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L'Écho de la Pluie Brisée

L'Écho de la Pluie Brisée

Auteur:: BONNIE
Genre: Romance
C'était notre anniversaire de mariage et une pluie battante s'abattait sur Paris, transformant les rues en miroirs sombres. Je rentrais, les bras chargés de courses, impatiente de préparer une soirée spéciale pour nous deux. Mais en traversant la rue, mon pied a glissé et je suis tombée lourdement. Une douleur aiguë a transpercé mon ventre. Couchée sur le trottoir froid, j'ai appelé Antoine, espérant son aide. Sa voix, lointaine et noyée dans un brouhaha de rires, m'a répondu, agacée : « Lucie, je ne peux pas maintenant, je suis à une soirée importante. Appelle un taxi. » Il a raccroché. À l'hôpital, le verdict est tombé, glaçant : fausse couche. Notre bébé, celui que nous attendions depuis si longtemps, était parti. Pas de réponse à mon message lui annonçant la nouvelle. Puis, sur Instagram, j'ai vu Antoine, bras dessus, bras dessous avec Chloé Martin, mon amie d'enfance, souriants, complices, à ce qui était leur « soirée de lancement » d'une entreprise dont j'ignorais tout. Mon cadeau d'anniversaire, un collier que j'avais aperçu sur Chloé, a fait de ce déchirement une humiliation indicible. Comment avait-il pu être si froid, si indifférent à ma douleur, et me mentir avec une telle aplomb ? Mais quelle genre d'homme se construit-il au détriment de sa femme et de l'enfant qu'ils auraient dû avoir ? Il est temps que ce vaudeville cesse, et que je prenne ma vie en main, loin de cette mascarade.

Introduction

C'était notre anniversaire de mariage et une pluie battante s'abattait sur Paris, transformant les rues en miroirs sombres.

Je rentrais, les bras chargés de courses, impatiente de préparer une soirée spéciale pour nous deux.

Mais en traversant la rue, mon pied a glissé et je suis tombée lourdement.

Une douleur aiguë a transpercé mon ventre.

Couchée sur le trottoir froid, j'ai appelé Antoine, espérant son aide.

Sa voix, lointaine et noyée dans un brouhaha de rires, m'a répondu, agacée : « Lucie, je ne peux pas maintenant, je suis à une soirée importante. Appelle un taxi. »

Il a raccroché.

À l'hôpital, le verdict est tombé, glaçant : fausse couche.

Notre bébé, celui que nous attendions depuis si longtemps, était parti.

Pas de réponse à mon message lui annonçant la nouvelle.

Puis, sur Instagram, j'ai vu Antoine, bras dessus, bras dessous avec Chloé Martin, mon amie d'enfance, souriants, complices, à ce qui était leur « soirée de lancement » d'une entreprise dont j'ignorais tout.

Mon cadeau d'anniversaire, un collier que j'avais aperçu sur Chloé, a fait de ce déchirement une humiliation indicible.

Comment avait-il pu être si froid, si indifférent à ma douleur, et me mentir avec une telle aplomb ?

Mais quelle genre d'homme se construit-il au détriment de sa femme et de l'enfant qu'ils auraient dû avoir ?

Il est temps que ce vaudeville cesse, et que je prenne ma vie en main, loin de cette mascarade.

Chapitre 1

C'était notre anniversaire de mariage. La pluie tombait à verse sur Paris, une pluie violente qui transformait les rues en miroirs sombres. Je tenais un sac de courses dans chaque main, le gâteau préféré d'Antoine calé sous mon bras. J'avais hâte de rentrer, de préparer une soirée spéciale pour nous deux.

En traversant la rue près de chez nous, mon pied a glissé sur une plaque d'égout mouillée. Je suis tombée lourdement. Une douleur aiguë a traversé mon ventre. Les sacs se sont éventrés sur le trottoir, le gâteau s'est écrasé dans une flaque d'eau.

Allongée sur le sol froid et humide, la douleur est devenue insupportable. J'ai attrapé mon téléphone avec des mains tremblantes. J'ai appelé Antoine.

« Allô ? »

Sa voix était lointaine, noyée dans un brouhaha de musique et de rires.

« Antoine, j'ai besoin de toi. Je suis tombée, juste en bas de l'immeuble. J'ai très mal au ventre. Viens me chercher, s'il te plaît. »

Un silence. Puis un soupir agacé.

« Lucie, je ne peux pas maintenant. Je suis à une soirée entre amis, c'est important. Tu ne peux pas te relever seule ? Appelle un taxi. »

« Non, tu ne comprends pas, c'est... c'est grave. J'ai peur. »

« Arrête de faire ton cinéma, Lucie. On se voit tout à l'heure. »

Et il a raccroché.

La pluie continuait de me glacer. La douleur était une lame brûlante. J'ai réussi à appeler une ambulance moi-même, entre deux vagues de souffrance. À l'hôpital, le verdict est tombé, froid et clinique. Fausse couche. Notre bébé, celui que nous attendions depuis si longtemps, était parti.

