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LES MAITRES DE L'OBLIVION

LES MAITRES DE L'OBLIVION

Auteur:: Honey Goldfish
Genre: Fantaisie
Las Vegas. Sin City. La ville de tous les extrêmes et de tous les tabous. La ville à l'arc-en-ciel de croyances sans le moindre tabou. Hétéros. Homos. LGBTQ, Dragqueens. Sex-Clubs. Casinos. Mortels. Surnaturels. Humains. Démons. Immortels. Et j'en passe! Comme on dit, tout ce qui se passe à Vegas, reste à Vegas, n'est-ce pas! Au Casino Oblivion, de drôles de choses, ils s'en passent, croyez-moi! En effet, ne dit-on pas que les maitres de l'Oblivion sont parmi les célibataires les plus convoités du Nevada? Leur charme dévastateur et leur beauté sont aussi presque surréels. Mais on les dit aussi beaux qu'ils sont dangereux. Erica le découvrira à ses dépens quand le charme qui cachait son existence au reste du monde se brisera et que Maitre Kalen l'y conduira tout droit au milieu du cercle d'immortels le plus vieux de ce monde. Devenant par la même occasion son apprentie bien malgré elle, Erica va aussi devoir apprendre à vivre au milieu de tous ces loups affamés, mais surtout à supporter le détestable et hautement arrogant maitre Kalen. Ce sera pour eux le début d'un amour très improbable! Mais auront-ils vraiment droit au bonheur quand la vie d'Erica est menacée à tout moment? #ÉROTISME 18+ #SURNATUREL #IMMORTELS #SORCIERS #MAGIE #ALPHAS #DOMINANTS

Chapitre 1 CH1 -Tome 1 Ascension

Elle est là... encore... cette nuit. Délicieuse et mystérieuse.

Petite et menue, des hanches de rêve...

Ses cheveux bruns lui arrivant au milieu du dos et dont les reflets paraissent enflammer sa chevelure.

Elle porte cette fois un pantalon en cuir ultra moulant avec un bustier très ajusté qui s'attache dans le dos par des lacets de cuir. Elle n'a pas de chaussures et va nus-pieds comme une gitane.

Il peut admirer ses chevilles délicates.

Elle danse dans le vide astral tout en fredonnant un air qui lui est familier. Il ne pourrait pas jurer, mais il croit que c'est cette chanteuse qui avait donné un spectacle dans leur casino l'an dernier... Aurora. Oui c'est ça!

Elle se tortille langoureusement, éclairée seulement de ces étoiles qui luisent tout autour de nous, dans ce plan d'existence qui ne nous est accessible que par le rêve.

C'est un entredeux.

Parmi une multitude de mondes astraux.

Il ne peut s'arrêter à ces pensées métaphysiques.

Ce n'est pas le temps d'étudier de fallacieuses théories sur le monde astral, les dimensions parallèles ou les états de conscience. Un rêve peut durer une milliseconde. Une milliseconde qui vous parait des heures, mais qui vous fuit dès votre réveil pour ne vous en laisser qu'une impression fugace quand ce n'est pas un gout amer...

Dans sa condition, il s'éveille bien plus souvent avec un gout amer que parce qu'un rêve lui aura laissé une impression délicieuse.

Mais elle est l'exception.

Le morceau de ciel dans ses nuits cauchemardesques.

Son unique motivation pour aller dormir.

Au réveil, elle se sera enfuie, lui glissant une nouvelle fois entre les doigts.

Venant à sa rencontre, le «marcheur de rêve» se rapproche donc sans tarder pour la saisir par la taille...

Elle perçoit son approche, car elle sent son parfum.

