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Je n'attendais que toi

Je n'attendais que toi

Auteur:: ImieStory
Genre: Romance
Parfois, l'amour peut surgir de nulle part. Tel une surprise, un coup de foudre, il se peut qu'il arrive à bouleverser toute notre vie. Mais parfois, c'est un sentiment qui grandit lentement, jusqu'à ce qu'on se rende compte qu'on ne saurait imaginer notre vie sans l'autre personne. Et des fois il arrive même que la route de l'amitié conduise â l'auberge de l'amour...

Chapitre 1 Prologue

Quand je t'ai rencontré ce n'était que pour une amitié. Enfin, je le croyais. J'ai toujours été sincère avec toi. En tout et pour tout. Nous nous sommes jurer de ne jamais dépassé ce stade de la relation d'ailleurs. C'était ce qui paraissait le mieux sur le moment. Je l'avais accepté. Tu étais cet être que je considérais tel un membre de ma famille.

Malheureusement, de mes sentiments je ne suis pas resté maître. Car en te connaissant mieux, je n'ai su empêcher mon cœur de tomber amoureux de toi aussi passionnément. Il t'a choisi sans appel. Et pendant longtemps, il n'a battu que pour toi. A chaque battement, il hurlait ton nom. Cela me consumait tant de ne pas pouvoir te le dire. Si seulement tu savais. J'avais si peur de te perdre si je te l'avouais.

Alors, à ne pas vouloir nous engager trop vite dans une histoire qui, il se pourrait, n'allait pas évoluer, et le regretter par la suite, j'ai dû tout enfouir au fond de moi. Sache que rien n'était plus beau que de t'avoir à mes cotés tous les jours. Je chéris chaque instant que l'on a partagé. Même si au fond de moi j'espérais toujours plus de toi.

Tu sais, personne ne choisit vraiment qui aimer. Moi, cela m'est juste tombé dessus. Je t'ai toujours aimé comme il se doit même si tu ne m'as pas ouvert cette voie pour rester auprès de toi. Je t'aimerai toujours quoiqu'il arrive.

Tu sais bien que je serais là pour toi quand tu auras besoin de moi. Toujours. Inconditionnellement. Tout ce que je te souhaite c'est d'être heureuse. Tu mérites tout le bonheur du monde. Mais, aujourd'hui, il est venu le temps pour moi de prendre une décision que je sais à coup sur changera le cours de ma vie. Je pars. C'est douloureux de dire au revoir à quelqu'un quand tout ce qu'on veut c'est le garder près de soi. Mais il le faut. Pour mon bien. Pour le tien.

C'est si dur de t'avoir à côté et me dire que t'es si loin en vrai. Ce n'est en rien de ta faute si je souffre aujourd'hui. Cela devrait sans doute arriver. Il y a des amitiés qui ne sont pas faites pour durer malheureusement. Juste, n'aie aucune crainte. Je te garderai jalousement dans mon cœur. Parce que je ne saurais oublier une personne qui m'a donné tant de choses à retenir.

Je t'aime ❤️.

Chapitre 2 Le coup de foudre

Isabelle Jeudy

Pour les gens optimiste, il existe quelques part sur terre un être parfaitement complémentaire à chacun. Un être fait pour soi et avec qui la vie serait à même de prendre tout son sens. C'est exactement ainsi que je vois les choses. Pour moi, tout est question du moment, de l'alchimie et des liens cosmiques entre deux personnes.

N'est ce pas là, la naïveté de l'âge qui me pousse à réfléchir ainsi ? Après tout, je n'ai que 19 ans. Penser que quelques part dans cette vie il pourrait exister quelqu'un qui était là à m'attendre n'était en rien rationnel. J'aurais dû le savoir. Les relations se font et se défont. Tout n'est pas toujours aussi rose qu'il paraît. Celui qui est fait pour soi, n'est pas toujours celui que les yeux remarquent le premier. L'amour est si capricieux des fois. Il aurait été préférable que je me focalise sur mes études. Au moins pour ça, j'aurais pu établir un projet et en prevenir les dénouements.

- Tu es toute excitée ce matin ma chérie.

- C'est mon premier jour à l'université maman. Toi même tu sais combien j'ai prié pour ça.

- Pluie de bénédictions sur toi ma chérie. Tu vas réussir au nom de Dieu, elle me bénit.

- Merci m'man.

Je l'embrasse.

- M renmenw twòp manmi cheri (je t'aime beaucoup trop mère).

