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L'Assistante du Milliardaire

L'Assistante du Milliardaire

Auteur:: Raven
Genre: Milliardaire
*Brisée par une trahison amoureuse, Jenifer Martin décide de repartir de zéro et tente sa chance à New York. Elle décroche, contre toute attente, le poste d'assistante personnelle auprès de Damian Wilson, PDG froid, exigeant et redouté dans le monde des affaires. Entre tensions, confrontations et rapprochements inattendus, Jenifer découvre un homme complexe, bien plus vulnérable qu'il n'y paraît. Mais leur relation, déjà fragile, est menacée par des ennemis de l'ombre, des jalousies internes et les fantômes du passé de Jenifer. Dans un univers où tout semble calculé et sans pitié, l'amour peut-il vraiment naître entre une employée inexpérimentée et l'homme le plus puissant – et le plus convoité – de New York ? Une histoire faite de secrets, de passions inavouées et de dangers imprévus, où chaque page rapproche un peu plus Jenifer d'un choix décisif : fuir... ou rester aux côtés de celui qui pourrait à la fois briser son cœur et bouleverser son destin.

Chapitre 1

POINT DE VUE DE JENIFER

« Arrête de pleurer, Jen. Tu as déjà vidé assez de mouchoirs ces deux dernières semaines », lança mon frère aîné, Samuel, en poussant la porte de ma chambre sens dessus dessous.

« Et tu voudrais que je fasse quoi, exactement ? Que j'organise une soirée pour fêter le fait que mon copain, après trois ans, m'ait plantée pour ma meilleure amie ? » Ma voix s'étrangla et je replongeai dans mes sanglots, un paquet de mouchoirs écrasé contre mon visage.

« Jen... écoute. Je sais à quel point ça fait mal. Mais il faut que tu te relèves. Tu n'es pas du genre à rester à terre. Trouve un boulot, occupe-toi, profite de ta vie. Ces deux-là ne valent pas une minute de ton temps », dit-il en posant sa main sur mes cheveux.

Je reniflai bruyamment. « Tu sais quoi ? Tu as raison. J'ai étudié pour décrocher un bon poste, et cette fois, rien ni personne ne m'en empêchera. Plus question de me laisser contrôler comme mon ex le faisait. »

« Voilà l'énergie que je veux voir », répondit-il en me tendant mon MacBook couvert d'un étui rose fleuri. « Allez, viens chercher ton avenir. »

Je pris l'ordinateur en soupirant. « Sérieusement, comment j'ai fait pour avoir un frère comme toi ? »

Il ricana. « Franchement, c'est un miracle. Papa et maman t'ont ramassée dans une benne, souviens-toi. »

« Samuel ! » hurlai-je, outrée, tandis qu'il éclatait de rire.

.......................

« Et celle-ci ? » Je désignai une annonce sur l'écran.

« Lis-la, je t'écoute », lança Sam, vautré de l'autre côté du lit, une boîte de pop-corn caramel sur les genoux.

« Tu ne peux pas faire une pause et venir voir ? » soupirai-je.

« Je mâche avec la bouche et j'entends avec les oreilles. Vas-y, lis, madame. »

Je roulai des yeux. « Alors... "Jeune homme ambitieux, diplômé en commerce, bonne présentation. Poste proposé : assistant personnel du PDG. Wilson Clothing. Présentez-vous au siège lundi matin, 9h, CV en main." »

Sam hocha la tête. « Tu ne crois pas que c'est un peu tard pour postuler ? »

« Pourquoi ? L'entretien est demain. Et on est dimanche après-midi. »

Il croisa les bras. « Le siège de Wilson, c'est à New York. »

Je restai figée. « Tu plaisantes ?! »

« Pas du tout. C'est une boîte énorme, Jen. Tu n'en as jamais entendu parler ? »

« Pas vraiment le temps ces derniers mois... » Je me jetai aussitôt sur les sites de vols. « Il faut que je réserve un billet, là, tout de suite ! » Mes doigts tremblaient. « J'en ai trouvé un, départ dans quatre heures. Oh mon Dieu, il faut que je fasse ma valise ! »

Je me précipitai vers mon placard, renversant mes vêtements sur le lit. « Pourquoi j'ai des fringues aussi ringardes ?! Il me faut une tenue pro. » Après plusieurs essais, j'en dénichai enfin une convenable.

« Tu peux jeter un œil à mon CV ? » demandai-je, en glissant trousses de maquillage et dossiers dans ma valise.