Une odeur de musc, mais aussi de tabac... Mais pas du tabac ordinaire...du tabac turc ou de petits cigares. Elle ne fait pas que le sentir approcher, elle peut aussi le voir approcher dans son esprit. Il porte encore son habituel jean délavé qui moule son corps si parfaitement. Il porte aussi encore un de ces teeshirts avec ce symbole étrange, trois losanges imbriqués les uns dans les autres pour former un triangle de style celtique, le tout, imprimé sur un jeton de casino multicolore et toujours avec les mots CASINO OBLIVION sur le pourtour du logo ou alor dans le dos du teeshirt en lettres capitales blanches sur le fond noir. Par-dessus celui-ci, il a toujours un blouson en cuir brun foncé, aux manches rembourrés viennent comme toujours affirmer son look de bad boy...

Quand il vient se coller à elle, elle peut sentir ses pectoraux bien durs et ses bras musclés qui se glissent autour de sa taille. Comme il est plus grand, elle peut sentir appuyer sur l'arrière de sa tête la bosse que font les deux pendentifs à son cou accrochés à leurs cordelettes respectives et qui, tout comme les bagues à son pouce et à son index droit, lui donne ce look un peu celtique. Celtique parce que ces pendentifs ont un look vintage.

Elle peut aussi sentir cette chaleur réconfortante qui émane de lui et de sa peau bronzée pleine de soleil et de vent des dunes de sables chauds dont quelques grains sont souvent collés dans ses cheveux et sur ses habits de bad boy.

Tout ça est typique de lui. L'amant éternel de ses rêves.

Le cœur de la jeune femme bat la chamade. Il est là! De nouveau au rendez-vous! Ses mains fermes aux doits longs et agiles sont posées de manière si ferme sur sa taille. Dans son dos, elle peut sentir son corps musclé qui la fait osciller, la retenant fermement, et se joignant à cette danse langoureuse qu'elle exécutait spécialement pour lui. Pour l'appeller à elle, comme une sirène envoutant les marins dans la nuit.

Mais c'est lui qui mène à présent la danse, et elle se laisse guider.

Il est ferme, mais non brusque. Ils dansent dans un ballet musical enlevant, et les chansons de sa chanteuse préférée se succèdent, le rythme devenant de plus en plus effréné.

Il entrevoit une marque au niveau de sa nuque, comme ses cheveux virevoltent. Ou serait-ce une tache de naissance? Il croit bien avoir reconnu une rune draconique.

Oui, c'est bien ça.

La rune Drakani, qui a la forme la forme de deux «y», un à l'endroit, un à l'envers, imbriqués l'un dans l'autre.

Drakani, la reine des dragons. Protection par excellence. Tout indiquée pour cette mystérieuse inconnue.

Elle est née pour être reine.

Reine de toutes les créatures, se dit-il. Reine de son cœur, n'ose-t-il s'admettre, de peur que la délicieuse créature puisse lire ses pensées.

Il la fait virevolter une fois, puis une autre, et une autre... faisant la toupie. Elle aime qu'il la conduise ainsi et lui fasse tourner la tête!

Les yeux aux pupilles sombres de sa délicieuse amante pétillent de joie et son petit nez se fronce de manière très comique.

Quand elle revient vers lui dans un tourbillon, la musique cesse au beau milieu d'un morceau, comme si quelqu'un l'avait coupée. Et c'est fort possible. Elle s'est endormie avec ses écouteurs sur les oreilles et sans doute que la batterie de son smartphone s'est mise à terre, car elle a oublié de le mettre sur sa charge...

Il peut sentir que sa conscience émerge, qu'elle est sur le point de se réveiller.

Non. Pas maintenant! Pas encore!

Il l'attire à lui et elle vient buter sur son poitrail musclé.

Après une brève hésitation, elle répond à son geste glissant ses bras autour de sa taille. Elle enfouit son nez dans son épaule et respire à plein poumon l'odeur typique du bel inconnu.

Il en fait de même, inclinant sa tête pour enfouir son nez dans ses cheveux. Elle lui fait l'effet de Cléopâtre, qui se baignant dans le miel, le lait de chèvre et la rose... Oui, elle est un rayon de miel. Son teint d'albâtre a la pureté du lait et sa peau embaume la rose.

Elle est une rose.

Au bouton à peine éclos.

Sa rose sacrée.

- Dites-moi votre nom...

