Je me suis réveillée à l' hôpital, l' odeur d' antiseptique et le son régulier d' un moniteur cardiaque me rappelant l' accident de yacht dont j' avais été victime.
Mon fiancé, Robert, mon ami d' enfance, se tenait là, pâle et distant.
« Juliette, tu es réveillée, » m' a-t-il dit, la voix plate.
Puis il a lâché, le regard fuyant : « Les médecins disent que j' ai une amnésie partielle. Je... je ne me souviens pas bien de notre relation. »
Mon cœur s' est serré : de l'amnésie ? C'était impensable.
C' est alors qu' une voix, que je ne connaissais que trop, a retenti dans ma tête.
Celle de ma grand-mère, décédée il y a deux ans : « Foutaises ! Ce petit salaud ment comme il respire, ma chérie. Il n' a rien oublié du tout. »
J' étais terrifiée, mais elle a poursuivi : « L' accident t' a presque tuée, mais il m' a donné une seconde chance de te protéger. »
Les choses devinrent rapidement plus sombres.
Mon « fiancé », celui que j' avais aimé toute ma vie, m'a laissée seule au milieu du chaos pour protéger sa maîtresse.
Il a révélé son vrai visage : « Mon cœur appartiendra toujours à Cara. Toi, tu ne seras jamais qu' un contrat. »
L'humiliation, la trahison, la confusion... Tout se mélangeait dans un tourbillon de douleur.
De quel droit cet homme, si lâche et si égoïste, osait-il me traiter ainsi après avoir failli me laisser mourir ?
Je ne pouvais laisser cette injustice impunie, surtout avec cette voix en tête me guidant vers un chemin inattendu.
C' est armée de ma nouvelle conseillère fantôme et d' une force que je ne me connaissais pas, que j'ai pris ma décision.
Contre toute attente, j'ai annoncé mes fiançailles avec Kyle Larson, l'héritier d'une maison de haute couture rivale et mon ennemi juré, et j'ai abandonné Robert et ses mensonges à leur destin.
La guerre était déclarée.
Je me suis réveillée au son régulier d'un moniteur cardiaque, l'odeur d'antiseptique emplissant mes narines. La lumière blanche de l'hôpital était crue, agressive.
Je me suis assise brusquement, mais ma tête a tourné. Des images floues d'un yacht, de l'eau bleue de la Côte d'Azur, puis des cris et le bruit du métal qui se tord, m'ont assaillie.
La porte s'est ouverte. C'était Robert Moore, mon ami d'enfance, mon fiancé. Son visage était pâle, ses yeux habituellement pleins de chaleur semblaient vides.
« Juliette, tu es réveillée. »
Sa voix était plate, distante.
« Robert, que s'est-il passé ? L'accident... »
Il a détourné le regard, fixant un point sur le mur blanc.
« Il y a eu un accident de yacht. Nous avons tous les deux été projetés par-dessus bord. »
Puis il a ajouté, sans me regarder :
« Les médecins disent que j'ai une amnésie partielle. Je... je ne me souviens pas bien de notre relation. »
Mon cœur s'est serré. Amnésie ? C'était impossible.
Juste à ce moment-là, une voix a retenti dans ma tête, une voix que je connaissais par cœur, vive et pleine d'autorité.
« Foutaises ! Ce petit salaud ment comme il respire, ma chérie. Il n'a rien oublié du tout. »
J'ai sursauté. C'était la voix de ma grand-mère, décédée il y a deux ans.
J'ai regardé autour de moi, paniquée. Personne. La voix était claire, comme si elle était assise à côté de moi.
« Ne cherche pas, ma petite. Je suis ici, dans ta tête. L'accident t'a presque tuée, mais il m'a donné une seconde chance de te protéger. »
Robert a finalement posé les yeux sur moi, une lueur d'impatience dans son regard.
« Tu vas bien ? Tu as l'air étrange. »
Avant que je puisse répondre, la voix de ma grand-mère a de nouveau tonné dans mon esprit.
« Ne le crois pas, Juliette. Dans une autre vie, cet homme t'a conduite à la ruine. Il t'a trahie avec cette petite artiste sans le sou, Cara. Il ne veut que le partenariat avec nos vignobles. Il faut que tu t'en débarrasses. »
J'étais sous le choc, incapable de distinguer la réalité de l'hallucination.
