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L'HÉRITIER DE LA MAFIA ET MOI

L'HÉRITIER DE LA MAFIA ET MOI

Auteur:: Ulrich Espoir
Genre: Milliardaire
Dans ce monde de loyauté brisée et de pouvoirs clandestins, l'amour n'est qu'un leurre, une faiblesse que seuls les naïfs osent encore convoiter. Moi, Nina, je l'ai appris à mes dépens. Tout avait commencé comme une mission simple : séduire Espoir, le chef d'une mafia redoutée, m'infiltrer dans sa vie et soutirer les informations qui mettraient fin à son empire. Ce n'était pas la première fois que Jonas, mon patron, me confiait une mission aussi risquée. Mais cette fois, quelque chose était différent. Espoir n'était pas comme les autres hommes. Dès le premier regard, il m'a troublée. Pas seulement par son charisme glacial, mais par une profondeur dans ses yeux qui semblait murmurer des secrets que même lui ignorait. Pourtant, je savais qui il était : un homme dangereux, un ennemi. Et moi, j'étais sa prétendue alliée, une femme avec une arme secrète – son cœur. Mais ce que je n'avais pas prévu, c'était ma propre faiblesse. Je m'étais promis de ne jamais mêler mes émotions à mes missions. L'amour était un luxe que je ne pouvais pas me permettre, surtout dans ce monde cruel. Pourtant, chaque instant passé avec lui fragilisait mes résolutions. Et maintenant, je suis là, prise au piège entre deux feux : Jonas, à qui je dois tout et qui ne tolère pas l'échec, et Espoir, cet homme que je devais détruire, mais qui m'a fait redécouvrir des émotions que je pensais perdues. Alors que tout s'écroule autour de moi, une question me hante : jusqu'où suis-je prête à aller pour protéger l'homme que je devrais trahir... et l'enfant que je dois sauver ? Mon nom est Nina. Et ceci est mon histoire, une histoire d'amour, de trahison et de rédemption.

Chapitre 1 Le masque et la mission

. Chapitre 1 : Le Masque et la Mission

La pièce empestait la fumée et le whisky bon marché, comme d'habitude. Le silence était si pesant qu'on aurait pu entendre une mouche voler, si ce n'était pour le tic-tac lancinant de l'horloge accrochée au mur décrépi. Assise face à Jonas , mon "patron", je soutenais son regard sans ciller.

- "Tu sais pourquoi t'es là, Nina ?" demanda-t-il d'une voix grave qui résonnait comme un avertissement.

Je hochai la tête, les doigts serrés sur l'accoudoir de la chaise. Jonas n'était pas du genre à perdre du temps en politesses. Moi non plus, d'ailleurs.

- "Une nouvelle mission ?" soufflai-je.

Il esquissa ce sourire tordu qui le rendait à la fois fascinant et effrayant. Ses yeux noirs comme la nuit se fixèrent sur moi alors qu'il faisait glisser un dossier épais vers moi.

- "Pas n'importe quelle mission." Il marqua une pause, ses mots s'étirant lentement. "Samuel Moretti. Un poisson bien plus gros que d'habitude. Et bien plus riche."

Je dépliai le dossier sous son regard insistant. Des photos tombèrent sur la table : Moretti, un quinquagénaire tiré à quatre épingles, des cheveux gris savamment coiffés, le sourire carnassier des gens qui pensent avoir tout gagné.

- "Il cache quoi ?" demandai-je, mes yeux rivés sur l'une des photos où il serrait des mains à une réception luxueuse.

- "Tout ce que tu peux imaginer : argent liquide, bijoux, informations compromettantes. Le type est paranoïaque, mais il aime les apparences." Jonas tapota la surface de la table du bout des doigts, un tic nerveux. "Demain soir, il organise une réception privée chez lui. Il te faut entrer, charmer, et accéder à son bureau. J'ai besoin que tu trouves ce coffre, et que tu nous ramènes quelque chose de précieux."

Je relevai les yeux vers lui. Jonas ne rigolait jamais, mais ce soir, une lueur de méfiance semblait briller dans ses pupilles.

- "Et s'il me grille ?" lançai-je, provocatrice.

Son regard se durcit instantanément.

- "Nina, tu ne vas pas te faire griller. T'es la meilleure pour ce genre de boulot. Mais je te le dis clairement : tu échoues, t'es seule. Compris ?"

Je laissai planer un silence avant de sourire en coin.

- "Je n'échoue jamais, Jonas."

Un mensonge presque crédible.

