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L'Esprit du Père

L'Esprit du Père

Auteur:: Dragon
Genre: Fantaisie
L'ami d'enfance de ma femme, Antoine, était soi-disant mourant, et un médecin corrompu avait diagnostiqué une maladie rare dont le seul remède, une greffe de moelle osseuse, nécessitait ma compatibilité. Ma femme, la comtesse Isabelle, m'a forcé à subir l'opération, non pas à l'hôpital, mais dans la cave froide de notre château, tandis qu'elle tenait la main d'Antoine, sans même un regard pour moi. Après m'avoir prélevé la moelle et laissé pour mort dans une dépendance glaciale, je n'avais que mon fils de cinq ans, Léo, dont les supplications désespérées à sa mère pour mon aide furent accueillies par une indifférence glaçante, puis des coups terribles qui lui brisèrent le bras, l'accusant de mentir comme moi. Comment une femme aimée, mère de notre enfant, a-t-elle pu me trahir si profondément et maltraiter notre propre chair avec une telle cruauté, me laissant agoniser sans un soupçon de pitié ? Sur mon lit de mort, avant que ma dernière force ne me quitte et que mon âme ne se détache pour devenir un protecteur invisible, je n'avais qu'un seul souhait : que Léo, mon "lion", soit fort et juste, peu importe ce qui arriverait.

Introduction

L'ami d'enfance de ma femme, Antoine, était soi-disant mourant, et un médecin corrompu avait diagnostiqué une maladie rare dont le seul remède, une greffe de moelle osseuse, nécessitait ma compatibilité.

Ma femme, la comtesse Isabelle, m'a forcé à subir l'opération, non pas à l'hôpital, mais dans la cave froide de notre château, tandis qu'elle tenait la main d'Antoine, sans même un regard pour moi.

Après m'avoir prélevé la moelle et laissé pour mort dans une dépendance glaciale, je n'avais que mon fils de cinq ans, Léo, dont les supplications désespérées à sa mère pour mon aide furent accueillies par une indifférence glaçante, puis des coups terribles qui lui brisèrent le bras, l'accusant de mentir comme moi.

Comment une femme aimée, mère de notre enfant, a-t-elle pu me trahir si profondément et maltraiter notre propre chair avec une telle cruauté, me laissant agoniser sans un soupçon de pitié ?

Sur mon lit de mort, avant que ma dernière force ne me quitte et que mon âme ne se détache pour devenir un protecteur invisible, je n'avais qu'un seul souhait : que Léo, mon "lion", soit fort et juste, peu importe ce qui arriverait.

Chapitre 1

Antoine, l'ami d'enfance de ma femme, était soi-disant mourant.

Un médecin, payé pour mentir, avait diagnostiqué une maladie rare. Le seul remède : une greffe de moelle osseuse.

Et le seul donneur compatible, c'était moi, Jean-Luc, son mari.

Ma femme, la comtesse Isabelle, m'a forcé à subir l'opération. Pas dans un hôpital, non. Dans la cave froide et humide de notre propre château.

Elle a décoré la cave elle-même. Avec des bougies et des draps de soie, comme pour une cérémonie.

Pendant que le médecin corrompu me prélevait la moelle, elle tenait la main d'Antoine, lui murmurant des mots doux.

Elle ne m'a pas regardé une seule fois.

Après, ils m'ont laissé dans une dépendance glaciale du domaine, comme un animal. Le médecin a dit que j'avais juste besoin de repos.

Je savais que je mourais. Le sang avait un goût de fer dans ma bouche.

Mon fils de cinq ans, Léo, est resté près de moi. Ses petites mains tremblaient en tenant la mienne.

« Papa, tu as froid. »

Sa voix était une supplique.

« Va chercher maman, Léo. Dis-lui que papa ne va pas bien. »

Il a hoché la tête, ses grands yeux terrifiés fixés sur mon visage. Il a couru vers le château.

Je l'ai entendu crier.

« Maman ! Maman, papa crache du sang ! »

La réponse d'Isabelle a claqué dans l'air froid de la nuit, nette et cruelle.

« Tais-toi ! Tu mens comme ton père pour attirer l'attention. Retourne d'où tu viens. »

Des bruits de pas précipités. Léo est revenu, le visage strié de larmes.

« Elle ne me croit pas, Papa. »

La douleur dans ma poitrine s'est intensifiée. Ce n'était pas seulement la blessure physique. C'était la trahison.

« Essaie encore, mon lion. Dis-lui que je tremble. Dis-lui que j'ai mal. »

Il est reparti en courant. J'ai entendu sa petite voix supplier à nouveau.

« Maman, s'il te plaît ! Papa a des convulsions, il souffre ! »

La voix d'Isabelle était glaciale, pleine d'agacement.

