Part1:
Deux ans. Deux ans qu'il m'a annoncé froidement qu'il ne m'aimait plus. Qu'il ne souhaitait plus m'épouser. Qu'il ne souhaitait plus avoir d'enfants. Qu'il n'était plus intéressé par la vie à deux que ce soit avec moi ou avec quelqu'une d'autre. Deux ans que j'ai appris à vivre sans lui. Sans le son de sa voix. Ses rires. Son sourire. La chaleur de ses grands bras si confortable. Son odeur. La douceur de ces lèvres. Et ses mains, ses mains avec ses longs doigts fins qui des centaines, des milliers de fois m'ont fait trembler, de ce doux plaisir que partage deux corps qui s'aiment. Je continue de vivre comme si de rien n'était. Je suis une fille très forte. Je ne suis pas restée enfermée chez moi, même pas un jour pour faire mon deuil. Je ne pleure pas. Du lundi au vendredi à 18 h je travaille comme une dingue. Du vendredi 18h au dimanche à 20h je m'amuse comme une folle. Je vais à la gym ou à la piscine tous les soirs où je sors du boulot avant 20h. Toujours présente pour les autres. Jamais un mot déplacé. Gentille comme un dauphin. KiakiakiakiakiakiakiaKiakiakiakiaKiakiakiakiaKiakiakiakiaKiakiakiakiaKiakiakiakiaKiakiakiakiaKiakiakiakia Ça c'est ce que tout le monde pense de moi autour de moi. Je continue de vivre comme si de rien n'était c'est vrai mais « en apparence ». Je ne suis pas restée enfermée chez moi pour faire mon deuil parce que je serai devenue folle si je l'avais fait. Je ne pleure pas, c'est aussi vrai mais j'ai une bonne raison. Vous la connaitrai plus tard si vous restez avec moi. Je travaille comme une dingue ? Vrai. Mais plutôt du lundi au dimanche à 20h. Le temps que je passe hors de mon bureau est celui où je suis à l'église ou à la piscine ou à la gym. Ce sont les trois activités qui m'empêchent de sombrer. Une chose de positive dans cette rupture, je me suis remise au sport ce qui affine et embellit mon corps et je me suis réconciliée avec Dieu. Je prie beaucoup et ça me fait énormément de bien. Je suis MALOUA Keega Amivi. Je viens d'avoir 30ans et je suis célibataire sans enfant. Je suis Directeur des Etudes et du Financement d'un Fond Financier à Lomé au Togo. Ce que vous venez de lire c'est le résumé de mon mal-être, de la vie que je mène depuis deux ans. Nous sommes vendredi 8 novembre. Il est 13h et je viens de décider, juste comme ça, qu'il était temps de sortir du tombeau dans lequel je me suis enfermer il y a deux ans jour pour jour. Qu'il était temps de revivre. Ça y est c'est décidé, je prends mon après-midi. J'informe la DRH que je ne me sens pas bien et que voudrais aller voir un médecin. J'appelle Prestige Coiffure Lomé pour une séance de relooking. Cela fait 2 ans que je me coupe les cheveux au ras et que je ne me maquillais presque plus. Cet après-midi je m'offre une totale. Une greffe d'un tissage brésilienne, un soin de visage, manucure, pédicure, épilation. Après séance shopping. Le mot d'ordre « être belle et désirable ». « Rattraper deux années d'hibernation. » Ce soir je sors. Je me fais un restau. Ensuite je vais écouter du jazz et boire quelques martinis au club 54 et je finis au Byblos night club où je vais danser jusqu'à l'aube. Rien que d'y penser je suis toute excitée. Mais en même temps j'ai un peur. Ça fait onze ans que je ne me suis plus fait une soirée pareille. J'adorais sortir toute seule quand j'étais au lycée et durant mes première années à l'université. Mais ça c'était avant. Quand j'étais Kee, la folle dingue ... Il est 20h et je viens d'arriver à Côté Jardin. C'est un restaurant pas loin de la rue de l'Ocam que j'aime beaucoup. Il a un excellent cuisinier. J'ai envie de finesse et de légèreté et je sais que je vais trouver mon compte ici. Je m'assois à une petite table dans le jardin. Je commande un martini pour l'apéro. Des escargots sautés à l'ail en entrée, des rognons d'agneau à la sauce crème et aux champignons avec des pommes sautées en accompagnement et une bouteille de Listel. Mon vin rosé préféré. Je suis entrain de boire la première gorgée de mon verre de martini quand je sens un regard sur moi. Je regarde à gauche et droite mais je ne remarque personne qui me regarde. Juste des couples et des familles attablés. Je pose mon verre et entreprends de manger quelques unes des cacahuètes qu'on m'a apportées. Mais je le sens toujours ce regard. Je le sens derrière moi. Je me retourne et je le vois. Il est au bar. Je suis happée par lui. Je me perds dans ses petits yeux si doux. Je suis comme hypnotisée. Je ne sais combien de temps je suis restée captive de ces yeux mais c'est le serveur qui rompt le charme. Le serveur : Madame ? Madame ? Madame ? Je me retourne vers le serveur. Moi : euuuuh Oui ? Le serveur : Excusez-moi Madame, nous n'avons plus de rognons d'agneau. Nous n'avons que des rognons de bœuf. Moi : Pardon ? Le serveur : Nous n'avons que des rognons de bœuf, Madame. Moi : Ah ok. Des rognons de bœuf à la sauce crème ça ira. Merci. Je me retourne et il n'est plus là. Je regarde un peu partout autour de moi mais il n'est nulle part. Je n'ai pu voir que ses yeux. Ses yeux si beaux. Petits, marrons clairs je crois, avec de longs cils. Un regard profond. Qui vous aspire une partie de votre être. Vous sentez bien qu'il vous prend une partie de vous mais vous n'avez qu'une envie, vous laissez faire. Lui laisser voler une partie de vous. Le serveur revient à ce moment où je commence à me perdre complément dans mes pensées et pose sur la table deux plats d'escargots sautés à l'ail. Moi : Mais Monsieur, ... Une voix derrière moi : Merci Monsieur. Madame, le second plat est pour moi. Je retourne et ...
