Je m'appelle Gaston, je suis un jeune étudiant âgé de 20 ans... j'aimerais partager avec vous la petite histoire d'une amie chère à moi terrifiée par la qualité des horreurs qu'elle a subi depuis la séparation de ses parents jusqu'aujourd'hui. Sachant qu'elle n'oserait le faire à cause des traumatismes subis, je préfère la raconter moi-même afin que plusieurs personnes prennent conscience de la gravité que pourraient avoir les actes qu'ils posent au quotidien consciemment ou non.
En 2015 pendant que j'étais en classe de quatrième, j'avais fait la connaissance d'une charmante et jolie fille nommée Judith; agée de 20ans et étudiante à l'université de Yaoundé 1 Ngoa-ekele... Cette dernière était dotée d'une sensibilité et d'un altruisme à nuls autres pareils. Mais je dois également vous avouer qu'elle savait aussi bien être désagréable quand elle le voulait.
Elle et moi avions véritablement tissé des liens à partir du second cycle, car durant tout le premier cycle, si j'ai bonne mémoire, je ne me souviens pas avoir été en harmonie sur un quelconque point avec elle. Nous étions tous les jours en tiraillements pour des raisons vraiment incompréhensibles. J'étais d'abord un élève trop désordonné, tandis qu'elle était une fille très posée et sympathique. C'était donc quasi impossible pour nous d'être amis à ce moment-là.
En 2016, alors que je faisais la classe de troisième, mon grand père cassa sa pipe un mois après le déraillement du train voyageur communément appelé ''boko Haram", dans la ville d'eseka. Je n'avais jamais vu autant de morts de toute ma vie, car ce jour, pendant que je rentrais des classes, le déraillement c'était produit quelques minutes avant mon arrivée à la gare. J'étais l'une des premières personnes à descendre sur le lieu du drame. Il y avait des cadavres un peu de partout, on dirait la fin d'une guerre sans merci ! Cette année, je la garderai toujours en mémoire.
Les années se sont très vites écroulées sans même que je ne m'en rende compte, car j'avais perdu l'être le plus important de mon enfance : mon grand père. Pour moi, ce dernier valait beaucoup plus que ma mère, car mon éducation de base m'avait été donné en grande partie par lui, du coup son départ avait créé en moi un énorme vide. J'étais d'ailleurs son homonyme direct, ce qui me donnait un peu plus de valeur à ses yeux.
Après l'enterrement de mon kalakuta (son surnom), j'avais repris les cours et j'avais réussi mon brevet dans la souffrance. Ce n'était vraiment pas facile, d'ailleurs perdre un être cher ne l'a jamais été en réalité. Lorsqu'on en perd un, on s'imagine que notre vie est foutue parce que celui où celle là qui était toujours là pour nous n'est plus.
C'était vraiment trop dur à surmonter, mais il fallait que j'avance car tôt ou tard, il me quiterrait. Je ne pouvais quand même pas penser mourir avant lui, car à sa mort il avait déjà 88 ans. Mais j'aurais juste voulu qu'il soit toujours là, qu'il me voit grandir et qu'il porte ses arrières petit-fils, oui ça, je l'aurais vivement souhaité... Mais hélas !! Il avait déjà achevé sa mission, et il fallait bien qu'il aille se reposer. La mienne venait juste de commencer, alors je me devais d'avancer...!
L'année suivante, nous étions en 2017 et j'étais également dans la même salle avec Jujudith (comme j'aimais si bien l'appeler) et rien n'allait toujours entre nous... Seulement, quelques semaines plutard, sa copine Clarisse tomba sévèrement malade, et il fallait qu'elle se rende de toute urgence à l'hôpital avant de rentrer chez elle à 17 km de la ville d'eseka.
Sérieusement, je me demande à quoi servent réellement les infirmeries dans les établissements publics. À un moment donné, ça devient énervant. Notre infirmière avait uniquement le paracétamol dans son bureau, et c'est ce qui devait gérer tous les cas du lycée. Tu te fractures, elle sort sa boîte à paracétamol, tu as les maux de ventre, le même médicament, tu as des abcès c'est toujours le paracétamol. Ça devenait vraiment insupportable, car l'infirmière même n'avait aucune expérience sanitaire. La mafia qui se joue dans les lycées est vraiment dégueulasse !