De retour dans mon loft miteux, je balançai mes talons sur le parquet usé et laissai tomber le dossier sur mon lit défait. Moretti. Rien qu'un autre visage dans une longue liste d'hommes que j'avais trompés, manipulés, et dépouillés. Pourtant, cette mission sentait le danger à plein nez.

Je me levai, fouillant dans mon armoire à la recherche de la tenue parfaite. Pour une soirée privée dans un manoir de milliardaire, il me fallait quelque chose de remarquable mais stratégique. Une robe rouge carmin attira mon attention : fendue sur le côté, moulante, juste assez pour que les yeux de Moretti ne voient plus que moi.

- "Parfait," murmurai-je devant le miroir.

Je m'installai devant ma coiffeuse, une petite table couverte de maquillage, de faux cils et de parfums bon marché. Je m'appliquai à jouer l'artiste : des yeux charbonneux pour un regard fatal, une bouche rouge écarlate qui criait à la fois tentation et danger. Lorsque je me redressai, mon reflet me renvoya l'image de quelqu'un d'autre. Pas Nina , mais celle que je devenais quand le jeu commençait.

Je saisis un petit pistolet noir, léger comme une plume, et le glissai sous ma jarretière. Toujours prête. Toujours armée. La sécurité n'était qu'un mythe dans ce genre de mission.

Je pris une inspiration, jetant un dernier regard au miroir.

- "Allez, Nina, t'as vu pire."

Le manoir était illuminé comme un sapin de Noël au cœur de la nuit. Des voitures hors de prix s'alignaient sur l'allée pavée, tandis qu'une foule élégante se pressait sous les portes vitrées. Debout face à cette scène, un frisson me traversa l'échine. Pas de peur. De concentration.

Je descendis du taxi, le bruit de mes talons s'écrasant contre le sol humide. La robe rouge flottait autour de mes jambes alors que je m'avançais vers les portes.

Un garde à l'allure imposante me barra le chemin.

- "Nom ?" aboya-t-il.

Je sortis un carton d'invitation parfaitement falsifié, le présentant avec un sourire angélique.

- "Jade Delacroix. Je suis attendue."

L'homme fronça les sourcils, observa la carte, puis me jeta un dernier regard avant de s'écarter.

- "Passez."

Dans la salle principale, l'ambiance était irréelle. Des lustres de cristal scintillaient au plafond, la musique classique vibrait doucement dans l'air, et des serveurs passaient entre les invités avec des plateaux d'argent chargés de champagne.

Je m'avançai parmi la foule, laissant les regards glisser sur moi. Les hommes en smoking me détaillaient avec cet air avide qui m'était familier. Parfait. Je n'étais qu'une distraction de plus dans un monde rempli de faux-semblants.

Puis, je le vis. Samuel Moretti, debout dans un cercle d'hommes en costume. Il riait trop fort, le genre de rire qui masquait l'arrogance. Son verre de champagne à la main, il semblait intouchable. Je pris une profonde inspiration et me mis en mouvement.

Mais alors que je m'approchais, une chose inattendue se produisit. Un autre regard capta le mien.

Froid. Intense. Un regard qui semblait me traverser comme un couteau. Ce n'était pas Moretti. Non. Cet homme-là était assis plus loin, en retrait, comme s'il observait la salle tout entière. Son costume sombre, presque menaçant, et son air calme détonnaient avec l'extravagance autour de lui.

Je sentis mon cœur rater un battement. Qui était-il ? Pourquoi avais-je l'impression qu'il venait de voir au-delà de mon masque ?

Je fis semblant de l'ignorer et poursuivis mon chemin. Mais une chose était sûre : cette soirée venait de devenir beaucoup plus compliquée.

Je m'avançai vers Samuel Moretti d'un pas calculé, la tête haute et le sourire subtilement dessiné. Le genre de sourire qui invitait à la curiosité. Il me remarqua tout de suite, comme je l'avais prévu. Le regard d'un homme comme Moretti ne pouvait ignorer une robe rouge fendue et une démarche aussi assurée.

- "Mesdames et messieurs, les prédateurs tombent toujours dans le piège qu'ils ne voient pas venir."

Il s'interrompit en pleine conversation, levant les yeux vers moi comme si le reste du monde avait disparu. Ses compagnons suivirent son regard, mais je ne le quittai pas des yeux.

- "Bonsoir, messieurs," murmurai-je en me glissant près de lui. Ma voix était douce, mes mots soigneusement mesurés. "Je crois que je suis perdue..."

Moretti arqua un sourcil, un sourire amusé se dessinant sur ses lèvres.

- "Perdue ? Dans une pièce pleine d'invités ?"

