Chapitre 1 : mon choix
Prendre la vie comme elle se vend à nous : telles étaient les mots de ma mère.
Cette femme pleine de vices qui pourtant disaient des choses sages.
Cette femme que j'ai souvent jugé pour ses décisions...
Cette femme que j'ai aimé de tout mon cœur jusqu'à sa mort.
Cette femme qui a façonné ma vision des choses tant bien que mal.
Alors que le chant des oiseaux se fait de plus en plus entendre, je me débarrasse de la couette qui me tient au chaud depuis la nuit dernière.
J'ouvre grand les yeux et je bénis ce jour qui marque les 1 an de sa mort. Je prie que son âme repose en paix, près de son créateur.
Grandir avec sa mère change la donne à bien des égards. L'éducation est différente d'une manière ou d'une autre.
Dans mon cas, j'ai grandis avec ma grand-mère et je suis contente.
J'aimais ma mère de son vivant mais j'étais en perpétuel conflit avec elle. Peut-être parce qu'elle voyait les choses différemment de moi.
Je tourne ensuite dans le lit jusqu'à ce que je reçoive un appel.
Tzs Tzs
Je prends mon téléphone et :
Moi : allô ?
Mamie : bonjour.
Moi : bonjour mamie tu vas bien ?
Elle : oui mais tu passes toujours ?
Moi : tu m'appelles pour ça ?
Je rigole et :
Moi : je vais penser avant 12h
Elle : ok je t'attends.
Ah ma sacrée mamie !
Je regarde l'heure qu'il est et j'appelle monsieur.
Après trois sonneries il ne décroche pas alors je n'insiste pas.
J'ai appris à vivre avec des barrières du moins depuis que je suis dans ce « ménage »
Je n'insiste pas avec les appels lorsqu'il est n'est pas à la maison.
A vrai dire je n'ai jamais eu de mal avec car ça a toujours été le cas dès le début de notre relation.
Je quitte le lit et je vais prendre ma douche.
23 minutes plus tard je sors de la salle de bain en direction de mon dressing.
Alors que je cherche quoi mettre, j'entends la sonnerie de mon téléphone.
Je prends mon téléphone et je mets le haut-parleur.
Moi : allô chéri.
Lui : bonjour mon amour.
Moi (souriante) : tu vas bien ?
Lui : oui et toi ? Tu as bien dormi ?
Moi : tu manques mais je fais avec.
Lui : on rentre ce soir.
Moi : en avion ou en train ?
Lui : en avion.
Moi : tu m'as appelé parce que tu as vu mes appels ou bien ?
Lui : non non j'ai pensé à toi.
Moi : tu veux quelque chose en particulier ?
Lui : euuuh.
Moi : qu'est-ce qu'il y a ?
Lui : je vais dîner à la maison et je vais te rejoindre par la suite.
Moi : hum quand je vais encore parler tu vas penser que j'abuse, ok.
Lui : mais tu sais qu'elle a perdu sa sœur. Je ne peux pas rentrer et venir chez toi. Il faut quand même que je dîne avec elle.
Moi : ok je comprends, bien que je ne sois pas d'accord.
Lui : je vais essayer de venir tôt.
Moi : comme tu veux.
Lui : je te rappelle avant de décoller.
Moi : à plus.
Lui : ok.
Je raccroche et je continue de m'habiller.
Non je ne suis pas énervée contre lui, je sais qu'il aime être « juste » dans ce qu'il fait.
Si on m'avait dit quelques années plus tôt que je devais vivre une telle chose j'aurai dit « impossible » et pourtant je suis dans un foyer polygame.
Je m'appelle Eliane Tsuna, enfant unique d'une mère enfant unique elle-même, drôle de coïncidence.
Je suis une femme issue d'une modeste famille Gabonaise qui a su "fake it till you make it" tout simplement faire semblant jusqu'à ce que tu aies réellement la place qu'il te faut.
Avant moi, ma mère l'a fait.
De teint noir et à l'allure d'une miss comme nous le disons vulgairement chez nous. Je ne suis pas celle qui attire tous les regards car j'ai un physique assez banal mais j'ai un charme prononcé : un charisme hors pair.
Âgée de 35 ans, je suis une journaliste reconvertie. En effet plusieurs années en tant que rédactrice pour le journal national le plus vendu, j'ai décidé de claquer la porte.
Une décision que j'ai peut-être regretté au début mais sur laquelle je ne suis jamais revenue, comme tant d'autres.
Aujourd'hui, je me charge de la distribution de piment sur tout le territoire.
HotGab est une société que j'ai créé avec l'aide de ma grande mère mais surtout grâce au financement de mon partenaire actuelle.
Aujourd'hui mon entreprise me permet de vivre une vie décente car elle fructueuse.
Côté vie amoureuse, ce n'est pas parfait mais je dois vous en dire plus tant bien que mal.
Je suis la deuxième épouse de Martin Onanga, PDG de MODGAB (pompe funèbres).
MODGAB est le service le plus sollicité de la capitale. Martin met en place tous les moyens nécessaires afin que le suivi et le traitement soit le plus irréprochable possible.
Être la deuxième épouse d'un homme est tout sauf une chose facile.
Je l'ai accepté sans réellement comprendre les contours de cette affaire. Je ne voyais que le confort et les avantages d'être la femme d'une figure aussi puissante.
Figure puissante ? Oui, Martin est également le conseiller du PR : Président de la République.
A 45 ans il a un parcours admirable !
Je me suis mise avec Martin au sortie d'une relation chaotique. J'étais la fiancée d'un homme dont je n'étais pas satisfaite sexuellement en plus d'être cocufié en permanence.
Suite à cette relation j'ai le choix de m'amuser. C'est dans cette lancée que j'ai fait la connaissance du grand Martin Onanga.
Il traversait une période trouble dans son foyer (d'après ses dires).
Je ne voulais rien de plus que ses cadeaux et sa belle compagnie, oui Martin est un charmeur.
On parlait de business à longueur de journée et ça me permettait de vanter mes objectifs à court et long terme. Étant un homme d'action (ahah) il s'est porté volontaire pour financer certains de mes investissements : de l'argent pour monter ma structure, des sous pour la construction de mon usine dans le nord du pays : Oyem.
Je ne me rendais pas compte au début mais petit à petit j'ai commencé à être séduite par lui.
Étonnamment, les rares fois où il évoquait sa femme c'était avec un grand respect pour sa personne à elle.
Il me disait simplement qu'ils n'avaient plus la même vision sur le long terme. Il souhaitait réaliser certains projets mais elle ne voulait pas le suivre et prendre certains risques etc.
Je ne commentais pas ce qu'il me disait car je n'en voyais pas l'intérêt.
Puis un jour Martin est passé chez moi et au cours d'un dîner il fait part de ses intentions vis-à-vis de moi et ce pour la suite.
J'étais mitigée à l'idée d'être sa deuxième épouse car je n'avais que 33 ans à l'époque. Qui souhaiterait être la deuxième épouse d'un homme à cet âge ? D'autant plus que je me faisais souvent courtiser par certains hommes.
J'ai refusé en lui faisant comprendre que ce n'était pas ce que je souhaitais pour moi et alors il m'avait répondu : « dans ce cas tu préfères que je couche avec toi de temps en toi sans t'honorer autrement ? »
Cette phrase a raisonné 1 an dans ma tête. Pendant un an je me répétais cette réplique qui petit à petit faisait sens.
Puis un soir, alors qu'il était de passage pour 20 minutes (car il se rendait à l'aéroport) je lui ai dit que j'étais prête.
Il m'avait regardé avec un sourire.
Quatre jours plus tard, à son retour, il m'avait fait une demande en mariage...
Mais ce qui s'est passé par la suite n'a pas été facile à gérer.
Franchement à c'était évident n'est-ce pas ?
Pour beaucoup oui, mais pour moi ça ne l'était pas en tout cas pas comme ça.
Je n'ai jamais forcément souhaité qu'il blesse l'autre femme, sa première femme.
Tzs Tzs
Oh mince j'avais oublié ce rendez-vous ! Je fais exprès de ne pas décrocher...
Je fonce me maquiller et je descends.
Ma gouvernante : bonjour madame votre petit déjeuner est prêt.
Moi : bonjour, je vais juste prendre du thé et est-ce que tu peux le mettre dans mon Thermos ? Je n'ai pas beaucoup de temps devant moi.
Je guette tout de même la table et je vais piquer deux petites saucisses.
