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Juste une nuitée

Juste une nuitée

Auteur:: zeynabintou
Genre: Romance
Ils se sont rencontrés durant une fête et l'alchimie a passé. C'était la première fois qu'il n'avait pas envie de fuir ou d'essayer de trouver une excuse après une séance de sexe. Il était là, à ses côtés en train de la regarder dormir, de la contempler et d'inhaler son parfum si doux et agréable. Il n'avait jamais ressenti ce mélange de passion et de désir avant cette nuit, c'était la première fois. Il était prêt à tout laisser pour elle, même trahir la confiance de certains, mais...... Blottis l'un contre l'autre, Manlang attendait que le jour se pointe pour lui avouer tout, hélas il était aussi tombé dans le piège. Tout ce qu'il pouvait faire désormais, c'était disparaître en un éclair tel un djinn, s'il n'en est pas un!

Chapitre 1 La prise de conscience

Assise sur un coussin moelleux, je dardais du regard la panoplie de maquillage posée sur la coiffeuse en bois de Boury. J'étais stupéfaite, à chaque fois que je rentre dans sa chambre, je ne peux m'empêcher de traîner mon regard dans ses affaires.

- regarde-moi..... ferme les yeux. .... cille un peu.....ferme la bouche..... ouvre-la..... parfait... on y est. .... c'est presque fini.....

J'étais obligée d'obéir à ses ordres sans piper mot. Je lui avais donné en aumône mon visage si candide pour qu'elle y trace et dessine tout ce qui lui chante. Je n'avais pas le choix à part obéir à la reine des pinceaux car mon avenir en dépendait comme elle me le répétait chaque minute.

Si cela ne dépendait que de moi, j'allais juste mettre une ou deux couches de poudre, un léger mascara et un gloss neutre sur les lèvres, enfile ma robe et les hauts talons et le tour est joué. Hélas, madame avait le visage froissé en entendant mes dires.

Sans autre forme de procès, elle me tira vers elle et me demanda de m'asseoir sur son coussin en face de sa coiffeuse afin quelles s'occupe de moi comme une reine.

- oh Eva tu es belle, magnifique, resplendissante, mignonne! Si tu ne trouves pas un mari ce soir, appelle-moi pawlish. Dit-elle en riant aux éclats.

C'est elle boury, ma meilleure amie, mon alter ego qui se moquait de moi encore comme toujours de mon statut de célibat. Elle a essayé tant bien que mal de me trouver un homme allant même jusqu'à me présenter tous ses cousins. Si seulement j'avais un frère, avait-elle l'habitude de dire.

Nous nous appretions à aller à une fête d'anniversaire qu'une amie nous a conviés. J'avoue je ne voulais pas y aller mais, comment faire avec Boury, qui n'arrêtait pas de me sermonner sur ma léthargie chronique et habitude mauvaise à vouloir rester h24 cloîtrée entre les murs. Elle voulait que j'y aille coûte que coûte, ne sachant que faire d'elle, j'ai accepté sa requête et me dit que ce n'est qu'une soirée d'anniversaire.

-voilà! C'est presque fini. Affirma-t-elle en m'enfonçant les épingles quasiment dans mon crane. Regarde-toi sur la glace ma belle. Reprit-elle d'une voix douce et tremblante de joie.

Le visage qui reflétait sur le miroir me ressemblait tellement que je refusais de croire que c'était moi. Oh oui c'était moi!

- tu es une extraterrestre, tu m'as transformée en une reine parfaite. Dis-je la gorge nouée de joie.

- tu es terriblement belle et magnifiquement sexy.

À part son caractère excessif, son bon coeur, sa folle gaîté dégoulinante, Boury a des doigts de fée, tout ce qu'elle touche devient de l'or. Elle est douée en relooking et pourtant elle ne l'a appris nulle part, c'est une science infuse, un don.

En me mirant sur la glace, je me surprends de cette magnifique créature qui n'est autre que moi-même, j'étais toujours hypnotisée par ma propre personne. J'étais divinement belle, Boury m'avait transformée d'une telle manière que je ressemblais à une reine. J'avais la bouche béate devant une telle création.

- alors, ça te plaît? Demanda-t-elle comme si elle attendait le résultat de sa vie.

-magnifique, c'est juste magnifique .dis-je presque les larmes aux yeux.

Folles que nous sommes, nous nous étreignîmes l'une contre l'autre un bon bout de temps avant de se séparer le cœur rempli de joie.

-ne gâche pas un si dur labeur. S'exclama-t-elle en riant.