C'est ma première semaine d'école. Je ne connais personne au campus mise à part lui. Ernso. Il est vrai que l'idée de fouler le sol de l'université pour le premier jour de l'année académique me ravit, mais ce n'est pas là l'unique raison.

A peine dans les 1 mètre 70, les yeux noirs sans trop grandes particularités, les cheveux crépus, la peau ébène, Ernso est le genre de mec qui plaît tout naturellement à la gente féminine. Même si moi je les préfère un peu plus élancé. Pourtant, sa taille ne me dérange pas tant que ça. Il doit avoir 22 ans tout au plus. Je ne lui ai jamais demandé. Ce n'est pas comme si on était des amis de longue date non plus.

Suivant ce qu'il m'a dit, c'est sa deuxième année de fac ici à Limonade. Tout comme moi, il est dans l'axe sciences humaines et sociales. Sauf que moi j'ai choisi psychologie. Alors que lui il est en sociologie. Il en parle comme si c'était le métier à faire. Être fière de ses choix d'études, oui. Mais comme l'est Ernso, c'est impossible.

Je quitte ma maison de bonne heure pour ne pas être en retard. Je ne sais pas encore comment fonctionne cette université. Alors, je prend mes précautions.

- Limonad, otwou, clame le chauffeur.

J'arrête donc le tap tap afin de me rendre au campus. Normalement, du Cap Haïtien, lieu où vit ma mère, au campus, c'est à environ une heure de route lorsqu'il n'ya pas trop de trafique. Avec le soleil qu'il y a, même avec une petite distance je n'allais pas prendre le risque de me brûler la peau.

A peine ai je descendu de la camionnette que quelqu'un m'a tirée par derrière.

- Surprise ! Me crie Ernso.

- Oh ! C'est comment avec toi ? Tu m'as fait peur, dis je en me retournant. Tu imagines si je t'avais frappé ? Avec moi ça peut arriver très vite, tu sais.

- N'importe quoi, réplique t'il. Avec tes petites mains toutes frêles, là ? Que tu penses que tu m'aurais fait quoi ?

Il éclata de rire et me tire vers la barrière d'entrée. J'étais donc obligée de le suivre.

- Je ne t'ai pas vu à la fête d'intégration que l'on a organisée au campus pour la nouvelle cohorte d'étudiants. Pourquoi ? Il me demande avec beaucoup d'intérêt.

- J'ai cru comprendre que ce n'était pas obligatoire. Ça l'était ?

- Pas exactement. Mais j'espérais te voir. Tu m'as manqué, tu sais.

- Je suis là maintenant, répondis je en masquant ma joie de constater qu'il me cherche déjà quand je ne suis pas là.

Aviez vous déjà rencontré un homme qui vous rend chèvre rien que par un regard, un sourire ? Que vous ressentez que votre corps ne répond à aucune commande volontaire de votre part ? Avoir la main moite, le cœur qui bat la chamade et les lèvres qui ne se referment pas ? Et bien voilà. C'est exactement ce qu'il m'arrive avec Ernso. J'ai tout le temps envie de lui parler, d'être près de lui, de sentir son regard sur moi... Un simple compliment peut me faire fondre. Pourtant, je ne le connais que depuis une semaine. On s'est croisé à la fac le jour où je suis venue pour ma validation après la publication des résultats du concours d'admission.

- Ce n'est pas pareil. Je t'attendais à cette fête précisément, il me répondit. Cela aurait été très amusant de passer du temps avec toi... en tête à tête.

Je ne répondis rien. Qu'aurais je pu répondre ? J'étais trop occupée à savourer le fait qu'il m'ait indirectement avoué qu'il aime ma compagnie. Et cela ne le gênerait pas le moins du monde que l'on sorte dans des lieux publics tous les deux. Je crois que j'ai eu un coup de foudre.

Le coup de foudre ! J'entends souvent les gens parler de ce concept. Qu'est ce que c'est en vrai ? Le coup de foudre est un phénomène qu'un individu peut expérimenter lors d'une rencontre subite avec une personne inconnue durant laquelle l'attirance est amplifiée par la sensation de surprise liée à la rencontre. Voilà donc ce que dit google. Juste ça.

Vous est-il déjà arrivé d'aimer quelqu'un dès le premier regard ? D'avoir l'impression de l'avoir connu toute votre vie et que tout naturellement vous avez envie de vous ouvrir à cette personne ? Si oui, c'est que vous faites peut-être partie des quelques chanceuses qui ont déjà connu le coup de foudre. Chacun devrait au moins une fois dans sa vie expérimenter cette sensation si exquise.