Elle : c'est bon madame.
Moi (regardant le Thermos) : merci tu gères !
Je prends le Thermos et je sors de la maison.
Je me rapproche du parking et je monte dans mon véhicule.
Après 27 minutes de trajet je me gare au parking.
Je descends et je file dans mon bureau.
En passant je croise un monsieur que je prends la peine de saluer et je demande à mon assistante si elle peut faire entrer le monsieur dans 5 minutes.
Elle : ok madame.
Une fois dans mon bureau, je prends place et j'allume mon ordinateur.
J'ai à peine le temps de siroter mon thé que le monsieur cogne à la porte.
Moi : entrez !
Il entre et il me dit à nouveau bonjour.
Moi : je suis vraiment désolée du retard.
J'étais pourtant debout tôt ! De plus, je n'aime pas faire attendre les gens.
Moi : vous avez besoin de quelque chose ? Un café peut-être ?
Lui : non tout va bien pour moi.
Moi : ok prenez place et parlons business.
Lui : j'ai été envoyé par le représentant de la zone sud car il y a un conflit sur certaines terres. Les riverains sont contre le fait que vous soyez en possession de votre nouvelle terre.
Moi : j'ai fait les choses dans les règles.
Lui : oui madame, je le sais sauf que nous avons retrouvé une grosse quantité endommagée. Ceci s'est produit tout juste après l'avertissement du chef de quartier.
Moi : pardon ? Je n'ai pas reçu cette information de votre représentant.
Lui : c'est normale, il est hospitalisé depuis hier.
Je le regarde sans trop savoir quoi lui répondre.
Mon entreprise est leader du marché du piment sur tout le territoire. Avant que je ne sois à la tête de cette entreprise plusieurs personnes se fournissaient au Cameroun car c'est tout juste à côté du Gabon (en pansant par le nord du pays).
Sauf que j'ai changé la donne en faisant écoulé ma production.
Mais rien a été simple depuis le début. Entre les sorciers des villages, les personnes qui estiment que n'étant pas de certaines provinces je ne suis pas apte à cultiver chez eux, ce n'est pas du tout facile.
Je le regarde et :
Moi : je veux un compte rendu détaillé des pertes ceci passe par une estimation du prix de toute cette perte. Je vous laisse voir tous ces détails avec les responsables de votre province. Dorénavant je veux doubler la sécurité nocturne. Faites tout ce qui est nécessaire pour que cela ne se reproduise plus.
Lui : ok madame.
Je lui montre la porte avant de me plonger dans un dossier important.
Chaque jour est un nouveau challenge avec la vente de piment.
1h plus tard j'arrête mon ordinateur et je file prendre de la viande fraîche avant de me rendre chez Mamie Coco : ma copine de grand-mère.
Moi (descendant du véhicule) : ah la copine tu es là.
Elle (me regardant de sa terrasse) : tu es quand même venue hein.
Moi : et pas les mains vides.
Elle regarde mon sachet et :
Elle : tu as pris du poisson ?
Moi : non je sais que tu en as toujours. J'ai pris de viande fraîche.
Elle fait un petit sourire sur le coin et :
Elle : huuuum.
Moi : allez je suis désolée c'est bon faisons la paix.
Elle : viens me faire la bise.
Je dépose le sachet sur la table et je la prends dans mes bras.
Elle : quand je te parle ce n'est pas pour être contre toi.
Moi : je sais mais parfois j'ai besoin que tu me soutiennes.
Elle : je te soutiens mais je ne peux te laisser croire que tu as raison quand ce n'est pas le cas.
Je lui fais un bisou sur la joue gauche avant de lui demande si la table est prête.
Elle : je t'attendais pour mettre la table.
Moi (rigolant) : tu sais que j'ai des aides moi maintenant. Ta petite Eliane ne fait plus ça.
Elle : fais la table au lieu de mentir. Quand Martin est chez toi tu ne fais pas la table ? C'est chez moi que tu fais le malin.
Moi (rigolant) : ok j'y vais, c'est bon j'ai compris.
Je fonce à la cuisine prendre tout ce qu'il faut pour mettre la table.
Une fois que tout est bon de mon côté, elle vérifie si les marmites sont encore chaudes et elle me demande de mettre les marmites à table.
Je n'arrête jamais de lui dire de mettre la nourriture dans des plats de table au lieu de trimballer les marmites. Je lui ai pris tout ce qu'il faut mais ma petite mamie ne veut pas changer ses habitudes.
Moi (regardant tout ce qu'il y a sur la table) : eh bah je suis bien contente de déjeuner ici ce matin. D'ailleurs j'ai mis la viande à la cuisine.
Elle : je vais bien la préparer à mes copines.
Moi (rigolant) : comme d'habitude.
Elle fait la prière avant de m'autoriser de manger.
Elle : il est de retour ?
Moi : Martin ? Il rentre ce soir.
Elle : tu as finalement fait le message à sa femme ?
Moi : j'ai abandonné l'idée.
Je voulais lui présenter mes condoléances mais j'ai hésité. Martin l'a accompagné pour l'enterrement de sa sœur.
Moi : le truc c'est qu'elle n'a toujours pas compris que je ne suis pas son ennemi.
Elle : le contexte fait qu'elle a le droit de le penser.
Moi : oui mais ça fait quelques mois que je suis marié à Martin à la coutume et jamais je n'ai cherché des problèmes à cette femme.
Elle : tu as pris son mari.
Je regarde ma mamie et je fais une grimace.
Elle n'a jamais caché qu'elle n'était pas tout à fait d'accord avec mon choix. Par contre, elle m'a assuré être un soutien car elle m'aime.
Moi : je n'ai pas pris son mari. Il m'a séduit et j'ai accepté de le partager.
Elle : toi oui, mais elle non. Il faut que tu comprennes que tu peux être aussi gentille que tu penses, tu as heurté une autre personne.
Moi : j'en suis conscience mamie mais je n'ai pas fétiché Martin. Je veux dire par là qu'il a lui même pris la décision de faire de moi son épouse.
Elle me regarde et :
Elle (prenant un bout de manioc) : enfin il t'a juste épousé à la coutume.
Moi : elle aussi.
Elle : ah oui ?
Moi : oui oui elle n'est pas marié légalement avec lui. Martin est hésitant en ce qui concerne l'état civil.
Il me l'a dit et si au début j'étais contre j'ai fini par accepter.
Martin sait mettre en confiance. Il n'est peut-être pas marié à l'état civil mais pour protéger ses épouses avec son héritage il sait le faire.
Elle : eh bah dis donc.
Moi : c'est compliqué tout ça.
Elle : tu ne peux pas dire que tu ne savais pas à quoi t'attendre.
Moi : à vrai dire je ne savais pas.
Elle : bien sûr que si.
Tout semble évident pour les personnes qui ne vivent pas une situation, je peux le comprendre.
Je savais que je faisais face à une autre femme mais j'avais en tête de ne pas l'embêter, de rester dans mon coin.
Martin devait divorcer avec cette femme, puis je ne sais pour quelle raison elle a arrêté les démarches.
Mais il ne m'a jamais rien caché. J'ai même déjà écouté une conversation entre les deux où il lui disait qu'il voyait quelqu'un d'autre.
Je ne peux me mettre à la place de l'autre, par choix.
La suite du repas se passe bien chez mamie coco et lorsque je termine je retourne en ville pour faire les courses de la maison.
Alors que je suis dans le rayon des boites de conserves, je reçois un appel.
Moi : allô ?
Lui : tout va bien ?
Moi : oui ça va et toi ?
Lui : je vais dire au revoir à ses oncles et on va se diriger vers l'aéroport.
Moi : le vol est pour quelle heure ?
Lui : 16h
Moi : ok, tu fais attention à toi.
Lui : tu fais les courses ? J'entends le bruit.
Moi : oui.
Lui : tu peux me prendre des rasoirs ? Les nouveaux que j'utilise. Tu vois de quoi je parle ?
Moi : tu ne te rases pas à la maison.
Lui : euuuh.
Moi : mais ok je vais en prendre.
Lui : ok merci.
Moi : à plus.
Je raccroche et je prends quelques secondes pour reprendre mes esprits.
Je range mon téléphone dans le sac et je continue de faire mes courses.
Lorsque je termine je fonce les déposer à la maison avant de revenir en ville pour un rendez-vous chez l'esthéticienne.
Moi (devant celle qui s'occupe de moi) : je veux l'intégral.
