Préface
Voici ce que j'ai pu lire sur Internet au sujet des « Caroline » :
« Caroline estvolontaire et sincère, elle ne contrôle pas toujours ses émotions, mais sait se relever quand elle està terre et peut résister aux situations les plus difficiles. Ses réactions peuvent parfois être exagérées, mais cela constitue sa défense, son bouclier ».
C'est cette femme faite de volonté, de sincérité, généreuse et sensible à l'extrême que vous, cher lecteur, allez découvrir à travers son ouvrage.
Lorsque Caroline m'a contactée pour me demander de préfacer son livre, j'avais déjà eu divers échanges avec elle au sujet de sa maladie de Lyme, depuis quelques années. Et avais ainsi noté son exceptionnelle résilience face à la maladie, mais aussi son immense sensibilité. Bien au-delà de Lyme, nous avions peu à peu évoqué d'autres pans de son histoire, essayant de comprendre pourquoi et comment cette maladie était arrivée chez elle, si longtemps après avoir été piquée par une tique qu'elle l'avait même oublié.
Je vais sans doute vous surprendre.
Après plus de 12 ans de recherches et de cheminements sur ce sujet de Lyme pour lequel on parle d'épidémie, les données collectées à travers ma propre expérience en tant que malade de Lyme et de thérapeute m'ont fait évoluer et sortir du « tout est dû à Lyme, il y a une vraie épidémie ».
L'analyse des situations auxquelles j'ai été confrontée durant ces années m'a conduite à penser désormais que l'expression de la maladie de Lyme n'est pas la causede tous les maux que décrivent les malades, mais la conséquencedes pans négatifs de notre civilisation : ce n'est pas le microbe qui pose un problème, mais le « terrain » du sujet. Alors, faut-il essayer d'éradiquer cette bactérie ? La borrélie, responsable de la maladie, ne peut à ce jour être éliminée et quand bien même ce serait le cas, la nature ayant horreur du vide, un autre microbe apparaîtrait alors. Il serait donc vain d'essayer de les tuer tous.
Alors, pourquoi de plus en plus de personnes souffrent-elles de Lyme ? Et puis, si on la recherche avec les bons outils, ou même avec l'aide d'un questionnaire de symptômes, on va retrouver cette maladie chez à peu près tout le monde. Certaines personnes peuvent être très positives aux divers tests qui existent sur le marché, y compris les tests par les phages, mais ne sont pas du tout malades. D'autres, en revanche, souffrent le martyre mais leurs tests reviennent toujours négatifs. Quel est le fond du problème ?
Trop de toxiques, trop de toxines, trop de stress, trop de malbouffe, une vie trépidante au profit du « paraître » mais au détriment de l'être : ce dernier doit se débattre dans une infinie course contre la montre pour réussir dans sa vie selon les critères actuels – et par trop souvent contre ce qu'il est au plus profond de lui-même, oubliant que, si le temps nous est de toute façon compté, notre énergie est et reste notre seule ressource vitale.
La maladie de Lyme, ou plutôt, le Syndrome Inflammatoire/Infectieux Multi-Systémique (le SIMS, comme l'appelle le Dr Richard Horowitz), est un vrai calvaire pour celui qui l'éprouve. Mais en dehors de la phase aigüe qui, dans la majorité des cas, se soigne très bien et même sans aucun traitement chez le sujet doté d'un bon « terrain », il faut se poser la question suivante : qu'est-ce qui me fait souffrir ainsi et rechuter dans la majorité des cas, même après de longs traitements anti-infectieux ? Pourquoi, alors que j'ai été piqué il y a trente ans mais n'ai eu aucun problème de santé, ou il y a dix ans et traité à l'époque, les symptômes de cette maladie resurgissent-ils ? Je n'ai plus d'énergie et je souffre.
