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L'Épouse Oubliée, Sa Fortune Retrouvée

L'Épouse Oubliée, Sa Fortune Retrouvée

Auteur:: Orion Faye
Genre: Romance
En trois ans de mariage, Raphaël ne m'a jamais touchée. Il prétextait la fatigue, mais la vérité brillait sur l'écran de son ordinateur : il se réservait pour Cynthia, celle que je croyais être ma sœur. J'ai découvert ses messages, brutaux et sans équivoque : « Pas besoin de toucher cette femme. On fera une FIV pour l'héritier, puis je la jette. Je veux rester pur pour ma Cynthia. » Il m'a traînée de force à la clinique, me traitant de « récipient » dégoûtant, juste bon pour transmettre des gènes acceptables avant d'être mis au rebut. Ce qu'il ignorait, c'est que je n'étais pas la petite orpheline sans défense qu'il méprisait. Je suis Sophie Bousquet, l'unique héritière de l'empire du luxe qui maintient sa misérable entreprise en vie. Et c'est moi, pas Cynthia, qui l'avais porté sur mon dos pour le sauver de l'avalanche des années plus tôt. Quand l'infirmière m'a tendu la boîte contenant nos embryons, je n'ai pas pleuré. J'ai levé le bras et j'ai fracassé le verre contre le mur, réduisant son précieux héritage en poussière. « Dites à Raphaël qu'il n'aura jamais d'enfant de moi. Et prévenez mes parents : je rentre à la maison pour le détruire. »

Chapitre 1

En trois ans de mariage, Raphaël ne m'a jamais touchée. Il prétextait la fatigue, mais la vérité brillait sur l'écran de son ordinateur : il se réservait pour Cynthia, celle que je croyais être ma sœur.

J'ai découvert ses messages, brutaux et sans équivoque : « Pas besoin de toucher cette femme. On fera une FIV pour l'héritier, puis je la jette. Je veux rester pur pour ma Cynthia. »

Il m'a traînée de force à la clinique, me traitant de « récipient » dégoûtant, juste bon pour transmettre des gènes acceptables avant d'être mis au rebut.

Ce qu'il ignorait, c'est que je n'étais pas la petite orpheline sans défense qu'il méprisait.

Je suis Sophie Bousquet, l'unique héritière de l'empire du luxe qui maintient sa misérable entreprise en vie. Et c'est moi, pas Cynthia, qui l'avais porté sur mon dos pour le sauver de l'avalanche des années plus tôt.

Quand l'infirmière m'a tendu la boîte contenant nos embryons, je n'ai pas pleuré.

J'ai levé le bras et j'ai fracassé le verre contre le mur, réduisant son précieux héritage en poussière.

« Dites à Raphaël qu'il n'aura jamais d'enfant de moi. Et prévenez mes parents : je rentre à la maison pour le détruire. »

Chapitre 1

Sophie POV:

Le coffret à bijoux en chêne était toujours là, fermé. Jamais touché. En trois ans de mariage, Raphaël n'avait jamais daigné l'ouvrir. C'était un cadeau de ma mère adoptive, censé contenir mes alliances-deux bagues que je portais seule, jour après jour.

Notre mariage n'avait jamais été consommé. C'était une vérité froide et dure. Raphaël avait toujours trouvé une excuse. Trop fatigué. Trop stressé. Une réunion importante le lendemain.

Je me suis dit que ce soir serait différent. C'était notre troisième anniversaire de mariage et je voulais essayer encore une fois. Juste une. Je me suis glissée dans ma nuisette en soie, le tissu glissant sur ma peau comme une seconde peau. Le miroir montrait une femme que j'essayais de rendre désirable.

Une coupe de champagne à la main, je suis entrée dans son bureau. La porte était entrouverte. J'ai vu sa silhouette assise devant l'ordinateur. Le whisky dans mon verre a dansé. J'ai respiré profondément, mon cœur battant la chamade.

