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L'Essence de la Vengeance

L'Essence de la Vengeance

Auteur:: PRECILIA
Genre: Moderne
L'air de Grasse, imprégné du doux parfum de jasmin, avait toujours été pour moi le souffle même de la maison et de la sécurité, le berceau de notre lignée de parfumeurs aux dons secrets. Pourtant, ce jour-là, l'odeur divine portait le lourd relent de la mort, et quand la Duchesse, matriarche du clan Louis-Alexandre, s'est assise face à moi, sa demande polie résonnait comme une menace passée. « Mon petit-fils est souffrant », a-t-elle murmuré, un euphémisme glaçant pour « mourant », et le monde s'est fracturé. Le souvenir brutal m'a foudroyée : le froid d'un caveau familial, les cris de mes jumeaux s'éloignant, et le visage de Louis-Alexandre, guéri et cruel, hurlant : « Tu paieras pour ça ! » Puis le feu, la fumée noire de notre atelier, emportant tout. Alors, quand sa voix glaciale m'a traitée de « charlatan » et que Paris a fait de mon nom une blague, ma famille m'accusait d'avoir ruiné notre seule chance. Ils pensaient me détruire, mais l'idiot ne savait pas que ma haine était un feu silencieux, bien plus dévastateur que sa rage explosive. J'ai trouvé un entrefilet sur un héritier mourant à Bordeaux. Ce n'était pas un simple espoir de fuite, c'était le fil d'Ariane de ma vengeance. Je ne disparaîtrais pas ; je renaîtrais, pour tisser une toile méthodique, étape par étape, qui le consumera de l'intérieur.

Introduction

L'air de Grasse, imprégné du doux parfum de jasmin, avait toujours été pour moi le souffle même de la maison et de la sécurité, le berceau de notre lignée de parfumeurs aux dons secrets.

Pourtant, ce jour-là, l'odeur divine portait le lourd relent de la mort, et quand la Duchesse, matriarche du clan Louis-Alexandre, s'est assise face à moi, sa demande polie résonnait comme une menace passée.

« Mon petit-fils est souffrant », a-t-elle murmuré, un euphémisme glaçant pour « mourant », et le monde s'est fracturé. Le souvenir brutal m'a foudroyée : le froid d'un caveau familial, les cris de mes jumeaux s'éloignant, et le visage de Louis-Alexandre, guéri et cruel, hurlant : « Tu paieras pour ça ! » Puis le feu, la fumée noire de notre atelier, emportant tout.

Alors, quand sa voix glaciale m'a traitée de « charlatan » et que Paris a fait de mon nom une blague, ma famille m'accusait d'avoir ruiné notre seule chance. Ils pensaient me détruire, mais l'idiot ne savait pas que ma haine était un feu silencieux, bien plus dévastateur que sa rage explosive.

J'ai trouvé un entrefilet sur un héritier mourant à Bordeaux. Ce n'était pas un simple espoir de fuite, c'était le fil d'Ariane de ma vengeance. Je ne disparaîtrais pas ; je renaîtrais, pour tisser une toile méthodique, étape par étape, qui le consumera de l'intérieur.

Chapitre 1

L'air de Grasse était lourd du parfum du jasmin, une odeur qui, toute ma vie, avait signifié la maison et la sécurité. Aujourd'hui, elle sentait la mort.

La matriarche de la famille de Louis-Alexandre, la Duchesse, était assise en face de moi, son visage une toile de fausse sympathie.

« Ma chère Amélie, nous savons la réputation de votre famille. Le don que vous possédez. Mon petit-fils, Louis-Alexandre, est... souffrant. »

Le mot « souffrant » était un euphémisme pour « mourant ».

À cet instant précis, le monde s'est fracturé. Ce n'était plus une simple proposition de mariage. C'était un écho.

Un souvenir brutal m'a frappée. Le froid d'un caveau familial. L'odeur de la pierre humide et de la décomposition. Le cri de mes jumeaux nouveau-nés, s'éloignant dans le couloir.

Et le visage de Louis-Alexandre, guéri et cruel.