Part2:
Je me retourne et ...
Il contourne la table, tire la chaise libre en face de moi et s'assoit sans me quitter des yeux. Je retiens ma respiration. Je suis entrain de me noyer dans son profond regard. Il faut que je trouve quelque chose à quoi m'accrocher pour sortir de cet océan marron clair. Et là j'entends une voix.
Lui : Bonsoir Madame. J'adore les escargots sautés à l'ail et les rognons d'agneau à la sauce crème et aux champignons. Le listel rosé est mon vin préféré. Je vous ai vu arrivé. Je vous ai entendu passer votre commande comme si c'était la mienne sauf qu'à la place du martini j'aurais commandé un whisky. Je n'ai pas pu m'empêché de demander au serveur si vous étiez accompagné. Il m'a fait une réponse négative alors je me suis permis de m'inviter à votre table et j'ai commandé la même chose que vous.
Moi : o_o
Qu'est-ce qui se passe là ?
Lui : (Avec le sourire et me tendant la main) Je suis Senamé Mathys DOMINGO.
J'émerge comme si on m'avait tiré d'un coup à la surface.
On est où là ? Monsieur s'invite à ma table parce que j'ai commandé son menu préféré et que je dine seule. Attendez, je rêve ou quoi ? J'ai une tête de quelqu'une qui n'a pas envie de manger seule ? Non, j'ai dû faire quelque chose ; ce n'est simplement pas possible. En deux ans Lomé à autant changer ? Les hommes s'invitent à la table des femmes maintenant ? Est-ce la nouvelle mode ? Aaaaaah, c'est surement une arnaque ? Il veut quelque chose. Me faire payer son diner. Non mais il est trop bien habillé et trop « propre » pour un arnaqueur. Polo et pantalon Ralph Lauren. Je ne vois pas ses pieds mais il doit être bien chaussé. Je crois reconnaître les effluves de « One Million » de Paco Rabanne. Pendant que je suis entrain de faire la discussion avec moi-même et dans ma tête, il me regarde imperturbable, la main toujours tendue. Et puis j'ai comme un flash ... et j'éclate de rire. J'ai compris. Oh merci mon Dieu. J'ai compris ... J'ai bien failli me faire avoir. Mais là tout est clair d'un coup. Eddie, ma petite sœur quelle peste. Elle a tenu ses vilaines promesses. Elle m'avait juré qu'elle me ferait ce coup là et je lui avais assuré que le moment venu je serai à la hauteur de ses attentes. Que je me montrerai digne des comédiennes de Hollywood.
Moi : hahahahahahahahahahahahahahahah.
Je ris très fort. Je suis bête, trop bête. Je continue de rire. Je n'arrive pas à m'arrêter. Les personnes des tables voisines se retournent et nous regardent. Au bout de longues minutes j'arrive à me calmer un tout petit peu.
Lui : Vous avez un rire cristallin très agréable Madame...
Moi (Un peu essoufflé et lui tendant enfin la main) : Mademoiselle Keega Amivi MALOUA. Mangeons avant que ça ne refroidisse. Les escargots froids ne sont pas agréables.
Lui : Bon appétit Keega. Vous permettez que je vous appelle Keega.
Moi : Oui allez y. Il n'y a pas de soucis. On peut se tutoyer aussi, ça ne me dérange pas.
Lui : ça marche. Appelez-moi, pardon appelles moi Mathys alors.
Moi : Je préfère Sénamé. Bon appétit à toi aussi.
Lui : Ok, va pour Sénamé. Merci.
Nous commençons à manger en silence. Je n'arrête pas de regarder autour de moi, de lui jeter des coups d'œil et de sourire. Je tire sur ma robe qui me parait subitement trop courte. Je croise et décroise les pieds sous la table. Comment suis-je en ce moment ? Il faut que fasse un tour aux toilettes pour voir si tout est ok. Ne suis pas trop maquillée ? J'essuie mes lèvres légèrement. Il est hors de question que j'ai de la nourriture sur le coin de mes lèvres.
Moi : Alors ?
Lui : Je suis architecte. Je suis à mon propre compte depuis 4 ans.
Moi : Ah d'accord. Et ça va ? Ça se passe bien ?
Lui : Oui plutôt bien.
Moi : Je voulais faire architecture moi aussi. Quand j'étais plus jeune.
Lui : Et qu'est-ce qui s'est passé ?
Moi : J'ai raté le concours d'entrée à l'EAMAU (Ecole Africaine des Métiers de l'Architecture et de l'Urbanisme). Mais je ne suis pas plus mal aujourd'hui dans ce que je fais. Je suis dans la finance et la gestion.
Lui : C'est bien. Dans une banque ?
Moi : Un fond de financement et de Garantie.
