Genre Classement
Télécharger l'appli HOT
Accueil > Loup-garou > L'Alpha Maudit et Sa Compagne Oubliée
L'Alpha Maudit et Sa Compagne Oubliée

L'Alpha Maudit et Sa Compagne Oubliée

Auteur:: Bless Gallery
Genre: Loup-garou
Sienna a été maudite à la naissance et bannie de sa meute pour éviter d'apporter le malheur. Elle a grandi loin des siens, sans jamais soupçonner qu'elle était liée à Alpha Adrian. Lorsqu'il la retrouve, il comprend qu'elle est la clé pour briser la malédiction qui le ronge depuis des années. Mais l'acceptation de leur lien ne sera pas facile : Adrian devra non seulement lui prouver qu'il est digne de confiance, mais aussi la protéger des ennemis qui veulent sa perte.

Chapitre 1 Chapitre 1

La douleur la transperça comme un éclair. Un cri déchira la nuit, glissant entre les arbres noirs de la forêt et se heurtant contre le vent furieux. Les premiers éclats de foudre frappaient le sol, zébrant l'horizon de lueurs blanches, éclairant par moments les silhouettes inquiétantes qui se mouvaient dans l'ombre. Sienna, encore à peine née, sentit le froid mordant de l'air nocturne, une sensation qui n'aurait jamais dû être la sienne.

Les mains du guérisseur étaient tremblantes, son souffle erratique, tandis qu'il faisait tout pour empêcher l'enfant de naître dans ce monde sous de si funestes auspices.

« Elle est là ! » hurla la sage-femme, la panique dans la voix. Mais son cri était noyé par un autre bruit, plus fort, plus inquiétant.

La foudre frappa plus près. La terre trembla.

Elle émergea dans ce monde avec une telle violence que même les esprits anciens reculèrent, effrayés par le poids du présage. Un cri, une étincelle de vie, puis un silence lourd, pesant. La petite Sienna ouvrit les yeux dans un monde où le destin semblait se dérober sous ses pieds. Un frisson parcourut son corps frêle, une ombre à peine perceptible sur son âme, une marque invisible, mais déjà présente.

Les yeux de la mère étaient fixés sur son enfant. Elle avait vu les signes. Elle avait entendu les murmures des anciens. « Elle portera la malédiction », avait-on dit. « La porteuse du malheur. » Une partie d'elle savait qu'elle ne survivrait pas à cet accouchement. L'autre ne pouvait accepter ce qu'elle savait être la vérité. Le monde des hommes et des loups ne pouvait accueillir une telle naissance. Elle serra son enfant dans ses bras, sentant déjà la chaleur de sa peau, et la peur s'empara de son cœur.

Les bruits de la forêt étaient devenus plus intenses. Quelque chose se rapprochait, quelque chose qui sentait la terreur. Elle n'était pas seule. Le vent soufflait, mais pas assez fort pour masquer les pas lourds qui se rapprochaient. La mère leva les yeux vers l'horizon. Des silhouettes, imposantes, se dessinaient, s'approchant avec une lenteur menaçante.

« Tu dois fuir », murmura la mère, sa voix faible mais résolue. La petite Sienna ne comprenait pas, mais la main qui se serra autour de son bras savait déjà. Elle avait été choisie pour quelque chose qu'aucun enfant n'aurait dû porter.

La porte se fracassa, la maison trembla sous la force du choc. Les ombres envahirent la pièce. Le guérisseur, effrayé, se coucha au sol, tremblant de tout son corps. Mais un cri de plus s'éleva, plus fort que tous les autres. Un cri qui perça la nuit, un cri qui allait être la signature d'un avenir incertain.

« L'enfant ! » Un homme, plus grand que les autres, s'avança. Ses yeux brillaient dans l'obscurité, comme des braises ardentes. Ses mains, couvertes de griffes, frémissaient, prêtent à saisir.

La mère serra sa fille contre elle une dernière fois. « Tu dois partir, Sienna. Ils ne doivent jamais savoir qui tu es. »

Un éclat de lumière, et l'homme s'avança. « La prophétie ne peut être ignorée plus longtemps. »

D'un coup sec, il brisa le crâne de la mère. Le corps s'effondra avec un bruit sourd. La petite Sienna hurla, inconsciente du tragique moment qu'elle vivait.