Boury est ce genre d'ami qui pense d'abord au bonheur de l'autre avant le sien. Si cela ne dépendait que d'elle, nous allions nous marier le même jour. Elle en avait tellement rêvé tellement langui qu'à la veille de son mariage, elle avait refusé de rentrer chez elle, blottie contre moi, elle racontait à sa mère que tout était de ma faute, que c'est moi qui chassais les hommes depuis mon divorce, que je ne voulais pas me marier et qu'elle m'a tant attendu sans que je ne montre une envie de changer de statut.

Elle avait raison. Je me rappelle qu' elle avait maintes fois refusé la demande de Papis sous prétexte qu'elle n'était pas prête, sauf qu'elle comme moi, savaient qu'elle attendait sagement que je trouve l'homme idéal afin de concrétiser son rêve de nous marier le même jour.

Je n'oublierai jamais aussi le jour où elle s'est disputée avec Papis sur le même sujet. Elle ne voulait toujours pas se marier sans sa meilleure amie disait-elle, elle disait qu'elle attendra qu'importe le temps que cela prendra. Furieux, Papis lui avait donné un ultimatum, soit elle se marie avec lui, soit elle campe sur sa décision.

-si tu me fais ça Boury, jamais je ne te le pardonnerai.Comment oses tu rompre avec Papis pour tes histoires à la con, hey ressaisi toi, papis est un homme merveilleux, ne le fais pas attendre. Appelle-le tout de suite et demande-lui pardon, dis lui que tu acceptes et qu'on se mette aux préparatifs illico presto. Lui avais-je dit d'un ton dur.

Elle est tellement capable que si on la laissait comme ça, Elle allait encore refuser la demande de Papis.

Oh! Que je déteste les fêtes et tout qui va avec, je suis solitaire et je m'y plais bien. Non seulement que c'est une obligation d'y aller, mais aussi il m'est redevable d'être là-bas ce soir car c'est la énième fois que je trouve une excuse à aller à sa fête et pourtant, Khadija, la native du jour, est une bonne amie à nous. Agent dans une banque de la place, Elle n'hésite jamais à nous rendre service.

-bon il est temps d'y aller pa puce, papis a atteint son paroxysme de patience.

-c'est vrai, le pauvre il nous attendait presque 2heures de tour d'horloge.

-ça en vaut la peine. Tu es RESPLENDISSANTE.

-Merci mais toi aussi tu es magnifique.

- je suis sponsorisée par monsieur mon mari. Affirma-t-elle en tournant sur elle-même

-ohhhh que c'est mignon!!! Maintenant descendons, il est l'heure.

- pas si vite.

- qu'est ce qui reste encore. Demandai-je intriguée.

-je souhaite que cette soirée soit la tienne. Entama -t-elle en prenant mes deux mains. Je souhaite que tu trouves l'homme qui te rendra heureuse car tu le mérites, tu as un coeur en or, sexy, mignonne alors ne gâche pas cette chance. Oublie toutes tes aventures malheureuses, ton ex, ton mariage, le meilleur est devant toi.

- tu vas me faire pleurer, arrête s'il te plaît.

- j'arrêterai quand tu vas me promettre de faire tout ce que je te demande.

- promis! m'empressai-je de dire

- déjà tu es belle, il te suffit de quelques détails pour voler la vedette à Khadija.

- comment ça! Mais ce n'est pas ma fête c'est la sienne non.

- oui mais c'est la première fois que tu y assistes et je peux te jurer que cette soirée va regorger un nombre fou d'humains. Quand tu marches redresse les épaules, lève le menton comme une duchesse, arpente le sol gracieusement telle une saint louisienne, souris légèrement.....

Je refrénai un fou rire à l'entendre me conseiller telle une enfant.

- Eva je suis sérieuse. Il y aura la gent masculine à gogo et je suis sûre que ton futur mari y sera. Je récapitule. Sois inaccessible c'est ce qui attire leur attention. Ne néglige aucun détail, fais-toi désirer ma chérie, tu as tous les atouts pour mettre à tes pieds tous les hommes de cette planète. Tu es d'accord avec moi ma princesse?

-oui, j'ai tout noté. ... seulement j'ai peur de le croiser.... j'ai vraiment peur.....

-Qui?

-l'imbécile.

-je doute qu'il y sera. Il n'est pas fou à ce point. Ne fais pas cette mine, il n'en vaut pas la peine, c'est un salopard et un opportuniste et même s'il sera de la partie multiplie le par zéro à moins que tu l'aimes toujours? Me demanda-t-elle l'air faussement perturbé.

- Mbagnick est hors jeu. Dis-je pour détendre l'atmosphère.

