En Afrique naître femme est une chance et une bénédiction pour la famille car la femme est source de bonheur et d'abondance. La femme dans ma tradition n'appartient pas à sa famille mais à celle de son mari lorsqu'elle atteint l'âge de se mettre en union de couple et qu'elle rencontre son prince bien aimé . La joie est d'autant plus grande pour la famille lorsque la jeune fille voit le jour un jeudi ou un dimanche ou lorsque cette famille accueille en son sein des jumelles, car cela indique une abondance financière certaine pour la famille.
Mon pays est situé en Afrique de l'ouest et fait partir des plus pauvres de la sous région . Mon pays compte plus de quatre-vingt ethnies , réparties sur l'ensemble du territoire national divisé en cinq régions qui sont la région du nord , la région du sud , la région de l'est , la région de l'ouest et enfin la région du centre . Pays laïque , on y trouve les musulmans , les chrétiens , les bouddhistes , les féticheurs ( pratique locale d'adoration et de cultes à des dieux ) , etc. ...
Ma famille et moi venons du nord du pays , un grand groupe dont les pratiques religieuses sont partagées entre l'islam et le fétichisme. La famille de mon père et mon père y compris ont pour pratique le fétichisme qui ne croient qu'en l'adoration et aux cultes adressés aux eaux . Ma mère quant à elle , musulmane de par sa famille se convertit plus tard au christianisme qui devînt la religion de sa conviction . Moi , plus proche de ma mère que de mon père , j'adopte la religion de ma mère , le christianisme . Le christianisme quoique critiqué , j'y trouve satisfaction , soulagement et paix . Au plan éducatif , la scolarisation de la jeune fille reste à un très bas niveau comparé aux pays voisins qui encouragent de plus en plus la scolarisation de la jeune fille et l'insertion professionnelle de ces dernières . La scolarisation de la jeune fille ne dépasse guère les 5% . Cependant , mon pays reste l'un des plus beaux de la sous-région avec de nombreux cours d'eau dont un grand accès maritime et un relief plat qui fait de mon pays un pays aux énormes potentiels de croissance et un pays attractif à la fois pour du tourisme et pour l'investissement .
Vous l'avez certainement compris même si ce n'est qu'en partie.
Oui , je viens d'un pays qui bien qu'offrant d'énormes possibilités , ces possibilités sont toutes destinées aux hommes et pas aux femmes . L'émancipation demeure un sujet tabous dans mon pays et le travail de la femme n'est accepté qu'à la maison . Les hommes perçoivent l'émancipation comme une menace à leur notoriété et font tout pour que ce sujet ne soit jamais mentionné dans les instances supérieures de l'État. Certaines familles aimeraient bien que leurs filles deviennent de grandes cadres au sommet de l'État et voudraient bien que leurs filles ne dépendent point d'un homme . Cependant , le système dans mon pays est fait de sorte que cela soit rendu quasi impossible , assignant uniquement les tâches ménagères et l'éducation des enfants à la femme pendant que les hommes restent et demeurent les seuls décideurs de la nation . Les quelques femmes intellectuelles exerçant des emplois respectables de fonctionnaires sont celles issues de familles nobles ayant suffisamment de moyens pour offrir à leurs filles des scolarisations en dehors du pays . Les familles ayant beaucoup de filles en leur sein et ayant pas du tout ou peu de moyen ne reçoivent de leurs filles que grâce à leurs hommes , d'où l'importance pour toute jeune fille de se trouver un homme dès son jeune âge . En effet , dans mon pays lorsqu'un homme désire épouser une fille à l'obligation de s'adresser avant toutes choses à la famille de la fille qui lui donne en présence de la sienne , une liste de volonté à satisfaire avant l'obtention de leur accord pour le mariage de leur fille . C'est l'occasion pour beaucoup de famille de sortir de leur léthargie en adressant au prétendant de leur fille une liste importante de choses à leur offrir allant d'un simple produit symbolique à la demande de plusieurs objets matériels ou d'une somme importante d'argent ou d'or ou même à un ensemble de demande qui pourrait inclure maison , plusieurs pagnes , une voitures , le financement d'un projet , la scolarisation des frères de la fille etc . .... En plus , la présence dorénavant d'un beau fils , permet à la famille de recourir à ce dernier en cas de difficulté . C'est dire que honorer la demande de la belle famille lors de la demande en mariage n'exclut en rien une demande ultérieure même après l'union des deux . Tout un ensemble d'avantage pour les familles ayant plusieurs filles en leur sein . La mienne n'a que moi et jusque là je ne suis pas chanceuse en amour .
Je me rappelle qu'une fois mon père me parlait de ce sujet , il insistait sur le fait que je devais absolument me marier .
Papa : ma fille ?
Moi : oui papa
Papa : tu sais , tu te fais vielle .
Moi : papa j'ai quel âge ? c'est maintenant que je suis dans la vingtaine .
Papa : mais tu as l'âge de te marier ma fille et à cet âge tu n'as pas encore trouvé d'homme pour t'épouser ? tu sais que tu es la seule fille de cette famille . nous comptons sur toi pour nous honorer .
Moi : ok papa , tout se fera par la grâce de Dieu ....
Il ne dit rien de plus et s'en alla ...
Pour commencer , Je suis Laya , pour les familiers c'est Li . Mon père et ma mère m'appelle Sabou , le prénom de ma grand-mère maternelle , une grand-mère reconnu pour son courage et son sens du partage . Je suis la fille unique d'une famille de cinq enfants et je suis la troisième, j'ai donc deux petits frères..
L'histoire de ma vie a commencé lorsque j'avais 21 ans , j'étais une fille complètement banale , je me sentais insignifiante et sans importance même si dehors certaines personnes me trouvaient belle . Je peux me décrire comme une fille au teint claire avec de long cheveux crépus , j'ai une taille normale , c'est-à-dire 1m65 . c'est vrai que j'étais insignifiante mais j'avais une petite particularité que j'aimais chez moi , j'ai des yeux de différentes couleurs : un œil bleu et l'autre vert comme les deux facettes de ma personnalité , l'une simple et sage et l'autre brillante et pleine de caractère . Je tenais cela de mon père qui lui-même a hérité de son père , qui vécu plus d'une centaine d'année car dans ma tradition cela traduit la longévité .
Selon la tradition, ma famille fait partir de celles ayant peu de chance de réussite parce que je suis la seule fille dans une famille nombreuse de six enfants , ce qui fait de moi , comme on le dit dans notre jargon , le café cacao de ma famille , ce qui signifie l'espoir de ma famille . Ma mère conformément aux pratiquent de la tradition me montrait les différentes techniques de séduction et de manipulation afin de me donner le maximum de chance de rencontrer à mon tour un prince charmant et sauveur de la famille .
Tout ceci ne m'intéressait guère car étant très petite , je me suis passionnée très rapidement pour l'entreprenariat et tout mon souhait était d'être une grande entrepreneuse .
Les filles de ma cités se faisaient très coquines et s'attachaient à l'entretien et à la valorisation de leur corps à la recherche d'un époux contrairement à moi qui était plutôt pragmatique , du genre à ne compter que sur moi . En ce moment mes idées n'étaient pas tournées vers des hommes , mes objectifs étaient plus fixés sur le travail et cela fait que je repoussais les hommes sans le faire sciemment . Mon rêve était d'entreprendre , créer mon entreprise un jour et peu importe le domaine dans lequel j'entreprendrai car je n'avais jamais vraiment pensé à un domaine en particulier , je voulais être une femme riche et accomplie et non pas devenir la femme d'un vieux type qui allait me dominer .
Les autres filles de ma cité me traitaient de fille stupide , je ne répondais jamais mais une fois j'en avais marre et j'ai craqué , je voulais absolument leur dire ma vérité .
Moi : c'est vous qui êtes stupides , vous êtes là a vous pavaner dans la cité à la recherche d'un homme . vous ne trouvez pas que vous êtes des prostituées ?
Une des filles du groupe qui s'appelait Grâce répondit :
Grâce : c'est avec tes grosses robes que tu comptes avoir un mari ? Pauvre fille . Nous , nous mettons notre corps en valeur afin que nos familles soient honorées par des hommes riches et influents . Si tu veux , penses que nous sommes des prostitués , c'est ton problème .
Moi : vous préférez être des objets pour ces hommes ? c'est vraiment bête . Une femme doit être indépendante avant de ce lancer dans un voyer . Si vous voulez vous comporter en prostitué alors faites le mais respectez mon choix de ne pas vous suivre . Je préfère être entrepreneuse avant de me lancer dans un quelconque mariage .
