Le soleil était haut dans le ciel, projetant une lumière dorée à travers les vitres panoramiques de l'immense appartement du dernier étage. La vue sur la ville était à couper le souffle, mais pour Adam Carrington, elle n'avait plus d'effet. Le milliardaire se tenait là, vêtu d'un costume sur mesure, parfaitement taillé, son regard bleu acier rivé sur l'horizon. Son reflet impeccable dans la vitre ne lui inspirait qu'une chose : la supériorité. Il se considérait intouchable, au-dessus des autres. Et il avait raison. Dans son monde, il régnait en maître absolu.
Adam possédait tout ce qu'un homme pouvait désirer : des voitures de luxe alignées dans un garage souterrain privé, des propriétés dans les villes les plus chères du monde, et un carnet de contacts regorgeant des noms les plus influents de la planète. Sa richesse n'était pas simplement une question d'argent ; elle était un pouvoir, une arme qu'il utilisait avec finesse pour contrôler son entourage. Il n'avait besoin de personne, sauf peut-être de son équipe d'avocats pour effacer ses erreurs, ou de son comptable pour multiplier ses milliards.
Le téléphone vibra doucement sur la table en verre près de lui. Adam détourna lentement son regard de la vue pour y jeter un œil. C'était un message de son assistant, lui rappelant une réunion d'affaires dans l'heure à venir. Un sourire narquois se dessina sur ses lèvres. Ce n'était pas une simple réunion ; c'était l'occasion d'absorber une autre entreprise, de jouer avec la vie d'autrui pour accroître sa propre puissance. C'était un jeu, et Adam Carrington en était le champion incontesté.
Il attrapa le verre de whisky posé à côté du téléphone, pris une gorgée, et fit un signe de la main vers son assistant qui venait d'entrer silencieusement dans la pièce.
« Monsieur Carrington, votre voiture est prête », annonça sobrement l'homme en costume gris, baissant respectueusement les yeux.
« Bien », répondit Adam sans détourner son regard. « Assure-toi que tout est réglé pour la réunion de ce matin. Je ne veux aucun retard. »
L'assistant hocha la tête, sortant sans un mot de plus. Adam se permit un soupir. Ces gens... tous insignifiants. Des pantins qu'il manipulait à sa guise. Pourquoi perdre son temps avec des formalités, des civilités ? Ce monde appartenait aux prédateurs, et il était au sommet de la chaîne alimentaire.
Il descendit dans son garage privé où une Bentley Continental GT l'attendait, brillant sous les lumières artificielles. Le chauffeur ouvrit la portière sans un mot, et Adam s'installa dans le cuir moelleux, savourant ce luxe qu'il considérait comme naturel. Sur le chemin de son bureau, la ville défilait sous ses yeux comme un film qu'il avait déjà vu des milliers de fois. Des passants anonymes, des travailleurs pressés, des vies insignifiantes. Adam ne comprenait pas ces gens. Pourquoi se battre pour des miettes alors qu'il avait appris à posséder l'ensemble du gâteau ?
Arrivé dans la tour qui portait son nom, Adam traversa le hall majestueux. Les employés baissaient la tête à son passage. Ils savaient qu'il n'était pas homme à tolérer l'échec ou la faiblesse. Sa réputation le précédait : impitoyable en affaires, impossible à satisfaire. Ce n'était pas une question de manque de respect, pensait-il, mais plutôt une manière d'enseigner aux autres où était leur place dans la hiérarchie de la vie.
« Monsieur Carrington, l'équipe de Madison Corp est arrivée », annonça sa secrétaire alors qu'il atteignait le seuil de la salle de réunion.
Il hocha brièvement la tête, ajusta sa veste et entra dans la pièce. Derrière la longue table, les représentants de l'entreprise qu'il s'apprêtait à racheter attendaient nerveusement. Des hommes en costume, l'air tendu, des cernes visibles sous leurs yeux. Ils savaient ce qui allait se passer, mais ils n'avaient pas le choix. Face à Adam, ils étaient de simples pions. Leur entreprise, leur fierté, leur dur labeur, tout cela n'avait aucune valeur à ses yeux. Il allait l'acquérir, démanteler ce qu'il jugerait superflu, et en tirer encore plus de profit. C'était comme ça qu'il fonctionnait, sans une once de compassion.