Une piste me semble tout particulièrement intéressante
Si l'on y regarde de près, tous les malades dits « de Lyme », jeunes ou moins jeunes, sont l'objet de troubles intestinaux importants et d'une dysbiose associée à une hyperperméabilité intestinale rarement objectivées ou dont on ne se soucie pas. On retrouve ce problème de manière exacerbée chez les enfants autistes. Comme le dit le Dr Petra Wiechel de la Swiss Mountain Clinic d'Al Ronc : au lieu de faire des mammographies à tour de bras, nous devrions plutôt faire tous les ans un bilan intestinal spécifique à travers une recherche des pathogènes qui y résident, et de l'hyperperméabilité (Leaky Gut Syndrom ou LGS) de la muqueuse intestinale car toutes les maladies débutent dans l'intestin(Hippocrate). Et elle a raison. À l'instar de certains médecins et thérapeutes qui non seulement s'interrogent sur le rôle de l'intestin dans l'explosion des maladies chroniques, mais aussi axent principalement leurs traitements sur cet organe mal connu et mal aimé, le Dr Wiechel travaille surtout sur la réhabilitation de l'intestin, la détoxification, et l'élimination des parasites chez les nombreux malades chroniques qui viennent la consulter. Qu'il s'agisse de dépression, Crohn, rectocolite, Alzheimer, Lyme, SEP, cancers par exemple.
Si vous avez lu entre autres les ouvrages du Dr Natasha Campbell ou de Taty Lauwers, ou encore le remarquable travail de Gwénola Le Dreff, vous aurez forcément compris que la toute première action à entreprendre dans le traitement de la maladie de Lyme consistera à détoxiquer le corps et rétablir l'immunité. La nutrition est alors notre principale alliée pour ce faire, traitant le LGS et réparant la muqueuse intestinale. Et de facto, nos capacités intrinsèques de nous soigner et guérir.
Chaque jour apporte son lot de preuves démontrant l'implication au tout premier plan de l'intestin dans de nombreuses maladies chroniques. Tant et si bien que certains autistes – qui, selon le Dr Dietrich Klinghardt, sont à 100 % malades de Lyme – vont désormais faire de la transplantation fécale à l'étranger pour sortir de leur condition !
J'en avais discuté avec un médecin chef de service en maladies infectieuses de ma région, spécialisé dans Lyme, lui demandant son avis sur le sujet. Lui aussi me disait ce que j'écrivais il y a deux ans dans mon troisième ouvrage sur Lyme : sans doute la transplantation fécale est-elle une très bonne solution – voire la meilleure – pour guérir de cette maladie.
C'est aussi ce que vient de déclarer tout récemment le Pr Didier Raoult : toutes les maladies infectieuses chroniques, à par l'hépatite C, peuvent se soigner par transplantation fécale.
Cela veut-il dire qu'il ne faille pas se traiter de façon classique, par antibiothérapie courte ou prolongée ? Par la phytothérapie et l'aromathérapie ?
À ce jour je reste plus modérée sur ce sujet.
Face aux nombreuses rechutes des malades, il me semble aujourd'hui qu'il faille s'y prendre autrement.
C'est tout un ensemble de pans qu'il faut prendre en compte, au cas par cas, et cela demande un temps infini pour le thérapeute, une patience et une résilience hors norme pour le malade.
Mais avant tout, il faut axer les soins sur la détoxification profonde de nos cellules et la réparation de l'intestin afin de restaurer peu à peu notre immunité, régénérer nos mitochondries pour reconstruire notre énergie
Cette énergie de vie que nous allons rechercher quand, en désespoir de cause, nous consultons un énergéticien, un magnétiseur, un chamane afin de nous soigner.
Cette énergie de vie, nous ne devons pas l'épuiser. Ou nous devons la reconquérir
Une aide occasionnelle avec un outil anti-infectieux, naturel ou chimique, peut se révéler parfaitement utile et nécessaire dans ce cheminement. Sachant que tout outil de ce genre va à nouveau détruire le microbiome intestinal et impacter la muqueuse, donc détruire une partie du travail que vous entreprenez avec tant d'intelligence et d'attention : c'est donc deux pas en avant et parfois un pas en arrière que vous allez vivre, mais quand il faut un coup de pouce, il faut un coup de pouce !
En ayant recours à la biorésonnance ou à des préparations spécifiques telles que les nosodes et l'homéopathie, on peut également atteindre les pathogènes sans créer de dégâts collatéraux. Encore faut-il identifier ces pathogènes qui vous accablent, sans oublier les champignons – levures et moisissures – qui jouent un rôle primordial dans nos histoires de malades de Lyme. Ce dernier point est à considérer au premier plan dans le LGS et donc dans la destruction de la muqueuse intestinale. Il semble que le point de départ chez tous les malades de Lyme soit en effet la candidose et la dysbiose, puis le LGS qui en découle. Dans un registre similaire, vous rendez-vous compte que, par exemple, on peut guérir des malades d'Alzheimer par simple transplantation fécale ? Ces malades ont certes des borrélies et parasites dans le cerveau, mais ils sont aussi envahis de virus et pléthore de champignons ! L'intestin perméable et le dysfonctionnement immunitaire qui s'en suit semblent bien être la cause première de leur si triste condition.
