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L'Alpha solitaire

L'Alpha solitaire

Auteur:: Edition Etienne
Genre: Romance
La nuit enveloppait la forêt d'un voile d'ombres et de murmures, un vent glacé s'infiltrant entre les troncs noueux. Elle avançait sans bruit, son regard fauve sondant l'obscurité, une force sauvage émanant d'elle malgré la solitude qui pesait sur ses épaules. Elle était une Alpha. Une louve sans meute, errante, brisée par un passé que seuls les silences de la nuit connaissaient. On disait qu'elle avait tout perdu, que la douleur était devenue sa seule compagne. Mais sous cette carapace de solitude, son cœur battait encore, porteur d'une fierté inébranlable et d'un secret que personne ne devait découvrir. Lui, il était l'opposé de tout ce qu'elle représentait. Un Alpha puissant, redouté, un mâle au charisme écrasant et à l'arrogance forgée par la domination. Son nom seul suffisait à faire trembler les autres, à soumettre sans qu'il n'ait à élever la voix. Son regard d'acier ne souffrait aucune faiblesse. Il régnait. Il exigeait. Il prenait. Le destin les avait placés sur une route commune, une collision inévitable entre deux âmes aussi semblables que différentes. Serait-il son salut ou sa damnation ? Elle, qui avait tant souffert, pouvait-elle encore croire en l'amour ? Ou n'y avait-il entre eux que le feu du défi, la rage de deux êtres trop fiers pour plier ? Dans cette danse d'attirance et de rejet, de force et de douleur, une question restait en suspens : Jusqu'où iraient-ils avant que l'un d'eux ne soit brisé ?

Chapitre 1 01

La nuit étendait son manteau d'ombres sur la forêt, enveloppant chaque tronc, chaque feuille, dans une obscurité mouvante. Le vent soufflait par rafales, glissant entre les branches noueuses, faisant frémir le couvert dense des cimes. L'odeur du bois humide et de la terre s'élevait dans l'air, mêlée à celle plus subtile, plus fauve, d'un être en mouvement.

Elle avançait sans bruit, ses pas souples effleurant le sol moussu, son corps tendu dans une vigilance instinctive. Ses yeux, fendus d'un éclat doré, balayaient les ténèbres avec une acuité affûtée. Elle connaissait la forêt, ses sentiers secrets, ses pièges naturels, et les créatures qui la peuplaient. Elle y avait vécu, elle y avait survécu.

Le silence s'étirait autour d'elle, alourdi d'une tension qu'elle percevait sans encore en distinguer la source. Chaque fibre de son être était en alerte, sentant la menace avant même de la voir. Une odeur... puissante, imprégnée de domination et de force brute, dérivait dans l'air nocturne. Un Alpha. Pas un quelconque loup, pas un éclaireur isolé, mais un roi dans son territoire, un prédateur qui ne souffrait aucune intrusion.

Elle s'arrêta, le souffle court, sa poitrine se soulevant au rythme rapide de son cœur. L'instinct lui hurlait de fuir, mais elle savait que c'était inutile. On ne tournait pas le dos à un Alpha sans déclencher une poursuite. Elle redressa la tête, affrontant l'obscurité d'un regard acéré.

Une ombre se détacha des ténèbres devant elle. Grande, massive, empreinte d'une puissance tranquille qui ne demandait aucune démonstration pour s'imposer. Son odeur emplissait l'espace, une fragrance de fureur contenue et d'assurance implacable. Il était là, à quelques pas seulement, et il l'observait.

L'affrontement était inévitable.

Le silence se densifia entre eux, chargé d'une tension brute. L'air lui-même semblait vibrer sous le poids de cette rencontre, comme si la forêt retenait son souffle, témoin d'un face-à-face aux enjeux insondables.

Elle ne bougea pas, campée sur ses appuis, chaque muscle tendu, prête à la moindre réaction. Son regard fauve scrutait l'ombre qui lui faisait face, décelant peu à peu les contours d'un homme. Grand, sculpté dans la dureté même de la domination, il irradiait une présence écrasante, celle d'un souverain dont la seule existence suffisait à imposer le respect.

