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L'Amour Retrouvé, Le Passé Oublié

L'Amour Retrouvé, Le Passé Oublié

Auteur:: Dorice Kadner
Genre: Romance
Trois ans. Trois ans que j'avais fui Paris, cette ville devenue le cimetière de mes souvenirs, après la trahison la plus humiliante de ma vie. Sophie, ma fiancée, l'amour de ma vie, m'avait abandonné la veille de notre mariage, troquant notre avenir contre une alliance de pouvoir avec son cousin Marc, sous les ricanements de ma propre famille. Cette disgrâce publique m'avait poussé à tout quitter, à m'exiler en Provence, loin de ce monde cruel qui m'avait broyé, laissant derrière moi l'architecte prometteur que j'étais pour devenir un homme brisé. Je ne comprenais pas. Comment l'amour que nous partagions, si pur, si évident, avait-il pu se transformer en une telle perfidie du jour au lendemain ? Qu'avais-je fait pour mériter un tel mépris ? Aujourd'hui, une promotion inattendue me force à revenir à Paris, mais cette fois, je ne suis plus seul. J'ai une femme, Marie, et une fille, Léa, et je suis prêt à tout pour protéger ce bonheur chèrement acquis de l'ombre du passé.

Introduction

Trois ans. Trois ans que j'avais fui Paris, cette ville devenue le cimetière de mes souvenirs, après la trahison la plus humiliante de ma vie.

Sophie, ma fiancée, l'amour de ma vie, m'avait abandonné la veille de notre mariage, troquant notre avenir contre une alliance de pouvoir avec son cousin Marc, sous les ricanements de ma propre famille.

Cette disgrâce publique m'avait poussé à tout quitter, à m'exiler en Provence, loin de ce monde cruel qui m'avait broyé, laissant derrière moi l'architecte prometteur que j'étais pour devenir un homme brisé.

Je ne comprenais pas. Comment l'amour que nous partagions, si pur, si évident, avait-il pu se transformer en une telle perfidie du jour au lendemain ? Qu'avais-je fait pour mériter un tel mépris ?

Aujourd'hui, une promotion inattendue me force à revenir à Paris, mais cette fois, je ne suis plus seul. J'ai une femme, Marie, et une fille, Léa, et je suis prêt à tout pour protéger ce bonheur chèrement acquis de l'ombre du passé.

Chapitre 1

Le train entrait en gare de Lyon, son sifflement long et strident se mêlant au brouhaha de la foule parisienne. Trois ans. Trois ans que je n'avais pas respiré cet air, ce mélange de pots d'échappement, de bitume chaud et d'une sorte d'énergie fiévreuse propre à Paris. Je tenais la main de Marie, ma femme, et de l'autre, le petit sac de notre fille, Léa. Elle dormait, la tête appuyée contre l'épaule de sa mère, ignorant tout du monde que nous nous apprêtions à affronter.

Mon retour n'était pas un choix, mais une nécessité professionnelle. Une promotion inattendue, un projet prestigieux que je ne pouvais refuser. Mais pour moi, Paris n'était pas la ville des opportunités, c'était un cimetière de souvenirs.

Le dîner chez ma tante était inévitable. C'était la première chose à faire, une sorte de passage obligé pour marquer mon retour dans le giron familial. Son appartement du 16ème arrondissement n'avait pas changé, tout y était figé dans une opulence silencieuse, sentant la cire d'abeille et les regrets polis.

Ma tante, la veuve de l'oncle de mon père, une Dubois par alliance mais plus snob que n'importe qui, m'inspecta de la tête aux pieds.

« Pierre, te voilà enfin. Tu as l'air... différent. La campagne t'a durci. »

Mon cousin, Jean-Luc, était assis dans un fauteuil, un verre à la main. Il me gratifia d'un sourire en coin.

« Il a l'air d'un paysan, tu veux dire. Dis-moi, Pierre, tu élèves des chèvres, maintenant ? »

Je n'ai pas répondu. J'ai appris à ne plus gaspiller mon énergie.

Le sujet est arrivé vite, sans détour, comme un plat qu'on pose brutalement sur la table.

« Tu es au courant pour Sophie, n'est-ce pas ? » a demandé ma tante.

Mon cœur s'est serré, un réflexe idiot après tout ce temps.