Sa voix est si grave. Il y a comme un petit accent étranger. British? Irlandais? Turc?

Elle ne saurait dire.

Son nom?

Ce rêve ne serait plus aussi merveilleux si elle répondait à la question.

Où serait le mystère?

La trépidation?

L'attente délicieuse!

Cette sensation qui vous prend aux entrailles, quand vous attendez votre amoureux pour une sortie en couple... ou quand vous lisez un roman fantastique, impatient de connaitre la suite. Non. Elle ne lui donnera pas son nom et ne veut pas non plus connaitre le sien!

Imaginez que dans la vraie vie, son nom soit... Robert!

Elle lève les yeux en sa direction et se noie comme si souvent dans les yeux bleus azure du bel adonis. Il est si beau, si parfait. Il a une petite fossette au menton qui est très charmante. Son visage parait celui d'un ancien guerrier celte ou alors d'un centurion romain.

Il est fort et viril tout en ayant les traits et la finesse des gentlemans anglais, le tout emballé dans un look de super vilain dont le regard vous fait bien comprendre à quel point cet homme est dangereux. Dangereusement beau, mais aussi dangereusement dominant.

Puissant. Éternel. Oui... comme une puissance immuable.

Ses yeux fondus dans les siens, il ouvre la bouche, sans doute pour la supplier une nouvelle fois de lui révéler son identité.

Elle plaque ses lèvres sur les siennes pour le faire taire. Il est d'abord pris au dépourvu par son geste. Ordinairement, c'est lui qui mène la danse. Lui le dominant. Lui l'Alpha de la meute!

Mais pour, elle, se dit-il un sourire fugace sur le visage, il veut bien faire une exception. Oh! Bloody hell, cette femme sera sa perte! Elle va le mettre à genou un de ses quatre, il le sent bien!

N'empêche que ses lèvres sont si douces et goutent si délicieusement bon que très vite, il répond à son baiser, allant jusqu'à glisser sa langue entre ses lèvres et reprenant cette fois les commandes, avec force. Virilité. Détermination.

Un nouveau plan de bataille s'élabore dans son esprit.

Il va la pousser jusqu'à l'extase et quand elle sera toute vulnérable entre ses bras, il lui redemandera son nom. Cette fois, elle ne pourra résister!

Mais elle connait déjà son plan. Le devine dans son esprit.

Cependant, ce baiser est si délicieux qu'elle n'arrive à se détacher de lui pour lui résister!

Leurs langues s'entremêlent et elle a la sensation que ce baiser est bien plus qu'un simple french kiss. C'est comme s'il l'abreuvait de sa propre substance nourricière qui revitaliserait tout son être. Une de ses mains remonte en direction de son épaule, puis de sa nuque, pour aller empoigner cette chevelure sombre légèrement en bataille...

Son cœur bat à tout rompre.

Il est calqué sur le rythme du sien.

Enlacés passionnément, les amants lévitent dans le vide astral. Une des mains du bel homme chercher à lui retirer son bustier...

Il désire la prendre, ici, maintenant.

«Oh oui! Fais-moi l'amour!» gémit-elle.

Elle se sent brusquement vaciller... et frappe durement le sol, arrachée brutalement à se rêve érotique pour une énième fois.

Fuck! Shit! Va-t-elle finir par en arriver aux choses sérieuses avec lui un jour!? Ou ne va-t-elle jamais n'avoir droit qu'à de foutus préliminaires avant de se réveiller... pour qu'il ne reste qu'un soupçon de ce mystérieux inconnu dans son esprit.

Elle lutte pour en graver le souvenir dans son esprit.

Mais déjà, il n'est plus qu'un vague souvenir.

Un beau rêve qui la fuit.

Une impression fugace.

Non! Arg!

Chapitre 2 T1-Ascension

La belle inconnue lui glisse une nouvelle fois entre les doigts. Elle s'éloigne, tel un rêve qui s'enfuit, et lui se sent tomber à l'infini dans le vide astral.