- c'est ce que je souhaite entendre. Maintenant tu es prête à rencontrer ton futur mari?

- oui madame je suis prête.

-Eva va enfin se trouver un mari.

-je ne te promets rien. Blaguai-je

- tu n'oseras pas.

En descendant la marche des escaliers, papis qui était en bas dans le salon avait le regard figé sur nous, du moins sur sa femme.

-j'avoue que ça en vaut la peine. Vous êtes toutes les deux divinement belles. Dit-il en avançant vers nous, prit la main de sa femme d'une manière royale, y déposa un baiser avant de l'entourer par la taille comme qui s'apprêtait à danser la valse.

J'étais là juste à titre de spectatrice. Leur voir ensemble me rend heureuse, ça me procure un immense plaisir, tellement ils sont mignons. Boury et papis forment le couple parfait sans tare ni vice. Ça se voit sans factice qu'ils sont fous l'un de l'autre leur amour est pur, sain, contagieux...... si je dois me remarier un jour , je prie que DIEU me donne un mari aimant comme papis. Il est l'homme que je souhaite avoir comme mari, il est attentionné, mignon, galant et avec une prestance de Roi, et la fermeté d'un Prince. Papis est ce genre de mari qui montre et démontre sa femme en la mettant en évidence. Leurs regards coquins témoignent largement leur complicité. D'un geste sensuel, papis déposa sur les lèvres de sa femme chérie un doux et furtif baiser.

-beurk .... dis-je en faisant semblant d'être horrifiée.

Il se retourna vers moi, toujours sa main sur la taille de Boury, me tendit l'autre pour que je descende les deux derniers paliers.

-Vous êtes toutes les deux magnifiques. S'enthousiama-t-il de dire nous provocant un fou rire.

Une fois dans la voiture, Boury met encore sa chanson favorite: come into me de viviane chidid. Comme à chaque fois, elle chantait à tu tête, la tête inclinée vers son trésor, lui lançant des regards coquins et désireux, parfois elle se tourna vers moi m'incitant d'un clin d'oeil à chanter avec elle ce que je refusais comme d'hab.

Pendant qu'elle chantait ou criait je regardais les rues défilaient à travers la vitre, me remémorant de ma dernière relation.

Vous voulez savoir comment ça été. DESASTREUSE, c'était désastreuse, n'empêche à chaque fois que je ferme les yeux ou que j'entends la voix doucereuse et mielleuse de viviane chantait come into me, mon coeur battait à tout rompre.

Boury ne le sait pas car je ne veux pas qu'elle arrête d'écouter sa chanson favorite mais , j'ai rencontré Bakary, mon premier copain après mon divorce en chantant le fameux refrain de "come into me" et il me taquinait que j'avais une belle voix et notre séparation était aussi douloureuse que la tendresse qu'elle avait débutée.

Bref, c'est du passé. Mais quand j'y repense, je me suis faite toute belle pour aller à une soirée d'anniversaire uniquement pour y trouver un mari? Suis-je dingue à ce point?

Il faut que je reprenne un souffle et que je pense d'abord à mon avenir avant les hommes. Les hommes sont naturellement sombres qu'on ne s'apperçoit de leur cruauté que trop tard.

Inspire et expire me disait ma voix intérieure, tous les hommes ne sont pas pareils, regarde papis il est tellement galant et responsable alors penses tu qu'il est le seul doté de valeur pareille dans ce monde?

J'écoutais ma voix intérieure comme à chaque fois et je me résigne d'accepter la réalité et de refouler ma peur.

C'est décidé je vais m'ouvrir aux autres, leur ouvrir mon cœur, essayer de vivre le présent et de chasser à jamais mon passé.

Oui, c'est ce que je ferai, c'est décidé.

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Vos impressions s'il vous plaît ! Je continue la chronique, ou elle n'en vaut pas la peine ?

Chapitre 2 La rencontre

Vivre l'instant présent, en cueillir ses fruits vaut mille fois que de vivre dans l'ombre du doute et de la peur.

Des câlins me manquent, des baisers me manquent, des étreintes qui durent cinq minutes me manquent, des regards coquins, des effleurements, des attouchements, toutes ces choses que je faisais avec mon imbécile d'ex-mari et qui savait bien le faire me manquent. Je ne puis imaginer comment j'ai pu aimer ce monstre, comment ses insultes, ses frappes, ses coups de poings et ses menaces me faisaient plaisir. Je souffrais mais, avec un plaisir inextinguible et ce salaud savait comment s'y prendre car connaissant mon talon d'Achille. Il était, un très mignon et très coquin imbécile.