« Messieurs », dit-il en prenant place à la tête de la table, son ton glacial. « Faisons ça rapidement. J'ai d'autres affaires à régler. »
La réunion se déroula exactement comme il l'avait prévu. Aucun d'eux n'osa véritablement contester ses conditions. Ils étaient acculés, leur entreprise était au bord de la faillite. Ils devaient céder, et ils le savaient. Quand ils eurent terminé, Adam leur offrit un sourire sans chaleur, satisfait de voir une nouvelle victoire s'ajouter à sa longue liste.
« Vous savez où me trouver si vous avez d'autres questions », conclut-il, se levant sans attendre de réponse.
Sur le chemin de la sortie, un des associés tenta maladroitement de le remercier, parlant d'une "nouvelle ère" pour leur entreprise sous sa direction. Adam s'arrêta un instant, le fixa, puis répondit avec une pointe de mépris dans la voix :
« Ce n'est pas votre entreprise. Plus maintenant. »
Le silence qui suivit fut lourd de sens. Il n'avait pas besoin de mots supplémentaires pour imposer son autorité. Il quitta la salle, laissant derrière lui un groupe d'hommes détruits, mais parfaitement conscients de leur impuissance face à lui.
De retour dans son bureau, Adam se laissa tomber dans son fauteuil de cuir. Le bureau, vaste et minimaliste, était un reflet de son esprit : ordonné, sans place pour le superflu. La vue plongeante sur la ville n'avait toujours pas changé, mais cette fois, elle semblait encore plus lointaine. Il fixa l'horizon un moment, puis porta la main à son téléphone.
Un nouveau message, cette fois d'une femme avec qui il avait passé la soirée la veille. Son nom lui échappait déjà. Peut-être l'avait-il rencontrée à un gala, ou bien dans l'un de ces clubs privés où il passait ses soirées. Peu importe. Il n'avait pas l'intention de la revoir.
Le message, empreint d'une familiarité excessive, le fit sourire. Combien de fois avait-il reçu ce genre de messages ? Des femmes désespérées de capter son attention, de s'attacher à lui, alors que pour lui, elles n'étaient que des distractions passagères.
Il laissa le message sans réponse. C'était toujours ainsi avec lui. Il prenait ce qu'il voulait, puis disparaissait sans un mot. Il n'avait ni le temps ni l'intérêt pour les relations durables, encore moins pour l'engagement. Le jeu, c'était de conquérir, de séduire, et de partir avant que les choses ne deviennent ennuyeuses.
Un coup à la porte. Son assistant entra à nouveau, un dossier sous le bras.
« Monsieur, les documents pour la transaction de ce matin. Votre signature est requise. »
Adam leva un sourcil, mais tendit la main sans même regarder le contenu. Il signa rapidement, renvoyant son assistant d'un geste impatient.
La journée touchait à sa fin, mais pour Adam, elle était loin d'être terminée. Il sortirait probablement ce soir encore, rencontrerait d'autres gens, conclurait d'autres affaires, et peut-être séduirait-il une nouvelle femme. Cela ne changeait jamais. La routine de l'homme qui avait tout, mais pour qui rien n'avait réellement de valeur.
Alors qu'il se levait pour quitter son bureau, il eut une pensée fugace, une rare introspection : pourquoi cette sensation de vide, malgré tout ce qu'il possédait ? Mais il la repoussa rapidement, comme il le faisait toujours. Ce genre de réflexions n'avait pas sa place dans son esprit.
Il éteignit les lumières et quitta son empire de verre et d'acier, prêt à continuer sa quête insatiable de conquêtes et de succès. Pour Adam Carrington, le monde n'était qu'un terrain de jeu, et il était déterminé à en être le roi, quoi qu'il en coûte.
Sarah se tenait devant l'immense miroir de sa petite chambre d'étudiante, regardant son reflet avec un sourire qui n'arrivait pas à quitter ses lèvres. Son diplôme en main, elle ressentait une vague de fierté l'envahir. Après des années de travail acharné, de nuits blanches passées à réviser, et de moments de doute, elle l'avait enfin fait. Elle avait obtenu son diplôme universitaire en gestion d'entreprise avec mention. Ses parents, assis quelque part à des centaines de kilomètres dans leur petite maison de campagne, devaient être tout aussi fiers d'elle. Elle imaginait déjà le sourire de sa mère lorsqu'elle lui avait annoncé la nouvelle par téléphone, l'excitation dans la voix de son père qui ne cessait de lui répéter : « On le savait, ma fille. On savait que tu y arriverais. »
Sarah se tourna, regardant la pile de livres, de dossiers, et de carnets éparpillés sur son bureau. Pendant un instant, elle eut envie de les ranger, comme pour clore ce chapitre de sa vie. Mais elle n'en fit rien. Ce soir, elle avait envie de célébrer. De laisser de côté le sérieux, les responsabilités, et de profiter de ce sentiment d'accomplissement. Elle avait tant rêvé de ce moment.