"Raphaël ?" Ma voix était douce, peut-être un peu trop.

Il s'est raidi, le dos tourné. Sans se retourner, il a dit : "Sophie. Qu'est-ce que tu fais là ?"

"C'est notre anniversaire," ai-je murmuré, la chaleur du champagne me donnant un faux courage. J'ai avancé, le parfum de ma nuisette flottant dans l'air.

Il s'est levé d'un bond, me faisant reculer. Ses yeux étaient froids, son regard se posant sur ma tenue. "Tu es désespérée, n'est-ce pas ? Toujours à la recherche d'attention."

Mon cœur s'est serré. Le verre a failli glisser de mes doigts. "Je voulais juste..."

"Je n'ai pas le temps pour tes simagrées," a-t-il coupé, sa voix un murmure glacé. "Tu es écœurante. Tu as l'air si affamée."

Ses mots m'ont frappée comme une gifle. Mon visage a rougi de honte. J'ai reculé, le corps tremblant. "Raphaël..."

"Va-t'en, Sophie," a-t-il dit, se détournant. "Je ne te toucherai pas. Jamais."

Les larmes ont piqué mes yeux. J'ai senti mon corps flancher. J'ai couru hors de son bureau, le champagne et l'espoir se brisant en mille morceaux sur le sol.

J'ai passé la nuit à pleurer dans la vaste chambre conjugale, le silence assourdissant. Pourquoi moi ? Qu'avais-je fait pour mériter ça ? Est-ce que j'étais si peu désirable ?

Au petit matin, le soleil commençait à percer les rideaux. Mes yeux étaient gonflés. J'ai attrapé mon téléphone et tapé "mariage sans sexe" dans la barre de recherche. Les articles défilaient, parlant de problèmes médicaux, de manque d'attirance. J'ai vu un forum. Des femmes parlaient de maris qui préféraient des photos à leur épouse. Mon estomac s'est noué.

Raphaël n'était pas dans la chambre. Son côté du lit était impeccable, comme s'il n'avait jamais été touché. J'ai entendu de faibles bruits venant de son bureau, des murmures étouffés. La curiosité, une bête que je n'avais jamais su dompter, m'a poussée hors du lit.

Je me suis rapprochée, les pas silencieux sur le tapis épais. La porte de son bureau était à nouveau entrouverte. J'ai jeté un coup d'œil. Il était là, devant son écran, son corps tendu. Sa main caressait l'écran. Mon regard a suivi le mouvement.

C'était une photo. Cynthia Guillet. Ma sœur, enfin, celle que j'avais toujours crue ma sœur. Elle était là, souriante, parfaite, sur Instagram. Et Raphaël... il se touchait, les yeux fixés sur elle.

Un murmure s'est échappé de ses lèvres. "Cynthia..."

Mon monde s'est effondré. Ce n'était pas moi qu'il détestait. C'était moi qu'il ne pouvait pas toucher. Parce qu'il en aimait une autre.

J'ai reculé, le souffle coupé, une nausée montante. Mon pied a heurté un vase. Le bruit a été faible, mais il a suffi. Raphaël a tourné la tête, les yeux écarquillés. Notre regard s'est croisé.

La honte. La douleur. La rage. Tout s'est mélangé dans une explosion silencieuse. Il a détourné le regard, sa main se retirant de l'écran comme si elle avait été brûlée.

J'ai fui, mon cœur battant à tout rompre. Je me suis enfermée dans la salle de bain, le corps tremblant. J'avais besoin de preuves. Je devais savoir. Mon esprit était un tourbillon. Je ne pouvais pas le laisser s'en tirer comme ça.

Après quelques minutes, j'ai osé retourner dans son bureau. Il n'était plus là. L'ordinateur était resté ouvert. Je savais que je n'aurais pas dû, mais mes doigts ont volé vers la souris. Ses messages. Un groupe de discussion avec ses amis.

"- Et Sophie ? Toujours pas de bébé Martineau ?"

