors que j'étais plongée dans mes révisions, mon téléphone a vibré sur le bureau.
Un message d'un numéro inconnu.
Je l'ai ouvert, curieuse.
Le message était court, direct.
« Camille et Antoine prévoient de te piéger pour triche à l'examen. Fais attention. »
Je suis restée figée, le stylo en suspens au-dessus de ma feuille.
Qui pouvait savoir ça ?
Mon premier réflexe a été la méfiance. Était-ce une nouvelle ruse de Camille et Antoine ? Une tentative de me déstabiliser ?
C'était possible.
J'ai réfléchi une seconde. Dans ma vie passée, personne ne m'avait prévenue. J'étais seule.
Alors pourquoi maintenant ?
J'ai haussé les épaules. Peu importe qui c'était. Un ami, un ennemi, un plaisantin... ça ne changeait rien à mon plan.
J'avais déjà l'information la plus importante : ma propre expérience. Je n'avais besoin de l'aide de personne.
Je ne ferais plus jamais l'erreur de faire confiance à quelqu'un d'autre.
J'ai jeté le téléphone sur mon lit, sans répondre.
Je n'avais pas de temps à perdre avec des mystères.
J'ai repris mon stylo et je me suis replongée dans mes livres.
Le soleil commençait à se coucher, projetant de longues ombres dans ma chambre.
Pour la première fois depuis ce qui me semblait une éternité, je ne ressentais pas de peur.
Seulement une détermination froide et implacable.
Je vais reprendre ce qui m'appartient.
Je vais changer mon destin.
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