Samuel se rapprocha. « Tu sais que tu pourrais très bien trouver du travail ici, en Californie. Pourquoi aller si loin ? »

Je le fixai droit dans les yeux. « Sam, tu le sais. Travailler à New York, c'est mon rêve depuis toujours. S'il te plaît. C'est une chance en or. » Je posai ma main sur son bras.

Il resta silencieux un instant. « Et si tu t'installes là-bas ? Je resterai tout seul ici. »

« Ne dis pas ça. Je viendrai te voir, et tu pourras venir aussi. Rien ne changera entre nous », le rassurai-je. Après la mort de nos parents, nous n'avions compté que l'un sur l'autre.

Je lui lançai un regard ferme. « Samuel Landon Martin, concentre-toi. Vérifie mon CV, j'ai un avion à prendre. »

Il leva les mains en signe de reddition. « D'accord, chef. »

.......................

À l'aéroport, il me serra fort. « Bonne chance, fais de ton mieux. »

« Merci, Sam. Je te dois tout », répondis-je avec un sourire tremblant.

Il ébouriffa mes cheveux. « File, avant que je change d'avis. »

.......................

Quelques heures plus tard, sanglée dans mon siège, je fixais le hublot. Dire que j'étais stressée aurait été faible. L'avion devait atterrir à minuit, et j'avais déjà réservé un hôtel près du centre. Demain matin, ce serait le grand saut : mon entretien.

L'hôtesse rappela les consignes de sécurité. L'appareil quitta le sol.

New York, me voilà.

POINT DE VUE DE JENIFER

« Nous venons d'atterrir à l'aéroport JFK de New York. Il est minuit six, la température extérieure est de dix degrés. Vos bagages seront disponibles au tapis numéro vingt-cinq. Merci d'avoir choisi Delta Air Lines. » annonça l'hôtesse.

Mon cœur battait la chamade. J'y étais enfin : New York ! Je récupérai mon sac à la hâte, pressée d'aller me reposer. Éreintée par le vol, je me suis affalée sur le lit de ma chambre d'hôtel sans même dîner. Avant de sombrer, j'ai juste envoyé un message à Sam pour lui confirmer mon arrivée.

POINT DE VUE DE DAMIAN

« Bonjour, Monsieur Wilson ! » lança Stefan, mon directeur financier, en franchissant la porte de mon bureau.

Je m'installai dans mon fauteuil et allai droit au but :

- Le rapport du dernier trimestre est prêt ?

- Euh... oui, Monsieur.

- Alors, combien notre filiale de Seattle a-t-elle généré ?

Il bafouilla, incapable de me donner un chiffre.

- La collection d'hiver lancée ce trimestre est-elle rentable ? Quel est le ratio entre le bénéfice net et brut ?

- Je... je dois vérifier.

- Et concernant notre campagne avec le mannequin, quel a été l'impact sur le bénéfice par action ?

Il baissa les yeux, hésitant encore.

Ma patience céda :

- Vous êtes renvoyé, Stefan !

- Monsieur, je vous en prie, pardonnez-moi. Le rapport n'est pas terminé mais je le finaliserai aujourd'hui !

- La date limite était hier. Non seulement vous êtes en retard, mais vous ne m'avez même pas prévenu. Vous osez mentir. Je n'accepte pas ça.

- Donnez-moi une dernière chance...

- Ce n'est pas la première fois. Sortez.

Rouge de honte, il quitta la pièce.

Chapitre 2

J'appuyai aussitôt sur l'interphone.

- Natasha, où en est l'entretien pour l'assistante personnelle ?

- Tout est prêt, Monsieur. Les candidats attendent. Si vous le souhaitez, je peux les faire entrer un à un.

- Envoyez-les.

POINT DE VUE DE JENIFER

Le réveil me tira du sommeil à sept heures. Sans lui, j'aurais dormi jusqu'à midi tant j'étais vidée par le voyage. Mon estomac me rappela que je n'avais rien avalé depuis l'avion, à part quelques frites. J'appelai le room service : deux omelettes et un smoothie au chocolat. Repue, je filai sous la douche. Les produits de l'hôtel sentaient si bon que j'en profitai longuement.

Je pris ensuite le temps de me préparer pour l'entretien. Fond de teint, blush léger, un trait d'eye-liner, du mascara et un rouge à lèvres brun : mon visage me semblait plus assuré. Je glissai mon CV dans mon sac, accrochais le panneau « Nettoyez la chambre » à la porte et sortis.

Dehors, il ne fallut pas deux minutes pour héler un taxi.

- Bonjour mademoiselle, où puis-je vous conduire ?

- Bonjour. Chez Wilson Clothing, s'il vous plaît.

- Bien sûr.