"- Bientôt. Ma mère me met la pression. On va faire une FIV. Pas besoin de toucher cette femme. Je veux rester pur pour ma Cynthia."

"- Une fois le bébé là, tu la jettes ?"

"- Bien sûr. Et j'épouserai Cynthia. Elle a toujours été la seule."

Mes mains tremblaient si fort que j'ai dû m'accrocher au bureau. Le sang s'est retiré de mon visage. C'était une blague, n'est-ce pas ? Un cauchemar. Mais les mots étaient là, noirs sur blanc.

J'ai entendu ses pas. J'ai fermé la fenêtre du chat avec un clic rapide, mais pas assez. Raphaël est apparu, son visage dur. Il avait vu. Ou du moins, il savait que j'avais vu.

"Sophie," a-t-il dit, sa voix basse, menaçante. "Qu'est-ce que tu as vu ?"

"Tout," ai-je répondu, ma voix étranglée. "Je sais tout. Tu m'as épousée pour me jeter ensuite. Tu as toujours voulu Cynthia."

Il n'a pas nié. Il n'a même pas cligné des yeux. "Et alors ? C'était un arrangement. Un devoir. Tu es une Guillet, tu devais comprendre ça."

J'étais une Guillet. Dans mon cœur, j'avais toujours cru que j'étais une Guillet. Une enfant trouvée, une orpheline ramenée dans un foyer qui n'était pas le mien. Mes parents biologiques m'avaient abandonnée quand j'étais enfant. La famille Guillet m'avait recueillie, par pitié. Puis la famille Bousquet m'avait adoptée, me donnant un nom, une fortune. Mais je m'étais toujours accrochée à ce lien avec les Guillet.

Raphaël m'avait courtisée avec une intensité qui m'avait troublée. Des fleurs, des dîners. Il avait dit qu'il avait été attiré par ma gentillesse, ma discrétion. Il avait même raconté comment, lors d'un accident de ski en montagne, j'avais été la seule à l'aider, à le traîner à travers la neige, blessée moi-même. Il avait cru que c'était Cynthia, mais il avait décrit des cicatrices sur mon épaule qui correspondaient aux miennes. Ces trois marques profondes, souvenirs de branches d'arbres. J'avais gardé le silence, le laissant croire ce qu'il voulait. J'aimais son attention. J'avais soif de son amour.

Quand il m'avait demandé ma main, je m'étais sentie la femme la plus chanceuse du monde. J'avais cru à son amour, à notre histoire. J'avais cru que c'était ma chance d'avoir une vraie famille, un foyer.

Mais après le mariage, il avait changé. Du jour au lendemain, il était devenu distant. Froid. Ses excuses pour éviter l'intimité étaient devenues mon quotidien. Je pensais qu'il était stressé par la gestion de l'entreprise familiale. Je pensais qu'il avait juste besoin de temps. Je pensais que mon amour finirait par atteindre son cœur.

Maintenant, je savais. Je savais pourquoi il n'avait jamais voulu me toucher. Je savais pourquoi il me regardait avec tant de dégoût. Ce n'était pas de l'amour. C'était un plan. Pour un héritier, puis la porte.

Les mots tournaient dans ma tête. "Sale. Écœurante. Outil." J'étais une usine à bébés, un moyen pour lui d'avoir ce qu'il voulait. Mon corps n'était qu'un récipient.

La rage s'est transformée en une détermination froide. Mon téléphone a vibré. Un message simple, trois mots. 'Ma chérie, ça va ?' C'était Églantine, ma mère adoptive. Elle était toujours là. Toujours.

J'ai levé les yeux vers Raphaël. Son visage était toujours aussi dur, mais une lueur d'inquiétude, ou de dégoût, brillait dans ses yeux. Il m'avait sous-estimée. Il avait sous-estimé ma douleur. Il avait sous-estimé ma patience.

"Non," ai-je dit, ma voix calme, posée. Il a tressailli. "Cynthia ne sera jamais ta femme. Et tu n'auras jamais mon enfant."

