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L'Adieu au Passé : Le Nouveau Destin de Juliette

L'Adieu au Passé : Le Nouveau Destin de Juliette

Auteur:: Hazel Marsh
Genre: Moderne
Juliette, gardiane du mas, a toujours vu en Roderick, le Maître des Arènes, son protecteur et l'homme de sa vie. Pourtant, un soir, le parfum d'une autre sur lui, et son bras se refermant avec violence, m'ont révélé sa véritable nature : je n'étais qu'un objet, une "gardiane" à sa possession. Le coup fut terrible. Son amante, Ella, non contente de m'humilier verbalement, n'a pas hésité à me frapper à l'agonie avec une cravache, sous le regard indifférent de Roderick, qui me traitait de "possession". Comment l'homme que j'ai aimé et qui m'a sauvée a-t-il pu devenir ce monstre ? Comment ont-ils pu me faire ça ? Je ne pouvais rester. J'ai simulé ma mort pour m'échapper, renaissant dans les eaux de la Camargue, mes pouvoirs enfin éveillés et mon cœur libréré. C'est maintenant à moi de protéger cette terre et d'embrasser mon véritable destin.

Introduction

Juliette, gardiane du mas, a toujours vu en Roderick, le Maître des Arènes, son protecteur et l'homme de sa vie.

Pourtant, un soir, le parfum d'une autre sur lui, et son bras se refermant avec violence, m'ont révélé sa véritable nature : je n'étais qu'un objet, une "gardiane" à sa possession.

Le coup fut terrible. Son amante, Ella, non contente de m'humilier verbalement, n'a pas hésité à me frapper à l'agonie avec une cravache, sous le regard indifférent de Roderick, qui me traitait de "possession".

Comment l'homme que j'ai aimé et qui m'a sauvée a-t-il pu devenir ce monstre ? Comment ont-ils pu me faire ça ? Je ne pouvais rester.

J'ai simulé ma mort pour m'échapper, renaissant dans les eaux de la Camargue, mes pouvoirs enfin éveillés et mon cœur libréré. C'est maintenant à moi de protéger cette terre et d'embrasser mon véritable destin.

Chapitre 1

Juliette se tenait devant l'autel de Sainte Sara, dans la crypte sombre et fraîche de l'église des Saintes-Maries-de-la-Mer. L'air sentait la cire fondue et le sel. Elle avait pris sa décision.

« Sainte Sara, je renonce à Roderick. Je me consacre à mon devoir de gardienne. »

Sa voix était basse mais ferme. Elle ne voulait plus de cet amour qui la brûlait et la détruisait. Elle voulait seulement servir la Camargue, comme sa famille l'avait fait depuis mille ans.

Une vieille femme gitane, les yeux aussi noirs que la nuit, s'approcha. Elle était la gardienne du sanctuaire, la voix de la Sainte.

« La Sainte t'a entendue, mon enfant. Tu es destinée à devenir la Reine de la Manade, la protectrice de cette terre. Mais pour cela, tu dois purifier ton cœur. »

La vieille femme lui tendit une petite boîte en bois flotté.

« Prends cette Fleur de Sel Éternelle. Elle te lavera de ton amour en sept jours. Mais chaque jour, la douleur sera plus vive, jusqu'à ce que ton cœur soit vide. »

Juliette ouvrit la boîte. À l'intérieur, une fleur faite de cristaux de sel brillait doucement. Elle la prit dans sa main. Une douleur froide et aiguë lui traversa la paume, remontant le long de son bras jusqu'à sa poitrine. C'était la douleur du renoncement. Elle serra les dents et ferma la main sur la fleur. C'était le prix à payer.

Quand Juliette rentra au mas, le soleil se couchait sur les étangs. Roderick était là, sur la terrasse, un verre de vin à la main. Il ne remarqua pas le changement dans ses yeux, ni la pâleur de son visage.

« Te voilà enfin, ma gardiane. Je commençais à m'ennuyer. »

Il se leva et s'approcha pour l'embrasser. Juliette recula d'un pas. Son corps refusait ce contact.

Roderick fronça les sourcils, surpris.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? Tu es étrange. »

Il essaya de lui prendre la main, mais elle la retira vivement.

Il ne comprenait pas. Il pensait que c'était une simple humeur passagère.

« J'ai dû aller à Paris pour une affaire urgente. C'était ennuyeux. J'ai pensé à toi tout le temps. »

Juliette sentit une odeur sur lui. Un parfum de luxe, sucré et écœurant. Ce n'était pas le sien. C'était le parfum d'Ella. La preuve était là, sur sa peau, dans ses vêtements. Le dégoût la submergea.