- "Disons plutôt que je cherche... la bonne compagnie."

Il rit doucement, d'un rire de requin satisfait. Je savais que j'avais son attention. C'était toujours comme ça : les hommes riches et puissants aimaient croire qu'ils étaient choisis. Qu'ils étaient spéciaux.

- "Et vous êtes ?" demanda-t-il, sa voix aussi soyeuse que dangereuse.

Je lui tendis une main délicate.

- "Jade Delacroix. Une amie d'un invité. Mais je dois avouer que je m'ennuyais terriblement. Jusqu'à maintenant."

Il baisa ma main du bout des lèvres, une politesse vieille école qui me fit presque sourire.

- "Samuel Moretti. Vous êtes à la bonne place, Jade."

- "Je n'en doute pas," répondis-je, la voix chaude. Je m'approchai un peu plus, m'emparant d'une coupe de champagne déposée sur un plateau. "Dites-moi, Samuel... Vous avez l'air d'un homme qui cache de grands secrets."

Il fronça légèrement les sourcils, amusé et intrigué.

- "Les apparences sont trompeuses, ma chère. Et vous, que cachez-vous derrière ce regard ?"

Je ris légèrement, un son aussi travaillé que le reste de ma couverture.

- "Des pensées que vous seriez bien curieux de découvrir."

Il me dévorait des yeux, prisonnier du jeu que je maîtrisais à la perfection. Après quelques minutes d'échanges où chaque mot était une corde subtilement tirée, il finit par incliner la tête, ses pupilles brillantes.

- "Vous êtes fascinante, Jade. Et j'aime beaucoup les mystères..."

Sa voix baissa d'un ton.

- "Que diriez-vous d'un verre dans un endroit plus... intime ?"

Mon cœur accéléra d'un battement. Bingo.

- "Je vous suis, Samuel," murmurai-je.

Samuel me guida à travers des couloirs richement décorés, ses pas résonnant lourdement sur le parquet. Chaque mètre parcouru me rappelait ce qui était en jeu. Jonas avait raison : c'était un gros poisson, et je nageais en pleine mer.

La chambre était aussi somptueuse que le reste du manoir : des murs tapissés de velours, un lit king-size couvert d'un drap de soie, et une bibliothèque remplie de livres que je doutais qu'il ait lus.

- "Installez-vous," m'invita-t-il en désignant un fauteuil en cuir près d'un petit bar. "Un verre ?"

- "Avec plaisir," répondis-je, ma voix parfaitement calme malgré la tempête qui grondait en moi.

Je l'observai verser le whisky avec soin. Lorsque je m'assurai qu'il avait le dos tourné, je sortis discrètement la petite fiole cachée dans la doublure de ma pochette. Une goutte de liquide incolore glissa dans son verre lorsque j'eus l'occasion d'échanger discrètement nos verres.

Il se tourna avec un sourire satisfait, tendant le verre vers moi.

- "À la beauté des mystères."

Je levai le mien avec un sourire provocateur.

- "Et à ceux qui savent les percer."

Nous trinquâmes. Il but, et je feignis de boire en observant chaque seconde. Quelques minutes plus tard, sa tête bascula légèrement en arrière, et sa respiration ralentit. Le somnifère avait fait son effet.

- "Désolée, Samuel," murmurai-je en posant mon verre intact sur la table.

Je me mis rapidement au travail. Jonas m'avait appris à fouiller efficacement, sans laisser de traces. Je localisai d'abord le coffre : dissimulé derrière un tableau classique. Un code électronique. Bien sûr.

Mes doigts tremblèrent légèrement tandis que je sortais mon matériel de crochetage : un petit outil électronique capable de forcer des codes en quelques minutes. Chaque bip de l'appareil semblait hurler dans le silence de la pièce.

- "Allez, allez..." soufflai-je entre mes dents.

Après de longues secondes, un *clic* discret résonna. Le coffre s'ouvrit. Mon souffle se coupa à la vue de son contenu : des liasses de billets soigneusement empilés, des montres aux reflets dorés, et des bijoux sertis de pierres précieuses. Une fortune miniature.

Mes mains s'activèrent, jetant tout dans le sac que j'avais dissimulé sous ma robe. Chaque objet glissé me rappelait pourquoi j'étais là. Pourquoi je n'avais pas le droit d'échouer.

Mais la peur me tenaillait. Chaque bruit dans le manoir, chaque craquement du bois me faisait sursauter. Et si quelqu'un entrait ? Et si Samuel se réveillait ?

- "Respire, Nina. Tu t'en es toujours sortie," murmurai-je pour me rassurer.

