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L'éclat des opposés

L'éclat des opposés

Auteur:: Edition Raissa
Genre: Romance
L'éclat des opposés La science a prouvé que les opposés s'attirent, mais leur cas était différent. Ils étaient aussi différents que le jour et la nuit, mais à cause d'une stupide tradition, ils furent forcés de s'unir. Il n'était pas son prince charmant, et elle n'était pas son mannequin sexy. Il avait juré de ne jamais l'appeler sienne, et elle détestait être appelée Mme King. Pourtant, leurs familles avaient un avis différent : sa mère l'aimait comme une fille depuis le moment où elle l'avait connue, et ses parents étaient impressionnés par sa façade. Mais elle connaissait la vérité sur son mari non désiré ; oui, il était un homme riche, séduisant et accompli, et cela, elle pouvait l'admettre. Oui, il avait le corps et les traits d'un dieu grec : une silhouette athlétique et puissante, des yeux verts profonds et des cheveux bruns. Sa mâchoire était anguleuse, et le sourire qui ornait son visage était dangereusement sexy. Mais c'était un snob arrogant et un coureur de jupons... Il traitait les filles comme des objets, mais elles tombaient stupidement amoureuses de lui. Sa mère croyait qu'Ella était parfaite pour lui, mais il savait que cette fille têtue, impulsive, extrêmement indépendante et ronde ne lui apporterait que des ennuis. Elle lui avait déjà volé son nom de famille... mais il avait promis de faire de sa vie un enfer. Tous droits réservés.

Chapitre 1 01

Léo King s'appuyait contre le vieux bar, le regard perdu dans l'immensité de la baie vitrée qui offrait une vue imprenable sur la ville. Les lumières scintillaient comme des étoiles tombées du ciel, et, pourtant, l'homme semblait plus éloigné que jamais de ce paysage. Son esprit vagabondait ailleurs, en territoire inconnu, où il se retrouvait souvent ces derniers temps. Le monde de l'héritage, des affaires et des responsabilités pesait sur ses épaules, mais ce n'était pas ce qui le tourmentait ce soir. Ce qui le rongeait, ce qui creusait des trous invisibles dans son âme, c'était Ella.

Les rires de ses collègues, les voix familières qui remplissaient la pièce, l'étaient beaucoup moins. Tout était devenu flou autour de lui, comme si l'air était plus lourd, plus difficile à respirer. À côté de lui, son meilleur ami, Julien Lefevre, murmurait quelque chose sur une transaction à venir, mais Léo n'écoutait pas. Ses pensées tournaient en boucle autour d'elle, autour de la situation dans laquelle il s'était retrouvé. Un mariage arrangé, une tradition que sa famille exigeait, une promesse qu'il n'avait jamais envisagée d'accepter. Il n'était pas fait pour ça, et elle non plus. Tout était un jeu pour ses parents, une danse politique dont ils étaient les chorégraphes invisibles.

Son regard se fixa sur la silhouette d'Ella, là-bas, dans l'autre coin de la salle, entourée de quelques invités, un sourire poli sur les lèvres. Elle semblait parfaite, comme toujours. Trop parfaite, presque. C'était ce qu'il détestait. Elle portait cette façade d'indépendance, cette assurance qu'il avait, dès le premier jour, perçue comme une menace. Mais ce n'était pas ce qui le troublait. Non, c'était la vérité qui se cachait derrière ses yeux. Un mystère qu'il n'avait jamais voulu résoudre, mais qu'il était condamné à déchiffrer. Il savait qu'elle n'était pas la naïve jeune femme qu'elle laissait paraître. Elle avait des secrets. Tout en elle l'énervait. Mais à chaque fois qu'il posait les yeux sur elle, quelque chose en lui se brisait, un éclat de curiosité qui se transformait en désir. Un désir qu'il s'était promis de ne jamais ressentir pour elle. Pourtant, chaque fois qu'elle s'éloignait de lui, l'espace autour de lui semblait se réduire, comme un vide soudain qu'il ne pouvait combler.

Il tourna la tête vers Julien, qui s'était arrêté de parler, attendant clairement une réaction. Mais il n'y en eut pas. Léo lui lança un regard absent, un simple mouvement de la tête pour indiquer qu'il avait entendu. Tout ce qu'il voulait, c'était s'éloigner de cet endroit, de cette fête qui sonnait faux. Ses pensées s'étaient encore perdues en Ella, et la vision de ses yeux brillants, cette lueur de défi, restait gravée dans son esprit. Elle ne lui obéissait pas. Elle ne s'adaptait pas à ce qu'il avait imaginé. Et ça, c'était insupportable.