Un pas. Presque imperceptible. Juste assez pour signifier qu'il n'attendait pas qu'elle parle, qu'elle explique sa présence ici. Il n'en avait pas besoin. Il savait qu'elle n'était pas une louve soumise, il l'avait compris dès l'instant où son regard s'était posé sur elle.

Le vent souffla entre eux, emportant avec lui une fragrance plus subtile derrière la force animale : celle de la solitude, du deuil, du poids d'un passé qu'on ne peut pas enterrer. Et il sut.

Elle n'était pas une simple errante. Elle était une Alpha sans meute, une anomalie dans leur monde, une créature qui ne devait pas exister.

L'instinct dictait une seule réponse : la soumission ou l'affrontement. Il n'y avait pas d'entre-deux.

Mais elle ne baissa pas les yeux.

Un battement de cœur.

Il y eut comme une infime oscillation dans l'air, un frémissement de danger contenu. Puis un éclair argenté fendit la nuit. Elle bougea, rapide comme une ombre, esquivant l'attaque d'un souffle, s'élançant dans une danse de survie où la force ne suffirait pas.

Il était rapide, plus rapide qu'elle l'avait anticipé. Son bras s'abattit, et bien qu'elle se détourne à temps, elle sentit l'air vibrer près de son flanc. Une erreur de quelques centimètres, et elle aurait été balayée.

Elle se redressa en un instant, haletante, les sens exacerbés.

Lui s'arrêta. L'observa.

Et il sourit. Un sourire sans joie, un rictus de prédateur satisfait.

Il venait de comprendre.

Elle n'était pas seulement une Alpha sans meute.

Elle était une survivante.

Et cela ne faisait que rendre la chasse plus intéressante.

Le silence retomba, oppressant, étiré par l'électricité brute qui pulsait entre eux. Les ombres de la forêt semblaient se refermer autour d'eux, témoin muet de cette rencontre où les instincts parlaient plus fort que les mots.

Il ne l'attaquait plus. Il attendait. Il testait.

Elle le savait. Chaque fibre de son corps lui hurlait de fuir, mais elle n'était pas de ceux qui tournaient le dos. Elle n'était plus cette louve brisée qui errait sans but, cherchant un refuge dans l'oubli. Son regard doré soutint le sien, une étincelle de défi brillant dans l'obscurité.

Le vent porta à ses narines l'odeur du sang. Pas le sien.

Elle plissa les yeux. Ce n'était pas un hasard. Un Alpha ne quittait pas son territoire sans raison, encore moins au beau milieu de la nuit. Il chassait. Ou il traquait quelque chose de bien plus dangereux.

Il fit un pas vers elle, lents et mesuré. Pas une menace directe, mais une affirmation de présence. Son aura se déploya, envahissante, imposante, lui rappelant qu'il ne tolérait aucune insoumission sur ses terres.

Elle ne céda pas.

Un battement de cœur. Puis un autre.

Il s'arrêta à une distance infime, si proche qu'elle pouvait sentir la chaleur de son corps irradier à travers le froid mordant de la nuit. Son regard d'acier accrocha le sien, implacable, impénétrable.

- Tu n'as rien à faire ici.

Sa voix était grave, rocailleuse, empreinte de cette autorité brute qui exigeait sans jamais demander.

Elle ne répondit pas. Elle n'en avait pas besoin. Sa simple présence était déjà un affront à son pouvoir.

Une tension sourde pulsa entre eux, aussi ancienne que la nature elle-même. L'instinct animal, la loi du plus fort, l'éternel combat entre ceux qui refusaient de plier.

Puis, soudainement, un hurlement déchira la nuit. Un cri de douleur.

Son regard se durcit aussitôt.

Elle ne le connaissait pas, elle ne savait pas quel genre de roi il était pour sa meute, mais une chose était sûre : ce hurlement n'était pas un appel. C'était un avertissement.

Quelque chose chassait dans la forêt.

Et ce n'était ni elle, ni lui.

Un frisson parcourut son échine, instinctif, primal. Ce hurlement... Ce n'était pas un cri de ralliement, ni celui d'un loup appelant sa meute. C'était autre chose. Une note de douleur brute, teintée d'effroi.