Elle n'eut pas le temps de comprendre ce qui se passait. Un coup de vent froid la saisit, et la petite silhouette de l'enfant fut portée loin, dans l'obscurité de la forêt. Là où la meute des Ombres ne pourrait jamais la retrouver. Là où même le destin n'oserait la suivre.

Les années passèrent, mais les ombres de ce soir-là ne disparurent jamais de la mémoire de Sienna. Pourtant, tout autour d'elle était calme. Elle vivait parmi des humains, des créatures fragiles qui semblaient aveugles à la lumière du destin. Mais Sienna savait, au fond d'elle-même, que le malheur était une partie intégrante de son existence.

Elle se réveilla dans la cabane, son corps lourd d'un étrange pressentiment. La forêt semblait plus bruyante ce matin-là, le vent soufflant à travers les fenêtres ouvertes. Des oiseaux criaient, mais ce n'était pas des cris joyeux. Ils étaient différents. Une angoisse palpable.

Elle se leva, étira ses bras, et marcha lentement vers la fenêtre. Le ciel au loin semblait menacer d'éclater. La foudre n'était jamais loin. Mais ce n'était pas de la foudre. Elle pouvait sentir la présence d'une autre force. Une force qu'elle n'arrivait pas à comprendre, mais qui la pourchassait.

Les portes s'ouvrirent brusquement. Elle ne se retourna même pas. Elle savait qui c'était. Elle savait ce que ces bruits annonçaient.

« Tu as ressenti, toi aussi. »

L'homme entra, un regard sombre dans les yeux. Il n'était pas humain, mais il n'était pas non plus un loup. Il était quelque chose d'encore plus dangereux, un être entre les deux mondes. La malédiction, la même qui avait hanté sa naissance, se resserrait autour d'elle.

Il s'avança sans un mot, mais Sienna n'eut pas besoin de réponse. Elle savait ce qu'il était venu lui dire. « Tu dois fuir, Sienna. Ils sont venus pour toi. »

Elle ne répondit pas immédiatement. La terre tremblait sous ses pieds, mais ce n'était pas la tempête. Il y avait des pas lourds derrière elle. Un frisson de terreur la parcourut, mais elle ne bougea pas.

Puis, la porte explosa sous un coup de griffe.

Ce soir-là, l'âme de Sienna, forgée dans le fer du destin, se prépara à affronter ce qu'elle ne comprenait pas encore. Mais l'ombre d'Adrian, cet Alpha qu'elle n'avait jamais rencontré, approchait déjà.

Le vent soufflait fort lorsque les anciens de la meute se rassemblèrent autour de l'Alpha. L'obscurité pesait sur leurs visages, l'expression grave, l'âme tourmentée. Ils avaient assisté à la naissance de Sienna, à la manière dont la foudre éclatait en éclats d'ombre au-dessus d'eux, comme une malédiction annonciatrice. Ils avaient vu le vent hurler autour de la maison, et le cri de l'enfant, qui n'était pas un cri de vie mais un cri de fin, résonner dans leurs oreilles comme le signal d'un drame à venir.

Le conseil s'était réuni pour une raison précise : l'enfant. La petite Sienna. Le destin de la meute était désormais incertain à cause de cette naissance, et les anciens le savaient. Des murmures parcouraient la meute, des rumeurs qui annonçaient que la malédiction ne serait jamais levée tant qu'elle serait parmi eux. Elle était le symbole de la décadence, du déclin. La lumière qu'elle portait en elle ne pouvait être qu'éphémère, et une fois éteinte, la meute serait condamnée à errer dans les ténèbres.

L'Alpha, lui, se tenait silencieux, le regard lourd. Il savait que son rôle était de protéger la meute, avant tout. Mais les anciens avaient raison. La naissance de Sienna, dans un tel chaos, sous une telle malédiction, ne pouvait être ignorée. La peur s'infiltrait dans son esprit. Si la prophétie des anciens était vraie, elle serait la fin de tout ce qu'ils avaient construit. Mais comment bannir un enfant, surtout le sien ?

Il n'avait pas le choix. La décision fut prise dans l'ombre, en silence. L'Alpha avait ordonné le bannissement de Sienna. La petite fille, si fragile et innocente, serait envoyée loin de la meute, loin de leur terre. La dévotion de son père, sa loyauté envers la meute, lui permettait de faire face à cette décision déchirante. Sienna, qui n'avait même pas encore conscience de sa nature, serait privée de la seule famille qu'elle aurait jamais connue.

