Tout le monde a une histoire. Le fou en a une. Et voilà pourquoi moi aussi, jen ai une. Laissez-moi vous raconter alors la mienne.
On m'appelle Joanita, c'est le prénom que m'a donné ma mère. Je ne sais où elle l'a trouvé mais c'est un prénom que j'aime beaucoup. Un prénom que je m'inventerais ou mattribuerais moi-même si ma mère ne me le donnait pas auparavant.
J'ai une mère mais je n'ai pas de père. Mon père n'est pas décédé, il doit être encore en vie selon ce que m'a raconté ma grand-mère. On dirait que je suis une bâtarde ; si je dois le dire ainsi. Ma mère et moi vivions autrefois sous le même toit que ma grand-mère. Je n'ai pas eu la chance de connaître mon grand-père maternel. Ce qui voudrait dire que mon grand-père a vite rejoint ses pères, abandonnant sa femme et ma mère. On se débrouillait ensemble, ma mémé et ma mère et moi. Parfois il nous était difficile de trouver de quoi rompre la faim les nuits avant d'aller au lit. Parfois, on n'arrivait même pas à allumer la lampe à pétrole à défaut du pétrole. Il arrivait des fois même où on mangeait du gari toute une journée. Parfois, on en manquait même et on se regardait. C'est donc dans cette ambiance de la vie que j'ai grandie.
Un jour, j'ai vu ma mère faire ses bagages. Je ne savais pas où elle allait. Pendant ce temps, j'avais neuf ans. Je ne connaissais absolument rien de la vie. Lorsque jai appelé ma mère pour lui demander où est-ce qu'elle allait, elle m'a dit qu'elle voyageait. J'ai pleuré toute la nuit parce que je ne voulais pas vivre loin d'elle. Vivre à ses côtés avait toujours fait partie de mes rêves. Malgré notre condition misérable, ma mère savait comment me donner la joie. Grand-mère, quant à elle, ne cessait de me gronder. On dirait que selon elle, j'étais la poisse de leur condition de vie. Mais ma mère était toujours là pour me donner la joie au cur. Et puisqu'elle s'apprêtait pour un voyage, je voyais déjà ma vie en danger. On m'avait déscolarisée sitôt de l'école du Blanc à défaut des moyens financiers.
Ma mère était partie ce jour-là malgré mes pleurs. Pour me calmer, elle m'avait glissé dans la paume, une pièce de cent francs et m'a dit : « ma chérie, ne pleure pas ; je viendrai te chercher demain ». Et aussi idiote que j'ai été, j'ai cru à ma mère.
Qui pouvait imaginer un seul petit brin mensonge dans cette belle phrase de ma mère ? J'ai pris ce mensonge en vérité et l'ai espérée toute la journée du lendemain mais en vain.
Ma mère m'avait joué un sale tour. Elle m'avait laissée à ma grand-mère pour aller se marier. Cétait deux ans après que je l'ai su. Pendant ces deux ans, j'avais grandi davantage. Sur ma poitrine, j'avais deux petits seins. Ces deux jolis seins, je les aimais beaucoup parce que grâce à eux, les hommes avaient commencé à me tourner autour telle une orange. Parfois je me donnais du plaisir à aller me balader. Seule je savais combien d'hommes me hélaient au cours de mon trajet. J'avais la forme ; eh oui, j'avais de grosses fesses. Ces hommes ne prêtaient pas trop d'importance à ma poitrine. Ma beauté et les deux montagnes que j'avais derrière les séduisaient et les attiraient et ils en mouraient d'envie.
Les hommes avaient commencé à me donner des rendez-vous. Je n'honorais jamais ces rendez-vous car, je savais qui j'avais comme tutrice. Malgré lapparition de mes caractères secondaires, ma grand-mère me frappait comme une petite fille de cinq ans.
Au début, je supportais les caprices de ma mémé mais lorsque j'ai commencé à en avoir marre, jai commencé par lui manquer du respect car, je me voyais déjà assez grande et il fallait qu'elle me regarde avec les yeux d'une grande fille. Quand elle m'envoie acheter quelque chose, je reviens à l'heure à laquelle mes petits copains me libéraient. Quand elle tente de m'injurier, je l'injurie moi aussi parce que j'étais déjà une grande fille à qui on devrait un peu du respect.
