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Kinnaras

Kinnaras

Auteur:: promotion
Genre: LGBT+
Deux âmes et deux corps qui s'aiment sont condamnés par le dieu de l'amour à se retrouver encore et toujours sous peine d'être séparés à tout jamais... Croyez-vous en l'amour, celui qui ne connaît pas l'impact du temps et des époques, celui qui demeure même après l'éternité ? À PROPOS DE L'AUTEUR Sunako Yamato soigne ses maux et traumatismes au moyen de l'écriture. Kinnaras est une invitation à découvrir son univers littéraire.

Chapitre 1 No.1

Ce livre est un grand aboutissement pour moi. Il est non seulement le fruit de plusieurs heures de réflexion mais il est aussi mon échappatoire durant le premier confinement dû au Covid. Certains ont fait leur pain, moi j'ai écrit mon premier roman.

Je suis plus portée sur les nouvelles, j'aime les changements de rythme, surprendre les gens avec des fins inattendues. J'espère que vous retrouverez ce côté dans mon roman.

Je dédicace ce livre à ma famille qui m'a soutenue pendant l'écriture, les relectures, les mises en forme... mais aussi à tous les fans de BL. C'est un genre encore trop peu connu en France et si je peux aider à le démocratiser alors je fonce !

1

Himavanta

- Où suis-je ?

Le soleil était au zénith et ouvrir les yeux lui était difficile. Petit à petit, il s'habitua à la luminosité et finit par découvrir son environnement.

- Qu'est-ce que je fais là ? se demanda-t-il stupéfait par ce qu'il pouvait voir.

Il était entouré d'une végétation luxuriante mais plus que le simple fait de pouvoir voir des arbres, des plantes ou encore des lianes avec ses yeux, il pouvait ressentir la terre et la vie qui y grouillait.

- Comment est-ce que je peux faire ça ?

Juste en regardant la manière dont volait un oiseau, il pouvait deviner où il se rendait. Il pouvait entendre les fleurs appeler les abeilles pour être butinées mais le plus incroyable : il était comme appelé par quelque chose ou quelqu'un. Il ne savait pas pourquoi mais quelque chose le poussait à aller quelque part... mais OÙ ? Il était effrayé or il n'avait nulle part où aller et pour le moment, être là tout seul était de loin ce qu'il y avait de plus effrayant...

Il décida donc de suivre cette voix ou cet instinct ou quoi que ce puisse être. Il marcha pendant des heures dans cette jungle immense, bougeant délicatement les lianes afin de ne pas les blesser. Que s'était épuisant d'être connecté à toute cette végétation ! Sans parler des créatures qui la peuplaient. Il y avait tellement d'informations à absorber et un besoin permanent de répondre aux différents signaux qu'il ne savait plus où donner de la tête. Heureusement, il y avait aussi de bons côtés, il pouvait sentir le vent sur son corps nu et le soleil était devenu son ami, le réchauffant dès que le besoin s'en faisait ressentir. De plus, les oiseaux ne chantaient que pour lui, c'était comme si la nature elle-même lui souhaitait la bienvenue et le guidait.

Après des heures de marche, il arriva enfin. En tout cas, il n'y avait plus de voix ni d'instinct lui dictant où aller. Par contre, il put entendre clairement des voix... Il s'approcha et derrière un mur de lianes, il vit une foule de personnes lui ressemblant. Il ne les rejoignit pas tout de suite, il voulait les observer et en apprendre plus sur eux avant de s'approcher. Après une étude minutieuse, il put établir qu'il existait deux sortes de personnes. Certaines étaient comme lui en tout point, un petit membre supplémentaire entre les deux longs membres lui servant à marcher. Les autres n'avaient pas ce petit membre mais avaient par contre deux protubérances sur le haut du corps.

Ils semblaient tous se connaître et discutaient paisiblement tout en regardant une motte de terre.

Finalement, il se décida à les rejoindre, il ne se voyait pas repartir d'où il venait... Soudain dans la foule, une voix le fit sursauter :

- Salut, lui dit quelqu'un.