« Ce n'est qu'une simple procédure. Ton père est un comédien. Ne fais pas de drame pour rien. »

Léo est revenu, anéanti. Il s'est blotti contre moi, son petit corps secoué de sanglots silencieux.

La dernière fois, je l'ai entendu supplier devant la porte de sa chambre. Il s'était agenouillé, ses pleurs résonnaient dans le couloir.

« Maman, je t'en supplie... Papa ne bouge plus... Il est inconscient... »

La porte s'est ouverte violemment. J'ai entendu un bruit sec, horrible. Puis un cri de douleur, celui de mon fils.

« ASSEZ ! » a hurlé Isabelle. « Si tu me déranges encore une fois, je t'envoie à l'orphelinat ! Tu entends ? Dégage ! »

Léo est revenu en boitant, tenant son bras gauche contre sa poitrine. Il était cassé.

Mon cœur s'est brisé en mille morceaux. Ma femme, la femme que j'avais aimée, avait brisé le bras de notre propre enfant.

À travers la brume de la douleur, une idée a germé. Mon grand-père. Sa montre.

« Léo... » ai-je murmuré, ma voix un filet d'air. « Prends la montre... dans ma poche... Donne-la au saisonnier... Dis-lui d'aller chercher le docteur du village... Vite... »

C'était notre dernier espoir.

Chapitre 2

Léo a trouvé le saisonnier. Il lui a donné la montre en or, notre seul bien de valeur qui ne venait pas d'elle.

L'homme, touché par le désespoir de l'enfant, a couru vers le village.

Mais Antoine l'a intercepté.

J'ai tout vu, ou plutôt, je l'ai senti. Une rage impuissante bouillait en moi alors que mon corps se refroidissait.

Antoine a arrêté le médecin sur la route.

« Docteur, vite, une urgence ! Mes chiens de chasse ! Ils ont mangé quelque chose de mauvais, ils sont en train de mourir ! »

Le médecin, hésitant, a parlé de moi. « Mais le saisonnier a dit que Monsieur Jean-Luc... »

Antoine l'a coupé, son ton plein d'une fausse sollicitude.

« Jean-Luc lui-même a insisté. Il adore mes chiens. Il a dit qu'ils étaient la priorité. Venez, je vous paierai le double. »

Le médecin, cupide et faible, a suivi Antoine.

Léo, qui avait suivi le saisonnier de loin, a vu la scène. Il a compris.

Il a couru vers Antoine, son petit visage déformé par la peur et la supplication. Il s'est jeté à ses genoux dans la boue.

« Monsieur Antoine, s'il vous plaît... Mon père... il va mourir... Aidez-nous... »

Antoine l'a regardé de haut, un sourire cruel sur les lèvres. Ses valets ricanaient derrière lui.

« T'aider ? Ton père est un roturier qui a volé ma place. Et toi, tu n'es que le bâtard d'un roturier. »

Il a fait un pas en arrière, amusé.

« Mais... je suis d'humeur joueuse. Tu veux mon aide ? Alors aboie pour moi. Aboie comme un bon petit chien. »

Les larmes coulaient sur les joues sales de Léo, mais il n'a pas hésité.

Pour moi.

Il s'est mis à quatre pattes dans la boue.

« Ouaf... ouaf... »

C'était un son brisé, déchirant. Un son qui a transpercé mon âme mourante.

Antoine et ses hommes ont éclaté de rire. Un rire gras, méprisant.

« Plus fort ! Je n'entends rien ! »

Léo a aboyé plus fort, sa voix se brisant dans un sanglot.

Antoine a ri encore, puis lui a donné un coup de pied léger.

« Assez. Tu es pathétique. Tout comme ton père. »

Ils sont partis, le laissant seul dans la boue, humilié, brisé.

Je sentais la fin approcher. Chaque respiration était une torture.

Quand Léo est revenu, je savais que je n'avais plus que quelques minutes. Je ne pouvais pas le laisser me voir mourir.

« Léo... mon fils... »

Il s'est blotti contre moi, son bras cassé le faisant grimacer de douleur.

« J'ai envie... d'une madeleine... Tu te souviens ? Celles de la boulangerie du village... Mon souvenir préféré... Va m'en chercher une, s'il te plaît. »

C'était un mensonge. Un dernier acte d'amour pour l'éloigner.

Il a hésité, ne voulant pas me laisser.

« Vas-y, mon lion. Ton père a besoin de force. »

Avant qu'il ne parte, je l'ai attiré plus près.

« Je ne t'ai jamais donné ton nom de baptême... Ta mère n'a jamais voulu... Ton nom est Léo. Ça veut dire 'lion'. Sois courageux, Léo. Sois fort et juste. Promets-le-moi. »

« Je te le promets, Papa. »

Il s'est levé et a couru vers le village, le dos tourné.

Dès qu'il a disparu, j'ai fermé les yeux.

Et je suis mort.

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