Avec une lueur malicieuse dans les yeux, elle se dirigea vers son téléphone. Son amie d'enfance, Emma, avait insisté pour qu'elles sortent ensemble ce soir. « Il faut qu'on fête ça dignement ! » lui avait-elle dit avec cette énergie débordante qui la caractérisait. Sarah ne sortait pas souvent, et encore moins dans les bars, mais ce soir était spécial. Elle voulait marquer cette étape, tourner la page sur ses années de sacrifices, et prendre un moment pour elle.
« Alors, tu es prête pour ce soir ? Je passe te chercher dans une heure ! », lisait-elle sur l'écran, le message d'Emma la fit sourire encore plus.
Sarah ne tarda pas à répondre : « Bien sûr ! Je me prépare. »
Elle se dirigea vers sa petite armoire, son cœur battant avec une excitation nouvelle. Ce soir, elle voulait se sentir belle, se sentir différente. Elle chercha sa robe préférée, celle qu'elle n'avait portée que quelques rares fois. C'était une robe simple mais élégante, noire, qui lui donnait cette confiance en elle qu'elle avait parfois du mal à trouver. Elle la passa, arrangea ses cheveux en un chignon décontracté, et appliqua un léger maquillage. Rien de trop sophistiqué, mais juste assez pour souligner ses traits délicats.
En se regardant une dernière fois dans le miroir, elle se sentit prête. Ce n'était pas seulement une soirée de fête, c'était le début d'une nouvelle aventure. Elle avait des rêves plein la tête. Depuis des années, elle s'était imaginée gravir les échelons dans une grande entreprise, devenir une femme d'affaires accomplie, peut-être même lancer sa propre boîte un jour. Tout était possible maintenant. Elle avait enfin la clé pour ouvrir ces portes.
Quelques minutes plus tard, elle entendit des coups à la porte. Emma entra dans la pièce, débordante d'énergie comme à son habitude. « Wouah ! Mais regarde-toi ! Tu es sublime ! », s'exclama-t-elle en la prenant dans ses bras.
Sarah éclata de rire. « Merci, toi aussi ! »
Emma la jaugea de haut en bas, amusée. « Ce soir, on va tout déchirer ! On mérite de s'amuser, surtout toi. Alors, prête ? »
« Prête ! », répondit Sarah, l'excitation montant de plus en plus.
Les deux amies quittèrent l'appartement et descendirent dans la rue, bras dessus, bras dessous. La soirée était douce, une légère brise caressait leurs visages, et le ciel se teintait de nuances rosées à mesure que le soleil disparaissait à l'horizon. L'atmosphère était parfaite, comme si l'univers conspirait pour que cette soirée soit mémorable.
Elles prirent un taxi en direction d'un bar chic du centre-ville dont Emma n'arrêtait pas de parler depuis des semaines. « Tu vas voir, c'est l'endroit parfait pour une soirée comme celle-ci. Les cocktails sont à tomber par terre et la musique... juste ce qu'il faut ! »
Sarah, bien que peu habituée à ce genre d'endroit, se sentait étrangement excitée. Elle savait que cette soirée serait différente de toutes celles qu'elle avait vécues auparavant. Et pour la première fois depuis longtemps, elle se laissait porter par l'idée de simplement profiter du moment présent, sans se soucier de ce que demain pourrait apporter.
Le taxi les déposa devant le bar, illuminé par des néons colorés. La file d'attente à l'entrée laissa comprendre que c'était un endroit prisé, mais Emma, toujours débrouillarde, parvint à faire en sorte qu'elles entrent rapidement.
À l'intérieur, l'ambiance était feutrée mais vivante. La musique résonnait doucement, assez pour être entendue sans pour autant noyer les conversations. Sarah observa autour d'elle, impressionnée par la décoration moderne, les tables élégamment dressées, et le mélange de personnes de tous horizons. C'était une ambiance qu'elle n'avait jamais vraiment connue, et cela lui plaisait.