Elle s'occupe bien de moi : aisselles, maillot, jambe, l'arrière des cuisses et le tour est joué.
Aux alentours de 19h15 je rentre à la maison et ce n'est qu'à ce moment que je réalise que je n'avais pas mon téléphone avec moi.
Mince je l'ai laissé à la cuisine quand je suis rentrée tout à l'heure.
Je le prends et je vois les appels en absence de Martin.
Mais quand je vois l'heure, je décide de ne pas rappeler.
Je vais prendre un jus d'ananas avec lequel je monde dans la chambre.
J'ai à peine goûter que je mets la bouteille dans mon frigo de chambre car je le trouve trop concentré.
Je décide alors de choisir une belle nuisette dans mon dressing et j'opte pour une brume fruitée.
Je mets tout sur le lit et je vais prendre un bain.
Seule dans cette eau brûlante je fais le vide.
J'aime ces instants de bonheur qui me permettent de me détendre dans un univers qui m'appartient.
Je ferme les yeux et je fais une sieste de quelques minutes avant de réouvrir les yeux.
Une fois détendue, j'allume l'eau et je me rince avant de prendre une serviette pour m'essuyer.
Une fois débarrassée de l'eau, je laisse la serviette sur moi et je vais me faire un soin du visage nocturne : rien de très agressif pour la nuit.
Ensuite, je vais me changer et juste au moment où je mets ma brume j'entends une voiture entrer dans la concession.
Un sourire s'affiche sur mon visage et je remue mes hanches telle une déesse en pleine prestation de danse sensuel.
Je file mettre un peignoir en satin pour couvrir ma nuisette et je l'attends dans la chambre.
Je l'entends entrer dans la maison, puis monter chaque marque d'escalier comme un conquérant.
Une fois devant la porte de la chambre, il cogne une fois avant d'entrer.
Je le regarde et je me lève avec un sourire sur les lèvres.
Lui : bonsoir mon amour.
Moi : bonsoir monsieur Onanga.
Je me rapproche de lui et je lui vole un baiser.
Alors que je recule il maintient ma taille avec sa main gauche et :
Lui : où est-ce que tu t'en vas ?
Je le regarde et ni une ni deux, je me serre contre lui.
Lui (fermant ses bras autour de moi) : tu m'as manqué.
Moi : je t'ai manqué ou mon corps t'a manqué ?
Lui : tu m'as manqué.
Je ne dis rien et trois secondes plus tard on éclate tous les deux de rire.
Lui : je te connais tellement bien.
Moi : et toi donc !
Lui : tu étais chez l'esthéticienne je suppose ?
Moi : comment tu as su ?
Lui : tu y vas le premier lundi du mois.
Moi : oh oh monsieur retient les petits détails.
Lui : je sais aussi que tu as mis la brume que je préfère.
Moi : quoi d'autre ?
Lui : tu as bu du jus d'ananas ?
Moi : mon haleine ?
Lui : non, tu aimes en boire grâce aux vertus sexuelles.
Je rigole et :
Moi : allez viens là que je te débarrasse de tes vêtements. Tu as pris ta douche ?
Lui : oui.
Moi : ok.
Je lui donne un pyjama afin qu'il se change et une fois qu'il est prêt à se reposer je glisse sous la couette afin qu'il me rejoigne.
Lui (ouvrant ses bras) : tu vas bien ?
Moi (dépose ma tête sur son bras) : oui et toi ?
Lui : je suis un peu fatigué.
Moi : demain ta vie reprend.
Lui : en effet.
J'ai envie de lui demander si elle tient le coup mais je ne sais pas comment il va le prendre.
Elle a quand même perdu sa sœur jumelle. C'est pas rien et je n'imagine pas la douleur.
Je fais abstraction de ce que je veux dire et je profite surtout de sa présence.
Il manqué mon chéri.
Lui : mamie ?
Moi : j'étais chez elle à midi, elle se porte bien.
Lui : elle a besoin de quelque chose ? Tu as pris ses médicaments ?
Moi : j'attends la nouvelle ordonnance. Elle ira chez le médecin mercredi.
Lui : tu me diras.
Moi : je travaille quand même pour ça.
Lui : si je peux contribuer ça ne me dérange pas. C'est ta grand-mère.
Moi : non je vais gérer.
Il dépose un bisou sur mon front et :
Lui : il y a le baptême de ma cousine le week-end prochain.
Moi : ok.
Lui : tu viendras ?
Moi : euuuh
Lui : oui, elle sera aussi là-bas.
Moi : Martin tu sais que...
Lui (me coupant la parole) : Martin ?
Moi : chéri tu sais que je n'aime pas être dans cette situation.
Lui : mais pourquoi tu te comportes comme une maîtresse qui a peur de quelque chose ? On t'a doté. Ma famille te connaît, elle, elle a également connaissance de ton existence. Je ne vous demande pas d'être des amies à moins que cela devienne votre souhait. Mais j'attends de vous qu'il n'y ai aucune animosité.
Moi : c'est facile à dire mais bon une fois de plus je ne veux pas faire ma victime car je n'en suis pas une.
Lui : je veux que tu viennes.
Je l'écoute d'une oreille et tout ressort à travers l'autre.
Alors que je plonge dans un silence profond; il lève ma tête et me regarde dans les yeux.
Lui : ça va ?
Moi : oui.
Je rapproche mes lèvres des siennes et je lui vole un baiser.
Alors que je m'apprête à décoller mes lèvres, il me retient et m'embrasse tendrement.
Je me sens si bien avec lui.
Lui (décollant ses lèvres) : tu veux un massage ?
Moi : tu as fait une bêtise ? Pourquoi tu es aussi gentille ce soir.
Lui : tu veux dire que d'habitude je ne suis pas gentille ?
Moi : si mais je négocie toujours pour ce massage.
Lui : ce soir je ne veux pas que tu négocies.
Moi : ok.
Je soulève ma nuisette et je le laisse se mettre sur moi (par derrière).
Je prends de l'huile dans mon tiroir de chevet et je le laisse me passer le liquide sur le dos.
Sans surprise il en met beaucoup.
Moi : c'est pas l'huile qui masse.
Il dépose le récipient sur le chevet de lit et il commence sa séance de message.
Un massage très approximatif mais j'apprécie l'effort.
10 minutes plus tard, il descend et :
Lui : satisfaite ?
Moi : oui.
Il me regarde et :
Lui : c'est vrai ça ?
Moi : bon tu peux mieux faire mais ça va.
Lui : ok.
J'arrange ma nuisette, je remets la couette sur moi et je me colle à lui jusqu'à ce que je trouve le sommeil.
Un plaisir indescriptible.
Chapitre 2 : chez l'autre
J'ouvre les yeux lorsque les rayons de soleil traversent les rideaux.
Je me tourne par réflexe et je vois que monsieur est déjà parti.
Martin quitte la maison à 6h10 pour éviter les embouteillages et il a bien raison.
Moi, avec mon travail j'ai le luxe de me réveiller quand je le souhaite à moins d'avoir un rendez-vous important. C'est bien le plus bel avantage de l'entreprenariat : la liberté voire flexibilité des horaires.
Je décide de sortir du lit pour me brosser les dents.
Alors que je me redresse, je ressens une envie de vomir.
J'ouvre ma bouche mais rien ne sort, bizarre.
Je vais prendre mon téléphone sur le chevet de lit et je regarde mon application (celle qui me permet de tracer mon cycle). J'ai un retard de deux jours.
Je descends en peignoir et quand ma gouvernante me voit elle me dit que la table est prête.
Moi : merci.
Elle : je peux chauffer l'eau ?
Moi : oui vas-y.
Elle attend généralement que je sois prête à passer à table avant de chauffer l'eau.
Moi : j'ai pris tout des biscottes dans les courses que j'ai fait.
Elle : vous en voulez ?
Moi : oui s'il te plaît.
Elle s'exécute et revient avec ce que j'ai demandé.
Moi : monsieur à pris quelque chose le matin ?
Elle : un café.
Moi : ok.
Martin n'est pas du matin. Il prend souvent une tasse de café et c'est suffisant pour tenir jusqu'au déjeuner.
Je force parfois afin qu'il prenne au moins un croissant hélas il ne m'écoute que rarement.
Moi : tu veux bien me tenir compagnie ?
Elle me regarde dans les yeux et :
Elle : oui madame.
Je lui fais un petit sourire et je la regarde prendre place.
Il m'arrive de lui demander de me tenir compagnie.