Robert a soupiré.
« Écoute, ton grand-père va venir te voir. Il veut organiser ton mariage pour sécuriser les alliances commerciales. Il va te présenter des candidats. Fais ce qu'il te dit. »
Il a fait une pause, puis a ajouté froidement :
« Peu importe qui tu choisis, nous finirons ensemble. C'est notre destin. »
Après son départ, mon grand-père est entré. Son visage était marqué par l'inquiétude. Il m'a pris la main.
« Ma chérie, je suis si heureux que tu sois réveillée. Nous avons eu si peur. »
Il a ensuite sorti une tablette, affichant les portraits de quatre jeunes hommes.
« Je sais que ce n'est pas le moment, mais les affaires ne peuvent attendre. Tu dois choisir un fiancé parmi ces héritiers pour sceller nos partenariats. Robert est l'un d'eux, bien sûr. »
Mes yeux ont balayé les visages. Robert, avec son sourire charmeur. Deux autres que je connaissais à peine. Et puis... Kyle Larson. Mon rival de toujours. L'héritier d'une maison de haute couture concurrente, connu pour son sarcasme et son air arrogant.
« Choisis le Larson, » a ordonné la voix de ma grand-mère. « C'est un homme droit. Sarcastique, oui, mais loyal. Il te protégera. L'autre n'est qu'un serpent. »
Je tremblais, prise entre la confusion et une étrange certitude.
J'ai levé les yeux vers mon grand-père.
« Je choisis Kyle Larson. »
Le silence qui a suivi ma déclaration était total. Mon grand-père m'a regardée, les sourcils froncés, comme s'il n'était pas sûr d'avoir bien entendu.
« Kyle Larson ? Mais, Juliette... vous vous détestez depuis que vous êtes enfants. Et Robert... »
« J'ai choisi Kyle, » ai-je répété, ma propre fermeté me surprenant.
La voix de ma grand-mère jubilait dans ma tête.
« Bien joué, ma petite ! Regarde-le, il ne s'y attendait pas. C'est comme ça qu'on déjoue les plans de ces vieux stratèges. »
Mon grand-père a soupiré, l'air résigné.
« Très bien. Si c'est ton choix... Je vais faire les arrangements. »
Il est parti, me laissant seule avec mes pensées tumultueuses et la présence invisible de ma grand-mère.
Plus tard dans la journée, Robert est revenu. Cette fois, son masque de froideur s'était fissuré. Il y avait de la colère dans ses yeux.
« Tu as choisi Kyle Larson ? »
Sa voix était un sifflement.
« Qu'est-ce que ça signifie, Juliette ? C'est une sorte de jeu ? »
« Tu as dit que tu étais amnésique, Robert. Que notre relation ne signifiait plus rien pour toi, » ai-je répondu, ma voix plus stable que je ne l'aurais cru.
Il s'est approché du lit, son visage à quelques centimètres du mien.
« L'amnésie ne change rien aux accords entre nos familles. Tu sais très bien que tu es censée m'épouser. »
« L'arrogance de ce type ! » a commenté ma grand-mère. « Il pense que tout lui est dû. Remets-le à sa place ! »
« Les accords peuvent être renégociés, » ai-je dit calmement. « J'ai fait mon choix. »
Robert a ri, un rire sans joie.
« Très bien. Fais ce que tu veux. Épouse ce crétin de Larson. Mais je veux que tu saches une chose. »
Il s'est penché encore plus près, son souffle chaud sur ma peau.
« Mon cœur appartiendra toujours à Cara. Je t'épouserai par devoir si nécessaire, mais c'est elle que j'aime. Toi, tu ne seras jamais qu'un contrat. »
Il s'attendait à me voir m'effondrer, pleurer. C'est ce que l'ancienne Juliette aurait fait.
Mais la nouvelle Juliette, celle avec une voix de résistante dans la tête, l'a simplement regardé droit dans les yeux.
« Alors je te souhaite beaucoup de bonheur avec elle. Maintenant, sors de ma chambre. »
La stupéfaction sur son visage a été ma première petite victoire. Il est parti en claquant la porte, me laissant avec le son triomphant du rire de ma grand-mère dans mon esprit.