La meute se tourna donc vers la vieille guérisseuse recluse, une femme dont le pouvoir semblait aussi ancien que la forêt elle-même. Elle vivait dans l'isolement, loin des yeux curieux, dans un repli de la nature que même les loups les plus expérimentés ne franchissaient guère. La guérisseuse était réputée pour ses connaissances profondes des mystères de la nature, des plantes, et de la vie, mais peu savaient que ses pouvoirs s'étendaient au-delà des simples remèdes. Elle était la gardienne des secrets oubliés, des liens brisés. C'était elle qui pourrait protéger Sienna, sans jamais lui révéler la vérité.

La vieille femme, les mains tremblantes mais d'une sagesse inébranlable, accueillit Sienna sans poser de questions. Elle savait, d'instinct, que la jeune fille serait un jour confrontée à sa propre nature, mais cela ne faisait aucune différence. Elle devait être protégée. Au fil des années, Sienna grandit loin de tout, loin des autres loups, de la guerre et de la souffrance. Elle n'apprit jamais que les ombres de son passé la hantaient, que les murmures de la meute cherchaient toujours à la retrouver. La guérisseuse l'éleva dans la sérénité, lui enseignant les anciens arts de la guérison, l'écoutant écouter la forêt, sans jamais évoquer son véritable héritage. Elle était une simple enfant, apprenant à écouter les bruits du monde.

Mais une chose, pourtant, échappait à la guérisseuse. Sienna possédait quelque chose de spécial, quelque chose que la vieille femme avait vu dès les premiers jours : une étincelle de pouvoir cachée, endormie dans son être. Elle l'avait perçue dans ses gestes, dans ses yeux, mais elle n'était pas encore prête à comprendre la profondeur de ce lien. Sienna était l'enfant des ténèbres, mais aussi la clé d'un destin plus grand qu'elle ne pourrait jamais imaginer. Et le jour viendrait où cette vérité éclaterait en elle, mais pour l'instant, tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle était simplement différente, qu'un fardeau invisible pesait sur ses épaules.

Elle ignorait que le monde de la meute l'appelait, qu'Adrian, son Alpha, attendait d'elle qu'elle accomplisse quelque chose qu'elle ne pouvait encore saisir. Mais le temps viendrait où tout cela serait révélé dans un éclat de lumière, un éclat qui briserait les chaînes de son passé.

Chapitre 2 Chapitre 2

Adrian se tenait dans la clairière, seul, le regard fixé sur la forêt qui l'entourait. L'air était froid, humide, comme une brume pesante qui refusait de se lever. La malédiction qui le rongeait depuis des années n'était pas seulement une souffrance physique, mais aussi une torture psychologique. Il avait l'impression que ses veines ne contenaient plus de sang, mais une essence noire, brûlante, comme si la magie qui le dévorait vivait en lui, pulsatillante, prête à le faire exploser de l'intérieur. La douleur était constante, inévitable, mais au-delà de cela, c'était la honte qui l'accablait.

Il n'était plus l'Alpha qu'il avait été, celui qui menait sa meute avec honneur et puissance. Désormais, il n'était qu'un homme brisé, piégé par un destin cruel.

Il inspira profondément, fermant les yeux quelques instants. Ses griffes se contractèrent involontairement, griffant le sol sous ses pieds. Il sentait la bête en lui se réveiller à chaque seconde de douleur, prête à rugir, prête à tout détruire. Mais il n'était plus maître de ses propres pulsions. Il savait que la malédiction l'avait changé, qu'elle l'avait rendu moins humain, moins loup, tout à la fois. Cette malédiction, d'un pouvoir ancien et mystérieux, l'avait fait sombrer dans la solitude. Il ne pouvait plus se regarder dans un miroir sans voir un monstre, un homme qui n'était plus qu'une ombre de lui-même.

Depuis sa chute, depuis cette nuit fatidique où il avait été frappé par ce sort mystérieux, Adrian avait erré. Sa meute l'avait rejeté. Peu à peu, tous ceux qu'il avait connus s'étaient éloignés de lui, les murmures grandissant dans l'ombre. « Il n'est plus digne. » « Il a failli. » « Ce n'est plus notre Alpha. » Chaque mot, chaque regard, chaque geste de rejet avait été une lame plantée dans son cœur. Il n'était plus qu'un homme maudit, solitaire, enfermé dans sa propre souffrance.