« Ne me touche pas. »

Sa voix était glaciale.

Roderick perdit patience. Il la saisit par le bras, sa poigne se resserrant.

« Arrête tes caprices. Tu es à moi, Juliette. Tu m'appartiens. Je suis le Maître des Arènes, et tu es ma gardiane. C'est comme ça. »

Juliette le regarda droit dans les yeux. L'homme qu'elle avait aimé n'était plus là. Il n'y avait qu'un étranger arrogant qui la considérait comme une chose. Elle comprit que tout était fini. Il n'y avait plus rien à sauver. Elle se dégagea violemment et courut vers l'étang de Vaccarès. Elle devait se laver de son odeur, de son contact, de son souvenir.

L'eau froide de l'étang la saisit. Elle plongea, encore et encore, essayant d'effacer la souillure. Les images de son passé avec Roderick remontèrent à la surface. Elle se souvint du jour de la grande crue du Rhône. Elle était une enfant, seule et terrifiée. Ses parents avaient été emportés par les flots. C'est Roderick qui l'avait trouvée, agrippée à une branche. Il l'avait sauvée, l'avait ramenée dans son mas et l'avait élevée.

Chapitre 2

Il avait été son sauveur, son protecteur. Il lui avait tout appris sur les taureaux et les chevaux. Il lui caressait les cheveux et lui racontait les légendes de la Camargue. Elle était sa petite protégée. Puis, en grandissant, la protection s'était transformée en désir, et leur complicité en une romance passionnée. Il l'appelait "mon trésor", "ma reine".

Juliette sortit de l'eau, tremblante de froid et de chagrin. Elle se reprocha sa faiblesse. Elle avait laissé cet amour l'envahir, l'aveugler. Elle avait oublié qui elle était, quel était son don. Elle était une Manadière des Songes, elle parlait aux esprits des animaux. Elle n'était pas juste la "gardiane de Roderick". Sa mission était plus grande.

Le lendemain, deux vieilles servantes du mas vinrent la voir. Elles lui apportèrent du café chaud, leurs visages remplis d'inquiétude.

« Mademoiselle Juliette, nous sommes désolées... » murmura l'une d'elles. « Nous l'avons vu... Monsieur Roderick... avec cette Parisienne, Ella. Il l'a emmenée partout. Il la présente comme sa future associée. »

Chaque mot était une confirmation de sa trahison. Juliette sentit la Fleur de Sel Éternelle brûler dans sa poche. La douleur dans sa poitrine s'intensifia, comme promis. Elle essayait de ne rien laisser paraître, de rester forte, mais la peine était là, tenace.

Plus tard dans la journée, une voiture de sport rouge se gara devant le mas. Ella Moore en descendit, vêtue d'une robe de créateur qui jurait avec la simplicité des lieux. Elle s'approcha de Juliette, qui triait du foin pour les chevaux.

« Alors, la petite sauvageonne est là ? Roderick m'a dit que tu boudes. »

Son ton était méprisant, arrogant.

Ella la dévisagea de haut en bas.

« Il m'a dit que tu étais son petit animal de compagnie. C'est mignon. Mais les animaux de compagnie, parfois, ça devient encombrant. »

Juliette sentit le sang quitter son visage. "Animal de compagnie". C'était donc ce qu'elle était pour lui. Une chose qu'on garde, qu'on jette. L'humiliation était totale.

Elle se détourna, voulant mettre fin à cette conversation. Elle ne voulait pas lui donner la satisfaction de la voir souffrir.

« Ne me tourne pas le dos quand je te parle ! »

Ella insista, se plaçant devant elle.

Ella ricana, regardant les vêtements simples de Juliette, ses mains sales de travail.

« Regarde-toi. Tu sens la terre et la sueur. Roderick en a marre de ça. Il veut du glamour, de la modernité. Il veut Paris. Il ne veut plus de sa petite gardiane primitive. Retourne dans ta boue. »

Juliette se retourna lentement. Un calme glacial s'empara d'elle.

« Tu parles de son lit ? Je le connais mieux que toi. Je sais comment il aime qu'on le touche la nuit, quand il a peur de l'orage. Je connais la cicatrice qu'il a dans le dos, celle qu'il cache à tout le monde. Et toi, tu connais quoi ? Le prix de ses costumes ? »

Le visage d'Ella se crispa de colère. Juliette avait touché un point sensible.

Ella retrouva son assurance et sourit cruellement.

« C'est du passé. Maintenant, c'est moi qu'il touche. Et il m'a promis que si tu continuais à l'ennuyer, il se débarrasserait de toi. Définitivement. »

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