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Jeanne: L'Héritière Résiliente

Jeanne: L'Héritière Résiliente

Auteur:: Theron Blackwood
Genre: Horreur
Mon mal de tête lancinant n'était que le début de l'horreur. Jeanne, étudiante en art, se réveille dans une geôle rurale, son corps engourdi et ses souvenirs flous. Ses vêtements ont été remplacés par une grossière toile de sac, et l'air sent la paille moisie. Puis la révélation tombe, brutale : son amie Élodie l'a vendue à la famille Martin, qui compte la marier de force à leur fils. Objet, marchandise, elle est battue, séquestrée, et jetée comme un sac de pommes de terre. La trahison d'Élodie consume Jeanne, assise dans l'obscurité, le cœur brisé mais l'esprit embrasé par une question lancinante: pourquoi elle ? Le monde s'écroule autour d'elle, pourtant, au fond du désespoir, un nom, celui de sa famille, résonne comme un cri de guerre. Elle s'appelait Jeanne Dubois, et ils allaient le regretter.

Introduction

Mon mal de tête lancinant n'était que le début de l'horreur.

Jeanne, étudiante en art, se réveille dans une geôle rurale, son corps engourdi et ses souvenirs flous.

Ses vêtements ont été remplacés par une grossière toile de sac, et l'air sent la paille moisie.

Puis la révélation tombe, brutale : son amie Élodie l'a vendue à la famille Martin, qui compte la marier de force à leur fils.

Objet, marchandise, elle est battue, séquestrée, et jetée comme un sac de pommes de terre.

La trahison d'Élodie consume Jeanne, assise dans l'obscurité, le cœur brisé mais l'esprit embrasé par une question lancinante: pourquoi elle ?

Le monde s'écroule autour d'elle, pourtant, au fond du désespoir, un nom, celui de sa famille, résonne comme un cri de guerre.

Elle s'appelait Jeanne Dubois, et ils allaient le regretter.

Chapitre 1

Ma tête me faisait un mal de chien.

Une douleur sourde, lancinante, qui semblait broyer mes tempes.

J'ai ouvert les yeux lentement, la lumière crue d'une ampoule nue m'a aveuglée. Ce n'était pas ma chambre d'étudiante, ni l'atelier de l'école d'art.

Les murs étaient en pierre brute, suintant l'humidité. Une odeur de paille moisie et de renfermé me prenait à la gorge. J'étais allongée sur un lit de camp inconfortable, recouvert d'une couverture rêche qui me grattait la peau. Mes vêtements, mon joli chemisier et ma jupe, avaient été remplacés par une sorte de robe en toile de sac, grossière et malodorante.

Paniquée, j'ai essayé de me relever, mais mes membres ne répondaient pas. Une faiblesse étrange, cotonneuse, m'engourdissait complètement.

Où étais-je ? Qu'est-ce qui s'était passé ?

Les derniers souvenirs me sont revenus par bribes. Elodie, ma camarade de classe. Son sourire amical. Le mariage de sa cousine à la campagne. Le bonbon qu'elle m'avait offert dans la voiture.

"Goûte ça, Jeanne, c'est une spécialité locale, ça te donnera de l'énergie pour la fête."

J'avais mangé le bonbon. Et puis, plus rien. Le trou noir.

La porte a grincé, s'ouvrant sur une femme trapue, d'une cinquantaine d'années, avec un visage dur et des petits yeux méfiants. Elle portait un tablier sale et me regardait comme si j'étais un meuble.

"Ah, tu es réveillée, la belle endormie."

Sa voix était aussi rêche que la couverture.

"Où suis-je ? Qui êtes-vous ? Qu'est-ce que je fais ici ?" ai-je demandé, ma propre voix rauque et faible.

Elle a eu un petit rire méprisant.

"Tu es chez toi, maintenant. Je suis Madame Martin. Et tu vas épouser mon fils."

Le monde s'est effondré autour de moi. Chaque mot était un coup de poing dans l'estomac.

