Je me présente en tant que Richy Mousse, un jeune homme de 23 ans, l'unique rejeton de mes géniteurs. Ma mère et mon père représentent ma seule source d'inspiration. En dépit de leur modeste condition, ils m'ont prodigué un soutien indéfectible jusqu'à l'obtention de ma licence. Je suis le fruit de plus d'une décennie d'attente, et désormais, en cette période délicate qui entrave notre épanouissement, je me trouve être le gardien exclusif de leur bien-être.
Mon père, suite à la perte de son emploi, a trouvé refuge dans une modeste occupation génératrice de maigres revenus. Quant à ma mère, elle s'enlise dans les préoccupations depuis que son petit commerce ne prospère plus. L'impératif qui m'incombe est de subvenir à leurs besoins, une charge qui s'avère plus prégnante que jamais.
Ils nourrissent l'espoir que je complète un cursus de master avant d'entamer ma quête professionnelle. Toutefois, ils ignorent que ma licence et mon acuité intellectuelle me permettraient de décrocher une position enviable pour assurer leur bien-être. Malgré les épreuves que je traverse, l'idée d'une relation amoureuse n'a jamais effleuré mon esprit.
Dès l'instant où j'ai obtenu ma licence en marketing et gestion, j'ai commencé à soumettre des candidatures auprès de certaines entreprises. Alors que je croyais endurer le summum de mes tourments, le véritable calvaire a débuté le jour où mes yeux se sont posés sur Merveillia, la ravissante fille de mon employeur. Elle rayonnait d'une beauté envoûtante et déployait une détermination impressionnante dans son travail au sein de l'entreprise paternelle. C'est ainsi que notre histoire d'amour a pris son envol.
Malheureusement, le père de Merveillia, également mon supérieur hiérarchique, a catégoriquement désapprouvé cette relation, donnant ainsi le coup d'envoi à une série de problèmes. Par ironie du sort, ce que je croyais être une démarche visant à alléger les souffrances de mes parents s'est mué en la source même de leurs tourments.
Ce jour-là, j'étais chez moi, tandis que ma mère s'attelait à écraser le piment, ajoutant ainsi une saveur exquise à la pâte qu'elle avait soigneusement préparée. Mon attention était entièrement captivée par mon téléphone portable, espérant recevoir un appel des entreprises où j'avais soumis mes demandes d'emploi.
Lorsque ma mère m'a apporté le repas, saturé de délicatesse, j'ai manifesté le désir de me laver les mains afin de savourer pleinement ce festin. C'est alors que mon téléphone a commencé à résonner...
D'un pas hâtif, je me suis dirigé vers mon téléphone. À ma grande surprise, c'était un numéro inconnu. J'ai décroché, découvrant qu'il s'agissait d'une des entreprises qui avait retenu mon attention. La voix au bout du fil m'a convié à me présenter dès le lendemain.
La nouvelle m'a rempli d'une joie profonde, ignorant encore si j'allais être sélectionné. La nuit qui a suivi, mes paupières n'ont pas connu le repos, l'impatience me poussant à attendre avec fébrilité l'aube, perçue comme une lueur d'espoir.
Le lendemain...
Dès l'aube, j'étais déjà paré pour me rendre au lieu du rendez-vous. Avant de prendre la route, ma mère avait formulé des prières empreintes d'une dévotion sincère. Éclatante de bonté, ma mère incarne l'essence même de tout ce qui compte pour moi, la seule femme présente en ces moments cruciaux.
Après avoir été enveloppé dans l'étreinte apaisante des prières maternelles, j'avais décidé de m'engager résolument sur la route, optant pour une marche à pied vers ma destination. Au moment de quitter le foyer, ma mère m'interpella.
Je me retournai pour accueillir ses paroles. Face à elle, elle me remit deux pièces de 100 francs. Bien que réticent à les accepter, elle persista avec une douceur inébranlable, et je fus contraint d'acquiescer.
Je cheminais jusqu'à un point où l'option d'un taxi moto se profilait avec les deux cents francs que ma mère avait généreusement offerts. Toutefois, après une rapide consultation de mon portable, constatant qu'il restait amplement de temps et conscient de la situation financière de mes parents, je décidai, par respect, de parcourir le reste du trajet à pied.