Grâce : tu mourras vieille sans t'en rendre compte ... ( éclat de rire...) . Tu seras notre invité d'honneur à nos mariage .
Moi : j'ai ignoré ces propos et j'ai continué mon chemin . J'avais juste honte et pitié pour elles .
Ma famille a toujours été très soudée . Notre père nous a toujours enseigné l'entente et la solidarité . Il nous donnait à chaque fois l'exemple jusqu'à ce que , homme intègre et comptable de renom , travailleur et respecté dans sa profession devînt alcoolique puis mélancolique et très vite détesté par les gens de son entourage mis à part nous qui l'acceptions encore dans cet état . Cependant , fort de ce vice , il perdit son emploi un an plus tard . Je me souviens de cette année là parce qu'elle a été la plus difficile pour ma famille . Mon père avant de sombrer dans l'alcool était un bon père et un exemple pour moi . Il s'occupait de mes frères et de moi et jouait pleinement son rôle de père . Il projetait inscrire mes petits frères et moi dans une école française pour la prochaine rentrée scolaire quand est survenu son addiction à l'alcool . Je me souviens encore de cet échange , de ses mots lorsqu'il me parlait , ce jour , de ses ambitions pour mes petits frères.
Mon père : tu sais ma fille , je prévois inscrire tes frères dans une grande collège française afin qu'ils puissent avoir une bonne suivie .
Moi : c'est une bonne idée papa , les écoles françaises offrent une meilleure éducation par rapport à nos écoles . je crois que c'est une bonne initiative .
Papa : en effet , c'est pour cela que je veux les inscrire là bas , je veux qu'ils soient de grandes personnalités , qu'ils rapportent de l'argent à la famille .
Moi : oui pas du tout mal mais et moi dans tout ça papa ? je ne continue plus mes études ?
Papa : ah sabou je t'ai dis que tu te marieras à un homme riche , tu es ma fille chérie , mon diamant , c'est un patron qui te mariera , alors que feras – tu avec ces longues études ?
Moi : mais ....
Papa : pas de mais qui tienne , tout ce que je te demande c'est d'être respectueuse , brave et soumise . laisse cette histoire d'étude , tu as déjà le bac et c'est largement suffisant .tu as un avenir brillant devant toi : celui d'épouser un grand homme riche alors respecte cela .
Cette discussion m'avait vraiment fait mal au cœur mais que pourrais je faire ? c'est l'Afrique , pour eux la femme ne sert qu'au mariage c'est tout , elle n'a pas droit aux longues études . c'est vraiment triste . J'étais beaucoup proche de mon père et il ne manquait aucune occasion de me donner des conseils sur comment me tenir dans cette vie , c'est sa réflexion sur le mariage qui me dérange un peu mais Boff , je ne prends pas ce qu'il dit au sérieux car j'ai un autre plan pour ma vie .
Son addiction à l'alcool a mis fin à la bonne entente et à la stabilité d'une famille ainsi qu'à tous leurs projets . Cette année-là , commença l'enfer pour ma mère et mes cinq frères parce qu'une violence d'une certaine rareté naquit soudainement chez mon père qui commençait à battre ma mère , mes deux petits frères et moi , sans raison. Mes deux aînés à l'aventure à la recherche d'une meilleure situation pour eux et pour notre famille étaient dans l'incapacité de nous venir en aide parce que non seulement loin de nous mais aussi et surtout ils vivaient eux aussi dans des conditions difficiles . Mon père mélancolique ne s'occupait plus de mes frères et moi . Délaissé que nous étions , ma mère était obligée d'enchaîner les petits commerces afin de survenir à nos besoins.
Ma mère et moi eurent cette discussion un matin de bonne heure .
Maman : sabou , cette famille est entrain de sombrer de jour en jour , tes frères pensaient pouvoir nous venir en aide en allant à l'aventure mais c'est de plus en plus difficile pour eux , tu vois aussi l'état de ton père qui s'aggrave de mal en pire , tes frères et moi aviez que moi et tu vois mes efforts . je te prie de rester intègre ma fille .
Moi : je vois tes efforts maman et crois moi je ferais tout ce qu'il y a en mon pouvoir pour t'aider et ne t'inquiète pas je serais toujours intègre comme toi et papa me l'avait toujours enseigner . Ne t'inquiète pas , DIEU ne nous oubliera pas , j'ai foi en lui , papa aussi retrouvera ses esprits et la famille redeviendra comme elle était avant , je crois fermement en ce miracle .
Maman : amen ma fille , amen , nos regards sont désormais tournés vers le DIEU créateur , c'est lui qui aura le dernier mot et sa volonté se fera . mais je penses que nous ne pouvions plus rester en ville , les charges seront trop énormes pour nous .
Moi : ou veux-tu qu'on parte ?
Maman : au village chez grand-mère et grand père .
Moi : si cela est la bonne solution , je suis d'accord mais et papa ?
Maman : tu sais très bien que ton père nous bat à longueur de journée et j'aimerais vous éviter un drame .
Moi : je te comprends maman , je te suivrais dans toutes tes décisions si tu les trouves bien pour nous .
Maman : merci de me comprendre ma fille .
Je n'ai jamais eu aussi mal après cette discussion , voir ma mère se battre afin de s'occuper de nous .
Dans la nuit d'un dimanche dix août sous une pluie battante pendant que mon père était surement dans un bistro à se saouler comme à son habitude , ma mère , mes frères et moi , dans un souci de fuir les charges de la ville et l'agressivité ainsi que la violence de notre père , ramassâmes toutes nos affaires et partirent pour le village retrouver les parents de maman qui au moins nous étions sûre qu'ils s'occuperaient convenablement de nous . Maman commença un business dans la restauration là-bas au village et moi je l'aidais en faisant la vaisselle et les commissions à la boutique ou au marché . Nos seuls clients étaient des travailleurs venues de la ville dans le cadre d'un projet de construction d'une école dans le village , la seule d'ailleurs dans les environs. Ces travailleurs étaient essentiellement des maçons , des menuisiers , des ferrailleurs , des manœuvres , un entrepreneurs et deux chefs chantiers , une vingtaine de personnes qui étaient nos clients quotidiens. Ce revenu quoique insignifiant aidait ma mère à garder la tête haute . Après un mois d'économie , nous prîmes une petite maison non loin du marché dans le quartier le plus animé du village ou maman pouvait exercer son commerce jusqu'au couché du soleil et avoir relativement beaucoup de clients . Les habitants de ce quartier rentraient très tardivement les nuits et mangeaient à n'importe quelle heure , ce qui arrangeait parfaitement ma mère qui pouvait maintenant laisser son restaurant ouvert jusqu'à très tard la nuit afin de récupérer les derniers clients de la journée . Ma mère travaillait énormément dans la journée et ne se reposait presque pas . Son restaurant ouvrait à partir de quatre heure du matin et offrait à cette heure des beignets et de la bouillie de mil , de sorgho et de maïs aux voyageurs qui quittaient très tôt le village pour ne pas rater les camions qui passent pour la ville . Parmi ses clients du matin de bonne heure , il y'avait aussi ceux qui allaient très tôt pour le champ et certains voyageurs de passage dans le village .
Les matins , j'étais toujours heureuse d'aider maman et aussi d'écouter ses conversations drôles avec ses clients . les hommes l'appelaient notre femme parce qu'ils n'avaient pas de femmes pour leur faire à manger .
Un jour le meilleur client de ma maman est arrivé un peu en retard , c'est-à-dire au levée du soleil et la bouillie était finis , il était très en colère mais moi je trouvais ça drôle .
Le client : ma femme tu m'as fais ça aujourd'hui ? tu sais très bien que j'achète toujours ta bouillie et comme je ne suis pas vite sorti tu as tout vendu ?
Maman : pardon mon mari , je pensais que tu n'étais pas au village , j'ai même trouvé ça bizarre . ne te fâche pas , demain tu auras un cadeau et ta bouillie sera dorénavant réservée .
Le client : je sais que tu vas m'offrir un cadeau mais actuellement j'ai faim , je fais comment ma femme ? tu es la seule qui cuisine bien ici , comment je vais avoir la force d'aller au champ ? je suis fâché ma femme .
Je ne faisais que rire , ce monsieur était fâché parce qu'il ne s'était pas vite levé . sans vouloir nous jeter des fleurs il faut reconnaitre que ma mère fait une excellente bouillie et quand d'autres n'en gagnent pas , ils se mettent dans tout leurs états .