"Quoi ? Non. C'est une erreur. Vous vous trompez de personne."

"Pas d'erreur, ma petite. On a payé une belle somme pour toi à ton amie. Une étudiante de la ville, en bonne santé, capable de nous donner des héritiers. C'est ce qu'elle a dit."

Elodie. Mon amie. Elle m'avait vendue. La nausée m'est montée à la gorge, une bile amère de trahison et de désespoir. J'étais un objet, une marchandise.

"Vous ne pouvez pas faire ça ! C'est illégal ! C'est un enlèvement !" ai-je crié, essayant de mettre dans ma voix une force que je n'avais pas.

La femme Martin s'est approchée, son ombre me recouvrant.

"Ici, les lois de la ville, on s'en fiche un peu. Tu es à nous. Alors sois sage, et tout se passera bien."

La rage a bouilli en moi, chassant la peur pour un instant. J'ai rassemblé le peu de force que j'avais et j'ai sauté du lit. J'ai couru vers la porte. C'était ma seule chance.

Mais mes jambes étaient comme du caoutchouc. J'ai trébuché, je me suis effondrée sur le sol en terre battue. Mon corps ne m'obéissait plus. L'effet de la drogue, sans doute. J'étais un oiseau aux ailes brisées.

La femme a attrapé mes cheveux, m'a tirée en arrière sans ménagement. La douleur était vive, des larmes de frustration et de mal ont jailli de mes yeux.

"Tu crois aller où comme ça, petite peste ?"

Un homme est entré à ce moment-là. Grand, large d'épaules, avec le même regard dur que sa femme. C'était Monsieur Martin. Il m'a regardée avec un dégoût évident.

"Elle fait des difficultés ?" a-t-il demandé d'une voix graveleuse.

"Elle veut jouer les malignes."

Sans un mot de plus, il m'a donné une gifle. Violente. Ma tête a heurté le mur de pierre. Le choc m'a coupé le souffle. Un goût de sang a rempli ma bouche.

"Tu vas vite comprendre qui commande ici," a-t-il grogné. "Tu es la femme de mon fils, et tu feras ce qu'on te dit. Point final."

Il m'a soulevée comme un sac de pommes de terre et m'a jetée sur le lit. La porte s'est refermée dans un claquement sinistre. Le bruit du verrou qui tourne a été le son le plus effrayant que j'aie jamais entendu.

J'étais seule, prisonnière, battue. Les larmes coulaient en silence sur mon visage sale. Je pensais à mes études, à mon avenir, à tout ce pour quoi j'avais travaillé si dur. Tout semblait s'être évaporé.

Pourtant, au milieu de ce cauchemar, alors que je regardais par une minuscule fissure dans le volet en bois, j'ai vu quelque chose. Au loin, une colline. La forme de cette colline, avec ce grand chêne solitaire à son sommet... elle m'était familière. Terriblement familière.

Un frisson a parcouru mon échine, différent de celui de la peur. C'était un sentiment étrange, un fil ténu d'incompréhension dans le tissu épais de mon désespoir.

Où diable Elodie m'avait-elle emmenée ?

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Chapitre 2

Enfermée dans cette pièce sombre et froide, le désespoir menaçait de m'engloutir. Mais une autre force a commencé à grandir en moi : la colère. Une colère pure et froide.

Ils ne savaient pas qui j'étais. Ils pensaient avoir acheté une fille de la ville sans défense, sans attaches. Ils se trompaient lourdement.

J'ai fermé les yeux et j'ai pensé à ma famille. Pas à mes parents, qui vivaient loin, mais à mes grands-parents.

Mon grand-père, Jean Dubois.

Ce nom résonnait dans ce village et dans toute la région. Il n'était pas un homme riche, mais il avait été le chef du village pendant plus de trente ans. Un homme juste, sage, dont la parole était respectée comme la loi. Personne n'osait le défier ouvertement. Sa réputation était son armure et son épée.

Et ma grand-mère, Monique Dubois.