« Alors, par quoi on commence ? », demanda Emma en se dirigeant directement vers le bar, un large sourire aux lèvres.
« Hm, je ne sais pas trop... », hésita Sarah. Elle n'avait jamais été une grande amatrice d'alcool, et ses connaissances en cocktails se limitaient à quelques noms classiques.
Emma haussa un sourcil et, d'un air faussement dramatique, lui lança : « Ce soir, c'est ta soirée. Tu dois essayer quelque chose de nouveau ! » Elle se tourna vers le barman. « Deux mojitos, s'il te plaît ! »
Sarah rit doucement, se laissant guider par l'enthousiasme de son amie. Elle prit le verre que le barman lui tendit, observant les feuilles de menthe flotter à la surface, les bulles pétiller contre les glaçons. Elle porta le verre à ses lèvres, savourant la fraîcheur du cocktail, son goût sucré et acidulé. C'était délicieux, et avec la musique, les lumières tamisées, tout semblait parfait.
Elles s'installèrent à une table près de la piste de danse, discutant de tout et de rien, partageant des souvenirs d'enfance et des projets pour l'avenir. « Je te vois tellement bien travailler dans une grande boîte », déclara Emma en sirotant son mojito. « Tu sais, la femme d'affaires ambitieuse, qui gère tout avec classe et assurance. »
Sarah sourit, flattée. « J'espère que tu as raison. En tout cas, je vais tout faire pour que ça arrive. »
Les heures passèrent rapidement, entre discussions animées et éclats de rire. À un moment, Sarah commença à ressentir l'effet de l'alcool. Elle n'avait pas l'habitude de boire, et un léger vertige commençait à la saisir, mais cela la rendait euphorique. Elle se sentait légère, insouciante, prête à conquérir le monde.
« Viens, on va danser ! », cria Emma par-dessus la musique, la tirant vers la piste. Sarah, d'abord hésitante, se laissa entraîner. Elle n'avait jamais été très à l'aise avec la danse, mais l'ambiance de la soirée, le fait qu'elle ait enfin terminé ses études, et cette sensation de liberté nouvelle la poussèrent à se lâcher un peu plus.
Au milieu de la foule, sous les lumières changeantes, Sarah se mit à danser avec Emma, riant aux éclats. C'était comme si tous les soucis du monde avaient disparu, comme si rien d'autre n'existait à part ce moment.
Après un certain temps, Sarah retourna vers le bar pour se rafraîchir un peu. Alors qu'elle s'appuyait contre le comptoir, un verre d'eau à la main, elle sentit un regard sur elle. En tournant la tête, elle croisa le regard d'un homme assis plus loin, un peu à l'écart, observant la scène avec un sourire en coin. Il était élégant, visiblement à l'aise dans cet environnement, et quelque chose dans son attitude trahissait une certaine assurance, presque de l'arrogance.
Leurs regards se croisèrent brièvement, et Sarah sentit une chaleur inattendue monter en elle. Mais elle détourna rapidement les yeux, se disant que ce n'était pas la peine de s'emballer. Ce soir était censé être sa soirée, une soirée où elle ne devait penser à rien d'autre qu'à célébrer ses accomplissements. Et pourtant, elle sentait que quelque chose, ou quelqu'un, venait de marquer ce moment de façon inattendue.
La lumière tamisée du bar dansait sur les visages des clients, projetant des ombres douces et changeantes. La musique jazzy s'infiltrait doucement entre les conversations, créant une ambiance feutrée, presque intime. Sarah, encore sous l'effet des mojitos, se sentait légère, libérée de toutes contraintes, flottant entre euphorie et vertige. Elle avait réussi à décrocher son diplôme, et ce soir, elle ne voulait penser à rien d'autre. Juste être dans l'instant, savourer cette liberté nouvelle.
Elle s'appuya légèrement contre le comptoir du bar, un sourire encore accroché à ses lèvres. La danse l'avait épuisée, mais elle se sentait bien, vivante. Ses joues étaient rougies par l'effort et l'alcool, ses cheveux légèrement défaits par les mouvements. Alors qu'elle portait à ses lèvres son verre d'eau pour se rafraîchir, elle sentit à nouveau ce regard sur elle. Un frisson léger parcourut son échine. Elle n'avait pas imaginé cette sensation plus tôt, cet homme la fixait bel et bien.