Pas parce que je me sens seule, non loin de là.
Je le fais parce que je veux savoir comment elle va.
J'ai offert ce travail à cette jeune dame qui venait tout juste de perdre sa mère à l'époque. Depuis, je sais qu'elle n'a personne sur qui compter et je me sens responsable de sa personne (plus ou moins).
Parfois je veux savoir si elle ne manque de rien, si elle a besoin d'un parfum, un jean, une paire de chaussures qu'elle voit à la télé quand elle regarde ses séries que je ne saurais décoder.
Une fois que j'ai terminé, je lui dit de monter avec moi.
Elle me suit jusqu'à dans ma chambre et :
Moi : attends ici.
Elle reste devant la porte et je rentre dans la pièce.
Je prends de l'argent dans mon sac et :
Moi (allant vers elle) : tiens.
Elle (surprise) : c'est pour moi ?
Moi : oui, je pense que tu en as sûrement besoin.
Elle se baisse et je l'aide à se relever.
Moi : non, ne fais pas ça.
Je lui fais un sourire avant de fermer la porte de ma chambre.
Je vais ensuite dans le dressing pour choisir une tenue avant d'aller prendre ma douche.
-En soirée-
Il est 19h et je viens de finir de cuisiner. Alors que je laisse la gouvernante faire la table je vais prendre ma douche.
Martin : Eliane ?
Moi : je suis à la douche.
Il entre dans la pièce et :
Lui : comment tu fais pour te doucher avec une eau aussi brûlante ?
Moi : comment tu sais qu'elle est brûlante ?
Lui : la température de la pièce.
Moi : bonsoir.
Je sors de la cabine et je lui fais un sourire.
Lui : bonsoir amour.
Moi : tu vas bien ?
Lui : ça va.
La serviette autour de ma poitrine, je me rapproche de lui.
Moi : tu prends ta douche ? On va passer à table.
Tzs Tzs
Il prend son téléphone dans sa veste et :
Lui : oui allô ?
Lui (allant dans la chambre) : tu as essayé de lui donner quelque chose ?
Lui (après la réponse de la personne) : tu as besoin que je rentre ?
À ce moment je comprends qu'il parle avec elle.
Je vais dans le dressing et je troque ma serviette contre un pyjama.
Lui (au téléphone) : ça va se calmer, c'est rien.
Lui (après sa réponse) : tu me tiens au courant. Je te laisse je dois filer.
Il raccroche et vient vers moi.
Je le regarde et je ne dis rien.
Lui : la petite s'est fait mal. Elle a sauté de son lit et il est haut.
Moi : elle va bien ?
Lui : je suppose que c'est pas grave.
Il regarde l'expression de mon visage et :
Tu vas bien ?
Moi : j'ai un retard.
Lui : de ?
Moi : règle.
Lui : tu es enceinte ?
Moi : je ne sais pas.
Je ne pensais en parler mais voilà, il sait.
Lui : tu as fait un test de grossesse ?
Moi : pas encore.
Lui : comment tu te sens face à cela ?
Moi : je ne sais pas.
Lui : ok.
Il se rapproche de moi et :
Lui : si tu es enceinte c'est tant mieux pour nous.
Moi : si tu le dis.
Lui : tu es fâché parce que j'ai répondu ?
Moi : pas du tout. J'ai simplement changé de pièce que je t'ai entendu dire que tu pouvais rentrer. Qu'est-ce que cela signifie ? Ici tu n'es pas à la maison ? Qu'entends-tu par « rentrer » ?
Lui : bien sûr que si je suis à la maison.
Moi : ok.
Je le regarde et je le laisse dans le dressing.
Lui : tu pars comme ça ?
Moi : la conversation est terminée.
Lui : de cette façon ?
Moi : tu penses qu'il y a quelque chose à rajouter ? Selon moi, non.
Lui : j'ai bien peur de ne pas te comprendre.
Moi : ce n'est rien de nouveau. Martin il n'y a rien, j'ai juste été étonné de te l'entendre dire.
Il se rapproche de moi et passe ses mains autour de ma taille.
Lui : elle sait que je suis ici.
Moi : ce n'était pas ma question.
Lui : je te le dis parce que tu ne sembles pas croire ce que je te dis.
Moi : laissons tomber.
Lui : j'ai l'impression que...
Je le regarde et :
Moi : passons à autre chose, sérieusement.
Il me regarde et dépose croise ses bras.
Moi : je te laisse prendre ta douche. Je t'attends en bas.
Je vais mettre ma brume puis je descends.
Moi (à la gouvernante) : demain ne fais pas la table. J'ai un rendez-vous à 7h30 donc je vais sortir tôt. Mais tu devras le café de monsieur.
Elle : ok.
Je vérifie que la table soit comme j'aime en attendant qu'il vienne me rejoindre en bas.
Une fois en bas, il se met sur la chaise principale et je le rejoins à table.
Lui : je t'ai dit pour le baptême n'est-ce pas ?
Moi : oui.
Lui : ok.
Moi : je ne sais quoi lui prendre.
Lui : je vais te remettre des sous.
Moi : ok.
Puis je me rappelle que j'ai une amie qui descend au Gabon dans quelques jours et qui revient avec une valise à moi.
Moi : où je vais lui prendre un truc en France.
Lui : comme tu veux.
Moi : oui je pense qu'il y'a plus de choix.
Lui : mais tu sais elle aime bien tout ce qui est made in Gabon.
Moi : ah oui ? Bah dans ce cas je vais chercher une marque locale.
Lui : comme tu veux.
Je m'occupe de lui et ensemble on débute le repas.
Alors que nous sommes en plein dîner, il m'informe de quelque chose qu'il trouve important.
Lui : je suis en négociation avec Mélanie pour que les filles viennent ici quand j'y suis.
Moi : tu sais que je ne veux pas de problème. Tu es souvent chez elle, tu peux les voir là-bas.
Depuis que je suis officiellement avec lui, il insiste pour que ses filles viennent ici mais je ne suis pas pour.
Je n'ai aucun problème avec elles, loin de moi l'esprit satanique de la « méchante belle-mère »
Je ne souhaite simplement pas que leur mère pense que je fais des choses bizarres sur elles.
Martin a deux enfants avec sa première femme : une fille de 6 ans (Kenya) et une autre de 16 ans (Keyame).
J'ai déjà rencontré la grande quelques fois et ça va on a échangé quelques mots.
La petite est plus capricieuse, sans doute son âge.
Lui : tu dois prendre ces enfants comme les tiens.
Moi : tu sais bien qu'il ne s'agit pas de ça.
Lui : il s'agit de quoi ? Dis-moi plus.
Moi : je ne veux pas que leur mère pense que je fais quelque chose à ses filles en cas de problème. Tu me connais Martin, mais elle non.
Lui : tu as mauvaise image d'elle. Elle n'est pas comme ça.
Je le regarde et je décide volontairement de mettre un terme à cette discussion.
Moi : ok.
Je reste à table avec lui jusqu'à ce qu'il termine de manger et par la suite je vais me poser au salon.
Il me rejoint avec et se met à sa place habituelle.
Tzs Tzs
Lui : ils me veulent quoi à l'heure là.
Il décroche et :
Lui : allô ?
Lui (après la réponse de la personne) : mais on a discuté de ça en réunion. Il s'agit quand même du cabinet du chef de l'Etat. Un peu de réflexion quand même ! Je ne suis pas disponible avant demain matin à 5h qu'ils se débrouillent tous. A un moment donné lorsqu'on engage vous engage c'est pour travailler.
Il raccroche souffle.
Je me tourne vers lui et :
Moi : qu'est-ce qu'il y a ?
Lui : figure toi qu'il une conférence de presse demain et les gars ne sont pas prêts. On a fait deux points aujourd'hui et ils sont toujours dans l'impasse. C'est à cause des incompétents comme eux qu'on indexe le chef de l'Etat.
Je lui fais un faux sourire pour qu'il se calme mais ça ne fonctionne pas. Il se lève et :
Lui : je monte travailler.
Moi : mais ?
Lui : je n'ai pas confiance en eux.
Moi : ok.
Tzs Tzs
Il regarde son téléphone et :
Lui (décrivant) : allô ?
Lui (après la réponse de la personne) : c'est important ?
Lui (après la réponse de la personne) : je pourrais pas passer mais je vais voir comment faire.
Il raccroche et il me regarde.
Moi : qu'est-ce qu'il y a ?
Lui : il y a quelque chose à gérer à MODGAB.
