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J'appartiens au PDG

J'appartiens au PDG

Auteur:: Emmak
Genre: Milliardaire
Sienna Moretti n'a jamais connu la sécurité. Quand son frère contracte une dette colossale auprès d'un cartel impitoyable, sa mère, désespérée, décide de la "vendre" comme paiement. Prisonnière d'un système cruel, Sienna voit son monde s'effondrer. Mais tout bascule avec l'intervention d'Alessio DeLuca, un homme d'affaires énigmatique au passé trouble, venu infiltrer les réseaux criminels. En "achetant" Sienna lors d'une vente clandestine, il la sauve... tout en la liant à lui de manière inattendue. Obligés de cohabiter dans un domaine isolé, Alessio et Sienna se retrouvent pris dans une spirale de d'attirance interdite. Alors que les menaces du cartel se resserrent, combien de temps Sienna tiendra face au charme irrésistible du PDG ?

Chapitre 1 Chapitre 1

La chaleur étouffante du café enveloppait Sienna comme une chape de plomb, alors qu'elle essuyait mécaniquement le comptoir usé. Les taches de café incrustées résistaient obstinément à ses efforts, mais elle s'en fichait. Ce café miteux, niché dans une ruelle étroite des bas-fonds de Milan, était une prison à ciel ouvert, et elle, une détenue perpétuelle. Les néons fatigués clignotaient au plafond, projetant une lumière blafarde qui accentuait la saleté des murs.

Chaque jour, elle voyait défiler les mêmes visages. Des ouvriers usés, des retraités grincheux, et parfois des hommes à l'air douteux qui murmuraient entre eux en jetant des regards furtifs. Ce n'était pas la vie dont elle avait rêvé, mais depuis longtemps, elle avait cessé de rêver.

Elle posa le torchon sur le comptoir, regardant par la fenêtre embuée. Dehors, la pluie fine tombait en rideau, rendant les pavés glissants. Les gouttes coulaient lentement le long de la vitre, formant des traînées semblables aux larmes qu'elle ne versait plus. Une cloche tinta au-dessus de la porte. Elle se retourna, espérant un client, mais c'était seulement Carla, la patronne. Une femme rondelette, au regard dur mais pas dénué de compassion.

« Sienna, tu peux partir plus tôt aujourd'hui si tu veux. T'as l'air fatiguée, » dit-elle en haussant les épaules, son accent milanais traînant.

Sienna hocha la tête, remerciant brièvement. Fatiguée, oui. Pas seulement physiquement, mais jusqu'au plus profond de son âme.

Elle attrapa son sac et quitta le café, le froid humide de l'extérieur frappant instantanément sa peau. Elle remonta le col de son manteau et pressa le pas, ses bottes glissant légèrement sur les pavés. La pluie ruisselait sur ses cheveux bruns, les rendant plus foncés, presque noirs.

Quand elle arriva enfin à l'appartement, elle sentit immédiatement que quelque chose clochait. La porte était entrouverte, et une odeur familière de fumée de cigarette flottait dans l'air. Elle entra prudemment, posant son sac près de la porte.

« Luca ? » appela-t-elle, sa voix tremblante.

Le salon était en désordre. Les coussins du canapé gisaient sur le sol, et une bouteille de whisky à moitié vide trônait sur la table basse. Luca était affalé dans un fauteuil, une seringue encore posée sur la table à côté de lui. Son regard vitreux se posa sur elle, et il esquissa un sourire maladroit.

« Hey, Sienna... Tu rentres tôt, » dit-il, sa voix traînante trahissant son état.

Elle sentit une colère sourde monter en elle. Ce n'était pas la première fois qu'elle retrouvait son frère dans cet état, mais chaque fois, cela lui brisait un peu plus le cœur.

