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L'Alpha Recherché

L'Alpha Recherché

Auteur:: Dumas Sipi
Genre: Loup-garou
Sophia Lewis n'avait jamais été une fille ordinaire, même si elle s'efforçait de le paraître. En surface, elle semblait mener une vie tranquille à Sombreville, une petite ville nichée au cœur de l'Oregon, entourée de montagnes et de forêts anciennes. C'était un endroit où les habitants se connaissaient tous, où chaque visage était familier et chaque routine, immuable. Pourtant, il y avait quelque chose d'étrange dans l'air ces derniers temps. Quelque chose qui faisait naître un frisson dans son dos chaque fois qu'elle marchait seule dans les rues silencieuses, baignée par la lumière dorée du crépuscule.

Chapitre 1

Sophia s'arrêta un instant devant l'épicerie, observant son reflet dans la vitrine. Ses longs cheveux châtain clair encadraient un visage fin, avec des yeux d'un vert profond qui semblaient toujours voir plus loin que la simple réalité. Elle était mince, élancée, avec cette grâce naturelle qui attirait les regards sans qu'elle le cherche. Pourtant, sous cette apparence fragile, se cachait une force qu'elle-même ne comprenait pas toujours.

Elle poussa la porte en verre de l'épicerie, le tintement de la clochette au-dessus résonnant dans l'air calme. Le propriétaire, M. Henderson, un vieil homme à la barbe grise, lui adressa un sourire chaleureux depuis le comptoir.

« Bonjour, Sophia. Comment ça va aujourd'hui ? » demanda-t-il en rangeant des boîtes de conserve sur une étagère.

« Ça va, merci, M. Henderson, » répondit-elle en souriant, bien que son esprit soit ailleurs. « Vous avez entendu parler des nouvelles... disparitions ? »

Le visage de M. Henderson se ferma légèrement, son sourire s'estompa. « Oui, c'est tragique. C'est la troisième personne cette semaine. Ils disent que ce sont des animaux sauvages, mais... »

« Mais quoi ? » Sophia insista, sentant son cœur s'accélérer.

« Mais ce n'est pas normal, » continua-t-il à voix basse, jetant un coup d'œil autour de lui comme s'il craignait d'être entendu. « Ce n'est pas la première fois que ça arrive à Sombreville. Ces... attaques. Les anciens se souviennent. Quelque chose rôde dans ces bois, et ce n'est pas un simple animal. »

Sophia frissonna, sentant une vague d'appréhension l'envahir. Les forêts entourant Sombreville avaient toujours eu une aura de mystère. Les histoires d'anciennes légendes circulaient parmi les habitants depuis des générations, des histoires de créatures étranges et de phénomènes inexpliqués. Mais jamais elle n'avait ressenti cette menace aussi proche, aussi palpable.

Elle acquiesça en silence, ramassant les quelques articles dont elle avait besoin. En sortant de l'épicerie, elle sentit le poids des regards sur elle, comme si les arbres eux-mêmes l'observaient. Le vent murmura entre les branches, et une ombre passa furtivement sur le trottoir, la faisant sursauter.

La nuit était tombée lorsque Sophia rentra chez elle, une petite maison en bois au bord de la ville, juste avant que les routes ne se perdent dans la forêt. En entrant, elle fut accueillie par le doux ronronnement de son chat, Salem, qui se frotta contre ses jambes avec insistance.

« Salut, toi, » murmura-t-elle en se penchant pour le caresser. « Tu as été sage aujourd'hui ? »

Salem la suivit jusqu'à la cuisine, où elle déposa ses courses sur la table. La maison était calme, presque trop calme. Elle avait l'habitude de cette solitude depuis que ses parents étaient partis il y a quelques années, mais ce soir, le silence semblait pesant, oppressant.

Elle alluma la radio pour briser cette atmosphère, laissant une douce mélodie de jazz remplir la pièce. Pourtant, même la musique ne parvint pas à chasser l'inquiétude qui la rongeait. Son regard se posa sur une vieille photo accrochée au mur, celle de ses parents et elle, souriants, lors d'une sortie en forêt. C'était avant que tout change, avant que la ville ne commence à sombrer dans cette étrange noirceur.

Le téléphone sonna brusquement, la tirant de ses pensées. Elle sursauta, le cœur battant, avant de décrocher.

