Je me suis réveillé avec cette douleur familière à l'estomac, le signe avant-coureur de ma fin passée. La lumière blafarde de Paris filtrait et, encore une fois, j'étais dans cette chambre luxueuse mais froide, partagée avec ma femme, Juliette Gordon. Mon téléphone vibra : Robert Clarke. Avant même de décrocher, je savais.
Le scandale avait éclaté. Les journaux affichaient Juliette et Alan Figueroa. Liaisons, chutes d'actions. Dans ma vie précédente, cette nouvelle m'avait anéanti, j'avais crié. Cette fois, j'ai juste coupé la sonnerie. La porte s'est ouverte, Juliette est entrée, les papiers du divorce à la main. « Kyle », commença-t-elle, « nous devons parler. Pour protéger Alan, la maison... nous devons divorcer. »
Je me suis souvenu. Ses mêmes mots, la même justification. Elle avait insisté sur sa dette envers la sœur décédée d'Alan. J'avais refusé de signer, et Alan m'avait accusé de harcèlement. Juliette l'avait protégé en me sacrifiant. J'avais tout perdu : ma réputation, ma dignité, ma vie, mort seul d'un ulcère. Se répétait le même schéma, la même trahison.
Elle croyait pouvoir tout racheter, tout arranger, comme avant. « Tu ne voudrais pas que ta famille à Bordeaux... », lança-t-elle, menaçante. D'accord. Je signerais. Je ne leur donnerais plus cette arme, mon amour.
« Mais j'ai une condition », dis-je, la regardant droit dans les yeux. « Je veux tout ce que tu proposes. » J'ai signé les papiers, sans les lire. « Ce ne sont que des choses matérielles après tout. » Puis je leur ai demandé de partir. Ils riaient. Cette fois, la victoire ne serait pas la leur. Mon téléphone vibra : Robert, répétant les mêmes mots sur la culpabilité de Juliette. Je me souvenais de sa réponse glaçante : « Parce que je sais que tu m'aimes, Kyle. Alan, lui, ne le supporterait pas. »
Cette fois, elle ne m'utiliserait plus. Cette fois, je reprendrais ma vie en main.
Je me suis réveillé à cause de la douleur sourde dans mon estomac, une sensation familière qui me rappelait la fin de ma vie antérieure. La lumière blafarde de l'aube parisienne filtrait à travers les rideaux, et j'étais de retour dans cette chambre luxueuse mais froide, celle que je partageais avec ma femme, Juliette Gordon.
Mon téléphone vibrait sur la table de chevet. C'était Robert Clarke, notre ami commun. Avant même de répondre, je savais ce qu'il allait dire.
Le scandale avait éclaté.
Les journaux à scandale parisiens affichaient en première page des photos de Juliette avec son jeune protégé, le mannequin Alan Figueroa. Les titres criaient à la liaison, à la femme riche entretenant son amant. Les actions de la maison de couture de Juliette chutaient déjà.
Dans ma vie passée, cette nouvelle m'avait anéanti. J'avais crié, j'avais exigé des explications, j'avais lutté. Cette fois, j'ai simplement éteint la sonnerie.
La porte de la chambre s'est ouverte doucement. Juliette est entrée, son visage habituellement parfait marqué par la fatigue et l'anxiété. Elle tenait une chemise en papier à la main. Les papiers du divorce.
« Kyle, » a-t-elle commencé, sa voix tendue. « Nous devons parler. »
Je me suis assis sur le lit, le regard vide. Je savais exactement ce qu'elle allait demander.
« Pour protéger Alan, » a-t-elle poursuivi, évitant mon regard, « pour protéger la réputation de la maison... nous devons divorcer. Immédiatement. Nous dirons à la presse que nous sommes séparés depuis un an. C'est la seule solution. »
Elle a posé les papiers sur le lit.