Depuis que j'ai douze ans, ma grand-mère avait fini par avoir peur de m'approcher pour motif de correction car, je me rappelle de ce jour où je l'ai menacée et lui ai dit que si jamais elle me touche encore de sa chicotte, j'allais la renverser par terre et la priver de ses deux jambes.
Qui oserait devenir facilement handicapé dans sa propre chambre ? Peut-être vous les lecteurs mais ma grand-mère, non. C'est donc depuis ce jour que ma grand-mère avait commencé à me fuir et préférait rester dans son coin que de se laisser berner par une petite-fille qui avait raté son éducation.
Cette année, me voilà grandir encore d'un an. Avec mes treize ans, je suis devenue encore plus belle et cette fois, Dieu a beaucoup pompé mes seins et ils sont devenus plus gros qu'avant. Cette fois, je n'aime plus traiter avec les gamins, ces petits qui n'ont ni de moto ni de voiture. Quand tu es à pied et tu m'appelles, je ne te réponds pas. Il faut que tu sois à cheval sinon, ouf.
Ma mère, depuis qu'elle est partie pour promettre revenir me chercher le lendemain, elle n'a plus jamais mis pieds dans la maison qui l'a vue naître ; cette maison construite par son feu père. Ma grand-mère l'appelle souvent et c'est au téléphone qu'elle et moi nous parlons. Lorsque je lui ai demandé un jour dans quel pays elle se trouvait, elle m'a dit qu'elle était au Ghana. Mais je n'y ai jamais cru car, ma mère est capable de mentir toute une journée.
Plus je grandissais, plus je devenais insupportable. Je ne respectais plus ma grand-mère. Me mirant dans une glace, j'étais fière de ces belles pamplemousses que Dieu avait pris le soin de me plaquer sur la poitrine. J'admirais tellement mes seins que je me demandais l'effet que ça produirait dans l'âme du premier homme à qui je les ferai voir. Mes seins étaient beaux, franchement.
Et puisque je devenais de temps en temps insupportable, ma mémé téléphona à ma mère et lui demanda de venir me chercher sinon, je pourris.
Et c'est vrai, je voulais commencer à pourrir parce que je ne l'ai pas encore commencé. Les chauds gars du quartier voulaient commencer à me faire la minette.
Ma mère, prise de peur, décida de venir me chercher avec tous mes bagages pour m'emmener avec elle.
Il sonnait seize heures et je n'étais pas à la maison. J'étais sous un manguier hors de la maison avec les chauds gars du quartier en train de bavarder. Ils étaient deux et j'étais la seule fille en leur compagnie. L'un était sérieux dans ses dires alors que lautre me faisait juste rire. Le sérieux me disait qu'il avait du mal à supporter le fait qu'on ne soit pas en relation amoureuse. Donc pour lui, il voulait que je lui accorde une chance, celle qui pourrait lui permettre de nager plus tard dans mon jardin d'amour.
Par contre, l'autre me disait que mes tétons l'excitaient et qu'il n'arrivait pas à se contrôler à chaque fois que ses regards croisaient mon corps. Je prenais les deux pour des idiots car, comment lon pouvait vouloir dune femme et se donner le courage de lui témoigner ses affections en présence de quelqu'un d'autre ? Ce qui était encore marrant, ils étaient tous des amis parce qu'ils s'étaient remorqués. Là, j'ai vite compris que les deux me voulaient pour juste satisfaire leur besoin sexuel et pour cela, je ne leur prêtais aucune attention.
J'étais sous l'arbre avec les deux salauds lorsqu'une japonaise de dernière classe passa devant nous. La couleur et la marque de la voiture étaient tellement attirantes qu'elle avait su retenir notre attention. Mes gars et moi nous étions mis à suivre le véhicule de nos yeux coquins jusqu'au point où il finit par s'immobiliser devant le vieux portail de notre maison.
Cétait chez toi quallait le conducteur, me fit entendre l'un de mes compagnons.