Ma mère ne savait pas comment gérer son meilleur client , j'ai alors décidé de lui donner la mienne afin qu'il se calme .
Le client : en tout cas merci ma fille , à cause de toi ma journée va bien démarrer . j'aurai la force de bien faire mes buttes d'ignames . Tu sais , la bouillie de ta mère est magique , c'est ma boisson énergétique , demain je serai là à 3 heures pour vous attendre , comptez sur moi . Ma femme si je n'arrive pas vite , garde ma bouillie hein sinon , on va faire palabre .
Maman : j'ai compris mon mari , je vais garder . ( éclat de rire )
Ces valeurs de femme battante et fière dont à toujours fait montre ma mère sont celles qui me définissaient . Mes deux petits frères quant à eux , allaient au champ avec mes oncles et mes cousins le jour et suivaient des cours chaque soir dispensés par un enseignant à la retraite installé au village . Mes frères et mes cousins quittaient très tôt le village emportant avec eux des beignets et de la bouillie de maman parce que le champ était à plusieurs kilomètre du village . Mes frères , eux qui n'étaient pas habitués à la vie de dur labeur , se trouvaient maintenant contraints à vivre cette expérience difficile . Nous avions , pour ne pas sombrer dans cette réalité démoralisante , l'habitude de nous raconter chaque nuit , avant de sombrer dans le repos du sommeil , nos rêves et nos objectifs qui nous tiennes à cœur et pour lesquelles nous étions prêt à ne rien lâcher .
Une nuit , avant de nous endormir , notre benjamin que nous appelons affectueusement grand père parce qu'il porte le nom de notre grand père paternel ( Rayelle ) , me fixa longuement et dit :
Rayelle : Li , est ce que je pourrai devenir médecin quand je serai grand ?
Moi : tu veux devenir médecin ?
Rayelle : Oui Li , c'est mon rêve . je n'en parle pas souvent parce que je veux juste me rendre à l'évidence depuis que papa n'est plus le même .
Moi : si c'est vraiment ce que tu veux pour ta vie , rien ni personne ne doit t'empêcher de l'atteindre
S'essouffla avec un air désespéré puis ajouta ensuite :
Rayelle : c'est moi-même le problème à présent .
Moi : comment ça toi le problème ?
Rayelle : je ne crois plus en moi-même , je suis désespéré .
Moi : ne dit pas ça Rayelle , si tu tombes dans le désespoir tout sera terminé pour toi dans cette vie . Fais moi donc une promesse .
Rayelle : promets - moi de rester concentré sur cet objectif et de ne jamais sombrer ni dans le désespoir , ni dans l'alcoolisme , et moi je te ferai la promesse d'être toujours là pour toi et tout faire pour te soutenir jusqu'à la réalisation de ton rêve .
Cette habitude nous fortifiait de jour en jour de sorte à nous permettre de supporter la journée du lendemain et surtout à ne guère perdre de vue nos objectifs . Je veillais moi-même personnellement à ce que mes frères n'abandonnent pas leurs cours et qu'ils continuent de croire en eux . Le village bien que petit était électrifié et bénéficiait d'eau potable , ce qui permettait à ma mère de commercialiser des jus naturelles qu'achetaient ses clients pour accompagner la nourriture .
Mon père nous retrouva des mois après au village mais n'arrêta guère ses habitudes de violences et d'agressivité en vers nous . Ma mère parcourut tout le village et même les villages alentour à la recherche de guérisseur pour sortir mon père de cette addiction mais en vain , les canaris et les sacrifices se succédèrent sans résultat , jusqu'à ce qu'un vieillard , guérisseur très éloquent et très respecté d'un village alentour , fût la révélation de ce que l'addiction de mon père à l'alcool était le résultat d'un sortilège qui lui a été lancé par l'un de ses collègues jaloux de son succès professionnel et qu'il n'y'avait aucune solution mis à part la mort . Il continua de nous pourrir la vie et nous fûmes finalement obligés de l'accepter avec ce vice comme un châtiment du Tout Puissant .
Mes deux aînés quant à eux , sombrèrent l'un après l'autre dans l'alcoolisme et firent ainsi le choix de l'échec pour leur vie. Ma mère fût dévastée lorsqu'elle apprit leur addiction à l'alcool et pour la toute première fois , elle se résigna face aux coups que lui portait la vie. Je me souviens encore de son regard , les yeux pleins de larmes , le jour elle me disait :
Maman : Li , tes petits frères n'ont plus que toi dans cette vie . Moi je fais mon effort mais je ne sais plus si je serai là pour longtemps .
Moi : pourquoi dis-tu cela maman ? tu me fais peur .
Maman : je ne veux pas te faire peur ma fille mais souvent je sens que je perds mes forces .
Moi : maman , tu es ma force et lorsque je pense à ton courage , j'ai le courage de poursuivre mes rêves mais si toi tu venais à abandonner que deviendrais je ?
Maman : Li , tu es aussi ma force , tu es ma seule fille et tu comptes beaucoup pour moi . Sache que mon cœur sera toujours dans la joie tant que tu avanceras dans la vie . N'abandonne jamais mon bébé .
Mes larmes coulaient lorsque j'ai répondu :
Moi : je te le promets maman .
Cette discussion me travailla l'esprit jusqu'au plus profond de mon être . Quatre jours durant , je n'ai pu trouver le sommeil , de jour comme de nuit je pensais à cette phrase que m'a dite ma mère et à comment sortir ma famille d'une telle misère . Je n'ai jamais eu de chance en amour c'est vrai , mais j'ai toujours été déterminée et intelligente . Qu'est-ce qui est plus important pour ma vie ? Est-ce épouser un homme riche ? Ou être une femme accomplie , fière et indépendante ? Madame Safiatou a , dans tous les cas , réussi ce parie . Issue d'une famille pauvre comme la mienne elle fît face à l'adversité avec d'énorme succès et devînt l'un des plus grands importateurs du pays . Sa vie m'inspira énormément et c'est ainsi que naquit en moi le désir d'aller à la capitale . Avec pas de moyen comment ferais-je pour y vivre ? Qui pourrais-je m'y accueillir ? Audile , mon amie d'enfance , la seule d'ailleurs que j'ai toujours eu serait toujours là pour moi et je sais que je pourrais toujours compter sur elle mais ma mère ne l'apprécie pas ; en fait , elle n'apprécie pas la vie que mène maintenant Audile et à peur que je devienne comme elle . Audile est ma meilleure amie , elle a connu une vie tout aussi difficile que la mienne car elle a perdu très tôt ses parents dans un accident de circulation alors même qu'elle n'avait que cinq ans . Elle a été adopté par sa tante qui ne s'occupait pas vraiment d'elle , l'obligeant à devenir prématurément indépendante . Audile et moi avons beaucoup de point en commun , je crois que c'est d'ailleurs cela qui nous vaut une amitié de plus de dix-huit ans . Elle est très ambitieuse avec beaucoup de rêves comme moi , très courageuse , déterminée , très intelligente , belle et séduisante . Quoiqu'on dise , Audile gagne bien sa vie aujourd'hui , elle vit dans un appartement spacieux , dans un quartier huppé de la capitale , au troisième étage d'un immeuble de luxe avec ascenseur et de grands jardins à chaque niveau . Les habitants de cet immeuble sont majoritairement des blancs m'a-t-elle dit un jour .
Humm !!! Cette fille qui trouvait à peine de quoi manger, circule maintenant dans une très belle voiture et voyage partout dans le monde . À part Audile , je ne connais personne d'autre capable de me prendre chez elle dans une ville où tout est cher . Après tout , il y'a de nombreuses filles dans la capitale qui exercent des emplois respectables et qui vivent à la sueur de leur front . En plus , Audile a toujours voulu que je reste avec elle . Dans le secret , sans rien dire à ma mère quant à l'endroit où je vivrais , je décidai d'aller à la capitale avec pour intention me trouver un travail noble et mieux rémunéré que tout ce que je pourrais obtenir au village . C'est ainsi que je mûris l'idée de poser ma valise ou plutôt mon sachet dans la capitale et poursuivre mes rêves et mes objectifs . je l'ai dit , j'ai toujours voulu entreprendre , avoir ma propre marque de vêtement par exemple ou devenir une grande commerçante comme Safiatou . Je trouvai ainsi le moyen de rentrer en contact avec Audile en lui adressant une lettre qui disait :
<< chère Audile , comment tu vas ? j'espère que tu te portes très bien . Chez moi ça va par la grâce de Dieu . Je t'écris cette lettre pour juste t'informer de mon envie de te rejoindre en ville afin de me trouver un emploi bien rémunéré et subvenir aux besoins de ma famille ainsi que de moi et surtout réaliser mes rêves . Tu sais combien de fois le village est difficile , je n'ai pas besoin de te l'expliquer ......... >>
Audile très heureuse réponda favorablement à ma lettre en m'envoyant le transport par l'intermédiaire d'une de ses connaissances transporteurs qui passe chaque semaine par mon village pour aller à la frontière livrer des vivres dans une minerais exploitée par l'État . C'est d'ailleurs ce même transporteur qui m'apportait les cadeaux que m'envoyait quelques fois mon amie depuis la capitale . Il allait également et revenait avec les lettres que nous nous échangions quelques fois . Ce transporteur du nom de monsieur Coulibaly était finalement une connaissance pour toutes les deux .