Vingt minutes plus tard, il s'arrêta devant une tour de verre impressionnante. Je lui réglai la course.

- Bonne chance pour votre entretien, lança-t-il en souriant.

- Comment savez-vous que j'ai un entretien ?

- Votre CV dépassait de votre sac et vos pieds n'arrêtaient pas de taper le sol.

Je ris, gênée.

- Touché... Merci.

- Marco.

- Merci, Marco.

Je levai les yeux vers l'immense building, le logo de Wilson Clothing brillant au sommet. Une bouffée d'espoir me traversa : ce poste, je devais l'obtenir.

À l'intérieur, je me présentai au comptoir d'accueil.

- Bonjour, je viens pour l'entretien d'assistante personnelle.

- Votre nom, s'il vous plaît ?

- Jenifer Martin.

- Très bien, prenez le deuxième ascenseur, vingtième étage. Natasha vous y attendra.

- Merci beaucoup.

- Bonne chance !

Je souris et me dirigeai vers l'ascenseur. Plus il montait, plus l'angoisse serrait ma poitrine. Et si je n'étais pas à la hauteur ? Et s'ils ne m'aimaient pas ? Je soufflai un « Mon Dieu, aide-moi » avant d'arriver.

Au vingtième, une salle d'attente était déjà remplie de candidates, toutes venues pour le même poste. Qui ne rêverait pas d'assister un PDG aussi influent ? J'aperçus une employée et m'approchai.

- Bonjour, je suis là pour l'entretien.

- Bienvenue, je suis Natasha. Installez-vous, je vous appellerai quand ce sera votre tour.

- Merci. Excusez ma curiosité, mais... qui fera passer l'entretien ?

- Le PDG lui-même.

Mon estomac se noua.

Un quart d'heure plus tard, Natasha appela :

- Jenifer Martin !

Je me levai aussitôt.

- Oui ?

- Vous pouvez entrer.

Elle désigna le bureau d'un signe de tête.

Mon cœur battait si fort que j'avais l'impression qu'il allait exploser.

POINT DE VUE DE DAMIAN

« Je peux entrer ? » demanda une voix douce derrière la porte.

« Oui, venez. » répondis-je.

La poignée tourna et une jeune femme entra, vêtue d'une jupe noire et d'un chemisier blanc à col en V. Contrairement aux autres candidates trop maquillées, elle avait choisi la simplicité, ce qui la rendait encore plus élégante. J'espérais seulement qu'elle ait l'intelligence pour accompagner cette allure, car sans compétence, je ne la prendrais pas. Ses doigts jouaient nerveusement entre eux, un dossier blanc serré contre elle.

« Asseyez-vous. »

« Bonjour, Monsieur Wilson. Je m'appelle Jenifer Martin. » lança-t-elle d'une voix ferme. J'appréciai son aplomb : la plupart des autres n'avaient fait que balbutier.

« Donnez-moi votre CV. » dis-je en croisant son regard.

Elle tendit le dossier. Je l'ouvris : originaire de Californie, diplômée en commerce à l'Université d'État. Une excellente formation... mais aucune expérience. Surprenant, à vingt-cinq ans.

« Vous avez un diplôme solide, mais aucune pratique. Comment ça se fait ? » demandai-je.

« Il y a des raisons personnelles, monsieur... » répondit-elle en baissant les yeux.

Quelles raisons pouvaient justifier un tel vide ?

« Alors, expliquez-moi pourquoi je devrais vous choisir malgré ce manque. » lançai-je en refermant le dossier.

« Parce que je vous assure que, pour ma première opportunité, je donnerai tout. Je ne vous laisserai aucune occasion d'être déçu. Je suis prête à prouver que je mérite cette place. » dit-elle avec détermination.

Cette combativité m'arracha un sourire.

« Vous êtes sûre de vous, Madame Martin. » remarquai-je en riant légèrement.

Elle acquiesça avec confiance.

« J'aime votre assurance. Bienvenue comme assistante personnelle. »

« Merci infiniment, Monsieur Wilson ! » s'exclama-t-elle avec enthousiasme.

« Ne croyez pas que ce sera facile. »

« Tant mieux, les chemins trop fleuris ne m'intéressent pas. » répliqua-t-elle avec un sourire malicieux.

Décidément, cette attitude me plaisait.

« Demain, 8 h 30 précises, avec mon café. Je hais les retards. » annonçai-je en me levant.