Il m'a regardée avec incrédulité. La lumière dans ses yeux s'est éteinte, remplacée par une fureur glacée. Il a ouvert la bouche pour protester.

Mais je n'ai pas attendu. J'ai pris une décision. La seule qui me restait. J'ai sorti mon téléphone et j'ai composé le numéro d'Églantine. En la regardant droit dans les yeux, j'ai dit : "Maman, je rentre à la maison. Maintenant."

La voix d'Églantine, forte et protectrice, a traversé le téléphone. 'Quoi qu'il arrive, ma chérie. Je suis là. Mon jet t'attend.'

Raphaël a blêmi. Il a reculé d'un pas. Il ne savait pas qui j'étais vraiment. Mais il allait le découvrir.

Chapitre 2

Sophie POV:

Le matin, le réveil implacable de la sonnerie de mon téléphone m'a tirée d'un sommeil agité. Je me suis étirée, les muscles endoloris par la nuit passée à pleurer et à prendre des décisions radicales. C'était un numéro inconnu. J'ai hésité, puis j'ai décroché. Une voix de femme, stridente et autoritaire.

"Sophie ! C'est la mère de Raphaël. Pourquoi n'as-tu pas encore appelé le docteur Duval ? Nous avons un rendez-vous à ne pas manquer pour la FIV !"

Mes yeux se sont fermés. La FIV. J'avais presque oublié. J'ai rapidement mis fin à l'appel, mon cœur battant la chamade. Je savais que ma décision était prise, mais entendre ce rappel me renvoyait à la réalité cruelle.

À peine avais-je raccroché que Raphaël a fait irruption dans la chambre. Son visage était fermé, ses yeux noirs de fureur. Il tenait son propre téléphone, l'écran affichant l'appel manqué de sa mère.

"Qu'est-ce que tu as dit à ma mère ?" Sa voix était un sifflement. "Elle m'a appelé, furieuse. Elle dit que tu lui as raccroché au nez."

"Je ne lui ai rien dit," ai-je répondu, tentant de garder mon calme. "Elle m'a parlé de la FIV. J'ai mis fin à l'appel."

Il a fait un pas vers moi, menaçant. "Tu essayes de me saboter ? De me faire honte devant ma famille ?"

"Je n'ai rien fait," ai-ai-je insisté, reculant.

Il a tendu le bras, son index pointu vers moi. "Je te connais, Sophie. Tu es maligne. Tu penses que si tu fais la difficile, je vais te supplier ?"

Il a balayé mon corps du regard, de mes cheveux ébouriffés à ma nuisette froissée. "Tu as l'air pitoyable. Toujours à essayer d'attirer l'attention. Tu penses que cette tenue te rend désirable ?"

Mes joues ont brûlé. Je me sentais nue sous son regard froid. Je me suis enveloppée de mes bras.

Raphaël a secoué la tête, un rictus de dégoût sur les lèvres. Il m'a poussée avec une force brutale. Je suis tombée en arrière.

"Ne t'inquiète pas, j'ai tout arrangé," a-t-il déclaré, sa voix redevenue calme, mais d'une calme terrifiant. "Tu viens avec moi. Maintenant."

Mon cœur s'est emballé. "Où ça ? Qu'est-ce que tu as arrangé ?"

Il m'a ignorée, se dirigeant vers la porte. "Habille-toi. Nous partons dans une demi-heure."

J'ai couru après lui, la panique montant. "Raphaël, dis-moi ce qui se passe !"

Il m'a jetée un regard par-dessus son épaule. "Nous allons chez le médecin. Pour la FIV. Qu'est-ce que tu crois ?"

Les mots m'ont frappée comme une onde de choc. Je ne pouvais pas y croire. Après tout ce que j'avais vu, il s'attendait toujours à ce que je le suive ? Il m'a tirée par le bras, m'entraînant hors de la chambre.