Ce monsieur très courtois accepterait sans argent de m'amener en ville je le sais , mais je n'aime pas me rendre redevable comme me l'a appris ma mère . Après avoir informé ma mère et mes frères de mon projet d'aller à la capitale , ma mère bien que réticente me fît des prières et des bénédictions , elle me conseilla toute la nuit sur la conduite à tenir une fois en ville et dans cette vie . Mes frères quant à eux , furent tristes à la nouvelle mais conscient de la situation n'avaient pas d'autre choix que de me soutenir et me donner aussi leur bénédiction . Mon arrivée dans la capitale fût ainsi motivée puis programmé .
Après une journée entière assise dans le car de transport commun qui mène à la ville , j'arrive enfin à la capitale munie d'un grand sachet noir qui contenait trois robes , un grand drap pour couvrir mon matelas , une paire de ballerine , une éponge et un savon . Je portais également avec moi un sac contenant des ignames , du maïs , un peu de viande de brousse et du miel que m'avait donné ma mère . Une dizaine de minute après j'aperçois Audile dans sa luxueuse voiture qui cherche à garer son véhicule en vain mais pas de place vide .
Trop d'embouteillage en ville , s'exprima une femme assise juste à côté de moi .
J'accourus vers Audile afin de lui permettre de ne plus garer et jetant mon sachet à l'arrière du véhicule , je sautai sur le siège à côté d'Audile .. immédiatement une conversation se s'en suit .
Audile : ma sœur laya mais dis donc que ça fait longtemps , comment c'est passé ton voyage ?
Moi : très épuisant oh ma sœur , j'ai très mal au dos en ce moment tellement je me suis assise longtemps .
Audile : oui tu as raison de dire ça , le voyage du village à la ville est très épuisant . bref tu m'as trop manqué !
Moi : moi aussi tu m'as manqué .
Audile : je sais que tu es fatiguée , nous allons continuer la discussion en chemin , je ne dois pas rester garé ici pendant longtemps , il y'a trop d'embouteillages .
Je commençai par lui raconter la vie au village , son développement lent et les opportunités d'investissement qu'il regorge . Audile et moi avions échangé longuement sur les opportunités d'investissement au village parce que comme moi , elle adore entreprendre et n'a pas peur de miser son argent . Après des heures à être dans les embouteillages , nous sommes tapés par une faim horrible alors Audile me conduisit dans un fast Food marocain où nous nous régalâmes tout en poursuivant la discussion . Emballé dans la discussion nous ne vîmes pas le temps passer . Après deux heures passé dans le restaurant , nous embarquâmes pour la maison et je fis le constat de ce que la capitale est très peuplée et la circulation est lente . Audile et moi mîmes une heure environ pour rentrer mais nous n'étions guère dérangées par ce ralentissement qui nous permettait de poursuivre notre causerie . Arrivée à l'immeuble sur lequel habite Audile , je fis frappé par un halo de lumière . Impressionnée par la beauté de ce que je voyais , je ne pouvais m'empêcher de le fixer la bouche grande ouverte ; tout était très différent du village et je compris que les choses ne seraient pas facile pour une villageoise mais c'est déterminée et plein de rêve que je pris la route pour la capitale et rien ni personne ne pouvais m'en dissuader .
Il était vingt une heure quand nous sommes rentrées chez mon amie et vraiment pas la peine de vous décrire l'intérieur somptueux avec des moquettes et des fauteuils importés . Bref , Audile me montra la chambre que je devais occuper . Je posai mon sachet , pris mon bain et m'endormi alors même que mon intention était initialement de m' étendre juste un peu et rejoindre ensuite Audile dans le salon . Le lendemain , je me suis réveillée tôt comme à mon habitude , une habitude que m'aurait laissé le village . Après avoir pris mon bain , j'ai nettoyé la maison et rangé les choses le temps que mon amie se réveille . Quand elle s'est réveillé , elle prépara le petit déjeuné et on se mit à table pendant qu'elle me parlait du fonctionnement de la ville et de ses intentions pour moi maintenant que je suis avec elle en ville .
Après le petit déjeuné , nous sommes allées faire les boutiques parce que mon amie jugeait mes habits vieux pour une quête d'emploi et voulait également que je change mon style vestimentaire pour faire plus fille de la ville déjà qu'avec mon peu de niveau , je m'exprimais assez bien . Elle m'acheta de belles robes , de beaux pantalons jeans , avec des chemises et des tee-shirts . Elle y ajouta des chaussures de tout model . J'étais grave gênée dans les pantalons avec ma forme très généreuse qui serrait de part et d'autre dans le pantalon mais mon amie et les autres filles présentent dans le magasin m'inondaient de compliment et j'entendais même certaines dire qu'elles apprécieraient énormément que la nature soit aussi généreuse avec elles qu'elle l'a été avec moi .
Une des filles présente dans le magasin du nom de Nelly a dit :
Nelly : en plus d'être belle , tu as une belle forme avec les rondeurs d'une vraie femme africaine . Sincèrement dit , tu es parfaite .
Audile : oui j'ai la chance d'avoir une amie aussi belle , ce n'est pas permis à tout le monde .
Moi : merci beaucoup les filles mais je crois que vous exagérez un peu , je ne suis pas aussi si belle que ça .
Nelly : arrête de te négliger et regarde la belle femme que tu es , tu es topissime .
Ce fût la toute première fois que j'entendis des compliments à mon sujet , j'étais honnêtement flattée parce que je n'avais pas l'habitude des compliments . Elle m'amena ensuite dans un magasin de vente d'appareils où elle m'offrit un beau téléphone portable qu'elle acheta comptant et par la suite ajouta une puce et enregistra son numéro pendant qu'elle prenais le mien . J'étais très ému au point de ne pas savoir quoi dire , elle a toujours été gentille avec moi et depuis mon arrivée elle ne manque aucune occasion de me remplir de joie . Je la regardai et avec presque des larmes aux yeux je lui dis :
Moi : Merci ma prunelle !!
Audile : de rien ma sœur , j'ai toujours voulu t'offrir un téléphone mais je ne l'ai jamais fait à cause de ta mère qui s'en opposerait sûrement si elle savait la provenance mais je comprends sa réaction et elle est une mère aussi pour moi donc je ne veux pas la frustrer .
Moi j'étais rempli de joie car je pouvais maintenant joindre ma famille en appelant Djibril , le boutiquier du quartier qui a sa boutique située juste à côté du restaurant de ma mère . Après cette viré en boutique , elle m'amena visiter la ville , les endroits chics ainsi que quelques amies à elle et à chaque fois elle me présentait comme sa sœur . Après cette viré , nous sommes rentrées à la maison et nous nous mîmes à la cuisine et ensuite la routine à bavarder , manger regarder la télé et ensuite dormir . Le lendemain , Audile reprit ses activités pendant que moi je parcourais le quartier dans un double objectif de connaissance du quartier et de quête d'emploi . Je rencontrais dans mes balades des femmes que j'abordais sans hésiter pour faire la discussion en leur demandant si elle pouvait avoir un emploi pour moi ou comment pourrais-je faire pour en trouver rapidement .
