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L'Avortement, Mon Choix

L'Avortement, Mon Choix

Auteur:: Goose
Genre: Romance
Dans ma pâtisserie parisienne, mon sanctuaire de douceurs, je vivais l'amour parfait avec Marc, mon architecte de mari, depuis dix ans. Pourtant, un après-midi ordinaire, une jeune femme est entrée, un sourire arrogant et le même tatouage de rose que Marc avait dessiné pour moi - notre symbole d'amour. Elle a brisé le silence avec ses provocations, ses mensonges sur Marc, et des posts Instagram insultants. Mon univers s'est écroulé quand j'ai vu son nom sur le téléphone de mon mari : Sophie, une stagiaire. Les mots de Marc, ses excuses boiteuses, ses caresses, tout est devenu un baume empoisonné ; mon cœur se brisait mais mon visage restait de marbre. Ce soir-là, il est parti "pour une fuite au chantier", mais mon GPS m'a menée vers elle, où je les ai vus échanger un baiser passionné dans sa voiture. J'ai écouté leurs mots grâce à un micro espion, entendant Marc promettre de me quitter, me traitant de « froide et ennuyeuse », tandis qu'elle exigeait une nuit au George V. Le sol s'est dérobé sous mes pieds. Plus tard, en rentrant, j'ai senti son parfum sur Marc et découvert une marque rouge sur son cou – un suçon. La nausée m'a pris à la gorge, une horreur si pure que j'ai voulu vomir dix ans de ma vie. Au milieu de la nuit, il est revenu avec nos sablés "symboliques", mais au même instant, un message de Sophie est apparu sur mon téléphone : une photo d'elle nue au George V, mangeant notre sablé, riant de sa conquête. La porcelaine que j'ai brisée dans la poubelle a résonné comme mon cœur en miettes. La colère froide a balayé ma tristesse : je ne serais plus la femme brisée et naïve. J'ai appelé mon amie avocate, Émilie. Peu après, j'ai découvert que j'étais enceinte de Marc. Le choix était clair, brutal, irréversible : l'avortement. Puis, je les ai vus, dans notre lit, riant et s'embrassant. La douleur s'est transformée en une détermination inébranlable : il paiera. Je suis revenue à l'appartement, brandissant la convention de divorce que Marc a refusé de signer, me rabaissant avec des mots cruels. « Je vais récupérer ce qui me revient de droit, jusqu'au dernier centime, » lui ai-je rétorqué. J'ai quitté Marc, me réfugiant chez Émilie, où Sophie, sûre d'elle, est venue jubiler. « Si tu aimes les produits défectueux, Marc est à toi, » lui ai-je dit, avant de la manipuler. J'ai convaincu Marc de signer les papiers du divorce sous prétexte d'une dernière chance en Provence. Le jour du départ, j'ai mis mon plan à exécution : Sophie, folle de jalousie, a menacé de sauter de son toit, l'obligeant à partir la "sauver". Pendant qu'il courait vers elle, j'ai envoyé les preuves de son infidélité à son université et à la presse. "Un enfant, tu dis ? Tu parles de celui que j'ai fait enlever seule dans une clinique froide ?" J'ai coupé court à son désespoir, à ses pleurs. Mon règne de pâtissière a commencé à Lyon, tandis que Marc a tout perdu, sombrant dans l'alcool et la violence, jusqu'à l'irréparable. J'ai vu sa photo, menotté pour meurtre. Le mot "Pardon" sur mon téléphone fut le dernier écho d'un passé que j'ai effacé sans hésitation. Je suis Jeanne Dubois, et ma liberté est plus douce que n'importe quel gâteau.

Introduction

Dans ma pâtisserie parisienne, mon sanctuaire de douceurs, je vivais l'amour parfait avec Marc, mon architecte de mari, depuis dix ans.

Pourtant, un après-midi ordinaire, une jeune femme est entrée, un sourire arrogant et le même tatouage de rose que Marc avait dessiné pour moi - notre symbole d'amour.

Elle a brisé le silence avec ses provocations, ses mensonges sur Marc, et des posts Instagram insultants.

Mon univers s'est écroulé quand j'ai vu son nom sur le téléphone de mon mari : Sophie, une stagiaire.

Les mots de Marc, ses excuses boiteuses, ses caresses, tout est devenu un baume empoisonné ; mon cœur se brisait mais mon visage restait de marbre.