Ma gorge était sèche, mes paumes moites, mais je continuai jusqu'à ce que le coffre soit vidé.

Lorsque je refermai le coffre et remis le tableau en place, je pris un instant pour respirer profondément. Mon cœur battait si fort qu'il me semblait qu'on pouvait l'entendre dans tout le manoir.

Je jetai un dernier regard à Samuel, profondément endormi sur le fauteuil. Un mélange de culpabilité et de triomphe m'envahit.

- "Un autre mensonge. Un autre loup berné."

Je remis ma robe en place, saisis mon sac, et sortis de la chambre en silence. Mais alors que je m'éloignais, une pensée fugace me traversa l'esprit :

"Et si cette fois-ci, le loup n'était pas aussi endormi que je le croyais ?"

Chapitre 2 Le prix du silence

Chapitre 2 : Le Prix du Silence

La fraîcheur de la nuit me glaça les épaules alors que je m'éloignais du manoir. Le bruit assourdissant de mes talons sur le pavé résonnait comme un compte à rebours. Le sac serré contre moi, je jetai un dernier regard par-dessus mon épaule avant de disparaître dans une ruelle sombre où m'attendait une voiture noire aux vitres teintées.

Je glissai sur la banquette arrière et déposai le sac sur mes genoux. La portière se referma dans un claquement sec, et la voiture démarra aussitôt. Personne ne parla durant le trajet. Le chauffeur, un des hommes de Jonas, avait pour consigne de garder le silence. Moi, je préférais repasser la soirée en boucle dans ma tête. La voix de Samuel, son regard intrigué...

- "Il est hors-jeu, Nina. Tu as fait ce qu'il fallait."

La voiture s'arrêta brusquement dans un entrepôt abandonné. Les phares illuminèrent l'intérieur poussiéreux, révélant Jonas assis nonchalamment sur une chaise, une cigarette entre les doigts. Il me regarda approcher avec un sourire carnassier, entouré de ses hommes de main.

- "La meilleure voleuse de la ville," lança-t-il, sa voix pleine de satisfaction. "Alors, ma belle, tu l'as fait ?"

Je déposai le sac devant lui. La fermeture éclair grinça légèrement lorsqu'il l'ouvrit pour en examiner le contenu. Ses yeux s'agrandirent en découvrant les billets, les montres et les bijoux qui brillaient sous la lumière jaune du néon.

- "Tu as assuré, Nina. Comme toujours," dit-il en refermant le sac. "Moretti ne va même pas comprendre ce qui lui est tombé dessus."

Je restai impassible malgré ses compliments. Jonas ne donnait rien gratuitement. Il fouilla dans la poche de sa veste en cuir et en sortit une liasse de billets qu'il me lança.

- "Ta part. Bien méritée."

Je la saisis d'un geste rapide, mon cœur battant encore la chamade. Pas de merci. Dans notre monde, la reconnaissance se mesurait à la hauteur du paiement. Jonas me fixa un instant, comme s'il essayait de lire dans mes pensées.

- "T'as l'air ailleurs, Nina. Tout va bien ?"

- "Parfaitement," mentis-je en fourrant l'argent dans mon sac. "Je vais rentrer."

- "Repose-toi bien. T'es pas prête pour ce qui arrive ensuite."

Je fronçai les sourcils, mais n'ajoutai rien. Avec Jonas, poser des questions revenait à ouvrir une porte qu'on préférerait garder fermée.

Je rentrai chez moi à l'aube. L'appartement était petit, usé par le temps, mais c'était notre refuge. J'ouvris la porte avec précaution, prenant soin de ne pas faire de bruit. Dans la pénombre, je m'avançai jusqu'à la petite chambre au fond du couloir.

Là, endormi paisiblement sous des draps froissés, se trouvait Léo, mon fils. Ses boucles blondes retombaient sur son front, et son souffle était calme. Tout mon monde tenait dans ce lit.

Je m'agenouillai près de lui, caressant doucement sa joue. Un sourire involontaire étira mes lèvres.

- "Je suis là, mon ange," murmurai-je.

Il remua légèrement, mais ne se réveilla pas. Je déposai un baiser sur son front avant de me relever. J'avais beau jouer les fortes, c'était pour lui que je mettais tout en jeu chaque jour. L'argent de Jonas nous permettait de survivre. Mais à quel prix ?

Je pris une douche rapide, laissant l'eau brûlante effacer les dernières traces de la soirée. Quand je sortis, je m'habillai d'un jean et d'un top noir. Le téléphone vibra sur la table basse : un message de Clara, ma meilleure amie.