"Raphaël, non ! Je ne veux pas y aller !"

Il a serré ma prise. "Tu n'as pas le choix. Tu vas me donner un héritier."

La voiture de luxe nous attendait. Il m'a poussée sans ménagement sur le siège passager, puis a claqué la porte. Le trajet s'est fait dans un silence pesant. Mes mains et mes pieds étaient froids, mon estomac noué. L'angoisse m'étouffait. Où allions-nous ?

Finalement, la voiture s'est arrêtée devant un bâtiment en verre et en acier. Une clinique privée, chic et discrète. Le mot "Fertilité" était gravé sur une plaque en laiton.

"Qu'est-ce que c'est, Raphaël ?" Ma voix était à peine un murmure.

"La solution," a-t-il dit, son regard vide. Il m'a tirée hors de la voiture, sa main serrant mon bras. "Ce n'est pas compliqué, Sophie. Tu vas faire ce que tu dois faire."

Devant l'entrée, j'ai essayé de me libérer. "Je ne comprends pas ! Pourquoi tout ça ? Pourquoi ne veux-tu pas me toucher, mais tu veux mon enfant ?!"

Il m'a regardée avec un dégoût si profond que j'ai senti mon âme se briser. "Parce que je ne veux pas que tes gènes me salissent, mais nous avons besoin d'un héritier. C'est simple."

Les mots m'ont poignardée. Mon souffle s'est coupé. Je me suis sentie étouffer, le cœur serré dans une étreinte glaciale. Mon corps a vacillé.

"Mais... pourquoi ?" Les larmes ont commencé à couler sur mes joues. "Pourquoi suis-je si horrible pour toi ?"

Il a secoué la tête, impatient. "Assez. Ne fais pas ta scène. Nous avons un rendez-vous."

Il m'a poussée vers l'intérieur, me livrant aux mains de l'infirmière à l'accueil.

"Mme Martineau, nous vous attendions," a-t-elle dit avec un sourire professionnel, ignorant mon visage ravagé.

"Préparez-la," a dit Raphaël d'une voix sèche. "Je reviens plus tard."

Il a tourné les talons et est parti. Sans un regard en arrière. J'étais seule, livrée à mon destin, dans cet endroit froid et impersonnel. J'ai senti mes genoux fléchir. Il ne m'avait même pas accompagnée. Je n'étais qu'un objet, un moyen. Sans valeur.

Chapitre 3

Sophie POV:

Raphaël ne m'a pas donné d'explications. Il m'a simplement traînée hors du bureau sans un mot de plus, une poigne de fer sur mon bras. Je n'avais pas le choix. Mon corps était lourd, mon esprit engourdi par la violence de ses mots.

Nous sommes arrivés à la clinique. C'était un lieu stérile, rempli de lumières froides et d'odeurs d'antiseptique. L'équipe médicale nous attendait, souriante et professionnelle, comme si ce n'était qu'une journée ordinaire.

"Bonjour, Madame Martineau," a dit une infirmière avec une politesse forcée. Elle m'a fait signe de la suivre. "Nous allons commencer les préparatifs pour votre procédure. Vous pourriez ressentir une légère gêne, mais nous serons là pour vous accompagner."

J'étais figée, en état de choc. Je me suis tournée vers Raphaël, qui restait étrangement silencieux. "Raphaël... qu'est-ce qu'ils vont me faire ?" Ma voix était un filet.

Il a soupiré, impatient. "La FIV, Sophie ! La fécondation in vitro. Quoi d'autre ? Tu veux que je te touche pour avoir un enfant ? C'est ça que tu veux ?"

Son ton était acéré, rempli de mépris. Mon visage est devenu livide. La non-personnalisation de la procédure était une chose, mais l'entendre de sa bouche, comme une insulte, était insupportable. Lui, qui ne voulait pas de moi, voulait malgré tout une partie de moi. C'était une torture.

J'ai senti une pointe de colère monter. "Et pourquoi ne pas simplement divorcer ? Nous n'avons pas besoin de faire ça !"