Devant l'alternative du confort motorisé, mes pas déterminés gravirent la distance qui me séparait de l'entreprise. Malgré la sueur perle à mon front, le soulagement fut de trouver un torchon à portée, un allié providentiel pour me débarrasser des marques de mon effort.
Enfin parvenu devant l'entreprise, je pénétrai, marquant mon entrée par la porte de l'accueil, en quête du directeur général, symbole d'une nouvelle étape dans cette journée empreinte de détermination.
Après une série de questions posées avec élégance par la dame à l'accueil, elle fit un geste discret en direction de la secrétaire, qui à son tour, m'invita. Ayant reçu l'instruction de me laisser monter la rejoindre, la dame à l'accueil me guida à travers un couloir où je découvris l'ascenseur. Avant même qu'elle ne termine sa phrase, j'ai interrompu poliment, lui demandant aimablement de m'accompagner.
Sans exagération, je n'avais jamais emprunté un ascenseur de ma vie, réservant cette expérience aux seules scènes cinématographiques. Prendre l'ascenseur seul pour la première fois m'était inconcevable.
La dame a dû solliciter l'assistance d'un agent de sécurité pour qu'il m'accompagne. Enfin à l'intérieur de l'ascenseur, l'agent de sécurité manœuvra habilement les boutons. Devant le bureau de la secrétaire, j'ai effectué une entrée digne après avoir discrètement frappé à la porte.
À l'intérieur du bureau, une belle demoiselle m'accueillait, vêtue avec élégance d'une mini-jupe. Les salutations échangées, nous avons entamé l'entretien. Après les échanges, elle m'a conduit devant le Directeur Général en personne.
Les discussions avec ce dernier furent enrichissantes, conduisant ainsi à l'obtention du poste. Selon les informations fournies, l'entreprise était composée de deux entités. La première, une société d'import-export dirigée par le patron lui-même, et la seconde, une entreprise spécialisée dans la publicité et la production de magazines, dirigée par la gracieuse *Merveillia*, la fille du patron.
Mon engagement s'est forgé sans connaître totalement ce qui m'attendait. La secrétaire du patron m'a présenté chaque membre de l'entreprise, à l'exception, de manière délicate, de la fille du patron, expliquant qu'elle était momentanément indisponible.
D'après les indications reçues de mon supérieur hiérarchique, j'étais sur le point de devenir l'assistant de sa fille. Celle-ci m'avait instruit de regagner mon domicile en me précisant que le début de mes fonctions serait dès le lendemain. Une satisfaction profonde emplissait mon être ce jour-là.
Au moment de quitter l'enceinte de l'entreprise, je me suis dirigé vers l'église pour exprimer ma gratitude envers le Tout-Puissant, emboîtant ainsi le pas à la foi héritée de ma mère. À la sortie de l'église, je me suis engagé sur le chemin de retour, mon enthousiasme m'accompagnant tout au long de la marche.
Mon contentement était tel que la sensation de faim avait déserté mes pensées. À mon arrivée chez moi, j'ai partagé la nouvelle avec mes parents, provoquant une joie particulièrement intense chez ma mère. Celle-ci a débuté par glorifier Dieu à travers des chants de louange et des larmes de bonheur.
Résidence du Boss...
Merveillia, la fille du patron, était présente dans le salon, en train de scruter certains documents. Elle était là lorsque son père fit son entrée.
- Bonsoir, ma princesse. Comment se déroule ta soirée ? Et ta santé ?
- Bonsoir, mon papa chéri. Tout va bien, et ma santé s'améliore de plus en plus. Et concernant le travail ?
- Tout va bien, ma fille, mais que fais-tu avec ces documents ? Surtout alors que tu ne te sens pas encore au mieux !
- Papa, je me sens déjà beaucoup mieux, et je prévois même de reprendre le travail demain. Je m'ennuie trop à la maison, et je ne peux demeurer inoccupée alors que des contrats ont été signés.
- Je comprends, ma fille, mais la santé prime avant tout. Es-tu sûre que tout ira bien ?
- Oui, papa, ne t'en fais pas.
- D'accord. Et ta mère ?
- Elle est dans sa chambre, si je ne m'abuse. Elle vient tout juste de quitter cet endroit.