La musique dansait autour de lui, une mélodie sourde et hypnotique, mais il n'entendait plus que le bruit de son propre cœur. Les émotions refoulées ne pouvaient plus être ignorées. Il fallait qu'il prenne une décision. Mais la décision qu'il redoutait de prendre depuis le début, il savait que cette dernière allait changer la donne pour toujours. S'il se détournait d'elle, ce serait la fin. S'il se laissait aller à ses sentiments, ce serait la fin. Quoi qu'il fasse, tout allait s'effondrer. Le mariage, l'héritage, la famille, tout cela serait alors relégué au second plan. Et il était sûr d'une chose : il ne voulait pas tout perdre à cause d'un simple caprice.

Elle n'était pas son idéal. Elle ne correspondait en rien à ce qu'il aurait choisi pour lui-même. Et pourtant, il la voyait différemment de la manière dont il l'avait toujours perçue. Elle n'était pas cette image froide, calculatrice, de la jeune femme parfaite qu'il s'était toujours imaginée. Non, elle était bien plus complexe. Et peut-être que, tout au fond, il en était conscient. C'était cette complexité qui l'attirait, même s'il n'arrivait pas encore à l'admettre. Il n'avait pas l'intention de la laisser pénétrer son monde. Mais quelque chose lui disait que c'était déjà trop tard. Ce désir qu'il repoussait, cette attirance qu'il ne voulait pas reconnaître, ils étaient là, imprégnant chaque moment passé avec elle.

Les bruits de la soirée se faisaient de plus en plus lointains, un brouillard qui s'épaississait dans son esprit. Soudain, il se sentit observé, une sensation familière qu'il avait déjà vécue plus d'une fois. Il tourna brusquement la tête et croisa le regard d'Ella. Elle le fixait, non pas avec curiosité, mais avec défi. Elle savait exactement ce qu'elle faisait, et, plus encore, elle savait qu'il la voyait. Léo sentit un frisson lui parcourir l'échine. Il détourna les yeux, mais l'éclat de ses prunelles restait gravé dans son esprit. Elle était là, dans son monde, et il était de plus en plus incapable de l'ignorer.

Un silence lourd s'installa entre eux, mais ce n'était pas un silence vide. Il y avait quelque chose dans l'air, quelque chose de puissant, de dangereux. Les deux savaient que quelque chose allait se passer. Et lorsque leurs regards se croisèrent à nouveau, une certitude naquit en lui. Il ne pourrait jamais l'ignorer. Ni elle, ni ce qu'ils étaient devenus l'un pour l'autre. Et il n'était pas sûr que cette situation leur soit favorable. Mais il savait que la seule chose qu'il puisse faire désormais, c'était d'accepter ce qui venait, d'accepter cette force invisible qui les reliait, même si elle risquait de tout détruire.

La soirée continuait de tourner autour d'eux, mais tout semblait à présent suspendu dans le temps. Léo ne savait pas combien de minutes ou d'heures s'étaient écoulées depuis ce premier échange de regards, mais il se sentait emprisonné. Un poids invisible s'était abattu sur ses épaules, plus lourd que toutes les responsabilités qui étaient les siennes, plus pesant que le fardeau de l'héritage qu'il devait un jour porter. Il aurait dû se concentrer sur la conversation avec Julien, sur les propositions que ses associés lui soumettaient, sur tout ce qui faisait partie de son monde. Mais tout cela lui paraissait soudainement dérisoire. Parce que dans la pièce, il n'y avait plus qu'elle. Dans l'air, il n'y avait plus que la tension entre eux, presque palpable, invisible mais pourtant présente.

Léo jeta un coup d'œil furtif en direction de la table où Ella était assise. Elle ne semblait pas perturber par la situation, pas même par son regard insistant. Elle continuait de sourire, de parler avec aisance et de briller, comme si elle n'était pas du tout affectée par la tension qui semblait se charger autour de lui. Pourtant, dans ses yeux, Léo devinait quelque chose de plus, un secret qu'il était persuadé qu'elle ne partageait avec personne. Elle savait ce qu'elle faisait, et plus que jamais, elle semblait avoir une emprise sur lui qu'il ne comprenait pas. Il se sentit nu, vulnérable, une sensation qu'il n'avait jamais appréciée, encore moins en présence de quelqu'un comme elle.