En notant les progrès dans la liste de vos symptômes, tout comme l'a fait Caroline dans son parcours – même si son choix, bénéfique par ailleurs, n'a pas été directement celui de la réparation du « terrain » et de l'intestin – vous pourrez contrôler les progrès effectués au cours du temps. Les jours de déprime, ça aide vraiment !
Mais c'est bien vous qui êtes responsables de vos choix et décisions : votre éveil de conscience est ce qui doit vous guider, comme cela a été le cas pour Caroline – et pour moi aussi – à faire les bons choix dans votre vie. Voire, à tourner le dos à tout ce qui ne sert à rien et ravit cette énergie vitale dont vous avez besoin pour guérir.
Dans ce monde actuel piloté par la peur de tout et n'importe quoi, nous finissons par avoir peur de vivre. Ne nous laissons pas embarquer dans ce funeste esquif, vivons le présent à pleines dents ! Non, Lyme n'est pas un combat ! C'est une terrible expérience qui nous est donnée et dont nous pouvons profiter pour prendre conscience de nos modes de fonctionnement individuels et collectifs afin de les modifier à notre profit. Si nous le voulons.
Caroline, par son chemin ici décrit, nous montre celui du courage et d'une prise de conscience qui forcent le respect. Je lui souhaite le plus beau des voyages dans la poursuite de sa vie.
Judith Albertat
Introduction
En 2014, je suis âgée de 42 ans.
Je partage ma vie avec Philippe depuis 21 ans et nous vivons dans un petit village de Corrèze, à Branceilles.
Nous avons deux filles : Louise 14 ans et Clara 10 ans.
Professeur de danse classique, je suis plutôt une femme super active et j'aime la vie quand elle déborde d'énergie, offrant une multitude de projets après lesquels je ne cesse de courir.
Ma vie de famille et ma vie professionnelle me comblent.
Mon livre « Journal » commence en février de cette année 2014.
Je remarque à l'époque qu'un chalazion que j'ai à l'œil droit semble vouloir s'installer sur ma paupière en CDI... cela pourrait-il avoir un rapport avec le fait que je sois plutôt fatiguée ces temps-ci ?
Petit à petit, je remarque également que quelques symptômes désagréables se glissent irrégulièrement dans ma vie. Parmi les premiers, j'ai le souvenir de plaintes de torticolis, de maux de ventre, de douleurs derrière le genou droit, d'insomnies et de problèmes digestifs.
Alors, chose plutôt rare, je consulte mon généraliste à plusieurs reprises. Mes symptômes étant de plus en plus incohérents, il me dirige vers des spécialistes. Je vais alors rencontrer une panoplie de gastro-entérologue, neurologue, ophtalmologue, psychologue, podologue et psychiatre à qui je tente d'expliquer que j'ai l'impression qu'une maladie s'est infiltrée dans mon corps.
Ce début 2014 marque donc, pour moi, une dégradation progressive de mon état de santé avec l'apparition des premiers symptômes d'une maladie que je vais mettre un an et demi à identifier. Je vais alterner pendant trois ans des phases douloureuses voire très douloureuses, allant jusqu'à l'insupportable avec parfois des phases d'accalmies sans en comprendre la logique.
Tous les avis médicaux, de l'Hôpital de Brive, au CHU de Limoges, en passant par l'Institut Pasteur à Paris convergent progressivement vers le diagnostic d'une pathologie psychologique oscillantentre pour certains, une dépression ou une maladie psychosomatique, au burn-out pour d'autres, en passant par l'indétrônable fibromyalgie, voire la schizophrénie !
Je refuse catégoriquement tous ces diagnostics. Devant la multitude des symptômes qui me terrasse, intimement persuadée que la médecine se trompe, je tombe dans un engrenage de surconsommation de consultations, bilans sanguins et examens spécialisés.