Lui aussi l'avait entendu. Elle vit sa posture changer imperceptiblement, un léger raidissement des épaules, un regard plus acéré. Il savait.

Sans un mot, il pivota et se fondit dans l'ombre, se mouvant avec une aisance terrifiante. Un Alpha en chasse. Il ne doutait pas qu'elle le suivrait.

Elle hésita une fraction de seconde. Ce n'était pas son combat. Elle n'avait plus de meute, plus d'attaches. L'instinct lui criait de reculer, de disparaître comme elle l'avait toujours fait.

Mais ce hurlement...

Elle s'élança à sa suite.

Le vent hurlait entre les troncs, secouant la canopée en une complainte funèbre. Elle courait à travers les sentiers escarpés, se fondant dans l'obscurité, ses pas glissant sur la terre humide. Devant elle, il avançait avec une vitesse implacable, son corps taillé pour la traque, la chasse.

Puis l'odeur les frappa.

Le sang. Métallique, poisseux, imprégnant l'air nocturne d'une lourdeur insupportable.

Ils émergèrent dans une clairière ravagée. L'herbe était piétinée, marquée de sillons profonds, comme si un combat violent avait eu lieu ici. Et au centre, une masse inerte.

Un loup.

Il était grand, à la fourrure sombre striée de mèches argentées, mais son flanc était éventré, une plaie béante laissant échapper un flot de sang noirâtre. Il respirait encore, faiblement, un râle déchirant brisant le silence.

Elle s'approcha lentement, méfiante. Ce n'était pas une attaque ordinaire. Pas une lutte de territoire, pas une simple querelle entre loups. L'odeur qui s'élevait de cette scène était... étrange.

Il s'accroupit près du blessé, son regard parcourant la plaie avec une froide analyse. Puis il se redressa, ses yeux d'acier brûlant d'une lueur qu'elle ne connaissait que trop bien.

La rage.

- Ce n'est pas une attaque de loup, murmura-t-il.

Elle le savait déjà. Les entailles étaient trop nettes, trop précises. Aucune griffe de loup n'aurait laissé une telle marque.

Ce qui l'avait attaqué n'était pas de leur espèce.

Elle sentit un frisson glacé lui parcourir la colonne.

Quelque chose chassait dans la forêt.

Et ils n'étaient plus les seuls prédateurs en mouvement cette nuit.

Chapitre 2 02

Un silence pesant s'installa dans la clairière, alourdi par l'odeur du sang et le souffle erratique du loup blessé. Autour d'eux, la forêt retenait son souffle, comme si elle aussi percevait la présence de l'ombre tapie dans l'obscurité.

Elle s'agenouilla près du blessé, ses doigts effleurant la plaie. Le sang était épais, poisseux, et surtout... noirci. Une infection fulgurante rongeait déjà les tissus. Ce n'était pas normal.

L'Alpha l'observait, immobile.

- Ce n'est pas une simple blessure, souffla-t-elle.

Son regard s'assombrit, confirmant ce qu'elle redoutait.

Elle avait déjà vu cela. Une fois.

Son cœur se serra en se rappelant les hurlements déchirants, la folie qui s'était emparée de ceux qui avaient été touchés par ce poison. Une morsure qui n'était pas censée guérir. Une malédiction qui arrachait l'âme et transformait les loups en bêtes dénuées de raison.

Ce loup était condamné.

Elle releva les yeux vers lui.

- Il n'y a rien à faire.

Elle ne s'attendait pas à une réaction de compassion, mais il ne détourna pas le regard. Son expression restait impassible, mais son aura vibrait d'une colère contenue.

- Ce n'est pas la première attaque.

Elle se figea.

Alors, il savait.

- Combien ? demanda-t-elle.

Il jeta un regard au loup agonisant, puis répondit d'une voix basse, glaciale.

- Trois, en une semaine. Tous des solitaires. Tous laissés à l'agonie.

Un piège. Une traque silencieuse, ciblant ceux qui ne seraient pas immédiatement recherchés.

Elle sentit un frisson parcourir sa peau.