Ce soir-là, il est parti "pour une fuite au chantier", mais mon GPS m'a menée vers elle, où je les ai vus échanger un baiser passionné dans sa voiture.

J'ai écouté leurs mots grâce à un micro espion, entendant Marc promettre de me quitter, me traitant de « froide et ennuyeuse », tandis qu'elle exigeait une nuit au George V.

Le sol s'est dérobé sous mes pieds.

Plus tard, en rentrant, j'ai senti son parfum sur Marc et découvert une marque rouge sur son cou – un suçon.

La nausée m'a pris à la gorge, une horreur si pure que j'ai voulu vomir dix ans de ma vie.

Au milieu de la nuit, il est revenu avec nos sablés "symboliques", mais au même instant, un message de Sophie est apparu sur mon téléphone : une photo d'elle nue au George V, mangeant notre sablé, riant de sa conquête.

La porcelaine que j'ai brisée dans la poubelle a résonné comme mon cœur en miettes.

La colère froide a balayé ma tristesse : je ne serais plus la femme brisée et naïve.

J'ai appelé mon amie avocate, Émilie.

Peu après, j'ai découvert que j'étais enceinte de Marc.

Le choix était clair, brutal, irréversible : l'avortement.

Puis, je les ai vus, dans notre lit, riant et s'embrassant.

La douleur s'est transformée en une détermination inébranlable : il paiera.

Je suis revenue à l'appartement, brandissant la convention de divorce que Marc a refusé de signer, me rabaissant avec des mots cruels.

« Je vais récupérer ce qui me revient de droit, jusqu'au dernier centime, » lui ai-je rétorqué.

J'ai quitté Marc, me réfugiant chez Émilie, où Sophie, sûre d'elle, est venue jubiler.

« Si tu aimes les produits défectueux, Marc est à toi, » lui ai-je dit, avant de la manipuler.

J'ai convaincu Marc de signer les papiers du divorce sous prétexte d'une dernière chance en Provence.

Le jour du départ, j'ai mis mon plan à exécution : Sophie, folle de jalousie, a menacé de sauter de son toit, l'obligeant à partir la "sauver".

Pendant qu'il courait vers elle, j'ai envoyé les preuves de son infidélité à son université et à la presse.

"Un enfant, tu dis ? Tu parles de celui que j'ai fait enlever seule dans une clinique froide ?"

J'ai coupé court à son désespoir, à ses pleurs.

Mon règne de pâtissière a commencé à Lyon, tandis que Marc a tout perdu, sombrant dans l'alcool et la violence, jusqu'à l'irréparable.

J'ai vu sa photo, menotté pour meurtre.

Le mot "Pardon" sur mon téléphone fut le dernier écho d'un passé que j'ai effacé sans hésitation.

Je suis Jeanne Dubois, et ma liberté est plus douce que n'importe quel gâteau.

Chapitre 1

La jeune femme a poussé la porte de ma pâtisserie, le tintement de la clochette se répercutant dans le silence de l'après-midi. Elle portait une robe d'été légère qui flottait autour de ses genoux, et ses cheveux longs et brillants tombaient en cascade sur ses épaules. Elle avait l'air d'avoir à peine vingt ans.

Elle a balayé la boutique du regard, un air de supériorité sur le visage, avant que ses yeux ne se posent sur moi derrière le comptoir.

« C'est vous, Jeanne Dubois ? La célèbre cheffe pâtissière ? »

Sa voix était mielleuse, mais avec une pointe d'arrogance que je n'ai pas aimée.

J'ai hoché la tête, esquissant un sourire professionnel.

« C'est moi. Que puis-je faire pour vous ? »

Elle s'est approchée, ses talons claquant sur le carrelage. Elle s'est penchée sur la vitrine, faisant semblant d'examiner les gâteaux, mais son regard revenait sans cesse vers moi.

« Mon petit ami parle tout le temps de vous. Il dit que vous êtes la meilleure. »

Elle a redressé son buste, s'assurant que je remarque bien le petit tatouage délicat juste au-dessus de sa clavicule. Une petite rose stylisée, avec des épines particulièrement acérées.

Un dessin que je connaissais trop bien.

Mon cœur a raté un battement, mais j'ai gardé mon visage impassible.