Et pourtant, malgré tout, il y avait des moments où il se battait encore contre cette malédiction. Des moments où il sentait qu'il pouvait encore la contrôler, où l'Alpha en lui se levait et chassait l'ombre. Mais ces moments étaient de plus en plus rares. De plus en plus faibles. Il sentait la bête en lui se faire plus forte, plus sauvage, plus incontrôlable.

Une fois de plus, il leva les yeux vers les cieux, cherchant des réponses. Mais il n'y avait que des nuages sombres et lourds. Pas d'étoiles, pas de lumière. Juste la présence de l'invisible, le poids de la magie qui l'alourdissait. Il n'était pas prêt à affronter ce qu'il savait. Il n'était pas prêt à accepter ce qu'il devenait. Mais il n'avait plus le choix. Il devait trouver un moyen de se libérer.

Son esprit vagabonda alors vers elle. Sienna. Il avait entendu des rumeurs, des murmures, comme une voix lointaine qui l'appelait. Il savait que cette fille, cette enfant qu'il n'avait jamais rencontrée, possédait la clé pour briser la malédiction. Mais chaque fibre de son être se rebellait à l'idée de la retrouver. Cette idée qu'elle pourrait être son salut était à la fois un soulagement et une malédiction en soi. Comment pourrait-il se permettre de la chercher alors qu'il avait échoué à protéger sa propre meute ? Comment pourrait-il la confronter, cette enfant, alors que sa propre existence était une blessure ouverte, une honte qu'il portait chaque jour ?

Adrian secoua la tête, chassant ces pensées. Il devait la retrouver. La réponse était là, dans les bois, dans cette fille qui avait été abandonnée. Mais avant tout, il devait se préparer à ce qu'il allait découvrir. Il savait qu'il n'était pas prêt à la rencontrer. Pas encore. Pas dans l'état où il se trouvait.

Un rugissement, lointain mais distinct, le fit sursauter. Il ferma les yeux un instant, reconnaissant la voix des loups qui parcouraient son territoire. Ils venaient de la meute, de l'ancien territoire qu'il avait gouverné. Leur présence raviva un autre souvenir, un souvenir douloureux, mais nécessaire. La meute qu'il avait autrefois dirigée, les regards d'admiration, la puissance qu'il incarnait. Il avait tout perdu. Tout. Il n'était plus leur Alpha, et ils ne seraient plus jamais les siens.

Il serra les poings, sentant une nouvelle vague de douleur se propager dans son corps. La malédiction frappait de nouveau, plus forte, plus bruyante, comme un tambour de guerre résonnant dans ses entrailles. Il n'avait plus le temps de réfléchir. Il devait agir. Il devait partir à la recherche de la seule personne qui pouvait peut-être le sauver.

Sans un mot, il tourna les talons, abandonnant la clairière. Le vent soufflait de nouveau, et cette fois, c'était un vent d'espoir. Il était seul dans la nuit, mais il sentait la présence de quelque chose, de quelqu'un, quelque part dans les ténèbres. La malédiction, cette nuit-là, n'était pas un fardeau qu'il devrait porter éternellement. Un jour, il trouverait la clé. Et ce jour-là, tout changerait.

Mais pour l'instant, il n'était qu'un Alpha brisé, marchant dans les ombres, à la recherche de la seule personne capable de lui offrir une chance de rédemption.

Chaque nuit, Adrian se réveillait en hurlant, la douleur le transperçant comme des crocs invisibles, se faufilant à travers chaque fibre de son être. Les souffrances physiques étaient devenues sa réalité, et avec elles, l'instabilité de son loup, cette bête déchaînée qui réclamait sa part de liberté. La malédiction qui le marquait ne cessait d'agir, exacerbée par les phases de pleine lune, mais aussi par l'angoisse constante qui le rongeait. Il pouvait sentir son loup battre la poitrine de son corps humain, les griffes de la créature s'agrippant à sa conscience, prête à exploser.

Les nuits étaient les pires. L'obscurité devenait son ennemi, une entité vivante qui l'engloutissait. Ses muscles se contractaient, ses dents se serraient si fort qu'il en craquait l'os. Ses jambes tremblaient, son cœur battait trop vite. Parfois, il sentait qu'il allait perdre tout contrôle, que le loup prendrait entièrement le dessus, que sa forme humaine disparaîtrait pour ne laisser que la bête sanguinaire. Il avait l'impression d'être pris au piège dans sa propre peau, une victime de son propre pouvoir.

