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Je ne sais pas si je pourrais tuer pour toi

Je ne sais pas si je pourrais tuer pour toi

Auteur:: Bak_oura
Genre: Romance
Que représente une amitié sincère et authentique pour vous? Serez vous prêts à faire des folies pour vos amis? 4 amis inséparables, unis par la vie, ayant tout traversé ensemble, sans jamais flancher... que peut bien risquer leur amitié maintenant? Venez faire connaissance avec Rachid et sa bande d'inséparables.

Chapitre 1 Chapitre 1

Il était environ 19h quand Rachid aidé par sa maman finissait de dresser la table. Elle avait préparé à l'occasion du dernier anniversaire de son fils unique avant la fac beaucoup de mets succulents. Rachid ne pouvait s'empêcher de trouver cela exagéré. En plus elle savait bien qu'il n'avait pas beaucoup d'amis et les invités ne seraient que très peu.

Rachid était un jeune homme très simple, le genre à passer inaperçu au lycée. Il venait d'avoir 18ans et son BAC quelques semaines plutôt. Il était plutôt à l'aise dans ses études. Il était gentil mais vraiment très timide. Sa plus grande réussite se disait-il souvent c'est d'avoir conservé ses amis d'enfance jusqu'à maintenant. Ce n'était pas gagné d'avance quand on sait que derrière sa grande timidité il n'hésitait jamais à dire ce qu'il pensait. Et comme souvent dans ces cas il arrivait souvent qu'il heurte la sensibilité de ses amis même s'il avait raison.

Ses amis sont tous du même quartier. Ils ont grandi ensemble et ont partagé le même lycée.

De la cuisine, sa mère lui demandait si ses amis n'étaient pas un peu en retard. Mais avant qu'il ait eu le temps de répondre il entendit sonner à la porte et alla ouvrir.

Il fit la bise à deux jeunes qui se tenaient sur le paillasson : un jeune homme et une jeune fille à peu près du même âge que Rachid. Le garçon avait les bras chargés d'un gros sac cadeau emballé et la fille portait quant à elle un paquet qui semblait tout droit sorti de la pâtisserie du coin.

La fille avec un large sourire donna un petit coup de coude à son hôte en disant : « ça fait quoi d'y être ? »

- Euh être dans quoi ? demanda Rachid incrédule

Sophia souffla. Elle était exaspérée par le ton décalé de son ami.

Sofia était une jeune fille du même Age que Rachid. Elle était pétillante et plein de vie avec toujours le petit mot qu'il faut pour détendre l'atmosphère. Elle savait mettre n'importe qui à l'aise et était souvent sujette à des méprises. Contrairement à Rachid elle était toujours partante pour une petite soirée et faire la fête. Elle s'en sortait à l'école sans pour autant trop exceller. Comme son ami elle venait de décrocher son BAC et préparait sa rentrée à la FAC.

Elle dévisagea Rachid un bon moment avant de lui dire :

- Tu sais que la FAC ne sera pas pareille sans toi ? t'es vraiment obligé d'aller aussi loin ?

- Tu me manqueras aussi Sofia tu sais, mais Abdou te tiendra compagnie répondit Rachid avec un clin d'œil à l'adresse du jeune homme qui accompagnait Sofia. Ce dernier éclata de rire.

Abdou à l'instar de son ami était un garçon très intelligent et exceller à l'école sans vraiment forcer. Au contraire de son ami il était très bavard et charmeur. Tout le monde a toujours cru qu'il sortait avec Sofia, ce qui n'est pas le cas mais tous les deux aimaient parfois se prendre au jeu des ragots. Il avait toujours le sourire, un sourire éblouissant. Il était assez mignon, le savait et aimait en jouer. Non pas forcément pour plaire mais juste pour attirer l'attention.

- Mais où est-ce que vous avez laissé Moustapha ? demanda Rachid

- Je n'en sais rien, il doit encore être passé à la salle de musculation avant de venir ! Sait-il seulement que Rachid n'a invité aucune fille ? se délecta Abdou

Les trois amis partirent dans un fou rire général.