« Allô ? »

« Sophia, c'est moi, Caleb. »

La voix grave et rassurante de Caleb, son meilleur ami depuis l'enfance, parvint à la calmer un peu. Il avait toujours été là pour elle, un pilier sur lequel elle pouvait se reposer.

« Caleb, tu ne devineras jamais ce que M. Henderson m'a dit, » commença-t-elle, se sentant légèrement soulagée de pouvoir parler à quelqu'un de ses inquiétudes.

« Je suis sur la route, je viens te voir, » répondit-il sans même attendre qu'elle continue. « On en parle quand j'arrive. »

Il y avait quelque chose dans le ton de sa voix qui fit battre le cœur de Sophia plus vite. Caleb n'était pas du genre à s'inquiéter pour un rien, et le fait qu'il vienne la voir si tard laissait présager quelque chose de sérieux.

Elle raccrocha, fixant le combiné pendant un moment avant de se diriger vers le salon. Le temps semblait s'étirer, chaque seconde marquée par le tic-tac régulier de l'horloge. Elle regarda par la fenêtre, mais il n'y avait rien à voir dans l'obscurité profonde qui enveloppait la maison.

Un bruit à l'extérieur attira son attention. Elle se figea, tous les sens en alerte, écoutant attentivement. C'était peut-être Caleb, mais l'idée qu'il soit déjà là sans qu'elle ait entendu sa voiture se garer la dérangeait. Lentement, elle se dirigea vers la porte, son cœur battant la chamade.

Quand elle l'ouvrit, le souffle lui manqua. Une silhouette se tenait devant elle, grande et imposante, cachée dans l'ombre. Le cri qui s'apprêtait à franchir ses lèvres mourut dans sa gorge lorsqu'elle reconnut le visage de Caleb, pâle sous la lumière du porche.

« Tu m'as fait peur ! » s'exclama-t-elle, le cœur encore battant.

« Je suis désolé, » répondit-il avec un demi-sourire, mais son expression restait tendue. « Je n'ai pas voulu t'effrayer. »

« Qu'est-ce qui se passe, Caleb ? Pourquoi tu es venu si vite ? »

Il entra dans la maison, refermant la porte derrière lui avant de se tourner vers elle. « Sophia, il y a quelque chose que tu dois savoir... Les attaques dans la forêt, ce ne sont pas des accidents. »

Elle sentit un froid glacial parcourir sa colonne vertébrale. « Comment ça ? Tu veux dire que... quelqu'un les provoque ? »

« Pas quelqu'un. Quelque chose. » Caleb se passa une main nerveuse dans les cheveux. « Je sais que ça va te sembler fou, mais il y a des choses dans cette ville... des choses que personne ne comprend vraiment. »

Elle fronça les sourcils, essayant de déchiffrer ses paroles. « Caleb, arrête de tourner autour du pot. Qu'est-ce que tu essaies de me dire ? »

Il soupira profondément, comme s'il pesait chaque mot avant de les prononcer. « Sombreville n'est pas ce qu'elle paraît être. Il y a des forces à l'œuvre ici, des forces qui ne sont pas humaines. »

Sophia sentit son sang se glacer. Elle avait toujours ressenti une certaine étrangeté dans cette ville, mais elle avait ignoré les murmures, les légendes. Cependant, entendre ces mots de la bouche de Caleb, quelqu'un en qui elle avait une confiance absolue, lui fit l'effet d'un coup de poing.

« Tu veux dire que ces meurtres... sont liés à ces légendes ? »

Caleb hocha lentement la tête. « Oui. Et ce n'est que le début, Sophia. Si on ne fait rien, ça va empirer. »

« Mais pourquoi maintenant ? Pourquoi ça recommence ? »

« Je ne sais pas, » répondit-il, sa voix marquée par l'inquiétude. « Mais il y a quelque chose qui se prépare. Et je pense que tu es plus impliquée que tu ne le penses. »

Sophia recula légèrement, comme si ses paroles avaient un poids physique. « Moi ? Qu'est-ce que j'ai à voir avec tout ça ? »

« Je ne suis pas sûr, » admit-il, son regard se faisant plus intense. « Mais je sais que tu as toujours été différente. Peut-être que ta famille... »

« Ma famille ? Qu'est-ce que tu essaies de dire, Caleb ? »

« Ton père, Sophia. Il savait des choses. Des choses qu'il n'a jamais partagées avec personne. Il y a des secrets dans ta famille, et je pense qu'ils sont liés à ce qui se passe ici. »

Sophia sentit une vague de panique l'envahir. Elle avait toujours su que son père était un homme réservé, mystérieux même, mais elle n'avait jamais imaginé qu'il puisse être impliqué dans quelque chose d'aussi sombre.