- "Viens à la boîte. On fête ça ce soir !"

Je jetai un œil à Léo. Il dormirait encore pendant des heures. Mon corps criait fatigue, mais je savais qu'après une mission réussie, il fallait relâcher la pression.

- "Pourquoi pas ?"pensai-je.

La musique assourdissante m'accueillit dès que je poussai les portes de la boîte. Des lumières rouges et bleues clignotaient, projetant des ombres mouvantes sur la foule en délire. Je retrouvai Clara près du bar, une vodka à la main et son sourire radieux comme toujours.

- "La star de la soirée !" s'écria-t-elle en m'apercevant.

Je la rejoignis, prenant le verre qu'elle me tendit.

- "Alors, mission accomplie ?" demanda-t-elle, curieuse.

- "Comme toujours," répondis-je avec un clin d'œil.

Clara rit avant de m'entraîner sur la piste de danse. Le rythme de la musique vibrait sous mes pieds, emportant avec lui le poids de la soirée. Je dansai comme si rien d'autre n'existait. Les rires fusaient autour de nous, les corps s'entrechoquaient, et pendant un instant, je me sentis libre.

Libre de ne plus penser à Samuel Moretti. Libre de ne plus voir son regard dans mon esprit. Mais malgré l'alcool et l'euphorie, une petite voix me murmurait que tout cela n'était qu'un répit temporaire.

Je me laissai aller, riant avec Clara, tournoyant sur la piste. Les billets étaient en sécurité dans mon appartement, Léo dormait paisiblement, et pour une nuit, je pouvais oublier.

LE POINT DE VUE DE Samuel

Je me réveillai avec une douleur sourde à la tête, comme si un marteau cognait à l'intérieur de mon crâne. La lumière tamisée de ma chambre semblait m'aveugler, et il me fallut quelques secondes pour reprendre mes esprits. Ma gorge était sèche, et mon corps étrangement lourd.

Le fauteuil en cuir grinça sous mon poids lorsque je me redressai. Les souvenirs de la soirée remontèrent peu à peu à la surface : la fête, cette femme mystérieuse... Jade Delacroix.

Je fermai les yeux un instant, cherchant à comprendre. Quelque chose n'allait pas.

Ma main trouva instinctivement le verre posé sur la table basse. Vide. Pourtant, j'étais certain de ne pas avoir assez bu pour perdre connaissance ainsi.

Et c'est là que je le vis : le tableau légèrement déplacé, comme si quelqu'un avait fouillé derrière.

Un frisson glacial me parcourut.

- "Non..." murmurai-je en me levant brusquement.

Je tirai le tableau d'un geste brusque, révélant le coffre dissimulé dans le mur. Mon cœur battait à tout rompre alors que je composai le code. Une lumière rouge clignota.

- "Non, non, non !" grondai-je.

Je repris le code, mais le résultat fut le même. Quelqu'un avait forcé le coffre.

Lorsque je parvins enfin à l'ouvrir, la vérité me sauta aux yeux : vide. Les billets, les bijoux, les montres... tout avait disparu.

Je serrai les poings, ma rage bouillonnant à l'intérieur comme un volcan prêt à exploser. Cette femme... Cette maudite femme m'avait drogué et dépouillé comme un amateur.

- "Plus jamais."

Je traversai la pièce en un éclair, ouvrant la porte à la volée. Les gardes postés dans le couloir se redressèrent instantanément, surpris par mon apparition furieuse.

- "Vous ne l'avez pas vue partir ?" aboyai-je.

Le plus grand des deux, Marco, secoua la tête, l'air mal à l'aise.

- "Non, patron. Elle est restée avec vous dans la chambre, et on n'a rien vu d'inhabituel après ça."

- "Rien vu ?! Vous voulez me faire croire qu'une femme seule a réussi à quitter cette maison avec un sac plein de mes affaires sans que personne ne la remarque ?"

Ils échangèrent un regard nerveux. L'autre, un jeune brun du nom de Luca, bégaya :

- "On a cru qu'elle était encore avec vous, monsieur. Elle avait l'air... normale."

Normale. Ce mot résonna dans ma tête. Ils s'étaient fait avoir aussi facilement que moi.

Je me passai une main sur le visage, tentant de contenir ma fureur. Tout dans cette soirée n'avait été qu'un piège, et je m'étais jeté dedans comme un idiot.

- "Faites venir les autres," ordonnai-je, ma voix glaciale. "Et vérifiez les caméras. Je veux savoir comment elle s'est échappée et où elle est allée."

- "Tout de suite, patron," répondit Marco en s'éloignant.

