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L'Amour Trahi, La Vengeance D'Aline

L'Amour Trahi, La Vengeance D'Aline

Auteur:: Backdraft
Genre: Moderne
Il y a cinq ans, ma sœur adoptive, Dalie, a fauché une personne en conduisant ivre, puis a pris la fuite. Mes parents et mon fiancé, Raphaël, m'ont alors suppliée de me dénoncer à sa place. Selon eux, elle était trop fragile, trop dépressive pour survivre à la prison. J'ai refusé. Ils ont donc utilisé leur argent pour fabriquer des preuves contre moi. J'ai été condamnée. Cinq ans plus tard, je sors de prison, et c'est Raphaël qui m'attend. Il est sur le point d'épouser Dalie. Dans la maison familiale, ma chambre est devenue la sienne ; on m'a reléguée dans celle de la bonne, au grenier. Mais le pire, c'est le mensonge sur lequel tout repose. Des années plus tôt, j'ai sauvé Raphaël d'une leucémie en lui donnant ma moelle osseuse, en secret. Dalie a volé mon acte, falsifié les preuves et s'est fait passer pour son héroïne. C'est pour cette fausse dette qu'il m'a trahie, qu'ils m'ont tous sacrifiée. Ils me croient anéantie, une ex-détenue qu'ils peuvent manipuler. Ils ne savent pas que mon véritable plan a commencé bien avant ma libération. Un contact secret, une nouvelle identité, un billet pour une nouvelle vie. Je n'ai plus que dix jours à supporter leur mascarade. Ensuite, Aline Fuchs n'existera plus.

Chapitre 1

Il y a cinq ans, ma sœur adoptive, Dalie, a fauché une personne en conduisant ivre, puis a pris la fuite.

Mes parents et mon fiancé, Raphaël, m'ont alors suppliée de me dénoncer à sa place. Selon eux, elle était trop fragile, trop dépressive pour survivre à la prison.

J'ai refusé. Ils ont donc utilisé leur argent pour fabriquer des preuves contre moi. J'ai été condamnée. Cinq ans plus tard, je sors de prison, et c'est Raphaël qui m'attend. Il est sur le point d'épouser Dalie. Dans la maison familiale, ma chambre est devenue la sienne ; on m'a reléguée dans celle de la bonne, au grenier.

Mais le pire, c'est le mensonge sur lequel tout repose. Des années plus tôt, j'ai sauvé Raphaël d'une leucémie en lui donnant ma moelle osseuse, en secret. Dalie a volé mon acte, falsifié les preuves et s'est fait passer pour son héroïne. C'est pour cette fausse dette qu'il m'a trahie, qu'ils m'ont tous sacrifiée.

Ils me croient anéantie, une ex-détenue qu'ils peuvent manipuler. Ils ne savent pas que mon véritable plan a commencé bien avant ma libération. Un contact secret, une nouvelle identité, un billet pour une nouvelle vie. Je n'ai plus que dix jours à supporter leur mascarade. Ensuite, Aline Fuchs n'existera plus.

Chapitre 1

Il y a cinq ans, ma sœur adoptive, Dalie Fuchs, a fauché une personne en conduisant ivre, puis elle a pris la fuite. Mes parents et mon fiancé, Raphaël Couture, m'ont suppliée de me dénoncer à sa place. Ils disaient que Dalie était trop fragile, dépressive, qu'elle ne survivrait pas à la prison. J'ai refusé. Ils ont donc utilisé leur argent et leur influence pour s'assurer que toutes les preuves mènent à moi. J'ai été condamnée.

Aujourd'hui, je sors de prison.

L'air froid de l'hiver me frappe le visage. C'est la première fois en cinq ans que je respire un air qui n'a pas l'odeur du désinfectant et du désespoir. Je plisse les yeux, le soleil me semble trop vif. Une voiture noire, luxueuse et silencieuse, s'arrête juste devant moi. La portière s'ouvre.

Raphaël sort de la voiture. Il est impeccable, comme toujours. Costume sur mesure, chaussures qui brillent, cheveux parfaitement coiffés. Pas une seule trace des cinq dernières années sur son visage. Il me regarde, un mélange de pitié et de gêne dans les yeux.