C'est ce que je viens de conclure moi aussi, répondis-je. Sûrement que c'est une des connaissances de ma grand-mère.
Et mes camarades et moi continuâmes à jaser. J'étais à quelques mètres d'eux deux. Je n'étais pas une prostituée. Il est vrai que j'ai du charme mais je ne badine pas avec ma beauté et la souplesse de mon corps. J'aimais tellement mon corps que j'en prenais soin rigoureusement. Par jour, je me lavais plus de cinq fois. L'hygiène, c'est dans mon corps. Je n'aime pas sentir une petite odeur nauséabonde se dégager de mes aisselles. J'aime trop la propreté en fait.
Plus le temps passait, plus je ne voyais pas la conductrice qui était entrée dans la cour de la maison ressortir.
Bien, les gars, je dois vous fausser compagnie car, il faut que j'aille voir qui est cette personne qui est venue voir ma grand-mère.
Et ce, je faussai compagnie à mes deux amis. Malgré tout ce qu'ils m'envoyaient comme propos interrogateurs, je ne leur répondais plus rien. Je gardai mon regard braqué sur la grosse caisse garée sur le portail de la maison de ma grand-mère jusqu'à ouvrir le portail. De la cour, j'entendais la voix de deux femmes ; deux voix parmi lesquelles je n'identifiais qu'une seule ; celle de ma mémé. Je pénétrai dans le salon après avoir soulevé le rideau et c'est là que japerçus ma maman. Enthousiasmée, je courus pour aller l'embrasser.
Maman, enfin ! m'écriai-je, toute heureuse.
Ma mère, me souriant, ne savait quoi répondre.
Comment ça va ? finit-elle par me demander.
Je vais bien, maman ! Et tu m'as menti ?
Je suis désolée, c'était la voie qui n'était pas bonne pour que je vienne te chercher à temps.
Je croyais que cette dame aurait changé avec sa vie de mensonge mais j'ai finalement réalisé que ce qu'on s'habitue de faire devient une seconde nature de soi.
Ma grand-mère, devant le mensonge de sa fille, souriait.
Et tu es venue cette fois me chercher ou bien tu vas encore me mûrir de mensonge en me promettant demain ?
Ma mère, s'étant surprise attrapée en flagrant délit, pouffa un rire.
Non, ta grand-mère m'a dit que tu deviens insupportable et je suis venue te chercher pour aller te redresser chez moi, me dit ma mère.
Je lorgnai ma grand-mère comme pour lui demander silencieusement si c'était vrai ce que racontait sa fille.
Ayant compris le signe de mon regard, la vieille femme me répondit d'un air taquin et sérieux :
Oui, c'est ce que je lui ai dit ! Ou bien j'ai menti ?
Qu'elle ait menti ou non, c'était une joie pour moi de changer de Joanitau de vie.
Je n'ai pas dit que tu as menti, grand-mère ! Et toi maman, on partira quand ?
Aujourd'hui ! Va faire ta valise et va l'embarquer dans la malle arrière de mon véhicule.
C'était donc à toi le véhicule ?
Arrête de me poser des questions ! Et je ne doute pas enfin des propos de ta mémé ! Lorsque vous les jeunes filles, vous commencez à pousser des citrons sur la poitrine, vous ne respectez plus vos aînés ; ou bien ce n'est pas vrai ?
Maman, mes seins ne sont pas des citrons. Ou s'ils le sont, sache que je les mérite.
Oh ma vieille ! écoutez ce qu'elle me raconte ! As-tu déjà quinze ans pour avoir les seins ?
À quel âge toi tu avais poussé les seins, maman ?
J'avais seize ans avant de commencer à pousser de petits seins.
C'est parce que tu étais sûrement enfant du diable, voilà pourquoi la nature t'a donné tardivement les seins si ce que tu me racontes est d'ailleurs vrai parce que toute ta vie se repose sur le mensonge.
Ma grand-mère et sa fille pouffèrent d'un rire sonore et je m'éclipsai pour aller faire rapidement ma valise.
Ma grand-mère et notre visiteuse bavardaient encore dans le salon lorsque je traînai ma mallette sous la véranda.
Bien, maman, finis vite de parler on va partir.