- Bien, ma princesse. As-tu eu des nouvelles de ton petit ami ?
- Qui ? Papa, parles-tu de Williams ?
- Oui, en dehors de Williams, y a-t-il quelqu'un d'autre ?
- Mais, papa, je t'ai déjà assuré que Williams et moi n'avons rien de plus qu'une amitié. Il est simplement un ami, rien de plus.
- Merveillia, arrête de dire ça. Williams est un homme exceptionnel, épris de toi. Son père, également mon ami et partenaire d'affaires, rend notre union bénéfique pour nos familles. Prends le temps de réfléchir, ma chère.
- Bien compris, papa. J'essaierai de le faire.
- Très bien. Je te laisse à tes pensées. Ah, j'oubliais de te dire que j'ai déjà trouvé un assistant pour toi.
- Vraiment, papa ? C'est sérieux ?
- Absolument. Il commencera demain.
- C'est fantastique ! J'espère qu'il est fiable et travailleur. Comment s'appelle-t-il ?
- Il se nomme Richy Mousse. D'après les informations, c'est un jeune homme charmant et doté de nombreuses qualités. Mais, ma chère, je ne veux pas que tu te laisses éblouir par ses qualités.
- Vraiment ? Il est si séduisant que ça ?
- Juste une plaisanterie. Williams est bien plus exceptionnel, et il appartient à un monde différent du sien. Bon, je monte dans ma chambre. Passe une agréable soirée...
- D'accord, papa, et merci infiniment.
- C'est un plaisir, ma princesse. C'est ton dû. Et ton frère Éric ?
- Il est dans sa chambre ou avec maman. Tu le connais bien, n'est-ce pas ?
- Bien sûr...
Le père de Merveillia se retira dans sa chambre, laissant sa fille plongée dans des rêveries sur son futur employé.
Le lendemain matin...
Je m'étais promptement éveillé afin d'apporter mon aide à ma mère dans l'exécution de diverses tâches domestiques. Cheminant vers ma destination, les deux cents francs que ma mère m'avait confiés hier étaient toujours en ma possession. Cependant, j'avais décidé de parcourir une partie du chemin à pied, dans le dessein de conserver au moins une centaine de francs en cas de besoin, même si je décidais de recourir à un mototaxi.
Arrivé finalement au lieu de travail, je pris soin de saluer la dame présente à l'accueil, à qui je m'adressais fréquemment pour solliciter des conseils au sujet de l'ascenseur. Elle me répondit courtoisement, s'attendant probablement à une nouvelle demande de ma part concernant cet équipement.
Dépassant cette réceptionniste, je m'engageai dans le couloir menant à l'ascenseur, croisant au passage l'une des femmes de ménage qui se dirigeait également vers cet endroit. Opportunément, je choisis de partager l'ascenseur avec elle.
Une fois à l'intérieur, après lui avoir adressé mes salutations, je surmontai ma timidité et lui demandai avec politesse les étapes à suivre pour utiliser l'ascenseur afin de me rendre à un lieu précis au sein de l'entreprise. Un léger sourire échappa à la femme de ménage, avant qu'elle ne me fournisse les informations nécessaires. Malgré ma gêne initiale, je parvins à assimiler ses explications. Lorsqu'elle quitta l'ascenseur, je pris l'initiative de lui demander son nom, et elle se présenta comme Laurette.
Elle émanait véritablement une aura de bienveillance, ce qui la fit instantanément basculer dans la sphère de mes connaissances. Installé enfin dans mon bureau, je découvris une pile de dossiers qui m'attendait, signe annonciateur d'une journée bien remplie. Alors que je parcourais les documents, la secrétaire du dirigeant fit son apparition.
- Bonjour, Monsieur Richy, comment allez-vous ? Vous êtes déjà là ?
- Oui, Madame. Bonjour à vous ! Comment allez-vous ? Et la famille ? J'espère qu'elle se porte à merveille.
- Oui, Richy, tout le monde se porte très bien. Mais j'aimerais bien que vous m'appeliez par mon prénom. Je n'aime pas trop qu'on me vouvoie.
- D'accord, c'est compris, mais je ne connais pas votre prénom.
- Ah bon ? Je pensais m'être présentée à vous hier.