« C'est très gentil à lui. »

« Il dit que personne ne fait les financiers comme vous. Je voudrais en goûter un. Pour voir si c'est vrai. »

Je lui ai servi le financier sur une petite assiette en porcelaine. Elle l'a pris et s'est assise à l'une des tables près de la fenêtre, me tournant le dos, mais je pouvais voir son reflet dans la vitre. Elle a sorti son téléphone et a pris une photo du gâteau, puis une photo d'elle, la bouche en cœur, le tatouage bien en évidence.

Elle a posté la photo sur Instagram avec une légende.

« En train de goûter les fameux gâteaux de la femme de mon homme. Pas mal, mais je préfère ce qu'il me cuisine à moi. 😉 #love #patisserie #rivale »

Mon estomac s'est noué. Mon mari, Marc, un architecte de renom, et moi, étions ensemble depuis dix ans. Il ne cuisinait jamais. Il disait que ma cuisine était son sanctuaire et qu'il ne voulait pas le profaner.

La jeune femme a pris une bouchée du financier, a grimaçé de façon exagérée et a dit assez fort pour que toute la boutique l'entende :

« Franchement, c'est un peu sec. Marc fait de bien meilleures choses. »

Quelques clients se sont tournés vers elle, l'air irrité. Une femme plus âgée assise à côté a secoué la tête avec dédain.

Je suis sortie de derrière mon comptoir, mes mains tremblant légèrement. J'ai gardé une voix calme et professionnelle, celle que j'utilisais pour les formations ou les interviews.

« Madame, chaque pâtisserie a sa propre texture. Un financier est censé avoir une croûte légèrement croustillante et un intérieur moelleux. Si vous préférez quelque chose de plus humide, je peux vous recommander notre moelleux au chocolat. »

Elle m'a regardée avec un air de défi.

« Non, merci. Je n'aime pas le chocolat. D'ailleurs, Marc non plus. Vous devriez le savoir, non ? »

C'était un mensonge. Marc adorait mon moelleux au chocolat. C'était son dessert préféré.

La femme plus âgée à la table d'à côté n'a pas pu se retenir plus longtemps.

« Mademoiselle, si vous n'aimez pas ce qu'on vous sert, vous pouvez partir. Personne ne vous oblige à rester et à insulter le travail de cette dame, qui est manifestement bien plus classe que vous. »

Le visage de la jeune femme est devenu rouge vif. Elle s'est levée d'un coup, faisant basculer sa chaise.

« De quoi vous mêlez-vous, vieille peau ? »

Plusieurs autres clients ont commencé à la regarder avec hostilité. L'un d'eux a dit : « Un peu de respect, s'il vous plaît. »

Sentant tous les regards braqués sur elle, elle a perdu contenance. Elle a jeté son assiette sur la table, le financier à moitié mangé roulant sur le sol. Des larmes de rage et d'humiliation ont commencé à couler sur ses joues.

« Vous êtes tous des nuls ! »

Puis, elle s'est retournée et a couru hors de la boutique en pleurant.

Un silence gêné s'est installé. Je suis allée ramasser l'assiette et le gâteau, mes mains parfaitement stables maintenant.

« Je suis désolée pour cette scène », ai-je dit aux autres clients. « La tournée est pour moi. »

Ils ont protesté poliment, mais j'ai insisté. J'avais besoin de faire quelque chose, n'importe quoi, pour ne pas m'effondrer. Alors que je retournais derrière mon comptoir, j'ai essayé de prendre mon pouls, une vieille habitude de quand j'étais stressée. Mon doigt a cherché le battement à mon poignet, mais il était irrégulier, faible. Mon cœur battait la chamade dans ma poitrine, mais mes extrémités étaient glacées.

Cette rose. C'était le premier dessin que Marc avait fait pour moi. Il l'avait esquissée sur une serviette en papier dans un petit café, le jour où il m'avait dit qu'il m'aimait. Il avait dit que c'était moi : belle, mais avec des épines pour me protéger. Il avait promis de toujours prendre soin de moi pour que je n'aie jamais à utiliser ces épines.

J'ai fermé la boutique plus tôt que d'habitude. J'avais besoin de rentrer chez moi. J'avais besoin de voir Marc. J'avais besoin qu'il me serre dans ses bras et me dise que cette fille n'était qu'une folle, une menteuse.