- Ce n'est pas une attaque au hasard.

Il ne répondit pas, mais son silence était une confirmation.

Ce n'était pas une chasse. C'était un avertissement.

Le loup blessé émit un dernier râle, puis son corps se figea dans un spasme. Son souffle s'éteignit dans un silence lugubre.

Ils se redressèrent ensemble, leurs regards croisant l'obscurité qui les entourait.

Et dans cette nuit oppressante, une certitude se grava dans son esprit.

Quelque chose était là. Tapie dans les ombres. Observant. Attendant.

Un prédateur inconnu, qui ne respectait aucune loi, aucune meute.

Et ils venaient d'entrer dans son territoire.

Le vent se leva soudainement, balayant la clairière d'un souffle glacé. Les arbres se courbèrent sous la pression, leurs branches frémissant dans une danse folle. Un autre hurlement brisa le silence, cette fois plus lointain, mais d'une intensité qui faisait trembler les os.

Elle se tourna rapidement vers lui, mais il n'avait pas bougé. Ses yeux, durs comme l'acier, scrutaient l'horizon avec une précision froide. Il savait. Il attendait.

- Ce n'est pas fini, dit-il, son ton mesuré mais empreint d'une urgence sous-jacente.

Elle hocha lentement la tête. Ils étaient loin d'être hors de danger.

Un crépitement brisa la quiétude de la forêt, comme si des feuilles brûlaient dans l'air. Puis un bruit sourd, lourd, presque imperceptible au début, se fit entendre. Un bruit qui semblait provenir de dessous le sol.

Elle frissonna.

- Ils sont là, dit-elle, à peine un murmure.

Il tourna son regard vers elle, et cette fois, quelque chose de dangereux se fit entendre dans sa voix.

- Nous devons partir. Maintenant.

Sans attendre sa réponse, il se détourna et commença à s'éloigner avec une rapidité surprenante, son corps fusionnant avec les ombres de la forêt. Elle le suivit d'instinct, l'adrénaline maintenant en elle une clarté glacée. Chaque sens était tendu, chaque muscle prêt à réagir à la moindre alerte.

Ils avancèrent, se fondant dans le paysage nocturne, leurs pas mesurés mais rapides. La forêt était maintenant une mer d'ombres mouvantes, comme si les arbres eux-mêmes se repliaient sous la menace d'une présence invisible. La tension dans l'air était palpable, lourde.

Un craquement sinistre derrière eux.

Elle se retourna brusquement, mais il l'avait déjà fait. Ses poings étaient serrés, prêts à réagir, mais il n'avait rien vu. Pas encore.

Ils poursuivirent leur course à travers la forêt, le sol désormais plus instable, envahi par les racines et les débris. Le vent s'intensifiait, une brise glacée qui soufflait des rumeurs, comme si la forêt elle-même chuchotait des avertissements.

Elle aperçut une lueur au loin, une lueur faible, mais perceptible. Elle tendit l'oreille. Une lumière.

Il s'arrêta brutalement, aussi silencieux qu'une ombre, scrutant le paysage qui se déployait devant eux. Elle n'eut pas besoin de lui demander pour comprendre. Ils étaient à l'orée de la forêt.

- C'est leur territoire, murmura-t-il.

Elle le regarda, confuse.

- Qui ?

Il leva une main, pointant dans l'obscurité. Là, dans la lointaine clarté, elle distingua une silhouette qui se mouvait lentement.

Un autre loup. Mais celui-ci n'était pas comme les autres. La taille, l'allure... Il n'avait pas l'apparence d'un solitaire. Et l'odeur qui émanait de lui n'était pas celle d'un prédateur. C'était... autre chose.

Elle s'apprêtait à s'avancer, mais l'Alpha la retint d'un simple geste. Son regard était plus sombre que jamais.

- Ce n'est pas un loup.

Un frisson glacial s'insinua dans ses veines. Non, ce n'était pas un loup. Mais quoi, alors ?

Soudainement, l'air se chargea d'une tension indescriptible. La silhouette s'arrêta, fixant leur position d'un regard glacial, presque menaçant. Puis, sans un bruit, elle se fondit dans les ombres, disparaissant dans la forêt.

