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L'Enfant Illégitime

L'Enfant Illégitime

Auteur:: DEBBIE
Genre: Romance
Dans le silence stérile du cabinet médical, le couperet tombe : j'attends un enfant. La joie est de courte durée, car mon monde bascule lorsque mon mari, Marc, un homme que je croyais aimer et qui m'a assidûment courtisée, déclare froidement : « L'enfant de Sophie est le mien. Quant à toi... cet enfant est le fruit de cette agression. Un enfant illégitime. » Les murs de notre appartement luxueux, témoin de notre amour passé, résonnent alors de ma douleur et de ma fureur, tandis que Marc, les yeux froids, se tourne vers Sophie, sa prétendument fragile amie d'enfance. Chacun de ses gestes est une nouvelle insulte, une trahison brûlante. Comment peut-il me rejeter ainsi, moi et notre enfant légitime, pour une femme dont la grossesse est le fruit du même événement qui nous a tous deux terrifiés ? La confusion me submerge, mêlée à une nausée dévorante face à tant de mensonges et de lâcheté. Fatiguée de son aveuglement, de son égoïsme, je fais le choix irrévocable de ma liberté. Ma vie détruite se transformera en une nouvelle page, loin des ombres du passé.

Introduction

Dans le silence stérile du cabinet médical, le couperet tombe : j'attends un enfant.

La joie est de courte durée, car mon monde bascule lorsque mon mari, Marc, un homme que je croyais aimer et qui m'a assidûment courtisée, déclare froidement : « L'enfant de Sophie est le mien. Quant à toi... cet enfant est le fruit de cette agression. Un enfant illégitime. »

Les murs de notre appartement luxueux, témoin de notre amour passé, résonnent alors de ma douleur et de ma fureur, tandis que Marc, les yeux froids, se tourne vers Sophie, sa prétendument fragile amie d'enfance. Chacun de ses gestes est une nouvelle insulte, une trahison brûlante.

Comment peut-il me rejeter ainsi, moi et notre enfant légitime, pour une femme dont la grossesse est le fruit du même événement qui nous a tous deux terrifiés ? La confusion me submerge, mêlée à une nausée dévorante face à tant de mensonges et de lâcheté.

Fatiguée de son aveuglement, de son égoïsme, je fais le choix irrévocable de ma liberté. Ma vie détruite se transformera en une nouvelle page, loin des ombres du passé.

Chapitre 1

La nouvelle est tombée comme un couperet, dans le silence stérile du cabinet médical, Adèle Dupont et Sophie Moreau étaient toutes les deux enceintes.

Un mois s'était écoulé depuis leur enlèvement, un mois depuis cette nuit d'horreur où des rumeurs de cris et de souffrances avaient filtré des murs du repaire des bandits.

Adèle sentit le sol se dérober sous ses pieds, mais son angoisse fut rapidement éclipsée par la décision de son mari, Marc.

Dans le salon de leur appartement luxueux, face à une Sophie pâle et tremblante, Marc avait déclaré d'une voix faussement assurée : « L'enfant de Sophie est le mien. »

Puis son regard s'était tourné vers Adèle, froid et distant. « Quant à toi... cet enfant est le fruit de cette agression. Un enfant illégitime. »

Le monde d'Adèle s'est effondré.

Le vase en cristal qu'il lui avait offert pour leur premier anniversaire de mariage vola en éclats contre le mur en marbre.

« Illégitime ? » sa voix était un cri rauque, brisé par la douleur.

Elle attrapa un cadre photo sur la cheminée, leur photo de mariage, et le projeta au sol. Le verre se brisa en mille morceaux.

« Marc, tu as perdu la tête ? Ma grossesse a commencé bien avant l'enlèvement ! Tu le sais ! Je te l'ai dit une semaine avant ce cauchemar ! »

Elle le fixa, les yeux brûlants de larmes et de fureur.

« Et je n'ai jamais été touchée par ces bandits, jamais ! Tu étais là, tu as tout vu ! »

Marc baissa les yeux, une lueur de culpabilité traversant son visage.