Certaines m'accordaient leur temps et même lorsqu'elles n'avaient rien à me proposer m'encourageaient et me donnaient des conseils et des astuces d'approche dans ma quête d'emploi . J'eus comme ça des contacts de femmes et de jeunes filles comme moi qui devinrent par la suite pour quelques-unes familières à moi . Audile quant à elle , cherchait de son côté un emploi pour moi de sorte qu'au bout de deux semaines , tout le voisinage et les amis de mon amie étaient informés de ma quête d'emploi . Ce fût la première difficulté à laquelle j'ai dû faire face mais ce n'était rien pour moi parce que j'étais trop déterminée surtout lorsque je pensais à ma famille , eux qui comptent tellement sur moi . J'eus dans cette quête d'emploi quelques propositions indécentes mais bien que voulant absolument obtenir un emploi je ne me fis pas prier pour refuser ces offres indécentes jusqu'au bout du deuxième mois de ma quête .
un soir , alors que je faisais le ménage chez mon amie , mon téléphone sonna et c'était une femme que j'avais rencontré lors de ma quête d'emploi et avec qui j'avais échangé pendant longtemps bénéficiant de ses conseils et de ses astuces . C'était pour m'annoncer qu'elle avait trouvé un emploi de gérante pour moi dans une structure de transfert d'argent .
.... : bonjour ma fille .
Moi : bonjour tata , comment tu vas ?
La dame : ça va ma fille , je vois que tu sais qui t'appelle .
Moi : oui tata .
La dame : rien de grave ma fille , c'était juste pour t'informer que j'ai eu un petit boulot pour toi . mon amie recherche une employée et j'ai immédiatement pensé à toi .
Moi : ah bon tata ? mais c'est génial , c'est quel type de travail ?
La dame : rien de compliqué , mon amie recherche une gérante pour une structure de transfert d'argent . ce n'est pas un grand truc mais j'ai pensé que ça pourrait t'aider .
Moi : eh tata , ça va trop m'aider . j'accepte ce boulot sans hésitation . je te remercie beaucoup pour ce que tu as fais pour moi . vraiment mille merci à toi .
La dame : j'aime les filles qui veulent s'en sortir de cette vie misérable de manière noble , j'admire vraiment ton courage et j'espère du plus profond de mon cœur que tu puisse réussir dans cette vie et subvenir à tes besoins .
Moi : merci tata pour tes conseils , je ne manquerais de rester toujours noble .
La dame : ne me remercie pas , si tu as le temps appelle moi pour qu'on puisse allé voir mon amie et discuter de ton contrat de travail .
Moi : ok tata , demain je t'appellerais .... .
La dame : ok à demain ma puce .
J'étais très heureuse et c'est sans hésiter que j'ai répondu par l'affirmatif . Elle me demandant alors de passer à sa boutique le lendemain pour qu'elle me conduise vers le propriétaire afin de discuter des clauses et conclure le contrat . J'ai automatiquement appelé Audile pour lui en parler mais mon amie était moins enthousiaste que moi , une réaction que je n'ai pas comprise , elle qui voulait tant que j'obtienne un emploi . Elle m'a dit de l'autre bout du téléphone que c'était très bien et qu'elle était contente pour moi , même si sa réaction ne le montrait pas du tout je n'hésitai pas une seule seconde de ce qu'elle était vraiment contente pour moi . Le truc , je me suis demandé ce qu'elle avait , peut-être qu'elle avait quelque chose mais je crois que si c'était le cas , elle m'aurait informé . Elle poursuivit en me demandant de m'y rendre demain afin de voir les clauses du contrat avant de m'éclater en joie parce qu'il y'a beaucoup de personnes qui aiment exploiter les autres surtout lorsqu'ils sentent un cas d'urgence chez la personne qui demande . Sur ces mots , je redescendis un instant sur terre et réalisa effectivement la véracité de ces propos . Lorsqu'elle fût rentrée le soir , nous eûmes une longue échange sur cet offre et m'expliqua les termes que devrait remplir ce contrat pour que je l'accepte .
Le lendemain je me rendis à la boutique de madame Djus , celle qui m'avait appelé pour l'emploi . Elle me conduisit chez la propriétaire , une certaine madame Tano .
Après quarante minute d'échange , je refusai le contrat parce qu'il ne contenait pas les termes dont m'avait parlé Audile la veille et pendant près de trente minutes madame Tano et madame Djus essayèrent de me convaincre à accepter le contrat mais je restai ferme sur ma décision . Pffff pas grave , c'est un bon début , me souffla cela à l'intérieur de moi . A ma sortie j'appela Audile pour la lui expliquer et elle soutînt ma décision . Deux jours après madame Tano me rappela pour la même offre mais avec des termes différentes et avec l'accord d'Audile j'accepta cette fois et je commençai ainsi un emploi en tant que gérante dans une structure de transfert d'argent . L'emploi était rémunéré au Smig et ne demandait pas grand-chose seulement savoir lire et écrire . J'ai débuté le lundi de la semaine suivante avec un apprentissage d'une journée et pour le reste j'étais la seule gérante et je travaillais dix heures par jour avec un seul jour de repos , le dimanche . Je descendais tous les soirs après le couché du soleil et montait tous les matins après le levé du soleil . Quoique insuffisant , mon salaire me permettrait maintenant d'aider ma mère et mes frères parce que j'avais une amie qui prenait déjà soin de moi et je n'avais pas vraiment de dépense à faire me concernant . Ma mère fût la deuxième personne à être informée de l'obtention de mon travail après mon amie Audile , ensuite vinrent mes frères et peut être mon père , de toutes les façons il n'en a rien à cirer . Au fil des jours que j'allais au travail , je faisais des rencontres pas toujours heureuse mais je m'y accoutumais . Le magasin juste à côté du mien était géré par Alice , une jeune fille un peu plus âgé que moi , très gentille qui m'appréciait énormément . Au bout d'un mois , je prenais grand plaisir à exercer cet emploi au point d'y être souvent tôt et d'en descendre un peu tard . En fait , le travail me permettait d'oublier mes soucis et de me concentrer sur l'essentiel alors je saisissais toutes les opportunités de travailler pour le faire comme cela ce devait . << Tout ce qui mérite d'être fait , doit être bien fait ? >> Ma mère ne cessait pas de me le répéter chaque jour alors j'ai fini par l'inclure dans mes principes et je fonctionnais dans mon travail selon ce principe . Mon employeur madame Tano félicitait régulièrement mon travail et m'encourageait quelque fois avec des cadeaux et des pourboires . Après cinq mois , mes économies ajoutées aux recettes des cinq derniers mois de ma mère , lui ont permis d'aménager la maison du village , en y intégrant les commodités essentielles telles que l'eau , l'électricité et des toilettes , et de payer les frais d'inscription de mes frères afin de leur permettre de poursuivre les cours de façon normale dans l'école du village . J'étais heureuse de savoir qu'il y'avait une évolution dans les conditions de vie de ma famille , j'ai même réussi à offrir un téléphone portable à ma mère , quoique simple sans beaucoup de fonctions , afin de pouvoir échanger avec elle chaque jour sans passer par Djibril le boutiquier et avoir constamment les nouvelles du village . C'était ça ma routine , me réveiller tôt le matin , nettoyer la maison , faire la vaisselle et le petit déjeuner , quelque fois une sauce ou deux , prévues pour être mangé en semaine , que nous mettions dans le réfrigérateur . Je prenais grand plaisir à me rendre utile à la maison même si Audile me demandait à chaque fois de ne pas me fatiguer à faire ces choses . Après le travail matinale de la maison , je me rendais au travail avec généralement une heure ou souvent une heure et demie d'avance . Une fois au travail , je nettoyais de fond en comble tout le local et disposait correctement les fauteuils avant l'ouverture . Le soir , au couché du soleil , je fermais le local et me dirigeais ensuite à la gare de bus et empruntais le bus numéro 1230 qui passait non loin de l'immeuble que nous habitions Audile et moi . Il faut dire que l'attente du bus était le plus difficile car les bus étaient très irréguliers et lorsqu'ils se décidaient finalement d'arriver , le trajet pour la destination pouvait durer plus de deux heures . C'était une réalité à laquelle je devais m'y faire et c'est ce que j'ai fini par faire deux mois après . En réalité j'aimais la vie en ville , elle était bien plus facile que celle du village . Une fois à la maison , je n'avais plus qu'à prendre mon bain , manger et me reposer pour le lendemain .Telle était ma routine et je m'y plaisais bien . Audile , mon amie voyageait beaucoup pour ses affaires et quelque fois pour répondre à des invitations donc j'étais le plus souvent seule dans la maison avec toutes les commodités , sincèrement je ne manquais de rien .