Il tourna lentement son regard vers elle, un éclat de compréhension dans ses yeux.

- Ils sont bien plus proches que ce que nous pensions.

L'angoisse envahit ses entrailles, une froideur mordante qui se propageait comme une maladie. Le loup, ou ce qui en avait l'apparence, n'avait pas bougé. Ses yeux perçaient l'obscurité avec une intensité surnaturelle, comme s'il voyait au-delà de la surface, scrutant chaque recoin de la forêt avec une précision glacée. Un frisson d'effroi lui parcourut la peau.

L'Alpha resta immobile, ses muscles tendus, sa posture prête à réagir, mais il n'avait pas encore fait le moindre mouvement. Il savait que l'erreur n'était pas dans l'action, mais dans l'impatience. Ils étaient à la lisière de quelque chose de bien plus vaste, de bien plus dangereux. Ce n'était pas une rencontre banale. Ce n'était pas un simple prédateur.

Elle se rapprocha lentement de lui, son regard cherchant à lire dans les ténèbres. Sa peau frissonnait sous la sensation d'être observée, épiée par des yeux invisibles. Pourtant, aucun bruit ne venait perturber le calme lourd de la forêt.

Puis, un autre bruit. Subtil, presque inaudible. Elle s'immobilisa, son corps réagissant instinctivement. L'Alpha tourna lentement la tête, son regard fixé sur un point précis dans les ténèbres, au-delà de la silhouette du loup. Il savait. Il avait senti quelque chose qu'elle n'avait pas encore perçu. Un mouvement. Un souffle. Une présence.

- Il ne viendra pas, dit-il d'une voix basse, presque un murmure.

Elle frissonna, n'osant détacher ses yeux de l'endroit où la silhouette s'était évanouie. Elle avait appris à lire les signes de la forêt, mais cet instant était différent. Quelque chose dans l'air avait changé, et elle ne parvenait pas à le définir. Ce n'était pas juste un danger imminent. C'était quelque chose de plus ancien, de plus sombre.

Il n'y avait plus de place pour le doute. Ce n'était pas la forêt qui leur appartenait désormais. C'était cette entité, cette force inconnue qui, comme un prédateur silencieux, tissait sa toile autour d'eux.

L'Alpha se tourna enfin, ses yeux d'acier cherchant les siens. Il prit une inspiration profonde, comme pour s'ancrer dans un moment crucial, puis parla de manière plus claire, plus déterminée.

- Nous devons être prêts à tout.

Elle hocha lentement la tête, bien qu'une partie de son esprit luttait contre l'idée qu'ils puissent être à la merci de quelque chose de si insaisissable. Mais ce n'était plus une question de choix. C'était une nécessité.

Sans un mot de plus, ils se remirent en mouvement, avançant avec prudence, les sens en alerte. Le vent semblait avoir cessé, et le silence environnant semblait presque tangible. La forêt, d'ordinaire vibrante de vie, semblait suspendue dans une sorte de sommeil glacé, comme si elle-même attendait une action imminente.

Plus loin, la lueur qui avait attiré leur attention brillait toujours, faible mais persistante. Et bien que cela n'eût aucun sens, elle se sentit attirée par cette lumière. Quelque chose dans son instinct l'appelait, lui suggérant qu'il fallait aller là-bas, et là seulement, qu'ils pourraient peut-être comprendre ce qui se passait.

L'Alpha, cependant, ne semblait pas du tout rassuré par cette approche. Il ralentit l'allure, ses mouvements devenant plus mesurés, plus prudents. Il savait ce qu'elle ne savait pas encore : chaque pas en avant les rapprochait de quelque chose d'invisible, de dangereux. Et il n'était pas sûr qu'ils soient prêts à affronter ce qui se cachait dans l'obscurité.

Ils arrivèrent finalement aux abords de la lumière, et là, ce qu'ils découvrirent les fit s'arrêter dans un silence choqué.

La lumière, plus forte qu'auparavant, semblait provenir d'un cercle lumineux au centre de la clairière, baignant l'espace d'un éclat presque surnaturel. Mais ce n'était pas la lumière qui les effrayait.