Curieuse, elle jeta un coup d'œil rapide dans sa direction, ses yeux rencontrant les siens une seconde fois. Il ne détourna pas le regard. Il était assis seul, un verre à la main, son corps détendu contre le dossier de la chaise comme s'il possédait l'endroit. Ses vêtements impeccablement taillés laissaient deviner une richesse discrète, une élégance naturelle. Mais ce n'était pas seulement sa tenue qui frappait, c'était son attitude. Il avait une confiance démesurée, presque insolente. Ce genre d'assurance que Sarah n'avait vue que chez les personnes qui ont l'habitude d'avoir ce qu'elles veulent. Et visiblement, il voulait attirer son attention.
Un sourire apparut sur ses lèvres, un sourire subtilement arrogant, comme s'il savait déjà qu'elle viendrait à lui. Sarah détourna rapidement le regard, sentant son cœur battre un peu plus fort. Elle n'était pas de celles qui se laissaient facilement impressionner. Pourtant, il y avait quelque chose chez lui qui la troublait. Peut-être était-ce cette manière qu'il avait de s'imposer sans dire un mot, ou ce regard perçant qui la suivait encore, même lorsqu'elle ne le regardait plus.
« Encore un verre ? » demanda le barman en se penchant vers elle.
« Non, merci. Je pense que j'ai eu ma dose pour ce soir », répondit-elle avec un sourire.
Le barman hocha la tête et se retira, laissant Sarah seule à ses pensées. Elle jeta un autre coup d'œil rapide vers l'homme. Il était toujours là, ses yeux rivés sur elle, et cette fois, il se leva doucement de sa chaise. Elle sentit une légère montée d'adrénaline, comme si elle savait déjà ce qui allait se passer avant même qu'il ne bouge.
Il traversa la pièce avec une démarche lente et assurée, chaque pas mesuré, comme s'il contrôlait parfaitement l'espace autour de lui. Lorsqu'il arriva à sa hauteur, il posa son verre sur le comptoir, puis tourna la tête vers elle, son sourire toujours accroché à ses lèvres.
« Je vois que tu apprécies la soirée », dit-il d'une voix profonde, presque suave.
Sarah, un peu surprise par la façon dont il avait brisé le silence, répondit avec un sourire amusé. « C'est une soirée spéciale. On fête un diplôme, alors oui, je profite. »
Il hocha la tête, l'air faussement intéressé. « Un diplôme, hein ? Impressionnant. Félicitations. »
« Merci », répondit-elle, se demandant pourquoi elle avait soudain l'impression que cette conversation allait être bien plus que de simples échanges de courtoisies.
Il s'installa à côté d'elle, se tournant légèrement pour mieux la regarder. De plus près, il était encore plus impressionnant. Son visage était marqué par des traits fins, son regard perçant, presque déstabilisant. Il émanait de lui une aura d'autorité, comme s'il n'était jamais habitué à se trouver dans des situations où il n'avait pas le contrôle. Ce qui, pour une raison qu'elle ne comprenait pas encore, intriguait Sarah au plus haut point.
« Et qu'est-ce qu'on fait après avoir obtenu son diplôme ? On s'offre le monde ? » demanda-t-il, un sourire en coin.
« C'est l'idée, oui », répondit-elle, un peu amusée par son ton désinvolte. « Enfin, on essaie. Ça ne sera sûrement pas facile, mais c'est le but. »
Il hocha la tête, puis prit une gorgée de son verre avant de poursuivre : « Rien n'est jamais facile. Sauf quand on décide que ça le sera. »
Sarah haussa un sourcil. Il y avait dans ses paroles une arrogance palpable, une manière de voir les choses qui ne lui plaisait pas complètement, mais en même temps, elle ne pouvait s'empêcher d'être fascinée par cette assurance. « Tout semble facile pour toi, je suppose ? » demanda-t-elle, un peu sarcastique.
« C'est une question de perspective », répondit-il en haussant les épaules, son sourire toujours présent. « Quand tu as les moyens, tout devient une question de choix. »
Cette réponse, bien qu'attendue, piqua l'intérêt de Sarah. Elle croisa les bras, essayant de cacher son amusement derrière un ton plus sérieux. « Et toi, que fais-tu exactement ? » Elle ne savait même pas pourquoi elle posait la question, comme si elle cherchait à comprendre ce qui pouvait bien se cacher derrière cette façade confiante.
