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L'AMOUR SOUS LES CENDRES

L'AMOUR SOUS LES CENDRES

Auteur:: Encre de Mªtĩ
Genre: Aventure
‎ ‎ ‎Je m'appelle Makial. ‎ ‎Je suis né d'une famille simple, riche de peu, mais comblé d'amour. ‎Avec mes parents, la vie avait un goût doux, même dans les jours amers. ‎Fraîchement diplômé en gestion des entreprises, j'étais prêt à croquer l'avenir. ‎Mais le destin a des silences brutaux. ‎ ‎Un voyage. ‎Un accident. ‎Et puis... le néant. ‎Ils ne sont jamais revenus. ‎ ‎Je suis devenu orphelin. ‎Un vide immense m'a avalé, me laissant seul, perdu, sans repère. ‎Une nuit sans lune, sans étoiles, sans fin. ‎ ‎Et puis... Aht. ‎ ‎Elle est entré dans ma vie sans bruit. ‎Comme un ange tombé du ciel. ‎Pas pour me sauver, non - pour marcher avec moi, dans mes ténèbres. ‎Elle ne m'a pas demandé qui j'étais. ‎Elle m'a simplement tendu la main. ‎ ‎Avec Aht, j'ai réappris à respirer, à rire, à aimer... ‎À faire confiance à la douceur d'un regard, à la chaleur d'une main sur la mienne. ‎Elle n'était pas seulement mon sauveur. ‎Elle était mon refuge, mon désir, ma lumière. ‎ ‎Mais l'amour ne vit jamais seul très longtemps. ‎ ‎Raymond est arrivé. ‎Un homme du passé d'Aht. ‎Un regard trop sûr, une présence trop lourde. ‎Un sourire qui cache des secrets. ‎Il s'est glissé dans nos silences, dans ses souvenirs, dans ses hésitations. ‎ ‎Et moi, je l'ai vu... ‎Je l'ai senti : ce n'était pas juste un homme. ‎C'était une menace. ‎Un poison lent. ‎Un tremblement de terre silencieux. ‎ ‎Je pensais que l'amour suffisait. ‎Mais quand Raymond est entré dans notre histoire, rien n'a été simple. ‎ ‎Voici mon histoire. ‎Un amour né du vide. ‎Un combat contre l'ombre. ‎Une romance entre deux cœurs... et un intrus prêt à briser.

Chapitre 1 Chapitre 1

On dit que les souvenirs les plus précieux s'impriment rayon de soleil sur la joue,

‎l'odeur du café dans la cuisine,

‎le froissement d'un rideau qui laisse entrer la lumière du matin.

‎Ce matin-là, tout était parfait.

‎J'étais Makial, fils unique d'un couple modeste, mais d'un bonheur rare.

‎À 23 ans, je venais d'obtenir mon diplôme en gestion des entreprises.

‎L'avenir m'ouvrait les bras...

‎Et le monde avait encore ses couleurs.

‎Matin de miel

‎- « Debout, mon soleil ! », lança une voix douce, accompagnée d'un effleurement sur ma joue.

‎J'ouvris les yeux. C'était Maman, Christine. Elle souriait, cheveux attachés en chignon désordonné, le tablier fleuri noué à la taille.

‎ - « Ton père a encore laissé brûler les œufs. Viens sauver la cuisine. »

‎ - « J'arrive, générale. », répondis-je avec un sourire endormi.

‎Je descendis en t-shirt et pantalon de pyjama.

‎Papa, Altos, était là, penché sur la poêle comme s'il tentait de résoudre une équation.

‎- « Ah, voilà le chef ! Regarde ce désastre, c'est de l'art moderne. »

‎- « C'est du charbon, papa. »

‎- « Bah, tout est question de perspective ! »

‎On éclata tous de rire.

‎Petit-déjeuner

‎Dans la cuisine, Maman, Christine, me servait mon chocolat chaud préféré, avec deux tartines beurrées qu'elle avait découpées en forme de cœur.

‎ - « Tu n'es pas trop grand pour un peu d'amour de maman, hein ? »

‎- « Jamais. Tu cuisines comme une reine. »

‎ - « Et moi alors ? », protesta Papa en mordant dans une mangue.

‎- « Toi, tu m'apprends la vie. Mais Maman... elle me la rend douce. »

‎Ils éclatèrent de rire.

‎C'était ça, notre routine.

‎Simple. Profondément vivante.

‎Chaque repas était une fête.

‎Chaque jour une bénédiction.