Moustapha complète la bande de Rachid. Il était un peu plus grand et bien plus musclé que les trois autres amis. Il aimait le sport et affirmait son autorité. Il se prenait toujours pour le male Alpha du groupe et pour bien jouer son rôle aimait donner des ordres et parfois essayer de jouer au protecteur. Néanmoins il avait le cœur sur la main et ferait tout pour ses amis.

Les 4 amis étaient inséparables.

Ils sont nés et ont grandi dans le même quartier. Ils ont fait la primaire, le collège et le lycée ensemble. Suivant qu'on les aimait ou non on les surnommait les quatre mousquetaires ou les quatre daltons. Ils aimaient en rire car convoitaient de l'envie, de la jalousie et parfois un peu de haine. Enfant les parents les gardaient à 4 pour pouvoir se trouver du temps libre à tour de rôle sans pour autant payer un baby-sitter à chaque fois.

Il leur était vraiment facile d'avoir des fou-rire ensemble. C'est comme s'ils arrivaient à communiquer par télépathie. Tout le monde n'appréciait pas leur sourire et rire complices dont seuls eux 4 avaient le secret.

Maintenant qu'il venait de décrocher leur BAC la seule ombre au tableau était le fait que Rachid doit partir étudier dans une autre région. Les inséparables vont ainsi être séparés pour la première fois depuis leur enfance.

- Sois un peu sérieux toi aussi. Rachid arrive enfin à articuler.

La maman de Rachid s'était vraiment surpassée pour lui préparer une fête inoubliable. Les murs de la maison étaient décorés avec sur un des murs un collage photo qui retraçait les 18ans d'amitié de Rachid et sa bande. Il y avait même des photos où on les trouvait en couche culotte, bébé. Rachid n'avait pas manqué de rouspéter contre ses photos enfant mais sa mère trouvait ça plutôt sympathique. Coté nourriture elle avait préparé des mini pizzas et autres petits fours pour l'entrée, un méchoui d'agneau pour le plat et 4 différents gâteaux. La table était tellement garnie qu'on croirait qu'ils attendaient un régiment pour la fête.

Nos amis se délectaient des petits fours en continuant d'évoquer leur future vie étudiante, leur séparation avec Rachid et tout ce que cela comportait. Sofia proposa d'appeler Moustapha qui devait déjà être là depuis un moment.

Elle fut stoppée dans son élan par la sonnette de la maison. L'hôte du jour alla ouvrir. Moustapha était là. Il entra sans dire bonjour à son ami, il avait une mine grave.

- Ça va ? s'enquit Abdou l'air inquiet.

Sans lui répondre il se tourna vers Rachid pour l'invectiver : « je sais ce que tu as fait » aboya-t-il !

Rachid avait ses jambes en coton, la gorge sèche, il essayait de comprendre. Il sentit tous les regards braqués sur lui, il voulait disparaitre sous terre.

Chapitre 2

Rachid ne comprenait pas ce que pouvait lui reprocher son ami, il avait peur d'avoir été victime d'une énorme méprise. Il n'arrivait plus à respirer, ni à réfléchir. Moustapha pouvait paraitre très impressionnant quand il était fâché. Mais d'un coup Rachid sembla déceler sur son visage ce qui lui semblait un soulagement, une satisfaction déguisés en fausse colère. Cela lui redonna espoir et il se ressaisit.

Il avança dans la direction de Moustapha comme pour le défier. Sofia prit la main d'Abdou et le serra comme si elle avait peur d'assister impuissante à une bagarre entre deux de ses meilleurs amis.

- Et si t'arrêtait ton cinéma cher ami ? dit alors calmement Rachid en prenant Moustapha par l'épaule.

Il se disait que s'il avait tort dans son interprétation la situation pourrait vite se dégrader.