Dans ma vie antérieure, elle avait utilisé les mêmes mots. Elle avait invoqué sa dette envers la mentor d'Alan, sa sœur décédée dans un accident de voiture en la protégeant d'un scandale. Elle avait promis de prendre soin de lui.
Je me suis souvenu de la suite. Ma colère, mon refus, puis les fausses accusations. Alan avait payé un stagiaire pour m'accuser de harcèlement. Juliette, pour le protéger, avait choisi de me sacrifier. J'avais tout perdu : ma réputation, ma dignité, et finalement, ma vie, mort seul dans un hôpital sordide d'un ulcère perforé, le corps rongé par le stress et le chagrin.
Cette fois, le schéma se répétait. Le même scandale, la même demande, la même justification.
« Je comprends que c'est difficile, » a dit Juliette, essayant de paraître compatissante. « Mais c'est temporaire. Une fois que tout sera calmé, nous pourrons... »
« Nous réconcilier ? » ai-je terminé sa phrase, un sourire sans joie sur mes lèvres.
Elle a semblé surprise par mon calme. Elle a hoché la tête. « Oui. Je t'achèterai ce que tu veux. La nouvelle voiture de sport que tu regardais ? La maison à Deauville ? »
À ce moment, Alan est apparu dans l'encadrement de la porte, les yeux rougis, l'air d'une victime innocente.
« Kyle... je suis désolé, » a-t-il murmuré. « C'est de ma faute. Si tu es en colère, frappe-moi. Je... je vais m'agenouiller. »
Il a fait un pas en avant, prêt à tomber à genoux.
« Alan, arrête ! » a crié Juliette, se précipitant pour le retenir. Elle l'a serré contre elle, le réconfortant, puis s'est tournée vers moi, l'impatience dans le regard. « Kyle, ne rends pas les choses plus difficiles. »
Elle a ajouté, sa voix se faisant plus basse, menaçante : « Pense à ta famille à Bordeaux. Tu ne voudrais pas que... »
« D'accord, » ai-je dit, l'interrompant.
Elle s'est figée. « Quoi ? »
« Je signe. »
Je me suis souvenu comment, dans ma vie passée, ma résistance n'avait fait qu'accélérer ma chute. Ils avaient utilisé mon amour pour me détruire. Cette fois, je ne leur donnerai pas cette arme.
Juliette m'a regardé, stupéfaite. Le calme avec lequel j'ai accepté l'a complètement déstabilisée.
« Mais j'ai une condition, » ai-je ajouté, la regardant droit dans les yeux.
« N'importe laquelle, » a-t-elle répondu, visiblement soulagée.
« Je veux tout ce que tu proposes dans l'accord. La maison, la voiture, l'argent. Je ne lirai même pas les détails. »
J'ai pris le stylo sur la table de chevet et j'ai signé les papiers d'un trait net et rapide, sans même y jeter un coup d'œil.
« Tu... tu ne lis pas ? » a-t-elle demandé, fronçant les sourcils.
« Pourquoi le ferais-je ? » ai-je répondu avec un léger sourire. « Ce ne sont que des choses matérielles. »
Je me suis levé. « Maintenant, si vous pouviez partir. J'ai besoin de me reposer. »
Juliette m'a regardé, un mélange de confusion et de suspicion sur son visage. Alan, à côté d'elle, affichait un sourire triomphant à peine dissimulé. Ils sont partis sans un mot de plus.
Je me suis souvenu de son sourire victorieux la dernière fois. Cette fois, la victoire ne serait pas la sienne.
Mon téléphone a de nouveau vibré. C'était un message de Robert. « Kyle, je sais que c'est dur. Mais Juliette se sent coupable à cause de la mort de la sœur d'Alan. Elle ne le fait pas pour te blesser, elle se sent juste redevable. »
J'ai ri amèrement, les larmes me montant aux yeux. Les mêmes mots. Exactement les mêmes mots que dans ma vie antérieure. À l'époque, j'y avais cru. J'avais cru qu'elle m'aimait encore, qu'elle faisait un sacrifice nécessaire.