Abraxas retourne le hamac où est endormi son bras droit, Kalen. Embrassant le sol, l'immortel se réveille de manière brutale.

- Bloody Wank... commence à l'enguirlander le grand type musclé.

Mais le reste de sa phrase meurt dans sa bouche quand il se bute à deux bottes de cuir très hautes et comportant d'innombrables rangées de sangles et que Kalen réalise qui se tient devant lui. Il lève les yeux et constate en effet que le grand type aux yeux si noirs et qui peut sonder votre esprit d'un simple regard se tient devant lui, les mains sur les hanches et d'un air inquisiteur.

Le style d'Abraxas se démarque de ses confrères immortels, ce qui le rend très facile à reconnaitre, même avec un esprit aussi embrumé que celui de Kalen en ce moment. Il a en fait un style très inquiétant, avec son look et ses vêtements steampunks qui le feraient aisément passer pour un de ces vieux vampires nostalgiques du passé. L'insulte qui menaçait de franchir la bouche du druide de la classe des devins est ravalée automatiquement. Il se relève vitement, quasiment au garde à vous.

- My Lord!

Abraxas le regarde des pieds à la tête et se désole qu'il porte encore les mêmes vêtements que le jour précédent. Des vêtements qui lui donnent un petit look un peu trop décontracté pour son gout personnel, mais Abraxas n'a jamais exigé de tenue formelle de la part de ses subalternes.

Un regard aux alentours lui permet de constater le grand fouillis qu'il règne aussi dans la pièce en général. Un jeu de cartes traine sur la grande table basse arrondie du salon, en compagnie de bouteilles de bières vides et de restants de chips et de mets chinois. Les divans en demi-lunes ont été poussés pour faire de la place autour de la petite table basse pour les énormes coussins qui jonchent le sol.

Sur une table de fer forgé sur le balcon, par les grandes portes-fenêtres de la terrasse, il est possible d'apercevoir les restes d'un autre repas, possiblement un diner en tête à tête entre deux autres membres du Magisterium, qui sont eux aussi demeurés à la traine et que picore à présent une mouette.

Au bout des divans en demi-lune qui se font face, des manettes de jeux des consoles et de son écran plat sont aussi éparpillées sur le sol, avec quelques-uns de étuis de jeux vidéos qui ont été retirés des étagères encadrant le foyer encastré et l'écran plat sur ce même mur entier, qui contient une innombrable variété de DVD et de jeux vidéos toutes consoles confondues.

Le familier de Rufius, un autre de ses frères immortels, un chat noir aux yeux verts est justement assis sur un de ses boitiers des jeux qui trainent sur le sol, tout juste au pied du foyer qui répand un feu éthérique n'émettant aucune chaleur réelle.

Le familier de Nicolas, un énorme loup blanc nommé Zerbino, ce qui veut dire paillasson en italien, porte très bien son nom en ce moment, couché au pied du hamac dans lequel dormait Kalen. Il n'a pas bougé ni daigné lui venir en aide quand Abraxas le réveilla si durement.

Abraxas qui manque à présent de se buter dans une des piles de livres sur le sol à la droite du hamac.

- Ne me regardez pas! Je n'y suis pour rien. C'est Fenris qui en avait marre de voir nos apprentis trainer tout le temps dans les parages et qui les a chassés pour la fin de semaine!

Parce que ce sont toujours les apprentis qui se coltinent le sale boulot.

- Arrête de me donner du Lord et de me vouvoyer. grogne Abraxas. Tu sais que j'ai horreur de ça! Ça ne vous ferait pas de mal de ramasser par vous-même de temps à autre... Vous devriez essayer...

Non, mais! Quel hypocrite, celui-là! On sait tous bien que c'est Béatrice, sa favorite, qui fait son ménage, sa lessive, repasse ses foutues chemises à manches bouffantes de corsaire... songe alors son vis-à-vis sans réfléchir. Son esprit n'est pas encore tout à fait désembrumé et cette pensée lui échappe sans qu'il le veuille.