Pendant que nous y étions, Clarisse souffrait en elle même. Que faire, étant donné que personne ne pouvait avoir son argent et le prêter à Judith car elle se surestimait énormément. Sa copine était donc victime d'une allergie et il fallait rapidement agir. Malgré tout ce que ces meufs m'avaient fait endurer en classe de troisième, je ne pouvais rester là sans rien faire face à une telle situation, c'est alors que j'avais décaisser mon argent du mois qui s'élevait à 5000 fcfa et je le leur avais remis afin que Clarisse se rende dans un hôpital pour des soins bien meilleurs.
Après ce geste, j'ai attiré l'attention de plusieurs camarades qui , pour la plupart, m'ont reproché d'avoir aidé cette fille qui était toujours là à jouer les suffisantes. Mais moi, je n'avais rien à regretter, car je ne laisserai jamais quelqu'un souffrir de quelque manière que ce soit pourtant j'ai la possibilité de lui venir en aide. Peu importe les différends que tu as avec X ou Y, il faut toujours faire du bien à ceux qui en ont besoin parce qu'un bien fait ne se perd jamais. C'est là même le secret du progrès et de la réussite.
Judith quant à elle, n'arrivait toujours pas à réaliser que je puisse poser un acte aussi bienfaisant , car pour elle, j'étais l'incarnation du péjoratif...
Le lendemain matin, Clarisse étant revenue à l'école en pleine forme, n'avait pas manqué de me témoigner toute sa gratitude :
Clarisse : Hey Gaston, je ne saurais jamais assez te remercier pour ce que tu as fait pour moi hier. Je dois avouer que tu m'as beaucoup surprise et je te suis entièrement reconnaissante. Merci beaucoup !
Moi : il n'y a pas de quoi, j'ai fait ce que n'importe qui aurait pu faire face à cette situation.
Clarisse : je ne sais vraiment pas comment je te rendrai cet argent, mais je le ferai, promis...
À cet instant, je m'étais dit au plus profond de moi même qu'il était préférable de lui donner cet argent cadeau. Mais est ce que cela allait à mon avantage, je dirai non parce que, je n'avais plus rien pour gérer tout le mois d'octobre !
Après quelques minutes de silence, je lui avais clairement fait comprendre que je n'en avais plus besoin, donc qu'elle pouvait le garder . À cette annonce, Judith était totalement perplexe, elle n'en revenait toujours pas !
Judith : Gaston es-tu sérieux?
Moi (tout souriant) : Bien-sûr que je le suis.
Judith : Comment peux-tu demander à Clarisse de garder ton argent pourtant c'est tout ce qui te restait ?
Moi : Je ne sais pas comment tu as su que je n'avais plus rien, mais quand je donnais cet argent hier, ce n'était pas pour qu'il me soit remboursé.
C'était tellement étrange pour Judith et Clarisse l'acte que j'avais posé, mais c'était pour moi, le seul moyen de gagner du respect et la considération de Judith.
Après ce bref entretien avec elles, Judith n'arrivait toujours pas à réaliser qu'il s'agissait bien de moi son meilleur ennemi (rires), elle se demandait comment est-ce que moi qu'elle persécutait sans cesse j'avais pu apporter mon aide à son amie, mais bon moi j'avais juste fait ce qui me paraissait normal.
Peu de temps après, nous étions allés en pause et chacun se précipitait pour aller chercher de quoi manger. Puisque je venais récemment de jouer le bon samaritain, je ne pouvais me permettre d'aller à la cantine et admirer les autres manger. J'avais donc jugé nécessaire à défaut de remplir mon ventre, de nourrir mon esprit en lisant une œuvre littéraire nommée "Afrika ba'a'' de Rémy Medou Mvomo. Cet esprit de lecture là qui aujourd'hui, m'a malheureusement quitté depuis l'arrivée du téléphone android qui s'avère être une véritable source de distraction pour moi.
Pendant que je savourais la belle aventure de Kambara ( personnage principal de cette œuvre) au rythme d'une conga bien sentie, je vis Judith venir partager son pain avec moi. Grand était mon étonnement car c'est à peine que je comprenais ce qui venait de se passer là, j'avais l'impression d'être dans un rêve. Judith partager son goûté avec moi?? Noooonnnn, c'était quasimenent impossible avant!!! Je ne réalisais vraiment pas ce que je voyais, mais la réalité était pourtant là.