Moi : là cette nuit ?
Lui : tu peux monter avec moi je vais te montrer quelque chose et tu iras gérer ce problème demain matin ok ?
Moi : j'ai une réunion mais bon je peux la décaler.
Lui : merci.
Je monte avec lui vers le bureau qu'on a installé dans la pièce près de notre chambre et j'écoute ses explications.
Je fais très attention à ce qu'il dit car il utilise des termes techniques.
Après 45 minutes je décide d'aller me coucher.
Je le laisse travailler car je sais qu'il ne va pas terminer maintenant.
Bip bip bip
Je me tourne et je le soulève mon masque de nuit.
Lui : désolé pour le bruit.
Je regarde l'heure qu'il est et je vois 4h.
Il se lève et il se rend à la salle de bain.
Ayant du mal à retrouver le sommeil, je reste à glander sur le lit.
Une fois qu'il a terminé sous la douche il revient vers moi et :
Lui : bonjour.
Il se rapproche de moi et dépose un bisou sur ma joue droite.
Moi : tu pourras mettre ton réveil moins fort ? Là je ne pleut plus dormir et tu connais mes troubles du sommeil.
Lui : ok.
Il se dirige vers le dressing pour s'habiller et je décide d'aller au wc avec mon téléphone.
Quitte à attendre l'heure du réveil autant se détendre.
Lui : j'y vais ! Suis bien tout ce que je t'ai dit.
Moi : ok, bonne journée.
Lui : on s'appelle !
Je me lève, tire la chasse et je vais sous la douche.
*Dans la tête de Melanie*
Je reviens de du lycée de Keyame pour régler la scolarité.
J'ai été contacté par l'épique hier soir mais je ne pouvais pas me déplacer, Kenya ne se sentait pas bien.
Une fois dans les locaux tout le monde me fait un grand sourire que je prends la peine de rendre.
Devant le bureau DA sa secrétaire m'indique qu'il est en salle de réunion.
J'enlève mes lunettes de soleil et je vais le rejoindre.
Je cogne avant d'ouvrir la porte.
À ma grande surprise, je le vois avec cette dame.
Moi (agacée) : bonjour, j'ai reçu un appel hier soir. Je suis là pour en discuter. Quels sont les faits reprochés ? Il s'agit de quel journal ?
Selon les retours que j'ai reçu, on a attrapé un membre de MODGAB entrain de vendre de l'eau des corps.
La presse veut diffuser cette information.
*Dans la tête d'Eliane*
Je regarde le DA et j'écoute comment il relate à nouveau les faits.
Lui : Madame Eliane pense qu'il est judicieux de...
Elle (coupant la parole) : en tant que ?
Lui : elle vient de la part de monsieur Onanga.
Elle : qu'est-ce qu'il est écrit sur les documents officiels ? Si mon époux n'est pas là qui doit le remplacer ?
Lui : j'ai reçu un appel de monsieur Onanga ce matin.
Je la regarde et c'est très calme que je prends la parole.
Moi : je représente Martin car il est occupé. En effet, il ne s'agit pas de mon entreprise toutefois je veux de sa part. Je ne suis pas ici pour dicter ma vision mais simplement transmettre mes connaissances et surtout ce que ce dernier m'a suggéré de faire.
Elle : non mais c'est une blague là ! Je n'en crois pas mes yeux.
Je regarde le DA et :
Moi : est-ce qu'on peut continuer ? J'ai un rendez-vous dans moins de 40 minutes.
Je ne veux pas m'aventurer sur le terrain de la confrontation. Je suis ici pour faire ce qu'on a suggéré de faire.
Moi : Martin est proche du PR par conséquent les gens feront un lien avec les sacrifices et autres choses allant dans ce sens. Il faut faire très attention à notre approche.
Elle : notre approche ?
Elle croise ses bras et :
Elle (regardant le DA) : bon je n'ai pas toute ma journée, allons dans votre bureau pour en discuter. Il est temps de trouver des solutions et pour cela il faut s'adresser aux personnes qui peuvent le faire.
Je regarde le DA et :
Moi : j'aurais souhaité qu'on contacte Mr Onanga mais il n'est pas disponible ce matin. Je vais vous faire un mail avec mes recommandations. Est-ce qu'il est possible d'avoir votre mail ?
Il me remet sa carte et je me lève.
Moi : vous aurez ce mail dans l'heure qui suit.
Je quitte la pièce afin d'éviter un scandal dans les locaux de l'entreprise. Les employés arrivent tous un à un et je ne veux pas attirer l'attention sur moi voire nous « les femmes du patron »
Une fois dehors, je monte dans mon véhicule et je vais au bureau.
La journée ne s'améliore pas. J'enchaîne les rendez-vous et je me retrouve à gérer tous les imprévus possible.
*Dans la tête de Melanie*
Tzs Tzs
Je regarde qui appelle et je décroche.
Moi : allô ?
Martin : bonjour chérie, j'ai vu tes appels. Qu'est-ce qu'il y a ?
Moi : tu es loin ?
Lui : non je vais démarrer pour la maison là.
Moi : dans ce cas je t'attends. Je ne veux pas échanger au téléphone.
Je coupe l'appel et je vais m'occuper de mes enfants.
En allant vers la chambre de Kenya j'entends son échange avec sa grande sœur.
Kenya : je vais le dire à papa.
Keyame : je vais encore te taper si tu le fais.
Kenya : tu es comme maman, vous ne faites que me taper quand papa est chez son autre femme. Toi aussi on te laissera. Vous êtes méchantes toutes les deux.
J'ouvre grand les yeux et je retire ma main sur la poignée.
Je n'en crois pas mes oreilles. C'est Kenya qui parle ainsi ? Ce petit bout ?
J'ouvre grand la porte et :
Moi (regardant Kenya) : laisse-moi ces jouets et à la douche.
Elle me regarde et essuie ses larmes.
Moi : je ne veux plus t'entendre parler ainsi ok ?
Je regarde sa soeur et :
Moi : tu as fait tes devoirs ?
Elle : oui.
Moi : je vais les vérifier.
Elle : enfin il me reste un exercice.
Moi : je te laisse le terminer.
Elle me regarde et va dans sa chambre.
Je crie le prénom de la nounou de Kenya pour qu'elle vienne la surveiller.
Moi (regardant sa chambre) : j'ai entendu ce que tu as dit à ta sœur et c'est très méchant.
Elle : oui mais elle n'arrête pas de me taper.
Moi : c'est ce que tu penses ? Je suis méchante ?
Elle ne me répond mais et me fuit du regard.
Quand sa nounou entre dans la pièce je décide de partir.
Une fois dans ma chambre j'expire un coup avant de prendre place sur le lit. J'ai eu une longue journée et chaque fois que mon téléphone sonne je m'attends au pire concernant la fuite de MODGAB.
20 minutes plus tard, alors que je sors de la salle de bain en serviette j'entends Martin fermer la porte.
Lui : bonsoir.
Il se rapproche de moi et quand il veut me faire un bisou je le pousse.
Moi : qu'est-ce qui t'a pris d'envoyer ta pimbêche ce matin ?
Il me regarde et :
Lui : surveille ton langage.
Moi : pardon ? C'est tout ce que tu trouves à me donner comme réponse ? Sérieusement ? Une entreprise qu'on a mis en place tous les deux, toi tu trouves l'occasion de laisser ta prostitué prendre des décisions alors que je suis vivante et dans le même pays ?
Lui : il me semble que tu n'étais pas disponible.
Moi : j'ai trouvé le temps d'y aller ! Bon sang il s'agit de notre entreprise Martin ! Comment peux-tu laisser une telle chose se produire ? Je te dis déjà, la prochaine fois que je la vois dans les locaux je brûle tout !
Lui : tu ne trouves pas que tu as une réaction excessive ? Elle n'était pas là-bas pour se promener. De plus, j'ai insisté pour qu'elle y soit. Je ne pouvais pas face à une autre urgence.
Moi : je n'ai rien à faire de tes urgences. Je ne suis pas là pour supporter toutes tes conneries.
Lui : je suis fatigué, j'ai compris.
Moi : tu vas trop loin Martin. Je n'arrête pas de te prévenir. Qu'elle vienne encore tu vas voir. Je t'ai déjà dit que je ne joue pas avec vous deux. Je ne suis pas votre amie. Non seulement tu ne respectes pas ton poste en t'associant avec n'importe qui mais tu veux que mon entreprise face faillite.
Lui : notre entreprise.