Mais Rachid en plus d'être très intelligent a toujours été d'une perspicacité à toute épreuve. Un de ses profs lui conseillait souvent de faire des études en psychologie car disait-il « tu arrives à comprendre les gens mieux que tout le monde ».

Et là encore il ne s'était pas trompé. Moustapha qui semblait hésitant en voyant Rachid s'approcher le prit dans ses bras et commença à crier comme un hystérique : « t'es le meilleur mec ! ».

La scène semblait surréaliste et Abdou et Sofia ne comprenait rien de ce qui venait de se passer sous leurs yeux. Sofia se rua sur les deux garçons. Elle, pour le coup était vraiment en colère ce que Rachid remarqua et s'écarta d'un geste habile. Moustapha n'a pas eu cette chance. Elle lui tira l'oreille si fort qu'il émit un son assez aigu.

- Vous êtes débiles ou quoi ? cria-t-elle. Maintenant vous allez m'expliquer ce qui vient de se passer là sinon je vous jure que...

- Hey calme toi, la coupa Abdou. Il se tourna vers Rachid et ajouta en son encontre « tu nous expliques » ?

Rachid hésita. En réalité il ne savait pas trop pourquoi Moustapha s'était comporté comme ça, il dit alors : « Je ne sais pas pourquoi Moustapha est arrivé en furie sur moi, j'ai juste remarqué rapidement qu'il jouait la comédie... »

Sofia qui était encore à coté de Moustapha se retourna brusquement vers lui et ce dernier esquiva très vite avec une souplesse incroyable.

- C'est bon je vais pas te frapper abruti ! Je veux juste comprendre ce qui t'a pris. Elle voulait se montrer détachée, calme mais le ton rauque de sa voix trahissait la rage quelle essayait tant bien que mal à contenir.

Moustapha qui maintenant avait l'air penaud comme un garçon qui venait d'être pris la main dans le pot de chocolat s'avança tête baissée vers la table et invita les autres à en faire de même. En ce moment-là, la fille de la bande s'en voulut un peu d'avoir peut-être sur-réagi et voulut détendre l'atmosphère à nouveau avant de laisser son ami s'expliquer.

- Hey Mouss attends, avant qu'on retourne à table viens voir cette tof, je savais pas que t'étais si mignon en Pampers ! dit-elle avec un clin d'œil à Abdou

Moustapha ne savait pas de quoi elle voulait parler mais en se tournant vers le mur il comprit très vite. Il rougit tellement qu'on aurait cru que ses joues prendraient feu.

- Mec ! pourquoi t'as laissé ta mère mettre des tofs pareilles ?

- Pff ! tu crois vraiment que j'avais envie de voir cette tof finir sur ce mur ? répondit Rachid en pointant du doigt une photo de lui tout nu avec juste un chapeau de pirate. Il devait avoir 2 ou 3 ans.

Tous les amis éclatèrent de rire. Et Sofia avec un clin d'œil à Rachid lui dit :

- Je peux l'avoir ? siteuplé, siteuplé, siteuplé !

- Même pas en rêve ! allez on se met à table et par pitié, on oublie ce mur.

- T'es pas drôle ! je commençais à peine à m'amuser. Lâcha Sofia avant de rejoindre la place qu'elle occupait avant.

A peine ils s'étaient assis qu'on ressentit la gêne revenir. Comme si un vent glacial avait traversé la pièce, personne ne sut quoi dire. Abdou plutôt calme depuis un moment leva la tête pour parler, essayer de (re)briser la glace mais Moustapha l'arrêta net d'un signe de la main.

- Bon les gars... désolé pour mon entrée foireuse... dit-il timidement.

- Ouais celle-là restera dans les annales ! s'esclaffa Sofia. Abdou lui jeta un regard noir, et elle lui tira la langue comme pour lui dire "tu me fais pas peur". Abdou se contenta de secouer la tête.

- Ce qu'il y a quand même c'est que notre cher ami ici présent nous a vraiment caché un truc, n'est-ce-pas Rachid ? avec un clin d'œil. Rachid rougit.

- De quoi vous parlez au juste ? s'enquit Abdou.