- Oui, mais je n'avais pas bien saisi le nom.
- D'accord, je vais me représenter. Je me nomme Brigitte Kondo. Je travaille ici en tant que secrétaire, et j'ai 25 ans.
- Ah, je vois. Vous êtes ma grande sœur alors ? Moi, j'ai 23 ans. Donc je ne peux jamais vous tutoyer.
- Arrête avec ça. Moi, je veux bien que tu me tutoies, s'il te plaît. N'oublie pas que tu es un homme, et l'âge ne compte pas. Nous sommes collègues, donc je veux qu'on s'appelle par nos prénoms. Je peux compter sur toi ?
- Oui, comme tu insistes, répondis-je.
- Merci beaucoup. Bon, je vais te fausser compagnie parce qu'il y a du travail qui m'attend. Je suis venue voir si tu étais déjà là, et par surprise, tu es déjà là avant moi. As-tu vu les documents sur la table ?
- Oui, oui, et j'ai même déjà commencé à y jeter quelques coups d'œil.
- C'est bon alors. C'est la patronne qui m'a chargée de les déposer sur ton bureau pour que tu les vérifies. Elle sera là dans un instant.
- Vraiment ? Elle se porte déjà mieux, c'est ça ?
- Oui, oui, je pense bien, car elle m'a dit qu'elle serait là.
- D'accord, merci beaucoup. Bonne journée à toi.
- D'accord, de rien, et à toi de même.
Brigitte s'apprêtait à sortir de mon bureau lorsqu'elle se retrouva nez-à-nez avec Merveillia, ma patronne. Elle la salua et prit la direction de son bureau.
Je me suis levé pour saluer Merveillia, et elle m'a indiqué de m'asseoir. Chaque jour, elle faisait une halte dans mon bureau avant de rejoindre le sien, instaurant ainsi une routine où nos regards se croisaient quotidiennement, selon un ordre divinement établi. Installée face à moi, elle a répondu avec élégance à ma salutation.
- Comment vous portez-vous, Monsieur ? Et comment s'est déroulée votre matinée ?
- Je vais bien, Madame, et vous ?
- Bien également. J'espère que vous avez déjà fait connaissance avec ma personne ?
- Oui, assurément.
- Parfait ! Puisque c'est notre première entrevue, permettez-moi de me présenter à nouveau. Je suis Merveillia HOUNNOU, publiciste et mannequin. À l'âge de 25 ans, je pourrais sembler jeune pour occuper le rôle de votre supérieure, mais ainsi va la vie. D'un tempérament simple, j'ai une aversion pour le retard, l'absentéisme, le mensonge, et tout ce qui pourrait susciter mon ennui. En ce qui concerne mes goûts, j'apprécie tout ce qui est raffiné. Vous pouvez me désigner par "Madame" ici, dans l'enceinte du service. En dehors, je réponds au nom de Merveillia HOUNNOU. Vous êtes déjà au courant que mon père détient la plus haute fonction dans toute l'entreprise, n'est-ce pas ?
- Oui, Madame, je suis bien informé.
- Très bien. Avant de poursuivre, permettez-moi de mieux vous connaître. À vous maintenant pour la présentation !
- Madame, je suis Richy MOUSSE, âgé de 23 ans, titulaire d'une licence en Gestion et Finance obtenue l'année précédente. C'est ma première expérience professionnelle, mais je m'engage à mettre tout en œuvre pour vous être utile.
- Bien, je l'espère. Vous êtes assuré dans vos paroles. C'est à vous de jouer.
- Oui, Madame, vous pouvez compter sur mon engagement.
- En vous écoutant, votre assurance transparaît, et je suis ravie de faire votre connaissance.
- Le plaisir est partagé, Madame. Puis-je me permettre une demande ?
- Déjà ? Allez-y.
- Pourriez-vous me tutoyer ? Rien d'autre, juste que je préfère être tutoyé par ceux qui sont plus âgés que moi.
- D'accord, si tel est votre souhait, je ferai cet effort. Au fait, as-tu eu l'occasion de consulter les documents que j'ai demandé à Brigitte de déposer sur ton bureau ?
- Oui, Madame...