- Salut, répondit-il.

Ille regarda de haut en bas et put voir que cet inconnu était comme lui, ce qui le rassura un peu.

- Est-ce que tu sais ce qu'on fait ici ? demanda-t-il à l'inconnu.

- Pas du tout. Je me suis réveillé au milieu de nulle part et je suis arrivé ici, je ne sais pas trop comment mais ça m'a pris un temps fou !

- Pareil pour moi...

Ilregarda autour de lui.

- De quoi peuvent-ils bien être en train de parler ? Si tout le monde s'est réveillé aujourd'hui comme nous, comment peuvent-ils être si familiers ? demanda-t-il.

- Je ne sais pas, je viens d'arriver mais j'ai entendu dire que quelqu'un devait arriver.

- Quelqu'un arrive... répéta-t-il.

Il était sûr que cela avait un lien avec cette motte de terre que tout le monde regardait constamment, et... il avait raison. Quelques minutes après cette courte discussion, quelqu'un arriva et monta sur la butte afin d'être visible de tous. Il n'avait pas besoin de crier, tout le monde pouvait entendre ce qu'il avait à dire par télépathie.

- Bonjour à tous. Bienvenue à Himavanta, vous êtes ici chez vous.

Il prit un peu de temps pour regarder la foule.

- Je pense que nous sommes tous là, nous pouvons commencer.

Comme tout le monde, il était très attentif à ce que cet homme avait à dire.

- Je sais que vous avez beaucoup de questions en ce moment et je vais essayer de répondre à toutes.

La foule poussa un soupir de soulagement.

- Mon nom est Kâma, Je suis le dieu de l'amour venant en aide aux êtres humains et je suis votre créateur.

Il se demanda ce que pouvait être des humains et encore plus, ce que pouvait être l'amour. Puis, comme si la connexion était à double sens, Kâma répondit :

- Les humains sont des êtres vivants sur Terre, ils sont dotés de raison et de conscience mais ont besoin d'être éclairés sur certains points.

Chaque élément de réponse apportait encore plus de questions mais calmement, il répondit à chaque question les unes après les autres.

- La Terre est une planète du système solaire.

Après un petit moment, il ajouta :

- Ce n'est pas la peine de lever les yeux vers le ciel, vous ne pourrez pas la voir d'ici... Par contre si vous suivez bien mes instructions, vous pourrez vous y rendre.

Kâma regarda à nouveau la foule lisant dans les esprits et choisissant la prochaine question à laquelle il répondrait.

- Oui, j'ai dit que j'étais votre créateur, mais comme les humains vous êtes dotés de raison et de conscience. Nous sommes liés mais vous êtes responsables de ce que vous ressentez et de ce que vous faites.

Il fit une pause et continua.

- Vous êtes des Kinnaras et des Kinnaris, le symbole ultime de l'amour. Comme je vous l'ai dit, les humains ont besoin d'être guidés et je vous ai créés pour les guider dans le domaine de l'amour.

Un brouhaha s'éleva de la foule, ils semblaient tous très excités. Lui, il ne l'était pas du tout, il regarda la seule personne qui lui avait parlé.

- Mais qu'est-ce qu'on fait là ?

Il ne pouvait pas répondre et semblait être très préoccupé.

- Ça, c'est une bonne question : comment pouvez-vous aider les humains au sujet de l'amour si vous ne savez pas ce qu'est l'amour ?

Il regarda cet étranger, peut-être futur ami, et comprit tout de suite que la question venait de lui.

- Afin que vous puissiez être capables de parler d'amour et de transmettre de l'amour, vous avez besoin d'expérimenter ce qu'est l'amour.

Chapitre 2 No.2

La foule commença à crier pour montrer sa joie.

À nouveau, il ne comprit pas du tout la raison de leur empressement.