Mais quelque chose changea en lui à cet instant précis. La prise de conscience qu'il avait tenté de repousser toute la soirée s'imposa à lui avec une force dévastatrice. Ce qu'il ressentait n'était pas simplement un agacement ou une répulsion vis-à-vis de cette femme imposée dans sa vie. C'était bien plus complexe que ça. Il avait du respect pour elle, une admiration cachée qu'il n'avait jamais voulu reconnaître. Mais ce respect se mêlait à une colère sourde, à une rancune profonde qu'il ne pouvait effacer. Il détestait la situation dans laquelle il se trouvait. Et pourtant, il ne pouvait nier qu'il était à la fois attiré et agacé par cette présence.

Il chercha à fuir cette situation, à se distraire, mais les murs de la pièce semblaient se refermer sur lui. Tout était devenu trop suffocant. La musique, les rires des invités, les conversations de fond, tout cela n'était que bruit dans un monde qui n'avait plus de sens. Il n'entendait plus rien d'autre que le battement de son propre cœur, martelant son esprit, le pressant de prendre une décision. Mais la décision n'était pas simple. Pas avec elle.

Il avait toujours voulu rester maître de son destin, de ses émotions, de ses choix. Mais Ella... Elle lui échappait. Tout en elle lui échappait. Son caractère, sa beauté, sa façon d'être à la fois distante et pourtant présente. Elle déstabilisait tout ce qu'il croyait savoir sur lui-même. Et, alors qu'il se noyait dans ses pensées tourmentées, il remarqua qu'elle se levait, s'éloignant lentement du groupe avec une démarche sûre, presque imperceptible, mais résolue. Elle se dirigeait directement vers lui.

Léo sentit une étincelle de nervosité traverser son corps. Son regard croisa celui d'Ella une dernière fois avant qu'elle ne disparaisse dans la foule. Il se leva, le corps tendu, ses mains se crispant involontairement autour du verre qu'il tenait encore. Il voulait l'éviter, fuir cette conversation, fuir ce qu'il pressentait déjà, mais il ne le pouvait plus. Ils étaient désormais liés, inextricablement liés par une tradition vieille de plusieurs générations, par des règles qu'il n'avait pas choisies, mais qu'il devait désormais respecter.

Elle se tenait là, devant lui, parfaitement calme, comme si elle avait toujours su que ce moment finirait par arriver. Léo se força à respirer profondément avant de croiser son regard. Mais il n'eût pas le temps de dire quoi que ce soit. Ella brisa le silence.

- Nous devons parler.

Sa voix n'était ni douce ni agressive, simplement ferme, comme si elle avait anticipé chaque mot qu'il allait dire. Comme si elle savait déjà ce qui allait suivre. Léo s'étonna de la confiance qui émanait d'elle, de cette maîtrise qu'elle semblait avoir sur la situation. Il se sentit déstabilisé, mais il ne pouvait pas lui accorder cette victoire. Pas encore.

- Je n'ai rien à dire, répondit-il, son ton plus tranchant qu'il ne l'aurait voulu.

Mais Ella ne sembla pas se laisser intimider. Elle s'approcha encore, s'arrêtant juste assez près pour qu'il sente la chaleur de son corps. Un frisson traversa l'échine de Léo. Ses yeux se plongèrent dans les siens, et pendant un moment, il perdit le fil du temps. Ce qu'il voulait lui dire s'échappa de son esprit.

- Alors, tu penses que tout ceci peut continuer ainsi, sans qu'on parle vraiment ? demanda-t-elle, la voix plus basse, mais plus insistante.

Léo eut un sourire amer, plus pour lui-même que pour elle. Oui, il pensait que tout pourrait continuer ainsi, que l'impossibilité de cette situation finirait par lasser l'un ou l'autre. Mais il savait au fond de lui que ce n'était pas le cas. Tout ce qu'il avait construit, tout ce en quoi il croyait, vacillait sous l'ombre de cette femme, sous ses yeux, sous ce que représentait cette union forcée. Elle n'était pas ce qu'il avait imaginé. Non, elle était bien plus.