« Je ne comprends pas... »

« Je ne te demande pas de comprendre tout de suite, » dit Caleb, s'approchant pour poser une main rassurante sur son épaule. « Mais tu dois être prudente. Reste sur tes

Gardes. Et surtout, ne fais confiance à personne. »

Chapitre 2

Le silence s'installa entre eux, lourd de non-dits. Sophia se sentait perdue, comme si le sol s'effondrait sous ses pieds. Tout ce qu'elle croyait savoir sur sa vie, sur sa ville, sur elle-même, était en train de s'effondrer.

« Je serai là pour toi, » ajouta Caleb doucement. « Quoi qu'il arrive. »

Elle hocha la tête, incapable de formuler une réponse. Tout ce qu'elle savait, c'était que quelque chose de terrible se préparait à Sombreville, et qu'elle se trouvait maintenant au cœur de cette tempête.

La lune, pleine et brillante, illuminait la forêt de Sombreville, jetant des ombres mouvantes sur le sol tapissé de feuilles mortes. Les arbres semblaient se pencher, comme s'ils écoutaient attentivement les murmures du vent, ou peut-être quelque chose d'autre, de plus puissant, qui se déplaçait silencieusement parmi eux. Aiden Blackwood, le chef de la meute, avançait d'un pas assuré, chaque mouvement empreint d'une grâce sauvage, presque prédatrice. Ses yeux perçaient l'obscurité, captant le moindre détail, tandis qu'il menait sa meute à travers les bois qu'il connaissait mieux que personne.

La forêt était son domaine, son sanctuaire, mais aussi sa responsabilité. Être l'Alpha n'était pas une tâche qu'il prenait à la légère. Il portait le poids de chaque vie dans la meute sur ses épaules, une charge qu'il acceptait avec une détermination farouche. Ce soir-là, cependant, une tension inhabituelle régnait parmi eux. Les disparitions récentes avaient éveillé une inquiétude sourde, un malaise qu'Aiden partageait sans vouloir l'admettre. Quelque chose rôdait dans leur territoire, quelque chose qu'il n'avait pas encore pu identifier.

Il s'arrêta brusquement, levant une main pour signifier à ses loups de se figer. Tous s'immobilisèrent instantanément, dans un silence absolu. Les yeux d'Aiden scrutèrent la nuit, cherchant la moindre anomalie, une présence qu'il aurait pu manquer. Son cœur battait plus vite, non par peur, mais par anticipation. Une odeur, subtile mais distincte, lui parvint alors, réveillant ses instincts. C'était une senteur humaine, mais mêlée à autre chose, quelque chose qu'il ne pouvait pas identifier tout de suite.

« Sophia, » murmura-t-il pour lui-même, presque imperceptiblement.

Il connaissait cette odeur. Depuis qu'elle était entrée dans sa vie, Sophia Lewis n'avait cessé de hanter ses pensées. Il se souvenait encore du jour où il l'avait vue pour la première fois, une apparition fragile au milieu de cette même forêt, mais avec une présence qui l'avait frappé de plein fouet. Elle n'était pas comme les autres humains. Il avait senti une force en elle, quelque chose de caché, d'indompté. Et depuis lors, il ne pouvait plus l'ignorer.

Il avait essayé de se convaincre que c'était une simple fascination, un intérêt passager pour une humaine différente des autres. Mais chaque fois qu'il la croisait, ses résolutions se fissuraient un peu plus. Il n'était pas du genre à se laisser distraire, encore moins par une humaine. Mais il y avait quelque chose chez elle qui l'attirait inexorablement, comme la lune attire la mer. Une force invisible, irrésistible.