Il prit son temps avant de répondre, jouant avec son verre du bout des doigts, comme s'il appréciait l'attention qu'elle lui portait. « Disons que je suis dans les affaires. J'ai plusieurs entreprises. »
Sarah ne put s'empêcher de sourire. C'était le genre de réponse vague et suffisante qu'elle s'attendait à entendre de la part d'un homme comme lui. Il aimait visiblement jouer sur le mystère. Mais il y avait quelque chose dans son attitude qui la désarmait, qui la poussait à continuer cette conversation. Elle voulait en savoir plus, comprendre ce qui se cachait derrière cette apparente perfection.
« Plusieurs entreprises, hein ? » répondit-elle avec un brin d'ironie dans la voix. « Ça doit être prenant. »
« Ça l'est, » dit-il, sans se départir de son sourire. « Mais ça me laisse tout de même le temps de profiter des bonnes choses. »
Elle le regarda un instant, pesant le pour et le contre de continuer cette conversation. Il était évident qu'il était habitué à ce genre d'échange, à ce que les gens s'intéressent à lui simplement parce qu'il dégageait cette aura de pouvoir. Mais au fond d'elle, Sarah se demanda pourquoi elle était toujours là, pourquoi elle n'avait pas simplement décidé de terminer sa soirée ailleurs. Peut-être était-ce sa curiosité, ou peut-être qu'elle appréciait secrètement cette petite joute verbale.
« Eh bien, je suis heureuse que tu aies trouvé le temps de venir dans un endroit comme celui-ci. » Elle se surprit elle-même à jouer avec ses mots, à tester les limites de son assurance.
Il la regarda avec une intensité nouvelle, comme s'il essayait de la déchiffrer. Puis, après un court silence, il se pencha légèrement vers elle, réduisant la distance entre eux. « Et toi ? Tu es ici pour fêter, mais je suppose que ce n'est pas tout ce que tu attends de la vie. Qu'est-ce que tu veux vraiment, Sarah ? »
Elle fut prise de court. Il avait prononcé son nom avec une telle aisance, comme s'il le savait déjà, comme s'il avait cherché à la connaître avant même qu'elle ne lui parle. Son cœur battait un peu plus fort. Comment pouvait-il déjà l'avoir envoûtée de cette manière, en si peu de temps ?
Elle prit une profonde inspiration, essayant de garder son calme. « Ce que je veux ? » répéta-t-elle doucement, ses pensées brouillées par l'alcool et le mystère de cet homme. « Je veux réussir. Je veux accomplir quelque chose qui ait du sens, quelque chose qui me rende fière. »
Il sourit à nouveau, mais cette fois, il y avait quelque chose de plus sincère dans son expression. « Alors, tu sais déjà ce que tu veux. C'est la moitié du chemin. »
Ils échangèrent un long regard, comme si ce moment avait suspendu le temps. Sarah sentit que cette rencontre, bien qu'imprévue, n'était pas anodine. Il y avait quelque chose chez cet homme, quelque chose qui allait marquer un tournant dans sa vie. Elle n'aurait jamais pu l'expliquer en mots, mais au fond d'elle, elle savait que cette nuit, dans ce bar, tout venait de changer.
La musique du bar continuait à se fondre dans un murmure de conversations, ponctuée par le cliquetis des verres que l'on posait sur les tables et les éclats de rire de ceux qui, comme Sarah, profitaient de la nuit. Les heures s'écoulaient, et l'alcool continuait de couler à flot. Sarah, qui avait commencé la soirée avec une simple envie de célébrer son diplôme, se retrouvait à présent dans une situation bien différente de celle qu'elle avait imaginée. Assise au comptoir, aux côtés de cet homme mystérieux et arrogant, elle se sentait peu à peu happée par l'aura qu'il dégageait.
Elle avait bu, certes. Peut-être un peu plus que d'habitude, mais ce n'était pas l'alcool qui la faisait se sentir ainsi. C'était lui. Il était là, si proche d'elle, et elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une attraction magnétique. Il avait une manière de parler qui captait son attention, et même si son arrogance restait palpable, il y avait quelque chose chez lui qu'elle ne parvenait pas à ignorer.
« Un autre verre ? » proposa-t-il en agitant légèrement la main pour attirer l'attention du barman.