« T'es sérieux, Luca ? » siffla-t-elle en avançant dans la pièce. « Tu te défonces alors qu'on n'a même pas de quoi payer le loyer ce mois-ci ? »

Il leva une main en guise de défense, son sourire se faisant plus nerveux. « Je gère, ok ? C'est rien, juste... un petit coup pour décompresser. »

Elle remarqua alors que son sac était ouvert sur la table, son contenu éparpillé. Et puis elle comprit.

« Mon argent... » murmura-t-elle. « Luca, où est l'argent que j'ai mis de côté ? »

Son silence fut une réponse suffisante.

« Tu l'as pris ?! » hurla-t-elle, sentant les larmes monter malgré elle.

« Écoute, je te rembourserai, je te le jure, » balbutia-t-il, tentant de se lever, mais vacillant sous l'effet des drogues. « J'avais pas le choix. »

Elle le repoussa violemment, sa colère éclatant enfin. « Tu n'as pas le choix ? Et moi, j'ai le choix de vivre comme ça, à nettoyer des comptoirs pour qu'on ait un toit au-dessus de nos têtes ? C'est ça, mon choix ? »

Luca baissa la tête, honteux, mais il n'eut pas le temps de répondre. Trois coups secs résonnèrent à la porte, glaçant l'air.

« Qui c'est ? » murmura Sienna, regardant Luca avec méfiance.

Son visage pâlit instantanément. « Merde, c'est Emilio. »

Le nom seul fit naître une peur instinctive en elle. Avant qu'elle ne puisse poser la moindre question, Luca se précipita vers la porte et l'ouvrit à moitié, empêchant Emilio d'entrer complètement.

Mais Sienna pouvait le voir. Emilio était un homme imposant, aux traits durs et aux yeux perçants. Une cicatrice barrait son menton, ajoutant à son apparence menaçante. Il tenait une cigarette entre ses doigts, sa fumée s'enroulant lentement autour de lui.

« T'as 48 heures, Luca, » dit-il, sa voix grave résonnant comme un grondement. « Si t'as pas l'argent d'ici là, toi et ta petite famille, vous le regretterez. »

« Je... je trouverai une solution, je te le promets, » balbutia Luca, ses mains tremblantes agrippant le cadre de la porte.

« Tout a un prix, gamin, » ajouta Emilio, en fixant Luca avec un sourire cruel. Puis, ses yeux glissèrent vers Sienna, qui se tenait dans l'ombre. « T'es pas tout seul, après tout. Peut-être qu'elle pourrait être utile, hein ? »

Sienna se figea, son cœur battant à tout rompre. Emilio ne s'attarda pas, se retournant pour descendre l'escalier en sifflotant.

Quand la porte se referma, Sienna explosa.

« Qu'est-ce que c'était, ça ?! Qui est cet homme ? Et pourquoi il parlait de moi comme ça ? »

Luca évita son regard, s'asseyant lourdement sur le canapé.

« C'est rien, Sienna. J'ai juste... emprunté un peu d'argent. Je vais tout régler. »

« Emprunté à qui ?! » hurla-t-elle.

« S'il te plaît, arrête, » murmura-t-il, sa voix brisée.

Mais elle n'arrêta pas. Elle s'avança, se tenant devant lui, le forçant à la regarder.

« C'est la dernière fois, Luca. La dernière fois que tu détruis tout ce qu'on a. Si tu crois que je vais rester ici à regarder ça, tu te trompes. »

Luca leva enfin les yeux vers elle, et elle y vit quelque chose qu'elle n'avait pas vu depuis longtemps : de la peur.

Un long silence s'installa, seulement interrompu par le bruit de la pluie battante contre les fenêtres.

Puis, d'une voix faible, il murmura : « Je suis désolé, Sienna. Mais je sais pas si je peux m'en sortir, cette fois. »

Et pour la première fois, elle sentit une panique qu'elle n'arrivait pas à ignorer.