- Comme je l'ai dit, vous êtes des Kinnaras et des Kinnaris, vous devez trouver votre mari ou votre femme. Un baiser vous permettra de savoir que vous êtes connectés à la bonne personne. Une fois cette bonne personne trouvée, vous serez amoureux pour toujours : d'éternels maris et femmes. Là et seulement à ce moment-là, vous pourrez venir me voir, je vous donnerai un nom et vous enverrai sur terre pour transmettre l'amour aux humains.

- Sommes-nous seulement des jouets à ses yeux ? demanda-t-il.

- Un peu d'attention s'il vous plaît. Vous pouvez utiliser toutes les stratégies que vous souhaitez pour trouver votre mari ou votre femme mais il y a deux règles. Vous pouvez vous embrasser mais il est strictement interdit d'avoir des relations sexuelles de quelque sorte que ce soit.

- Relations sexuelles ? Qu'est-ce que c'est que ça encore ? se demanda-t-il.

- La deuxième règle est : vous n'êtes pas tous voués à être en couple, donc certains d'entre vous vont finir seuls... comme les êtres humains. Si j'ai un conseil à vous donner, ce serait d'essayer de trouver LA personne. Celle qui est vraiment faite pour vous et surtout pas d'embrasser tout le monde pour aller plus vite...

La foule continua de se réjouir.

- Maintenant, je vous laisse découvrir les lois de l'amour et les plaisirs qui en découlent, dit Kâma avant de disparaître.

- Les plaisirs de l'amour, répéta-t-il.

Il ne parvenait pas à comprendre pourquoi tous les autres Kinnaras et Kinnaris étaient si excités. Ils ont été créés pour aider des humains, ce ne sont que des instruments, pire des marionnettes ! Ildécida de ne pas prendre part à cette mascarade et s'éloigna de la foule aussi vite que possible.

- Où vas-tu ? lui demanda son nouvel ami.

- Je retourne dans la jungle, là où je peux ressentir la nature et échapper à ce jeu malsain.

- Je peux venir avec toi ?

Il le regarda surpris :

- Tu ne veux pas trouver ta Kinnari afin d'éclairer les humains et bla bla bla ?

- Je dirais plutôt que je suis paresseux : si je suis couplé, elle va me chercher et finira bien par me trouver et...

- Et quoi ?

- Et si je fais partie des solitaires, pourquoi je devrais utiliser toute mon énergie pour finalement me retrouver tout seul ?

Il se mit à rire en regardant son nouvel ami.

- J'aime ta façon de penser ! Je peux t'appeler Aï ? J'en ai vu quelques-uns sur le chemin et je trouve que ça te va bien !

- Moi aussi j'en ai vu des paresseux, répondit son nouvel ami en souriant et en se frottant l'arrière de la tête un peu gêné de la comparaison.

- Peut-être que l'on pourrait s'asseoir en hauteur et les regarder essayer d'être les bons Kinnaras et Kinnaris qu'ils doivent être ? demanda-t-il.

- Bonne idée, répondit Aï cherchant déjà le meilleur endroit pour s'asseoir.

Bien installés, ils passèrent trois jours à regarder les autres Kinnaras et Kinnaris essayer de s'accoupler. Même s'ils étaient nus, ils n'eurent jamais froid. La nature était là pour leur fournir tout ce dont ils avaient besoin. Ils se servaient des grandes feuilles pour se couvrir et se nourrissaient des fruits et de l'eau à disposition. Ils étaient attentifs et observaient les différentes stratégies déployées : certains Kinnaras embrassaient juste toutes les Kinnaris qu'ils voyaient avant même de leur parler. Ils disaient que c'était pour trouver au plus vite leur moitié si précieuse et ainsi ne pas gaspiller de temps avec la mauvaise personne...

- Comment vont-ils pouvoir savoir ce qu'est l'amour s'ils s'accouplent juste par un baiser ? Ils vont être envoyés sur Terre sans rien savoir l'un de l'autre... s'étonnait-il chaque fois.

- C'est vrai, je ne comprends pas ce jeu.

- Si l'on passe du temps avec quelqu'un que l'on apprécie, avec qui on se sent bien c'est toujours ça de gagné, même si ce n'est pas la bonne, cela fait des souvenirs agréables auxquels repenser, dit-il.