Je retournai dans ma chambre, ma tête bourdonnant de colère et d'humiliation. Je ne pouvais pas croire qu'une inconnue m'avait manipulé de la sorte.

Je me penchai sur la table basse, fixant le verre vide. Le goût amer de la trahison était plus difficile à avaler que celui du somnifère qu'elle m'avait donné.

- "Jade Delacroix," murmurai-je. "Ou quel que soit ton vrai nom... Tu ne t'en tireras pas comme ça."

Elle avait réussi à m'endormir, à me voler, et à disparaître. Mais elle ne savait pas encore à qui elle avait affaire.

Je récupérai mon téléphone et appelai immédiatement mon contact à la sécurité.

- "Tony, vérifie tous les enregistrements de cette soirée. Je veux un visage, une trace, une piste. Et trouve-moi tout ce que tu peux sur cette femme. Maintenant."

Je raccrochai avant qu'il ne puisse répondre.

Il y avait une règle dans ce monde : personne ne me trahissait sans en payer le prix. Jade ou peu importe son vrai nom avait signé son arrêt de mort. Je ferais tout pour la retrouver, pour comprendre comment elle avait réussi à me tromper.

Et quand je mettrais la main sur elle...

Je souris malgré moi, un sourire cruel, chargé de promesses sombres.

- "On va voir qui joue le mieux au jeu des mystères, Nina."

Chapitre 3 Héritage sanguinaire

Chapitre 3 : Héritage Sanguinaire

LE POINT DE VUE D'ESPOIR

La pièce puait la peur et la sueur froide. La lumière blafarde du néon clignotait, rendant l'atmosphère encore plus pesante. Je me tenais debout, mes poings endoloris par les coups que je venais d'asséner. Face à moi, l'homme était à genoux, son visage un amas de chair ensanglantée.

Il toussa violemment, recrachant une gerbe de sang qui s'écrasa au sol, mêlée à quelques dents. Sa respiration était saccadée, presque inexistante.

- "Je vais te poser la question une dernière fois," grognai-je, ma voix résonnant comme un coup de tonnerre. "Qui vous a envoyé fouiner dans mes affaires ?"

Il releva la tête avec difficulté, ses yeux à moitié fermés par les ecchymoses. Malgré la douleur évidente, il n'articula qu'un mot, un murmure presque inaudible :

- "Va... au diable..."

Je serrai les poings, sentant ma colère bouillonner. Ce genre de loyauté était admirable dans d'autres circonstances, mais ici, c'était une provocation que je ne pouvais tolérer.

- "C'est bien beau de jouer les durs," dis-je en m'approchant de lui. Je m'accroupis pour que nos regards soient au même niveau. "Mais je vais te dire une chose : le diable, c'est moi. Et toi, tu viens de t'acheter un aller simple pour l'enfer."

Je me redressai et fis signe à l'un de mes hommes.

- "Emmenez-le. Qu'il médite sur ses choix."

Deux d'entre eux s'avancèrent pour traîner l'homme hors de la pièce. Il gémissait faiblement, incapable de se débattre.

Je pris une profonde inspiration pour calmer mon esprit. La violence, c'était notre langage, notre méthode, mais ce n'était jamais une fin en soi. Ce type finirait par parler, tôt ou tard. Ils parlaient toujours.

Un coup discret à la porte me sortit de mes pensées. Marco entra, l'air grave.

- "Patron, l'avocat de votre père est ici. Il dit que c'est urgent."

Je haussai un sourcil. L'avocat de mon père ? Qu'est-ce que cet homme venait encore faire ici ? Depuis la mort de mon père, il n'avait jamais été qu'une ombre gênante, toujours là pour me rappeler les affaires inachevées du passé.

- "Fais-le entrer dans mon bureau," ordonnai-je.

Marco hocha la tête et s'éclipsa. Je pris un moment pour ajuster ma veste en cuir, passant une main dans mes cheveux pour me donner un semblant d'ordre. Il était hors de question que cet homme me voie dans cet état de rage.

Avant de quitter la pièce, je jetai un dernier coup d'œil au sol taché de sang.

- "Un autre jour, une autre bataille."

Je pénétrai dans mon bureau, une pièce aussi sombre que le reste de mon monde. Les murs étaient ornés de bois sombre, et l'unique fenêtre était drapée de lourds rideaux qui empêchaient quiconque de voir à l'intérieur.

L'avocat était déjà là, debout près de mon bureau en chêne massif. Il portait son costume gris habituel, ajusté à la perfection, mais son visage avait ce sérieux irritant que je détestais chez lui.

- "Monsieur," dit-il en inclinant légèrement la tête.