Il s'approche, son regard s'attarde sur mes cheveux coupés court, sur mon visage plus dur, et finalement sur ma jambe droite. Je boite légèrement, un souvenir permanent des violences subies là-bas.

« Aline, tu es sortie. »

Sa voix est douce, comme s'il parlait à une blessée.

Je ne réponds pas. Je me contente de le regarder.

Il fait un pas de plus, essaie de prendre ma main, mais je la retire. Un malaise flotte entre nous.

« Montre dans la voiture, il fait froid. On va rentrer à la maison. »

La "maison". Ce mot sonne faux dans sa bouche. Je le suis sans un mot et m'assieds sur le cuir souple du siège passager. Le silence dans la voiture est lourd. Il conduit, ses mains gantées de cuir serrées sur le volant.

« On va tout recommencer, Aline. Je te le promets. On se mariera, comme prévu. Tout redeviendra comme avant. »

Je tourne la tête et regarde le paysage parisien défiler. Les rues sont les mêmes, mais je ne suis plus la même. "Comme avant" n'existera plus jamais. Mon amour pour cet homme est mort le jour où il a choisi de me sacrifier.

Je sens son regard sur moi, il attend une réponse, une larme, n'importe quoi. Je reste silencieuse.

Il soupire. « Tes parents ne sont pas venus. Dalie a eu une autre crise de panique ce matin. Ils sont restés pour s'occuper d'elle. »

Dalie. Encore et toujours Dalie. La fille adoptive parfaite, la petite chose fragile qu'il faut protéger à tout prix. Moi, leur fille biologique retrouvée sur le tard, à l'âge de quinze ans, j'ai toujours été l'intruse, la pièce rapportée, trop brute, pas assez polie pour leur monde.

La voiture entre dans l'allée de la somptueuse demeure des Fuchs. Le majordome, Jean, ouvre la portière. Il me regarde avec un mépris à peine voilé.

« Mademoiselle Aline est de retour. »

Sa voix est plate. Il ne me regarde pas dans les yeux.

Raphaël pose une main sur mon épaule. « Va te reposer. Je vais voir comment va Dalie. »

Il n'attend pas ma réponse et monte les escaliers quatre à quatre.

Jean s'éclaircit la gorge. « Madame Fuchs m'a demandé de vous informer que votre ancienne chambre est maintenant occupée. Vos affaires ont été déplacées dans la chambre de service, au grenier. »

Chaque mot est une humiliation soigneusement choisie.

Je hoche la tête, sans expression. Je connais le chemin. Je monte les escaliers de service, ceux que le personnel utilise. Ma claudication rend chaque marche douloureuse. La chambre est petite, poussiéreuse, avec un lit simple et une petite lucarne. C'est à peine mieux que ma cellule.

Je m'assieds sur le lit. Des voix étouffées me parviennent du salon, en bas.

« Raphaël, tu ne devrais pas t'inquiéter pour elle. C'est une fille forte. Dalie, elle, a besoin de toi. » C'est ma mère.

« Je sais, mais... je me sens coupable. » C'est Raphaël.

« Il n'y a pas de raison. C'était la meilleure solution pour tout le monde. Maintenant, nous devons nous assurer qu'elle ne cause pas de problèmes. » C'est mon père.

Je ferme les yeux. Je savais à quoi m'attendre, mais l'entendre est une autre forme de torture. Je sors de ma poche un petit téléphone usé que j'ai réussi à garder secret. Un seul message non lu.

Il vient d'un contact anonyme. « Confirmation. Programme Kourou. Phase finale activée. Départ dans dix jours. Nouvelle identité prête. Rendez-vous au point de contact habituel. Ne répondez pas. Détruisez après lecture. »

Un sourire glacial se dessine sur mes lèvres. Dix jours. Je dois supporter cette mascarade encore dix jours. Ensuite, Aline Fuchs disparaîtra pour toujours.

Chapitre 2

Le programme spatial de Kourou. C'était mon rêve, ma porte de sortie, avant même que l'enfer ne commence. J'avais été acceptée dans le plus grand secret, juste avant l'accident. Une place d'ingénieur dans un programme classifié. C'était ma chance de fuir cette famille toxique, de construire ma propre vie.