« Alpha ? » La voix grave de Liam, son bêta, le ramena à la réalité. Liam avait senti son trouble, comme il le faisait toujours. « Tu l'as sentie aussi ? »

Aiden hocha la tête, ses yeux se durcissant. « Elle est proche. Continuez la patrouille. Je vais la retrouver. »

Liam acquiesça sans poser de questions. Il savait mieux que quiconque que lorsqu'Aiden prenait une décision, rien ne pouvait le faire changer d'avis. La meute s'éparpilla silencieusement, tandis qu'Aiden se dirigeait vers l'endroit où il savait qu'il trouverait Sophia. Ses pas étaient presque inaudibles sur le sol, ses sens en alerte, chaque fibre de son être tendue vers elle.

Il la trouva près d'un vieux chêne, les bras serrés autour de son corps, comme si elle cherchait à se protéger du froid mordant de la nuit. Ses cheveux bruns tombaient en cascade sur ses épaules, et son regard était perdu, fixé sur un point invisible dans l'obscurité. Elle ne l'avait pas encore vu, mais il sentait qu'elle percevait sa présence.

« Sophia, » appela-t-il doucement, sa voix grave et chaude rompant le silence.

Elle sursauta légèrement, avant de se tourner vers lui. Ses yeux verts s'agrandirent en le reconnaissant, une lueur de soulagement mêlée à une légère appréhension dans son regard. Elle avait toujours été un peu nerveuse en sa présence, consciente de la puissance qu'il dégageait, mais il y avait aussi autre chose, quelque chose qu'elle ne pouvait pas expliquer.

« Aiden, » murmura-t-elle, sa voix tremblante. « Je... je ne savais pas que tu serais ici. »

« Je pourrais te dire la même chose, » répondit-il en s'approchant lentement. « Que fais-tu toute seule, en pleine nuit, dans ces bois ? Tu sais que ce n'est pas sûr. »

Elle baissa les yeux, jouant nerveusement avec une mèche de cheveux. « Je ne sais pas. J'avais besoin de réfléchir. Ces derniers jours, tout est devenu tellement... confus. »

Il la comprenait, bien plus qu'elle ne pouvait l'imaginer. Lui aussi ressentait cette confusion, cette agitation intérieure qui ne cessait de croître depuis qu'il l'avait rencontrée. Il se tenait maintenant à quelques pas d'elle, et la proximité de son corps faisait naître en lui un désir qu'il tentait de refouler. Elle leva les yeux vers lui, et pour la première fois, il lut une vulnérabilité dans son regard, quelque chose qui résonna profondément en lui.

« Tu as peur, » dit-il, plus comme une constatation qu'une question.

Elle hésita, puis hocha la tête. « Oui. Quelque chose ne va pas, Aiden. Je le sens. Et je crois que tu le sais aussi. »

Son instinct ne l'avait jamais trompé. Elle avait raison, quelque chose d'inhabituel se passait. Et cela le mettait en colère de savoir qu'elle était mêlée à tout ça, qu'elle était en danger. Il s'approcha encore, jusqu'à ce que leurs souffles se mêlent dans l'air froid.

« Je ne laisserai rien t'arriver, Sophia. Pas tant que je suis là, » murmura-t-il, sa voix basse et protectrice.

Elle releva la tête, son regard cherchant quelque chose dans le sien, une promesse, une assurance. Et il savait qu'elle la trouverait. Il avait toujours été un homme de parole, et maintenant, il était prêt à tout pour la protéger, même si cela signifiait aller contre ses propres règles, même si cela signifiait admettre ce qu'il avait nié depuis le début.

Un frisson parcourut son échine lorsqu'il sentit sa main se poser sur la sienne, timidement d'abord, puis avec plus de confiance. Ce simple contact suffisait à éveiller en lui une tempête de sentiments qu'il avait tenté de réprimer. Elle était si proche maintenant, et l'odeur douce et enivrante de sa peau lui faisait perdre tout sens commun. Il savait qu'il devait s'éloigner, maintenir cette distance qui les protégeait tous les deux, mais il en était incapable.

« Aiden... » Sa voix était à peine audible, presque un souffle. Elle n'avait jamais prononcé son nom ainsi, avec tant d'intensité, tant de besoin.

« Je suis là, » répondit-il, comme une promesse qu'il ne comptait jamais briser.

Il aurait voulu la prendre dans ses bras, la protéger de tout ce qui menaçait leur monde. Mais il savait que ce n'était pas aussi simple. Elle devait savoir ce qu'il était, ce qu'ils étaient tous les deux en train de devenir, avant qu'il ne puisse laisser ce sentiment grandir davantage. Il aurait voulu tout lui avouer, lui révéler ce qu'il était vraiment, mais les mots restaient coincés dans sa gorge. Le risque de la perdre, de voir la peur dans ses yeux, était trop grand.