Je le regarde et je vais m'habiller. Je suis trop énervée contre lui ce soir.
20 minutes plus tard il vient me trouver sur le lit et :
Lui : on a un dîner au palais.
Moi : et ?
Lui : on ira tous les deux.
La première dame exige que les premières épouses viennent à tous les dîners. Elle n'accepte aucune seconde épouse à ce genre d'événement.
Cela me fait plaisir car je reste légitime.
Il me remet l'enveloppe et :
Tu descends avec moi pour dîner ?
Je le regarde et je me lève. Ensemble on se rend à la salle à manger.
*Dans la tête d'Eliane*
Je suis au téléphone avec mamie coco (ma grand-mère) et comme d'habitude elle trouve le moyen de rigoler de ma « situation »
Elle : du coup tu vas dormir seule ce soir ?
Moi : oui et ça ne me gêne pas.
Elle : mais tu veux mentir à qui ma petite cocotte ? Je t'ai vu naître. Tu ne peux pas me mentir à moi. Je t'ai presque donné le sein.
Moi (levant mes yeux vers le ciel) : je savais à quoi m'attendre. Ce n'est pas nouveau pour moi. Chacun ses jours.
Elle (reprenant mes paroles) : « chacun ses jours »
Moi : bon on a fait le tour je pense. Je vais lui dire que tu es contente.
Martin a déposé une enveloppe à mamie avant de rentrer chez lui. Je ne savais même pas qu'il allait le faire. Elle est bien contente alors tant mieux pour elle.
Je sais que beaucoup de personnes se disent que je suis avec lui pour son argent. Ce n'est pas tout à fait le cas.
Je lui souhaite une bonne soirée et je raccroche.
Eh oui, mamie n'a pas tort dormir seule quand tu sais où est ton époux ce n'est pas une chose simple.
Mais c'est ça la polygamie. Il n'y a pas de nouvelles règles, que des adaptations.
Martin passe 4 jours chez elle car elle est là avant moi et moi j'ai droit à 3 jours dans la semaine.
Toutefois, on se voit quand même malgré qu'il ne dorme pas ici. En soit il n'y a qu'une « séparation de corps » partiel lorsqu'il n'est pas ici.
Ting *bruit message*
Martin : « tu me manques »
Je lis son message et je ne peux m'empêcher de l'imaginer près d'elle.
Ce que les gens ignorent c'est que je lutte contre moi-même chaque fois que je me retrouve seule dans cette belle maison.
Je lutte contre mes pensées qui se tournent toujours vers lui, elle, eux.
J'ai le cœur lourd quand je me dis que ce n'est que le début...
Ting *bruit de message*
Martin : « tout va bien ? »
Je lis à nouveau son message et je lui souhaite une bonne soirée car je suis fatiguée.
*Chapitre 3* : un marabout ?
-Quelques jours plus tard-
*Dans la tête d'Eliane*
Je suis à la salle de bain, devant mon miroir et je tremble alors que je mets du fond de teint.
Étant donné que je ne parviens pas à poursuivre convenablement, je décide de faire une pause pour souffler.
J'inspire et expire autant de fois que possible avant de reprendre le contrôle de tout mon corps.
Je suis dans cet état car je suis anxieuse.
Savoir que je vais passer du temps avec la famille de Martin et sa première femme m'angoisse.
Une fois que je suis prête j'opte pour une robe bleue qui s'arrête aux jambes.
Je mets une bible dans mon sac; je me parfume et je quitte la maison en direction de l'église.
Je ne voulais pas me rendre à ce baptême mais je le fais pour Martin.
Une fois devant les lieux je vois qu'il est déjà là, j'aperçois son véhicule au loin.
Je descends de la voiture et je marche 100 mètres pour rejoindre les autres.
Alors qu'il se tourne et qu'il pose ses yeux sur moi il est temps d'entrer dans l'église.
Il me fait un signe et je le suis.
Quand je vois qu'il prend place près de sa femme je me mets derrière lui. Je ne veux pas être près des deux.
Il se tourne, me regarde et :
Lui : viens près de moi.
Moi (chuchotant) : non ça va.
Lui : ne fais pas une scène. Viens près de moi.
Je refuse en lui faisant un petit sourire histoire qu'il passe à autre chose.
Il ne s'agit pas d'un caprice. Je préfère rester derrière eux.
Elle le regarde et lui montre quelqu'un au loin.
J'ai à peine le temps de suivre ce qu'ils font que la messe commence.
Je ne les regarde du tout le long de la messe, je suis bien trop émerveillée par la beauté de l'église et l'intensité de la parole du jour.
Lorsqu'on voit sa soeur entrer on se lève tous et je suis très heureuse pour elle.
À ce moment il se tourne vers moi :
Lui : tout va bien ?
Moi : oui.
Elle lui parle à nouveau alors je tourne ma tête pour passer à autre chose.
15 minutes plus tard la messe touche à sa fin et je me lève pour sortir du rang.
Il marche rapidement pour me rattraper.
Lui : Eliane ?
Moi (me tournant) : oui ?
Lui : tu es sûre que tout va bien ?
Moi : oui.
Il se rapproche davantage de moi et :
Lui : tu es très belle.
Moi : merci.
Lui : je sais que tu as du mal avec le fait d'être près d'elle mais tu dois t'y faire. Eliane tu n'es pas ma maîtresse mais ma femme, comme elle.
Moi : je sais.
Lui : je n'ai pas l'impression pourtant. Tu es constamment dans ton coin.
Moi : ce n'est pas l'endroit pour en parler.
Lui : tu es tout aussi légitime qu'elle.
Moi : je n'en doute pas. Mais comme je te l'ai dit, ce n'est pas l'endroit.
Sa sœur se rapproche de nous et :
Elle (souriante) : Martin !
Il la prend dans ses bras et :
Lui : je suis content pour toi.
Elle se tourne vers moi et :
Elle : merci d'être venue.
Moi : c'est normale.
Elle : Mélanie est là ?
Lui : oui elle est avec les enfants.
Elle : on se voit à la maison, j'y vais.
Je lui rends son sourire et :
Moi : je n'ai pas vu les filles.
Lui : elles étaient derrière avec les enfants d'une cousine.
Moi : j'ai vraiment besoin de venir ?
J'ai ma bible entre les bras, près de mon cœur; lorsque Mélanie se rapproche de nous et :
Elle : huuum Dieu voit des choses terribles !
Je regarde Martin et :
Moi : bonjour Mélanie.
Elle me regarde de haut en bas et :
Elle : Martin on y va ?
Lui : elle vient de te saluer.
Elle : elle m'a vu dans l'église tout à l'heure elle ne m'a pas salué. Pourquoi elle le fait maintenant ?
Elle me regarde dans les yeux et :
Elle : je t'ai déjà dit que tu n'as pas besoin de faire semblant devant lui. Nous ne sommes pas amies et nous ne le serions jamais. Je n'aime pas ton hypocrisie.
Moi (calme) : je n'ai fait que te saluer. Je ne vois pas où tu veux en venir et à vrai dire ça ne me regarde pas.
Elle : justement, je ne veux pas que tu me dises bonjour.
Moi : c'est simplement de la politesse mais j'ai compris.
Martin nous regarde et :
Lui : c'est vraiment nécessaire tout ça ?
Je le regarde et :
Moi : j'y vais.
Lui : tu ne bouges pas. Je vous parle à toutes les deux.
Il regarde autour de lui et :
Lui : respectez vous, c'est tout ce que je vous demande.
Je trouve qu'il est injuste et hypocrite dans sa réflexion. Il est là, il voit bien que je n'ai rien fait d'irrespectueux.
Je suis consciente que nous ne sommes pas des amies. Chaque fois que je dis bonjour à Mélanie c'est pour être respectueuse.
De plus je ne l'ai jamais nargué alors je ne comprends pas pourquoi elle a tant de colère en elle.
Je regarde Martin et :
Moi : on se retrouve devant.
Lui : j'ai dit que tu restes là.
Il regarde Mélanie et :
Lui : c'est ce que vous allez faire devant les gens ?
Elle : Martin je n'ai pas de compte à te rendre à ce sujet. Surtout pas quand cette femme fait tout pour que je m'emporte.
Lui : ok, si tu veux te donner en spectacle alors c'est ton problème.
Il appelle ses filles afin qu'elles me disent bonjour.
Je suis un peu agacé de la situation alors je fais un faux sourire aux enfants.
Lui : je monte avec elles.