« Ce sera fait, monsieur. »

Elle quitta le bureau en me lançant un dernier sourire discret. Enfin une candidate différente : pas de minauderies, une tenue sobre, tout était impeccable. Ravi de l'avoir choisie, j'appelai Natasha :

« L'entretien est clos. Faites entrer les autres. »

POINT DE VUE DE JENIFER

J'avais décroché le poste ? Sérieusement ? J'en tremblais encore. Il fallait absolument que je prévienne Sam. Je sortis mon téléphone et composai son numéro.

« Hé, Jen ! » répondit-il aussitôt.

« Sam ! Tu ne devineras jamais ce qui vient d'arriver ! » criai-je.

« Tu as croisé Gigi Hadid ? » plaisanta-t-il.

« Non ! J'ai obtenu le poste d'assistante personnelle chez Wilson Clothing ! »

« Quoi ?! Génial ! Félicitations, Jen ! Tu commences quand ? »

« Demain. » dis-je, encore fébrile.

« Mais... tu n'avais réservé ta chambre d'hôtel que pour aujourd'hui. Tu vas loger où ? »

« C'est bien le problème... Je dois trouver un logement et récupérer mes affaires ce week-end. »

Il marqua une pause.

« Tu te rappelles de Carter, mon pote de fac ? »

« Bien sûr, comment l'oublier... J'avais même un petit faible pour lui. Pourquoi ? »

« Il vit à New York. Tu pourrais rester chez lui le temps de trouver ton appart. »

« Tu crois ? Ça fait deux ans que vous n'avez plus de contact. »

« Laisse-moi gérer. Je l'appelle et je te tiens au courant avant midi. »

« D'accord. Merci, Sam. »

« Merci, Carter. Ça compte énormément. » dis-je en posant ma valise dans son deux-pièces. L'appartement était simple, mais parfait pour l'instant. Lui, par contre, avait beaucoup changé : plus musclé, une barbe soigneusement taillée. Je me souvenais encore de ses plaintes d'adolescent, frustré de ne pas avoir de poils au menton.

« Pas de souci, Jen. Tu es une amie. Ça ne te dérange pas que je dise ça ? »

« Bien sûr que non. » répondis-je en souriant. « Au fait, Sam m'a dit que ta copine vivait ici. Où est-elle ? »

« Elle doit rentrer d'un moment à l'autre. Elle travaille à... »

Chapitre 3

La sonnette retentit.

« Voilà, c'est elle. » dit-il en ouvrant la porte.

Je restai figée : Natasha, la jeune femme croisée à l'entretien, entra. Sa petite amie. Quelle coïncidence incroyable !

« Salut. » dit-elle en me reconnaissant.

« Salut. » répondis-je, amusée.

Carter passa un bras autour de sa taille.

« Vous vous connaissez déjà. Elle a décroché le poste aujourd'hui. Et c'est elle dont je t'ai parlé, qui va rester ici pour quelques semaines. »

Natasha me serra dans ses bras.

« Génial ! Une coloc féminine, ça me manquait. »

« Merci à vous deux de m'accueillir. Promis, dès que je trouve un appartement, je m'installe ailleurs. »

« Aucun problème ! » répondirent-ils ensemble.

Je souris : ce nouveau départ s'annonçait plein de surprises.

POINT DE VUE DE JENIFER

Je m'étais réveillée pile à l'heure pour mon premier jour de travail. J'avais choisi une tenue simple : un t-shirt blanc cassé, un pantalon noir ajusté et des talons assortis. Un peu de maquillage discret, mes cheveux bruns lâchés dans le dos, retenus par une petite pince.

« Prête, Jen ? » appela Natasha de l'autre côté de la porte.

« Oui, j'arrive. »

En sortant de ma chambre, je la découvris déjà impeccable : jupe crayon noire, t-shirt rose pâle. Elle rayonnait. Carter n'avait vraiment pas à se plaindre.

« On y va ? » lançai-je.

« Attends, prends un petit-déjeuner avant. Carter a tout préparé avant de filer au travail. »

« Sérieusement ? C'est adorable... et j'ai faim en plus. »

Dix minutes plus tard, nous roulions dans sa voiture en direction de Wilson Clothing.

« Dis, hier tu voulais que je demande à M. Wilson son café préféré. Tu sais comment il l'aime ? »

« À la cantine, il prend toujours un café corsé. Deux expressos suffisent. Après ça, tu suivras la routine habituelle. »

« D'accord. »

« Ne t'inquiète pas. M. Wilson est dur, froid et exigeant, mais tu es sérieuse. Tu t'en sortiras. »

« J'espère bien. » répondis-je en souriant.