Jamais l'expression "nager dans le bonheur" n'aura pris autant de sens à vos yeux que quand vous aurez rencontrer cette personne. Ce profond sentiment d'insouciance et de béatitude ressenti et qui vous procure un véritable bien-être lorsque vous vous trouvez en présence de votre bien-aimé, cet impression que votre esprit se détache parfois de votre corps vous donneant cet air bête, des petits moments de flottement et de déconcentration qui vous feront passer pour une maboule... Vous ne prêtez presque plus attention à ce que vous faites. La maladresse et l'étourderie qui deviennent soudain vos meilleures. voilà ce que c'est le coup de foudre.

- Alors, m'interroge Ernso. Tu ne dis plus rien ?

Je reviens à moi.

- Dire quoi ?

- Je ne sais pas. N'importe ce qui te passe par la tête, il me fixe de manière déstabilisante.

Une main posée devant ma bouche, je ne me rendais pas compte du moment où j'ai commencé à me ronger les ongles.

- Bah, on peut passer du temps ensemble, si ça te tente. Parce que moi, j'en ai très envie.

Il sourit. Dans ma tête, cela paraissait moins désespéré.

- Là je vais en cours. J'ai pause à midi. Fais moi signe si tu as pause à la même heure, il part en marchant à reculons. On ira où tu voudras.

- Il doit être un romantique, pensais-je. Entendu, répondis je en sortant de ma rêverie. Je.. je ne parlais pas de maintenant, hein. Moi aussi j'ai cours, balbutiais, morte de honte.

Il s'en va. Ce n'est qu'après son départ que je me suis souvenue que je ne savais pas encore par où aller. J'aurais sans nulle doute pu lui demandé de m'indiquer le chemin si je n'avais pas passer le temps à le mater. Dans la brochure que j'ai, il n'est pas mentionné le bâtiment ou je devrais suivre le cours. Le pire, c'est qu'il est presque 8 heures. Et, on m'a dit qu'ordinairement, les cours débutent à 8 heures précise tous les jours.

- Ça m'apprendra à venir aux réunions, lâchais je en tournant sur moi même.

- Un petit oiseau est venu me dire que quelqu'un avait besoin de mon aide pour se retrouver, entendis je Ernso me dire alors qu'il arrivait par derrière.

Je souris de voir qu'il s'inquiète pour moi jusqu'à revenir sur ses pas. Alors j'en profite pour le questionner à propos des bâtiments pour les nouveaux.

- C'est par où pour les étudiants en psycho ?

- Normalement le batiment A est réservé aux lettres, sciences humaines et sociales. Mais dans ton cas, tu devras aller au batiment C. C'est celui pour les nouveaux étudiants. Il y a souvent un tronc commun en première année. L'année prochaine si tout se passe bien pour toi, tu seras là bas... Je veux dire, au batiment A.

- Merci beaucoup très cher. A plus, lui dis je le sourire aux lèvres.

Je suis Isabelle Jeudy, haïtienne de nationalité. Capoise pour être plus précise. Je suis âgée de 19 ans. Comme vous pouvez peut être déjà vous en doutez, je débute à peine mes études universitaire en psychologie. Mes parents ont toujours souhaité que je fasse médecine mais moi j'ai voulu autres choses. Pour leur faire plaisir, en plus de la psychologie je me suis inscrite parallèlement en médecine car on m'a donné cet accès au campus. Manque de préparation de ma part où coup de pouce du destin, je n'ai été reçue qu'en psychologie. Mes parents ont du l'accepter car dès le départ on avait fait un pacte qu'ils me laisseraient choisir la faculté de mon choix si je devrais rater mes examens d'entrée à l'école de médecine sans que je n'aie à essayer de me saboter. Et aujourd'hui, nous y voilà.

Après des minutes de marche pour trouver le bâtiment en question, j'ai finalement trouvé ma salle de cours. Non sans avoir fait les étages à plusieurs reprises. Le souci est que les classes ne sont identifiées que par des chiffres. Impossible de savoir le lieu exact du premier coup. Et Ernso ne m'avait rien dit à propos de la salle exacte.

J'ai passé la tête d'abord pour une courte inspection des lieux avant de rentrer entièrement mon corps. Le professeur est arrivé tout juste quelques minutes après moi. Il a commencé par donner les règlements pour son cours. Si je devais résumer ce qu'il venait de nous transmettre, je dirais que si je n'avais pas vite fait de trouver ma salle de classe, j'aurais raté la séance car monsieur n'aime pas les retardataires. Encore moins le bavardage.