Mère et fille, s'échangeant du regard, voulaient se demander si j'avais envoyé d'invitation à la nouvelle venue. En tout cas, je men fiche. Ma mère passa tout son temps à vanter les mérites de son époux à sa mère.
Ton mari, c'est un homme de Dieu, disait ma mémé à ma mère. Il t'aime beaucoup.
Et c'est grâce à lui que j'ai commencé l'enseignement dans le collège où je bosse actuellement.
C'est très bien ! Quand on patiente, on finit toujours par obtenir la meilleure chose qui nous est destinée. Prends bien soin de lui.
Oui, maman, c'est ce que je fais. Si jamais je le perds, je serai foutue toute ma vie.
Merci ! Sois-lui soumise et obéissante.
Je le fais déjà ! Tiens cette enveloppe, c'est lui qui m'a demandé de te la remettre.
Oh, mon fiston ! Qu'il soit béni partout où il sera.
Amen ! Maintenant je vais partir. Parce qu'il me faudra six heures de conduire avant d'arriver dans cette ville où nous habitons.
D'accord, je ne vais plus te retenir. Et surtout, prends bien soin de cette fille qui nous regarde, dit ma mémé en me fixant du regard.
Joanita ? Elle ne sortira pas de la maison ! Puisque tout est là ! Il y a la télé et une salle de jeu. Tout ce qu'il faudra pour son divertissement, nous les en avons. Il y a même aussi une domestique dans la maison ; pas donc la peine qu'elle fasse quoi que ce soit.
Et ma maman se leva avec sa mère pour se diriger dans la cour. J'attrapai ma valise et la posai sur la tête comme un voyageur sur la France. À trois, nous nous avançâmes vers la cour puis sur la pelouse externe, là où était garée la grosse japonaise de ma mère. Elle appuya sur un petit bouton de la clé du véhicule et la malle arrière s'ouvrit d'elle-même et j'allai poser ma valise et fermer la malle.
J'ouvris une des portières et m'introduisis dans le véhicule. Oh non, c'était une voiture de dernière classe ! Une voiture très coûteuse.
Ma mère, après ses adieux, elle abandonna sa mère pour s'introduire au volant. Elle démarra quelques secondes plus tard et pif !
***
La maison du mari de ma mère est une grande maison ; une maison à étages ; une maison carrelée du haut jusqu'en bas. La cour, elle est pavée. L'intérieur de l'immeuble respirait au gré des climatiseurs. Tout était frais ! Pouvez-vous imaginer combien de voitures dispose le mari de ma mère ? Quatre grosses japonaises. Dans la cour de la maison, au lieu de quatre voitures, il y en avait cinq. Une était pour ma mère et le reste, à son mari.
Il sonnait vingt heures lorsqu'un vieillard vint nous ouvrir les battants pour permettre au véhicule de ma mère de pénétrer dans la vaste cour.
Ensemble, ma mère et moi traversâmes une petite salle d'attente et commençâmes à gravir les marches des escaliers ; ces marches qui nous conduisirent dans un vaste salon ; un salon très joli et très attirant ; un salon meublé qui donnait la joie au cur ; un salon qui pouvait faire rêver. Non, le salon était tout clean.
Dans lun des divans, était assise une petite fille d'à peine trois ans. Dans un autre, un monsieur assis, torse nu. Lui et la petite avaient le regard sur l'écran de la télévision. De l'appellation « maman », je devinai aussitôt qui était cette fille. C'était la fille à ma mère. L'homme, il ne serait personne d'autre que le mari de ma mère ; un très jeune d'environ trente ans.
Bonsoir chéri, fit ma mère en allant poser un baiser sur le front du monsieur.
Bonne arrivée, mon amour, lui répondit le jeune homme.
Merci bébé ! C'est Joanita, ma fille dont je t'ai souvent parlé.
Mais cest bien ! Cest une grande fille, voyons ! s'exclama l'homme.
C'est une petite, elle n'a même pas encore quatorze ans.
Tu es sérieuse ? Pourtant elle a l'air d'une grande femme !
Non, c'est une petite ! Et toi, viens saluer le monsieur.
Je m'approchai de l'époux de ma mère et lui dis « bonsoir monsieur ».