- Rachid va nous dire n'est-ce pas ?

- Non vas-y dis leur.

- En fait, notre cher ami a décidé de rester avec nous. Il part plus dans son école de prépa !

- T'es sérieux mec ? mais pourquoi ? demanda Abdou alors que Sofia se jeta sur Rachid pour l'étreindre dans un gros câlin.

Rachid, était un peu déçu tout au fond de lui. Il espérait une réaction plus enthousiaste de la part de Abdou comme c'est le cas de ses deux amis.

- Ça me fait plaisir de voir que t'es si content qu'on reste ensemble Abdou ! ironisa Rachid.

- Arrête de faire l'imbécile, je suis évidemment content mais c'est absurde et j'aimerai comprendre. Cette école c'est ce qu'on voulait tous les deux tu le sais bien et tu as eu la chance d'être accepté là-bas alors excuse moi de pas sauter au plafond pour le moment, sans comprendre tes motivations.

Rachid et Abdou ambitionnait de faire une école d'ingénieur très réputée mais à 500 Km de leur ville. Il y avait deux moyens d'y accéder : soit faire une prépa et être sûr de l'intégrer soit faire un DUT d'un domaine pertinent mais avec un concours d'entrée et donc moins de chance.

Tous les deux avaient fait le concours de la prépa mais seul Rachid l'avait réussi. Cependant ils avaient tous les quatre déposé un dossier de DUT dans des départements différents et ils avaient tous été acceptés. Abdou sentait comme une injustice de la part de Rachid de refuser ce que beaucoup de jeunes de leur âge dont lui-même, cherchaient.

Rachid savait qu'il avait raison mais pour le moment il avait quelque chose de plus important à régler.

- Écoute, je te comprends et je promets de t'expliquer les vraies raisons mais pour l'instant on doit arrêter d'en parler, Maman ne le sait pas encore et je veux lui en parler d'abord avant qu'elle l'apprenne au hasard...

Tous acquiescèrent. Abdou avec un sourire sincère tapota l'épaule de son ami en lui disant « je suis vraiment heureux de te garder avec moi, frangin » et ils échangèrent un sourire complice.

La soirée continua sur le ton de la plaisanterie. Les 4 inséparables continuaient de manger et boire plus que de raisons en se racontant des blagues et en rigolant. Après le repas principal les discussions continuèrent sur le même ton.

- Qu'est-ce que t'attends pour couper le gâteau ?

- Sérieux Mouss ? t'as encore faim lui répondit Sofia.

- C'est pas une question de faim ou pas, c'est dans l'ordre des choses ! rétorqua Moustapha avec un grand fou-rire.

Quand elle réussit à se calmer Sofia dit alors à Rachid :

- Tu te rends compte qu'on a faillit ne plus avoir ce genre de fou-rire ? Heureusement que tu pars plus mon pote !

- Pourquoi tu ne pars plus Rachid ?

Rachid se sentit pétrifié comme si son sang s'était congelé dans ses veines. Il savait que les problèmes venaient de commencer pour lui en reconnaissant cette voix qu'elle affectionnait tant dans d'autres circonstances.

En levant la tête les quatre amis bouche-bée firent face à la maman de Rachid qui venait de faire irruption dans le salon sans prévenir.

Chapitre 3

La tension était à son comble. Sofia voulait disparaitre sous terre pour avoir été aussi imprudente et les autres ne savaient pas où se mettre. Aucun d'eux ne savait quoi dire ou faire. La maman de Rachid reprit alors la parole :

- C'est bien les enfants, je suis content que vous puissiez rester ensemble. Tiens Rachid je venais t'apporter les bougies.

Elle lui tendit 18 bougies d'anniversaire et une qui représentait le chiffre 18.

- Attends Oumy (maman)... finit par dire Rachid

- Ça va fiston ne t'en fais pas, souffle tes bougies dit-elle à son fils avec un sourire sincère.