Je les regarde et :
Moi : j'imagine bien.
Je lui tourne le dos et je marche jusqu'à mon véhicule.
Une fois à l'intérieur, je sens mon cœur se serrer.
J'ai une folle envie d'appeler mamie coco mais je ne suis pas prête à écouter ce qu'elle va me dire.
J'ai envie de crier, extérioriser tout ce que j'ai sur le cœur. Mais comme d'habitude je prends sur moi car il n'y a que ça à faire.
J'attends qu'il passe devant moi pour le suivre en cortège. Je ne souhaite pas arriver avant lui.
Après quelques embouteillages, je me gare devant le portail de sa soeur.
Je prends un chewing-gum dans mon sac et je descends du véhicule.
*Dans la tête de Melanie*
J'aide Kenya avec le papier sur sa sucette quand une cousine de Martin se rapproche de nous.
Elle (contente) : Madame Onanga !
Je lui rends son sourire et je la prends dans mes bras.
Moi : ça fait longtemps dis donc.
Elle : je t'assure !
Elle me demande si je vais bien et on parle un peu des enfants.
Quand elle se tourne elle voit l'autre là et :
Elle : qu'est-ce qu'elle fait ici ?
Moi : je suppose qu'elle a négocié avec ton frère pour venir.
Elle : pardon ?
Moi : mais sinon qu'est-ce qu'elle fait ici d'après toi? Ton frère aime ça.
Elle : quel manque de respect. J'ai déjà dit à Martin que c'est n'importe quoi tout cette histoire. Moi je n'étais pas à ce mariage parce que je suis moi-même une femme mariée. Je refuse de soutenir une telle connerie. Martin a fait une réunion pour nous imposer d'assister. C'est dans les yeux que je lui ai dit que je ne viendrais pas. Est-ce que je suis morte ?
Je suis contente de l'entendre.
Elle : à un moment donné il faut se prendre au sérieux. Certes Martin a de l'argent mais ce n'est pas notre père. Les autres ont peur de lui mais moi je n'ai rien à faire de son argent. Je sais que les autres n'arrivent pas à lui tenir tête et même certains de nos oncles. Moi je ne suis pas d'accord avec ce qu'il a fait et je te le dis.
La savoir de mon côté m'enchante.
De plus, ce n'est pas la seule.
*Dans la tête d'Eliane*
Je vais sous la tente trouver une place pour me cacher du soleil.
Alors que je veux enfin me détendre, Kenya se rapproche de moi.
Elle : tu as vu mon papa ?
Moi : non je viens d'arriver.
Elle : c'est ton mari aussi ?
Je la regarde dans les yeux et avant que je puisse répondre sa mère l'appelle.
Elle m'a sauvé la mise sur ce coup. Je ne voulais pas lui répondre.
Un jeune homme se rapproche de moi et me propose à boire.
Moi : je veux bien un verre de baileys.
Lui : ok.
Je le regarde s'éclipser tandis que je profite de la musique.
« alors ? »
Je me tourne et je vois un cousin à Martin.
Moi : bonjour.
Lui : comme ça tu viens même aux événements importants ?
Moi : je n'ai pas le droit ?
Lui : n'as-tu pas honte ?
Moi (le regardant dans les yeux) : de quoi au juste ? Je devais plutôt retourner la question. Te sens-tu mal parce que j'ai ouvert les yeux de ton cousin sur tes agissements ?
Le cousin de Martin lui voulait de l'argent. Il avait confié à ce dernier des sous pour m'aider à finaliser la maison où on vit. Grande fut ma surprise lorsqu'en arrivant il y avait des problèmes pour tout.
C'est moi qui ai remis l'argent aux ouvriers pour qu'ils améliorent tout.
Depuis lors Martin est fâché contre lui et son cousin m'en veux.
Moi : je ne suis pas dans la vie de Martin pour vous éloigner. Si tu t'en prends à moi pour cette raison, tu fais fausse route.
Lui : tu n'es qu'une profiteuse et très vite il se rendra compte de ton vrai visage.
Moi : je suis contente qu'il se soit déjà rendu compte du tiens.
Je sens sur son visage qu'il est en colère et qu'il peut en venir aux mains.
Le pauvre, son cousin n'a toujours pas digéré cette affaire car après vérification ce n'était pas le seul chantier qu'il boycottait pour le bien de ses propres poches.
Moi : tu n'oseras pas lever la main sur moi. A moins de vouloir déclarer la guerre à Martin. Sur ce, libère mon périmètre. Tu es aussi inutile que le « e » à la fin de ce mot.
Il me menace du regard en me rappelant combien je vais « mal finir »
Moi (regardant Martin se rapprocher) : allez dégage !
Une fois que Martin se trouve devant moi, il me demande si tout va bien.
Je l'aurais gardé pour moi mais cette fois je refuse de la faire. J'en ai marre de toujours prendre sur moi quand je fais face à un homme aussi insolent que son cousin.
De plus, je n'y suis pour rien s'il fait n'importe quoi de l'argent que son frère lui remet.
Moi : ton frère me menaçait.
Je vois qu'il n'est pas content mais je le calme aussitôt.
Moi : je ne te le dis pas afin que tu réagisses. Je veux simplement que tu saches ce qu'il a sur le cœur. Je ne veux plus me retrouver près de lui. Il représente un danger pour ma personne.
Il regarde autour de lui et :
Lui : j'arrive.
Je l'attrape par le bras et :
Moi : pas ici.
Il me regarde et :
Lui : il t'a menacé alors que j'étais à quelques mètres.
Il me laisse et il fait un geste de la tête à son cousin. Ce dernier comprend vite et le suit.
Au loin je vois qu'ils échangent. Le ton monte et j'ai l'impression que Martin le menace.
Il revient vers moi quelques minutes plus tard et :
Lui : s'il se rapproche de toi une seule fois tu me le fais savoir.
Je ne réponds pas et je vois Keyame se rapprocher de nous.
Elle (à son père) : tu es fâché ?
Lui (se calmant) : non ça va. Tu ne bois rien ?
Elle : je veux bien un Orangina.
Au même moment un serveur passe près de moi alors je lui prends un Orangina du plateau.
Moi : tiens.
Elle me regarde puis lève les yeux vers son père.
Lui : tu ne veux plus ?
Je dépose la boisson sur la table et :
Moi : tu pourras en prendre avec un autre serveur si tu le souhaites.
Son père lui lance un regard noir et elle se décide de prendre la canette en question.
Alors qu'elle s'en va, je regarde Martin et :
Moi : je ne suis pas du genre à empoisonner les gens. Encore moins tes enfants.
Lui : mais qu'est-ce que tu racontes ?
Moi : j'ai vu comment elle a hésité. Peut-être que sa mère lui faire croire que je suis une « sorcière » mais je ne le suis pas.
Lui : mais pas du tout.
Je le regarde et je ne dis rien.
Quand tout le monde se rapproche des tentes, il prend place près de moi.
Sa sœur qui origine l'évènement prend le micro et fait un discours pour remercier sa marraine et toutes les personnes présentent.
Après ce discours le DJ remet les louanges et s'en suit le repas.
Kenya se rapproche de nous et regarde son père :
Elle : papa ?
Lui (la regardant) : oui ?
Elle : je peux rester avec toi ?
Lui : bien sûr.
Elle : oui mais maman je ne veux pas que maman se fâche contre moi ok ?
Lui : pourquoi ?
Elle : je ne dois pas être trop proche de cette dame.
Il est gêné et je le vois.
Lui (chuchotant) : cette dame a un prénom. Mais mieux, tu dois l'appeler maman Eliane.
Elle : mais je n'ai qu'une maman.
Lui : tu en as deux et c'est la deuxième.
Keyame revient vers nous et :
Elle (déposant une assiette devant son père) : tiens papa, c'est moi qui m'a dit de te la déposer.
J'observe tout ce qui se passe sans dire mot.
À vrai dire je n'ai pas grand chose à dire à ce propos.
Une fois qu'on ouvre officiellement le buffet je me lève pour me servir.
Je croise une cousine à Martin (celle qui discutait avec Mélanie quand je suis arrivée).
Moi : bonjour.
Elle (ton sec) : bonjour.
Je la regarde et j'ose dire un mot de plus.
Alors que je prends les beignets (alloco) je vois qu'elle me regarde.
Moi : il y a quelque chose ?
Elle : tu sais je ne vais pas faire. Je ne suis du genre à sourire avec les personnes que je n'aime pas.