Avec la famine qui m'avait déjà assez rongé, qui étais-je à ce moment-là pour refuser un pain aussi bien chargé que le sien ? J'avais cordialement accepté ce bout de pain et je l'avais rapidement envoyé dans mon estomac sans perdre du temps. Après avoir terminé ma dégustation, je n'avais pas manqué de lui demander ce qui me valait bien cet acte bienfaisant...
Moi : Dis, puis-je savoir la raison pour laquelle tu as partagé ton déjeuner avec moi?
Elle était tellement idiote ma question... car je savais pertinemment ce pourquoi elle l'avait fait, mais bon il fallait au moins jouer les curieux mais surtout, il fallait que ça sorte de la bouche de Judith ''la fille qui ne se mélange à personne'' (rires)!!! Ne dit-on pas souvent que dans la vie, seuls les plus rusés s'en sortent rapidement? Ce n'est non plus pour dire qu'il faut pratiquer de la ruse partout (rires).
D'un ton respectueux, elle me répondit volontier...
Judith : J'ai juste constaté que tu n'es pas allé manger comme à l'accoutumée, sûrement à cause de l'aide apporté à Clarisse. J'ai donc pensé partager mon goûté avec toi.
Moi : Ça alors!!!! Je te remercie énormément du fond du cœur, car sans le savoir, tu as sauvé un camerounais !!
Judith : Non, me rétorqua-t-elle, c'est à moi de te remercier d'avoir aidé ma copine...
On cherchait chacun à donner du merci à l'autre sans vouloir le recevoir en retour, on dirait dans des cinémas novelas, latinos, américains et occidentaux. Peu à peu, un climat harmonieux s'établissait déjà entre nous... très souvent, nous parlions de nos différentes confrontations dans les années précédentes et cela ne manquait de nous arracher le sourire...
Celui là qui avait stipulé que l'amour commence toujours par la haine était un sacré génie et il a tout mon respect. À nous voir rigoler et converser, on pouvait s'imaginer que nous étions amis depuis belle lurette, or c'était tout le contraire.
Mon ami de marche Ludovic, celui avec qui je rentrais souvent des classes n'avait pas manqué de me faire cette remarque, mais il n'était vraiment pas question qu'on s'y atarde car chacun devait gérer sa vie comme bon lui semblait. Puisque notre relation était essentiellement basée sur le désordre, je ne voyais aucun intérêt à lui partager certains aspects de ma vie. Je vous assure que lorsqu'on parlait de la légionellose du désordre dans notre salle, on faisait référence à nous.
Nous étions connus de tout le lycée, car dans les escalades du portail nous étions champions, les jeux poker nous étions les principaux organisateurs. Malheureusement, nous n'avions pas eu la malchance ou la chance de continuer ensembles, car il avait été définitivement renvoyé du lycée à cause de la consommation des stupéfiants. C'est la seule chose que j'avais refusé de gérer avec lui, car j'étais bien conscient des conséquences qui pourraient en d'écouler.
C'était vraiment compliqué pour moi de continuer dans mon désordre noyeur, je dis noyeur car je faisais du désordre mais j'étais parmi les têtes d'affiche de l'excellence scolaire de tout le lycée. Les gens étaient vraiment surpris par mon attitude, au point où mes camarades ont commencé à me traiter d'hypocrite. Cela m'était totalement égal et ça me laissait à 15 comme le disent si bien les Sawa. Chacun savait ce qu'il était venu chercher et ce qu'il voulait. Il était donc impossible de me traiter d'hypocrite puisque je faisais le désordre uniquement quand il s'agissait des matières que je maîtrisais, et je ne passais aucune nuit sans bûcher. C'était là le secret de ma réussite.
Le lendemain étant arrivé, je m'étais rendu au lycée après une heure de marche et puisque nous étions mercredi, j'avais tout le temps de jouer à la carte et aux deux dés avant de rentrer faire cours de philosophie à la troisième heure. Ayant perdu tous mes paris, j'étais rentré en classe avec une mauvaise mine du coup, je ne voulais pas que l'enseignant de philosophie, Monsieur Bitjoka à qui j'adresse mes sincères remerciements pour sa bonne formation, vienne nous donner cours.
Chose préméditée, chose accomplie. Et voilà les professeurs qui sont tous appelés à assister à la journée pédagogique. Les inspecteurs régionaux étant en tournée dans la ville d'eseka, il fallait commencer par notre lycée, le lycée d'eseka car nous étions le plus ancien. C'était donc une journée blanche qui s'annonçait, donc plus besoin de m'inquiéter.