Je décide, même, pour essayer d'aider les médecins au maximum, d'établir une liste détaillée (en annexe p 169) de mes symptômes par ordre d'apparition, complétée par la liste des examens médicaux associés, ne me rendant pas compte que cet acte les confortait dans l'idée que je suis atteinte d'une maladie psychologique.
Je ne comprends pas leur obstination, je sais juste qu'ils font fausse route.
Seulement, je ne suis pas médecin.
Je dois cependant concentrer tous mes efforts sur cette recherche de diagnostic car cette maladie semble sournoise et les crises début 2015 sont de plus en plus rapprochées et violentes, empoisonnant mon quotidien.
Mon énergie est amputée, ma fatigue de plus en plus insoutenable, et mon corps devient excessivement douloureux ! Ma vie devient progressivement un véritable enfer.
Je n'arrive plus à me projeter dans l'avenir et à supporter mes douleurs qui deviennent mon seul centre d'intérêt.
Qui va trouver ce mystérieux diagnostic et surtout quand est-ce que ces souffrances devenues insupportables vont s'arrêter ?
Quelle issue ?
Comment vais-je sortir de cette spirale infernale ?
Devant les humiliations que je subis lors de nombreux rendez-vous médicaux, et malgré le profond respect que j'ai toujours eu pour le corps médical, je perds progressivement confiance en lui. Je refuse même, de plus en plus souvent, de consulter les médecins qui ne m'écoutent ou plutôt ne m'entendent plus. Je décide également de fermer les portes des hôpitaux, parfois même renommés, mesurant pourtant le danger de cette décision regrettable
Cette maladie protéiforme va finir par gagner la partie.
J'ai toujours été d'une nature opiniâtre et têtue.
En pleine tempête d'errance médicale, contre vents et marées, contre médecins et spécialistes, je vais alors me concentrer pour rassembler, chaque seconde qui passent, tous mes efforts, pour trouver la force d'avancer vers le diagnostic de la maladie qui est en train de briser ma vie et celle de ma famille.
Malgré la culpabilité, et mon emploi du temps tétricien qui devient rapidement très compliqué, je m'obstine dans les investigations à la recherche du nom de la maladie dont je suis atteinte.
Dès que je saurai le nom de cette maladie, j'écrirai un livre pour que les prochains malades ne subissent pas cette errance médicale et surtout, je prie pour que cette maladie ne touche jamais personne de mon entourage proche.
Ce livre, dont j'ai rêvé, marquerait la fin du cauchemar.
Ce livre, c'est celui que vous tenez dans les mains.
Chapitre 1
2014 : La descente aux enfers
Je suis fatiguée.
J'ai un chalazion à l'œil droit qui ne cesse de grossir.
Samedi 22 février
Ce sont les vacances scolaires... je les attendais impatiemment. Ces derniers temps, je suis particulièrement fatiguée. J'attribue cette fatigue à plusieurs contrariétés professionnelles qui semblent s'accumuler injustement depuis le départ à la retraite de notre Directeur du Conservatoire.
Dimanche 2 mars
Départ pour Venise.
Philippe, mon conjoint depuis 21 ans, et le papa de nos deux filles Louise 14 ans et Clara 10 ans, nous a concocté ce voyage en amoureux pour nos 20 ans de vie commune.
Vendredi 7 mars
De retour de Venise, nous redescendons de Paris le vendredi après-midi. J'ai hâte de retrouver nos filles qu'une amie, Virginie, nous a gardées pendant notre absence, mais je veux absolument passer avant voir le médecin car j'ai une boule style chalazion dans l'œil droit qui ne guérit pas depuis plusieurs semaines. Mon médecin traitant n'étant pas là, je vois son associé qui me prescrit une pommade. Au cours de la consultation, il me demande si : « à part ça, tout va bien ». Il me connaît depuis que je suis toute petite. Je m'entends encore lui répondre que « oui », effectivement tout va bien. Nous vivons notre petite famille dans un petit village de Corrèze et je pense pouvoir dire que notre petit nid d'amour me comble.
Mars
Mon chalazion ne part pas malgré les traitements.
Je me plains depuis quelque temps de douleurs et de raideurs au niveau de la nuque et d'une douleur derrière le genou droit.
Il faut dire que j'adore faire les joints de pierre de maison et que pendant les vacances de Pâques, j'ai décidé de finir mes travaux de maçonneries entrepris lors des précédentes vacances, en faisant les joints de pierre de notre grange en face de notre maison.