Oui bonne arrivée, jeune fille et sois la bienvenue !
Merci monsieur !
Et ma mère me conduisit à une chambre.
Ici, c'est ta chambre. Ce lit, c'est hier que je l'ai acheté pour toi. Cette garde-robe, c'est la semaine dernière que le monsieur te l'a achetée. Sois respectueuse envers lui. Si tu le respectes correctement, il te traitera comme sa propre fille. Il est vrai que c'est la petite que tu as vue à ses côtés qui est lenfant aînée de lui et moi. Mais si tu le respectes, je crois qu'il verra en toi l'image de sa fille et fera tout bon avec toi. Ne lui manque surtout pas du respect. S'il te demande n'importe quel service, rends-le-lui avec respect et avec considération.
D'accord, maman, c'est entendu. Je ferai comme tu l'as dit.
Merci ma chérie ! Tu peux ranger tes affaires dans la garde-robe et à la fin, tu viens au salon pour le dîner.
D'accord, maman, à tout à l'heure.
Et ma mère s'en fut, me laissant seule dans ma chambre, cette chambre qui m'était destinée.
Sept jours exactement que ma mère m'a installée chez elle, sous le toit de son mari. Tous les jours, ma mère allait au boulot. Elle est enseignante. Il faut que je vous parle un peu de ma mère.
Ma mère est une femme battante. Elle a beaucoup étudié. Elle était en terminale lorsque mon père l'a enceintée. Depuis qu'elle a avoué à mon père qu'elle avait perdu ses menstrues, on dirait que mon père, vaurien et irresponsable quil soit, était parti sans laisser aucune trace.
Fait-on ça ? Je remercie beaucoup Dieu davoir donné du courage à ma mère de savoir me garder dans son sein car, si elle mavortait, je ne serais plus en vie et être en train de porter ce joli prénom de Joanita.
Ma mère avait mis une pause à ses études après son baccalauréat pour s'occuper de moi. Ma grand-mère, je m'en souviens, m'a dit que c'était six jours après les résultats du baccalauréat que ma mère m'avait donné naissance. Elle m'a aussi dit que c'était mon pépé, paix à son âme, qui avait pris toutes les charges pécuniaires au cou. Ma grand-mère m'a aussi dit qu'ils vivaient tous heureux jusqu'au jour où pépé a rejoint ses pères. Ce qui signifiait que c'était après la mort de mon grand-père que la galère et la misère s'étaient installées sous le toit de ma mémé où manger était devenu chose terrible.
Ma mère, avec le temps, avait continué ses études jusqu'à avoir le doctorat. Je ne savais pas comment mais elle s'était débrouillée à aller de l'avant. Après ses études, rien n'a marché pour elle et elle essayait de vendre de petits trucs. Et c'était avec le revenu de ces produits qu'elle vendait qu'on arrivait à trouver quelque chose pour rompre la faim qui brûlait nos estomacs.
Après son mariage avec son nouveau mec, elle a trouvé une place dans une grande école de la ville où elle allait dispenser des cours de français aux élèves. Chaque matin, au plus tard à sept heures trente minutes, ma mère finissait sa douche et montait dans son véhicule pour se rendre au boulot. Toujours était-il que je ne la voyais pas avant son départ parce que pendant quelle partait, jétais souvent encore dans ma chambre en train de ronfler. Pour laccomplissement des travaux domestiques, mère avait engagé une domestique ; une jeune fille dà peine seize ans environ. On lappelait Flora. Flora est d'un teint noir et d'une corpulence maigre. Je suis légèrement un peu plus élancée qu'elle. C'est une fille qui respecte beaucoup. Elle ne comprend pas bien français. Elle fait l'effort de s'exprimer mais oups. Quand on lui parle, elle comprend presque tout mais elle a parfois du mal à s'exprimer correctement. Il faut parfois suivre ses gestes pour comprendre ce qu'elle dit.
Et voilà ce matin, ma mère était partie au boulot. Je ne sais dans quel collège elle enseigne. Mais quand elle quitte la maison le matin, c'est à midi elle y revient. Et au plus tard à quatorze heures trente minutes, elle quitte encore pour revenir le soir à dix-huit heures.