Il s'éloigna légèrement, secouant la tête, comme pour tenter de remettre de l'ordre dans ses pensées.

- Je n'ai pas besoin de toi, dit-il enfin, sa voix pleine d'une froideur qu'il peinait à dissimuler.

Mais Ella ne bougea pas. Elle attendait, silencieuse, comme si elle savait que le pire était encore à venir, mais que ce n'était qu'une question de temps avant que tout éclate.

Chapitre 2 02

Elle resta là, immobile, ses yeux rivés sur lui, presque comme une épreuve. Léo sentit son cœur s'accélérer. Il s'efforça de maintenir son regard, mais il ne pouvait empêcher son esprit de se perdre dans cette étrange intensité qu'elle dégageait. Chaque mouvement, chaque geste de cette femme semblait calculé, comme si elle savait exactement comment manipuler la situation, comme si elle avait déjà joué ce jeu mille fois. Il détestait cette sensation de perdre le contrôle.

- Tu crois vraiment que tu peux m'échapper comme ça ? demanda-t-elle, d'une voix basse mais décidée, comme un défi qu'elle lui lançait.

Léo sentit la colère monter en lui, comme un tourbillon prêt à tout engloutir. Elle était trop calme, trop sûre d'elle. Et c'était justement cette certitude qui le mettait hors de lui. Pourquoi fallait-il qu'elle ait toujours cette emprise sur lui, cette manière de le défier sans même lever un doigt ? Elle semblait jouer à un jeu qu'il n'avait même pas compris, un jeu qu'il n'avait pas envie de jouer.

- Je t'ai dit que je n'ai rien à dire, répéta-t-il, ses mots se serrant dans sa gorge comme un bloc de glace.

Ella sourit, un sourire qui ne touchait pas ses yeux, un sourire qui en disait long sur ce qu'elle pensait de lui, de sa prétendue supériorité. Elle savait ce qu'il ressentait, bien plus que lui-même, et elle s'en délectait. Léo, à cet instant, se rendit compte qu'il n'avait pas la moindre chance. Elle l'avait compris, l'avait vu à travers son masque, et cela, plus que tout, le rendait fou.

Elle s'approcha un peu plus, ses talons claquant sur le sol dans une démarche lente et calculée. Il pouvait sentir la tension monter entre eux, l'atmosphère devenant de plus en plus lourde, comme si quelque chose allait éclater. Léo n'avait jamais eu l'habitude de se laisser atteindre de la sorte. Il avait toujours contrôlé ses émotions, mais là, devant Ella, il perdait pied. Elle le déstabilisait comme personne d'autre.

Elle leva une main, effleurant doucement sa chemise, et Léo sentit son cœur rater un battement. Cette simple touche, ce contact fugace, fit naître en lui une série de pensées contradictoires. D'un côté, il voulait la repousser, fuir cette situation qui lui échappait. Mais d'un autre côté, une partie de lui, bien enfouie sous des couches de colère et de mépris, réagissait à son contact, comme si cette tension entre eux n'était qu'un jeu de plus, une danse silencieuse à laquelle il n'échapperait pas.

- Ne pense pas que tu peux me faire peur, dit-il finalement, sa voix tremblant à peine sous l'emprise de l'émotion.

Ella se figea, ses yeux perçant le sien avec une intensité qui fit frissonner Léo. Elle savait, elle savait qu'il était plus vulnérable qu'il ne voulait l'admettre, et c'était exactement ce qu'elle recherchait. Elle, Ella, avec ses airs indifférents, ses attitudes froides, savait exactement comment l'atteindre, comment le pousser dans ses derniers retranchements.

Elle se recula légèrement, et pour un instant, Léo crut qu'elle allait se détourner de lui. Mais au lieu de cela, elle se tourna légèrement de côté, comme pour l'inviter à la suivre, à entrer dans le jeu qu'elle avait choisi pour eux. Et il se retrouva là, devant elle, pris dans une situation qu'il n'avait pas choisie, mais dont il ne pouvait plus s'échapper.

Léo chercha quelque chose à dire, quelque chose à rétorquer, mais il n'en avait pas la force. Tout ce qu'il savait, c'était qu'elle l'avait mis dans une position qu'il détestait : l'incertitude. Il n'était plus sûr de rien. Tout ce qu'il pensait connaître, tout ce qu'il avait cru comprendre sur le monde, se fissurait sous la pression d'une femme qu'il n'avait pas prévue, d'une situation qu'il n'avait pas anticipée.