Puis Dalie avait tout détruit. Cinq ans de ma vie, volés.

Pendant mon incarcération, je n'ai jamais perdu contact. Un vieil ami de mon orphelinat, qui travaille maintenant pour les services de renseignement, a servi d'intermédiaire. Il a maintenu mon dossier actif, expliquant mon "absence" par une mission secrète. Il a tout risqué pour moi.

Maintenant, il est temps de réclamer ce qui m'appartient.

Le message confirme que mon billet pour la Guyane est prêt. Dans dix jours, je commencerai une nouvelle vie, sous un nouveau nom. Personne ne me retrouvera jamais.

Dix jours. Je peux le faire. Après cinq ans en prison, dix jours de plus, ce n'est rien.

Le lendemain soir, la maison est en effervescence. C'est l'anniversaire de Dalie. Mes parents ont organisé une grande réception. Le salon est rempli d'invités de la haute société parisienne, tous souriants et faux.

Je suis là, dans un coin, vêtue d'une simple robe noire que j'ai trouvée dans l'armoire de ma chambre de bonne. Personne ne me parle. Je suis un fantôme, une tache sombre dans ce tableau de luxe et de joie.

Dalie est le centre de l'univers. Elle porte une robe de créateur, étincelante, et rit aux éclats, accrochée au bras de Raphaël. Elle n'a jamais semblé aussi heureuse, aussi épanouie. Pas la moindre trace de dépression ou de fragilité. Juste une actrice talentueuse dans son meilleur rôle.

Raphaël me voit. Il a l'air mal à l'aise. Il s'approche, me tendant une coupe de champagne.

« Tu devrais te mêler aux autres, Aline. Essayer de t'amuser. »

Je regarde la coupe sans la prendre. « Je n'ai pas soif. »

À ce moment, Dalie nous rejoint. Son sourire est doux, mais ses yeux sont durs comme de la pierre.

« Raphaël, chéri, laisse-la. Tu vois bien qu'elle n'est pas à sa place ici. » Elle se tourne vers moi. « Aline, tu pourrais au moins jouer un morceau au piano pour mon anniversaire ? Ça mettrait un peu d'ambiance. Tu joues si bien. »

C'est un ordre, pas une demande. Une façon de me rappeler ma place : l'artiste de service, là pour divertir. Avant, j'adorais jouer. En prison, mes doigts se sont raidis. La musique a quitté mon âme.

« Non. »

Le mot est sec, définitif. Le sourire de Dalie se fige. Raphaël fronce les sourcils.

Mes parents, qui discutaient non loin avec un couple d'industriels, ont entendu. Ma mère s'approche, le visage fermé. Elle se penche et me murmure à l'oreille, en italien, pensant que je ne comprendrais pas.

« Arrête de faire ta difficile. Fais ce que ta sœur te dit. Ne nous mets pas dans l'embarras. »

Mon père ajoute, dans la même langue : « Elle a toujours été sauvage. Cinq ans de prison ne l'ont pas changée. »

Je ne bouge pas. Je les laisse croire que je suis ignorante. Mais j'ai appris l'italien en prison. J'ai eu beaucoup de temps libre. C'était mon secret, ma petite victoire sur eux.

Je sens les regards peser sur moi. La pitié, le jugement, le mépris. Je me lève lentement, ma jambe me faisant souffrir.

« Je suis un peu fatiguée. Je vais monter me coucher. Joyeux anniversaire, Dalie. »

Je quitte le salon sans un regard en arrière. Je monte les escaliers de service, le bruit de la fête s'estompant derrière moi.

Dans ma petite chambre, je regarde par la lucarne. La lune est pleine. Je sors mon vieux téléphone. Je regarde la date. C'est aussi mon anniversaire aujourd'hui. Ils ont oublié. Encore une fois.

Chapitre 3

Neuf jours avant mon départ.

Je ne peux pas rester enfermée dans cette maison, à attendre. J'ai besoin d'argent, juste assez pour tenir jusqu'à mon arrivée en Guyane. Le peu que j'avais a disparu. Mes parents ont probablement "géré" mes comptes.