- Vrai, tellement vrai... D'ailleurs, comment peux-tu penser de cette manière ? Je croyais que tu n'étais pas du tout dans ce truc de l'amour ?

- JE NE SUIS PAS ! C'est juste que...

- Que quoi ?

- Ben, regarde-nous, même si une Kinnari arrive et me force à l'embrasser. Quand bien même c'est la bonne et que je suis couplé à elle et qu'on nous envoie sur Terre...

- Est-ce que tu envisages de me laisser ici pendant que tu irais sur Terre ? l'interrompit son nouvel ami plus si amical que ça.

- NON, ce n'est pas ce que j'ai dit... Je dis juste que même si tout ceci devait arriver, mes meilleurs et mes seuls souvenirs d'ici seraient le temps passé avec toi. Toutes les fois où nous avons ri en les regardant ou nous avons été tristes pour ceux qui ont été éconduits. C'est sûr, je n'aurais aucun regret !

Son ami rougit instantanément.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive ?

- Je ne sais pas non plus... Mais je peux te dire que je ne regretterai pas non plus le temps passé avec toi.

Les minutes suivantes furent un peu bizarres pour nos deux nouveaux amis qui n'osaient ni se regarder ni se parler.

- OK... Arrêtons de parler de ça et regardons les derniers couples se former, dit-il à Aï.

Les deux regardèrent alors un couple qui flirtait depuis, semble-t-il, des heures. Le Kinnara avait vraiment tout fait pour plaire à la Kinnari. Son travail avait finalement payé puisque la Kinnari s'approchait pour l'embrasser.

- Regarde-les, un nouveau couple va être envoyé sur Terre.

Cependant après le baiser, la Kinnari dit qu'elle n'avait rien ressenti de spécial et qu'elle avait perdu son temps avec lui. Le visage du Kinnara se décomposa...

- Qu'est-ce qu'il lui arrive ? demanda Aï.

- Je crois que c'était sa dernière chance. Il fait partie de ceux qui resteront seuls...

- Mais regarde-le ! Il a l'air si triste, nous devrions être ceux qui restent seuls, pas lui.

- Quoi ? On ne peut pas faire partie des solitaires. Même si nous ne sommes pas couplés à une Kinnari, nous ne serons pas seuls pour autant ! Je t'ai et tu m'as.

- Tu as raison... Encore une fois... répondit-il en rougissant à nouveau.

Presque tous les couples s'étaient formés et il restait de moins en moins de scènes à regarder pour nos deux Kinnaras qui commençaient à s'ennuyer sous leur arbre.

- Qu'est-ce qu'on va faire quand tous les couples se seront formés ? demanda Aï.

- Je ne sais pas, je n'ai pas réfléchi aussi loin, répondit-il.

À ce moment-là, deux Kinnaris s'approchèrent.

- Salut, dirent-elles en même temps.

Les Kinnaras se regardèrent étonnés avant de porter leur regard à nouveau sur les Kinnaris.

- Bonjour, répondirent-ils mal à l'aise.

Sans surprise, les Kinnaris étaient venues pour s'accoupler. Elles demandèrent si elles pouvaient passer un peu de temps avec eux. Ils semblaient même qu'avant leur arrivée, les Kinnaris s'étaient déjà mises d'accord sur celui avec qui elles comptaient s'accoupler...

Il était complètement perdu, il n'avait aucunement envie d'aller ni avec l'une ni avec l'autre... Mais, ilsavait aussi qu'Aï était effrayé à l'idée de rester seul. Il avait vraiment été affecté par l'histoire de ce Kinnara resté tout seul. Il décida donc d'accepter de passer un peu de temps avec une des Kinnari alors que son ami irait avec l'autre.

Chapitre 3 No.3

Il le savait d'avance, son couple ne marcherait pas mais il l'a suivi. Ils marchèrent longuement parlant de comment elle allait guider la Terre vers l'amour (pas juste les humains...), à quel point elle n'était qu'amour et que tout ce qui lui manquait c'était de trouver son partenaire pour avoir la chance de réaliser son rêve. À cela, ilrépondit qu'il était complètement l'opposé ; que les humains pouvaient bien faire ce qu'ils voulaient, qu'il s'en fichait.