Lui : Ah ! Il faut que je vous ajoute à mon carnet d'adresse. Dans notre métier nous avons souvent recours au soutien et à l'appui financier des établissements financiers.
Moi : Il n'y a pas de soucis. Voici... (Je fouille dans ma pochette) voici ma carte de visite.
Lui : Tu es à l'étude et au financement et en plus le boss du département. Je peux commencer à rêver grand, énorme, gigantesque. Je suis sûr d'être accompagné.
Moi : Vas-y dis moi seulement combien tu veux et je te fais le chèque tout de suite.
On éclate de rire tous les deux. Dès qu'on se calme, je m'excuse et je vais aux toilettes. Mon maquillage est parfait, ma robe aussi juste un peu courte mais rien d'indécent. Je me remets un peu de gloss, me repoudre le nez et le rejoins avec mon plus beau sourire.
(Dans la tête de Sénamé Mathys DOMINGO.)
On est parti tous les deux dans un éclat rire. J'adore le son de son rire. Elle s'excuse et se lève pour aller aux toilettes. Je ne peux pas m'empêcher de regarder son cul. Elle a un derrière à faire bander un eunuque. Pas trop grosses les fesses mais bien rebondies avec une chute de rein à faire pâlir la reine des eaux et les hanches qui vont avec. Sa robe moulante qui s'arrête à mi-cuisse mets en valeur son corps. Elle doit faire 2 tailles différentes. Du 36/38 pour le bas et du 34/36 pour le haut avec un 75B, le mètre 60 environ. Je les aime plus grande avec un bonnet C mais ça devrait le faire. Elle est perchée sur des escarpins de 15 cm au moins et ce cul et cette cambrure ... Elle a déjà disparu dans les toilettes mais je regarde toujours dans la même direction. Faisons rapidement une analyse de la personne, du peu que nous savons.
Elle est belle, je dirai même très belle. Elle a un visage ovale, de petits yeux noisettes, un petit nez camus, un bouche moyenne avec des lèvres ourlet comme je les aime. Un sourire éblouissant de blancheur. Son tissage bien lissé tombe en cascade sur ses fine épaules et est coiffé de façon à couvrir en partie son œil gauche et elle fait ce petit mouvement si mignon pour le dégager chaque minute. Les femmes ! Pourquoi se coiffer ainsi si ça doit déranger. Mais j'aime la regarder dégager son œil et me jeter de furtifs coups d'œil.
Une chose m'intrigue. Elle semble être une femme très bien. Intelligente, belle avec un bon emploi. Elle a des manières de filles de bonnes familles et bien éduquée. Pourquoi accepte-t-elle un inconnu à sa table ?
Je l'ai remarqué dès son arrivée. Sa démarche et son « déhanché » ont fait tourner les regards de tous les hommes qui étaient au bar. Elle est allée s'asseoir toute seule dans le jardin à une table pour deux. Les petites tables que les amoureux affectionnent dans les restaurants à cause de la proximité qui permet de flirter sans trop se faire remarquer. Cinq mn plus tard elle passe sa commande toujours seule à sa table. J'intercepte le serveur qui vient de lui servir son apéritif. Il m'assure qu'elle n'attend personne. Je lui demande ce qu'elle a commandé et il me liste mon menu préféré quand je viens là. Je commande la même chose et lui demande de me servir à la table de la dame. En fait, je suis un habitué du coin et je connais bien le proprio et presque tous les serveurs. Et là je pose mon regard sur elle et me mets à réfléchir à la stratégie d'attaque. Elle porte son verre aux lèvres, le dépose et se retourne vers moi quelques secondes après. Elle est WAOUH. Elle plonge son regard dans le mien. Je n'arrive plus à réfléchir. Je suis tendu d'un coup. Quelques frissons me traversent de la tête aux pieds. Je suis tétanisé. Il faut que je ferme la bouche. Je crois que je bave là. On se regarde une minute interminable et le serveur revient vers elle et lui parle. Elle se retourne pour lui répondre. J'ai choisi de m'invite à sa table. C'est la seule approche qui m'est à l'esprit. C'est risqué mais qui ne risque rien n'a rien. Et me voilà à sa table juste derrière elle au moment où son entrée lui est servie. La suite vous la connaissez. Elle m'a regardé avec des yeux ronds, elle a ri à se décoller le diaphragme ensuite elle m'a laissé m'incruster à sa table et elle me parle gentiment. Quelle idée a-t-elle en tête ? Est-elle à la recherche de sensations fortes avec une aventure d'un soir ? Fait-elle partie d'une secte et elle est à la quête d'un homme pour un quelconque rituel ? Ou plus simplement c'est une fille aux mœurs légères qui ... Non une fille aux mœurs légères DEF dans cette boîte là ? C'est pas possible. Elle revient vers moi et me fait un sourire. Je le lui rends. Qu'est-ce qu'elle a à regarder un peu partout autour d'elle comme si elle cherchait quelque chose ou quelqu'un ?
On nous apporte le plat principal dès qu'elle s'assoit. Nous continuons à manger en parlant de tout et de rien, d'architecture, de l'actualité, des projets que nous accompagnons dans l'institution où je travaille. Nous commandons le même dessert, une salade de fruit au yaourt. Il est presque 22h quand le serveur nous apporte l'addition. J'insiste pour payer et elle me laisse faire.
Moi : Tu es venu comment ?
Elle : Je suis en voiture pourquoi ?
Moi : Juste pour te déposer chez toi.