Il la regarda s'éloigner lentement, chaque pas soulignant la distance qu'il y avait désormais entre eux. Elle ne lui laissait aucune chance de reprendre le contrôle, aucune possibilité de revenir à ce qu'il avait toujours connu. Ella était une énigme, une tempête qui allait engloutir tout sur son passage. Et Léo, sans qu'il ne s'en rende vraiment compte, se retrouvait à la suivre dans cette spirale.

Il savait que ce qui se passait entre eux n'était pas normal. Rien n'était simple, rien n'était prévu. Mais au fond de lui, une question persistait, qui grandissait à chaque instant : pouvait-il échapper à ce destin, ou Ella, avec sa froideur et son assurance, l'emporterait-elle dans son sillage ?

Les jours suivants, l'atmosphère entre Léo et Ella était encore plus tendue, presque palpable. Chaque rencontre semblait être un champ de bataille, un échange silencieux où chacun cherchait à imposer sa propre version des choses. Léo n'arrivait pas à se défaire de cette sensation de fragilité, de vulnérabilité, qu'Ella avait réussi à faire naître en lui. Ce qu'il détestait par-dessus tout, c'était que cela venait de lui-même. Il était un homme d'habitude, de certitudes, et pourtant, avec elle, tout était incertain.

À chaque rencontre, il se battait contre cette part de lui qui répondait à sa présence, contre cette attraction qu'il n'arrivait pas à comprendre, mais qui était bien réelle. Son esprit le poussait à la repousser, à garder la distance qu'il avait toujours préférée. Mais son corps, lui, réagissait différemment. Léo luttait contre cette attraction grandissante, une attraction qu'il aurait juré ne jamais éprouver. Elle était tout ce qu'il détestait, tout ce qu'il avait toujours fuir : une femme forte, indépendante, mais aussi une femme qui savait jouer de ses charmes pour déstabiliser un homme comme lui.

Un après-midi, alors qu'il travaillait dans son bureau, la porte s'ouvrit sans un bruit, et Ella entra, ses talons frappant le sol avec une lenteur délibérée. Elle n'avait pas besoin de dire un mot pour qu'il sache qu'elle était là pour quelque chose. Elle savait que sa simple présence suffisait à le troubler. Elle se tenait là, droite, fière, son regard scrutant la pièce avant de se poser sur lui.

- Léo, dit-elle d'une voix calme, mais qui cachait une ironie mordante, tu sais bien que tu ne peux pas m'éviter éternellement.

Il releva la tête de son travail, ses yeux la fixant un instant avant de détourner le regard. Il n'avait pas la force de lui faire face aujourd'hui. Il savait que cette conversation n'allait pas être facile, qu'il allait devoir encore une fois affronter cette tension insupportable entre eux.

- Qu'est-ce que tu veux, Ella ? demanda-t-il, sa voix trahissant une forme d'agacement qu'il n'arrivait pas à réprimer.

Ella s'avança d'un pas, s'installant sans gêne sur le fauteuil en face de lui. Elle croisa les bras, un sourire espiègle aux lèvres, et sembla prendre tout son temps pour répondre. Léo avait l'impression qu'elle savourait chaque instant de cette rencontre, chaque fraction de seconde où elle le dominait silencieusement.

- Tu ne me réponds jamais, Léo, dit-elle avec une lenteur presque théâtrale. Toujours si distant, si fermé. Mais tu sais, ce n'est pas comme ça que ça va se passer entre nous. Un jour, tu vas devoir faire face à ce que tu ressens.

Ses mots étaient comme des aiguilles, piquant doucement son orgueil. Elle savait exactement où appuyer, comment le rendre fou de frustration sans même lever la voix. Léo détourna à nouveau le regard, son poing se serrant sur la chaise. Il ne pouvait pas la laisser avoir ce contrôle sur lui. Il était plus fort que cela, il le savait. Mais plus elle parlait, plus il se sentait submergé, comme si les murs de sa propre résistance commençaient à se fissurer sous le poids de ses paroles.

- Je n'ai rien à ressentir, répliqua-t-il sèchement, comme pour se convaincre lui-même. Ce n'est pas une question de sentiments, Ella. C'est juste une question de principe. Je n'ai jamais voulu cette situation, et je ne la veux toujours pas.