Un jour , alors que je faisais le point de la journée afin de fermer le local pour y retourner le lendemain , je reçu un dernier client qui gara dans une grosse voiture climatisée , les vitres teintée en noir avec de grosses roues impressionnantes . L'homme descendu de cette voiture était vertu d'un costume bleu de trois pièces , un grand chapeau blanc couvrait sa tête avec une senteur orientale pure nature . Il était très décontracté , souriant , courtois et donnait vraiment l'air d'avoir réussi . Après les civilités et un petit échange très respectueux , il me fit savoir qu'il était là pour une transaction importante de plusieurs millions . Pour ce genre de transaction , nous avions une salle spéciale où nous recevions les clients dit VIP . Cependant , au moment où je m'apprêtais à ouvrir la salle VIP afin de recevoir mon client , j'entendis un coup violent frapper la vitre qui me séparait de mon client . Un coup tellement violent que la vitre éclatât en mille morceaux . Des résidus de cet éclat de vitre me traça légèrement le visage de l'œil droit jusqu'au menton . A la suite de cet éclat de vitre , j'entendis un lourd bruit comme une explosion de bombe artisanale qui boucha à l'instant même du retentissement mes oreilles et me fit me retrouver sur mon dos , couchée sur la grosse imprimante qui me sert à imprimer les reçus des clients lors de leurs différentes transactions de retrait et dépôt d'argent , je venais de tomber violemment sur ma nuque . Pour le reste de ce qui s'est passé ce jour là, j'aurais énormément aimé vous en dire plus mais je ne sais moi-même plus ce qui est arrivé par la suite . Tout ce que je sais , c'est que je me suis retrouvée apparemment une heure après inondée d'eau et entourée d'une foule bruyante qui semblait commentée ce qui venait d'arriver . Subitement , quelqu'un me serra dans ses bras en me faisant beaucoup de câlins . C'est deux jours après que je compris qu'il s'agissait de mon amie Audile qui avait été alerté grâce au dernier appel émis trouvé dans mon téléphone par les premiers secours sur place et qui était heureuse de retrouver son amie saine et sauve . A vrai dire , j'eus besoin de quelques jours pour retrouver mes esprits et comprendre que j'avais été victime de braquage , non pas moi directement mais mon client , qui lui avait eu moins de chance que moi . En effet , en plus d'avoir été dépouillé de tout son argent , il avait reçu une balle dans l'abdomen et avait baigné près d'une heure dans son sang avant l'arrivée des secours . L'explosion que j'avais entendu était en réalité le tire d'arme à feu qui logea sa balle dans l'abdomen de mon client . J'eus eu l'occasion de passer rendre quelques visites à mon client qui par l'immense grâce de Dieu fût tiré d'affaire après avoir passé quatre jours dans le coma et faire deux semaines d'hospitalisation . Quant à moi , j'étais physiquement bien portante mais c'est moralement que j'avais été la plus atteinte . En effet , je fus tombée dans une psychose profonde une semaine après l'incident qui me réduisit à rester cachée dans ma chambre en longueur de journée . Je semblais pendant plus de deux mois , être constamment victime d'agression ou de braquage surtout lorsque je voyais un inconnu venir vers moi . Je vivais dans une peur constante et j'avais totalement perdu toute confiance en moi . Ma mère et mes frères n'avaient pas été informé de cette situation afin de ne pas les inquiéter . Deux jours après cet incident , j'appelai ma mère qui était inquiète à cause des nombreux appelles restés sans réponse .
Moi : bonjour maman .
Maman : eh sabou , cela fait 2 jours que j'essaye de te joindre mais rien , qu'est ce qui c'est passé ? ou était tu ?
Moi : rien maman , juste un peu occupé , ne t'inquiète pas je vais bien .
Maman : sabou ne me laisse plus ainsi sans nouvelle hein , tu sais que je m'inquiète trop pour toi .
Moi : ne t'inquiète pas maman , je vais te joindre tout les jours .
Maman : ok ma fille , j'espère seulement que tu vas bien ....
Nous avons discuté un peu longtemps ce jour et c'est ainsi qu'elle et moi échangions régulièrement et ne faisions jamais une journée sans se parler . Cependant , après l'incident , traumatisée que j'étais , je ne répondais ni aux appelles , ni aux messages et je crois que par la suite , mon numéro ne passait carrément plus du fait du manque de batterie parce que je ne pensais même pas à le recharger .
La rencontre amoureuse
Madame Tano , du fait de ma maladie qui m'empêchait d'être présente à mon travaille , a dû me faire remplacer par une autre fille . Cette situation m'importait très peu parce que pour être honnête avec vous je n'attendais plus que le jour de ma mort . Un jour alors que j'étais assise à la maison regardant la télévision , j'entendis sonner plusieurs fois à la porte puis d'une voix grave j'entendis : << il y'a quelqu'un ? >> J'ai pris tellement peur , pensant que c'était un agresseur , je me suis mise à hurler de toutes mes forces en demandant du secours . L'homme continuait à taper à la porte en disant :
Livreur : il y'a quelqu'un ?
Livreur : c'est le livreur .
Livreur : je viens livrer un colis .
Livreur : il y'a quelqu'un , il y' a quelqu'un ?
Face à l'insistance du livreur , j'ai pris peur et j'ai commencé à m'imaginer une situation de braquage . Après une longue torture psychologique du fait de mes nombreuses imaginations , j'ai décidé de sauter du balcon du salon qui donne directement dans le jardin de la cour de l'immeuble . C'est avec tristesse que j'écris ces lignes parce que fort de ce que j'ai vécu , j'ai compris combien de fois il était simple de perdre la tête . Après avoir sauté , c'est à l'hôpital que je me suis réveillé quelques heures après . Audile mon amie était absente depuis une semaine . Partie pour ses affaires en Turquie , Audile m'avait laissé seule et jusqu'à ce jour , je croyais être finalement au contrôle de la situation qui m'avait fait perdre mon emploi . J'ai été finalement conduit dans un hôpital psychiatrique où après des examens le médecin m'a prescrit des neuroleptiques et m'a laissé rentrer à la maison . Ces neuroleptiques me faisaient dormir toute une journée et quelques fois même pendant deux jours . Une semaine après mon incident , j'ai reçu une visite des plus surprenantes . Monsieur Giroux , notre voisin du bas ; c'est lui qui m'a conduit à l'hôpital et à bien voulu faire face à toutes ces charges qu'ont constitué mes ordonnances ainsi que les frais de consultation . En effet , monsieur Giroux est un monsieur très réservé mais toujours de bonne humeur avec qui je n'échangeais presque jamais mis à part les salutations quotidiennes sans rien y ajouter . Je le trouvais un peu gonflé du fait qu'il ne parlait presqu'à personne sur l'immeuble . Je me disais qu'il pouvait au moins discuter avec les autres blancs de l'immeuble mais il était toujours seul dans son coin sans femme ni enfant , quelque fois partir mais même présent c'était comme s'il était absent . Mais à mon étonnement c'est bien ce monsieur qui m'a conduit à l'hôpital et même si j'ai été un peu mal poli avec lui en allant même pas le remercier pour son geste à mon égard , il me rendit une visite surprise très tôt un matin .
( sonne à la porte )
Moi : c'est qui à la porte ?
Giroux : c'est Giroux .
Moi : un instant s'il vous plaît .
J'étais totalement gêné et ne savait même pas que faire ni quoi dire à ce monsieur généreux envers qui je n'avais pas été reconnaissant . J'ai encore mal agit en restant près de dix minute à tourner dans la maison en réfléchissant à ce que je ferais ou dirais . Après plusieurs hésitations , j'ouvris la porte et monsieur Giroux était toujours arrêté impatient .
Giroux : bonjours Laya .
Laya : bonjours monsieur Giroux .
Giroux : non , ne te gêne pas . Tu peux m'appeler Alex . On peux se tutoyer également cela ne me dérange pas .
Laya : D'accord Alex .
Alex : comment tu te portes aujourd'hui ? Je passe voir comment tu vas étant donné que cela fait une semaine maintenant que je n'ai pas de vos nouvelles .
Laya : effectivement Alex . Entre avant et prends place .
Alex : merci ; c'est gentil .
Laya : je te sers quelque chose à boire ?
Alex : non ça va merci peut être la prochaine fois .
Donc dis moi Laya , comment tu te portes maintenant ?
Laya : beaucoup mieux par la grâce de Dieu . Les médicaments me font bien dormir et je sens que je récupère mes forces .