Elle : Je ne rentre pas chez moi. Je vais écouter du Jazz au club 54. La nuit ne fait que commencer pour moi. Après une longue semaine d'effort, le réconfort, Sénamé.
Moi : Je peux m'inviter encore une fois.
Elle : Le club est ouvert à tout le monde.
Je la suis dehors. Elle s'approche d'une HUNDAI ix35 et se met au volant.
Elle : Tu me suis ?
Moi : Oui bien sûr.
OMG, une ix35, immatriculation récente. Je ne fais pas le poids à côté avec ma CRV modèle 2005. Eh Mathys arrêtes ça, c'est son mec qui à dû le lui offrir. Son mec ? Elle a un mec ? Qu'est-ce que je fous à la suivre alors. Elle m'en a donné la permission.
(Keega Amivi MALOUA)
Je regarde dans mon rétroviseur depuis un moment pour voir combien de voitures me suivent. Mais il n'y a que lui dans une CRV. Ils sont forts ces types là. Mais comment ils font ? Eéééééh on a percé à Lomé hein comme dirait mes amis ivoiriens. On a même troué. Deux heures que ça dure et rien ne les trahi. En tout cas je verrai comment ils feront pour installer leur matos au 54. Personne ne sait que j'y vais donc personne ne peut les avoir prévenus pour qu'ils fassent leur installation à l'avance. Je crois que dès qu'ils vont se dévoiler je rentre chez moi. Je n'ai plus trop envie d'aller danser et ce ne serait pas sage. Cela peut être mal interprété par certains spectateurs. Je dois être irréprochable jusqu'au bout.
Part 3
Nous sommes au 54 depuis plus d'une demi-heure déjà et rien de suspect. Nous écoutons le jazz en buvant lui du whisky et moi du martini. Le groupe qui joue ce soir est très bon. Ils nous font voyager entre le solo du saxophoniste et la voix rauque cuivrée de chanteur du groupe. Sénamé est d'agréable compagnie et moi je joue le jeu à fond. Je lui parle de moi, de ma famille, des études que j'ai faites, de mon boulot, de l'entreprise qui m'emploie, bref de la vie parfaite que j'ai. Vie parfait version officielle qui m'est attribuée par mon entourage bien sûr. Je parle et lui il m'écoute, sourit, rit de certaines anecdotes de ma vie.
Sénamé : Tu ne me parles pas de ton petit cœur ?
J'attendais ce genre de question. Les spectateurs raffolent de cette partie là.
Keega : Mon petit cœur, il est bien au chaud dans ma poitrine.
Je réponds tout sourire en posant mes deux mains sur mon sein gauche.
Sénamé : Mais encore ?
Keega : Bah rien de spécial. Il se porte plutôt bien. Sans attache particulière.
Sénamé : Pourquoi ?
Keega : Il y a un temps pour toute chose.
Sénamé : Ah bon ? Tu es belle, pleine de vie, bonne situation professionnelle... est-ce qu'il n'est temps pour que ton cœur prenne des attaches ?
Keega : Le moment viendra.
Sénamé : Quand ?
Keega : Il viendra.
Sénamé : C'est quoi le bon moment pour toi ?
Keega : Je le saurais quand il sera là.
Sénamé: Qu'est-ce que le bon moment réuni pour toi?
Keega: Je ne comprends pas ta question?
Sénamé : Qu'est-ce qui fera ou annoncera le bon moment?
Keega : Rien en particulier et tout à la fois. Je le sentirai le bon moment.
Sénamé : Tu as déjà eu quelqu'un dans ta vie?
Cette question me prend au dépourvu. Qu'est-ce que ça peut lui foutre que j'ai déjà eu quelqu'un dans ma vie ou pas ? Et merde. Il va m'énerver ce type. Relaxe Keega, relaxe. Inspire, expire. Inspire, expire.
(Sénamé Mathys DOMINGO)
Elle ne répond pas. Une expression de tristesse mêlée de douleur traverse son regard. J'attends toujours sa réponse mais je crois qu'elle n'est plus avec moi. Elle sort surement d'une déception amoureuse. Elle est dehors pour essayer de panser ses blessures et oublier. J'ai envie de l'aider à s'en sortir.
Sénamé : Je déduis à ton expression que la réponse est oui.
Keega : ...
Sénamé : Je crois que tu ne devrais pas attendre le bon moment mais plutôt la bonne personne, pas vrai?
Keega : J'attends le bon moment. La bonne personne n'existe pas. Si elle existe, la mienne ne m'appartient plus. Et je ne pourrai me contenter que du bon moment.
Je lui souris tendrement.
Sénamé : Dis-moi un peu le genre d'homme que tu souhaites rencontrer ?
Keega : Je n'ai aucune envie de rencontrer un homme.
Elle le dit avec une froideur qui me glace le sang.
Sénamé : J'aime tes yeux même quand ils sont froids et durs comme maintenant.
Keega : Merci de me rappeler que j'ai de beaux yeux.
Sénamé : Keega, les hommes ne sont pas tjrs comme on souhaite, mais il y en a qui sont bien...
J'ai dit cette phrase lentement et en posant la main sur l'épaule. Elle tressaillit et se dégage vivement.
Keega : Je ne souhaite pas me prononcer par rapport aux hommes. – Pause – J'ai envie de danser. Tu me sers de cavalier?
Sénamé : Bien sûr et avec plaisir.