Elle le regarda, presque amusée, comme si elle savourait chaque mot qu'il prononçait. Son sourire s'élargit légèrement, mais il n'était pas réconfortant. Il n'était pas le sourire d'une femme aimante ou rassurante. C'était le sourire de quelqu'un qui savait qu'elle avait l'avantage, qui savait qu'elle pouvait jouer avec ses émotions à sa guise.

- Tu crois que je n'ai pas remarqué ? dit-elle, la voix basse, mais ferme. Que tu t'accroches à cette idée que tu peux tout contrôler. Mais c'est toi qui es le plus fragile ici, Léo. C'est toi qui te caches derrière ta façade, derrière ton arrogance. Moi, je n'ai rien à cacher. Je sais exactement ce que je veux.

Léo ferma les yeux un instant, comme pour se protéger de l'assaut verbal qu'il recevait. Mais chaque mot d'Ella perçait ses défenses, chaque phrase le déstabilisait un peu plus. Comment pouvait-elle le comprendre aussi bien ? Comment savait-elle exactement ce qu'il ressentait, même quand il ne l'exprimait pas ?

Elle se leva alors, se dirigeant vers la porte. Avant de partir, elle se tourna une dernière fois vers lui, et il vit dans son regard une étincelle de défi, une promesse implicite qu'il savait qu'il allait devoir affronter un jour.

- Je reviendrai, dit-elle d'un ton à la fois menaçant et confiant. Et quand je reviendrai, tu n'auras plus d'échappatoire.

Elle partit sans un autre mot, laissant Léo seul dans son bureau, plongé dans une mer d'incertitudes. Il se sentait à la fois furieux et perdu, comme un navire pris dans une tempête qu'il ne pouvait pas contrôler. Ella avait marqué son territoire, et il savait que, peu importe combien il résisterait, elle reviendrait encore et encore, jusqu'à ce qu'il cède.

Chapitre 3 03

Les jours qui suivirent, Léo tenta de se concentrer sur son travail, mais les pensées d'Ella continuaient de le hanter. Chaque fois qu'il se retrouvait seul, que ce soit dans la quiétude de son appartement ou dans le silence de son bureau, c'était son image qu'il voyait. Elle était partout. Ses yeux pétillants de défi, sa voix provocante, son sourire insolent. Tout en elle semblait le pousser à la repousser, mais aussi à l'attirer. Il ne comprenait pas ce qui se passait.

Il avait l'impression de se perdre dans un tourbillon d'émotions contradictoires, une lutte interne qu'il ne parvenait pas à résoudre.

Il se levait tôt, se plongeait dans son travail, mais rien ne semblait suffisant pour occuper son esprit. Il ne voulait pas l'admettre, mais Ella avait réussi à s'infiltrer dans sa vie, dans ses pensées, comme une brume imperceptible mais constante. Et cela le mettait hors de lui. Léo avait toujours été maître de ses émotions, de ses actions. Il n'avait jamais permis à qui que ce soit de prendre une place aussi importante dans son esprit. Mais elle, elle l'avait fait sans effort.

Un soir, alors qu'il se trouvait sur le point de quitter le bureau, son téléphone vibra. Un message de sa mère. Il l'avait vu, mais il n'avait pas voulu y répondre. Pas ce soir. Mais quelque chose l'en empêcha. Il s'assit et ouvrit le message, et là, il lut ces quelques mots : « Léo, je t'en prie, parle-lui. Elle est plus que ce que tu penses. »

Cela lui fit l'effet d'un coup de poing. Son esprit se figea, et la frustration l'envahit. Comment sa mère osait-elle lui dire ce genre de choses ? Elle savait qu'il n'était pas prêt à accepter ce genre de conseil, qu'il n'était pas du genre à s'ouvrir aux autres. Il se leva brusquement, se dirigea vers la fenêtre, et observa la ville en contrebas, cherchant à apaiser cette colère qui montait en lui. Il avait l'impression que tout lui échappait. Ella, ses parents, sa mère qui ne cessait de le pousser à l'accepter... Tout cela devenait trop lourd à porter.

