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L'Écho du Second Rôle

L'Écho du Second Rôle

Auteur:: Seraphina Vale
Genre: Sci-Fi
Le froid mordant était la dernière chose que j'ai sentie, ma vie défilant devant mes yeux, une succession de tableaux sombres où Sophie, mon amour d'enfance, était toujours au centre, tandis que je n\'étais qu\'une note de bas de page tragique dans sa romance avec Marc. Soudain, une douleur électrique transperça mon crâne, suivie d\'une voix mécanique : « Erreur système détectée. Le destin du personnage secondaire "Pierre Dubois" s\'écarte de l\'intrigue principale. Activation du protocole de renaissance. Retour de trois ans dans le passé. Correction de la trajectoire en cours. » Je me suis retrouvé dans mon atelier, trois ans plus tôt, le jour même où Sophie devait rompre notre contrat de mécénat. J'ai eu l\'humiliation de ma vie passée, les supplications vaines, la dévotion aveugle balayée par son mépris. Le vide, la faim, l\'abandon – tout était revenu, mais cette fois amplifié par la conscience d\'être un simple "personnage secondaire" dans une histoire cruelle. Pourquoi moi ? Pourquoi avais-je tout sacrifié pour elle ? Étais-je condamné à revivre la même agonie ? Mon téléphone a vibré. « Sophie » s\'affichait. Au lieu de répondre, j\'ai décroché, d\'une voix étonnamment ferme : « Très bien, Sophie. Rompons le contrat. » Ce jour-là, j\'ai décidé que je deviendrais le héros de ma propre histoire, peu importe le prix.

Introduction

Le froid mordant était la dernière chose que j'ai sentie, ma vie défilant devant mes yeux, une succession de tableaux sombres où Sophie, mon amour d'enfance, était toujours au centre, tandis que je n\'étais qu\'une note de bas de page tragique dans sa romance avec Marc.

Soudain, une douleur électrique transperça mon crâne, suivie d\'une voix mécanique : « Erreur système détectée. Le destin du personnage secondaire "Pierre Dubois" s\'écarte de l\'intrigue principale. Activation du protocole de renaissance. Retour de trois ans dans le passé. Correction de la trajectoire en cours. »

Je me suis retrouvé dans mon atelier, trois ans plus tôt, le jour même où Sophie devait rompre notre contrat de mécénat. J'ai eu l\'humiliation de ma vie passée, les supplications vaines, la dévotion aveugle balayée par son mépris.

Le vide, la faim, l\'abandon – tout était revenu, mais cette fois amplifié par la conscience d\'être un simple "personnage secondaire" dans une histoire cruelle. Pourquoi moi ? Pourquoi avais-je tout sacrifié pour elle ? Étais-je condamné à revivre la même agonie ?

Mon téléphone a vibré. « Sophie » s\'affichait. Au lieu de répondre, j\'ai décroché, d\'une voix étonnamment ferme : « Très bien, Sophie. Rompons le contrat. » Ce jour-là, j\'ai décidé que je deviendrais le héros de ma propre histoire, peu importe le prix.

Chapitre 1

Le froid glacial était la dernière chose que Pierre Dubois sentit. Le vent hurlait, la neige s'accumulait sur son corps mince, mais il ne le sentait plus. La faim qui le rongeait depuis des jours avait disparu, remplacée par un vide engourdissant. Ses yeux, autrefois brillants de passion pour son art, fixaient sans voir le ciel nocturne impitoyable.

Sa vie défilait devant lui, une série de tableaux peints avec la douleur et le sacrifice. Et au centre de chaque toile se trouvait Sophie Leclerc. Son amour d'enfance, la femme pour qui il avait tout donné. Il avait abandonné ses propres rêves pour soutenir les siens, il avait enduré l'humiliation et la solitude, tout ça pour un regard, un mot gentil.

Il se souvenait maintenant. Dans cette histoire, il n'était pas le héros. Il était le méchant, le personnage secondaire maudit, destiné à souffrir pour que l'héroïne, Sophie, puisse trouver son véritable amour, Marc Bernard. Son existence entière n'était qu'une note de bas de page tragique dans leur romance prédestinée. Une amère ironie lui tordit les lèvres gelées. Il ferma les yeux, acceptant enfin son destin.

Soudain, une douleur aiguë transperça son crâne. Ce n'était pas la douleur du froid, mais quelque chose de différent, d'électrique.

[Erreur système détectée. Le destin du personnage secondaire "Pierre Dubois" s'écarte de l'intrigue principale.]

Une voix mécanique, sans émotion, résonna directement dans son esprit.

[Activation du protocole de renaissance. Retour de trois ans dans le passé. Correction de la trajectoire en cours.]

Le monde vacilla et se brisa en mille morceaux. Pierre sentit son corps être tiré en arrière à travers le temps, un voyage vertigineux et désorientant. Quand il reprit conscience, il haletait lourdement. L'odeur familière de térébenthine et de peinture à l'huile emplit ses narines. Il était dans son atelier. La lumière du soleil filtrait à travers la grande fenêtre, illuminant la poussière qui dansait dans l'air.