Sarah hésita. Elle sentait déjà sa tête légère, ses pensées un peu floues. Mais avant qu'elle ne puisse refuser, le verre se posa déjà devant elle. L'homme leva le sien, un sourire en coin, ses yeux toujours rivés sur elle. Il semblait la jauger, comme s'il attendait de voir jusqu'où elle serait prête à aller ce soir.
« Allez, on fête ton diplôme, non ? » dit-il avec un air faussement innocent.
Elle leva son verre à contrecœur, mais un sourire fin finit par s'étirer sur ses lèvres. « À mon diplôme, alors », murmura-t-elle avant de boire une gorgée.
L'alcool glissa dans sa gorge, un peu trop fort cette fois-ci, mais elle ne dit rien. Elle sentit la chaleur envahir son corps, ses joues devenant plus rouges. Elle aurait dû se sentir mal à l'aise, troublée même, par la manière dont il la fixait, comme s'il la voyait comme un jeu, un défi à relever. Mais au contraire, une partie d'elle aimait ce sentiment de danger, cette sensation qu'elle marchait sur un fil tendu entre la séduction et la prudence.
« Alors, dis-moi, Sarah », commença-t-il après un moment de silence, sa voix toujours aussi calme et maîtrisée. « Qu'est-ce qui t'attire chez moi ? »
La question la prit par surprise. Elle le regarda, un peu déconcertée. Son arrogance transparaissait dans chacun de ses mots, mais il n'y avait pas d'agressivité, juste cette assurance qu'il maîtrisait tout. Elle se redressa légèrement, tentant de masquer le trouble qui montait en elle.
« Qui a dit que je suis attirée par toi ? » répliqua-t-elle, feignant une désinvolture qu'elle ne ressentait pas vraiment.
Son sourire s'élargit, un sourire de prédateur, satisfait de sa proie. « Tu n'es pas une très bonne menteuse », dit-il en la regardant intensément. « Je peux le voir dans tes yeux. »
Le cœur de Sarah s'emballa. Comment pouvait-il être si sûr de lui ? Elle n'avait même pas eu le temps de se remettre de sa réponse qu'il la désarmait déjà avec ses mots. Elle se mordilla nerveusement la lèvre, cherchant quoi dire. Mais au fond d'elle, elle savait qu'il avait raison. Il y avait quelque chose chez lui qui l'attirait, malgré tout. Peut-être était-ce justement cette arrogance, cette manière qu'il avait de ne jamais douter, d'agir comme si le monde lui appartenait. C'était irritant, oui, mais c'était aussi envoûtant.
Elle soupira, prenant une grande inspiration avant de se lancer. « Ce n'est pas toi en particulier. C'est peut-être ton... attitude. » Elle avait choisi ses mots avec soin, espérant qu'il ne verrait pas à quel point elle se sentait déstabilisée.
Il hocha légèrement la tête, comme s'il s'attendait à cette réponse. « Mon attitude, hein ? » dit-il en se penchant un peu plus vers elle. « Et qu'est-ce qui te plaît dans mon attitude ? Le fait que je sois sûr de moi ? Que je ne doute jamais de ce que je veux ? »
Ses yeux la fixaient toujours, perçants, comme s'il essayait de lire en elle. Sarah détourna le regard, sentant son visage s'empourprer. L'alcool, combiné à l'intensité de la conversation, rendait chaque mot plus difficile à prononcer. Elle ne voulait pas admettre qu'il avait raison. Pourtant, elle se sentait de plus en plus désarmée face à lui.
« Peut-être », finit-elle par dire dans un souffle. « Mais je trouve ça aussi... »
« Irritant ? » termina-t-il pour elle, un sourire toujours ancré sur ses lèvres.
Elle rit malgré elle, surprise qu'il ait deviné si juste. « Oui, voilà. Irritant. Tu sais que tu es insupportable, non ? »
« J'en ai conscience », répondit-il sans la moindre trace de honte. « Mais tu es encore là, n'est-ce pas ? Alors je dois faire quelque chose de bien. »
Son assurance ne connaissait aucune limite, et pourtant, Sarah ne pouvait s'empêcher d'apprécier cette honnêteté brute. Il ne jouait pas de faux-semblants, il était simplement lui-même, sans excuse. Elle, de son côté, continuait de jouer le jeu, bien que sa raison lui criait de faire demi-tour. Mais il était trop tard. Elle était prise dans le tourbillon de cette soirée, dans l'attraction qu'il exerçait sur elle.