- "Coupez les formalités, Me Martin," rétorquai-je en prenant place dans mon fauteuil. "Pourquoi êtes-vous ici ?"

Il ajusta ses lunettes avant de poser une mallette sur le bureau.

- "Je viens vous informer que le testament de votre père est enfin prêt à être lu. Nous avons finalisé tous les détails juridiques. Je vais maintenant informer votre frère et votre sœur pour que la lecture ait lieu officiellement."

Je me raidis légèrement. Le simple fait de mentionner mon frère et ma sœur suffisait à faire ressurgir des souvenirs et des rancunes que j'aurais préféré enterrer.

- "Quand ?" demandai-je d'un ton direct.

- "Lundi," répondit-il sans hésiter. "Il est impératif que tout le monde soit présent pour que le document soit ouvert et interprété comme il se doit."

Je hochai la tête, le visage impassible.

- "D'accord. Assurez-vous que tout soit en ordre. Je ne veux pas de problèmes inutiles."

Il acquiesça, referma sa mallette, et se prépara à partir. Mais avant qu'il ne franchisse la porte, je le retins :

- "Une dernière chose. Si l'un des deux ne se présente pas, ne perdez pas de temps à les supplier. Je veux que cette affaire soit réglée lundi, qu'ils soient là ou non."

Il hésita un instant, puis acquiesça.

- "Je comprends, monsieur. Bonne journée."

Il quitta le bureau, me laissant seul face au silence oppressant.

Je me laissai aller dans mon fauteuil, mes doigts tapotant distraitement l'accoudoir. Le testament de mon père... Cela faisait des années que je savais qu'un jour, il serait question de cet héritage. Mais ce que je ne savais pas, c'était ce que mon père avait bien pu prévoir pour nous.

Mon frère, ma sœur, et moi. Trois enfants d'un homme qui n'avait laissé derrière lui que chaos et guerre.

Je poussai un soupir. Lundi promettait d'être une journée intéressante.

La solitude n'avait jamais été un problème pour moi, mais certaines nuits étaient plus dures que d'autres. Après la rencontre avec l'avocat, mon esprit bouillonnait de pensées, d'anticipations, et d'ombres du passé. J'avais besoin d'une distraction, d'un exutoire.

Assis dans mon bureau, je tirai mon téléphone de ma poche et composai un numéro sans réfléchir. Elle décrocha après une seule sonnerie, comme toujours.

- "Espoir," dit-elle, sa voix douce et familière.

- "Viens," ordonnai-je simplement.

- "J'arrive tout de suite."

C'est tout ce que j'aimais chez Karine : pas de questions, pas de bavardages inutiles. Elle savait ce que je voulais, et elle savait comment l'apporter.

En moins de vingt minutes, elle franchit la porte de mon bureau, habillée d'une robe moulante en satin rouge qui laissait peu de place à l'imagination. Ses cheveux sombres cascadaient sur ses épaules, et ses talons claquaient sur le parquet avec assurance.

- "Bonsoir, patron," dit-elle en refermant la porte derrière elle.

- "Karine," répondis-je en levant les yeux vers elle. "Tu sais pourquoi tu es ici."

Elle sourit, un sourire calculé, séducteur. Elle s'avança lentement vers moi, posant une main légère sur le dossier de ma chaise.

- "Tu sembles tendu ce soir," murmura-t-elle.

- "Et toi, tu sembles bavarde," répliquai-je en me levant pour lui faire face.

Elle rit doucement, un rire qui semblait vibrer dans l'air chargé. Ses mains glissèrent sur mon torse, explorant les contours de ma chemise.

- "Comme tu voudras," souffla-t-elle, ses lèvres effleurant mon cou.

Karine s'approcha de moi, ses talons claquant doucement sur le parquet. La robe rouge qu'elle portait semblait avoir été cousue sur sa peau, épousant chaque courbe avec une précision presque insolente. Ses yeux, sombres et mystérieux, brillaient d'une lueur de défi, un jeu qu'elle aimait jouer avec moi depuis le début.

Elle posa ses mains sur mon torse, son toucher doux mais assuré, et leva les yeux vers moi.

- "Tu sembles tendu ce soir," murmura-t-elle, sa voix basse, presque un ronronnement.

Je ne répondis pas. À la place, mes mains glissèrent sur ses hanches, agrippant le tissu soyeux de sa robe. Je tirai légèrement, la rapprochant de moi. Elle poussa un léger soupir, un son subtil, mais chargé d'une anticipation électrique.

- "Parle moins," grognai-je, et avant qu'elle ne puisse répondre, mes lèvres capturèrent les siennes.