Sienna claqua la porte derrière elle, le cœur battant encore à tout rompre après la confrontation avec Luca et l'apparition menaçante d'Emilio. Elle monta les escaliers qui menaient à sa petite chambre, mais à peine eut-elle franchi le seuil qu'elle s'effondra sur son lit. La colère, la peur et une vague écrasante d'impuissance se mêlaient en elle, formant une tempête qu'elle peinait à contenir.

Chapitre 2 Chapitre 2

Le visage de Luca hantait ses pensées. Comment avait-il pu laisser les choses aller aussi loin ? Jouer avec le feu, emprunter de l'argent à des gens comme Emilio... C'était non seulement stupide, mais aussi suicidaire. Mais ce qui la rongeait le plus, c'était son propre sentiment de responsabilité. Elle avait toujours essayé de veiller sur lui, même quand tout autour d'eux s'écroulait. Et maintenant ? Elle se demandait si elle n'aurait pas dû abandonner cette tâche impossible bien plus tôt.

Le lendemain matin, les yeux rouges et le corps lourd, Sienna descendit dans la cuisine. La lumière grise de l'aube perçait à peine à travers les rideaux défraîchis. Sa mère, Bianca, était déjà assise à table, une tasse de café à la main. Son regard était aussi froid que la pièce.

« T'as encore pleuré toute la nuit ? » demanda Bianca d'un ton désinvolte, sans lever les yeux.

Sienna sentit une pointe d'agacement l'envahir. Sa mère avait toujours cette manière de minimiser tout ce qui la touchait, comme si ses émotions n'avaient jamais eu d'importance.

« Si tu savais ce qui se passe, tu ne dirais pas ça, » répliqua Sienna, ouvrant le frigo à la recherche de quelque chose à manger.

« Alors, raconte. Qu'est-ce que ton frère a encore fait ? »

Bianca posa sa tasse avec un soupir impatient. Son ton n'était pas concerné, juste curieux. Sienna hésita une seconde, mais elle se lança.

« Il a des ennuis. Grands, cette fois. Il a emprunté de l'argent à un type dangereux, Emilio, et il doit rembourser une grosse somme d'ici... deux jours. »

Bianca haussa les sourcils, l'ombre d'un sourire sarcastique apparaissant sur ses lèvres.

« Évidemment. Et tu vas faire quoi ? Pleurnicher jusqu'à ce que l'argent tombe du ciel ? »

Sienna ferma les yeux un instant, essayant de contenir sa colère.

« Je ne sais pas encore quoi faire. Mais on ne peut pas laisser Luca gérer ça seul. »

Bianca se redressa, un éclat calculateur dans les yeux. Elle se leva et s'approcha de Sienna, croisant les bras.

« Non, on ne peut pas. Mais toi, Sienna, tu dois comprendre une chose : ton frère n'a jamais su se débrouiller seul. Il prend des risques idiots, et toi, tu le couvres toujours. C'est toi qui le laisses sombrer. »

Ces mots frappèrent Sienna comme un coup de poing. Elle fixa sa mère, choquée.

« Tu te fiches de ce qu'il traverse ! Tout ce que tu fais, c'est nous accuser, nous diviser ! »

Bianca soupira avec un calme glacial, comme si elle parlait à une enfant capricieuse. « Tu ne comprends pas. Si tu veux vraiment sauver Luca, il faut agir intelligemment, pas avec tes émotions. »

Sienna sentit le sol vaciller sous elle. Elle ne savait pas encore ce que Bianca avait en tête, mais l'air calculateur de sa mère la mettait mal à l'aise.

L'après-midi même, Bianca convoqua une réunion familiale. Luca, visiblement toujours sous l'effet de la drogue ou d'une nuit sans sommeil, s'assit mollement sur le canapé. Sienna, tendue, s'adossa contre le mur, les bras croisés. Bianca se tenait au centre de la pièce, dominant l'espace comme une reine de glace.