Avril
Je suis de plus en plus fatiguée ces derniers temps, j'ai perdu du poids alors que je suis déjà plutôt mince. J'ai une gêne de plus en plus désagréable dans la gorge et à l'oreille droite.
Je me plains parfois de maux de tête qui se cumulent avec des aigreurs d'estomac.
Mercredi 7 mai
Je prends rendez-vous avec Rodolphe, un ami ostéopathe, pour des douleurs lombaires inexpliquées et mon dos bloqué. Je lui parle également de mes maux de tête et d'estomac et d'une fatigue inhabituelle.
Vendredi 9 mai
Je prends un rendez-vous médical pour ma fatigue qui m'engendre du stress car elle me semble incohérente.
Samedi 24 mai
Ce sont les examens de fin d'année pour nos élèves danseurs au Conservatoire.
Dès la fin des épreuves, j'appelle une de mes meilleures amies, Karine, qui est médecin dans le Loiret, pour lui dire que, dès qu'elle prévoit de descendre en Corrèze, j'aimerai la voir pour une consultation privilégiée car j'ai trop de fatigue et de douleurs.
J'ai perdu récemment 7 kg, et je suis vraiment épuisée ces derniers temps... vivement la fin de l'année scolaire que visiblement je vais avoir du mal à atteindre.
Mon inquiétude est grandissante par rapport à mon état de santé.
J'ai des crampes nocturnes et des retards de règles de plus en plus marqués.
J'ai mon œil droit qui tombe et qui me tire parfois : je suis très légèrement défigurée, mais seulement certain jour !
Les symptômes semblent jouer à cache-cache les uns avec les autres de façon complètement irrégulière, pouvant parfois arriver d'une minute à l'autre.
Je me plains d'une gêne dans la gorge qui diffuse des douleurs vers les oreilles.
Lundi 2 juin
Je suis convoquée à la visite médicale du travail.
Je fais part de mon inquiétude par rapport à mon état de santé, relatant mes douleurs diffuses, ma grande fatigue et mes insomnies en milieu de la nuit.
Mercredi 4 juin
Ma sensation de boule dans la gorge ne me fait pas souffrir mais est fort désagréable.
Je passe une échographie de la thyroïde.
Celle-ci présente un volume normal, avec micro-nodule lobaire gauche mais sans danger.
Jeudi 5 juin
J'ai rendez-vous avec un ORL pour ma gêne dans la gorge et dans l'oreille droite
Après auscultation, il ne comprend pas d'où peuvent venir mes douleurs.
Cet inconfort serait dû, selon lui, au stress.
Jeudi 12 juin
J'ai rendez-vous avec mon médecin généraliste pour faire un point sur les premiers résultats d'examen.
Je lui fais part de mon inquiétude par rapport à mon état de santé.
Il me fait prendre un rendez-vous chez un neurologue en raison de mon œil droit qui tombe et se ferme tout seul.
C'est la fin de l'année scolaire et comme chaque année je suis très fatiguée, mais particulièrement cette année.
Étant très investie dans mon activité professionnelle qui est une véritable passion, mon médecin pense que, comme souvent, en fin d'année scolaire, je suis limite burn-out... j'appréhende souvent assez mal les fins d'année scolaire et les débrayages qui les accompagnent. C'est une période où je suis vulnérable.
Il me préconise un traitement pour la fatigue.
Jeudi 19 juin
Je prends à nouveau rendez-vous avec mon médecin généraliste.
En temps normal, je suis une patiente qui consulte assez peu son médecin traitant, de peur de déranger inutilement. J'attends souvent que la situation se dégrade pour prendre rendez-vous comme il me le fait remarquer lors de cette consultation... il faut donc croire que la situation se dégrade !
Ayant fait quelques années auparavant une dépression, il me propose cette fois-ci, un traitement antidépresseur. Je refuse car je lui affirme savoir que je ne fais pas une dépression dont je ne reconnais pas les symptômes.
Lundi 23 juillet
Rendez-vous gynécologique car j'ai des douleurs vaginales avec des pertes et des inconforts incompréhensifs. Les analyses décèlent une simple mycose.
Samedi 28 juillet
J'ai rendez-vous chez le neurologue.