‎Le petit déjeuner se passa comme un ballet. Maman déposait les assiettes, Papa lisait un article à voix haute, et moi avec mon sac au dos prêt pour le campus

‎ - « Tu sais, Makial, la vie c'est comme une entreprise. Tu dois en être le PDG. »

‎ - « Alors toi, tu me coaches avant même le café du matin ? »

‎- « Il veut juste que tu réussisses plus vite que lui. », lança Maman en caressant mes cheveux.

‎Je me sentais bien.

‎Aimé. Protégé.

‎À ce moment-là, je croyais que rien ne pourrait changer.

‎Je pris le chemin de la porte .

‎- répliquai-je

‎- disais Maman.

‎- sorti de ma bouche.

‎ Papa toussa .

‎-

‎ C'est un peu notre routine .

‎Les sourires, les piques de Papa, la tendresse de Maman.

‎Tout semblait simple.

‎Évident.

‎Le campus – là où la vie vibre

‎La chaleur du jour s'installait doucement quand j'arrivai à l'université.

‎Les couloirs bourdonnaient de conversations, d'éclats de voix, de pas pressés et de rires complices.

‎Donald, mon frère de cœur depuis le lycée, m'attendait près des escaliers.

‎- « Enfin ! Tu fais exprès de toujours arriver comme dans un film ? »

‎-« Faut bien que quelqu'un apporte du charisme ici. »

‎Il me tendit un café.

‎- « Celui-là est gratuit, le prochain tu payes. Et t'es en retard pour le partiel blanc de gestion. »

‎ - « On a un partiel blanc aujourd'hui ?! »

‎ - « T'es sérieux ?! Je rigole pas, mec. Hilaire t'a envoyé trois messages. »

‎Justement, Hilaire, le plus calme de notre trio, approchait avec son sac sur l'épaule.

‎ - « Vous deux vous êtes incorrigibles. On révise, on répète, et monsieur charisme débarque comme si c'était une séance photo. »

‎ - « C'est mon charme naturel. »

‎Nous éclatâmes de rire.

‎Mais dans le regard d'Hilaire, parfois, il y avait cette curiosité silencieuse, presque une tendresse secrète quand il me parlait.

‎Et moi... je ne savais pas encore que certains silences veulent dire plus que mille mots.

‎C'etait l'heure des cours.

‎Après les cours, nous sommes restés dans l'herbe à discuter, juste à côté du vieux bâtiment administratif.

‎ - « Où vous voyez-vous dans dix ans ? », demanda Donald, les yeux perdus dans le ciel.

‎ - « Moi ? Je veux ma propre boîte. Voyager, investir. Et une maison avec une grande cuisine pour mes parents. », dis-je.

‎ - « Moi je veux une famille Un jardin. Et beaucoup de silence. », murmura Hilaire.

‎ - « Et l'amour ? », osa Donald, en me lançant un regard complice.

‎Je souris.

‎ - « Ça viendra... peut-être quand je ne chercherai plus. Peut-être quand quelqu'un me fera me sentir vivant, juste par sa présence. »

‎Un silence s'installa.

‎Mais il était beau, ce silence.

‎Comme un souffle invisible, une intuition que quelque chose de fort, de vrai, m'attendait plus loin.

‎Le soir – les derniers éclats

‎De retour à la maison, mes parents m'attendaient sur la terrasse.

‎Le ciel était zébré de rose et d'or.

‎La table était dressée avec des bougies.

‎Mon père avait mis de la musique douce.

‎Ma mère portait une robe qu'elle réservait pour les grands dîners.

‎ - « Surprise, mon fils. Ce soir, on fête ton diplôme. »

‎ - « Vous êtes incroyables... »

‎ - « Tu l'es aussi. Tu nous rends fiers chaque jour. », dit Maman.

‎On mangea, on dansa.

‎À un moment, Papa leva son verre.

‎ - « À toi, Makial. Que la vie te donne le bonheur, mais surtout... qu'elle t'apprenne à aimer vraiment. »

‎ - « Et à ne jamais perdre ton cœur. », ajouta Maman.

‎Je les regardai, le cœur plein.

‎Et une pensée fugace me traversa :

‎ Et si tout ça disparaissait un jour ?

‎Je la chassai aussitôt.

‎Dans le silence de la nuit

‎Je montai dans ma chambre, repensant à mes amis, à Hilaire qui m'avait frôlé la main en partant, au regard de mes parents.