Le baiser était brut, possessif. Elle répondit avec la même intensité, ses mains remontant jusqu'à ma nuque, ses ongles effleurant ma peau. La tension dans la pièce atteignit son apogée en quelques secondes.

Je la poussai doucement contre le mur, ses talons cliquetant légèrement avant qu'elle ne s'appuie contre le bois. Mes mains parcouraient son corps, trouvant leur chemin sous la robe. La chaleur de sa peau contre mes paumes était un rappel vivant de la fragilité de ce moment, une parenthèse loin de mon monde sanglant.

Karine laissa échapper un premier gémissement quand mes lèvres dérivèrent vers son cou. Ses mains agrippèrent mes épaules, et elle inclina la tête en arrière, m'offrant sa gorge avec une soumission contrôlée.

- "Espoir..." murmura-t-elle, sa voix tremblante d'un mélange d'envie et de provocation.

Je ne répondis pas, concentré sur chaque frémissement de son corps sous mes gestes. Le satin de sa robe glissa lentement sur ses hanches, exposant davantage sa peau nue à la lumière tamisée.

J'ai baissé mon pantalon immédiatement pour faire sortir mon membre tendu pour L'INFILTRER en elle.

Elle dégageait une chaleur intense au fond d'elle, ce qui me plaisait bien.

Nous finîmes par tomber sur le canapé, nos corps entrelacés dans une danse furieuse et désordonnée. Karine était tout ce que j'attendais d'elle : vive, audacieuse, mais toujours prête à céder face à ma domination.

Chaque mouvement était calculé, chaque geste portait en lui une passion brute. Mes mains parcouraient son dos, ses hanches, ses cuisses, tandis qu'elle répondait par des gémissements étouffés, amplifiant l'intensité de l'instant.

La pièce se remplit de nos respirations haletantes et du bruit de nos corps en collision.

Elle griffa mon dos, laissant des marques brûlantes sur ma peau. Je pris son visage entre mes mains, capturant son regard, et un sourire traversa ses lèvres.

- "Tu es un animal," murmura-t-elle, sa voix entrecoupée par des soupirs.

- "Et toi, tu ne sembles pas vouloir fuir cette cage," répondis-je avant de la pousser à bout une fois de plus.

Quand tout fut terminé, Karine resta allongée, sa respiration encore rapide, ses cheveux en bataille. Je me levai, attrapant mon pantalon, et me dirigeai vers la table basse où une bouteille de whisky m'attendait.

Elle m'observa en silence, un sourire satisfait au coin des lèvres.

- "Espoir, un jour, tu devras me dire pourquoi tu es toujours aussi intense. Qui te hante à ce point ?"

Je ne répondis pas. Je bus une gorgée, fixant le vide.

Elle se redressa, nouant sa robe autour de sa taille avant de marcher vers moi. Elle déposa un baiser sur ma joue, ses lèvres encore chaudes.

- "Peut-être la prochaine fois," dit-elle en partant.

Je restai seul, l'écho de ses pas résonnant dans le couloir. La passion, la distraction, c'était tout ce que j'avais voulu d'elle ce soir. Mais les démons qu'elle évoquait étaient les miens, et ils ne partiraient pas si facilement.

Le reste de la nuit fut une danse de peau contre peau, de murmures et de soupirs étouffés. Ses mains expertes éveillaient chaque nerf de mon corps, tandis que mes gestes dictaient le rythme, brutal et sans compromis.

Elle savait comment se plier à mes désirs, comment me faire oublier, ne serait-ce que pour un moment, le poids des responsabilités, des pertes, et des trahisons.

Dans l'obscurité de la chambre, les ombres de nos corps entrelacés semblaient se battre, tout comme moi je me battais chaque jour pour rester en tête de cette chaîne alimentaire infernale.

Je me levai sans un mot, enfilant mon pantalon avant de retourner dans mon bureau. Karine se redressa lentement, nouant sa robe autour de sa taille.

- "Tu es sûr de ne pas vouloir parler un peu ?" demanda-t-elle en s'étirant.

Je la regardai, impassible.

- "Tu sais où est la sortie."

Elle haussa les épaules et se dirigea vers la porte, mais avant de partir, elle se retourna et me lança un regard mi-amusé, mi-provocateur.

- "Quand tu voudras, Espoir."

Quand elle disparut, je me laissai retomber dans mon fauteuil, le goût amer de la réalité reprenant le dessus. Une distraction, voilà tout ce qu'elle avait été. Mais dans ce monde, c'était parfois tout ce dont j'avais besoin.

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