Elle ne manque pas d'être attrapée au vol par le télépathe émérite et Abraxas lui jette un de ces regards!

Oups. Kalen s'attend à se faire passer un savon, mais non.

- Entrainement dans trente minutes. Va vite te doucher. Et s'il te plait, Kalen, renouvèle un peu ta garde-robe, tu veux? Ajoute quelques vestons, un ou deux smokings... le Forum a lieu le mois prochain...

- Oui, My Lord.

Abraxas bute alors dans son carnet de croquis, avec lequel Kalen dormait et qu'il a fait tomber en retournant le hamac. L'immortel se penche pour le ramasser et il a un moment de surprise en observant le portrait d'une jeune femme. Il dévisage automatiquement le druide celte :

- T'as des visions à propos de cette fille, Kalen?

Le ton est quelque peu inquisiteur.

- Ragas!* (les mecs) Quand ça concerne une fille, on appelle ça un fantasme et non pas une vision, déclare Nicolas, pénétrant le salon, à demi vêtu, et en train d'enfiler une chemise propre.

Ses tatouages sont très visibles sur son corps, contrairement à ceux de Kalen que ses vêtements cachent parfaitement.

Sur la hanche gauche de l'Italien, une sirène aux dents pointues se fait menaçante et dont la queue est dissimulée par son pantalon italien super chic.

Des têtes de morts et d'innombrables squelettes forment les motifs de monts et des valons conduisant vers le sommet d'une montagne sur ses deux bras et au sommet desquels d'autres crânes humains et ossements forment au niveau des épaules comme des nuages avec d'un côté un soleil dissimulé et de l'autre une lune. Ce tatouage se poursuit dans son dos, tel une carte au trésor.

Cependant, une partie du tatouage était cachée sur la face intérieure de son avant-bras droit par plusieurs symboles similaires à des hiéroglyphes qui formaient une sorte de kanji lisible de haut en bas comme les écritures japonaises, mais dans une langue qui est bien plus ancienne. Du Sumérien pour être précis. Ce cartouche de hiéroglyphe est le véritable nom de Nicolas, celui que ses parents, des immortels de la région du Sumer en Mésopotamie, et qui ont migré par la suite à Florence en Italie, lui avaient donné à sa naissance... Prénom que notre cher ami a modifié avec le temps pour le simplifier.

Nicolas est à la fois nécromancien et biokinésiste. Il peut influencer le vivant et raviver les morts, mais ils ne sont plus alors que l'ombre de ce qu'ils étaient. Aussitôt qu'il approche de nous, son grand loup blanc se lève, s'étirant sur ses pattes de devant pour aller à la rencontre de son maitre.

Le bel italien aux cheveux brun foncé, aux sourcils à la ligne très fine tout comme les traits de son visage, petite barbiche taillée très courte style five o'clock, aux yeux noirs, s'avance sans gêne et jette un œil au carnet de croquis par-dessus l'épaule d'Abraxas tout en grattant le menton de son familier affectueusement.

- Que bella! Moi aussi je ne voudrais plus jamais me réveiller si je rêvais de beautés pareilles!

- Hey! Surveille ton langage! lui ordonne Abraxas, de manière étrange.

Se tournant vers Kalen, il lève un sourcil interrogateur. Il lui a posé une question, il attend la réponse.

- Si tu as eu une nouvelle vision... commence le seigneur et grand maitre des lieux.

- Mais oui allez! Dis-nous! Pour une fois que tes visions n'impliquent aucun monstre à trois têtes ou vampire en plein épisode psychotique!

Un grand type musclé, qui pourrait être frère avec Kalen tant leur apparence est similaire, mais qui est très soigné de sa personne contrairement à lui, et qui a les cheveux brun caramel au lieu de les avoir noirs... pénètre à son tour dans le salon, ne portant qu'un bas de pyjama, et tout en s'étirant pour se réveiller. Il s'agit de Rufius, autre sorcier druidique tout comme Kalen et Abraxas. Il a lui aussi comme les deux autres celtes du Magisterium, un accent british quand il s'exprime.