Au centre de ce cercle, un symbole était gravé dans le sol, un motif étrange et complexe qui semblait se tordre et se fondre dans le sol comme une brûlure ancienne. Ses contours étaient presque vivants, comme s'ils pulsaient d'une énergie maléfique, et une odeur étrange, lourde de terre et de cendres, s'en échappait.

L'Alpha se pencha légèrement, examinant le symbole. Ses yeux brillaient d'une lueur inquiète, plus sombre que tout ce qu'elle avait vu auparavant. Il savait ce qu'il était.

- C'est un ancien sceau, dit-il enfin, sa voix rauque d'un poids qu'elle n'avait jamais perçu chez lui. Un piège... pour les loups. Et ceux qui traquent dans l'ombre.

Elle comprit. Ce qu'ils avaient découvert n'était pas simplement un message. C'était un avertissement.

Et la lumière qui brillait si faiblement dans l'obscurité n'était pas une lueur de protection, mais une balise. Un appel. Pour ceux qui avaient créé ce piège.

Un frisson d'horreur la traversa.

Ils étaient loin d'être les premiers à être tombés dans ce piège. Et ils n'étaient pas seuls.

Chapitre 3 03

L'Alpha recula d'un pas, ses yeux perçant le cercle lumineux comme s'il voulait l'analyser davantage, comprendre ses origines et ses conséquences. Ses mains tremblaient légèrement, mais il les serra rapidement, contrôlant la panique qui menaçait d'envahir son être. L'odeur de l'air s'intensifia, devenue plus lourde, presque suffocante, comme si l'atmosphère même devenait une entité à part entière.

Elle s'approcha lentement du cercle, mais un souffle glacé la fit s'arrêter net. Ses instincts de louve la mettaient en alerte, lui ordonnant de ne pas franchir cette ligne invisible. Elle se tourna vers l'Alpha, dont le visage était pâle, un mélange de résignation et de détermination marquant ses traits. Il savait que ce qui se trouvait devant eux n'était pas simplement un obstacle. C'était une ancienne force, peut-être plus ancienne qu'eux-mêmes.

- Qui... qui pourrait avoir fait cela ? murmura-t-elle, bien que la question semblait futile dans ce silence lourd.

Il détourna son regard du cercle pour poser les yeux sur elle, son regard chargé d'une profonde inquiétude.

- Ceux qui ont longtemps cherché à contrôler les loups. Ceux qui ont découvert comment lier les âmes des meutes aux ténèbres. Ce sceau n'est pas seulement un piège... C'est un appel à des créatures qui ne devraient jamais être libérées.

Elle le scruta, la peur et la compréhension se mêlant en elle. Ce qu'il disait ne faisait qu'ajouter un poids à l'angoisse croissante qui pesait sur ses épaules. Il parlait des ténèbres, des créatures qui ne devaient pas être libérées. Cela n'avait pas de sens pour elle, mais l'intensité dans ses yeux lui montrait qu'il savait de quoi il parlait. Et, à cet instant, il n'y avait plus de doute dans son esprit : ils n'étaient pas seuls ici. La forêt elle-même semblait respirer autour d'eux, comme une entité vivante, et le piège qu'ils venaient de découvrir n'était que le premier d'une série d'épreuves.

Un cri perça soudainement l'air. Un hurlement strident, terrifiant, qui résonna dans la forêt avec une intensité telle qu'elle eut l'impression que le sol tremblait sous ses pieds. Un cri que ni l'un ni l'autre ne reconnaissaient, mais qui glaça leur sang.

L'Alpha serra les poings, son regard se durcissant. La situation venait de basculer.

- Ils sont là, dit-il d'une voix ferme, mais froide. Trop proches. Nous devons partir. Maintenant.

Elle n'eut pas le temps de répondre. La pression dans l'air se fit plus forte, une tension palpable qui semblait les englober. Les créatures, les chasseurs, tout cela devenait trop réel. Et les murmures dans la forêt, les ombres qui se glissaient entre les arbres, commençaient à se former.