C'était là l'occasion parfaite de mieux m'entretenir avec Judith et mettre au point une amitié solide et durable:
Moi : Bonjour Judith.
Judith : Bonjour Gaston!
Moi : Comment était ta nuit ?
Judith : Meilleure et la tienne ?
Moi : idem, merci !
Au moment d'entamer le vif du sujet, Clarisse apparu et fit la sérieuse avec moi, s'imaginant que ma conversation avec son amie portait sur une affaire de sexe ou de couple, mais c'était trop me rabaisser quand même !!! Je lui avais directement répondu que je ne suis pas un mec qui profite d'une situation de faiblesse pour mettre une fille sur son lit.
Étant rassurée que je n'allais pas détourner sa petite sœur comme elle le disait souvent, elle s'en alla visiter ses amies du club danse dans les autres salles de classes, en particulier la seconde allemand+italien.
J'étais donc à nouveau resté seul avec Judith et il fallait continuer notre entretien où nous l'avions laissé. Sauf que cette fois ci, c'est elle qui prit la parole la première...
Judith : Parle moi de toi... As-tu des frères? Des sœurs? Bref, fais moi une brève présentation de ta famille...
Ça me paraissait étrange qu'elle veuille me connaître en profondeur, mais il fallait tout de même que je sois galant pour d'avantage marquer des points quoi !!!
Moi : Je suis le second fils d'une famille de 5 garçons uniquement, issus des mêmes parents. Et toi ?
Au moment de me répondre, je vis un changement brusque d' humeur. Elle était devenue triste et je voulais bien savoir pourquoi ! C'est à ce moment qu'elle se confia à moi et me parla de sa triste enfance, l'objet d'une parfaite irresponsabilité parentale.
M'ayant briefé sur son enfance difficile, son regard était devenu inquiétant, on dirait que je lui avais pointé un poignard dans le cœur, je pouvais ressentir à quel point ce sujet la terrifiait... Mais qu'est ce qui pouvait bien lui arriver pour qu'elle soit aussi triste d'un coup ?! Je m'interrogeais sérieusement, car la voir ainsi ne me plaisait pas du tout. Je voyais à quel point sa souffrance interne était grande et profonde et ça me brisait !!!
Il avait fallu que je la questionne avec douceur sur ce qui la tracassait autant pour qu'elle me révèle, d'une voix faible, qu'à chaque fois qu'on lui parle de sa famille ça ne lui rappelle que de mauvais souvenirs et elle me fit également savoir qu'elle n'aimerait jamais parler de la séparation de ses parents à qui que ce soit. Je la comprenais, c'était tellement visible qu'elle en souffrait énormément...
Certes c'était assez difficile pour elle d'en parler, mais je me disais quand-même que puisque c'était elle qui avait abordé cette conversation, elle ferait une exception de se confier à moi en profondeur étant donné qu'elle savait qui j'étais et qu'elle connaissait déjà certains détails concernant ma famille.
Mais bon, y avait pas de quoi m'énerver parce que je me devais de compatir à son chagrin... Vu qu'elle était déjà dans un mauvais mood, fallait pas en rajouter surtout que moi je voulais vraiment gagner son amitié et sa confiance. Et pour se faire, j'étais prêt à patienter jusqu'à ce qu'elle soit prête de me parler de cette fameuse séparation de ses parents. Je lui avais juste fait savoir qu'il est parfois important de s'ouvrir à quelqu'un lorsqu'on se retrouve dans une situation comme la sienne...
Pendant que je cherchais à la convaincre autrement, sans trop vouloir contourner, elle m'avait clairement fait comprendre que je n'étais pas quelqu'un digne de confiance. Intrigué par ses propos, je lui avais demandé sur quoi elle se basait pour dire de telles choses pourtant on venait juste de commencer à apprendre à se connaître. Elle m'avait répondu qu'elle ne sait pas pourquoi elle le disait, mais qu'elle le voyait juste.
Desordonné de mon état, c'était normal qu'elle me voit ainsi. Intérieurement, je m'attendais déjà à cette réaction de sa part car nous n'étions vraiment pas encore amis. Toutefois, je n'étais pas resté là sans agir, il fallait que je lui dise qu'elle se trompait à mon sujet.