Quand je suis arrivée à la maison, notre grand appartement lumineux qu'il avait lui-même conçu, une délicieuse odeur flottait dans l'air. Marc était dans la cuisine, un tablier noué autour de sa taille, en train de préparer le dîner. C'était rare. Il ne le faisait que lorsque je me sentais mal ou que j'avais eu une journée particulièrement difficile.

Il s'est retourné en m'entendant et son visage s'est illuminé de ce sourire charismatique qui m'avait fait tomber amoureuse de lui.

« Ma chérie ! Tu es rentrée tôt. J'ai eu une intuition. Je t'ai préparé ton plat préféré. »

Il s'est approché de moi, a essuyé ses mains sur son tablier et m'a prise dans ses bras. Son étreinte était chaude, familière, rassurante.

Je me suis accrochée à lui, enfouissant mon visage dans son cou, et j'ai éclaté en sanglots. Toutes les émotions que j'avais réprimées dans la boutique ont déferlé. La peur, la colère, la trahison.

« Chut, chut, mon amour », a-t-il murmuré en me caressant les cheveux. « Qu'est-ce qui s'est passé ? Raconte-moi tout. »

Je lui ai raconté l'incident, en omettant le détail du tatouage. Je voulais voir sa réaction. Il a froncé les sourcils, son visage se durcissant de colère.

« Quelle garce ! Venir t'importuner dans ton propre magasin. Ne t'inquiète pas, mon amour. C'est probablement une étudiante jalouse ou une admiratrice un peu dérangée. Ça n'a aucune importance. »

Ses mots étaient tout ce que je voulais entendre. Ils étaient un baume sur ma blessure. Je me suis laissée bercer par sa voix, par la chaleur de son corps. Peut-être qu'il avait raison. Peut-être que j'avais sur-réagi.

Nous nous étions rencontrés à l'université. J'étais orpheline, jonglant entre les études et plusieurs petits boulots pour survivre. Il était le fils d'une famille aisée, brillant, ambitieux, mais il ne prenait rien au sérieux. Il m'a vue me battre et il a été impressionné par ma détermination.

Il est tombé amoureux de moi, et moi de lui. Il m'a donné la stabilité et l'amour que je n'avais jamais eus.

Quand il a voulu lancer son propre cabinet d'architecte, il n'avait pas les fonds nécessaires. Ses parents, qui ne m'approuvaient pas, refusaient de l'aider tant qu'il serait avec "cette fille sans nom".

Alors j'ai tout sacrifié pour lui. J'ai abandonné mes propres études de pâtisserie à la prestigieuse école Le Cordon Bleu. J'ai pris un deuxième, puis un troisième emploi. J'ai travaillé comme serveuse, comme femme de ménage, comme vendeuse. Chaque centime que je gagnais allait dans son projet. Pendant cinq ans, j'ai travaillé sans relâche, dormant à peine quatre heures par nuit, pour qu'il puisse réaliser son rêve.

Et il a réussi. Son cabinet a décollé. Il est devenu l'un des architectes les plus en vue de Paris. Le jour où il a remporté son premier grand prix, il m'a demandée en mariage. Il a dit devant tout le monde que sans moi, il ne serait rien.

Nous nous sommes mariés. Nous avons acheté cet appartement magnifique. J'ai enfin pu ouvrir ma propre pâtisserie, qui est rapidement devenue un succès. Nous avions tout pour être heureux. Une vie de conte de fées, construite sur mes sacrifices et son talent.

Et alors que Marc me tenait dans ses bras ce soir-là, me jurant son amour éternel et me disant que j'étais la seule femme de sa vie, tout ce à quoi je pouvais penser était cette rose tatouée sur la peau d'une autre. Une rose qu'il avait dessinée pour moi. Une rose qui symbolisait notre amour. Un amour qu'il avait apparemment partagé avec une autre.

Chapitre 2

Marc a continué de me murmurer des mots doux à l'oreille. Il m'a servi le dîner, s'est assis en face de moi et m'a raconté sa journée, me faisant rire avec des anecdotes sur ses collègues. Il était parfait. Le mari parfait.