« Sophia, il y a des choses que tu ignores... »

Elle recula légèrement, cherchant son regard, comme si elle pressentait que ce qu'il allait dire changerait tout. « Quelles choses ? »

Il ouvrit la bouche pour répondre, mais se ravisa. Comment pouvait-il lui expliquer sans la terrifier ? Comment lui dire qu'il était un loup-garou, l'Alpha d'une meute qui veillait sur cette forêt et ses secrets depuis des siècles ? Il n'y avait pas de mots simples pour exprimer une telle vérité. Et pourtant, il savait qu'il ne pourrait pas cacher cette partie de lui bien longtemps.

« Je veux juste que tu saches que je suis là pour toi, quoi qu'il arrive, » dit-il finalement, sa voix marquée par une gravité qu'elle ne pouvait ignorer.

Elle hocha la tête, comme si elle acceptait cette réponse pour l'instant, mais il sentait qu'elle ne se contenterait pas de si peu longtemps. Elle était plus forte, plus déterminée qu'il ne l'avait imaginé au départ. Et cette force, cette volonté de comprendre, ne faisait que renforcer son attirance pour elle. C'était comme un feu qui brûlait en lui, un feu qu'il ne pouvait plus éteindre.

« Merci, Aiden, » murmura-t-elle, sa main pressant la sienne avant de la relâcher doucement. « Je ne sais pas ce que je ferais sans toi. »

Il se surprit à sourire, un sourire rare, mais sincère. « Tu es plus forte que tu ne le penses, Sophia

. Tu n'as pas besoin de moi, mais je serai toujours là si tu as besoin de quelqu'un. »

Elle sourit en retour, un sourire timide, mais qui réchauffa son cœur. « Je crois que j'ai plus besoin de toi que tu ne le penses. »

Ces mots résonnèrent en lui, renforçant cette connexion inexplicable qu'il ressentait avec elle. Il y avait un lien entre eux, quelque chose qui transcendait les simples attirances physiques, quelque chose de plus profond, de plus puissant. Et pour la première fois depuis longtemps, il se permit d'espérer, d'imaginer que peut-être, il pourrait avoir une chance d'être heureux, même si cela signifiait briser les règles qu'il avait juré de suivre.

Il aurait voulu rester avec elle toute la nuit, à parler, à apprendre à la connaître encore plus. Mais il savait que ce n'était pas possible. Pas encore. Il devait d'abord faire face aux dangers qui les entouraient, protéger ce qui devait l'être. Et une fois que tout serait en sécurité, il pourrait enfin envisager un avenir avec elle, un avenir où il n'aurait plus à cacher ce qu'il était vraiment.

« Il est tard, » dit-il doucement. « Je te raccompagne chez toi. »

Chapitre 3

Elle acquiesça, et ils commencèrent à marcher côte à côte, leurs pas synchronisés, comme s'ils avaient toujours été faits pour avancer ensemble. Le chemin du retour se fit dans un silence confortable, chacun perdu dans ses pensées, mais conscient de la présence de l'autre.

Lorsque la maison de Sophia apparut enfin à l'horizon, Aiden se sentit envahi par un étrange sentiment de perte. Il ne voulait pas la laisser partir, pas maintenant, mais il savait qu'il le devait. Il la regarda monter les marches du perron, sa silhouette se détachant contre la lueur pâle des lumières extérieures. Elle se retourna une dernière fois avant d'entrer, son regard capturant le sien, comme une promesse silencieuse.

« Bonne nuit, Aiden, » dit-elle doucement.

« Bonne nuit, Sophia, » répondit-il, sa voix grave emplie de sentiments non exprimés.

Et alors qu'elle disparaissait derrière la porte, il resta là, immobile, sentant une chaleur nouvelle se répandre en lui. Il savait que cette nuit était un tournant, un moment où tout avait changé. Il avait croisé son chemin, et maintenant, rien ne serait plus jamais pareil.