« Je sais qu'elle est veuve. »

« Une tragédie, bien sûr, ce pauvre Marc, » a-t-elle dit sans la moindre trace de tristesse. « Mais c'est une opportunité, Pierre. Une chance inouïe. La famille de Valois, leur domaine viticole... Sophie est seule maintenant. Elle a toujours eu un faible pour toi. Tu devrais la voir. C'est pour ton bien, pour le bien de la famille. »

Le souvenir m'a frappé avec la violence d'un coup de poing. La veille de notre mariage, il y a trois ans. J'avais tout préparé, l'appartement que j'avais rénové moi-même, le futur que j'avais dessiné, plan par plan, comme mes projets d'architecte.

Et puis elle est arrivée. Pas Sophie, mais sa mère. Une femme froide et élégante, qui m'a tendu une enveloppe. Dedans, un simple mot, écrit de la main de Sophie. « C'est fini. J'épouse Marc. Ne me cherche pas. »

Le lendemain, les journaux parlaient du mariage surprise de Sophie de Valois, l'héritière, avec son cousin éloigné, Marc de Valois, un homme d'affaires en pleine ascension. Moi, Pierre Dubois, l'architecte prometteur, j'étais devenu la risée de Paris. L'homme abandonné au pied de l'autel.

L'humiliation a été si forte, si publique, que je n'ai pas pu rester. J'ai tout vendu, j'ai démissionné de mon poste et je suis parti. Je me suis réfugié en Provence, le plus loin possible de leur monde.

Jean-Luc a ricané.

« Maman a raison. Sophie t'attend, c'est sûr. Tu imagines ? Refaire ta vie avec elle, mettre la main sur le vignoble. Tu serais enfin quelqu'un. »

J'ai regardé ma tante, puis mon cousin. Leurs visages avides, leurs yeux qui ne voyaient que le statut, l'argent. Ils ne savaient rien. Ils ne comprenaient rien.

« C'est impossible, » ai-je dit calmement.

Ma tante a froncé les sourcils, impatiente.

« Ne sois pas stupide, Pierre. L'orgueil ne paie pas les factures. Elle t'a humilié, et alors ? C'est le passé. Maintenant, elle regrette. »

« Ce n'est pas une question d'orgueil. »

J'ai fait une pause, savourant le petit moment de pouvoir que j'avais sur eux.

« Je suis marié. »

Le silence est tombé dans le salon. Un silence lourd, stupéfait. Ma tante a ouvert la bouche, mais aucun son n'en est sorti. Jean-Luc a reposé son verre, le regard fixé sur moi.

« Et j'ai une fille. Elle s'appelle Léa. Elle a deux ans. »

Je les ai laissés avec cette nouvelle, cette bombe qui venait de pulvériser leurs plans. Dans ma tête, une autre image s'est formée, chassant le souvenir glacial de la rupture.

Je me suis revu, des années auparavant, sous la tonnelle du domaine des de Valois. Le soleil de fin d'après-midi filtrait à travers les feuilles de vigne. Sophie était là, assise en face de moi. Elle riait, ses yeux pétillant de malice. On était jeunes, on était amoureux. Elle me parlait de son rêve de moderniser le chai, et je dessinais des croquis sur une nappe en papier. Notre amour était simple, évident, comme une certitude.

C'est à ce moment-là qu'un homme s'est approché de notre table. Grand, élégant, avec un sourire qui n'atteignait pas ses yeux.

« Sophie, ma chère cousine. »

Elle s'était levée pour l'embrasser.

« Marc ! Quelle surprise. Je te présente Pierre. »

Marc m'avait serré la main, une poigne ferme, presque agressive. Son regard m'avait jaugé, de haut en bas. Un regard qui disait : tu n'es pas des nôtres.

Je n'y avais pas prêté attention à l'époque. J'étais trop occupé à être heureux. Je ne savais pas que le serpent venait d'entrer dans mon jardin d'Éden.

Les conversations ont commencé à changer. Les gens nous regardaient différemment quand Marc était là. On comparait son costume sur mesure à ma veste en tweed. On parlait de ses investissements à Hong Kong, et mes projets d'architecture semblaient soudain bien modestes. Une petite graine de doute a été plantée en moi. Étais-je assez bien pour elle ? Pour sa famille ?