Les hurlements du loup fendaient la nuit, mais ce n'était pas celui d'un Alpha en quête de pouvoir ou de gloire. C'était un cri de souffrance, de rage, de frustration. Un cri de perdition. Adrian se battait pour ne pas céder, pour ne pas se laisser engloutir par l'animal qui hurlait à l'intérieur de lui. Il voulait garder une partie de son humanité, mais chaque nuit, cela devenait de plus en plus difficile. Il était devenu une créature instable, incontrôlable, comme une arme à feu prête à exploser sous la pression.

C'était dans cet état, presque au bord du gouffre, qu'il entendit parler de l'oracle.

Les mots qui lui parvinrent étaient vagues, enveloppés de mystère, comme une légende ancienne surgissant des ombres. On disait que l'oracle vivait dans une vallée reculée, un endroit à peine connu des loups. Il s'agissait d'une femme, dotée de pouvoirs immenses, capable de voir à travers les voiles du temps et de l'espace. Ceux qui l'avaient rencontrée parlaient d'une sagesse infinie, mais aussi d'un côté impitoyable, cruel. L'oracle ne donnait jamais de réponses claires, seulement des énigmes, des visions.

Adrian, malgré son scepticisme, n'avait plus le choix. Si cette femme pouvait l'aider, il devait la trouver. Il avait tout perdu de sa dignité, mais la possibilité d'une guérison, d'un soulagement, l'appelait avec insistance. Il avait besoin d'une solution, d'un espoir, aussi infime fût-il. Et il savait qu'il devait affronter cet oracle, peu importe les risques.

Le voyage vers la vallée fut long et difficile, mais Adrian n'eut aucun mal à braver les dangers du terrain. Sa douleur, sa souffrance, l'avait rendu plus endurant. La fatigue ne semblait plus le toucher. Lorsque, enfin, il arriva à la clairière où l'oracle résidait, l'air était d'un calme étrange, un silence dense, presque oppressant. C'était comme si l'endroit était suspendu hors du temps, comme une dimension à part. Au centre de la clairière, une silhouette solitaire se tenait, immobile.

L'oracle était une femme d'une beauté intemporelle, mais son regard, perçant et froid, faisait oublier tout ce qui l'entourait. Ses yeux n'étaient pas humains. Ils semblaient voir au-delà de la réalité, au-delà de tout ce qui était visible. Il n'y avait pas de chaleur en elle, seulement la vérité nue, douloureuse.

Elle fixa Adrian sans dire un mot, comme si elle l'attendait depuis toujours.

« Tu viens chercher la délivrance, Alpha, » dit-elle finalement, sa voix calme, mais remplie de poids.

Adrian se redressa, son regard dur et défiant. « Je suis venu pour une réponse. Une solution à cette malédiction qui me dévore. »

L'oracle l'observa un instant avant de répondre, ses lèvres se soulevant légèrement. « La clé de ta délivrance réside en elle. Une femme bannie. C'est elle qui détient ce que tu cherches. Mais sois averti, Alpha. Ce n'est pas une route facile. La souffrance sera ton compagnon tout au long de ce voyage. Et même si tu la trouves, rien n'est garanti."

Adrian se figea, le souffle court. Une femme bannie. Il savait à quoi cela faisait référence. Il savait qu'elle parlait de Sienna, cette enfant qu'il n'avait jamais vue mais qu'il sentait liée à lui d'une manière qu'il ne comprenait pas encore. Elle était la clé de sa libération. Et pourtant, cela ne faisait que rendre la quête encore plus difficile. Il n'était pas simplement en quête de la guérison de son corps. Il était désormais en quête de son âme, et la vérité de ce qu'il devait affronter était bien plus complexe que ce qu'il avait imaginé.

« Que dois-je faire ? » demanda-t-il, sa voix tremblant à peine sous le poids des révélations.

L'oracle lui sourit, mais il n'y avait aucune chaleur dans ce sourire, seulement une ombre, une menace. « Va à elle. Mais ne pense pas que ce sera facile. La malédiction que tu portes n'est pas la seule épreuve. Sienna n'est pas celle que tu crois. Et elle n'est pas venue pour sauver un homme brisé. Elle viendra peut-être pour le détruire. »

Adrian sentit un frisson glacé le traverser. « Je ferai tout ce qu'il faut, » répondit-il d'une voix grave, déterminée.