C'est ainsi que Merveillia et moi avons entamé notre fascinante aventure. Initialement, nous évoluions dans le simple cadre professionnel, elle en tant que patronne et moi en tant qu'employé. Toutefois, au fil du temps, la trame de notre relation s'est complexifiée. Mon dévouement au travail a trouvé écho dans son admiration pour chacune de mes réalisations, et chaque fin de mois était rythmée par l'arrivée ponctuelle de mon salaire.
À mes yeux, le dénouement heureux de mes propres tourments et de ceux de mes parents semblait se dessiner. Cependant, je me méprenais.
Depuis que j'avais obtenu mon poste, veillant attentivement sur mes parents, j'ai commencé à métamorphoser certaines de leurs souffrances en joies régulières, recevant à chaque fin de mois une rétribution bien méritée.
Chaque jour, Williams rendait visite à Merveillia, mais celle-ci ne lui accordait guère d'attention, ce qui suscitait le mécontentement de Williams. Il éprouvait une aversion manifeste à me voir en compagnie de Merveillia, convaincu que des sentiments naissaient en elle à mon égard.
Merveillia, de son côté, prenait plaisir à ma présence constante, suscitant en moi des pensées parfois énigmatiques. Bien qu'elle fût d'une beauté éblouissante, attirant l'admiration de nombreux prétendants, l'idée d'une relation amoureuse ne m'avait jamais effleuré l'esprit. Je la considérais simplement comme ma grande sœur, ma patronne, et mon amie. Du moins, c'était ce que je croyais, car mes sentiments envers elle commencèrent à évoluer, laissant entendre qu'elle aspirait à occuper une place plus profonde dans mon cœur.
Souvent, mes heures libres étaient dédiées à la contemplation de son être. Parfois même, elle hantait mes rêves. Toutefois, m'exprimer à ce sujet demeurait hors de question, car elle était ma patronne, et de surcroît, elle entretenait déjà une relation avec Williams, que son père connaissait bien.
Chez Merveillia...
Ce samedi matin, Merveillia, déjà éveillée, s'était délicatement levée de son lit. Après une douche revigorante et un petit déjeuner soigneusement pris, elle s'installa avec élégance devant son ordinateur portable.
Pendant qu'elle explorait ses clichés de mannequinat, une photo captiva son regard – celle où Richy figurait. Prise lors d'une réunion, elle ne put s'empêcher de la contempler, laissant échapper des mots chargés de réflexion.
- Richy est véritablement cool, et génial. On dirait que je succombe à son charme. Simple, adorable, gentil, il incarne toutes les qualités qui réconfortent une femme. Bien que je sois sa supérieure, et en tant que femme, je ne peux pas me placer en avant. Que faire si ses sentiments ne vont pas au-delà de notre relation professionnelle ? Comment lui avouer mes sentiments ? Je ne me trompe pas, je suis éprise de Richy. Je vais l'appeler, peut-être qu'il sera disponible et nous pourrons faire une agréable promenade...
******
Tandis que j'étais chez moi, mon téléphone se mit à sonner. J'ai pris l'appareil, c'était Merveillia. Alors me disais que c'était peut-être à un appel professionnel.
- Allô ! Bonjour, Madame.
- Bonjour Richy, comment vas-tu et ta matinée ?
- Ça va bien, je rends grâce. Et toi ?
- Tout va bien aussi. Richy, es-tu à la maison ?
- Oui, je suis à la maison.
- Parfait. Tu n'es pas occupé, j'espère ? Ou as-tu des plans cet après-midi ?
- Non, non, je ne pense pas avoir quelque chose de prévu.
- Très bien. Puis-je passer te prendre vers 17 h alors ?
- D'accord, c'est compris, il n'y a aucun problème.
- Merci infiniment. À tout à l'heure...
Après avoir raccroché, des questions tourbillonnèrent dans mon esprit.
- En plein week-end, selon les conventions, nous ne devrions pas être liés au travail. Où cette femme souhaite-t-elle m'emmener ? me demandai-je.
Perdu dans mes pensées, mon téléphone sonna à nouveau. C'était Laurette, la femme de ménage que j'avais rencontrée dans l'ascenseur.