Les infirmières étaient professionnelles, distantes. Elles faisaient leur travail. Je leur ai demandé mon téléphone. Je devais prévenir Antoine. Peut-être qu'il n'avait pas compris. Peut-être qu'en apprenant la nouvelle, il laisserait tout tomber pour venir. Je lui ai envoyé un message : « J'ai perdu le bébé. Je suis à l'hôpital Saint-Louis. »

Pas de réponse.

Pendant des heures, j'ai fixé le plafond blanc de la chambre d'hôpital, seule. Je me repassais sa voix au téléphone, son indifférence. Je lui trouvais des excuses : il était occupé, il ne voulait pas inquiéter ses amis, il n'avait pas mesuré la gravité de la situation. Mais au fond de moi, une fissure commençait à apparaître.

Par ennui et pour chasser les idées noires, j'ai ouvert Instagram. La première story qui est apparue était celle d'un des amis d'Antoine. Une vidéo. On y voyait un groupe de personnes riant aux éclats dans un bar chic. Et au centre de l'image, il y avait Antoine. Il avait un bras passé autour des épaules d'une femme. Il penchait la tête vers elle, lui murmurant quelque chose à l'oreille. Elle riait, la tête renversée en arrière, sa main posée familièrement sur sa poitrine.

Cette femme, c'était Chloé Martin. L'amie d'enfance d'Antoine. Mon amie.

Mon pouce a gelé sur l'écran. La douleur dans mon ventre n'était plus rien comparée à celle qui venait de me saisir le cœur. Ce n'était pas une simple « soirée entre amis ». C'était une célébration, et j'en étais exclue. La photo suivante était un selfie de groupe. Chloé était blottie contre Antoine, son sourire éclatant. La légende disait : « Soirée de lancement réussie ! Tellement fiers de toi, Antoine ! »

Lancement ? De quoi ? Je n'étais au courant de rien.

Plus tard dans la nuit, Antoine a fini par appeler. Sa voix était pâteuse, trahissant l'alcool.

« Alors, ça va mieux ? Tu es rentrée ? »

Ma propre voix était un souffle glacé.

« Je suis à l'hôpital. Je te l'ai dit. »

« Ah oui, c'est vrai. Bon, les médecins ont dit quoi ? Ce n'est rien de grave, j'espère. Je suis épuisé, la soirée a été un marathon. »

« J'ai fait une fausse couche, Antoine. »

Un long silence a pesé à l'autre bout du fil. Puis, il a dit d'un ton plat :

« Oh. Merde. Écoute, je suis désolé. Vraiment. J'arrive dès que je peux. »

Il n'est pas venu cette nuit-là.

Le lendemain matin, quand il est enfin apparu dans la chambre, il avait les traits tirés et les yeux cernés. Il sentait encore l'alcool et le parfum de Chloé, un parfum que je connaissais trop bien. Il a posé un bouquet de fleurs sans âme sur la table de chevet.

« Je suis vraiment désolé, Lucie. Hier soir, c'était compliqué. On fêtait le lancement de la boîte. »

« Quelle boîte ? » ai-je demandé, ma voix vide de toute émotion.

Il a eu un mouvement de recul, mal à l'aise.

« Oh, juste un petit projet avec des amis. Je ne voulais pas t'embêter avec ça, tu étais déjà tellement fatiguée avec la grossesse. »

Le mensonge était si flagrant, si insultant. Chloé était au courant. Ses amis étaient au courant. Tout le monde était au courant, sauf moi, sa femme, la mère de l'enfant qu'il venait de perdre.

Chloé et Antoine avaient grandi ensemble. Madame Leclerc, la mère d'Antoine, n'avait jamais caché sa préférence pour elle. Elle la considérait comme la belle-fille idéale, une fille de bonne famille, contrairement à moi, une simple architecte issue d'une famille modeste.

Pour Antoine et son cercle d'amis, j'étais la pièce rapportée, la femme un peu naïve et trop sérieuse qui avait réussi à lui mettre le grappin dessus. Ils me toléraient, mais je sentais leur mépris poli à chaque dîner, à chaque réunion de famille. Antoine, lâche, ne m'a jamais défendue. Il préférait la paix sociale, sa popularité auprès de ses amis, à mon bien-être.

Il s'est assis sur le bord du lit, a tenté de me prendre la main. Je l'ai retirée.

« Chloé était là, hier soir ? »

Il a hésité une seconde de trop.

« Oui, elle fait partie du projet. Tu sais bien qu'elle est comme ma sœur. »

« Ta sœur ne te regarde pas comme ça, » ai-je lâché, la voix tremblante de rage contenue.

Il a soupiré, se passant une main sur le visage.

« Lucie, ne commence pas. Je suis fatigué. Tu es fatiguée. On n'a pas besoin d'une dispute maintenant. »

Il ne comprenait pas. Ou il ne voulait pas comprendre. Notre enfant était mort. Notre mariage était en train de mourir. Et tout ce qui l'inquiétait, c'était d'éviter une dispute.

Il est reparti peu de temps après, prétextant une réunion importante pour sa nouvelle entreprise. Je suis restée seule, avec le bouquet de fleurs qui embaumait la pièce d'une odeur écœurante de mensonge. J'ai regardé par la fenêtre. Paris était grise, indifférente. Comme mon mari.