Que vais-je faire pour sortir Mbagnick de mes pensées ?

C'est décidé, je vais vivre ma vie sans laisser une place à mon passé et à cet homme qui pense m'avoir comme esclave.

Me rompant de ma discussion avec ma voix intérieure, la voiture s'arrêta brusquement.

- on est arrivés mes dames.

- vas-y mon chéri on te rejoint dans une minute.

- comme vous voulez, à tout à l'heure.

- Eva? Dit-elle juste après que papis a fermé la porte.

- humm

- pas de hum, s'il te plaît ne me fais pas faux bond comme l'autre soir, tu t'intéresses ou pas fonce après on verra les dégâts mais fonce je t'en supplie. Comment il peut être, visage renfrogné, nez démesuré, petit de taille, traits simiesques, ma chérie fonce...

- et tu vas gérer les dégats?

- je te le promets.

- j'ai peur, on dirait qu'il y a un monde fou à l'intérieur.

- c'est évident. Aller on y va. Que la chance te sourit.

- dis-moi, tu vas gérer les dégâts ?

- oui ma belle.

Et nous nous laissâmes dans un fou rire.

Comme deviné, la maison était bondée de monde, la musique qui, trop forte à mon goût nous empêchait de nous entendre et nous obligeait de crier à chaque fois.

- j'ai le tournis Boury. Criai-je

- non ne me fais pas ça, ce sont des humains vous habitez ensemble sur la même planète, regarde les bien ils ne sont pas des extraterrestres à moins que tu les voies comme Gog e Magog.

- je me suis trompée, je n'aime pas les fêtes.

- oh mon Dieu, Eva tu recommences.

- j'aurais mieux fait de rester chez moi.

- en train de gribouiller sur tes papiers là, des histoires de romances alors que tu ne les vis point? Mais arrête bon sang!

- en tant qu'auteure on n'est pas obligé de nous inspirer de notre propre vie il nous faut transcender le moi pour aller vers la fiction.

- tes lecteurs ne méritent pas ça.

- quoi?

- tu as bien entendu. Ils ne méritent pas une écrivaine qui leur sert des citations d'amour, qui leur incite à aimer à s'ouvrir pendant qu'elle s'en foutait de l'amour, c'est du n'importe quoi.

- en quoi cela les dérangerait, j'écris des fictions ?

- parce que tu penses que la fiction n'est pas la réalité. À chaque fois que tu fictivises sache que tu en fais une réalité que d'autres vont vivre et parfois même grâce à toi. Tu crées une réalité en écrivant ma chère. Je suis plus douée avec les pinceaux à fard qu'avec les stylos mais, sache que je connais très bien la fine différence qui les sépare.

- je le sais ma belle, mais pour mon cas j'ai peur d'aimer encore une fois.

- à cause de ton ex mari?

- oui.

- Eva je ne cesse de te le répéter, si tu l'aimes encore vas-y, si tu peux supporter ses vices vas-y rien ne t'y empêche.

- il ne s'agit pas de ça. Je ne l'aime plus...

- alors qu'y a t-il ?

- c'est ce que je n'arrive pas à déceler.

- ne t'arrive t-il pas de te sentir seule parfois.

- c'est mon ressenti de tous les jours mais ....

- papis arrive, s'il te plaît oublie ce sentiment négatif et profite de cette soirée je t'en supplie, tu as une mauvaise mine s'il te plaît souris un peu...

- tout va bien mes dames?

- oui, c'est Eva qui se lamente de ce bruit assourdissant.

- tu aimerais peut être un bon café Eva, ta drogue légère ?

- oui papis j'ai la tête qui tourne je te jure.

- attend moi je reviens.

- merci.

Les deux amis se firent face juste après le départ de papis.

- inspire, expire. C'est normal que tu te sentes dépaysé, je sais que les fêtes demeurent en moins ta tasse de thé mais, je ne vais jamais te laisser croire que profiter de la vie n'en vaut pas la peine. Tu te caches derrière tes écris, tes romances mais, si seulement tu pouvais devenir une de tes personnages et t'évader je te jure que tu sauras que vivre la belle vie ou un conte de fée ne sont pas uniquement prédestinés aux personnages. À propos, si on te demandait de choisir de te mettre dans la peau d'une de tes personnages tu allais choisir laquelle?

- parmi mes trois livres, tous mes personnages sont folles, audacieuses et capricieuses de vraies pétasses en quelque sorte.

- tout ce que tu n'es pas.

- oui effectivement.

- alors tu en choisirais qui?

- Alida.

- pourquoi ?