Si mon grand-père était la force tranquille, ma grand-mère était la tempête. Une femme au caractère de feu, qui n'avait peur de rien ni de personne. Elle pouvait vous déshabiller d'un seul regard et vous anéantir avec quelques mots bien choisis. Elle protégeait les siens avec la férocité d'une louve.

J'étais leur petite-fille. Le sang des Dubois coulait dans mes veines.

Cette pensée a ravivé une étincelle en moi. Je n'étais pas seule. Je n'étais pas une victime sans nom. J'avais une ancre, une forteresse.

Quand la femme Martin est revenue avec une écuelle de soupe claire et un morceau de pain rassis, j'ai redressé la tête. Je l'ai regardée droit dans les yeux.

"Vous faites une terrible erreur," ai-je dit, ma voix plus ferme.

Elle a ricané.

"Ah oui ? Et pourquoi donc ?"

"Parce que je ne suis pas n'importe qui. Je suis Jeanne Dubois."

J'ai marqué une pause, laissant le nom infuser dans l'air vicié de la pièce.

"La petite-fille de Jean et Monique Dubois."

Le ricanement de la femme Martin s'est figé sur ses lèvres. Ses petits yeux se sont écarquillés. J'ai vu le doute, puis la panique, s'y peindre. Elle a reculé d'un pas, comme si le nom seul était une force physique.

"Dubois ? Tu... tu mens."

Sa voix avait perdu de son assurance. Elle bégayait presque.

"Vous croyez vraiment que je mentirais sur une chose pareille ? Dans ce village ? Allez demander. Allez demander qui est Jean Dubois. Tout le monde ici le connaît. Tout le monde le respecte. Et tout le monde le craint."

La panique sur son visage était presque jouissive à voir. Elle a regardé la porte, puis moi, son esprit travaillant à toute vitesse. Elle était prise au piège.

Elle est sortie précipitamment, en oubliant de verrouiller la porte. J'ai entendu des chuchotements agités dans la pièce voisine. Des voix basses, urgentes. La mienne, celle de son mari, et une autre, plus jeune, que je n'avais pas encore entendue.

L'espoir a commencé à poindre. Un espoir fragile, mais réel. Ils avaient peur. Mon plan avait fonctionné.

Mais mon soulagement a été de courte durée.

La porte s'est rouverte brutalement. C'est Monsieur Martin qui est entré, le visage rouge de colère. Sa femme se tenait derrière lui, l'air à la fois craintif et haineux.

"Alors comme ça, la petite salope de la ville invente des histoires pour nous faire peur ?" a-t-il craché.

Mon cœur a sombré.

"Ce ne sont pas des histoires ! C'est la vérité !"

"Tais-toi ! On t'a achetée, tu nous appartiens ! Que tu sois une Dubois ou la fille du président, ça ne change rien ! Tu vas épouser mon fils ce soir, et si tu cries encore le nom de ton grand-père, je te jure que je te coupe la langue !"

Sa peur s'était transformée en une fureur irrationnelle. Il avait décidé de nier la vérité, de foncer tête baissée. C'était encore plus dangereux. Un animal blessé est imprévisible.

Il s'est avancé vers moi, la main levée. La terreur m'a saisie à nouveau, pure et glaciale. J'étais acculée.

J'ai reculé jusqu'au mur, mes mains cherchant désespérément quelque chose pour me défendre. Il n'y avait rien.

Il a attrapé mon bras, sa poigne était un étau de fer.

"Tu vas venir gentiment, et tu vas dire 'oui'."

Dans un accès de désespoir absolu, j'ai hurlé. Pas un cri de peur, mais un appel. Un appel qui venait du plus profond de mon être.

"PÉPÉ JEAN ! MÉMÉ MONIQUE ! AU SECOURS !"

Sa main s'est abattue sur ma bouche, étouffant mon cri. Mais c'était trop tard. J'avais crié leur nom. Dans ce silence de la campagne, un cri pouvait porter loin.

Et quelqu'un pouvait l'avoir entendu.

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