Je me trouve bien jeune dans la salle d'attente.
Je donne à ce médecin, monsieur C., une lettre de mon médecin traitant en lui expliquant mes inquiétudes sur mon état de santé. Ce dernier me fait faire un électromyogramme.
L'examen est tout à fait normal.
La conclusion du neurologue se rapproche de celle de mon médecin traitant : état psychologique fragile !
Il me prescrit des antidépresseurs... pour guérir un œil qui tombe ! je ne comprends pas !
Je refuse donc de prendre le traitement qui ne me semble pas correspondre à ma pathologie. Je sais au fond de moi, que mon problème n'est pas psychologique.
Professeur de danse au Conservatoire de Brive, je commence à présent mes vacances d'été. Je vais pouvoir enfin me reposer. J'en ai urgemment besoin.
Je suis épuisée, il faut dire que je collectionne les insomnies sans aucune raison
Je me réveille presque toutes les nuits vers 2 h du matin et là, impossible de me rendormir.
J'ai depuis quelque temps des bouffées de chaleur.
Je ressens également des douleurs thoraciques violentes avec des épisodes de toux très désagréables.
Vendredi 4 juillet
Je passe un scanner thoracique demandé par le neurologue. L'examen ne décèle rien d'anormal.
Samedi 5 juillet
Je suis heureuse car c'est la semaine de l'année où j'organise un stage de danse classique au Conservatoire avec Karine ma meilleure amie, danseuse à l'Opéra.
De plus en plus d'élèves danseuses viennent de toute la France assister à ces stages.
Chaque année, j'attends ce moment avec impatience car c'est un véritable moment d'échange entre passionnées
La semaine commence mal car mes douleurs thoraciques sont insoutenables ces derniers temps.
Depuis quelque temps, comme je me plains également de terribles douleurs au ventre, j'ai peur de ne pas pouvoir mener à bien ma semaine de stage car mon état se dégrade de jour en jour.
Les douleurs devenant insupportables, je décide de me rendre aux urgences aux Cèdres avant le début du stage, accompagné de mon amie Karine.
Je passe une échographie.
Les résultats ne signalent aucun problème.
Le radiologue monsieur P., est particulièrement désagréable avec moi, me faisant comprendre qu'il n'y a toujours rien aux examens !
Je suis désarçonnée car mes souffrances sont de plus en plus violentes, et à priori indécelables nulle part.
Je culpabilise car je trouve que je commence à coûter bien cher à la sécurité sociale, mais que faire ?
Mardi 8 juillet
Je souffre trop. Je multiplie les insomnies.
J'appelle Philippe dans la journée pour lui dire que je ne tiens plus debout et que je me rends aux urgences à l'Hôpital de Brive. Mon conjoint, inquiet, m'y rejoint. Il a prévenu mon médecin traitant qui a pris soin de signaler mon arrivée aux urgences.
Dès mon arrivée, on m'annonce que je suis attendue pour une consultation avec un psychiatre !
Je ne comprends pas. Je suis en colère.
Le psychiatre qui me reçoit est adorable.
Il m'explique les symptômes d'une dépression. Je les connais.
À mon tour, je lui explique que
- Depuis 6 mois j'ai des douleurs articulaires qui ont commencé au cou, au genou droit, puis au coude, puis aux épaules puis progressivement qui jouent à cache-cache dans tout mon corps ;
- Je collectionne les maux de ventre, maux de tête, insomnies, maux de gorge et oreilles ;
- J'ai des crampes surtout nocturnes ;
- J'ai des soucis digestifs de plus en plus handicapants ;
- J'ai eu une paralysie du côté droit de mon visage qui semble d'ailleurs être partie ces derniers jours comme elle était venue... bref, je m'entends lui expliquer l'inexplicable.
Comme tous les médecins que je vois depuis quelque temps, il me rassure puisque tous les bilans sanguins et examens médicaux sont bons.
Je suis obligée de reconnaitre que cela me rassure effectivement, mais que cela reste d'autant plus mystérieux pour moi.
Je ne comprends rien.
Je souffre physiquement et de plus en plus moralement car j'ai l'impression que la médecine ne m'entend pas et veut à tout prix me ranger dans une case qui n'est pas la bonne.
Le psychiatre, adorable, me prescrit du Lysanxia et me préconise de faire des séances d'EMDR.