- elle est audacieuse, prête à tout pour son bonheur, elle est courageuse, avec un coeur débordant d'amour, tout ce qu'elle veut c'est vivre le bonheur malgré son passé sulfureux.

- quand tu écrivais ce roman, tu t'es inspirée de ta vie et la fin de cette histoire était tout simplement magnifique, pourquoi ? Parceque le courage de Alida surpassait le naturel, elle ne s'est pas laissée faire des préjugés de cette société infâme. Elle n'a pas porté l'étiquette d'une femme divorcée, elle était tout simplement une femme comme toute autre. Et quand tu nous peins l'histoire de cette Alida, je ne vois que toi ma meilleure amie. Ce courage tu l'as mais, tu fais semblant de ne pas l'avoir. Ressaisis-toi ma belle tu mérites tout le bonheur du monde.

- je t'aime ma bestie.

- je t'aime aussi mais si tu veux vraiment me faire plaisir, oublie ta peur et fais toi désirer. Promis?

- oui promis.

- sage décision.

- je vais chercher ton cher mari il est passé par là, ce café j'en ai vraiment envie.

- café à cette heure, seule ma chérie en désire durant son stress. Bon d'accord je t'attends dehors c'est plus libre.

- parfait, tout à l'heure.

En allant chercher son café, elle discutait avec sa voix intérieure.

écoute ce que Boury vient te dire, elle a parfaitement raison. Pourquoi avoir peur de vivre pendant que ton salaud d'ex-mari croque la vie à pleine dent? _ On est pas pareil?_ C'est vrai raison de plus, car tu es là victime dans cette histoire et lui le coupable et regarde, la société lui a pardonné son forfaiture. Tu devrais en faire pareil ? _Quoi lui pardonner ? Non passer à autre chose._ D'accord petite voix je suivrai tes conseils. _Parfait alors.

En foulant le carrelage des Sarr, Eva se retrouva dans une pièce qui, pour elle était la mieux battit et ornée de cette maison. La bibliothèque.

Il n'y avait personne, aucune âme qui vit, alors elle décida de lire un livre par tirage au sort. Elle ferma les yeux marcha doucement vers la bibliothèque , avança d'un pas, deux puis trois, posa sa main sur un livre avant de l'ouvrir. La couverture du livre en disait long sur le contenu même si on ne juge pas un livre par sa couverture mais cette dernière avait une couleur de rouge sang et le titre plus frappant que la couleur confirmait ses pensées : Rouge sang, noie ma douleur était titré le livre. Elle le prend avec prudence comme qui en avait désormais peur se vautra sur un fauteuil oubliant ainsi la fête et son café. La quatrième de couverture résumé le livre par ces mots : " je suis né dans la misère j'ai grandi dans la misère toute ma famille a vécu dans la misère sans que la vie nous donne la chance de sortir des pattes de cette misère. J'ai décidé de changer la donne de changer cette misère et ceci que le destin me l'autorise ou non"

_ assez flippant. Se dit-elle.

Sans attendre elle mis son téléphone en mode avion comme à chaque fois qu'elle veut se concentrer dans ses lectures ou écris et commença à lire le fameux livre Rouge sang dont le nom de l'auteur est aussi flippant que le titre: RAS.

- RAS, comme Rien À Signaler ? C'est quoi ce nom?

15 minutes plus tard, Eva prit goût à la lecture avec laquelle elle s'évadait, tantôt c'étaient des rires, tantôt une moue de colère, mais le pire c'est qu'elle avait peur. Elle y était à fond au point de ne rien entendre même pas les pas qui venaient vers elle.

Elle sentit une présence derrière elle et se retourna brusquement.

Face à un inconnu avec un visage ferme, elle cria de toutes ses forces en laissant tomber le livre.

Chapitre 3 Il s'appelle Manlang

- shuuutttttt, je ne suis pas un extraterrestre.

- oh mon Dieu, tu m'as fait peur. Lâcha-t-elle en posant sa main droite sur sa poitrine qui battait à tout rompre.

- je t'ai salué.

- quoi?

- je t'ai dit bonsoir, mais apparemment Manlang t'avait hypnotisé.

- tu as lu ce livre donc? L'interrogea-t-elle en haletant.

- non.

- alors comment tu connais le personnage principal ?

- parce que je lisais avec toi.

- pardon?

- arrête de me poser des questions idiotes, bien sûr que j'ai lu le livre. Répliqua-t-il d'un ton plaisant mais dur.

- quelle humeur atrabilaire tu as!

- merci pour le compliment. J'avoue que je ne croyais pas jusqu'à m'en être témoin, qu'une femme pouvait lire ce livre.