Laurette est une jeune femme au charme distingué, elle a su captiver mon cœur depuis notre première rencontre dans l'ascenseur. Une amitié indéfectible s'est tissée entre elle et moi, et son dévouement à la gestion de la propriété de mon bureau, ainsi que d'autres bureaux, a renforcé nos liens. Sa bienveillance envers moi ne connaît pas de limites.
Prenant son appel avec enthousiasme, je m'exclamai :
- Allô !!!! Bonjour Laure (diminutif de Laurette), comment vas-tu ?
- Je vais bien, Richy, sauf que tu me manques un peu.
- Oh la la !!! Vraiment ?
- Je te jure, Richy, tu me manques. Je me demande pourquoi j'ai cette envie de te voir. On dirait que... Non rien.
- On dirait quoi ?
- Non rien. Es-tu à la maison ?
- Oui-Oui, je suis à la maison. Veux-tu venir chez moi ?
- Tu as bien deviné, Richy. Je veux venir chez toi. Puis-je ?
- Ce n'est pas un problème, tu viens à quelle heure ?
- Vers 16h, comme ça, c'est bon ?
- 16h ? Pourquoi pas maintenant ? Parce que je veux aller quelque part à 17h, donc ce n'est pas sûr que je vais rester longtemps avec toi si tu viens.
- D'accord, je vois, mais ne t'inquiète pas, je viendrai à l'heure que j'ai dit. Si tu pars, je vais t'attendre ! Maman est à la maison, non ?
- Oui, elle est là. Mais as-tu oublié que c'est la première fois que tu veux venir chez moi ? Et déjà tu décides de rester avec mes parents sans mieux les connaître ? Tu es vraiment curieuse toi !
- Toute chose a sa première fois, mon cher, et tes parents sont aussi les miens. Et, en plus, ce sont mes beaux-parents. (Elle se mit à rire en disant cela).
- Cool ! OK, c'est compris. J'espère que tu vas reconnaître la maison que je t'avais montrée !
- Comment ne reconnaîtrais-je pas la maison de mon futur mari ? Toi aussi. Tu me verras dans la maison seulement.
- D'accord, madame ma future femme. (En riant)
- Bonne journée, mon chéri.
- Bonne à toi aussi.
Laurette se révèle être une amie exceptionnelle, une collègue telle que je n'en avais jamais connue. Ayant déposé mon téléphone, conformément aux désirs de ma mère qui souhaitait puiser de l'eau, je me saisis de la bassine qu'elle tenait.
Ma mère, véritable lionne parmi les femmes, était l'objet de mes prières assidues, implorant le Très-Haut pour qu'un miracle se produise, et qu'elle donne naissance à une fille, afin que je puisse enfin avoir au moins une petite sœur.
Lorsque, taquin, je mentionnais à ma mère mon désir d'une sœur, elle me rappelait avec tendresse qu'elle avait déjà beaucoup d'enfants, et que ceux-ci résidaient en moi. Chaque jour, elle élevait ses prières pour que je puisse trouver une épouse digne.
Résidence de Merveillia...
Merveillia se trouvait dans sa chambre, méticuleusement en train de sélectionner la tenue qui mettrait en valeur sa beauté. Hésitante, elle cherchait le vêtement parfait pour se parer avant de se rendre au domicile de Richy.
C'est à ce moment que la femme de ménage fit son apparition, frappant à la porte de sa chambre. Elle ouvrit la porte et se vit informer par cette dernière que Monsieur Williams l'attendait dans le salon. Délaissant délicatement l'habit qu'elle tenait entre ses mains, elle se dirigea élégamment vers le salon où l'attendait Williams.
Une fois au salon :
- Bonsoir, Williams. Comment vas-tu ?
- Bonsoir, Merveillia. As-tu vu mes appels ?
- Non, m'as-tu appelé ? (les sourcils froncés)
- Bien sûr que je t'avais appelé, plusieurs fois, et tu as refusé de me répondre. Tu es connectée sur Whatsapp, je t'écris, et tu ignores mes messages. Tu as quoi au juste ? (avec un regard jaloux)
- (avec un ton nerveux) Williams, tout d'abord, est-ce que tu te rends compte que tu es dans ma maison ? Tu ne peux pas venir chez moi et crier sur moi, tu me comprends là ? Je ne peux pas être libre et refuser de prendre tes appels.