Il regarda ses mains. Elles n'étaient pas bleues de froid, mais maculées de peinture. Il jeta un coup d'œil au calendrier sur le mur. La date était écrite en grosses lettres : 15 mai. Trois ans plus tôt. C'était le jour. Le jour où tout avait basculé.

Son téléphone se mit à vibrer sur la table basse. Le nom "Sophie" s'afficha sur l'écran. Dans sa vie passée, il s'était précipité pour répondre, le cœur battant d'espoir et d'anxiété. Cette fois, il laissa le téléphone sonner, le son strident brisant le silence de l'atelier.

Il se leva, les jambes encore tremblantes, et décrocha. La voix de Sophie, froide et distante comme dans son souvenir, arriva à son oreille.

"Pierre, il faut qu'on parle. Je veux rompre notre contrat de mécénat."

Dans sa vie précédente, il l'avait suppliée, avait demandé pourquoi, avait promis de travailler plus dur. Il s'était humilié.

Cette fois, un calme étrange l'envahit. Il avait déjà vécu le pire. Il n'y avait plus rien à perdre.

"D'accord, Sophie," dit-il, sa propre voix le surprenant par sa fermeté. "Rompons le contrat."

Un long silence s'installa à l'autre bout du fil. Il pouvait presque imaginer son visage, ses sourcils parfaitement dessinés froncés par la confusion.

"C'est tout ?" demanda-t-elle finalement, son ton trahissant son incrédulité. "Tu n'as rien d'autre à dire ?"

"Non. C'est ton argent, ta décision. Je te souhaite bonne chance."

Avant qu'elle ne puisse répondre, il raccrocha. Il posa le téléphone, le cœur battant à tout rompre, non pas de douleur, mais d'une nouvelle et terrifiante liberté.

Sans perdre une seconde, il composa un autre numéro. La voix chaleureuse de sa mère répondit à la troisième sonnerie.

"Maman," dit-il, sa voix se brisant légèrement. "Écoute-moi attentivement. Je veux que vous vendiez la maison. Toi et Papa. Et que vous quittiez la ville. Je vais vous envoyer de l'argent. Assez pour que vous puissiez vivre confortablement n'importe où."

"Pierre, mon chéri, qu'est-ce qui se passe ? Tu nous fais peur," dit sa mère, l'inquiétude perçant dans sa voix.

"Faites-moi confiance, maman. S'il vous plaît. Faites-le. C'est la chose la plus importante que je vous ai jamais demandée."

Il y eut un moment d'hésitation, puis elle accepta, sa confiance en son fils l'emportant sur sa confusion. Après avoir raccroché, Pierre sentit un poids énorme quitter ses épaules. Il avait mis sa seule véritable ancre à l'abri.

Une heure plus tard, des coups violents retentirent à la porte de son atelier. Il n'eut pas besoin de demander qui c'était. Il ouvrit la porte pour trouver Sophie, son visage une parfaite image de fureur contenue.

"Qu'est-ce que c'est que ce jeu, Pierre ?" siffla-t-elle. "Tu crois que tu peux te débarrasser de moi comme ça ?"

Elle ne lui laissa pas le temps de répondre. Elle l'attrapa par le bras, sa poigne étonnamment forte. "Tu viens avec moi."

Elle le traîna littéralement hors de l'atelier et le poussa dans sa voiture de luxe. Elle conduisit avec une vitesse imprudente, ses jointures blanches sur le volant. Ils s'arrêtèrent devant le grand hôpital du centre-ville.

"Descends," ordonna-t-elle.

Confus, Pierre la suivit à l'intérieur. Elle le mena directement à une chambre privée au dernier étage. À travers la vitre, il vit un jeune homme allongé sur le lit, le visage pâle, une perfusion attachée à son bras. C'était Marc Bernard.

"Il s'est effondré à cause du stress," dit Sophie, sa voix soudainement remplie d'une tendresse angoissée qui n'était jamais pour lui. "Le stress que tu lui as causé avec tes crises de jalousie."

Pierre ne dit rien. Il se souvenait de cette scène. Dans sa vie précédente, il avait été consumé par une jalousie rageuse. Maintenant, il ne ressentait qu'un vide froid.

"Tu vas rester ici," dit Sophie, le ton redevenant glacial. "Tu vas attendre qu'il se réveille, et tu vas t'excuser. Tu ne bouges pas d'ici tant que je ne te l'ai pas dit."

Elle entra dans la chambre, laissant Pierre seul dans le couloir. Il s'adossa au mur, se sentant comme un prisonnier. Deux infirmières passèrent devant lui en chuchotant.

"Regarde, c'est le petit ami de Mademoiselle Leclerc," dit l'une. "Il est si beau, mais il a l'air si fragile."