- ah bon, et qu'est-ce qui te fait dire ça ?

- c'est effrayant.

- pas du tout, au contraire c'est captivant, je trouve Manlang très drôle.

- Manlang est un djiin et tu le trouves marrant?

- oui, il n'est pas seulement marrant mais aussi romantique, altruiste, patient et aimable.

- .....

- ne me regarde pas comme ça, ce livre possède une magie comme son personnage principal en a. La quatrième de couverture qui n'a point parlé de djiin m'a fait aimer le livre, et en y entrant je me suis sentie rassurée avec un djiin qui voulait protéger sa famille. Manlang est un djiin que j'aimerais vraiment avoir dans la vraie vie.

- parce qu'il est drôle ?

- non, parce qu'il connait le sens de la vie, il a le sens de la responsabilité. Porter ce fardeau était trop lourd pour lui....

- tu n'as pas terminé le livre, s'il te plaît attend de l'avoir terminé d'abord.

-je ne pense pas pouvoir le terminer de si tôt car cela ne m'appartient pas. Je me suis perdue et me voilà ici en train de bouquiner, potasser ce livre. À moins que je l'emprunte à Khadija.

- hum, c'est vrai.

- on ne s'est pas présentés, moi c'est Éva, Éva....

- Longoria?

- mais non, Éva Faye, sérère de pur sang.

- Enchanté Eva Faye sérère de pur sang.

- et toi, c'est comment le nom ?

- Manlang.

Éva pris un recul d'un pas, le cœur dansant le rythme de la peur.

- as-tu peur ?

- non, non je... Je n'ai point peur. Mentit-elle.

- alors approche pour que tu entendes mon nom.

- je t'entends fort bien.

- je m'appelle Manlang, Manlang Diédhiou Diola de pur sang.

- impossible, même nom et prénom que Manlang le djinn ?

- oui. As-tu toujours peur ?

- non, Manlang, enchantée, ravie de faire ta connaissance. Maintenant je vais remettre le livre à sa place et rejoindre mon amie.

- n'y va pas

- pardon?

- on va continuer le livre et on peut même le terminer avant la fin de cette soirée d'anniversaire.

- "ON" tu as dit?

-non, j'ai dis hum.

- tu es sarcastique en plus.

- tu acceptes ?

- seulement parce que je suis curieuse.

- par rapport à qui à quoi ?

- à ce livre bien sûr, à Manlang.

- lequel, le djiin ou moi?

- vous deux.

- parfait. Je sais qu'on ne pourra pas tout lire en une soirée...

- pourtant tu viens de le dire non....

- je parlais d'une autre méthode...

- laquelle ?

- je vais te résumer le livre, te lire certains passages et après tu me poses des questions.

- humm.

- commençons alors.

Manlang s'y mettait tel un féru de la lecture. Son analyse qui était si pertinente troublait Eva. Il ressemblait de plus en plus au personnage, ses traits décrits par l'auteur RAS ressemblaient fort bien à celui qui est devant elle. Manlang le djinn dans la fiction ressemblait à Manlang la personne dans la réalité.

Et si ce n'était pas une coïncidence, ni une fiction ? Parlerait-elle vraiment à un djinn ? Eva fit vite de chasser cette pensée sordide et bizarre à la fois. Mais, Manlang comme s'il savait qu'elle ressentait une appréhension à cause de telles ressemblances, se plaisait de la regarder avec appui, tantôt avec un sourire machiavélique et démoniaque tel le faisait Manlang le djinn quand il était en face avec ses ennemis, tantôt il l'effleurait et cette touche la faisait hérisser les poils.

Elle avait peur, mais avait aussi peur de l'avouer. Soudain, elle se rendit compte qu'ils étaient seuls, pas l'ombre d'un humain ni le bruit d'un pas ne s'étaient fait sentir depuis qu'elle était avec cet homme.

- bon, je dois y aller il faut que j'y aille. Confia-t-elle avec empressement en se levant d'un bond.

- non reste s'il te plaît !

- j'ai pas averti mon amie, elle me cherche certainement.

- assis toi Eva.

- ça fait une trentaine de minutes qu'on est là, il faut que je rejoigne mes amis.

- j'adore ta compagnie Eva, s'il te plaît juste une petite minute.

- ....

- je t'en supplie.

- juste une petite minute.

- promis. Aller assoies toi.

Éva s'assit, jambes croisées et battantes, fixant le sol pour ne pas croiser le regard de Manlang. Soupirant, haletant, suant même, elle ne voulait qu'une chose : quitter la pièce. Manlang la désarçonnait grave, elle avait perdu ses pieds, sa langue, presque toutes ses facultés pour avoir ne serait-ce qu'une discussion avec lui. Manlang la faisait peur, elle ressentait vraiment une peur.