La forêt de Sombreville, encore enveloppée des ombres de la nuit précédente, s'éveillait doucement sous les premiers rayons du soleil. Les oiseaux chantaient timidement, rompant le silence qui régnait dans la clairière où la meute s'était réunie. Aiden se tenait au centre, ses yeux perçants balayant les visages de ses loups, captant chaque émotion, chaque tension. C'était un matin comme tant d'autres, mais l'atmosphère était différente, plus lourde, plus chargée. Le sang de l'Alpha bouillonnait sous sa peau, sentant l'impatience et l'inquiétude de ses loups.

À ses côtés se tenait Liam, son fidèle bêta, un homme grand et imposant, aux cheveux châtains coupés courts, dont les yeux brillaient d'une intelligence froide et calculatrice. Liam était son bras droit, celui qui l'avait toujours soutenu, même dans les décisions les plus difficiles. Pourtant, ce matin-là, même Liam semblait agité, jetant des regards discrets à Aiden, comme s'il attendait quelque chose. Ce quelque chose, Aiden le savait, se tenait juste au bord de la clairière, hésitant à faire un pas de plus.

Sophia était là, dissimulée dans les ombres des arbres, son cœur battant à tout rompre. Elle n'avait jamais été aussi nerveuse de sa vie, et pourtant, une force invisible la poussait à avancer, à franchir ce seuil invisible entre le monde qu'elle connaissait et celui qui l'attirait irrésistiblement. La veille, Aiden lui avait parlé de la meute, de ses loups, mais elle n'avait pas encore compris l'ampleur de ce que cela signifiait. Jusqu'à maintenant.

Elle prit une grande inspiration, chassant la peur qui l'étreignait, et fit un pas en avant, sortant de l'ombre. Les regards se tournèrent instantanément vers elle, des dizaines d'yeux perçants, certains curieux, d'autres méfiants. Aiden, au centre de la clairière, la fixa avec une intensité qui la fit frissonner. Elle sentit une chaleur monter à ses joues, mais elle continua d'avancer, refusant de céder à l'appréhension.

« Laisse-moi te guider, » murmura Aiden en s'approchant d'elle, tendant une main qu'elle prit sans hésiter.

Il l'emmena au centre de la clairière, où tous les membres de la meute étaient rassemblés. Sophia pouvait sentir leurs regards sur elle, certains pesants, d'autres simplement intrigués. Elle savait qu'elle n'était pas la bienvenue ici, qu'elle n'était qu'une humaine dans un monde où elle ne devrait pas avoir sa place. Mais elle sentait aussi que quelque chose de plus profond la liait à cet endroit, à ces personnes, et surtout à l'homme qui se tenait à ses côtés.

« Je vous présente Sophia, » annonça Aiden, sa voix grave et autoritaire résonnant dans l'air. « Elle est sous ma protection. »

Ces mots eurent l'effet d'une onde de choc. Les murmures se propagèrent parmi les loups, et Sophia sentit une vague de méfiance l'envelopper. Elle se crispa, mais Aiden serra sa main un peu plus fort, comme pour lui donner du courage. Elle leva les yeux vers lui, cherchant du réconfort dans son regard, et trouva une détermination inébranlable. Il était là pour elle, et il ne la laisserait pas tomber.

Liam s'avança, ses yeux bleus fixés sur Sophia, comme s'il cherchait à percer ses pensées. Il était plus proche d'Aiden que quiconque dans la meute, et son opinion pesait lourd. Il se plaça à quelques pas d'elle, étudiant son visage, cherchant peut-être une faille, une raison de contester la décision de l'Alpha.

« Elle est humaine, » déclara-t-il enfin, sa voix trahissant une légère hésitation. « Es-tu sûr de ce que tu fais, Aiden ? »

Aiden soutint son regard sans ciller. « Je suis sûr. »

Un silence tendu suivit cette affirmation. Les loups attendaient la réaction de Liam, sachant que son approbation ou son refus pouvait tout changer. Sophia sentait le poids de ce moment, et elle pria pour que tout se passe bien, pour que Liam accepte ce qu'elle-même ne comprenait pas encore tout à fait.

Finalement, Liam hocha la tête, se reculant de quelques pas. « Alors elle est des nôtres. »

Cette simple phrase sembla relâcher une partie de la tension. Les loups autour d'eux commencèrent à murmurer entre eux, certains acceptant la nouvelle, d'autres moins convaincus. Sophia ne pouvait s'empêcher de se sentir comme une intruse, malgré les mots d'Aiden. Elle savait que gagner leur confiance serait difficile, peut-être même impossible pour certains.