« Bien, maintenant qu'on est tous là, il est temps de trouver une solution, » déclara-t-elle d'un ton autoritaire. « Luca, combien dois-tu à ce Emilio ? »

Luca évita son regard. « C'est... cinquante mille euros. »

Sienna écarquilla les yeux. « Cinquante mille ?! Luca, c'est... c'est impossible ! »

Bianca leva une main pour la faire taire, son visage dur comme la pierre. « Impossible ou non, on doit trouver une solution. Et vite. »

Elle se tourna vers Luca, son regard perçant. « Comment tu comptes rembourser ? »

« J'ai... j'ai des contacts, » bafouilla-t-il, visiblement mal à l'aise sous le regard scrutateur de sa mère. « Je peux... peut-être trouver l'argent en pariant à nouveau. »

« Tu veux parier à nouveau ?! » explosa Sienna. « Tu n'as donc rien appris ?! »

Bianca intervint avant que les choses ne dégénèrent davantage. « Luca, tu n'es pas capable de gérer ça. Alors écoute-moi bien. J'ai une autre idée. »

Il y eut un silence lourd. Bianca tourna lentement la tête vers Sienna, et cette dernière sentit une boule se former dans son estomac.

« Sienna, tu vas nous aider. »

Elle fronça les sourcils, méfiante. « Qu'est-ce que tu veux dire ? »

Bianca croisa les bras, un sourire froid sur le visage. « Emilio veut être remboursé, n'est-ce pas ? Et il ne veut pas seulement de l'argent. C'est un homme qui veut des garanties, quelque chose de précieux en échange. Quelqu'un. »

Les mots mirent un moment à faire leur chemin dans l'esprit de Sienna. Quand elle comprit enfin, elle sentit une vague de panique l'envahir.

« Non... Non, tu n'es pas sérieuse. » Sa voix tremblait.

Bianca resta impassible. « Je fais ce qui doit être fait. Si ça permet de sauver ton frère... »

« Tu veux me vendre ?! » cria Sienna, horrifiée.

Luca, jusque-là silencieux, murmura faiblement. « Maman, tu peux pas faire ça... »

Bianca tourna un regard glacial vers lui. « Et toi ? Tu veux mourir ? Parce que c'est ce qui arrivera si on ne trouve pas de solution. Tu crois qu'Emilio va avoir pitié ? »

Sienna sentit ses jambes fléchir. Elle chercha une once de regret ou d'humanité dans le visage de sa mère, mais il n'y avait rien. Juste une froide détermination.

Le silence fut brisé quelques heures plus tard par une série de coups frappés à la porte. Emilio était revenu, cette fois accompagné de deux hommes imposants.

« Alors ? » demanda-t-il en entrant sans y être invité.

Bianca s'avança, un sourire factice sur les lèvres. « Nous avons une solution à votre problème. »

Sienna voulut crier, mais les mots moururent dans sa gorge. Emilio la fixa longuement, puis hocha la tête.

« Bien. Mais on fait ça dans les règles. »

Il sortit un document, le posa sur la table, et tendit un stylo à Sienna.

« Signe ici. »

Elle recula instinctivement, son cœur battant à tout rompre.

« Je ne vais pas signer ça. »

Emilio haussa les épaules, un sourire dangereux sur le visage. « Tu peux refuser, bien sûr. Mais si tu le fais, ton frère ne verra pas demain. Et peut-être que toi non plus. »

Luca détourna les yeux, incapable de soutenir son regard.

Sienna sentit la colère monter en elle, mêlée d'un désespoir écrasant. Elle attrapa le stylo d'une main tremblante et signa, ses larmes coulant silencieusement.

Quand elle reposa le stylo, Emilio ramassa le papier et sourit.

« Bien. Trois jours. Prépare-toi. »

Quand il quitta la pièce, Sienna se tourna vers Luca.

« Tu n'as rien fait. Tu n'as rien dit ! Tu m'as laissée faire ça ! » hurla-t-elle, la voix brisée.

Luca ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit.

Dans un coin de la pièce, Bianca buvait tranquillement son café.