- regarde moi s'il te plaît !

Elle balaya un regard prompt vers sa direction, histoire d'exécuter des ordres sans le vouloir vraiment.

- tu fuis mon regard, pourquoi ?

- parce que le tien est pesant. Affirma- t-elle toujours les yeux rivés au sol.

- en quoi mon regard est-il si pesant au point de te gêner ?

- je ne sais pas Malang, je ne sais pas .

- c'est la première fois qu'on se voit, mais tu me plais beaucoup Eva. Imanguimang meumeuk !

Boom, son cœur fait boom!

- ima.... Quoi?

- i-ma-ngui-mang.

- ça signifie quoi?

- je t'aime en diola.

- ah! Et le meu....

-meumeuk! Ça signifie beaucoup.

- juste les quelques minutes qu'on vient de passer, monsieur l'inconnu m'aime meumeuk?

- le coup de foudre, tu en as entendu parler?

- ça n'existe pas, c'est juste pour amuser la galerie de l'amour.

- tu es sérieuse Eva ?

- coup de foudre ne signifie pas être tombé amoureux cher Manlang. C'est passager alors que l'amour est éternel, c'est fragile car, une fois qu'on découvre cette autre chose qu'on avait pas vu en la personne pendant que la foudre nous abattait tout commence à déraisonner alors que l'amour accepte tout défaut naissant.

- alors les romanciers ont tort depuis tout ce temps à envahir les pages pour nous parler d'un sentiment imposteur ?

- tant qu'on a la faculté de penser on raisonne.

- je te le concède, chère esclave.

- les sérères sont vos rois, vous diola êtes les esclaves.

- impossible.

- et pourtant c'est la vérité.

- tu sais ce qui m'a attiré chez toi? Ta noirceur d'ébène, et ce, depuis que tu es sorti de la voiture.

Cette-fois ci elle dirigea son regard vers son interlocuteur.

- oui, j'étais dehors quand tu descendais de la voiture. J'étais, genre hypnotisé par ta noirceur qui éclairait la nuit.

- tu m'as suivie ?

- oui!

- mais...

- ai-je mal fait ?

- humm, non juste que je n'ai rien senti.

- je t'avais en filature. Écoute on est adultes, censés se comporter comme tel, alors si jamais tu te sens frustrée, si jamais tu as peur, ne te gêne pas dis le moi. Si jamais aussi tu ne veux pas que cette discussion continue, je respecterai ton choix. Je ne suis pas du genre à forcer la main de quiconque.

- alors tu ne te bats pas pour ce que tu aimes ?

- je n'ai pas dit ça mais, il s'avère qu'insister trop ne fait que boucher les portes.

- bon, c'est bien vrai ce que tu viens de dire, mais j'aimerais te connaître davantage s'il te plaît.

- qu'est ce que tu veux savoir ma belle sérère ?

- l'essentiel. Tu habites où, tu fais quoi dans la vie, marié ou célibataire...

- bon, d'abord je suis un cousin de Khadija, j'habite dans l'autre quartier, juste celui d'à-coté . Je suis célibataire sans enfant.

- 100 enfants ou pas d'enfants ?

Il arbore un sourire béat.

- pas d'enfants.

- comme ça tu es une cousine de la native du jour.

- oui, mais c'est un peu éloigné.

- parfait !

- et toi, tu es qui?

- je suis moi, je suis Eva. Laconique, distante, mystérieuse. Je ne suis pas douée de parler sur ma personne, j'adore être découverte. J'aime quand on me peint tel le fait un peintre avec un tableau en amont vierge.

- intéressant ! Mais tu ne serais pas laconique jusqu'à ne pas être capable de me dire si tu es mariée ou célibataire ?

- non, je peux fort bien répondre à cette question. Je suis célibataire.

-100 enfants: 100 comme c-e-n-t?

- S-A-N-S, mais j'étais mariée, donc je suis une femme divorcée.

- enchanté Éva, ravi de faire ta connaissance.

- enchantée Manlang, le plaisir est partagé.

- tu es laconique, tu aimes les livres et au beau milieu d'une fête tu te prélasses à te cacher dans une bibliothèque loin des humains....

- tu m'as eu!

- j'en déduis que les fêtes ne sont pas ta tasse de thé ?

- bien vu!

- moi non plus. Si cela ne te dérange guère, ma maison est juste à côté, aurais-tu l'amabilité de m'accompagner et ainsi nous pourrions continuer notre discussion ?