- Les profs de français et leurs besoins de se faire voir. Pfff ! N'importe quoi.

Je suis restée les 2 heures que devraient durer le cours à l'écouter d'une oreille distraite. Il n'a pas vraiment commencé avec le cours. Juste des pré requis histoire que l'on se retrouve avant d'être plongé dans le grand bain. Les 2 heures qui ont suivies on a eu un cours d'introduction à la psychologie. Lui au moins il sait ce qu'il fait. Ce n'est pas comme l'autre là qui cherchait plus à nous menacer au lieu de travailler. Et j'adore. Je me suis sentie à ma place. C'est grâce à ces genres de cours que je sais que j'ai fait le bon choix. C'est la psychologie ou rien.

Dans la salle, on est à peu près une trentaine. J'ai appris par des étudiants que pour certains cours, on sera amené à faire du tronc commun. Ce qui veut dire que l'on devra se mélanger avec plusieurs filières, toujours en sciences humaines et sociales bien évidemment, pour le cours. Moi qui ai passé mes études de primaires avec des classes de 15 à 20 élèves, je me demande si je vais pouvoir suivre convenablement si l'on devrait être une centaine. Dans tous les cas, j'attends de voir ça.

Chapitre 3 Désillusion

Isabelle Jeudy

Il était midi lorsque je rejoignais Ernso au cafétéria du campus pour manger un bout. Je ne m'attendais vraiment pas à tomber sur du maïs avec de la purée d'haricots noir, le tout accompagné de légumes. Tout ce que je n'aime pas manger. J'étais dégoûtée.

- Beurk ! Du maïs ? Un lundi, carrément ? D'où est-ce qu'ils viennent ces gens là ? Depuis quand un haïtien consomme du maïs un lundi ? A midi en plus.

- Tu ne manges pas ça chez toi ? Il me demande surpris de ma reaction.

- Si. Une fois parfois. Quoique je n'aime pas ça, lui répondis je dégoutée. Pas un lundi quand même.

- Mwen ki soti latibonit. M pap fè tankouw (moi qui suis originaire de l'Artibonite, je n'aurai pas reproduit ce que t'as fait). On aurait dit que c'était infect à suivre ta mimique dégoûtée. Je mange de tout moi. Tu devrais penser à en faire autant. C'est plus équilibrée comme alimentation. Ton corps te remerciera.

- Ne te méprend pas à propos de moi. Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Je ne suis pas de celle qui minimise les aliments. Mais quand même. Quand je rentre dans un resto un lundi, je m'attends à être servie d'un bon petit plat de riz avec de la purée de pois et de la sauce.

- On peut toujours aller en face si tu veux. Il y a un restaurant dehors, il me propose. Sauf que là-bas, il n'y a que des pattes à cette heure de la journée.

- Allons y, je lui dis alors que j'étais déjà débout prête à quitter les lieux. Ce serait mieux, je pense.

On est sorti ensemble lui et moi. Il a prit les devant afin de m'orienter vers l'endroit qu'il avait mentionné plus tôt. Je n'ai pu m'empêcher de le reluquer alors qu'il avançait devant moi. Je me pince les lèvres surexcitée. J'adore trop sa démarche.

Perdue dans mes pensées, je n'ai pas eu le temps d'esquiver un jeune homme qui se tenait dos à moi à la sortie. On s'est heurté. Étant donné qu'il me donnait dos, c'était à moi de ne pas aller droit sur lui. Malheureusement c'était déjà arrivé. Alors il me fallait m'excuser. Et c'est ce que je m'appretais à faire.

- Oh ! Sorry ! Je ne t'avais pas vu, m'excusais je.

- Tu veux donc dire que je suis invisible ? C'est donc cela ? Il s'offusque.

- Euh... Non. Pas du tout. Ce n'est pas ce que j'ai dit. Je...

- Pourquoi tu t'excuses alors que c'était à lui de le faire ? Me reprimande Ernso. Et toi, tu dégages de là Olivier, il le menace. Va poser tes yeux ailleurs. Et laisse la petite tranquille.

Le fameux Olivier, qui semble n'avoir remarqué Ernso qu'au moment où celui ci a parlé, a libéré les lieux sans broncher. Pourquoi avait t'il autant peur d'Ernso ? Ça, je suppose que je n'allais jamais le savoir.

- Tu n'avais pas besoin d'user d'autant de violence Ernso. Il aurait compris même si tu avais parler plus bas. De plus, j'étais en tord. C'était à moi de m'excuser.