« Alors sois prêt à tout perdre, Alpha. La délivrance n'est jamais sans sacrifice. »

Les mots de l'oracle résonnèrent dans sa tête alors qu'il s'éloignait, son cœur battant dans sa poitrine comme un tambour de guerre. La route serait longue et semée d'embûches, mais il n'avait plus le choix. La malédiction continuait de le dévorer, et seul le lien avec cette femme bannie, Sienna, pourrait peut-être l'en libérer.

Chapitre 3 Chapitre 3

La pluie tambourinait contre le toit de chaume alors que Sienna s'agenouillait dans l'ombre de la petite cabane, ses doigts effleurant les racines fraîches qu'elle venait de récolter. L'odeur terreuse des plantes médicinales, combinée à l'humidité de l'air, pénétrait ses narines avec une familiarité qui la calmait. Elle savait que la pluie allait durer encore des heures, et cela la forçait à ralentir. Elle n'avait jamais appris à vivre comme les autres, à dépendre de ce que la société pouvait lui offrir.

La solitude, la discrétion, c'étaient là ses seules compagnes, et elles l'avaient toujours été. En dehors de ces murs, au-delà des bois, il y avait des villages, des meutes, des regards curieux, inquisiteurs. Mais ici, dans cet endroit reculé, tout était différent.

Le temps semblait se suspendre dès qu'elle franchissait les limites de la forêt. La nature, avec ses bruits de créatures nocturnes et son murmure ininterrompu, était son seul monde. Loin des regards accusateurs, loin des murmures qui disaient qu'elle était maudite, que sa naissance portait malheur, que son existence était une malédiction pour tous ceux qui s'en approchaient. Ces rumeurs étaient loin, mais leur écho lui revenait parfois, même ici.

Le vent souffla, et les feuilles se mirent à frémir autour de la cabane. Sienna se redressa, laissant derrière elle la préparation des herbes. Son regard se porta sur la silhouette qui se découpait dans la brume. C'était une silhouette humaine, mais aussi plus que cela. Son corps semblait être une part de la forêt elle-même, ancrée profondément dans la terre, mais capable de se mouvoir avec une agilité surnaturelle. Son cœur, battant au rythme des vieux secrets, lui confirma que l'étranger n'était pas une simple personne, mais une créature qui connaissait la forêt aussi bien qu'elle.

Elle se glissa silencieusement vers la porte, prenant soin de ne pas faire de bruit. Le visiteur s'approchait. Il ne l'avait pas encore remarquée, mais Sienna savait qu'elle n'échapperait pas à son regard affûté bien longtemps. Elle s'éloigna doucement, se fondant dans l'ombre, sa respiration à peine audible.

Elle n'avait pas voulu être ici, mais le destin semblait l'avoir mise sur un chemin sans retour. Fuir les meutes, fuir les villages, éviter tout contact avec ceux qui auraient pu lui offrir une place parmi eux. Mais à quel prix ? La douleur de la solitude s'infiltrait dans ses os chaque jour un peu plus. Si seulement elle pouvait se rappeler du passé, si seulement elle pouvait retrouver ceux qui avaient un jour été ses proches, sa meute. Mais ces souvenirs étaient flous, effacés par des années de silence et de fuite.

La silhouette s'arrêta à quelques pas de la cabane, comme si elle savait que quelqu'un se trouvait à l'intérieur. Le cœur de Sienna s'accéléra. Elle savait que l'heure de la confrontation était proche. Elle pouvait sentir la tension dans l'air, cette énergie étrange qui se dégageait de l'étranger. Il n'était pas humain, elle le savait. Pas entièrement. Il n'y avait qu'une poignée de créatures capables de percevoir son existence à distance. L'odeur du loup imprégnait l'air autour de lui, mais elle était différente. C'était un loup porté par une malédiction, une bête déchue. Elle se tenait là, figée dans l'obscurité, attendant qu'il fasse le premier mouvement.

Il y eut un instant de silence, puis la porte s'ouvrit avec un grincement léger. L'étranger entra, ses pas lourds, chargés d'une présence qui occupait tout l'espace. Sienna recula encore d'un pas, ses yeux cherchant une issue, une échappatoire. Mais il n'y en avait pas. Pas cette fois.

« Je sais que tu es là, » dit la voix grave de l'étranger. Elle se fit plus nette, plus présente, comme une onde qui traversait l'air. « Je suis venu pour toi. »

Sienna ne répondit pas immédiatement. Elle se tenait dans l'ombre, ses doigts serrant les bords d'une vieille couverture. Elle voulait savoir qui il était, pourquoi il l'avait suivie, mais il y avait trop de questions qui tournaient dans sa tête. Pourquoi maintenant ? Pourquoi après tant d'années de silence ? Elle n'avait pas cherché de lien avec le monde extérieur. Elle avait appris à survivre seule.