- Quoi? Kalen a eu une vision? Est-ce que c'est pour ça que tu viens de m'envoyer un signal télépathique pour un entrainement surprise, un samedi matin de si bonne heure ? insiste-t-il sur ces derniers mots.

Tous les immortels en ce lieu ne sont pas aussi zélés qu'Abraxas et Fenris quand vient le temps de s'entrainer.

Avant que le nouveau venu, qui s'trouve à être aussi son meilleur ami, fourre lui aussi son nez dans ses affaires, Kalen fait disparaitre le carnet de dessins des mains d'Abraxas pour le faire reparaitre dans son bureau de travail personnel.

- Non, mais! Quelles bandes de fouines! C'est privé!

Chapitre 3 CH3- T1-Ascension

- Qu'est-ce qui est privé? demande Xavier, de son accent français alors que lui et Shin pénètrent à leur tour dans le salon, interrompant cet échange.

Xavier Mordrelle. Télékinésiste. Druide Breton de France et Maitre élémentaliste. Il maitrise aussi le cinquième élément, l'éther, ce qui est la condition requise pour obtenir le titre de grand maitre dans cette catégorie. Niveau enchantement et druidisme? Hmm... Abraxas en a vu des meilleurs que lui au cours de sa longue vie. Mais Xavier est encore jeune. En fait, lui et Shin sont les plus jeunes de tous les frères du Magisterium.

Les cheveux blonds frisotés et portant toujours vêtements chics, Xavier est le stéréotype même du Français de bonne famille. Son familier, Emrys, est un merle noir qu'il garde en liberté. Survolant le casino et la ville de Las Vegas, son familier est toujours aux aguets face à des ennemis potentiels.

Shin, son meilleur ami, est un peu plus sombre comme personnage. L'immortel originaire d'Asie et son sabre volant, toujours fiché dans la ceinture de son beau pantalon, pourrait passer aisément pour un Yakuza avec ses costumes noirs, son nez très aquilin, ses pommettes saillantes. Son visage angulaire est très raffiné, ses cheveux noirs et ses yeux noirs bridés témoignent de ses origines qui sont toutefois un peu mystérieuses. Il a aussi un balbo très bien taillé, genre barbe de trois jours.

Shin a lui aussi des tatouages qu'il cache bien, mais une partie en est visible présentement à cause des manches roulées de sa chemise et de son veston qu'il tient d'une main, par-dessus son épaule. Il est donc possible d'entrevoir l'une des neufs queues du renard argenté qui est niché, prêt à bondir sur ses opposants, sur le bicep de son bras gauche.

Shin ne se bat pas de la même manière que les autres sorciers. Il est ce que l'on appelle dans notre milieu un Maitre Cultivateur qui maitrise l'énergie du Chi. Incrusté dans son coeur physique se trouve un centre énergétique qui a une forme de fleurs de lotus et qui complète et supplée les fonctions de son coeur physique, mais aussi qui est le pivot principal de ses pouvoirs d'immortel. Quand la fleur de lotus est toute grande ouverte et irradie, ses pouvoirs sont à leur maximum. Shin est aussi un prêtre Shintoïste et un biokinésiste de grande puissance. Il peut manipuler le vivant et plier les lois universelles à sa guise.

Même s'ils ne font pratiquement jamais en équipe, Abraxas a l'habitude de dire que ces deux immortels, Xavier et Shin, se complètent parfaitement. Comme il n'a toujours pas répondu à la question posée, Xavier lève un sourcil interrogateur. Abraxas continue aussi de le fixer d'un air inquisiteur. Le devin est sur la défensive.

- Rien. Déclare Kalen, répondant à la question posée. C'est personnel.

- Dude! s'exclame Rufius, rien n'est jamais personnel, ici!

Kalen jette un regard qui veut tout dire à son frère celte. Shin décide de lui sauver la mise, interrompant cet échange :

- J'ai envoyé un message aux Berserkers. Ils vont nous rejoindre sur place, déclare l'asiatique, venant interrompre la discussion en cours.