Je me souviens d'avoir voulu maintenir nos petites traditions. Comme chaque année pour son anniversaire, je devais apporter moi-même l'invitation pour la fête de famille à sa grand-mère. Une vieille coutume un peu désuète, mais qui comptait pour nous. Ce jour-là, quand je suis arrivé au manoir familial, le majordome m'a dit que Sophie était sortie.

« Avec Monsieur Marc, » avait-il précisé.

J'ai laissé l'invitation. Elle ne m'a jamais rappelé pour me remercier. C'était la première fois. La première fissure dans notre monde parfait.

Chapitre 2

Je suis retourné au domaine le lendemain, un mauvais pressentiment au creux de l'estomac. Je voulais lui parler, comprendre pourquoi elle ne m'avait pas appelé. Son silence était plus inquiétant que n'importe quel reproche. Le portail était ouvert, je suis entré sans m'annoncer.

Je les ai vus de loin, près du lac. Sophie et Marc. Ils ne se disputaient pas. Ils riaient. Marc a passé son bras autour de ses épaules, un geste possessif, et elle s'est laissée faire. Elle a même penché la tête contre lui. Mon cœur s'est arrêté de battre. C'était notre endroit, le banc au bord du lac. C'est là que je l'avais demandée en mariage.

Je me suis approché, le bruit de mes pas sur le gravier a trahi ma présence. Ils se sont tournés vers moi. Le sourire de Sophie s'est effacé.

Marc, lui, n'a pas bougé. Son sourire s'est même élargi.

« Tiens, Dubois. Vous nous avez suivis ? »

Sa voix était mielleuse, mais ses mots étaient une accusation.

« Je venais voir Sophie, » ai-je dit, en essayant de garder un ton neutre.

« Comme tu vois, elle est occupée, » a-t-il répliqué.

Je me suis tourné vers elle.

« Sophie ? »

Elle a détourné le regard, l'air mal à l'aise.

« Pierre, je... je ne t'attendais pas. »

Son ton était froid, distant. Ce n'était plus ma Sophie. C'était une étrangère qui portait son visage. La femme que j'aimais aurait couru vers moi, m'aurait pris dans ses bras. Celle-ci restait immobile, à côté de cet homme.

« Tu n'as pas appelé pour l'invitation, » ai-je dit bêtement.

« J'ai été très occupée, » a-t-elle répondu, vague. « Marc m'aide avec les finances du domaine. C'est très compliqué. »

Elle m'a promis de m'appeler plus tard, que nous parlerions. C'était une excuse, une façon de me repousser gentiment. J'ai vu le soulagement sur son visage quand j'ai commencé à reculer.

Alors que je tournais les talons, Marc a ajouté :

« Ne vous inquiétez pas pour elle, Dubois. Pendant que vous dessinez vos petites maisons, certains d'entre nous s'occupent de choses sérieuses. Le monde réel. »

Cette phrase, cette condescendance. C'était une insulte directe à mon travail, à ma passion, à ce que j'étais. J'ai regardé Sophie, attendant qu'elle me défende. Elle n'a rien dit. Elle a juste baissé les yeux. C'était pire qu'une gifle.

Elle m'a demandé de partir, pas avec des mots, mais avec un regard. Un regard qui me suppliait de ne pas faire de scène. Alors je suis parti. Je me sentais vide, trahi. C'était comme marcher dans un cauchemar.

Quelques jours plus tard, un coursier m'a livré un petit paquet. Dedans, un peigne en jade, celui que sa grand-mère lui avait offert et qu'elle m'avait confié un jour, en me disant : « C'est pour la femme de l'héritier des de Valois. Garde-le précieusement jusqu'à notre mariage. »

Il y avait un mot avec. « Pardonne-moi. Les choses sont compliquées. Je t'aime. S. »

Cette note a ravivé une petite lueur d'espoir en moi. Une lueur stupide et fragile. Je me suis dit que c'était une crise, qu'elle était sous pression, que son cousin l'influençait. Je me suis accroché à ces trois mots : « Je t'aime. »

Mais les jours suivants, le fossé s'est creusé. Elle était de plus en plus souvent avec Marc. Ils assistaient ensemble à des dîners, à des réceptions. On les voyait partout dans la presse mondaine. Le couple parfait. L'héritière et l'homme d'affaires. Et moi, j'étais l'ombre, le fiancé oublié, celui qui attendait un appel qui ne venait jamais.

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