- Si tu le dis, il me répond sans grande conviction.

On a continué notre route sans rien ajouter de plus. En vrai, on a juste eu besoin de traverser la rue pour être à l'endroit qu'il avait mentionné plus tôt. C'était un petit resto en plein air. Il y a à peine une dizaine de table bien arrangé. Néanmoins, l'espace est très attrayante. J'adore. Surtout comment les tables sont disposées. C'est typiquement local.

C'est Ernso qui a placé commande dès notre arrivée.

- Parle moi de toi Isabelle, il me demande en me regardant avec envie.

- Que souhaiterais tu savoir exactement ? Je lui répond alors que j'étais mal à l'aise par son regard trop appuyé.

- Je ne suis pas quelqu'un qui y va par quatre chemins quand je dois dire quelque chose Isabelle, me dit il en me prenant les mains entre les siennes. Je suis sûre que tu as dû deviner mes intentions en me rapprochant de toi. Si ce n'est pas clair jusque là, je te l'explique en langage plus clair. Jamais je n'ai eu besoin d'amie du sexe opposé. Et cela ne va pas commencer de si tôt. Pour te dire vrai, moi même, je ne crois pas du tout en ce genre d'amitié d'ailleurs. Des amis j'en ai 3 superbe gars. Pour dire ce qui est, tu me plais beaucoup Isabelle. Et j'aimerais juste savoir si je peux attendre quelques choses de toi en retour, m'avoue t'il après avoir marqué une pause de quelques secondes.

Je suis carrément choquée par son manque de timing. Sa franchise est déconcertante. Comment peut on faire autant dans la précipitation ?

- On se connait à peine, finis-je par dire.

- Et on aura assez le temps pour ça ma belle peu importe l'orientation de notre relation. Déjà, tu vis où ? Avec qui ? Je pourrais passer te voir chez toi sans problème si besoin ? Pourrais je t'inviter à sortir aussi ?

De toute ma vie je n'ai jamais croisé quelqu'un d'aussi direct. Rien que ça, ça m'a refroidi. Il avait pourtant la majeure partie des critères physiques pour me plaire, pourtant. J'ai tout de même répondu à ses questions. Mais, je ne me voyais plus dedans. Il est tout ce que je déteste comme homme. Sans tact... impatient. C'est tellement frustrant une conversation avec ce genre de personne.

Heureusement qu'on est revenu avec nos plats. Je n'avais vraiment pas envie de continuer cette conversation avec lui.

Il avait commandé des pâtes comme c'était la seule chose qu'il y avait à cette heure. Chose que je n'aime pas trop non plus. Étant donné qu'il m'avait bien prévenu, et aussi pour ne pas changer une deuxième fois de suite dans la même journée, j'ai essayé d'avaler quelques branches.

Il m'observe manger. Je crois qu'il a compris le message.

- Tu n'es pas chaude pour les pâtes non plus ?

Il semblait avoir pitié de moi. Je grimace et je repose mon regard dans mon plat.

- Tu vas devoir aimer, me prévient il. Entre les moyens économiques et le manque de temps, la majeure partie du temps c'est ce que tu vas manger ici. Se manje etidyan (c'est la nourriture des étudiants).

On a eu une heure de pause. Durant ce laps de temps, Ernso ne m'a lâchée d'une semelle. On a eut le temps de faire le tour du campus. Je n'ai pas voulu le faire lors de l'inscription car je me suis dit que j'aurais assez de temps pour le faire automatiquement que je serai admise. Plus encore parce que c'est ce que faisaient les autres. On doit dire que je suis assez complexée comme personne. Je n'aime pas faire les choses comme tout le monde.

J'ai appelé Jessica pour lui expliquer ce qu'il s'est passé une fois chez moi. Avec Sofiane, elles sont mes seules amies et on s'adore tellement. Elle m'a dit que je ne devrais pas juger Ernso du premier coup et restée sur cette fausse note alors je décide de lui accorder une autre chance pour juger.

La semaine est passée à une vitesse folle. Ernso m'a invitée à passer chez lui en weekend. Il m'a dit habiter à Limonade une localité non loin du campus. Alors, le samedi après midi, je me suis faite toute belle pour me rendre chez lui. Il n'y avait personne à mon arrivée. Ce qui m'a paru étrange. Dans sa chambre, il n'y a qu'un lit sur lequel il m'a proposé de m'asseoir.

- Tu vis seul ? Je lui questionne un peu perplexe.