Rachid s'en voulut encore plus. Il savait que sa mère respecterait toujours sa décision mais le fait qu'elle l'ait apprise autrement que par sa propre bouche le mettait vraiment mal à l'aise. Elle l'a toujours soutenu dans tout ce qu'il a pu entreprendre. Mais il savait aussi que sa mère ne le lui montrerait jamais si elle était contrariée. Il avait beau avoir un don pour déchiffrer le langage corporel, il n'a jamais pu percer à jour sa maman ; et aujourd'hui ça le rend fou. Il aimerait tant que sa mère s'énerve sur lui pour qu'il ait l'occasion de lui demander pardon, se mettre à genou, l'implorer. Mais elle s'était contentée de lui faire son plus beau sourire. Ce sourire qu'il connaissait tant et qui le rassurait même quand tout allait de travers. Sa mère était déjà retournée à l'étage mais lui restait absorbé dans ses pensées, complètement anéanti par la déception qu'il pensait avoir causé à sa mère.

- Ça va ? une main venait de lui prendre la sienne ce qui le sortit de son état léthargique. Je suis vraiment désolée Rachid ! je voulais pas...

- T'inquiète Sofia ça va aller. Tu connais ma mère, y a aucun souci.

Rachid ne croyait pas du tout à ce qu'il disait. Il savait que ça allait bien se passer mais il voulait vraiment que cela se soit passé autrement.

Le reste de la soirée fut un peu bizarre. On aurait dit que chacun voulait juste que le temps passe le plus vite possible pour que chacun rentre chez lui. L'atmosphère était vraiment pesante et nos amis qui d'habitude étaient pleins de vie avec des blagues qui fusaient à tout bout de champ étaient comme anesthésiés.

Après la dégustation du gâteau qui n'a pas été apprécié à sa juste valeur, les amis décidèrent de rentrer et laisser Rachid seul. Abdou proposa à Rachid de l'aider à ranger un peu la maison avant de partir mais ce dernier refusa.

- Ça va aller t'inquiètes, je m'en occuperai demain matin.

Personne n'insista. Rachid les raccompagna.

En revenant il monta voir sa mère pour lui expliquer mais il trouva sa porte déjà fermée. Elle dormait déjà semble-t-il. Rachid redescendit au salon. Il mit la télé pour s'aérer l'esprit mais rien ne l'intéressait de ce qu'il y avait. Il décida alors de faire le ménage sans attendre le lendemain. Il rangea le reste de nourriture dans le frigo (il en restait vraiment beaucoup vu tout ce qu'il y avait), mit à la poubelle ce qu'il fallait et balaya un peu.

Il monta dans sa chambre et commença à réfléchir sur sa future vie étudiante. Avant de se perdre dans ses réflexions la sonnerie de son téléphone lui signala l'arrivée d'un SMS : « Bon anniversaire le petit génie, bonne chance en prépa ». Le message venait d'un de ses anciens camarades du lycée. Il fut amusé de voir que personne ne savait qu'il allait rester. Non personne ne le savait en dehors de ses vrais amis et de... sa mère. Il ressentit un pincement au cœur en pensant à sa mère. Il prit sa décision de lui parler le lendemain à la première heure, éteignit son téléphone et s'endormit presque instantanément.

Au réveil le lendemain matin il put voir en prenant son téléphone qu'il avait dormi comme rarement. Il était midi passé et son téléphone était déjà assailli par les sms et autres message WhatsApp. Un sms en particulier retint son attention : « bon réveil champion et bonne journée. A ce soir, je suis fière de toi. ». Sa mère avait l'habitude de lui envoyer un petit message en partant au travail quand ils ne se croisaient pas pour le petit déjeuner. Rachid fut soulagé de voir que malgré tout sa mère était sincère en lui disant que tout était OK la veille.

Son soulagement laissa vite la place à la culpabilité. Il s'en voulut encore plus. Il aurait presque préféré que sa mère s'emporte, qu'elle lui demande des explications pour qu'il puisse lui expliquer, lui demander pardon. Mais comment demander pardon à quelqu'un qui trouve qu'on n'a commis aucune faute ?