Quelle surprise pour lui, quand après avoir fini sa tirade, la Kinnari si pleine d'amour le gifla lui disant qu'il ne méritait pas d'être un Kinnara et qu'elle espérait de tout cœur qu'il ferait partie des solitaires.

- Et moi donc, fut sa seule réponse.

Furieuse, la Kinnari partit... avant de revenir trente secondes plus tard pour lui voler un baiser. Il n'était pas du tout prêt pour ça, qui aurait pu l'être ? La Kinnara était tellement énervée qu'elle le gifla à nouveau.

- Ce n'est pas ma faute, dit-il.

- Tu es tellement réfractaire que tu as fait en sorte que ça ne marche pas ! cria-t-elle avant de s'en aller pour de bon.

Alors qu'ilétait sur le chemin du retour, il se mit à réfléchir. Était-ce vraiment de sa faute ? La seule chose dont il était sûr était qu'ilne voulait pas être le jouet ou l'outil d'un dieu pour aider des humains...

- J'espère quand même que ça s'est mieux passé pour Aï, dit-il avant d'arriver à leur endroit.

Mais il resta la bouche ouverte quand il arriva sous l'arbre... Il était déjà là... et l'attendait.

- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-il.

- Ben, je t'attends, j'ai bien cru que tu ne reviendrais pas...

- Moi ? C'est moi qui pensais que tu ne reviendrais pas. Que tu trouverais ta paire et que tu irais droit sur Terre.

- Euh, pas vraiment.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- Rien... Elle n'a même pas pu attendre cinq minutes avant de m'embrasser et ce baiser était juste étrange. Je pensais qu'on était là pour apprendre les choses de l'amour mais à part si l'amour est bizarre, je n'ai rien appris... Alors je me dis que c'est sûrement mieux pour moi de rester là.

- Je suis désolé pour toi.

- Tu n'as pas à l'être, et toi c'était comment ?

- Horrible, je suis sûr que tu vas te moquer de moi si je te raconte.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- Elle m'a giflé.

- Quoi ?

- Deux fois...

- QUOI ?

Ils se regardèrent et éclatèrent de rire.

- Est-ce qu'elle t'a fait mal ? demanda Aï en passant délicatement ses doigts sur ses joues.

- Non, c'est juste que je ne m'attendais pas à ce que l'amour soit aussi douloureux...

À nouveau, ils éclatèrent de rire si fort qu'ils finirent dans les bras l'un de l'autre pour ne pas tomber. Une fois l'euphorie passée, ils se retrouvèrent assis par terre et il commença à réfléchir.

- Elle m'a dit que c'était de ma faute si ça n'avait pas marché car je n'y croyais pas. Tu penses que c'est possible ?

- Je ne sais pas, je pense que si vous étiez fait pour être ensemble, vous auriez dû ressentir quelque chose, c'était ça la règle.

- Tu dois avoir raison... Les règles, les règles, les règles... Tu aimes vraiment ça.

- C'est la seule chose sur laquelle tu peux compter, répondit Aï.

- Tu es sûr ?

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Peut être que tu pourrais compter sur qui tu es, ce que tu ressens ou encore ce dont tu as envie ?

Il prit un peu de temps pour réfléchir.

- Ce que je ressens ?

- Oui, qu'est-ce que tu as ressenti quand elle t'a embrassé ?

- Je t'ai déjà dit, c'était juste bizarre.

- Bizarre comment ?

- Bizarre comme si ce n'était pas la personne avec qui je voulais partager ce moment... répondit Aï, en regardant ses pieds.

- C'est sûr, tu ne savais rien d'elle. Qui voudrait échanger sa salive avec un inconnu...

- Tu ne comprends pas.

- Comprendre quoi ? demanda-t-il intrigué.

- Rien, répondit son ami énervé.