Je me lève lui tend la main et l'entraine sur la piste où quelques couples évoluent déjà sur « And I love him » de Esther Phillips. Je suis membre d'un club de danse de salon, c'est ce qui explique que je sois familier avec ce genre de musique. Nous bougeons harmonieusement. Elle danse très bien. Elle ferait une très bonne partenaire de danse. J'ai comme l'impression qu'elle flotte dans mes bras. Elle est comme différente. Vulnérable et elle s'abandonne contre moi. Le groupe enchaîne sur « Try me » tjrs de Esther Phillips. Je connais les paroles et je les fredonne à son oreille. Qu'est-ce qui me prend ? Bof j'en ai envie et je me laisse aller. Nous retournons nous asseoir après avoir dansé une vingtaine de minute collés l'un à l'autre. Elle prend sa poche et y range son paquet de mouchoirs papier rester sur la table dès qu'on s'assoit. Je comprends le message. Elle veut rentrer. Je paie l'addition. Et on sort. Elle n'a pas parlé depuis son invitation à danser. Elle est différente depuis tout à l'heure. Muette, le regard perdu. Elle doit être fatiguée. Une fois devant sa voiture, elle l'a débloque ouvre la portière.
Keega : Merci pour la soirée. Je me suis vraiment amusée. Il est temps pour moi de rentrer. Tu peux tout me dévoiler maintenant.
Sénamé : O_O ?
Keega : Tu te doutais bien que j'avais compris et que je jouais le jeu ? Allez vas-y parle stp ? C'est Eddie c'est ça ? Elle est folle cette fille. Mais je l'adore et j'espère qu'elle sera fière de moi. Je suis trop forte.
Elle est redevenue joyeuse un peu comme avant la discussion autour de sa vie sentimentale. Elle regarde à nouveau autour d'elle.
Keega : Vas-y Sénamé. Ne fais pas ces yeux ronds. Je ne dirai pas que j'avais compris depuis le début. Vous n'aurez qu'à couper cette partie. Et puis on pourra ajouter d'autres prises si tu veux. Tu me montreras avant de diffuser à la télé ? Ce sera sur quelle chaîne ?
De quoi elle parle cette fille. Elle a dû boire un peu trop de martini c'est sûr.
Keega : Allez vas stp. Présente-moi tes collègues. Eh oooooo, vous êtes grillés. Vous pouvez sortir de vos cachettes. Sortez et vous aurez droit chacun à un bisou. Vous êtes trop fort.
Mais de quoi elle parle.
Sénamé : Mais de quoi tu parles Kee ?
Keega : J'ai compris depuis le début mais je t'ai laissé faire parce que je l'avais promis à Eddie.
Sénamé : Compris quoi ? Promis quoi ? A qui ? Eddie c'est qui ?
Keega : Ma petite sœur Eddie. Celle qui vous a demandé de me piéger.
Sénamé : O_O !!!!!!
Keega éclate de rire. Son rire cristallin auquel je commence à attacher.
Sénamé : O_O ????? O_O !!!!!
Elle me regarde et ris de plus en plus fort. Elle est saoule, j'en suis convaincu. Il ne faut pas que la laisse conduire. Comment gérer sa voiture ? Je dois la déposer. Elle continue de rire et de crier à je ne sais qui de sortir de leur cachette pendant que moi je réfléchis aux possibles solutions pour sécuriser sa voiture. Je suis sorti de mes pensées par le silence subit autour de moi. Keega ne rit plus. Elle me regarde bizarrement. Comment si elle venait de réaliser quelques chose.
Keega : Ce n'est pas une caméra cachée ?!!!!! Ce n'est pas un reality show ???!!!!!!
Caméra cachée ? Reality show ? Les mots mettent un temps pour parvenir à mon cerveau et là c'est moi qui pars dans un fou rire. Son visage se décompose. Je sens qu'elle est entrain de se mettre en colère. Très en colère d'ailleurs mais je n'arrive pas à arrêter ce rire. Je fais un effort surhumain parce que là je crois qu'elle va exploser.
Sénamé : Kee t'es folle ma foi. Ou t'es allée chercher ça ? Caméra cachée ? Télé réalité ? OMG.... Hahahaha
Et paffffffffffff. Je ne l'ai pas vu venir. Elle rentre dans voiture et démarre en trombe. Plus pour réaliser qu'elle venait de me gifler que pour la douleur je pose ma main sur ma joue et regarde sa voiture s'éloigner à vive allure.
Part4:
(Keega Amivi MALOUA)
Doux Jésus ! Je viens de passer 4 heures avec un inconnu. J'ai diné, parlé de ma vie jusque dans les moindres détails et dansé avec un parfait inconnu. Et pourquoi ? Parce que je suis une parfaite idiote. Je ne fais jamais rien de bon. Je ne réfléchis jamais avec ma tête. Je dois avoir autre chose à la place du cerveau ou mes neurones ont des difficultés de fonctionnement dans certaines situations.
Qui a décrété que c'était une télé réalité ? Moi. Qui a fait la star durant toute la soirée ? Moi. Qui a étalé sa vie pour impressionner sa sœur et séduire de soit disant spectateurs ? Encore moi. Qui s'est mis dans cette merde toute seule ? Moi, moi, trois moi. Je me déteste. Qu'est-ce qu'il doit bien penser de moi ce type ? J'appuie sur l'accélérateur. Il faut que je m'en aille bien loin de cet endroit.