Une fois installée, Natasha me montra la place qu'occupaient les anciens assistants. J'y déposai mon sac, rangeai les dossiers sur la table, versai de l'eau dans son verre et posai le journal économique, qu'il aimait parcourir dès le matin. Tout était prêt. Je filai ensuite au garde-manger préparer son café : deux expressos, un peu d'eau, un nuage de lait, un morceau de sucre. J'hésitai, puis saupoudrai une pincée de cannelle. C'était la recette de ma mère, mon café préféré. Peut-être qu'il apprécierait.

J'apportai la tasse sur un sous-verre dans son bureau. Je m'apprêtais à feuilleter un journal quand une voix grave me fit sursauter.

« Tôt pour commencer la journée, n'est-ce pas, Mme Martin ? »

Je me retournai brusquement. « Mon Dieu, vous m'avez fait peur. » Ma main s'était posée sur ma poitrine.

« Je ne pensais pas vous trouver ici », ajouta-t-il en avançant.

Il était... impressionnant. Costume bleu, chemise d'un ton clair, allure impeccable.

« Bonjour, M. Wilson. » dis-je avec un sourire nerveux.

« Bonjour. »

Son regard balaya la table préparée. Un léger sourire apparut.

« Je suppose que Natasha vous a tout expliqué. » Il prit place.

« Exactement. Voici votre café et les journaux du jour. »

Il porta la tasse à ses lèvres. Son visage se transforma. J'eus un frisson. Quelle idiote, Jen ! Pourquoi avoir innové le premier jour ?

« Qui a préparé ce café ? » demanda-t-il.

« Pardon ? » bredouillai-je.

« Vous avez bien entendu. »

Je déglutis. « C'est moi. »

Il plissa les yeux. « Il a un goût inhabituel. »

« J'y ai ajouté un peu de cannelle. C'était la recette de ma mère, j'adorais ça. Je suis désolée d'avoir changé vos habitudes. Je vais en refaire un immédiatement. » Je me dirigeai vers la sortie mais il m'arrêta.

« Jenifer ! »

Je me retournai, crispée.

« Ce café me plaît. À partir d'aujourd'hui, vous me le préparerez toujours ainsi. » dit-il avec un sourire discret.

« Vraiment ? Eh bien... merci. » Je haussai les épaules, un peu soulagée. « Que souhaitez-vous que je fasse en priorité ? »

Il enchaîna d'un ton ferme :

« Passez en revue les dossiers de nos concurrents, débiteurs et créanciers. Retenez les points essentiels, pas tout. Ensuite, envoyez un bouquet de roses jaunes à Mme Marie Boult avec un message clair : qu'elle cesse immédiatement de me contacter, sinon elle le regrettera. Enfin, je suis l'invité d'honneur à la cérémonie de remise des diplômes de NYU Post. Mon discours doit m'avoir été envoyé par mail, vérifiez-le. Voilà vos tâches pour aujourd'hui. »

J'eus du mal à reprendre mon souffle.

« Très bien, M. Wilson. » répondis-je avant de quitter son bureau pour me mettre au travail.

Au boulot, Jen.

POINT DE VUE DE JENIFER

Voilà un mois que je bosse pour M. Wilson. Franchement, ce n'est pas une sinécure. Son humeur change aussi vite qu'une aiguille de montre. Ce que j'ai compris de lui, c'est qu'il peut être correct si on l'est avec lui. Mais si on ose le contrarier, c'est l'enfer assuré. Je ne rigole pas. Pour l'instant, j'ai réussi à éviter qu'il me hurle dessus, sauf une fois, et encore, ce n'était même pas ma faute.

Ce week-end, je suis rentrée chez moi, mais je n'ai pas pu voir Sam. Il devait partir en France pour son boulot - il est dans le marketing, et ses déplacements sont fréquents. En attendant, je vis toujours avec Carter et Nats. On est devenus proches, et je leur dois beaucoup. Mais je ne peux pas rester indéfiniment chez eux. J'ai visité un appartement récemment, le loyer reste dans mes moyens, alors je pense emménager d'ici deux semaines.

Ce matin, lundi, je me préparais à affronter... M. « Pantalon Lunatique ». Oui, c'est comme ça que j'ai surnommé Damian Wilson.

« Salut Mila ! » lançai-je à la réceptionniste, qui est devenue une amie.

« Bonjour Jen, comment tu vas ? » répondit-elle avec un grand sourire.

« Ça va. Pour être honnête, M. Wilson n'est pas si terrible. »

« Tant mieux pour toi. Beaucoup le considèrent comme un vrai tyran. » dit-elle en me lançant un clin d'œil.

« J'ai entendu les mêmes histoires. Bon, je file, il peut arriver d'une minute à l'autre. »

« Bonne journée ! »

« À toi aussi. »

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