Aï se leva et lui tourna le dos, prétextant qu'il voulait retourner sous l'arbre... En fait, il se sentait rougir à nouveau et ne voulait pas le montrer.

Il se leva aussi, courut vers son ami, attrapa son poignet et l'obligea à se retourner pour lui faire face. Il mit une main derrière sa nuque et l'autre sur sa hanche.

- Qu'est-ce que tu fais ? demanda Aï sous le choc.

- Je pense que tu le sais déjà même si tu ne peux pas le dire.

D'un seul geste, il obligea Aï à se rapprocher et le regardant dans les yeux, il approcha ses lèvres. Le cœur d'Aï battait la chamade à un point qu'il n'arrivait plus à se rappeler comment respirer. Il pensait vraiment qu'il allait s'évanouir, mais plus il se rapprochait et plus sa résistance diminuait. Aï était hypnotisé par ses lèvres... Comment leur dire non ?

Il embrassa la lèvre inférieure d'Aï doucement... et instantanément ils se sentirent connectés de la même manière qu'ils étaient reliés à la nature. Ils pouvaient deviner les envies et les désirs l'un de l'autre. Ce doux baiser de présentation ne tarda pas à se transformer en un baiser sulfureux, chacun mordant presque l'autre.

Aucun des deux Kinnaras ne voulait que ce moment s'arrête. C'est pourquoi dès qu'Aï ouvrit la bouche pour gémir, iln'hésita pas et engouffra sa langue à la recherche de son alter ego. Quand illa trouva, ce fut à son tour de gémir. Comment aurait-il pu imaginer expérimenter une sensation aussi forte ? Leurs corps étaient littéralement collés. Leur baiser s'intensifia à nouveau... Une vague de chaleur s'empara alors d'eux... Même nus, ils irradiaient et plus que de la chaleur ; ils étaient tous les deux excités.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda-t-il en regardant leurs mini membres.

- Comment je pourrais le savoir ?

- Tu penses qu'on est une paire ? demanda Aï.

- Tu as encore un doute ? répondit-il.

- Aucun doute, dit Aï en l'embrassant à nouveau.

À nouveau après un baiser passionné, les deux Kinnaras furent excités.

- Je crois que c'est lié aux baisers, dit Aï.

- Peut-être que c'est ce que Kâma a appelé « relation sexuelle », répondit-il.

- Alors c'est interdit.

- Sûrement, mais n'oublie pas que je peux désormais ressentir tes désirs et cette fois, tu n'as pas envie de suivre les règles... répondit-il.

Et il avait tellement raison. Depuis leur premier baiser, Aï n'était plus capable de réfléchir. Il était pris dans un grand tsunami d'émotions et pas que les siennes. Sa paire avait la capacité de savoir exactement quoi faire pour lui faire du bien.

Il l'empoigna pour être à nouveau collé à lui et l'embrassa mais cette fois ce fut un peu plus brutal. Sa langue goûta chaque recoin de la bouche de son ami devenu amant avant de s'entrelacer avec son alter ego. Pendant ce temps, sa main caressait son dos jusqu'au creux de ses reins.

- Humm, gémit Aï.

Ils étaient toujours excités et devinrent durs comme l'acier avec ce dernier baiser. Avec sa main, il prit les deux membres durs et commença à les frotter l'un contre l'autre.

- Humm, gémit Aï encore plus fort.

- Je sens que ça pourrait être encore meilleur...

- Tu veux ma mort !

- Quelle belle manière de mourir...

Il le poussa contre leur arbre, cet arbre qui a vu leur amitié se développer, voyait maintenant leur amour éclore. Appuyé contre l'arbre, Aï le vit se rapprocher encore et encore, ne lui laissant aucune chance de s'échapper... Il prit à nouveau les deux membres dans sa main.

Ils étaient en symbiose et se frottaient l'un à l'autre... Il n'y avait plus qu'eux sur Himavanta.