Raphaël a froncé les sourcils. Il m'a regardée, une lueur de confusion dans ses yeux. Il semblait ne pas comprendre ma réaction. Après tout, j'avais toujours voulu des enfants. Je lui en avais parlé, avec des étoiles dans les yeux.

Mais maintenant, mon envie était morte. Mon utérus n'était qu'une écurie pour un cheval qu'il ne monterait jamais. La honte m'a submergée.

"Parce que ma mère veut un héritier," a-t-il dit, sa voix dure. "Le nom Martineau doit continuer. Et tes gènes sont assez bons pour ça. Mais pas assez pour me toucher."

Mes larmes ont coulé, silencieuses. Je me suis sentie vide. Totalement vidée. J'étais moins qu'un objet. J'étais une usine. Une chose.

"Et ma valeur ?" ai-je demandé, ma voix tremblante. "Je ne vaux rien de plus qu'un utérus pour toi ?"

Il a haussé les épaules. "Ne sois pas dramatique, Sophie. C'est la vie. Nous faisons ce qui est nécessaire."

"Et si je refuse ?" J'ai levé la tête, mes yeux brûlant de rage froide. "Et si je te dis non ?"

Raphaël a ri. Un rire sec, sans joie. "Tu refuserais ? Tu penses que tu as le choix ?"

Il a attrapé mon bras avec force. "Sophie, ne me force pas à te faire du mal. Tu vas faire cette FIV. Tu vas me donner un enfant. Et ensuite, on verra."

Je me suis débattue, mais il était trop fort. Il m'a poussée vers l'infirmière. "Faites votre travail."

Les infirmières m'ont emmenée de force, leurs visages masqués par un professionnalisme froid. J'ai hurlé. J'ai pleuré. Mais mes forces m'ont abandonnées. La douleur physique des aiguilles. La douleur émotionnelle de cette agression. Tout s'est mélangé. Je me suis évanouie.

Quand je me suis réveillée, la pièce était blanche. Une chambre d'hôpital. Une infirmière souriante était à mon chevet. Mon corps me faisait mal. Mon ventre était lourd.

"Madame Martineau, vous êtes réveillée," a-t-elle dit d'une voix douce. "La procédure s'est bien déroulée. Reposez-vous."

Mon premier réflexe a été de chercher Raphaël. "Raphaël... Il est là ?"

L'infirmière a baissé les yeux, gênée. "Monsieur Martineau... est parti. Il a dû accompagner Mademoiselle Guillet à l'hôpital. Elle s'est légèrement blessée au genou en faisant du shopping."

Mon cœur s'est brisé. Encore. Il était parti. Avec elle. Pendant que j'étais là, à moitié consciente, à faire ce qu'il exigeait.

Une nausée intense m'a envahie. Je me suis sentie sale. Souillée.

L'infirmière est revenue, tenant une petite boîte en verre. "Voici les embryons, Madame Martineau. Ils sont magnifiques. Nous les transférerons demain."

J'ai regardé la boîte. À l'intérieur, de minuscules points flottaient dans un liquide. Mes embryons. Ses embryons. Le fruit d'une union forcée, d'une humiliation.

Mon estomac s'est retourné. L'image de Raphaël, les yeux fixés sur Cynthia, est apparue dans mon esprit. Il n'avait jamais voulu me toucher. Mais il voulait ça. Il voulait ça de moi.

La rage que j'avais réprimée a explosé. Mes mains se sont tendues. J'ai attrapé la boîte.

"Madame Martineau, non !" a crié l'infirmière.

Mais il était trop tard. Mes doigts se sont refermés sur le verre. J'ai levé le bras. Et j'ai écrasé la boîte contre le mur.

Le son du verre brisé a retenti dans la pièce, suivi du silence. Les embryons, mes embryons, étaient réduits en miettes, un résidu sanglant sur le carrelage blanc.

"Je ne te dois plus rien."

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