Le soir et les jours suivants la maman de Rachid rassurait son fils et ce dernier ne trouvait pas vraiment l'occasion de lui expliquer son choix.

L'été tirait vers la fin et la rentrée des classes approchait à grand pas. Rachid, tout comme ses amis commençaient à faire leurs bagages en préparation de la fameuse rentrée. Bien qu'étant dans une école de leur région ils avaient tous réussi à avoir une chambre pour ne pas à avoir à faire le trajet vers la maison tous les jours.

- Tu n'emportes que ça ?

Rachid sursauta. C'est sa mère qui l'observait du couloir.

Rachid n'avait en effet que deux valises : une grande et une petite. Pas de quoi contenir tous ses affaires.

- Oui oumy ; c'est pas loin et je veux revenir tous les weekends comme ça j'aurai l'occasion de prendre tout ce qu'il me manque.

Sa mère sourit alors avec un air de tristesse bien visible.

- Tu vas me manquer mon grand, tu le sais ça ?

- Toi aussi maman, mais je viendrai aussi souvent que je pourrai. Mais je voudrais aussi qu'on parle de mon choix d'aller à cette école s'il te plait.

La maman de Rachid au lieu de lui dire que tout allait bien se contenta cette fois de garder le silence pendant de longues secondes avant de déclarer :

- Tu sais quand j'étais petite je n'ai jamais eu droit au chapitre choix. Je me contentais seulement d'exécuter les volontés de mes parents. J'ai arrêté l'école au collège alors tu vois je suis très mal placé pour te guider dans tes choix d'école. J'ai œuvré toute ma vie pour te donner la meilleure éducation possible et surtout te monter la voie du discernement et de la responsabilité. Et je pense avoir réussi, alors quand tu fais un choix je sais que tu le fais toujours pour les bonnes raisons et je te soutiens dessus.

Rachid ne s'attendait pas vraiment à cette réponse de sa mère. Il était content mais en même temps déstabilisé. Il posa sa tête contre l'épaule de sa mère qui venait de s'assoir sur son lit. Après quelques secondes il dit

- J'ai choisi de rester pour plusieurs raisons mais la principale c'est que je veux une porte de sortie même si tout le monde va juste croire que je veux être avec mes amis.

Sa mère le regarda et on put lire la confusion sur son visage. Et Rachid reprit la parole.

- Tu sais mah, en faisant la prépa je n'aurai mon premier diplôme que dans 5ans. Avec le DUT j'aurai un diplôme au bout de 2 ans avant de continuer pour obtenir mon diplôme d'ingénieur dans 5 ans. Si jamais la vie nous réserve de mauvaises surprises, des difficultés financières par exemple je pourrais toujours trouver un très bon travail avec un DUT pour faire face. Alors qu'avec la prépa je n'aurai que le BAC et c'est plus compliqué pour trouver un bon job. Et je te promets que je réussirai mon DUT haut la main pour être sélectionné à l'école de mon choix.

Sa mère avait les yeux embués de larmes de voir autant de maturité chez son fils. Elle sut qu'elle avait eu raison de lui faire confiance.

- Rachid ! je suis vraiment fière de toi.

- Je sais répondit-il avec un sourire taquin avant de redevenir grave. Mais je m'excuse de la manière dont tu l'a appris l'autre soir, je voulais pas que ça se passe ainsi.

- Ne t'en fais pas fiston, mais à l'avenir quand tu prends une décision informes-en de suite les concernés, n'attends jamais pour éviter ce genre de situation.

Elle lui caressa longuement les cheveux avant de lui déposer un baiser sur le front et de prendre congé.

Rachid s'allongea sur le dos sur son lit en étant d'une part soulagé d'avoir pu expliquer à sa mère ses vraies raison mais aussi content et confiant d'avoir la bénédiction de sa maman.

Il était fin prêt pour affronter l'inconnu qu'est la vie universitaire !

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