- Tu veux me faire comprendre que tu étais occupée, c'est ça ?
- William, sais-tu que je n'ai pas de compte à rendre à personne ? Je te dis que j'étais occupée, c'est pour cette raison que je n'ai pas répondu à tes appels et autres. Si tu ne veux pas croire à ça, c'est ton problème ! C'est pour ça que tu es venu ici ? C'est pour me faire la morale ? Parce que moi, j'ai des choses à faire.
- OK, je veux que tu m'accompagnes à une réunion dans la boîte de mon père.
- C'est à quelle heure, ta réunion en question ?
- À 16h30, on doit être là-bas.
- 16h30mn ? Il est 13h maintenant. Williams, sans te mentir, je ne peux pas. J'ai un rendez-vous à 17h que je ne peux pas rater.
- Quoi, un rendez-vous, tu dis ? Quel rendez-vous ? Parce que, à ce que je sache, ta boîte est fermée les week-ends.
- Williams, tu te prends pour mon père ou pour mon mari ? Je ne peux pas t'accompagner à cette réunion, donc désolée. Puis-je me retirer ?
- Tu veux partir où ? J'ai fini de te parler ?
- Williams, tu es devenu fou ou tu veux devenir fou ? Tu n'as aucun droit sur moi, tu me comprends là ? Je ne suis pas celle que tu crois être.
- Merveillia, surveille tes paroles, ou bien tu oublies que tu es ma fiancée ? J'ai tous les droits sur toi et tu dois m'obéir.
- Mon œil, fiancée de qui ? De toi ? Tu rêves, je vois. Je ne suis pas ta fiancée et je ne compte même pas devenir ta fiancée. Fiancée d'un coureur de jupons ? Ça jamais.
- C'est à moi tu dis ça, salope. Tu n'as même pas honte, et c'est avec ton assistant que tu sors. Te rabaisser jusqu'à ce niveau à cause d'un pauvre type.
- Pour toi, je sors déjà avec Richy ? Oh que Dieu exauce tes prières. Parce que Richy est un homme qui je mérite bien, un homme rempli d'amour et de romance. Il est vraiment à mon goût, prie pour moi, OK ? Bon après-midi. Si tu veux voir mon père, il n'est pas à la maison.
Merveillia envisageait de gravir les escaliers lorsque Williams, d'une main ferme, la retint par les cheveux, révélant ainsi son intention de lui causer du tort. Cependant, le son de la voix maternelle de Merveillia interrompit brusquement cette scène.
- Williams ! Qu'aperçois-je ici ? Ma fille ? Est-ce ainsi que tu prétends devenir son époux ?
Williams, libérant délicatement les cheveux de Merveillia, tenta de rassurer la mère de celle-ci en exposant ses arguments. Malgré ses efforts, la mère, imperturbable, exigea simplement son départ.
Contraint de quitter la demeure, Williams, une fois dehors, s'engouffra dans sa voiture et s'éloigna. Pendant ce temps, la mère de Merveillia, intriguée, interrogea sa fille sur les événements. Dès que Merveillia dévoila l'histoire, sa mère, indignée, résolut d'attendre le père de Merveillia pour lui exprimer sa colère.
*****
Laurette arriva à l'heure convenue chez moi, à 15h50 par là. Je me préparais pour l'arrivée imminente de Merveillia. Ma mère, occupée dehors à faire la lessive, accueillit Laurette lors de son entrée.
Après des salutations respectueuses, elle m'interpella. Alerté par ma mère, je sortis pour la rejoindre. Présentant Laurette à ma mère, et mon père étant absent, Laurette n'entra pas à l'intérieur mais se joignit à ma mère pour la lessive.
La complicité naissante entre elles réjouit ma mère. Alors que je conversais avec elles, Merveillia fit son entrée, saluant ma mère et s'enquérait de mon père, comme si elle faisait partie intégrante de la maisonnée.
Laurette la salua, la reconnaissant, mais Merveillia ne répliqua que brièvement, sans solliciter de détails. Prêts, nous montâmes dans la voiture, Merveillia prenant le volant. La destination, un restaurant élégant en ville, ajoutait une touche de raffinement à notre journée. À peine assis, Merveillia me questionna sur la nature de ma relation avec Laurette.