Puis, comme si l'univers se moquait de lui, un coup frappé à la porte le fit sursauter. Il se retourna brusquement, ses mains se crispant sur le dossier de sa chaise. Il n'avait pas besoin de deviner qui se tenait derrière cette porte. Ella, encore elle. Elle semblait avoir ce don de surgir au moment où il s'y attendait le moins.

Il ouvrit la porte d'un geste brusque. Elle se tenait là, calme, ses yeux fixés sur lui avec une intensité qui le déstabilisa immédiatement.

- Tu veux encore jouer à ce jeu-là ? demanda-t-il, sa voix plus dure qu'il ne l'aurait voulu.

Elle n'eut aucune hésitation. Elle entra, et la porte se referma derrière elle dans un bruit sourd. Il la regarda, se retenant de la repousser, mais il savait qu'il ne pourrait pas la faire partir. Il la connaissait maintenant. Et elle savait qu'il était sur le point de craquer.

- Léo, commença-t-elle d'une voix qui semblait presque douce, mais avec une pointe d'ironie, tu veux vraiment continuer à faire semblant ? Continuer à te dire que tu n'éprouves rien, que tu n'as rien à ressentir ?

Il se tourna vers elle, ses poings serrés, mais il ne dit rien. Il savait qu'il n'était pas prêt à affronter ce qu'elle attendait de lui, mais en même temps, il ne pouvait pas la laisser se jouer de lui.

- Tu as raison, dit-il finalement, la voix tremblante de colère et de frustration. Peut-être que je ressens quelque chose. Mais tu crois vraiment que ça changera quoi que ce soit ? Tu crois vraiment que je vais me laisser prendre au piège de tes jeux ?

Ella le fixa en silence pendant quelques instants, comme si elle analysait chaque mot qu'il venait de dire. Puis, d'un pas décidé, elle s'approcha de lui, sans détourner les yeux, sans hésiter.

- Tu as peur, Léo, dit-elle simplement, mais d'une voix qui vibrait d'une vérité qu'il ne pouvait ignorer. Tu as peur de ce que cela pourrait devenir entre nous. Et tu as raison d'avoir peur.

Il déglutit, son cœur s'accélérant, mais il ne bougea pas. Il la laissa s'approcher. Pourquoi ne pouvait-il pas lui résister ? Pourquoi cette attraction, cette tentation incessante ?

- Je ne veux pas ça, dit-il, sa voix devenant plus rauque. Je ne veux pas de toi, Ella. Je ne veux pas me perdre dans cette histoire.

Elle sourit alors, un sourire fin, presque victorieux. Elle savait qu'il était à deux doigts de céder. Elle savait qu'il n'avait pas le contrôle, qu'il était en train de se laisser engloutir par cette passion qu'il combattait avec toute la force qu'il avait. Mais il était déjà trop tard. Elle l'avait eu.

- Tu crois que tu peux t'en sortir sans conséquences, Léo, dit-elle en s'éloignant. Mais tu vas vite te rendre compte que tout cela n'est qu'une question de temps. Tu n'as pas le choix.

Elle tourna les talons et se dirigea vers la porte. Avant de partir, elle jeta un dernier regard en arrière, un regard empli d'une promesse silencieuse. Une promesse qu'il ne pourrait pas ignorer bien longtemps.

Le lendemain matin, Léo se réveilla avec un poids sur la poitrine. Il n'avait pas dormi. Son esprit avait tourné en boucle toute la nuit, ruminant la confrontation avec Ella, le regard déterminé qu'elle lui avait lancé avant de partir. Ses mots résonnaient encore dans sa tête, répétés, analysés sous tous les angles. Tu n'as pas le choix. Et chaque fois qu'il pensait à cela, il sentait son cœur se serrer un peu plus.

Il se leva finalement, se dirigea vers la fenêtre, et fixa la ville qui s'étendait devant lui. Il avait beau essayer de se concentrer sur les détails de ce paysage urbain, il y avait toujours cette pensée qui le perturbait, cette idée qu'il n'avait pas le contrôle, que la situation lui échappait. Ella avait réussi à semer le doute dans son esprit, et cela le perturbait plus qu'il ne voulait l'admettre.

Il se prépara rapidement et sortit de chez lui, bien décidé à échapper à cette tension. Mais au fond de lui, il savait que ce n'était qu'une fuite temporaire. Il ne pouvait pas se dérober indéfiniment. La confrontation avec Ella était inévitable. Et cela le terrifiait.