Ce matin-là, j'avais quitté ma chambre après m'être douchée. J'étais venue au salon pour prendre mon thé. Il n'y avait personne dans le salon, mais la télévision était en marche. C'est d'ailleurs l'habitude de la maison. On ne craint pas la somme exorbitante que pourrait contenir la facture d'électricité. La télévision et les brasseurs restent en marche pendant vingt-quatre heures. Donc voilà pourquoi ça ne m'avait ni étonnée ni surprise de découvrir la télévision et les autres appareils en marche.
Me dirigeant vers la table à manger, je me suis servie et me suis retournée vers les divans où j'ai fini par m'installer dans l'un. Saisissant la télécommande, j'ai changé la chaîne pour mettre une autre sur laquelle on passait du dessin animé. Je suivais la série quand tout à coup, le mari de ma mère a fait son irruption dans le salon. J'avais porté un petit maillot transparent à travers lequel les mamelons de mes seins étaient bien apparents. Je vous avais déjà dit que je suis d'un teint clair. Imaginez donc un peu la couleur que peuvent avoir mes seins. Si les femmes, aussi noires quelles soient le plus souvent, leurs seins réussissent à être un peu clairs, comment seraient les miens ?
J'ai de jolis seins et ça, je le sais. Je n'ai pas besoin qu'on me dise : « Joanita, tu as de jolis seins » avant que je ne men rendisse compte. Je sais que Dieu m'a donné de jolis seins ; des seins qu'il a pris le soin de bien manier avant de me plaquer sur la poitrine.
Et le mari de ma mère a fait son irruption dans le salon comme je venais de vous l'annoncer. J'ai levé ma tête vers son adresse pour lui dire « bonjour tonton ».
Oui bonjour mademoiselle Joanita, comment ça va ? me répondit-il.
Je vais très bien, tonton, merci.
Et l'homme s'avança vers moi pour venir s'asseoir dans le même divan que moi. Et moi, mon regard fixé sur l'écran téléviseur, je ne le calculais pas.
Aimes-tu du dessin animé ? me demanda-t-il.
Oui, je les adore, tonton !
Ça, c'est très bien ! Cela veut dire que nous avons le même hobby !
Que mettez-vous dans hobby, monsieur ?
Hobby, c'est pour désigner le dada ou le loisir. Tu comprends un peu ?
Oui, je comprends enfin. Sinon j'aime trop le dessin animé.
Ça, c'est super ! Si nos loisirs sont alors communs, sûrement que tu dois aussi aimer le porno parce que jaime aussi le porno en plus des dessins animés.
Non, le porno, c'est pour les grands.
Et toi, tu n'es plus une enfant !
Je le suis ? Puisque je n'ai pas encore vingt ans !
Vingt ans, c'est déjà trop ! Quinze ans, c'est déjà largement suffisant et
Voilà, c'est ce que je vous disais ; je n'ai que quatorze ans, lui reprochai-je.
Je n'en disconviens pas ! Quand on te regarde, tu as l'air d'une grande fille !
Cest ma corpulence qui dit le contraire de ma légende !
Joanita, j'aime quand tu parles !
Ah bon ?
Sincèrement ! Tes lèvres, j'aime les regarder quand elles bougent.
Vous êtes sérieux, tonton ?
Oui, je suis sincère. Dieu t'a donné une belle créature. Tu es trop belle !
Mais pas comme ma mère, votre femme !
Tu es encore plus belle que ta mère !
Pourtant vous l'aimez !
Je ne l'aime pas à cause de son apparence.
Et pourquoi l'aimez-vous ?
Je l'aime parce qu'elle sait me gérer au lit.
Et c'est bien !
J'imagine combien tu seras plus douce au lit que ta mère.
Je fronçai les sourcils pour dévisager mon interlocuteur.
Ah oui, j'aime dire de n'importe quoi quand je suis en compagnie des gens que j'aime beaucoup.
Ces propos que vous tenez avec moi sont au-dessus de ma capacité.
C'est selon toi ça ! Donc tu n'as jamais fait l'amour ?
Je suis une gamine et cela ne m'a jamais intéressée.