Je me suis souvenu de lui avoir demandé : « Pourquoi moi ? Pourquoi me sacrifier moi ? »
Et sa réponse, glaciale : « Parce que je sais que tu m'aimes, Kyle. Tu comprendras. Alan, lui, ne le supporterait pas. »
Son amour était une arme qu'elle utilisait contre moi.
Cette fois, je ne serai plus la victime. Cette fois, je reprendrai ma vie.
Juliette a agi vite. En moins de vingt-quatre heures, une conférence de presse a été organisée dans le salon d'un grand hôtel parisien.
Son assistant est venu me chercher. Un jeune homme ambitieux au sourire faux.
« Monsieur Larson, » a-t-il dit avec une politesse exagérée. « Madame Gordon vous attend. Il est important que vous montriez un front uni. Pour votre réputation à tous les deux. »
J'ai ri doucement. Ma réputation ? Ils l'avaient déjà détruite une fois. Qu'est-ce que c'était, une fois de plus ?
« Allons-y, » ai-je simplement dit.
Dans la voiture, je me suis demandé ce que Juliette était pour moi. Ma femme ? Mon ennemie ? La ligne était si floue, si douloureuse.
En arrivant à l'hôtel, les flashs des appareils photo crépitaient. Juliette était déjà sur l'estrade, Alan à ses côtés. Elle lui tenait la main, un geste de protection maternelle qui, pour le public, ressemblait à de l'intimité. Elle portait une robe sobre mais élégante de sa propre marque. Lui, un costume parfaitement coupé, le visage pâle et triste.
Ils formaient un tableau parfait. La femme puissante et son jeune protégé vulnérable. Et moi, le mari, l'accessoire oublié sur le côté.
Je me suis assis à la place qui m'était réservée, un peu à l'écart. Un rire silencieux m'a secoué. La mise en scène était parfaite.
Un jeune journaliste, probablement un stagiaire envoyé au front, a posé la première question.
« Monsieur Larson, est-il vrai que vous et Madame Gordon êtes en procédure de divorce ? »
J'ai pris le micro. « Oui, c'est exact. »
Mon calme a semblé surprendre l'assemblée. Juliette m'a jeté un regard rapide, un mélange d'approbation et d'inquiétude.
Le journaliste a insisté. « Mais vous êtes ensemble depuis près de dix ans. Vous avez quitté votre carrière et votre vignoble à Bordeaux pour elle. On dit que vous lui avez offert un diamant d'une valeur inestimable pour votre anniversaire de mariage. Après tout ça, vous divorcez juste comme ça ? »
J'ai souri. « Ce n'était pas un cadeau. C'était une dette que je payais. »
Un murmure a parcouru la salle. Juliette s'est raidie.
Le journaliste a froncé les sourcils. « Une dette ? »
Je me suis souvenu. Ce fameux anniversaire. Elle ne s'était pas présentée. Elle était restée toute la nuit à l'hôpital parce qu'Alan avait attrapé un simple rhume. Le lendemain, Robert m'avait dit : « Sois compréhensif, elle se sent coupable. Compense. » Alors j'avais acheté ce diamant. Pour "compenser" sa négligence.
Le journaliste, sentant une histoire, a posé la question fatidique.
« Monsieur Larson, après toutes ces années... aimez-vous encore Madame Gordon ? »
Tous les regards se sont tournés vers moi. Juliette me fixait, ses yeux suppliants, attendant que je joue mon rôle, que je dise que nous nous séparions en bons termes.
J'ai regardé Juliette droit dans les yeux.
« Non, » ai-je dit, ma voix claire et froide. « Je ne l'aime plus. »
Un silence de mort est tombé sur la salle. Le visage de Juliette s'est décomposé.
J'ai posé le micro. « L'interview est terminée. »
Je me suis levé et j'ai quitté la salle, ignorant les cris des journalistes.