Chapitre 3 Chapitre 3

Sienna était restée prostrée dans sa chambre toute la journée, incapable de trouver une échappatoire à l'enfer dans lequel elle avait été plongée. Les mots de sa mère résonnaient encore dans sa tête : **« C'est le prix à payer pour survivre. »** Bianca avait dit ça avec un calme terrifiant, comme si ce qu'elle avait fait était normal, presque justifiable. Sienna serra les poings, ses ongles s'enfonçant dans ses paumes. Non, elle ne pouvait pas laisser les choses se dérouler ainsi. Elle n'était pas une marchandise.

Quand la nuit tomba, elle prit une décision. Elle n'avait aucune idée de comment ni où elle irait, mais elle devait fuir. Elle ne pouvait pas rester ici à attendre que son sort soit scellé par des hommes comme Emilio et sa propre famille.

Elle attendit que le silence s'installe dans l'appartement. Bianca était enfermée dans sa chambre, sans doute indifférente à ce que Sienna pouvait faire. Luca dormait sur le canapé du salon, encore sous l'effet des substances qu'il consommait régulièrement. Ses ronflements lourds étaient la seule chose qui brisait le calme oppressant.

Sienna enfila une paire de baskets usées et glissa un petit sac sur son épaule. Elle avait fourré dedans ce qu'elle avait pu : une bouteille d'eau, quelques vêtements et les maigres économies qu'elle avait réussi à cacher de Luca. Elle jeta un dernier regard à la pièce sombre avant de se diriger vers la porte d'entrée.

Alors qu'elle tournait doucement la poignée pour ne pas faire de bruit, une voix la glaça sur place.

« Tu vas où comme ça, Sienna ? »

Elle se retourna brusquement. Emilio se tenait dans l'ombre du couloir, son regard perçant fixé sur elle. Comment était-il entré sans qu'elle ne l'entende ? Ses deux hommes de main étaient là aussi, bloquant toute issue.

« Je... je vais prendre l'air, » balbutia-t-elle, essayant de masquer la panique dans sa voix.

Emilio s'approcha, un sourire amusé sur les lèvres. Il tapota sa veste d'un geste nonchalant, mais le message était clair : il était armé.

« Prendre l'air ? À cette heure-ci ? Tu me prends pour un idiot ? »

Sienna déglutit, cherchant désespérément une réponse. Emilio ne lui laissa pas le temps.

« Écoute, ma belle, t'es à moi maintenant. Toute tentative de fuite, et c'est pas toi qui va payer, c'est ton frère. T'as compris ? »

Elle sentit sa gorge se nouer. Elle voulait crier, protester, mais elle savait que ça ne servirait à rien. Emilio s'approcha encore, son souffle chaud et désagréable frôlant son visage.

« T'es pas en position de négocier, princesse. Retourne dans ta chambre et fais-toi discrète jusqu'à ce qu'on vienne te chercher. Et crois-moi, si je dois revenir te chercher moi-même, ça ira mal pour toi et pour ta famille. »

Il fit un signe de tête à ses hommes, et ils s'éloignèrent dans l'ombre aussi silencieusement qu'ils étaient apparus. Sienna resta figée un moment, le cœur battant à tout rompre, avant de regagner sa chambre.

Elle referma la porte derrière elle, les larmes coulant silencieusement sur ses joues. Elle était piégée, complètement impuissante.

Le lendemain matin, elle trouva Bianca dans la cuisine, comme si de rien n'était. La tasse de café habituel dans les mains, ses cheveux gris tirés en un chignon strict. Bianca leva à peine les yeux quand Sienna entra.

« T'es encore là ? Je pensais que tu aurais déjà pris tes responsabilités, » lança Bianca, une pointe de sarcasme dans la voix.

Sienna sentit la colère monter. Elle n'en pouvait plus de ce détachement glacial, de cette femme qui semblait totalement insensible à ce qu'elle vivait.