Chapitre 2

Les jours qui ont suivi ma sortie de l'hôpital étaient flous, cotonneux. Antoine faisait des efforts maladroits, me ramenant mes plats préférés, me demandant si j'avais besoin de quelque chose, mais son esprit était toujours ailleurs. Son téléphone vibrait sans cesse. Des messages de « l'équipe ». Des messages de Chloé.

Je ne disais rien. Je me suis réfugiée dans le travail. Mon bureau d'architecture est devenu mon sanctuaire. Les lignes droites, les plans précis, la logique implacable du béton et de l'acier me calmaient. C'était un monde où les choses avaient un sens, où l'effort était récompensé.

J'ai recommencé à travailler sur un projet que j'avais mis de côté, un concours pour un nouveau centre culturel à Montréal. Je me suis plongée dedans avec une énergie féroce, y passant mes journées et une partie de mes nuits. C'était le seul moyen de ne pas sombrer.

Un après-midi, mon manager, Monsieur Bernard, est entré dans mon bureau. C'est un homme d'une cinquantaine d'années, juste et respecté.

« Dubois, je peux vous déranger une minute ? »

J'ai levé les yeux de mes plans.

« Bien sûr, Monsieur Bernard. »

Il a regardé les esquisses étalées sur ma table.

« Le projet pour Montréal. Vous y mettez du cœur, ça se voit. C'est excellent. »

« Merci. »

« Écoutez, Lucie. Je sais que vous traversez une période difficile. Je ne vais pas vous demander de détails, ça ne me regarde pas. Mais je vois aussi que vous avez un talent immense. L'un de nos partenaires à Montréal a vu vos premières propositions. Ils sont très impressionnés. »

Il a marqué une pause, me regardant droit dans les yeux.

« Ils cherchent un chef de projet pour superviser le chantier sur place. Le poste est à vous si vous le voulez. C'est une opportunité exceptionnelle. Une chance de vous faire un nom. »

Montréal. L'idée a germé dans mon esprit comme une graine inattendue. Partir. Loin d'Antoine, de Chloé, de Madame Leclerc, de ce Paris qui m'étouffait. C'était une porte de sortie, une bouffée d'air frais.

« J'y réfléchirai, » ai-je répondu, la voix plus assurée que je ne m'y attendais.

« Prenez votre temps. Mais pas trop, » a-t-il dit avec un sourire compréhensif avant de me laisser seule.

Mon téléphone a sonné. C'était Antoine. J'ai hésité, puis j'ai décroché.

« Allô ? »

« Lucie, tu n'es pas encore rentrée ? Il est tard. Tu as mangé au moins ? »

Sa voix était celle d'un mari attentif, mais je n'entendais plus que le contrôle, l'habitude. Il ne s'inquiétait pas pour moi, il s'inquiétait parce que sa routine était perturbée.

« Je suis encore au bureau. Je mangerai plus tard. »

« Tu travailles trop. Tu devrais te reposer. Chloé disait justement tout à l'heure que tu devrais prendre soin de toi. »

Chloé. Elle était partout. Dans ses conversations, dans ses pensées. Elle donnait son avis sur ma santé, sur ma vie. La colère a commencé à monter, froide et lente.

« C'est gentil de sa part, » ai-je répondu d'un ton neutre.

« Au fait, j'ai récupéré ton collier. Celui que je t'avais commandé pour notre anniversaire. Il est magnifique. Tu vas l'adorer. »

Le collier. Sur la photo Instagram, Chloé en portait un qui ressemblait étrangement à la description qu'il m'en avait faite des semaines plus tôt. Un pendentif délicat, une pierre bleue. Mon cadeau d'anniversaire.

« Ah oui ? C'est bien. »

Mon cœur était un bloc de glace. Je savais qu'il mentait. Ce collier, il ne l'avait pas « récupéré ». Il l'avait probablement racheté en urgence après l'avoir offert à Chloé. Ou peut-être l'avait-il repris à sa maîtresse pour me le donner, à moi, sa femme. L'idée était grotesque, humiliante.

« Tu n'as pas l'air très enthousiaste, » a-t-il remarqué, une pointe d'agacement dans la voix.

« Je suis juste concentrée sur mon travail, Antoine. C'est un projet important. »

« Plus important que nous ? »

J'ai failli rire. Quel « nous » ? Le « nous » qu'il formait avec Chloé et ses amis ? Le « nous » où j'étais la dernière au courant de tout, la dernière à qui l'on pensait ?

« Je dois te laisser, mon manager m'attend. On se voit ce soir. »

J'ai raccroché avant qu'il ne puisse répondre. J'ai regardé par la fenêtre du bureau. La nuit était tombée sur Paris. Les lumières de la ville scintillaient, mais pour la première fois, elles ne me semblaient plus magiques. Elles me semblaient froides, étrangères.

Montréal. L'idée devenait de plus en plus concrète, de plus en plus nécessaire. Ce n'était plus une simple opportunité professionnelle. C'était une question de survie.

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