« Adèle, s'il te plaît, sois patiente. »

Sa voix était basse, presque suppliante.

« Pense à Sophie. Elle a été élevée dans le luxe, elle est fragile. Elle ne supporterait pas les rumeurs, le déshonneur. Sa réputation serait détruite. »

Adèle éclata d'un rire sans joie, un son horrible qui résonna dans la pièce saccagée.

« Sa réputation ? Et la mienne ? Qu'en est-il de ma réputation, Marc ? Et de notre enfant ? Notre VRAI enfant ? »

Elle le regarda, le cœur en miettes, et comprit soudain.

Ce n'était plus possible. Elle ne pouvait plus supporter cette situation, plus une seconde de plus.

« Je veux le divorce. »

Les mots sortirent de sa bouche, calmes et définitifs.

Marc, déjà tourné vers Sophie pour la consoler, haussa les épaules avec une indifférence cruelle.

« Fais comme tu veux. Je suis trop occupé avec Sophie en ce moment. Tu peux t'occuper de tout. »

Adèle ne répondit pas.

Le lendemain, elle se rendit seule chez l'avocat. Les papiers du divorce étaient prêts. Marc ne s'était même pas déplacé. Avec une main tremblante mais résolue, elle signa pour elle, puis imita sa signature à lui, un geste qui scellait la fin de leur histoire.

En sortant, elle ne rentra pas directement. Elle se dirigea vers une petite officine discrète, dans un quartier qu'elle ne fréquentait jamais.

Elle en ressortit avec un petit flacon contenant un puissant abortif.

En marchant dans les rues grises, les souvenirs affluèrent, violents et douloureux. Elle se revit, plus jeune, éblouie par ce jeune homme charismatique. Marc l'avait courtisée avec une passion dévorante, lui promettant le monde, lui construisant un nid d'amour sur mesure. Il lui avait même fabriqué une balançoire en bois dans le jardin de leur première maison, un symbole de leur bonheur insouciant.

Puis Sophie était revenue dans leur vie. L'amie d'enfance, la confidente, l'ombre constante. Progressivement, insidieusement, elle s'était immiscée entre eux. Un dîner annulé pour consoler Sophie d'un chagrin d'amour. Des vacances reportées parce que Sophie avait besoin de Marc. Toujours Sophie. Marc donnait toujours la priorité à son amie d'enfance, avec une dévotion qui avait lentement érodé l'amour d'Adèle.

Le cœur lourd, elle décida de retourner une dernière fois à l'appartement pour prendre quelques affaires.

En s'approchant de la baie vitrée du salon qui donnait sur le jardin, une scène la cloua sur place.

Sur la balançoire qu'il lui avait offerte, celle où ils avaient partagé tant de rires et de secrets, Marc et Sophie étaient assis. Sophie, le ventre déjà légèrement arrondi, était blottie contre lui. Marc avait une main posée sur son ventre, un sourire radieux illuminant son visage. Il était ravi, visiblement comblé par cette grossesse qu'il avait choisie de reconnaître.

Il ignorait tout. Il ignorait qu'à quelques mètres de lui, sa véritable femme, celle qui portait son véritable enfant, venait de prendre la décision irrévocable de mettre fin à sa propre grossesse. Adèle sentit le flacon froid dans sa poche. Elle serra le poing, se retourna sans un bruit et s'éloigna, laissant derrière elle le tableau de son cœur brisé et de sa vie détruite.

Chapitre 2

Quelques jours plus tard, Adèle se retrouva piégée dans un dîner de famille organisé par Marc, une tentative maladroite de maintenir les apparences.

L'atmosphère était tendue, chaque silence pesait une tonne. Adèle, le visage fermé, sentait les regards curieux sur elle. Elle prit une profonde inspiration, prête à tout révéler, à faire éclater la vérité au visage de tous.

« Marc, il faut que je... » commença-t-elle d'une voix claire.

Soudain, Sophie, assise à côté de Marc, poussa un petit cri et porta la main à son front.