"Non, tu te trompes," corrigea l'autre. "Ça, c'est Marc Bernard. Le garçon là-bas, c'est juste le peintre qu'elle sponsorise. Un fardeau, apparemment."

Les mots, entendus par hasard, confirmèrent ce que la voix mécanique lui avait dit. Un fardeau. Un personnage secondaire. Il ferma les yeux, un sourire amer et résigné sur les lèvres. Très bien. S'il était un personnage secondaire, alors il allait commencer à vivre en dehors des pages de leur histoire.

Chapitre 2

La fête de charité battait son plein, mais Pierre était coincé dans le couloir stérile de l'hôpital. Sophie lui avait ordonné de ne pas bouger, et il obéissait, non par soumission, mais par une sorte de curiosité morbide. Il voulait voir jusqu'où irait cette farce.

Après une heure, une douleur sourde commença à pulser dans son ventre. C'était son vieil ulcère, qui se manifestait toujours en période de stress intense. La douleur s'intensifia rapidement, devenant une crampe aiguë qui le plia en deux.

Il vit un des gardes du corps de Sophie posté au bout du couloir. S'appuyant au mur, il s'approcha lentement.

"S'il vous plaît," haleta-t-il, la sueur perlant sur son front. "J'ai besoin de voir un médecin. Je ne me sens pas bien."

Le garde du corps le regarda avec un mépris à peine voilé. "Mademoiselle Leclerc a dit que vous deviez attendre ici. N'essayez pas de causer des problèmes."

"Je ne cause pas de problèmes, je suis malade," insista Pierre, la voix faible.

L'homme se contenta de croiser les bras, lui barrant le passage. "Ce ne sont pas mes ordres."

La douleur devint insupportable. Des taches noires dansèrent devant ses yeux. Il glissa le long du mur et s'effondra sur le sol froid du couloir. La dernière chose qu'il vit avant de perdre connaissance fut la porte de la chambre de Marc, fermée, indifférente. Encore une fois, il était abandonné.

Quand il se réveilla, il était sur un brancard dans un coin du couloir. Personne ne s'occupait de lui. La douleur dans son ventre s'était calmée, laissant place à une sensation de vide et de froid. À travers la porte entrouverte de la chambre de Marc, il entendit des voix. C'était Sophie et Marc.

"Sophie, tu n'aurais pas dû faire ça," disait Marc d'une voix faible mais affectueuse. "Donner ton sang... C'est trop."

"Ce n'est rien," répondit Sophie, sa voix douce et pleine d'une adoration qu'il n'avait jamais entendue. "Tu es anémique. Tu avais besoin d'une transfusion et mon groupe sanguin est compatible. Je ferais n'importe quoi pour toi, Marc."

Pierre sentit son cœur se serrer. Elle lui avait donné son propre sang. Pour un simple caprice, Marc avait obtenu ce que lui, Pierre, n'aurait jamais pu espérer : une preuve d'amour tangible et sacrificielle. Sophie avait dit à tout le monde que Marc s'était effondré à cause d'une simple fatigue, mais la vérité était bien plus dramatique, et elle la cachait pour le protéger.

Il comprit alors. Il comprit la différence écrasante entre être aimé et ne pas l'être. Pour Marc, Sophie déplaçait des montagnes en secret. Pour lui, elle ne pouvait même pas faire venir un médecin quand il s'effondrait à ses pieds.

Plus tard, Marc eut une envie soudaine. "J'aimerais tellement un bol de soupe de nouilles du petit restaurant près de ton ancien appartement," dit-il avec une innocence enfantine.

Ce restaurant était à l'autre bout de la ville et fermait bientôt.

"Ne bouge pas, je reviens tout de suite," dit Sophie sans la moindre hésitation.

Elle sortit de la chambre, passant devant Pierre sans même lui jeter un regard, comme s'il n'était qu'un meuble dans le couloir. Elle partit, la magnat de l'art, la femme d'affaires impitoyable, pour traverser la ville en pleine nuit afin de satisfaire le caprice de son amant.

Pierre se redressa péniblement. Il n'y avait plus de douleur, seulement une clarté glaciale.

Quand Sophie revint une heure plus tard, un thermos à la main, elle s'arrêta devant lui.

"Tu es toujours là," constata-t-elle, son ton plat. "Écoute, Pierre. Je suis sérieuse. C'est fini entre nous. Je ne veux plus jamais te voir près de Marc, ni près de moi. Prends l'argent que je te dois et disparais de ma vie."

Pierre la regarda dans les yeux. Pour la première fois, il ne vit pas la femme qu'il aimait, mais une étrangère. Une étrangère qui ne lui apporterait que de la souffrance.

Il hocha lentement la tête.

"D'accord, Sophie," murmura-t-il, plus pour lui-même que pour elle. "Je vais disparaître. C'est promis."

Elle le dévisagea, surprise par son manque de résistance, puis haussa les épaules et entra dans la chambre de Marc, lui apportant sa soupe chaude. Pierre resta seul dans le couloir, une promesse silencieuse scellée dans son cœur brisé.

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