Oh, tu es donc encore vierge ?
Oui, je suis encore vierge.
Wouah ! Que j'aime les femmes vierges !
Vraiment ?
Oui, Joanita ! J'ai toujours rêvé faire des expériences d'amour avec les femmes vierges mais je n'ai jamais eu la chance !
Vous dîtes vrai ?
Je te le jure, Joanita ! Si tu pouvais m'accorder une seule chance pour découvrir la véracité de ce que tu me dis, je te jure que je te ferai un gros cadeau.
La proposition de mon interlocuteur me stupéfia et je fronçai une fois encore les sourcils pour lui demander s'il en était sérieux.
Oui ! Je te ferai tout ce que tu voudras.
Comme quoi ?
Je peux t'emmener en Amérique pour visiter les grands sites touristiques.
Et nous allons monter dans l'avion ?
Exact ! Nous allons monter dans un gros avion.
Que c'est super !
Et j'ai aussi un ami français qui vient très souvent ici ; il va nous amener chez lui en France.
Quoi ? En France ? Alors je serai pourrie !
Ah oui, je te ferai beaucoup de surprises ; des surprises que tu ne regretteras jamais.
Wouah ! Je suis partante !
Tu es donc d'accord qu'on fasse l'amour ?
Si ! Et d'ailleurs, ma mère même m'a dit une chose !
Que t'a-t-elle dit ?
Elle m'a dit de vous respecter car, en vous respectant, vous me traiterez comme votre propre fille. Elle m'a aussi dit de vous rendre tous les services que vous me demanderez ! Je considère en effet cette relation sexuelle que vous me demandez comme un service. Mais il y a une chose, je n'ai jamais fait ça ! Et si je ne l'ai jamais fait jusqu'à présent, c'est parce que ma grand-mère me donne la peur au cur que quand on fait ça, ça fait très mal alors que moi j'ai peur qu'on me fasse mal. Je n'aime pas que quelque chose touche mon corps parce que je l'aime trop.
Le mari de ma mère se mit à rire à gorge déployée avant de poser sa main droite sur mon épaule pour me dire :
Ta grand-mère n'a pas tort, elle a raison. Mais laisse-moi te dire que moi, j'ai ma technique. Et si je te le fais, aucune goutte de sang ne va couler et tu n'auras aucun mal non plus. D'ailleurs, je n'ai pas un gros pénis. Ou bien que je te le montre ?
Oh non ! m'exclamai-je, surprise.
Sinon je n'ai pas un gros pénis. Je te jure que tu vas aimer ça. D'ailleurs, permets qu'on suive un peu le porno.
Et le monsieur, sans mon avis, saisit la télécommande pour mettre une chaîne sur laquelle, deux hommes bouffaient la chatte d'une jeune fille.
Les deux hommes, sur l'écran, étaient nus ; la jeune fille aussi. Les deux hommes avaient couché la fille sur un lit. Pendant que quelqu'un lui bouffait la chatte de sa longue queue, l'autre était à son chevet, en train de la pénétrer par la bouche.
Tu vois ça ? C'est joli n'est-ce pas ? me demanda mon compagnon.
Et puisque c'était la première fois que je voyais ce truc, je ne lui prêtai aucune attention que de continuer à regarder la vidéo.
Le monsieur, me voyant concentrée sur la télé, longea la main et attrapa un de mes seins avant de se rapprocher de plus près de moi. Il commença à me caresser. Ses caresses, aussitôt, commencèrent à me faire aussitôt beaucoup de bien dans tout mon corps.
Regard fixé sur l'écran et mes seins saisit d'assaut, je ne savais plus où j'étais. Le monsieur me caressait et moi, je me perdais petit à petit.
Je commençai à sentir l'érection de quelque chose dans ma culotte ; sûrement mon clitoris. Je voulus aller contrôler mais jétais faible. Je finis par fermer les yeux et c'est là que je sentis quelque chose de frais embrasser mes lèvres.
Eh oui, le monsieur venait d'arracher mes lèvres dans sa bouche.
On se suçait les lèvres et je ne savais pas quand le monsieur m'enleva le maillot et me mit en torse nu.