« On devrait peut-être commencer à penser à un bébé, non ? » a-t-il dit soudainement, son regard s'adoucissant. « Imagine un petit nous qui court dans cet appartement. »

Il a tendu la main par-dessus la table et a posé sa paume sur mon ventre. Son contact était chaleureux, mais il m'a fait frissonner. Il y a quelques heures à peine, cette idée m'aurait remplie de joie. Maintenant, elle me remplissait de terreur.

Au même moment, son téléphone, posé sur la table, a vibré. Un message est apparu sur l'écran. Je n'ai pas pu lire le contenu, mais j'ai vu le nom de l'expéditeur : "Sophie".

Marc a jeté un coup d'œil furtif au téléphone, puis à moi. Il a rapidement glissé son pouce sur l'écran pour éteindre la notification, mais son geste était trop brusque, presque paniqué. Il a retourné le téléphone face contre table.

« C'est qui, Sophie ? » ai-je demandé, ma voix sonnant étrangement détachée à mes propres oreilles.

Il a eu un instant d'hésitation. Un tout petit instant, mais je l'ai vu.

« Oh, c'est Sophie Leclerc. Une nouvelle stagiaire au bureau. Très jeune, un peu trop enthousiaste. Elle m'envoie des questions sur un projet, même le soir. Je lui ai déjà dit d'arrêter. »

Il a souri, mais son sourire n'atteignait pas ses yeux. Il y avait une tension dans sa mâchoire.

Sophie Leclerc. Le nom de la fille sur Instagram. Mon cœur s'est serré.

« La jeune femme qui est venue à la boutique aujourd'hui... portait-elle une robe d'été et avait-elle de longs cheveux bruns ? » ai-je continué, le regardant droit dans les yeux.

La panique a traversé son visage pendant une fraction de seconde avant qu'il ne la masque par un air de surprise.

« Je ne sais pas, ma chérie. Je ne l'ai pas vue. Comment pourrais-je savoir ? »

« Elle a dit que son petit ami s'appelait Marc. »

Il a ri, un rire un peu forcé.

« Il y a des milliers de Marc à Paris. C'est une coïncidence. Tu te fais des films, mon amour. Tu es fatiguée, c'est tout. »

Il s'est levé, a contourné la table et s'est penché pour m'embrasser le front.

« Je dois juste passer un coup de fil rapide pour le travail. Un truc urgent pour le chantier de demain. Je reviens tout de suite. »

Il a pris son téléphone et s'est dirigé vers le balcon, fermant la porte vitrée derrière lui. Mais il n'est pas allé sur le balcon. Il s'est arrêté juste derrière la porte, pensant que je ne le voyais pas. Il a tapé une réponse rapide, puis a porté le téléphone à son oreille.

Je suis restée assise, immobile, le fixant. Il parlait à voix basse, le dos tourné, mais je pouvais voir son langage corporel. Il était agité, passant une main dans ses cheveux.

Puis, il a raccroché et s'est retourné vivement. Nos regards se sont croisés à travers la vitre. Il a eu l'air surpris de me voir le regarder. Il a forcé un autre sourire et a fait un geste de la main pour me rassurer.

Mais une seconde plus tard, il a attrapé ses clés de voiture sur la console dans l'entrée.

« Merde, il y a un problème sur le chantier de La Défense. Une fuite. Je dois y aller. Ne m'attends pas, je risque de rentrer tard. »

Il ne m'a même pas embrassée. Il a enfilé ses chaussures à la hâte et est sorti de l'appartement en courant, comme s'il fuyait quelque chose.

Je suis restée là, au milieu du salon, le silence de l'appartement m'enveloppant. Une fuite. Un samedi soir à 22 heures. C'était l'excuse la plus bidon que j'aie jamais entendue.

Une colère froide a commencé à monter en moi, remplaçant la peur et la tristesse. Je n'étais pas une idiote. Je n'allais pas rester assise à pleurer et à attendre qu'il rentre en sentant le parfum d'une autre.

J'ai attrapé mon téléphone. Il y a deux ans, après qu'on nous ait volé notre voiture, j'avais insisté pour installer un traqueur GPS. Marc avait trouvé ça excessif, mais avait fini par céder.

J'ai ouvert l'application. Le point rouge représentant sa voiture était déjà en mouvement, s'éloignant de notre immeuble. Il ne se dirigeait pas vers La Défense. Il allait dans la direction opposée, vers le sud de Paris.