Les Berserkers sont une confrérie qui rassemble des individus de toutes races confondues, qui ont l'âme de guerriers et qui désirent servir un idéal plus grand, et surtout plus noble. Il y a plusieurs siècles, les membres de cette confrérie ont plié le genou devant l'ancien souverain des immortels et à la nomination d'Abraxas à la suite de son propre père, ils ont renouvelé leurs vœux et tous ont juré allégeance au Roi des immortels dans une totale adoration, comme des fidèles à un dieu.

Les Berserkers ne discutent jamais les ordres, ils ont une dévotion totale envers Abraxas ainsi que le Magisterium, qui est la plus haute loge de sorcellerie chez les immortels. Ils le vénèrent même comme un dieu vivant.

Ils ne le tutoient assurément jamais, quand bien même Abraxas les en supplierait.

- ...et moi je me suis chargé de prévenir tous les autres, ajoute le Français.

Les autres étant les apprentis et les assistants de chacun des immortels présents. Mais cela peut aussi être les adeptes ou les adorateurs. Les immortels ont un très grand charisme ainsi qu'une personnalité très dominante. Il est inévitable que certains mortels et parfois même les membres d'autres races surnaturelles les vénèrent comme des dieux.

Mais les assistants et les apprentis ne sont pas dans la même catégorie. Eux sont positivement immortels. Mais bien plus jeune que leurs maitres, qui sont les frères du Magisterium. Ils sont donc plus imprévisibles, plus immatures... et cherchent désespérément des sources de divertissement quand ils ne sont pas en service. Comme ils ont congé aujourd'hui ordinairement, ils risquent d'être un peu grognons de s'être faits rappelés ainsi.

En fait, personne n'aime les entrainements surprise et encore moins les nouvelles recrues.

Bon dernier à se réveiller, et personne ne doute qu'il a pris son temps pour ramener ses fesses au salon comme chaque fois qu'Abraxas leur adresse une requête par télépathie, y Fenris pénètre d'un air un peu groggy.

Un tigre, son familier, Berthimus, l'a suivi quand il a franchi les portes françaises du lieu. Fenris a un five o'clock shadow, les traits carrés et durs, des yeux sombres comme deux fentes noires. Le slave aux allures de Viking a aussi la chevelure noir lui arrivant à la nuque et toujours un peu hirsute. Il est très grand et très costaud, et se balade toujours torse nu. Mais à lui, Abraxas ne dit jamais rien bien évidemment, puisque Fenris est frappé par une malédiction et peut se transformer en gigantesque loup noir à la moindre saute d'humeur. Il a déchiré de si nombreux vêtements qu'il préfère en porter le moins possible.

En ce moment, il porte un bermuda brun foncé qui laisse entrevoir l'élastique de ses boxers...

Fenris a un tatouage sur le bras gauche, qui est une sorte de motif de style russe ou gitan et qui remonte pour couvrir son épaule. Cela ressemble à du lierre rampant avec des fleurs vénéneuses. Dans la face intérieure de cet avant-bras, le Slave a lui une écriture tatouée comme tout immortel qui se respecte, qui cette fois est inscrite dans la langue runique des immortels aux origines scandinaves et qui se situe juste au-dessus de son sein du côté gauche.

Fenris est un sorcier dit ritualiste, de la classe des Maitres Arcanistes, mais dans le sens négatif du terme. Les motifs complexes de ses pentacles, formés de plusieurs arcanes circulaires, de glyphes et de symboles runiques, nécessitent parfois de savants calculs ou des ingrédients aussi lugubres que le sang de démons ou des écailles de sirènes. Fenris utilise les forces des ténèbres contre elles-mêmes. C'est aussi aussi par le fait même un prêtre invocateur qui use de créatures démoniaques pour faire ses basses besognes. Le tigre en étant un exemple frappant, car il n'est que le réceptacle d'un démon de grande envergure.