« Tu es la cause de la mort de Chloé, mon seul amour. Tu paieras pour ça. »

Puis le feu. La fumée noire s'élevant de notre atelier à Grasse, emportant avec elle des siècles de savoir-faire, l'héritage de ma famille. Ma propre mort, lente et solitaire, dans le noir.

Je suis revenue à moi. La Duchesse attendait ma réponse.

Je me suis levée.

« Madame la Duchesse, je vous remercie de votre offre. » Ma voix était calme, vide de toute émotion.

« Mais je dois refuser. »

Le silence dans la pièce était total. Ma famille me regardait, choquée.

« Le "parfum de vie" n'est qu'une légende. Une vieille superstition de province pour amuser les touristes. Je ne suis qu'une simple parfumeuse. Je ne peux pas guérir votre petit-fils. »

La Duchesse a plissé les yeux, son masque de bienveillance s'est fissuré.

C'est à ce moment que la porte s'est ouverte.

Louis-Alexandre est entré. Plus jeune, mais avec les mêmes yeux froids et calculateurs que je connaissais si bien. Il m'a regardée, et j'ai vu une lueur de reconnaissance.

Il se souvenait aussi.

« Une superstition, vraiment ? » Sa voix était glaciale. « C'est nouveau. La dernière fois, tu étais bien plus... empressée. »

Il savait. La haine dans son regard était pure, non diluée. Il pensait que je préparais un nouveau piège.

Chapitre 2

« Laissez-la, Grand-mère, » a dit Louis-Alexandre avec un sourire méprisant. « Si Mademoiselle de Grasse ne veut pas de l'honneur de rejoindre notre famille, nous n'allons pas la forcer. »

Il s'est approché de moi, son ombre me couvrant.

« Après tout, nous ne voudrions pas être associés à une charlatan. »

La Duchesse était furieuse, mais Louis-Alexandre avait pris le contrôle. Il m'a jeté un dernier regard, un regard qui promettait des représailles, et il est parti, sa grand-mère sur ses talons.

Ma famille était en panique. « Amélie, qu'as-tu fait ? C'était notre chance ! »

Je n'ai pas répondu. Je ne pouvais pas leur expliquer que cette « chance » était un aller simple vers la tombe.

Plus tard dans la soirée, Louis-Alexandre m'a trouvée seule dans la roseraie.

« Alors, quel est ton plan ? » a-t-il demandé sans préambule. « Tenter de négocier un meilleur prix ? Faire monter les enchères ? »

« Je n'ai aucun plan, » ai-je répondu, ma voix plate. « Je veux juste que vous me laissiez tranquille. »

Il a ri, un son sec et sans joie. « Tu te souviens de tout, n'est-ce pas ? Le caveau. Les bébés. Le feu. Et tu penses que je vais te croire ? »

Il s'est penché vers moi, son souffle froid sur ma joue.

« Écoute-moi bien. Tu ne vas pas ruiner ma vie une seconde fois. Chloé est vivante cette fois-ci. Je vais l'épouser. Et toi, tu vas disparaître. Si tu tentes quoi que ce soit, je ne me contenterai pas de brûler ton atelier. Je détruirai Grasse tout entière. »

« C'est tout ce que je demande, » ai-je murmuré, les yeux fixés sur un point lointain. « Disparaître. »

Il a semblé satisfait de ma soumission. Il ne pouvait pas imaginer que ma haine était un feu silencieux, bien plus dévastateur que sa rage explosive.

« Bien. Reste une petite parfumeuse de province. C'est tout ce que tu es. »

Il est parti. Je suis restée là, tremblante, non pas de peur, mais d'une fureur glaciale. Imbécile. Tu vas payer pour chaque larme, chaque cri, chaque seconde de solitude dans ce caveau.

Le lendemain, le premier article est paru. "La Charlatan de Grasse : l'héritière d'une lignée de parfumeurs tente d'escroquer un empire du luxe". C'était le début. Des journalistes ont débarqué, posant des questions humiliantes. Mes anciens clients ont annulé leurs commandes.

En quelques jours, le nom de ma famille est devenu une blague à Paris. Louis-Alexandre tenait sa promesse. Il me détruisait, mais d'une manière différente cette fois.

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