J'ai enfilé une veste, pris mes propres clés et je suis descendue au garage. Je l'ai suivi, en gardant une distance de sécurité. Le point rouge sur mon écran me guidait à travers les rues endormies.

Il s'est arrêté dans une rue résidentielle calme du 14ème arrondissement. Je me suis garée au coin de la rue, le moteur coupé, les phares éteints. J'ai attendu, le cœur battant à tout rompre.

Quelques minutes plus tard, une silhouette est sortie d'un immeuble. C'était elle. Sophie. Elle portait une robe rouge moulante, bien différente de la tenue innocente de l'après-midi. Elle s'est dirigée vers la voiture de Marc et est montée côté passager.

Je me suis enfoncée dans mon siège, essayant de me rendre invisible. La voiture de Marc est restée garée là. La lumière de l'habitacle s'est allumée.

J'ai vu Marc se pencher vers elle et l'embrasser. Pas un petit baiser. Un baiser passionné, affamé. J'ai vu ses mains se promener sur son corps.

J'aurais dû partir. J'aurais dû m'épargner ça. Mais je ne pouvais pas. Je devais savoir. Je devais tout voir, tout entendre.

J'ai attrapé les écouteurs de mon téléphone et j'ai sorti un petit appareil de ma boîte à gants. Un micro-espion. Marc me l'avait offert pour plaisanter un jour, en disant que si j'étais si paranoïaque, je n'avais qu'à le cacher dans sa voiture. Je ne l'avais jamais utilisé. Jusqu'à ce soir. Je l'avais glissé sous son siège avant de partir.

J'ai activé l'application. Le son est arrivé, clair et net.

« Tu as mis du temps », se plaignait la voix de Sophie. « J'ai cru que tu n'allais jamais te débarrasser d'elle. »

« Désolé, ma puce », a répondu la voix de Marc, maussade et basse. « Elle a eu une journée difficile. Il a fallu que je la console. »

« Une journée difficile ? C'est moi qui ai eu une journée difficile ! Ta femme m'a humiliée devant tout le monde dans sa stupide boutique ! Tu m'avais dit qu'elle était douce et naïve, pas une garce coincée ! »

J'ai entendu Marc soupirer.

« Je sais, je sais. Je suis désolé. Je vais me rattraper. »

Sa voix a changé, devenant plus profonde, plus séductrice. La voix qu'il utilisait avec moi au début de notre relation.

« Tu es si belle dans cette robe. Viens ici. »

J'ai entendu le bruit d'un baiser, plus long cette fois. Puis la voix de Sophie, haletante.

« Marc, arrête... On est dans la rue. »

« Et alors ? J'ai envie de toi. Je n'en peux plus d'attendre. »

Il ressemblait à un loup affamé. Ce n'était pas le Marc que je connaissais. Le Marc que j'aimais était tendre, patient. Cet homme était un prédateur.

« Marc, sérieusement », a insisté Sophie, mais sa voix était moins ferme. « Quand est-ce que tu vas la quitter ? Tu m'avais promis que ce serait bientôt. »

« Bientôt, mon cœur. Très bientôt. Il faut juste que je règle quelques détails financiers. Tu sais que c'est compliqué. »

« Tu l'aimes encore ? »

Un silence. Puis la réponse de Marc, si douce qu'elle m'a glacé le sang.

« Non. La seule que j'aime, c'est toi. »

« Prouve-le. »

« Comment ? »

« Emmène-moi à l'hôtel ce soir. Le George V. Je veux dormir dans un lit king size et commander du champagne au room service. »

« D'accord. Tout ce que tu voudras, ma princesse. »

J'ai arraché les écouteurs de mes oreilles. Je ne pouvais plus en entendre davantage. Un froid glacial s'est répandu dans mes veines, partant de ma poitrine et engourdissant mes membres. Mon cerveau était vide. Il n'y avait plus de colère, plus de tristesse. Juste un vide immense et blanc.

J'ai regardé la voiture de Marc démarrer et s'éloigner, en direction du centre de Paris, en direction du George V.

Je suis restée là, dans ma voiture, dans le noir, pendant ce qui m'a semblé une éternité. Je ne pouvais plus bouger. Je ne pouvais plus penser. Je ne pouvais plus respirer.

L'homme que j'aimais, l'homme pour qui j'avais tout sacrifié, venait de me détruire.

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