« Mes responsabilités ?! » hurla-t-elle. « Tu veux dire te sacrifier parce que ton fils est un idiot incapable de prendre soin de lui ? Tu te rends compte de ce que tu as fait, maman ? Tu m'as vendue ! À Emilio ! Comment peux-tu être aussi... aussi monstrueuse ?! »

Bianca ne cilla pas. Elle posa sa tasse avec un calme calculé, regardant Sienna comme si elle n'était qu'une enfant capricieuse.

« Tu crois que c'était facile pour moi ? » répliqua-t-elle. « Tu crois que j'ai toujours eu le choix ? Regarde autour de toi, Sienna. Tu vois dans quel trou on vit ? J'ai fait ce que j'avais à faire pour survivre. Et maintenant, c'est ton tour. »

Sienna était abasourdie. Elle se leva brusquement, faisant racler sa chaise contre le sol.

« Survivre ?! C'est ça, ta justification ? T'es la pire mère qu'on puisse imaginer. Tu sais quoi ? Peut-être que Luca et moi, on aurait été mieux sans toi. »

Bianca la regarda avec un mélange de colère et de dédain.

« Fais attention à ce que tu dis, jeune fille. Tu ne sais rien de ce que j'ai traversé pour vous garder en vie. Rien. »

Sienna éclata de rire, mais il n'y avait rien de joyeux dans ce son.

« Oh, je sais exactement ce que t'as traversé, maman. J'ai tout vu. Mais cette fois, c'est pas une excuse. T'as dépassé les bornes. »

Bianca resta silencieuse, mais son regard froid était plus parlant que n'importe quel mot.

Cette nuit-là, Sienna ne parvint pas à trouver le sommeil. Ses pensées tournaient en boucle, un mélange de peur, de colère et de désespoir. Elle n'entendit les bruits de pas dans le couloir qu'au dernier moment.

La porte de sa chambre s'ouvrit brusquement, et Emilio entra, accompagné de ses deux hommes.

« C'est l'heure, ma belle, » dit-il avec un sourire cruel.

Sienna recula instinctivement, cherchant quelque chose pour se défendre, mais la pièce était vide de tout objet utile.

« Vous pouvez pas faire ça ! » cria-t-elle, sa voix tremblant de rage et de peur.

« Oh, mais on peut. Et crois-moi, ce sera plus facile pour toi si tu coopères, » répliqua Emilio en s'avançant.

Ils la traînèrent hors de la chambre, ses protestations et ses coups désespérés résonnant dans l'appartement. Bianca apparut dans l'embrasure de sa porte, mais elle ne dit rien. Elle regarda simplement, ses bras croisés, comme si tout cela ne la concernait pas.

« Maman, aide-moi ! » cria Sienna, mais Bianca détourna les yeux.

Ils l'entraînèrent jusqu'à une voiture noire garée devant l'immeuble. Emilio ouvrit la portière arrière et la poussa à l'intérieur.

« Bienvenue dans ton nouveau monde, » murmura-t-il avant de refermer la porte.

Le moteur démarra, et Sienna sentit la panique l'envahir. À travers la fenêtre, elle aperçut Luca, debout dans l'entrée de l'immeuble, son visage blême et immobile. Il ne fit rien.

Dans la voiture, Emilio s'installa à côté d'elle, un sourire satisfait sur le visage.

« Tu vas apprendre à te tenir tranquille, ma belle. À partir de maintenant, t'es un objet précieux, et je m'assurerai que tu restes en bon état. »

Sienna sentit la rage monter, mais elle était impuissante. La voiture s'enfonça dans les rues sombres de la ville, s'éloignant de tout ce qu'elle avait connu.

Après ce qui sembla une éternité, les lumières changeèrent. La voiture s'arrêta devant un immense manoir, illuminé par des projecteurs. À travers la fenêtre, Sienna aperçut des silhouettes élégantes et des éclats de rire.

« On y est, » annonça Emilio avec un sourire malsain.

Sienna sentit son cœur se serrer alors que la portière s'ouvrait.

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