- Pas du tout, il me repond très détendu. On est en tout 4 étudiants qui partagent la chambre.

- Ah ! Et où sont les autres ? Pourquoi il n'y a que nous deux ici en ce moment ? Je lui demande la peur au ventre.

- Tu n'es pas à l'aise pour rester seule avec moi ? Il me demande sans me regarder.

- Je n'ai pas dit ça, répétais je sans conviction.

Il s'est assis à mes côtés, s'est approché de moi en traînant les fesses et a commencé par me faire des attouchements. Il laissa filer sa main entre mes cuisses et allait la faire remonter jusqu'à mon entre-jambe lorsque je l'ai repoussé brusquement.

- Tu fais quoi ?

- Mes intentions sont claires pourtant.

Il revient à la charge.

- Tu le savais en venant ici, je pense. Mes intentions n'ont jamais été masquées. Tu me plais Isabelle. Et je souhaite te montrer à quel point, il répond face à mon air ahuri.

- Et ? Cela signifierait-il que tu puisses me manquer de respect pour autant ? Je l'interroge.

- Je ne fais pas les choses comme une chocotte Isabelle. Tu aurais voulu que moi Ernso je te fasse la cour ? Quoi ? Tu ne me feras pas croire que tu es encore vierge Isabelle, il me balance au visage en se faisant insistant. La baise, tu connais, n'est ce pas ?

- Selon toi, il n'y a que ma virginité qui pourrait représenter un frein pour toi ? Si je ne suis pas vierge je ne peux pas ne pas vouloir coucher avec toi Ernso ? C'est quoi cette mentalité ? On ne se connait pas tant que ça, toi et moi. Pourquoi vouloir coucher avec moi ?

Il ne me dit rien. Mais à son regard, on sent bien qu'il est énervé.

- D'abord tu te prends même pour qui ? Venir chez toi ce soir était une très mauvaise erreur de ce que je vois. Je te croyais plus civilisé que ça, je lui dis en ramassant mon sac avant de filer droit vers la sortie.

Je n'ai pas eu le temps d'arriver jusqu'à la porte qu'il m'a bloquée contre celle ci. Son souffle chaud contre mon cou ne me fait plus aucun effet tellement je suis en colère.

- Pas civilisé ! Moi ?

Il m'arrache un baiser avant de continuer sa réplique.

- Tu savais ce que je voulais. Tu es quand même venue Isabelle. C'est que tu l'avais voulu toi aussi. Alors ne vient pas jouer les saintes avec moi maintenant. Tu l'as voulu tout autant que moi. Avoue le.

- Sois un homme et comprend quand une femme te dit non Ernso, dis je en me dégageant de son emprise. Venir ici ne peut en aucun cas signifier que j'ai donné mon approbation pour autre chose que discuter avec toi. Pour faire l'amour il faut être deux.

- L'amour ? Qui t'a dit qu'on allait faire l'amour ? Tu as quel âge ? 15 ans ? Ne me dis pas qu'à ton âge tu crois encore au prince charmant ?

- Peut être pas. Mais les brutes de ton genre ne me donne pas envie malheureusement.

A m'entendre le traiter de brute, il s'emporte d'autant plus.

- Fout ou deyò lakay mwen an (dégage de chez moi), il explose de rage. Tu crois être où ? On t'a appris que j'avais pris la place de l'amoureux transit ? Cupidon t'a loupée ma petite. Chez moi ce n'est pas un hôpital. On ne reçoit pas les visites.

- Avec plaisir pauvre con. Je lui sors en m'en allant folle furieuse.

Il s'est écarté pour me laisser passer. La veine de son front était bien visible. Mais de ça, je n'en avais rien à foutre. Je ne suis pas venue à l'université pour me faire coucher par tout le monde. Dès les premières semaines encore moins. S'il veut quelque chose avec moi, qu'il change sa sauvagerie d'abord. Et après, on verra.

- C'est quel genre de conneries ça ? Et c'est pour après aller gâter mon nom avec ses potes plus tard en leur expliquant toutes les positions dans lesquelles il m'a prise.

Et bien, ça a échoué. Je ne suis pas de ses filles qui couchent avec le premier venu. Me plaire c'est une chose et coucher avec, une autre. Pour être avec quelqu'un, il me faut ressentir cette petite connexion... cette alchimie... Qu'il ne me tente surtout pas une deuxième fois le petit con. Et dire que je l'aimais bien.

- Un beau visage et puis rien du tout. Quel gâchis !

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