Alex : c'est très bien . Continue la prise des médicaments et très vite tu seras en pleine forme . Je ne te vois pas sortir , tu es tout le temps enfermée dans la maison alors je suis là pour te faire sortir un peu aujourd'hui .
Laya : c'est gentil Alex mais prochainement peut être
Alex : j'insiste , on ira au restaurant juste tout près d'ici , comme ça tu pourras changer un peu d'air . Je n'irai pas tant que tu n'acceptes pas . On prendra juste le café et on rentre .
Laya : d'accord comme tu insistes , accorde moi juste cinq minutes pour que je me change rapidement .
Nous nous rendîmes au restaurant et pendant que nous y étions , nous avions échangés longuement sur sa vie , sur les raisons de sa présence dans mon pays , sur sa vie sentimentale et sur son travail . Me concernant j'ai pas eu grand-chose à dire car sur ma vie il n'y a pas grand-chose à dire . Les seules choses que je pouvais lui dire sur ma vie étaient ces choses que vous connaissez déjà , à savoir l'alcoolisme de mon père , ma vie au village et ma présence en ville . Plus j'échangeais avec Alex , plus j'avais l'impression de le connaître depuis toujours et plus on s'ouvrait l'un à l'autre . Alors au fil de la causerie je lui demanda :
Moi : quel travail fais-tu ?
Alex : je suis investisseur et je suis dans ce pays dans le but de saisir des opportunités
Moi : c'est très bien , en tout cas dans ce pays , il y a beaucoup d'opportunité lucrative pour celui qui n'a pas peur de prendre des risques .
Alex : ah bon ? tu t'y connais dans l'entreprenariat ?
Moi : j'y suis passionnée et j'espère réaliser un jour ce rêve d'être à mon propre compte .
Alex : c'est cool . Tu voudrais entreprendre dans quoi si tu avais les moyens ?
Moi : dans mon pays , le transport est un business très rentable , que ça soit le transport en commun ou mettre des véhicules en location , la rentabilité y est élevée et la reprise du capital investis se fait très rapidement .
Alex : très intéressant . Je travaillais d'ailleurs sur un projet de parc automobile ici avec un monsieur jusqu'à ce qu'il se montre pas très honnête . Donc je peux dire qu'effectivement c'est un projet rentable .
Moi : c'est aussi ça le problème de l'investissement. Il faut avoir les bonnes personnes avec soie .
Alex : Exactement Laya . Tu es très mature pour ton âge . J'aimerais travailler avec toi sur ce projet de parc automobile et on le lancera ensemble .
Moi : vous êtes sérieux ?
Alex : oui , je suis très sérieux Laya .
Moi : d'accord . J'ai mon grand frère qui exerce dans ce domaine , j'échangerai avec lui et te reviendra .
Alex : d'accord Laya .
En fin de compte , je n'ai regretté en rien cette petite sortie avec Alex car elle a été riche pour moi et surtout une opportunité que je crois être celle de ma vie m'y attendait finalement . Lorsque Audile est rentrée de son voyage , je lui ai raconté tout ce qui c'était passé à son absence et comme une vraie sœur , elle a non seulement été dire merci à Alex pour avoir veillé sur moi mais aussi voulu rembourser tout ce qu'il avait fait comme dépense pour moi dans ma période de maladie pendant qu'elle était absente . Mais sur ce dernier point , Alex resta intraitable et refusa d'être remboursé disant qu'il l'a fait avec plaisir . Pour ce qui concerne mon projet d'investissement avec Alex , elle m'a juste demandé de saisir l'opportunité tout en restant prudente .
Après un mois d'étude pour notre projet , Alex décida de me remettre la somme de quinze millions pour l'achat d'un premier véhicule tout terrain afin de la mettre en location . Après l'achat du véhicule , j'ai arrangé une rencontre entre Alex et mon frère aîné afin de permettre à Alex de connaitre celui avec qui nous étions sensés travaillé . Ce fût mes débuts dans les affaires car Alex m'avait laissé toute la gestion de cette affaire et je lui faisais juste le bilan chaque fin de mois . Notre business prospérait rapidement et au moment où j'envisageais l'achat de deux autres véhicules tout terrain dans le but de créer notre parc automobile comme pensé initialement , Alex me fit une demande des plus surprenantes .
Alex : Laya , je voudrais t'avouer une chose .
Moi : oui Alex je t'écoute .
Alex : je voudrais t'épouser . Depuis des mois maintenant tu hantes mes nuits et lorsque je te vois j'ai le cœur qui bat très fort .
Stupéfaite je n'ai su quoi dire :
Moi : Alex , tu me prends vraiment sur le cours et je ne sais vraiment pas quoi dire .
Alex : je comprends et je peux te donner du temps pour y penser si tu veux .
Moi : merci Alex , mais je voudrais qu'on se concentre avant tout sur notre projet qui est en plein développement ?
Alex : oui mais les sentiments sont ce qu'ils sont donc penses y Laya .
Moi : promis Alex .
Je craignais vraiment que des sentiments viennent ternir notre belle collaboration qui portait des fruits au-delà de nos attentes . Cependant , au fil de notre collaboration , Alex se faisait insistant et me disait clairement qu'il ne pouvait plus attendre parce qu'il était de plus en plus difficile pour lui de travailler avec une personne dont il est fou amoureux . Il rencontra mon frère aîné par ailleurs son employé , pour lui expliquer les sentiments qu'il avait pour moi et attendait de mon frère que celui-ci le conduise vers ma mère mais mon frère connaissant déjà ma position sur cette histoire d'amour qui était pour moi inopportune , c'est toujours montré réticent quant à le conduire chez ma mère mais à force d'insister , il eut le numéro de ma mère qu'il appelait régulièrement et lui offrait des cadeaux à n'en point finir . Cette situation me gênait énormément parce que j'avait l'impression qu'il voulait corrompre ma mère dans le but qu'elle à son tour puisse m'encourager à sortir avec lui . Une nuit , je reçu l'appelle de ma mère qui d'ailleurs m'a fait très peur car ma mère ne m'appelait jamais les nuits . Elle me dit :
Maman : ma fille ?
Moi : oui maman .
Maman : aimes-tu Alex ?
Moi : non maman , Alex est mon collaborateur et je ne le vois pas autrement qu'en collaborateur .
Maman : mais lui il t'aime , tu le sais au moins ?
Moi : oui maman , je le sais et cela m'angoisse énormément . Je crains que cela mettre un terme à notre collaboration qui fonctionne parfaitement présentement .
Maman : tu sais que je ne peux pas continué à prendre les cadeaux d'Alex alors même que je sais que tu ne l'aimes pas et que tu ne seras pas avec lui . alors parle lui et tombez d'accord , si votre collaboration doit prendre fin , qu'elle prenne fin mais je veux que tu arrêtes de torturer ce monsieur. C'est la vie et dans la vie ce qui doit arriver , arrive et on y peut rien .
Moi : mais ce n'est pas moi maman . Je ne le fais pas souffrir , je lui ai demandé de me laisser du temps mais dernièrement il est très insistant et je ne sais pas quoi lui dire pour l'instant .
Maman : dis lui ce que veux ton cœur et cela peu importe . C'est difficile ce qu'il traverse présentement et moi je n'ai aucune envie de le frustrer donc je prends ses cadeaux mais honnêtement je n'en veu plus si tu ne veux pas être avec lui alors parle lui et soit honnête avec lui , pour le reste ne crains pas mon bébé .