Elle sentit une main ferme se saisir de son bras. Il l'entraînait sans cérémonie, l'obligeant à le suivre dans la direction opposée au cercle lumineux. Mais à chaque pas qu'ils faisaient, le hurlement se faisait de plus en plus proche, comme une promesse de leur poursuite. Quelque chose de plus qu'un simple prédateur. Ce cri... il n'avait rien d'humain.

Ils avançaient avec une rapidité désespérée, slalomant entre les arbres, les racines qui s'agrippaient à leurs jambes, et l'air de plus en plus lourd qui leur pesait sur la poitrine. Le vent s'intensifiait, soufflant des rafales violentes qui fouettaient leurs visages et leurs corps. Mais ce n'était pas la tempête qui les menaçait. C'était ce qui se cachait dans les ténèbres. Ce qui les suivait.

À un moment donné, l'Alpha s'arrêta brusquement, ses yeux se posant sur un point derrière elle. Elle se retourna immédiatement, mais ne vit rien. Seulement l'obscurité infinie de la forêt.

- Nous ne pouvons plus avancer comme ça, dit-il, sa voix devenant plus grave, plus sourde. Il faut... changer de direction. Trouver un abri.

Ils n'avaient pas le choix. S'ils continuaient à courir, ils risquaient de tomber dans un piège plus grand encore. Mais dans l'air lourd, elle sentit le danger se resserrer autour d'eux. Chaque branche qui craquait, chaque vent glacial qui soufflait, chaque ombre dans la forêt devenait une menace.

Elle n'avait jamais ressenti une telle oppression. Les créatures dans la forêt n'étaient plus simplement des prédateurs. Elles étaient des ombres, des spectres de la nuit, des échos d'une époque révolue, mais toujours présentes, attendant patiemment de se libérer.

Alors qu'ils changeaient de direction, cherchant une ouverture entre les arbres, elle aperçut enfin ce qu'ils cherchaient : un creux dans le sol, une petite grotte partiellement dissimulée par des buissons épais. Un abri, temporaire, mais suffisant.

Ils se précipitèrent vers l'entrée, mais au moment où elle s'engageait dans l'obscurité de la grotte, un bruit sec, presque imperceptible, retentit derrière eux. Le souffle de l'Alpha s'accéléra. Il se tourna, un éclat d'alarme dans ses yeux.

- C'est trop tard, murmura-t-il. Ils sont là.

Elle tourna la tête et, pour la première fois, elle les aperçut. Une silhouette massive se dessinait dans l'obscurité, un mouvement furtif entre les arbres. Puis une autre, plus rapide. Et encore une, plus grande, plus sombre, leur chemin bloqué.

L'Alpha se plaça devant elle, sa posture prête à défendre leur position.

- Ce sera un combat... à mort.

Les créatures émergeaient de l'ombre avec une lenteur inquiétante, comme si elles prenaient leur temps pour savourer l'angoisse qu'elles provoquaient. La lueur de la lune se reflétait sur leurs yeux, des pupilles dorées, glaciales, capturant toute l'attention dans leur éclat surnaturel. Elles étaient nombreuses, bien plus qu'elles n'en avaient vu au départ, leurs corps souples se glissant entre les troncs d'arbres comme des spectres.

L'Alpha sentit la chaleur d'une montée de rage, une brume rouge envahissant ses sens. Ses griffes se recroquevillèrent instinctivement, prêtes à fendre l'air. Mais la prudence était sa première alliée. Il savait qu'affronter ces créatures sans un plan serait de la folie pure.

- Nous ne les affronterons pas ici, souffla-t-il à voix basse, les yeux toujours fixés sur l'ennemi. Nous devons les attirer ailleurs.

Elle n'eut pas le temps de répondre, car une silhouette en particulier se détacha des autres. Imposante, dominatrice, une créature aussi majestueuse que menaçante. Elle ne ressemblait pas tout à fait aux autres : plus grande, plus massive, ses muscles semblaient taillés pour la bataille. Elle s'avançait, ses pas lourds et mesurés, et ses yeux étaient fixés sur l'Alpha avec une détermination sans faille.