Rapidement, Aï fut submergé par toutes ces émotions et finit par lâcher sa semence après une longue contraction abdominale. C'était une sensation incroyable et tout ce qu'il désirait c'était faire connaître cette sensation à la personne qui lui faisait face.

Aï prit donc en charge la suite des opérations... Ils échangèrent de place et il le força à s'appuyer contre l'arbre avant de se mettre à genoux. Il prit le mini membre, plus si mini que ça, dans sa bouche. Il était sûr qu'il allait apprécier...

Il ne pouvait pas s'empêcher de gémir, son cœur était au bord de l'arrêt. Il ne lui fallut d'ailleurs pas plus que quelques mouvements de va-et-vient avant que son ventre ne se contracte et qu'il ne lâche sa semence. Il avait néanmoins pris le temps d'écarter Aï, quelques secondes avant la libération.

Il l'aida ensuite à se relever, ils se sourirent puis s'embrassèrent. Ce dernier baiser était doux, rempli de toutes les émotions qu'ils venaient de partager

- Tu es vraiment ma moitié, mon éternel amant, dit-il.

- Et toi tu seras mon éternel mari, répondit Aï.

Ils s'enlacèrent tendrement.

À ce moment, Kâma apparut :

- Qu'est-ce que vous pensez être en train de faire ?

- Ce que vous avez demandé, nous sommes un couple, répondit-il.

- Je vous ai dit que les Kinnaras devaient s'accoupler au Kinnaris.

- Désolé, mais à aucun moment cela n'a fait partie des règles à suivre, dit Aï.

- Je SUIS celui qui fait les règles ! Et votre couple n'est pas possible, il n'est pas normal, je ne l'autorise pas.

- Mais nous l'avons ressenti, la connexion était vraie, on le sait, dit-il.

- Cette connexion ne peut pas être comparée à celle liant un Kinnara à sa Kinnari !

- Je suis sûr que c'est la même et peut être même est-elle plus forte, ajouta-t-il en prenant la main d'Aï.

- Ah vraiment ? répondit Kâma très en colère.

Les deux secouèrent la tête pour dire oui.

- D'accord, voyons voir à quel point votre lien est fort.

- Comment ?

Kâma prit une grande inspiration pour descendre de sa colère et expliqua :

- On va jouer à un nouveau jeu. Vous aurez sept vies sur Terre. À chaque vie, vous devrez vous retrouver et construire une relation. Si vous ne vous retrouvez pas ne serait-ce que dans une seule vie, l'un de vous reviendra ici et vous vivrez séparés pour l'éternité.

- Comment seront nous que nous nous sommes trouvés l'un l'autre ? demanda-t-il.

- Vous avez été si prompt à goûter aux relations sexuelles, même si c'était interdit... Vous saurez donc après votre première fois ensemble. À ce moment-là, vous vous souviendrez d'Himavanta et de vos autres vies.

Les Kinnaras se regardèrent.

- Tu sais que je te retrouverai toujours, dit-il.

- Je n'ai pas peur, répondit Aï.

- Entendu ! dit Kâma. Commençons tout d'abord par vous trouver un nom. Vous le porterez dans chacune de vos vies.

Kâma fit une pause :

- Tu penses être meilleur que les dieux. Je vais t'appeler Théo, à toi de me montrer le monde tel que tu le vois...

Kâma se tourna alors vers Aï et dit :

- Tu sembles être ce qu'il a de plus précieux. Je vais donc t'appeler Mani.

Théo et Mani se regardèrent.

- Mani, tu seras à tout jamais le joyau de ma vie.

- Je ne t'oublierai jamais Théo.

- Bien sûr que si, vous allez vous oublier l'un l'autre... dit Kâma en soupirant.

Il regarda les deux Kinnaras se sourirent et les interrompit.

- Êtes-vous prêt pour le départ ?

Théo et Mani s'enlacèrent et s'embrassèrent une dernière fois, puis ils firent face à Kâma.

- Nous sommes prêts, répondirent-ils en cœur.

- On se revoit bientôt... dit Kâma, certains que leur couple ne résisterait pas à une seule vie sur Terre

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