« Oh... je ne me sens pas bien... tout tourne... »

Elle vacilla sur sa chaise, les yeux mi-clos. Marc se précipita à ses côtés, l'air paniqué, interrompant net la tentative d'Adèle.

Le moment était perdu. Plus tard dans la soirée, Sophie s'approcha d'Adèle, les yeux pleins de larmes.

« Adèle, je suis tellement désolée, » murmura-t-elle, sa voix tremblante. « C'est entièrement de ma faute. Je n'aurais jamais dû revenir dans votre vie. Je suis une horrible personne. Si tu veux, je peux dire à tout le monde que l'enfant est le mien... je supporterai le déshonneur. »

Ses paroles étaient un piège parfait, la présentant comme une martyre prête au sacrifice.

Marc, qui avait entendu la fin de la conversation, posa une main protectrice sur l'épaule de Sophie.

Il se tourna vers Adèle avec un regard plein de reproche, mais sa voix était mielleuse.

« Tu vois, Adèle ? Sophie est si bonne. Et toi, tu es si compréhensive, si grande d'âme de l'accepter. Je savais que je pouvais compter sur ta générosité. »

Adèle sentit la nausée monter. Chaque mot était une insulte, une nouvelle couche de mensonge sur la plaie béante de son cœur.

Épuisée physiquement et mentalement, elle se laissa traîner quelques jours plus tard à une réception mondaine. Elle n'avait aucune envie d'y être, son corps encore endolori par la procédure secrète qu'elle avait subie.

Pendant toute la soirée, Marc ne quitta pas Sophie d'une semelle. Il lui apportait des boissons, lui éventait le visage, ajustait son châle sur ses épaules. Chaque geste était un rappel cruel de l'attention qu'il lui avait autrefois portée.

Soudain, un bruit sourd se fit entendre. Une grande étagère décorative, surchargée de livres et d'objets d'art, tangua dangereusement juste au-dessus de Marc.

Avant que quiconque ait pu réagir, Sophie poussa un cri et se jeta sur Marc, le projetant sur le côté. L'étagère s'écrasa au sol dans un fracas assourdissant, là où il se tenait une seconde plus tôt.

Sophie était au sol, grimaçant de douleur. Elle avait une égratignure sur le bras.

« Marc ! » s'exclama-t-elle d'une voix haletante, en s'accrochant à lui. « Tu n'as rien ? J'ai eu si peur... Quand nous étions enfants, tu m'as sauvée de la noyade. C'est normal que je te protège maintenant, même si ça doit me coûter la vie. »

Son discours était théâtral, parfaitement calibré pour émouvoir.

Marc était hors de lui. Il examina l'égratignure de Sophie comme s'il s'agissait d'une blessure mortelle.

« Un médecin ! Vite, un médecin ! Elle est blessée ! » hurla-t-il, perdant tout contrôle.

Dans sa précipitation pour se frayer un chemin à travers la foule, il bouscula violemment Adèle. Elle perdit l'équilibre et son épaule heurta brutalement l'angle d'un mur en pierre. Une douleur fulgurante la traversa.

Marc ne s'en rendit même pas compte. Il était déjà loin, penché sur Sophie, le visage déformé par l'inquiétude.

Adèle resta un instant figée, la douleur à l'épaule se mêlant à celle, plus profonde, de son cœur. Elle se souvint d'un soir, au début de leur mariage. Elle s'était cogné le petit orteil contre un meuble et avait poussé un cri. Marc avait accouru, l'avait prise dans ses bras et lui avait murmuré : « Je serai toujours là pour te protéger. Je ne laisserai jamais rien t'arriver. »

Un sourire amer étira ses lèvres.

Lentement, elle se redressa et se dirigea vers les toilettes. Seule devant le miroir, elle releva la manche de sa robe. Une ecchymose violacée commençait déjà à se former sur sa peau pâle. Elle passa de l'eau froide sur la contusion, chaque geste un symbole de sa solitude et de sa guérison à venir, une guérison qu'elle devrait entreprendre seule.

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