Une femme aux cheveux noirs de jais et aux yeux perçants s'approcha. Elle était magnifique, avec une beauté sauvage qui émanait une force et une assurance que Sophia admirait immédiatement. Elle se tenait droite, ses mouvements fluides et gracieux, comme si elle dansait au rythme d'une musique que seule elle pouvait entendre.

« Je suis Kara, » dit-elle en tendant la main à Sophia, un sourire énigmatique aux lèvres. « Bienvenue parmi nous. »

Sophia serra sa main, surprise par la chaleur de l'accueil. « Merci, » murmura-t-elle, ne sachant trop quoi dire.

Kara la regarda avec une intensité qui semblait pénétrer son âme. « Ne t'inquiète pas, tout le monde s'habitue à l'idée avec le temps. Il faut juste leur laisser une chance. »

Il y avait quelque chose de réconfortant dans les mots de Kara, et Sophia sentit une partie de son anxiété se dissiper. Peut-être qu'elle pourrait vraiment trouver sa place ici, parmi ces loups. Mais elle savait aussi que tout ne serait pas aussi simple.

Un autre loup s'approcha alors, un homme grand et musclé, avec une barbe bien taillée et des yeux sombres qui semblaient porter le poids de nombreuses batailles. Il se plaça devant Aiden, ignorant complètement Sophia, et s'adressa directement à l'Alpha.

« Tu joues avec le feu, Aiden, » grogna-t-il, sa voix grave et rauque. « Une humaine au milieu de nous, c'est une faiblesse. »

« Cette humaine, » rétorqua Aiden avec une froideur qui fit frémir Sophia, « est sous ma protection. Tu remettras en question mon autorité, Cormac ? »

Le silence qui suivit cette question était lourd, presque oppressant. Sophia sentit une tension palpable entre Aiden et cet homme, Cormac, comme s'ils étaient à un souffle de l'affrontement. Cormac soutint le regard de l'Alpha, ses mâchoires se crispant, mais il finit par baisser les yeux, une soumission à contrecœur qui n'échappa à personne.

« Non, Alpha, » répondit-il finalement, sa voix teintée de défi résigné.

Aiden hocha la tête, satisfait de la réponse. « Alors il n'y a rien de plus à dire. »

Cormac recula, jetant un dernier regard noir à Sophia avant de rejoindre les autres loups. Elle savait qu'il serait un obstacle, qu'il ne lui ferait pas de cadeau. Il y aurait toujours des loups comme lui, prêts à contester sa place ici, à remettre en question la décision d'Aiden. Mais elle était prête à affronter cela, pour lui, pour cette connexion inexplicable qui les unissait.

La réunion se poursuivit, et Aiden donna des ordres, organisant les patrouilles, discutant des menaces récentes. Sophia restait silencieuse à ses côtés, observant la dynamique de la meute, les regards échangés, les tensions sous-jacentes. Elle voyait la loyauté dans les yeux de certains, comme Liam, Kara, et d'autres qu'elle ne connaissait pas encore, mais elle voyait aussi la méfiance, la peur de l'inconnu qu'elle représentait.

Elle comprenait maintenant ce qu'Aiden avait voulu dire lorsqu'il lui avait parlé de la meute, de la responsabilité qui pesait sur lui. Être Alpha, ce n'était pas seulement diriger, c'était aussi protéger, parfois contre leur propre nature. Et elle voyait combien cela pesait sur ses épaules, combien chaque décision était cruciale, chaque mot prononcé lourd de conséquences.

Lorsque la réunion se termina enfin, Aiden se tourna vers elle, son regard plus doux, presque apaisé. « Ça n'a pas été facile, mais tu as bien tenu le coup. »

Sophia haussa les épaules, un sourire timide aux lèvres. « Je ne sais pas si je suis vraiment prête pour tout ça. »

« Personne ne l'est vraiment, » répondit-il en lui tendant la main. « Mais tu es plus forte que tu ne le penses. »

Elle prit sa main, sentant la chaleur de sa peau contre la sienne, une chaleur qui se répandit en elle, chassant les doutes. Elle le savait maintenant, elle avait un rôle à jouer ici, même si elle ne comprenait pas encore pleinement lequel. Mais avec Aiden à ses côtés, elle se sentait prête à affronter n'importe quoi, même les regards hostiles, même les dangers qui guettaient dans l'

Ombre.

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