La créature s'arrêta à quelques mètres d'eux, observant la scène, sa respiration chaude et haletante dans l'air glacé de la forêt.

- Nous devons nous battre... mais il n'y a pas que le combat physique. Tu dois comprendre cela, murmura l'Alpha en scrutant la créature. Elle ne cherche pas seulement à nous tuer. Elle cherche à nous diviser.

La créature siffla, un bruit effrayant qui fit écho dans la forêt, avant de prononcer un mot dans une langue ancienne, qu'elle seule semblait comprendre.

- Nous sommes les Dérivés... Vous, les Alphas, vous ne ferez que nous retarder. La Nuit sera vôtre tombeau.

L'Alpha s'avança d'un pas, sa posture plus ferme, défiant, mais une légère hésitation se fit sentir dans ses muscles tendus. Il n'avait jamais croisé de créature comme celle-là, et quelque part, il savait qu'il ne s'agissait pas simplement de créatures de la nuit. Ce qu'il ressentait, ce qu'il savait au fond de lui, c'était que cet être... cet ennemi avait été créé par un pouvoir bien plus ancien et plus redoutable que lui.

- Tu n'es qu'un spectre, une illusion du passé, répondit-il, sa voix pleine de défi. Nous ne laisserons pas la forêt se plier à votre volonté.

Il n'eut pas le temps de réfléchir davantage, car la créature se jeta sur lui, sa masse noire frappant l'air avec une force dévastatrice. L'Alpha esquiva de justesse, mais la bête était déjà là, une furie incontrôlable. Les griffes coupantes de la créature lacérèrent l'air, mais il réussit à l'éviter de justesse, utilisant sa rapidité et son agilité.

À l'instant où il se redressa pour contre-attaquer, un cri perça le silence - cette fois-ci, un cri humain. Elle. Elle avait été repoussée dans l'ombre, mais à présent, son corps s'était tendu, prête à se lancer dans la mêlée. Mais un coup d'œil de l'Alpha la fit hésiter.

- Reste derrière moi, dit-il fermement, mais avec une note de douceur dans la voix. Ce n'est pas ton combat.

Elle savait qu'il avait raison, mais quelque chose en elle refusait d'accepter l'idée de rester en retrait. C'était une Alpha. Elle avait été forgée dans la souffrance et la solitude, elle savait comment se battre. Les ténèbres n'avaient pas sa place dans son âme, et elle allait le prouver.

D'un bond, elle s'élança, se faufilant entre les racines et les buissons, se dirigeant vers la créature la plus proche. Mais alors qu'elle s'approchait, une ombre immense surgit devant elle, bloquant son passage.

L'Alpha, malgré son instinct, ne pouvait se permettre de perdre de vue la situation. Il se tourna vers elle, et pour une fraction de seconde, leur regard se croisa, cette compréhension silencieuse qu'ils n'étaient plus seuls à porter ce fardeau. Ensemble, ils se battaient pour plus que leur survie. Ils se battaient pour la liberté de la meute, pour l'honneur de ce qu'ils étaient.

Il fit un signe rapide de la tête, un mouvement imperceptible mais suffisant. Ensemble, ils attaqueraient. Mais cette fois, ils ne s'attaqueraient pas seulement à la créature, mais à tout ce qu'elle représentait : les ténèbres qui cherchaient à les engloutir, les chaînes invisibles qu'on voulait leur imposer.

Un grondement sourd se fit entendre alors que la bête bondit à nouveau, les griffes prêtes à frapper. Mais l'Alpha l'intercepta, sa silhouette se heurtant à celle de la créature dans un choc brutal. La violence du choc résonna dans la forêt, et dans cette fraction de seconde, l'Alpha sentit quelque chose changer en lui. La rage bouillonnait, mais au fond de ses entrailles, une autre force grandissait. Le moment était venu.

Il força l'ennemi en arrière, puis utilisa sa force pour l'envoyer s'écraser contre un arbre. Le cri de la bête déchira l'air, mais elle se redressa déjà, ses yeux flamboyant d'une lueur meurtrière.

Ils n'avaient pas le choix. Le combat était inévitable.

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