Moi : d'accord maman
Après cet échange avec ma mère , je pris la décision de parler à Alex et lui dire ce que je veux et ce que je pense réellement . Cependant , cette motivation m'était venu au moment où Alex était partir pour la France et je devais donc attendre son retour pour lui parler de ma décision , pourvu que la même motivation soit de mise ce jour . Derrière Alex , étant donné que je craignais une rupture totale de collaboration avec Alex , je m'inscrivis dans une logique d'assurer mes arrières en réalisation une série d'investissement à mon nom personnel afin de ne plus retourner dans la misère que j'ai connu il y a des années avant . Dans cette optique j'ai créé ma propre structure de transfert d'argent et avait en son sein quatre employés qui s'occupaient des opérations de transfert d'argent à l'international comme sur le territoire national et qui se chargeaient aussi des opérations de versement ou dépôts sur des comptes . En plus de ces quatre employés chargés des opérations de transfert d'argent et de dépôt , il y'avait quatre agents de sécurité qui avaient pour rôle le contrôle des clients et la sécurité contre toutes personnes malintentionnée ? Ces agents de sécurité se relayaient deux à deux le jour et la nuit tous les jours 7 jours / 7 et à toutes les heures 24 heures / 24 pendant toute l'année . A la structure de transfert que j'avais ouvert , il y avait un magasin de vêtement dame , les maquillages , les chaussures et les sacs de femmes que j'avait ouvert en plus dans le quartier d'affaire de la capitale . Ce grand magasin était géré par trois belles demoiselles et un jeune homme qui s'occupaient tous ensemble de la visibilité de ma boutique et de la gestion de la clientèle . Le renouvellement du stock était géré par moi-même , renouvellement qui m'imposait maintenant des voyages en Turquie et en Chine , où se trouve mes principaux fournisseurs . Lorsque Alex est rentré de France , ce jour même , il me fit signe mais ce jour n'était vraiment pas un jour indiqué pour moi pour lui annoncer ce que je voulais lui dire , faute d'inspiration . Cependant , je suis passé avec Audile lui dire bonsoir et bavarder un peu avec lui . Sans lui parler de ce qu'il attendait , j'ai juste pris un rendez vous avec lui pour le weekend de cette semaine comme me l'avait conseillé Audile de lui en parler dans un restaurant ou dans un endroit public . Pendant que je me torturais à chercher comment dire à Alex que je ne veux pas être en couple avec lui , mon frère aîné c'était chargé de me simplifier la tâche mais pas de la manière dont j'aurais voulu . En effet , mon frère aîné et Alex avaient gardé le contact et était même devenu plus proche qu'ils l'étaient dans les débuts .Et dans cette nouvelle amitié , mon frère c'était pas gêné de me dénigrer auprès d'Alex afin d'être dans les bonnes grâces d'Alex et ainsi me remplacer à la tête de la gestion du business que j'avais monté et piloté efficacement avec Alex . J'avais senti un relâchement du côté d'Alex et un froid qui était pour moi une bénédiction parce que s'il ne s'intéressait plus à moi , j'aurais plus la lourde charge de lui briser le cœur . Hélas , j'étais très loin de savoir ce que me réservait cet homme pour qui j'ai toujours eu de la considération parce que je suis loyale et je ne tourne jamais le dos à ceux qui m'ont tendu la main lorsque j'étais dans le besoin .
Le premier jour du week - end , jour auquel Alex et moi étions sensés nous rencontrer pour discuter , je lui fis plusieurs appels restés sans réponse et pour lesquels Alex ne rappela jamais . Ignorant tout ce qui se tramait dans mon dos , je pris peur et enchaînais les appels pour savoir ce qui n'allait pas . Alex n'avait pas cette habitude de ne pas répondre aux appels encore moins de ne pas rappeler , alors j'appela mon frère qui me fit savoir qu'Alex était à une réunion . Grande fût ma surprise et fille intelligente que je suis , j'ai commencé à me douter de quelque chose mais je suis du genre à rester loyale jusqu'à ce que la personne me fasse savoir qu'elle n'a plus besoin de ma loyauté . Je restai pour ce jour dans mon coin en attendant qu'il me rappelle et avait prévu le rappeler le lendemain dans le cas où il ne rappellerait pas . Le lendemain , Alex fût le premier à m'appeler :
Alex : bonjour Laya .
Moi : bonjour Alex . T u m'as fait peur hier . J'ai essayé en vain de te joindre . Tu vas bien ?
Alex : oui je vais bien , merci . Peux tu me rejoindre au café expresso chez Abib ?
Le café expresso chez Abib est le restaurant où Alex et moi déjeunions régulièrement en discutant affaire lorsque nous lancions notre projet commun de parc automobile .
Moi : oui , je peux y être dans dix minutes .
Alex : c'est parfait j'y suis , je t'attends .
Moi : d'accord , je viens .
Arrivé au café expresso chez Abib , à la place où nous avions l'habitude de nous assoir pour déjeuner et discuter , je vis Alex qui y était assis avec un jus de passion qu'il sirotait avec amour , alors je me suis dirigé vers lui et avec sourire et lui faisant le câlin habituel sur la joue , je glissai un petit bonjour dans ses oreilles puis m'assis en face de lui . Pendant que je m'attendais à ce qu'on rentre dans le sujet , Alex me fit comprendre qu'on devais attendre une troisième personne qui à ma grande surprise n'était personne d'autre que mon frère aîné . Je vous avoue que je n'avais plus aucun doute , je savais que quelque chose se tramait mais la question que je me posais était la suivante : << Qu'est-ce que mon frère viendra faire dans une rencontre qui est sensé ne pas le concerner ? >> J'ai cependant gardé mon calme et attendu l'arrivé de mon frère pendant que j'essayais d'amuser la galerie avec Alex afin de détendre un peu l'atmosphère . Une quinzaine de minute après , mon frère arriva et s'installa juste à ma droite . Mon frère entama une discussion avec Alex pendant une dizaine de minute avant même de me dire bonjour , mais sereine je répondis chaleureusement et fis une petite discussion avec lui en lui disant :
Moi : Nganon , comment se porte ta femme et tes enfants ?
Nganon : ils se portent tous très bien et chez toi ? Et Audile ?
Moi : je me porte très bien et Audile aussi . J'ai rencontré ta femme la semaine passée , elle te l'a dit ?
Nganon : oui , elle me l'a dit .
Après ce petit échange , Alex prit la parole et en s'adressa à moi sans détour , il me fit comprendre :
Alex : Laya , tu es une fille formidable et tu m'as prouvé ta capacité de gestion . Je n'ai vraiment rien à te reprocher mais je souhaiterais que tu te retires de la gestion et que tu la laisses entièrement à Nganon ton frère aîné .
Je suis restée sans mot pendant quelques secondes et ensuite j'ai répondu :
Laya : d'accord Alex j'ai compris .
Ensuite m'adressa à mon frère je lui dis :
Laya : Nganon , tu pourra passer demain matin pour prendre les différents papiers afin de faciliter ta gestion en te basant sur ce qui a déjà été fait .
Nganon : d'accord Laya ,c'est compris .
Je me suis senti mal à ce moment là mais je ne pouvais rien y faire , j'avais l'impression d'avoir reçu un coup dans le cœur , mon soit disant collaborateur me retirait la gestion et la donnait à mon frère . Mon frère a dû forcement passé derrière moi pour convaincre Alex de lui laisser la gestion sinon ou le connait il ?
Je n'en voulait pas à Alex ni à mon frère , tout ce que je leur souhaitais de bon c'était la réussite de leur affaire . Je leur ai souhaité bonne chance et je me suis en allé .
C'est comme ça que je me suis retiré petit à petit d'Alex , je ne m'ingérais plus dans ses affaires puisqu'il me l'avait demandé , je ne demandais rien non plus à mon frère . s'ils pensent s'en sorti seul alors bonne chance à lui .
Heureusement que mes arrières étaient soudés , j'ai reçu à mettre de l'argent de coté et les activités étaient de plus en plus rentable . Deux mois après , j'ai pris ma propre maison dans un quartier huppé de la capitale et je roulais dans ma propre voiture acheté grâce à mon business qui donnait vraiment bien . En plus j'ai ouvert un bon restaurant moderne pour ma mère qui vendait au-delà même du village et pouvait offrir des services traiteurs dans les cérémonies dans le village et même autour du village . Je finançais sans aucune difficulté les études de mes frères restés au village qui n'étaient plus obligés d'aller au champ parce qu'ils devaient dorénavant suivre régulièrement les cours avec les autres enfants du village . Avec ma voiture , je pouvais maintenant me rendre à tout moment au village mais à la demande de ma mère , je prétextais , lorsque les gens du village me réclamaient , de ne pas pouvoir le faire du fait de mes occupations et de mes voyages réguliers en Turquie et en Chine . Je ne me rendais jamais au village et je préférais cela comme ça parce que j'avais l'opportunité de poursuivre mes objectifs et pour rien au monde je ne voulais rater cela . Je fréquentais les hauts lieux et rencontrais beaucoup de personnes importantes . Ma vie ressemblais de plus en plus à la vie que j'ai toujours voulu vivre . Quant à Alex et mon grand frère aîné , je n'avais plus aucune nouvelle d'eux et de leurs affaires . La relation entre mon frère et moi n'était plus au beau fixe , on ne s'adressait plus la parole et même si ma mère me faisait quelque fois des palabres à cause de mon frère Nganon parce qu'elle voulait que je lui pardonne , j'étais super figée sur ma position et ne lui souhaitais aucun mal dans sa relation avec Alex .