Mais les pouvoirs de Fenris ne s'arrêtent pas là. Comme tous les immortels, il possède aussi un ou même plusieurs pouvoirs psychiques. Dans son cas, il s'agit de télékinésie et biokinésie ce qui est une des raisons pour lesquelles il peut retourner les pouvoirs des démons et autres surnaturels contre eux-mêmes. Il maitrise les forces de la nature, mais sans être forcément un élémentaliste ou un ensorceleur. Quand d'autres sorciers font l'erreur de penser le contraire, il n'hésite pas à leur rappeler qu'il est un maitre des arcanes et pratique la magie rituelle. Ses armes principales sont des poignards rituels, les plantes et la nature, les énergies telluriques, le mana et l'éther, ce dernier étant son élément de prédilection, et que par l'entremise de son don de biokinésiste il peut manipuler parfaitement.

Fenris est un des immortels les plus craints de toutes les créatures surnaturelles existantes. Il est même craint des autres frères du Magisterium, qui s'écartent instinctivement sur son passage quand il pénètre dans une pièce, tel qu'en ce moment. Seul Abraxas ne bouge aucunement. Il est sans doute le seul parmi tous leurs frères du Magisterium qui soit de taille à se mesurer à lui.

- Comme je disais aux autres, Fenris, entrainement, même endroit que d'hab, dans une demi... non quinze minutes! Nous avons déjà perdu du temps!

Il tape dans ses mains comme s'il menaçait de faire disparaitre tous ses subalternes :

- Allez hop! Hop! Hop!

Les immortels quittent le salon, pressés d'aller faire leur toilette et s'équiper en conséquence. Comme toujours, dans ce genre de situation, les familiers disparaissent, rappelés par leur maitre et devenant une part de ceux-ci, soit dans un des tatouages sur leur corps ou dans des objets ensorcelés, comme cette bague que porte Abraxas, ou l'un des pendentifs de Kalen, qui sont les prisons de créatures cent fois plus puissantes que même les armées de goules de Maitre Nicolas.

Bientôt, il ne reste plus qu'Abraxas et Fenris dans la pièce. Étant tous deux déjà prêts à rejoindre le point de rendez-vous, ils échangent un regard de connivence avant de quitter la pièce pour longer le corridor afin de rejoindre la sortie qui conduit à la toiture de l'édifice. Le tigre de Fenris disparait en cours de route pour reprendre sa place sur son avant-bras droit.

- Et Sekou? demande Fenris chemin faisant.

Il oublie Sekou, le dernier de leur frère, un immortel en provenance du continent africain... Abraxas lui rétorque qu'il les avait envoyés lui et son apprenti lui faire une petite commission, mais qu'ils vont les rejoindre sur place.

Fenris sourit furtivement. Une petite commission, huh? Dites plutôt qu'il a encore envoyé le vaudouiste vers cette femelle au Montana, pour qui il a développé une affection très profonde... Ce n'est pas de la passion ou de l'amour... non...Fenris dirait que l'attendrissement de leur souverain envers cette jeune mortelle ressemble davantage à ce qu'un maitre éprouve pour son animal favori... Abraxas a même demandé plus d'une fois à Sekou de décourager ceux des jeunes coqs qui lui faisaient une cour un peu trop assidue, afin de préserver sa pureté, comme une jolie fleur qu'on ne voudrait pas voir se faner! Sekou a même confié à Fenris que, quand il était question des mecs qui tournent autour de cette jeune mortelle, Abraxas l'autorisait à tester ses nouvelles techniques de vaudou ou à laisser son apprenti se pratiquer sur ces malheureux!

Après leur départ, le salon parait soudain tellement vide, comme un lieu que l'on aurait abandonné. Mais brusquement, une personne y pénètre. Une personne qu'Abraxas avait contactée par télépathie. Quand Béatrice y constate le capharnaüm qui y règne, la petite brunette à la taille de guêpe ne peut que s'en désoler.

- Oh mon Divin Maitre! s'exclame l'adoratrice. Ne vous en faites pas! Quand vous reviendrez, cet endroit brillera comme un sou neuf!

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