(Sénamé Mathys DOMINGO)
Le main toujours sur la joue, je cours vers ma voiture, démarre et roule à tombeau ouvert pour la rattraper. Vu la manière dont elle a réagi et celle avec laquelle elle a démarré j'ai peur qu'il ne lui arrive malheur en chemin. Il faut que je m'assure qu'elle rentre saine et sauve. Je tourne comme elle au niveau de l'ancienne Direction Générale de la LONATO (Loterie Nationale Togolaise) en direction de la lagune. J'appuie à fond sur l'accélérateur. J'aperçois sa voiture au feu tricolore de l'hôpital dès que je monte la petite colline. Je vais juste la suivre jusqu'à chez elle et ensuite rentrer chez moi. J'habite dans la même direction.
Entre nous, cette fille ne serait pas un peu folle ? Camera cachée ? Ça existe à Lomé depuis quand ? Elle regarde trop de film. Se croire dans une émission de télé réalité. Tout s'explique maintenant. Elle cherchait les cameras depuis le depuis le début voilà pourquoi elle regardait tout le temps autour d'elle. Elle essayait de charmer des téléspectateurs virtuels. Elle s'est montrée si gentille, m'a parlé de sa vie, a dansé avec moi tout ça pour la télé. S'il se trouve tout ce qu'elle m'a raconté est faux. Oui avec les filles de Lomé on ne sait jamais. Mais j'ai sa carte de visite... et cette voiture qu'elle conduit ... et ses manières distinguées. Il doit y avoir une explication logique. Et puis elle a parlé de sa sœur... Elle s'est vraiment crue dans une télé réalité. Oh mon Dieu. Elle doit être vraiment mal. Mais ce n'est pas une raison pour me gifler même si je l'ai ressenti plus comme une caresse que comme une gifle. Sa main est si douce...
(Keega Amivi MALOUA)
Je ne veux plus jamais avoir affaire avec lui, jamais revoir sa sale tronche !!! Eh oh Kee il a plutôt une belle gueule ne raconte pas d'histoire. Oui mais belle gueule ou pas qu'il aille se faire foutre. Et merde, je lui ai laissé ma carte. Il sait ou je travaille, comment je m'appelle et il a tous mes contacts. Il faut que je la récupère. Il le faut. Je la récupère et je lui fais comprendre qu'il a intérêt à ne pas chercher à me voir, jamais. Ça vaudra mieux pour lui. Il faut que je fasse demi-tour. Il doit être toujours au 54.
(Sénamé Mathys DOMINGO)
Attendez, on dirait qu'elle est entrain de faire demi-tour. Qu'est-ce qui lui prend encore ? Elle va où comme ça ? Ne me dites pas qu'elle a oublié le chemin de sa maison. Attendez, je vais faire simple. Elle m'a laissé sa carte. Le temps de la retrouver et je l'appelle. Elle décroche à la 5ème sonnerie.
Keega : Keega Amivi MALOUA bsr.
Sénamé : Bonsoir Kee, tu te crois toujours dans un reality show ?
Keega : ...
Sénamé : Il n'y a jamais eu de caméras cachées alors calme toi et rentres chez toi.
Keega :...
Sénamé : Kee tu es là ? Je n'enregistre pas cette conversation rassures toi. Il n'y pas de piège. Je suis architecte. Je t'ai vu arriver au restau tout à l'heure et tu m'as tout de suite attiré. J'ai joué le tout pour le tout en m'invitant à ta table.
Keega :...
Sénamé : Tu es là Kee ? Stp dis quelque chose. Regardes dans ton rétroviseur, je suis derrière toi. Je veux juste m'assurer que tu rentres bien chez toi.
(Keega Amivi MALOUA)
Ces deux dernières phrases me sortent de ma torpeur. Je raccroche immédiatement. Il est derrière moi. Il me suit. Qu'est-ce qu'il veut à la fin ? C'est peut être un violeur. Il veut surement me faire du mal. Qu'est-ce que je fais ? Il faut que je réfléchisse. Je ralentis et me gare dans la station d'essence CAP de Casamblaca en face d'un bar très fréquenté, le Ryverone. S'il tente quelque chose je pourrai être rapidement secourue. Je sors de ma voiture et m'adosse à la portière. Je l'attends pour récupérer ma carte. Le voilà qui gare, sort de sa voiture et s'avance vers moi d'un pas sûr. J'inspire et j'expire un bon coup.
Sénamé : Mais qu'est-ce qui te prend à la fin ? Tu joues à quoi là ?
Keega : (très calmement) Rendez-moi ma carte s'il vous plait.
Sénamé : Pardon ?
Keega : Ma carte de visite, celle que je vous ai remis au restaurant, rendez la moi s'il vous plait Monsieur. Rendez la moi et je ferai comme si on ne s'était jamais rencontré. (Comme si je parlais pour moi-même). On ne s'est jamais rencontré. Je ne suis pas sortie ce soir. Je suis restée chez moi et j'ai regardé un film et j'ai écouté du jazz et je me suis endormie.
Sénamé : (Presqu'en criant) Elle est vraiment dérangée cette fille. (En s'adressant à moi) Puisque le « vous » est de retour et bien si vous voulez votre carte venez la chercher vous-même. On ne s'est jamais rencontré comme vous dites. Vous êtes resté chez vous, vous avez mangé toute seule et tout ce que vous voulez. Vous devez souffrir d'un truc vraiment sale. Venez chercher votre putain de carte de visite. (A lui-même) Mathys ça t'apprendra de laisser ton autre toi réfléchir à ta place. C'est ce qui arrive quand on pense avec son cerveau d'en bas au lieu d'utiliser ce lui d'en haut.