Pendant toute la journée, il tenta de se concentrer sur ses dossiers, mais son esprit vagabondait toujours vers elle. Il avait beau se dire que tout cela n'avait aucun sens, qu'il devait juste l'ignorer, il ne pouvait pas. Elle était omniprésente, dans ses pensées, dans ses gestes, dans chaque décision qu'il prenait. Il se détestait pour cela, pour cette vulnérabilité qu'il ne parvenait pas à contrôler.

Le soir, alors qu'il rentrait chez lui, il reçut un appel de sa mère. Il hésita un instant avant de répondre.

- Léo, tu vas bien ? demanda-t-elle, sa voix douce et inquiète, comme si elle savait qu'il traversait une tempête intérieure.

Il soupira, s'efforçant de dissimuler son agitation.

- Oui, tout va bien. Juste fatigué.

- Tu sais que je me fais du souci pour toi, dit-elle après un moment de silence. J'ai vu comment tu agis ces derniers temps. Comment tu te comportes avec Ella.

Léo serra les dents, une pointe d'agacement montant en lui. Il savait où cette conversation menait. Mais il n'était pas prêt à y faire face. Pas maintenant.

- Maman, je t'ai dit que ça ne changerait rien. Tu veux qu'on parle de ça ? Tu veux qu'on parle de cette fille qui pense pouvoir tout manipuler avec son attitude ?

Il n'avait pas voulu être aussi sec, mais la frustration qu'il ressentait depuis des jours le poussait à réagir ainsi. Elle ne comprenait pas. Personne ne comprenait.

- Léo... Calme-toi. Ce n'est pas elle que tu rejettes. C'est toi, au fond. Tu as peur de ce que tu ressens. C'est tout.

Léo se sentit pris au piège. Il laissa échapper un rire nerveux.

- Peur ? De quoi ? De cette fille qui se prend pour une reine ? De cette personne qui n'a rien à voir avec moi ?

- Léo, elle est différente de ce que tu crois. Si tu veux vraiment avancer, tu dois faire face à tes peurs. À ce que tu ressens pour elle.

Léo ferma les yeux, tentant de chasser ces pensées envahissantes.

- Je ne veux pas de ça, maman. Je... je n'ai pas le temps pour des complications comme ça.

Il raccrocha brusquement, son cœur battant la chamade. Il n'avait pas le temps, mais au fond, il savait qu'il était déjà trop tard pour nier ce qu'il ressentait.

Le lendemain, comme si l'univers avait décidé de lui offrir un nouveau test, Ella se présenta à son bureau. Elle entra sans frapper, comme si elle se sentait chez elle, un sourire provocateur sur les lèvres. Elle le regarda un instant, un défi dans ses yeux.

- Alors, Léo, tu as réfléchi à ce que tu voulais ?

Il la fixa, son regard froid et calculateur. Elle savait comment le mettre dans une position inconfortable, comment le pousser à bout. Mais il n'allait pas céder. Pas maintenant.

- Ce que je veux ? demanda-t-il avec une ironie palpable. Je veux que tu quittes mon bureau.

Elle ne bougea pas. Son sourire s'élargit.

- Je pense que tu sais que ce n'est pas ce que tu veux vraiment, dit-elle calmement. Tu veux comprendre. Tu veux savoir pourquoi je suis là. Pourquoi je ne te laisse pas tranquille.

Il se leva brusquement, la colère montant en lui.

- Parce que tu penses avoir tout compris, n'est-ce pas ? Que tu peux me manipuler comme tous les autres ? Je ne suis pas comme eux, Ella. Et tu vas finir par comprendre que je ne me laisserai pas faire.

Elle resta silencieuse, observant son visage avec une intensité presque perturbante. Puis, lentement, elle s'avança vers lui, sans ciller.

- C'est toi qui ne comprends pas, Léo. Tu n'as toujours pas compris que tout ce que tu vois en moi n'est qu'une façade. Mais il est trop tard pour reculer maintenant. Tu es déjà pris dans le jeu. Et tu n'as même pas vu les premières pièces bouger.

Elle se tourna alors vers la porte, sans ajouter un mot, et partit. Léo la regarda disparaître, une confusion totale l'envahissant. Il était piégé, et il le savait. Il ne pouvait plus sortir de cette spirale. Et pire encore, il n'en avait pas envie.

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