« Je ne veux rien de toi, » dit-elle finalement, sa voix aussi calme que possible. Elle ne le regardait toujours pas, mais il était là, tout près. « Tu n'es pas le bienvenu ici. »

L'homme sourit, un sourire qui ne parvint pas à atteindre ses yeux. « Tu n'as pas le choix. Je suis celui que tu redoutes, celui que tu as cherché à fuir, mais je suis aussi celui qui peut te libérer. »

Ces mots frappèrent Sienna comme une décharge. Elle fit un pas en arrière, surprise, mais aussi émue par une angoisse ancienne qu'elle croyait avoir oubliée. Le loup, ce loup qu'elle avait en elle, ce pouvoir qu'elle n'avait jamais maîtrisé, se réveillait en elle. Ce loup, qui était lié à l'homme devant elle.

« Je suis le seul à pouvoir briser la malédiction qui te lie à ce monde, » dit-il en s'approchant encore d'un pas. « Je suis Adrian. Et toi, tu es la clé. »

Les mots d'Adrian résonnèrent dans son esprit comme une révélation et un avertissement. Sienna se redressa, prête à fuir, mais elle savait que l'évasion n'était plus possible. Il la savait. Il connaissait son nom, son histoire. Et il savait ce qu'elle était devenue. Elle n'avait pas été prête à cela, pas prête à faire face à la vérité qui se tenait maintenant devant elle.

Elle se tourna finalement vers lui, ses yeux perçant l'obscurité. « Pourquoi moi ? » demanda-t-elle. « Pourquoi maintenant ? »

« Parce que tu es la seule capable de m'aider, » répondit-il, sa voix calme mais chargée de la souffrance qu'il portait. « Tu es liée à moi, Sienna. Sans toi, je ne pourrai pas me libérer de ce que je suis devenu. Nous sommes faits pour nous croiser. »

Sienna sentit une bouffée de colère monter en elle, une résistance instinctive qui lui disait de fuir, de se battre. Mais une autre partie d'elle, celle qui était fatiguée de la solitude, celle qui savait au fond d'elle qu'elle n'avait jamais vraiment échappé à son passé, ne pouvait pas ignorer les mots qu'il venait de prononcer.

Elle baissa les yeux, son esprit tournant à toute vitesse. La malédiction. Il parlait de la même malédiction qui avait frappé sa propre naissance, de la même malédiction qu'elle avait vécue toute sa vie. Adrian était celui qu'elle avait cherché à fuir, mais peut-être était-ce aussi celui qu'elle devait affronter.

« Alors, que veux-tu ? » demanda-t-elle, son regard fixé sur lui, prête à entendre la vérité qu'elle n'avait jamais osé affronter.

Les jours qui suivirent la rencontre avec Adrian furent marqués par une étrange sensation qui s'éveillait en elle à chaque instant. Ce n'était pas la peur, ni la méfiance, mais quelque chose de plus profond, quelque chose qui se mêlait à la terre elle-même. Chaque mouvement qu'elle faisait semblait répondre à un souffle de la nature, comme si le monde qui l'entourait l'écoutait et répondait à ses appels silencieux. Elle pouvait sentir la vie dans chaque arbre, chaque racine, chaque pierre, et plus encore, elle percevait les créatures qui l'habitaient, leurs émotions, leurs désirs, leurs souffrances.

Ce matin-là, elle se leva tôt, ses pieds nus effleurant la terre humide. Les feuilles bruissaient au-dessus d'elle dans un rythme apaisant, comme une mélodie lointaine. Sans trop y réfléchir, elle tendit la main vers un vieux chêne qui se dressait non loin de sa cabane. À cet instant, un frisson parcourut son bras. Elle sentit la sève circuler dans le tronc, une pulsation douce et régulière, comme un cœur battant sous l'écorce. La nature était vivante, mais ce lien... ce lien entre elle et cette créature majestueuse dépassait tout ce qu'elle avait pu imaginer. Elle ferma les yeux, se concentrant sur cette sensation. Un apaisement s'installa en elle, une chaleur douce, comme si l'arbre l'accueillait, la protégeait.