Il se retourne et se dirige à grand pas vers sa voiture. Je ne sais pas pourquoi mais je le suis presqu'en courant. Il entre dans la voiture et se met à chercher je ne sais quoi. Ma carte surement. 5mn s'écoule et rien. Je n'ose pas parler. Il est furieux et je me sens mal à l'aise. Je me sens idiote. Qu'est-ce que je fais dehors ? Qu'est-ce qui m'a pris de sortir ? C'est ma première sortie depuis ... et tout se passe de travers. J'éclate en sanglot. Je ne sais pas comment mais je me retrouve dans les bras de cet inconnu qui à cet instant précis sont un doux refuge pour moi. Je ne sais pas combien de temps je suis restée comme ça à pleurer mais quand je me suis calmée il m'a installé sur le siège passager de sa voiture. J'étais épuisée et je n'ai rien dit. Je ne pouvais pas conduire dans mon état. J'avais des maux de tête atroces et les yeux enflés. Sénamé est allé discuter avec le gardien de station service. Il est revenu me demander les clés de ma voiture surement pour bien la garer. 10 mn plus tard nous étions au niveau de Atikoumé.
Sénamé : Tu peux m'indiquer où tu habites.
Keega : Totsi pas loin de l'agence UTB (Union Togolaise de banque).
Sénamé : D'accord.
Arrivé au niveau de l'UTB je lui indique ma maison. Une fois devant chez moi, il sort et vient m'ouvrir la portière. J'ai la tête qui tourne. J'essaie de sortir de la voiture, je trébuche et plus rien.
Part 5
(Sénamé Mathys DOMINGO)
Dans quoi je me suis fourré. Non mais c'est la dernière fois que je me laisse guider par ma turquette. La prochaine j'utiliserai mon cerveau. Nous sommes au niveau de l'UTVB Totsi. Elle m'indique sa maison qui est dans la rue de l'immeuble St Philippe. Moi aussi j'habite le quartier, pas loin de JESS HOTEL. Je n'ai pas de mal à suivre ses indications. Une fois chez elle, je descends lui ouvrir la portière. Je vais lui remettre ses clés de voitures et lui dire que je lui enverrai sa carte de visite lundi à la première heure à son bureau. Je n'ai aucune envie de la garder. Je n'ai pas besoin de folle-dingue dans mon carnet d'adresse. Elle a l'air si fragile, si vulnérable. Elle descend de la voiture péniblement et trébuche. Je la rattrape mais elle ne bouge plus. Qu'est-ce qu'elle me fait encore ? A quel jeu maléfique joue-t-elle encore ?
Sénamé : Keega ? Keega ? Ah pardon, Mlle MALOUA svp ouvrez les yeux et redressez vous nous sommes arrivés chez vous. Il est temps pour moi de rentrer chez moi. Vous m'avez épuisé ce soir.
Je la secoue légèrement. Elle n'a plus de tonus musculaire. Elle est totalement flasque. OMG elle s'est évanouie, là devant chez elle. Je suis mort et enterré. Qu'est-ce que je fais. Il faut que je me calme et que je me rappelle de mes cours de secourisme. J'en ai pris quand j'étais à l'EAMAU. Je vois un monsieur d'un certain âge sortir de ce qui doit être une guérite et s'avancer vers nous. Et Keega qui est toujours inconsciente dans mes bras.
Le monsieur : Il y a un problème Monsieur ?
Sénamé : Oui je suis venu déposer votre patronne et elle s'est évanouie dans mes bras en descendant de la voiture. Vous voulez bien ouvrier le portail pour que je la fasse entrer et voir comment je peux lui porter secours s'il vous plait.
Le monsieur ne dit rien et allume une torche pour voir le visage de celle que je porte. Dès qu'il la reconnait, il se précipite pour ouvrir le portail et me précède dans la maison. Il me guide dans une longue allée bordée de fleur jusqu'à une terrasse.
Sénamé : Ouvrez la porte. Je ne vais pas l'étendre sur la terrasse.
Le monsieur : Oui mais je n'ai pas la clé
Sénamé : Allez chercher le sac de Madame dans la voiture. Il doit y avoir une clé.
Il part en courant et revient 2mn après, ouvre le salon et allumes quelques lumières. J'entre et j'allonge Kee sur la moquette beige de son salon. Elle respire régulièrement ça c'est un bon point. Je la retourne sur un côté et bascule son menton vers le haut. (Merci à la croix rouge). J'ouvre la fermeture éclaire de sa robe et j'entreprends de l'enlever. J'entends quelqu'un déglutir.
Sénamé : Pourquoi vous êtes là vous ?
Le monsieur : Je suis le gardien, l'agent de sécurité de Madame.
Sénamé : Oui mais qu'est-ce que vous faites planté là ?
Le monsieur : Je sécurise
Sénamé : Allez plutôt sécuriser ma voiture restée dehors.
J'avais élevé le ton et il est sorti en courant.
Sénamé : Regardez moi ce vicieux.