Je sors tôt le matin. Paris est gris et humide. Je marche, ignorant les regards curieux sur ma démarche hésitante. Je finis par trouver un petit café qui cherche une serveuse pour quelques jours. Le patron, un homme bourru au grand cœur, ne pose pas de questions. Il voit juste une femme qui a besoin de travailler.

« Tu peux commencer tout de suite. Le service du midi va être chargé. »

Je passe la journée à courir entre les tables, à prendre des commandes, à servir des cafés. Le travail est dur, physique. Ma jambe me lance, mais la douleur me rappelle que je suis vivante, que je suis libre.

Le soir, je rentre à la demeure des Fuchs, épuisée. Je gagne ma chambre sans croiser personne. C'est mieux ainsi.

Le lendemain, alors que je suis en pleine heure de pointe, la cloche de la porte du café tinte. Je me retourne, un carnet à la main.

C'est Raphaël.

Il me regarde, abasourdi. Il ne s'attendait pas à me trouver ici, dans ce modeste café, avec un tablier sale. Son regard balaie la salle, comme s'il avait honte d'être vu dans un endroit pareil.

« Aline ? Qu'est-ce que tu fais ici ? »

« Je travaille. »

Il s'approche de ma table. « Tu n'as pas besoin de faire ça. Tu aurais pu me demander de l'argent. »

« Je n'ai pas besoin de ta pitié, Raphaël. »

Il a l'air blessé. Il sort une petite boîte de sa poche.

« Je... J'ai réalisé hier que c'était aussi ton anniversaire. Je suis désolé, j'ai oublié. Je t'ai acheté ça. »

Il ouvre la boîte. C'est un gâteau miniature, un opéra, mon préféré. Ou plutôt, celui que je préférais avant. Avant lui. Avant tout.

Un souvenir me revient. Il y a des années, Raphaël a eu besoin d'une greffe de moelle osseuse. Leucémie. C'était grave. Moi, j'étais compatible. Personne ne le savait, sauf le médecin de famille, un homme de confiance que j'avais supplié de garder le secret. Je ne voulais pas que ma famille m'accuse de vouloir les "acheter" avec ce don. Je l'ai fait, anonymement. L'opération a été un succès.

Mais Dalie, apprenant que j'étais potentiellement compatible, a vu une opportunité. Elle a soudoyé le médecin, falsifié les dossiers et fait croire à tout le monde, y compris à Raphaël, que c'était elle la donneuse. Elle est devenue son héroïne, celle qui lui a sauvé la vie. C'est à ce moment-là que Raphaël a commencé à la voir différemment. C'est ce mensonge qui a scellé mon destin.

Il me tend le gâteau. « C'est ton préféré, non ? »

Je le regarde, puis je regarde le gâteau. Mon estomac se noue.

« Je n'aime plus l'opéra. »

Son sourire s'efface. Il ne comprend pas. Pour lui, je suis toujours la même Aline, celle qu'il a mise en cage.

Je lui tourne le dos et vais prendre la commande d'une autre table. Je l'entends soupirer.

Soudain, son téléphone sonne. Il répond. Son visage se crispe.

« Quoi ? Dalie ? Qu'est-ce qui se passe ? J'arrive tout de suite ! »

Il raccroche et se précipite vers moi.

« C'est Dalie. Elle a encore fait une crise. Elle est à l'hôpital. Je dois y aller. »

Il n'attend même pas ma réponse. Il court hors du café, laissant la petite boîte avec le gâteau sur la table.

Quelques minutes plus tard, mon propre téléphone vibre. C'est un flash info d'un site people.

"Dalie Fuchs, la fiancée du magnat du luxe Raphaël Couture, a tenté de se suicider en se jetant dans la Seine. Elle a été sauvée de justesse. Selon des sources proches, elle souffrirait d'une grave dépression suite au retour de sa sœur, une ex-détenue."

Je regarde la photo qui accompagne l'article. Dalie, enveloppée dans une couverture, l'air fragile et terrifiée, dans les bras d'un Raphaël protecteur.

Quelle comédie. Elle n'a même pas les cheveux mouillés.

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