Puis, un bruit de feuilles froissées rompit la tranquillité de l'instant. Des loups. Elle les entendait avant de les voir, un groupe errant dans la forêt. Elle s'approcha lentement, toujours guidée par cette sensation étrange. Ils étaient là, dans une clairière proche, leur présence emplissant l'air de leur énergie sauvage. Mais il n'y avait pas de menace dans leur approche, pas d'agressivité. Ils étaient tout aussi perdus qu'elle dans cette forêt, tout aussi dépendants de son instinct. Sans réfléchir, elle se laissa guider par cet instinct nouveau, s'avançant vers eux.

Les loups la regardèrent sans peur, leurs yeux brillants d'intelligence et de curiosité. Un à un, ils se rapprochèrent, leurs corps imposants frémissant dans l'ombre des arbres. Sienna se tenait là, au centre de leur cercle, et, avec un simple geste de la main, elle sentit l'atmosphère changer. Comme si une brume apaisante enveloppait les créatures. Leur agitation se dissipa lentement, leurs corps se détendirent. Elle n'avait pas prononcé un mot. Pourtant, les loups la comprenaient, elle le savait. Ils étaient apaisés. L'un d'eux s'avança doucement, frottant son flanc contre sa main, une marque de respect, un acte de soumission.

Mais alors qu'elle se laissait envahir par cette connexion, un bruit de branches brisées fit sursauter les loups. Les premiers grondements se firent entendre au loin. Le vent apporta l'odeur du danger, l'odeur humaine. Les chasseurs. Un groupe de trois, peut-être quatre, se rapprochait à grands pas, leur présence lourde et menaçante, telle une ombre pesant sur la clairière. Sienna sentit son cœur se serrer, un instinct de survie brutal se réveillant en elle. Les loups se mirent immédiatement en alerte, leurs sens aiguisés détectant les intrus. Elle se tourna vers eux, sachant que leur rencontre paisible était terminée.

Les chasseurs étaient encore loin, mais Sienna savait qu'ils étaient déjà sur leur chemin. Ils traquaient la faune, mais plus encore, ils traquaient des créatures comme elle. Les échos de leurs pas firent frémir les loups, qui s'éloignèrent d'elle, prêts à défendre leur territoire, prêts à attaquer si nécessaire. Sienna, pourtant, n'hésita pas. Elle attrapa ses maigres affaires, enfilant sa veste de laine épaisse, et courut, sa respiration lourde, dans les profondeurs de la forêt.

Les arbres semblaient lui offrir une couverture, mais Sienna savait qu'elle ne pouvait pas rester là. Elle était plus rapide que les hommes, mais moins qu'un loup, et elle ne pouvait pas se permettre d'être prise au piège. Plus elle s'enfonçait dans les bois, plus elle sentait la présence des chasseurs se rapprocher. Les loups, eux, suivaient leur propre chemin, faisant diversion pour couvrir sa fuite. Les sons de la forêt semblaient se transformer en une symphonie de mouvement, des bruits d'ailes, des grognements, des feuillages écrasés.

Enfin, Sienna s'arrêta, haletante, à la lisière de la forêt, un ruisseau s'étendant devant elle. Elle se coucha à plat ventre dans l'herbe, espérant que les chasseurs ne la détecteraient pas. Ils passèrent sans la voir, leurs voix rauques et impatientes se perdant dans le vent. Leurs pas s'éloignèrent finalement, mais Sienna savait qu'ils reviendraient, plus déterminés que jamais. Elle devait partir, quitter cette vie. Fuir encore.

Son cœur battait la chamade, mais cette fois-ci, ce n'était pas la peur qui dominait. C'était une certitude. Elle ne pourrait pas échapper indéfiniment à son passé, ni à la vérité qu'elle commençait à effleurer. Cette affinité étrange avec la nature, avec les loups, n'était pas un hasard. Elle était la clé. Mais pour quoi ? Pour qui ? Et si ces chasseurs n'étaient que les premiers d'une longue série ? Elle serra les dents et se redressa, prête à partir. Sa vie venait de changer, et elle devait le comprendre.

Elle n'était plus simplement une fille bannie. Elle n'était plus simplement une étrangère dans un monde qui ne l'avait jamais acceptée. Elle était liée à quelque chose de plus grand. Elle avait un rôle à jouer. Un rôle que ni les loups ni les chasseurs ne comprenaient encore.

Télécharger le livre

COPYRIGHT(©) 2022