Une fois énervée ou dérangée par une quelconque situation, Judith devenait totalement furieuse et s'en prenait à tout le monde sans raison valable... L'avais-je mise en colère?? Je dirais non. Je lui avais juste renvoyer la question qu'elle m'avait posée et à laquelle j'avais répondu sans problème.
La demi journée de mercredi s'étant donc achevée sans le moindre cours pour nous, je devais aller gérer les prestations post et périls scolaires à la case communautaire. J'étais juste allé à ces prestations parce que Judith participait aux sélections des meilleures danseuses et Clarisse son amie, m'avait demandé de leur tenir compagnie après la présentation du plan de travail de cette journée. J'avais accepté sans trop réfléchir, parce qu'il s'agissait quand-même de Judith...
Hors du portail pendant qu'on cheminait vers la case communautaire, Judith me présenta des excuses contre toute attente... Flatté par sa réaction, je lui avais rapidement dit que c'était pas grave que j'avais laissé tomber depuis... C'est alors qu'elle se mit à pleurer à chaudes larmes, j'essayais tant bien que mal de la calmer mais en vain, elle n'y arrivait pas même si elle le voulait. Quelques instants après, elle m'avait prise ma main et m'avait demandé de lui promettre de ne jamais reveler à qui que ce soit ce qu'elle s'apprêtait à me confier.
Je le lui avais promis et elle s'était donc mise à me parler de la triste séparation de ses parents alors qu'elle n'avait que l'âge de 10 ans. C'est vraiment déplorable ce qu'endurent les enfants pendant et après la séparation de leurs parents qui sont censés leur procurer un avenir et une éducation prometteuse. Je me demande bien si ces derniers pensent souvent aux dommages psychologiques que peuvent engendrer leurs actes avant de souvent envisager se séparer. Les enfants sont toujours les principales victimes alors qu'ils n'ont pas choisis cela...
Désespérée et pleine d'amertume pour cette vie, elle se mit à me parler de l'irresponsabilité parentale dont elle a été victime. À reprendre ses propos, ses parents s'étaient rencontrés dans la ville de Yaoundé en 1995 dans un snack bar de la place. Son père, médecin généraliste à l'hôpital des grandes endemies d'eseka, était allé touché son salaire. Comme vous connaissez si bien les fonctionnaires célibataires avec le libertinage financier, il avait donc décidé de consomer une fine partie de son labeur après un mois de dure corvée. C'était donc pendant qu'il s'amusait au rythme d'un makossa à l'ancienne qu'il découvrit sa future femme venue assister son amie au service d'hôtesse d'accueil.
Ayant les yeux remplis d'alcoolémie, il ne put se retenir face à une beauté aussi naturelle, me disait-t-elle, il avait donc abordé sa charmante conquête et l'avait invité à prendre un pot. Elle avait accepté volontiers et ils s'étaient mis à converser en amoureux !
Étant à la recherche d'une épouse afin de jouir des avantages matrimoniaux dans son lieu de service, monsieur Yebga était prêt à répondre présent à toutes femmes aspirant au mariage. C'est l'erreur que plusieurs personnes commettent souvent car personne ne veut attendre le moment propice, encore moins se donner un peu de temps! Chacun veut faire comme il veut et quand il veut.
La mère de Judith était également à la recherche d'un homme sérieux, et ce dernier répondait favorablement à ses critères car il travaillait déjà et gagnait un salaire satisfaisant. C'est également le principal problème des femmes pareusseuses qui ne veulent pas souffrir avec leurs époux au début. Elles veulent juste récolter sans semer, chose quasi impossible !
Sans perdre du temps, les deux s'étaient fixés des rendez-vous avenirs afin de mieux établir des bases de leur union. Ils s'étaient amusés toute la nuit, et chacun était rentré chez lui aux environs de 5h du matin.
C'est à ce niveau que Judith fit une pause car nous étions déjà proches de la case communautaire. J'étais vraiment surpris du fait qu'elle m'eût raconté cela, moi qui n'avait presque pas de liens solides avec elle, mais tout cela a été le fruit de la pression que Clarisse avait mise sur elle !
Quelques heures plutard, son groupe de danse avait été qualifié pour la phase finale et j'avais déjà réglé tout ce que j'avais à faire. Nous nous étions donc séparés là et chacun avait pris sa route. Toutefois, elle m'avait promis de continuer cette histoire le lendemain au lycée. Une chose est sûre c'est que, j'avais tellement hâte qu'elle me raconte la suite de cette histoire.