- pardon?

- Sabari!

- ça signifie quoi?

- Ça veut dire s'il te plaît !

- je ne pense pas que ce sera.....

- je te prêterai le livre de RAS. Je l'ai chez moi.

- serait-ce une corruption ?

- une once de corruption.

- si malheur m'y arrive je ne serai que la seule fautive.

- malheur ne t'y arrivera pas. Au contraire tu seras bien à l'aise à mes côtés.

_ si tu le dis. Répliqua-t-elle perturbée.

- j'ai l'impression que tu as toujours peur.

- je n'ai jamais fait ça.

- fait quoi ?

- fuguer avec un inconnu.

- je ne suis plus un inconnu Eva. En plus prend le comme une aventure. J'aimerais te découvrir, te peindre..

- tant que tu le peux , essaie.

- avec plaisir ! On y va?

- oui. Je te rejoins dehors il faut que je parle d'abord à mon amie.

- aucun problème. À tout à l'heure.

Seule dans la pièce, elle composa le numéro de Boury. Première sonnerie, deuxième sonnerie, troisième sonnerie, enfin elle décroche.

- allô, tu es où Boury ?

- c'est à moi de te demander où est-ce que tu te caches avec ton choubidou.

- quel choubidou?

- depuis une heure tu ne buvais donc que du café ? D'ailleurs papis t'a cherché partout pour te le remettre, hélas t'avais disparu.

- bon écoute moi, je viens de rencontrer un type bizarre et il m'a invité....

- bizarre ou pas fonce ma belle, qu'il ressemble à golo le singe vas-y.

- golo nak?

- tu as raison, s'il ressemble à golo le singe fui. Mais s'il te plaît donne à golo au moins le temps de se maquiller, de se relooker. Il faut prendre des risques ma belle, je pense s'il t'a invité c'est parce qu'il est frappé par un coup de foudre.

- encore coup de foudre.

- c'est ce qui y'en est. Il a ton thiopati

- mais Boury...

- hey, arrête d'être poltronne comment il est, qu'est ce qu'il t'a dit ?

- il est un cousin de Khadija, il dit habiter dans le quartier d'à côté, il m'invite à aller avec lui .

- où ça ?

- chez lui bien-sûr !

- qu'est ce que tu attends ?

- j'ai peur !

- arête d'avoir peur. Tu sais comment on va faire, je vais te rejoindre dehors et tu vas me le présenter, je sais déceler les bandits. Si j'approuve je te dirai d'y aller sinon tu me connais je dirai niet.

- c'est ce que tu penses ?

- vas-y chérie.

- d'accord on se voit dehors alors.

- voilà, à tout à l'heure.

Quelques minutes après, le trio forma un petit cercle après une légère disparition de Manlang.

- Boury, je te présente Manlang Diédhiou, Manlang c'est Boury ma meilleure amie.

- Kassoumay Manlang

- Kassoumay kepp Boury.

- katisindéy?

- cocoubo kairé ! Ah tu t'y connais en diola où tu l'es ?

- en fait je n'en suis pas une, nous avions des voisins diola.

-ravi de faire ta connaissance.

- le plaisir est partagé.

- on va faire une petite balade fais-moi signe quand vous partez. S'incrusta Eva dans la discussion.

- vas-y ma belle, pas de souci. Manlang, je peux avoir ton numéro ?

- bien-sûr.

- aller inscris le ici...

Il prit le portable et tapote son numéro.

- Merci. Attend je vais t'appeler et tu pourras prendre le mien.

Quelques secondes plus tard le téléphone de Manlang sonne.

- voilà. À nous revoir Manlang. J'aimerais bien visiter le sud un de ces jours, mais on aura le temps de faire ample connaissance, je vous laisse alors.

- merci bien.

- Manlang ? L'appela Boury.

- oui!

- c'est ma moitié, mon alter égo. Elle est gentille, adorable pleine de vie. Je te la confie pour quelques heures. Qu'elle me revienne plus rayonnante que jamais sinon tu me la laisses ici.

Manlang lui esquisse un sourire qui se voulait approbant.

- je te le promets.

- ma belle , profites en bien.

- promis.

Elles s'étreignirent longuement comme qui se disait à dieu. Manlang les regardait avec douceur. Il aimait voir ce genre de relation amicale, où chacun souhaite voir l'autre plus épanouie que sa propre personne.

En se détachant avec des yeux qui s'émerillonent, Manlang comme pour la rassurer réitéra sa promesse : elle te reviendra plus que rayonnante, mais elle deviendra Diola.

À ces propos, le trio s'esclaffa de rire.

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