‎Je me couchai, les yeux ouverts, et dans un demi-sommeil, une image surgit dans mon esprit

Chapitre 2 Chapitre 2

Le matin s'était levé comme tous les autres.

‎Mais moi, je ne savais pas encore que ce serait le dernier matin de mon ancienne vie.

‎Un matin presque parfait

‎Maman tournait dans la cuisine, les cheveux attachés, un châle rose sur les épaules.

‎- « Tu veux du miel ou de la confiture aujourd'hui ? »

‎- « Surprise-moi. », dis-je en souriant.

‎Papa, assis à la table, attachait ses chaussures.

‎ - « Trois jours, mon fils. Juste trois jours pour cette conférence. Et on revient. Je te ramènerai ce vin du village que tu aimes. »

‎ - « Et moi, je te ramènerai une écharpe tissée à la main. », ajouta maman

‎Je les ai regardés avec une tendresse étrange, comme si quelque chose en moi refusait déjà de les laisser partir.

‎ - « Vous n'êtes pas obligés d'y aller, vous savez. »

‎ - « Oh, si. Ta mère a besoin d'air. Et moi... j'ai besoin de marcher un peu. »

‎Ils souriaient.

‎Mais leurs sourires... ce jour-là... me faisaient mal.

‎Je ne comprenais pas pourquoi.

‎Le départ

‎La voiture était chargée.

‎Maman m'a pris dans ses bras, longtemps, trop longtemps.

‎ - « Sois sage. Ne dors pas trop tard. Et mange, d'accord ? »

‎ - « Toujours.

‎Papa me serra contre lui.

‎ - « Je t'aime, mon fils. »

‎ - « Je vous aime aussi... Tellement. »

‎Je les ai regardés s'éloigner.

‎Et mon cœur s'est serré d'une manière que je ne connaissais pas.

‎Une douleur aiguë, froide, irrationnelle.

‎Les heures passent

‎Je suis allé à l'université, tenter de penser à autre chose.

‎Donald m'a retrouvé près de l'auditorium.

‎ - « T'as une tête de mec qui a mal dormi. »

‎ - « Ils sont partis ce matin... Je sais pas. J'ai l'estomac noué. »

‎ - « Tu veux qu'on fasse un truc ce soir ? Pizza, film ? »

‎ - « Ouais... peut-être. »

‎Hilaire nous a rejoints peu après. Il m'a observé sans un mot.

‎ - « Quelque chose cloche chez toi. »

‎ - « Je sais... »

‎Mais je ne trouvais pas les mots.

‎Mon esprit était ailleurs.

‎Comme si, très loin de là, une partie de moi s'était déjà éteinte.

‎Le crépuscule frappe trop tôt

‎Le soir, je suis rentré seul.

‎J'ai allumé la lumière du salon.

‎Tout semblait paisible, trop paisible.

‎Puis le téléphone a sonné.

‎Un numéro inconnu.

‎J'ai décroché sans penser.

‎ - « Allô ? »

‎ - « Monsieur Makial Altos ? »

‎ - « Oui... c'est moi. »

‎Un silence. Un souffle au bout du fil.

‎ - « C'est le capitaine Diala, de la brigade routière de Kangalé. Vos parents... ils... »

‎Je sentis mon estomac se nouer. Mes jambes trembler.

‎ - « Quoi ?... Parlez. »

‎ - « Leur véhicule a été percuté par un camion citerne ce matin. La voiture a explosé... Nous n'avons retrouvé que des débris. Je suis... désolé. »

‎Le monde s'est arrêté.

‎Un cri est monté dans ma gorge mais rien n'est sorti.

‎Le téléphone est tombé de ma main.

‎Et moi... je suis tombé avec lui.

‎Un abîme sans fin

‎Je ne sais pas combien de temps j'ai hurlé.

‎Combien de fois j'ai frappé les murs.

‎Combien de larmes ont inondé le carrelage froid.

‎Je suis devenu un vide ambulant.

‎Un souffle sans voix.

‎Un cœur sans rythme.

‎Je suis monté dans leur chambre.

‎Le lit était encore défait. Leur odeur flottait encore sur les draps.

‎J'ai pris leur photo. Je l'ai serrée contre moi.

‎Je me suis recroquevillé sur le sol, comme un enfant.

‎Et j'ai murmuré :

‎ - « Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi eux ? »

‎Mais le silence ne m'a jamais répondu.

‎Enterrement – Le silence le plus lourd

‎Trois jours plus tard.

‎Des visages flous.

‎Des prières mécaniques.

‎Des fleurs sans odeur.

‎Des regards de pitié.