Je termine d'enlever la robe de Keega et elle se retrouve dans un ensemble rouge soutien gorge demi balconnet et string couvrant à peine son pubis. Elle a le maillot parfaitement épilé aucun poil ne dépasse le minuscule triangle rouge. Mes sens s'affolent. Il faut que je me concentre, sa vie est en danger. Je souffle un coup, dégrafe son soutien et libère ... waouh j'ai du mal à respirer. Ses seins sont parfaits. Bonnet B mais on aurait dit qu'il y avait des prothèses. Je l'ai retourné correctement sur le côté mais je n'arrivais pas à détourner mes yeux de ses seins. Ils tiendront parfaitement dans mes deux mains. Non, non, non, non, non !!! Il faut que je pense à autre chose j'attends 5mn encore, si elle ne revient pas à elle, je l'amène à l'hôpital. Je m'assois sur la moquette à côté d'elle faisant face à son dos mais il y a son cul d'enfer qui s'offre à moi. Ces deux ficelles rouges disparaissant dans la raie de ses fesses. Il faut que je l'emmène à l'hôpital, si je reste seul ici avec elle je vais finir par la violer. Il faut que je trouve une couverture pour la recouvrir. Je ne peux pas la sortir de la maison ainsi vêtu ou dévêtu (c'est comme vous voulez). Il y a une porte en face de moi. Elle doit donner sur les chambres. Je me lève et vais l'ouvrir. Elle donne sur un couloir. En face de mois sur ma gauche il ya 2 portes. J'ouvre la première. Je touche à tâtons le mur dans l'angle et je tombe sur un interrupteur j'allume. Il ya un grand lit bien dressé avec des draps blancs. Tout est bien rangé et il y a cette odeur. Son odeur. Je me dirige vers ce qui ressemble à un placard. J'ouvre les portes et je pars à la recherche d'un drap, d'un pagne ou d'une couverture. Quelque chose d'assez grand pour la recouvrir entièrement. Des piles de vêtements sont bien alignées mais je ne vois rien qui ressemble à ce que je cherche. Désolée Kee mais moi je suis désordonné et je vais mettre du désordre dans ton placard et puis c'est pour la bonne cause.
(Keega Amivi MALOUA)
J'ouvre les yeux. Où suis-je ? J'ai un peu froid. (Je suis un peu frileuse). Je me recroqueville sur moi-même et là je me rends compte que je suis presqu'à poil couchée sur ma moquette dans mon salon. Comment j'en suis arrivée là ? Ma robe traine à côté de moi, mon soutif aussi. Les affaires de mon sac son renversé par terre. Mes chaussures trainent par ci par là. Qu'est-ce qui a bien pu m'arriver. J'essaie de me lever. Aïe j'ai horriblement mal au crâne. Je fais un effort sur moi pour me lever. Je me traine vers ma chambre. Qu'est-ce qui a bien pu m'arriver ? J'ai mal atrocement au crâne chaque fois que j'essaie de faire appel à ma mémoire. Je garde les yeux à moitié fermer j'ai moins mal comme ça. La porte de ma chambre est ouverte et la lumière est allumée temps mieux. Je veux juste me jeter dans mon lit. Après une bonne nuit de sommeil je verrai plus clair surement. Je rentre dans ma chambre et je m'allonge direct sur le lit. Je tire la couverture sur moi et j'étais la lumière sur le retour au dessus de mon lit. Il y a de la lumière qui filtre de mon dressing. Je ferme les yeux forts pour pas la sentir mais elle toujours là dans ma tête. Je me lève péniblement, me dirige vers la porte du dressing et quand je l'ouvre je pousse un cri. Je tombe sur quelqu'un ce doit être un voleur. Je me retourne pour m'enfuir mais la personne m'attrape et me serre dans ses bras je me mets à crier au secours mais il plaque sa bouche sur la mienne. Je me débats comme une folle et il resserre son étreinte et son baiser se faire plus profond, plus violent. J'ouvre grand les yeux et je plonge dans son regard. Ce regard je le connais mais il y a une lueur toute nouvelle. J'arrête de me débattre et je me laisse aller. Ses lèvres sont si douces. Sa langue qui a forcé le passage de mes lèvres explore tous les coins de ma bouche. Il a un goût de menthe. Je ferme les yeux. Je me laisse aller je ne veux plus penser à rien. Son baiser s'adoucit et nos langues s'entremêlent, se sucent, se lèchent. Il embrasse bien. Je tressaute. Il vient de poser ses deux mains sur mes fesses et les malaxe lentement. C'est surement un rêve et je n'ai aucune envie de me réveiller. Je sens cette douce chaleur qui a déserté mon corps depuis des lustres monter dans mon bas ventre, je la reconnais. C'est si agréable. Je me mets sur la pointe des pieds, me plaque contre lui et frotte mon bassin contre le sien. Je sens cette bosse bien dure. Je gémis contre sa bouche. Il lâche mes lèvres et parsème mon visage de petits bisous tout doux en direction de mon oreille gauche qu'il lèche, mordille et d'un coup et glisse sa langue à l'intérieur. Je lâche un cri rauque. Je retrouve mes réflexes de femme. Mon bassin commence une danse langoureuse contre le sien. Mes mains se glissent toutes seules sous son polo. Sa peau est douce et brulante. Mes mains parcours son dos tandis que sa bouche descend sur mon cou et ses mains quittent mes fesses pour mes seins. Je sens mon entrejambe se mouiller abondamment dès qu'il touche ma poitrine. Il prend mes seins à pleine main et les pétrie avec délicatesse. Ses lèvres quittent mon cou et prennent un de mes tétons déjà durcis. Il mordille, titille, happe, lèche. Je serre les dents mais c'est trop bon. Je me laisse aller à des gémissements de plus en plus forts.
Le gardien : Madame ? Madame ? Tout va bien ? Je vous ai entendu crier. Tout va bien.