‎Je voulais hurler, gifler le ciel, arracher la terre pour les reprendre.

‎Mais je suis resté là, droit, vide, absent.

‎ - « Tu n'es pas seul. », m'a dit Donald, la main sur mon épaule.

‎ - « Tu as encore nous. », a soufflé Hilaire, les yeux humides.

‎Mais rien ne remplissait ce gouffre.

‎Le monde avait changé de texture.

‎Plus rien n'était réel.

‎Et maintenant ?

‎La maison est vide.

‎Le réfrigérateur aussi.

‎Personne ne dit « bonjour ».

‎Personne ne rentre le soir.

‎Personne ne m'attend.

‎Je parle aux murs.

‎Je dors sans rêve.

‎Je mange sans goût.

‎Et je me demande...

‎ Est-ce que je peux encore aimer après ça ?

Chapitre 3 Chapitre 3

Trois semaines ont passé.

‎Mais dans ma tête, c'est encore ce matin-là.

‎ Où ils ont pris la route... sans jamais revenir.

‎La maison fantôme

‎Les rideaux sont toujours ouverts.

‎Mais la lumière refuse d'entrer.

‎Tout est figé.

‎Le salon. La cuisine. Leur chambre.

‎Même leur parfum flotte encore dans l'air...

‎comme s'ils refusaient, eux aussi, de partir.

‎J'évite les miroirs.

‎J'ai peur de ce que je pourrais y voir.

‎ Un orphelin à l'âme éclatée.

‎L'université ? Quelle blague.

‎Je n'y vais plus.

‎À quoi bon ?

‎Je reste dans cette maison comme un prisonnier volontaire.

‎Le monde me semble si loin, comme une émission de télé qu'on regarde sans le son.

‎Donald m'envoie des messages tous les jours.

‎Hilaire passe souvent.

‎Mais je ne leur ouvre presque jamais.

‎ - « Tu n'es pas seul, Makial. », disait Hilaire derrière la porte.

‎- « Sors de là, tu vas t'étouffer dans ta propre douleur. », ajoutait Donald.

‎Mais je ne répondais pas.

‎Je n'ai pas la force de faire semblant.

‎Pas la force de sourire, ou de parler.

‎Juste... survivre. Respirer, c'est déjà trop.

‎Le poids des souvenirs

‎Le pire, ce n'est pas l'absence.

‎C'est tout ce qu'ils ont laissé derrière eux.

‎Le carnet de recettes de maman.

‎La montre de papa, encore posée sur la table.

‎Les deux tasses vides sur l'évier.

‎Et leurs voix... oh mon Dieu... leurs voix.

‎Parfois, je les entends.

‎Dans ma tête. Dans les murs.

‎ - « Makial, lève-toi, tu vas être en retard. »

‎- « Viens goûter ça, mon cœur, tu vas adorer. »

‎- « Je suis fier de toi, mon fils. Tellement fier. »

‎Et je pleure. Encore. Et encore.

‎Des nuits entières.

‎Des sanglots qui secouent tout mon corps.

‎Des gémissements étouffés dans un oreiller trempé.

‎Un soir au bord du gouffre

‎Ce soir-là, il pleuvait.

‎Je me suis assis sous la douche.

‎L'eau chaude sur mon crâne.

‎Les bras autour des genoux.

‎Le cœur dans le caniveau.

‎Et j'ai pensé à tout arrêter.

‎Plus de douleur.

‎Plus de vide.

‎Juste... le silence.

‎Mais au fond de moi, une voix a résisté.

‎Pas une voix d'ange.

‎Pas de lumière divine.

‎Juste le souvenir de leurs yeux.

‎ - « Tu vis, Makial. Tu vis pour nous. Tu continues. »

‎Alors j'ai pleuré. Mais je suis resté.

‎Le rêve étrange

‎La même nuit, j'ai fait un rêve.

‎J'étais dans une pièce blanche.

‎Vide. Froide.

‎Et devant moi, deux ombres.

‎Je ne voyais pas leurs visages.

‎Mais leurs mains étaient tendues vers moi.

‎Je voulais courir vers eux.

‎Mais mes jambes étaient clouées au sol.

‎Et une voix grave, lointaine, m'a murmuré :

‎ - « Il est encore temps. Il y a une lumière. Mais tu dois ouvrir les yeux. »

‎Je me suis réveillé, en sursaut.

‎Le cœur battant.

‎Le front en sueur.

‎Personne autour de moi.

‎Mais l'air... avait changé.

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