Pardon ? Mais de quoi parle-t-elle ? Je ne la connais pas plus que ça.
Elle : si mes frères et sœurs font semblant avec toi, ce n'est pas le cas pour moi.
Moi : j'ai peur de ne pas te suivre. Je ne t'ai pas salué parce que nous sommes amies. Je t'ai salué parce que c'est la moindre des choses.
Elle : épargne moi ton gros français.
Moi (choquée) : oublie que je t'ai salué. Je ne suis pas ici pour ça.
Elle veut continuer mais je dépose mon assiette et je retourne vers Martin.
Lui : qu'est-ce qu'il y a ? Ton assiette est où ?
Moi : je n'ai plus faim. Je pense que je vais rentrer. Je ne me sens pas bien ici et je ne veux rien gâcher.
Il se tourne et il voit sa sœur discuter avec Mélanie.
Lui : il y a eu un problème ?
Moi (calme) : Martin je suis avec toi et pas avec ta famille. Je préfère dorénavant rester dans mon coin. Je ne demande pas à ce qu'on m'accueille les bras ouverts mais à vrai dire ça me déplaît fortement qu'on me traite comme une merde alors que je ne fais du mal à personne.
J'en ai ma claque ! Depuis ce matin je prends sur moi.
Je ne meurs pas de faim chez moi en plus.
Je lui fais un petit sourire car il y a des gens autour de nous et :
Moi : j'y vais.
Je ne l'écoute pas et je marche jusqu'à mon véhicule.
*Dans la tête de Melanie*
Je le regarde marcher derrière elle et :
Moi : Martin ?
Il se tourne vers moi et se rapproche.
Lui : tu as quelle âge Mélanie ?
Moi : pardon ?
Lui : tu ne peux pas la laisser tranquille ? Est-ce que je t'en demande trop ?
Moi : il s'agit de ça ? Je n'y suis pour rien si elle ne se sent pas bien ici.
Il me lance un regard noir et :
Lui (calme) : on rentre dans 1h
Moi : tu rentres avec les filles si tu veux mais moi je ne vais pas manquer de respect à l'invitation de ta sœur.
Il me regarde et retourne à sa place.
Quelques minutes plus tard un de ses cousins vient près de moi et me raconte ce qui s'est passé plus tôt avec l'autre.
Lui : mais elle pense pourvoir nous séparer. Elle ne sait pas que nous c'est le sang. Sans te manquer de respect je ne sais pas pourquoi tu la laisses te ridiculiser. Elle n'a pas le droit d'être où tu es. Elle n'est personne et n'a aucune valeur ajoutée aux événements familiaux. Martin c'est mon frère, je le connais. Il est avec elle pour le sexe !
Moi : je ne peux rien te dire. Je n'en sais pas plus.
Lui : ne t'en fais pas pour cette histoire. Je vais moi-même me charger d'elle.
Moi : pas à mon nom en tout cas. J'ai déjà assez de problèmes à gérer.
Lui : je pense qu'elle l'a fétiché.
Moi : ah oui ?
Lui : ça ne fait pas longtemps qu'ils sont ensemble et pourtant elle est déjà marié à la coutume avec lui. Bizarrement Martin a de plus en plus de problèmes avec sa famille. Quand on lui demande de l'argent il boude alors qu'avant il n'avait pas de mal à nous en donner.
Je le regarde et je tiens compte de sa théorie.
J'ai moi-même pensé aux fétiches à un moment mais je n'en sais pas plus.
Lui : en tout cas je suis avec toi. Si tu peux juste discuter avec lui. En ce moment lui et moi ce n'est pas trop ça.
Moi : c'est-à-dire ?
Il m'explique qu'Eliane a monté une autre pour s'accaparer de l'argent qui était destiné à la construction. Elle a mis l'histoire sur son dos et ça a créé des problèmes entre les trois.
Moi : c'est vraiment une vipère !
Lui : c'est pour cela que je te dis que je vais me charger d'elle. Mon frère me menace à cause d'elle ? C'est pas croyable ! Mais ne t'en fais pas pour moi, elle va le payer !
Après mon échange avec lui je me rapproche de Martin. Il est plus détendu, c'est le Martin que je connais à la maison. Celui qui a la joie de vivre et aime les moments en famille.
Chaque fois que l'autre est là il est stressé et méconnaissable.
Lui : tu as mangé ?
Moi : oui.
Sa sœur invite tous les couples sur la piste de danse qui est au milieu des tentes et il me tend la main.
Je le suis avec le sourire aux lèvres et ensemble on s'ambiance sur rythme de la musique.
*Dans la tête d'Eliane*
-Quelques heures plus tard-
Je suis à la maison, allongée sur mon lit et je prépare les salaires de mes employés de la maison.
Je fais toujours tout pour ne pas les payer avec du retard, ils font plus ou moins du bon boulot.
Alors que je finis avec les enveloppes mon téléphone sonne.
Je regarde le prénom de mon mari et je décroche.
Moi : allô ?
Martin : bonsoir.
Moi : salut.
Lui : tu vas bien ? Je tiens à m'excuser pour tout à l'heure. Eliane je sais que tu as du mal avec ma famille et ma première femme en particulier mais il faut que tu vives avec.
Moi : quel est le but de ton appel ?
Lui : pardon ?
Moi : je cherche à savoir la raison de ton coup de fil. J'ai bien peur de ne pas savoir où tu veux en venir. On tourne autour des mêmes choses depuis plusieurs mois. Moi je ne dérange personne. C'est toi qui me mets dans des positions inconfortables.
Lui : arrête Eliane je n'y suis pour rien.
Moi : dans ce cas pourquoi est-ce que tu t'excuses ?
Lui : tu es toujours fâchée ?
Moi : pas du tout. Je suis simplement fatiguée de toujours mettre de l'eau dans mon vin quand en face personne ne fait rien.
Lui : ok.
Moi : sur ce je peux raccrocher ?
Lui : non.
Il me parle mais je laisse le téléphone sur le côté et je fais autre chose.
Après 3 minutes sans rien lui donner comme réponse il se rend compte que je fais autre chose.
Lui (agacé) : je m'adresse à toi !
Je lui donne une réponse avant qu'il ne coupe l'appel.
Je sais qu'il n'aime pas quand je réagis ainsi et pour dire vrai ça ne me dérange pas trop ce soir. Voire mieux, je n'ai qu'à faire de ce qu'il pense.
*Dans la tête de Melanie*
Ce soir, pour apaiser les tensions je décide de proposer un massage à mon cher et tendre époux. Je le sens sur les nerfs alors je veux qu'il se détende complètement.
Je me mets sur le bas de son dos les jambes entre son corps et je mets de l'huile de massage sur ma main.
Une fois que mes mains touchent son dos j'entends un souffle s'échapper de ses lèvres : bingo j'ai bien fait !
Je le masse aussi délicatement que possible jusqu'à ce que je le sente s'en aller.
Une fois qu'il est détendu je descends et je mets la couette sur lui.
Alors que je me tourne pour m'en dormir à mon tour, il dépose une main sur moi.
Lui : je t'aime.
J'ai à peine le temps de lui répondre qu'il s'en dort.
Je le regarde dormir et je dépose mes lèvres sur les siennes histoire de gagner un dernier contacter avec lui.
Je l'aime tellement cet homme.
Il est si beau et doux.
Trop contente, j'ouvre ses bras et je m'en dors à mon tour de cette façon.
*Dans la tête d'Eliane*
Je me lève à 5h du matin en sueur !
Oh mon Dieu j'ai fait un cauchemar horrible !
Je regarde autour de moi et il me faut quelques temps pour reprendre ma respiration.
J'étais dans une morgue et il y avait plusieurs personnes qui se plaignaient du traitement de leur corps. Elles me tenaient toutes responsables de ce mauvais traitement.
Je regarde ma main et je tique lorsque je ne vois pas ma bague de fiançailles.
Bizarre !
Je regarde sur le chevet de lit et je ne la vois pas.
À ce moment je quitte le lit et je vais à sa recherche.
Étrangement, je la trouve au sol près de la poubelle de la salle de bain.
Je ne me rappelle pas l'avoir enlevé ni même déposé là.
Je la récupère et au moment de la mettre j'entends des cris.
Oh mon Dieu !!!
J'ouvre les yeux et je réalise que j'étais dans un autre cauchemar.
J'ai ma bague sur moi et il est 7h du matin.
C'est quoi cette histoire ?
La lumière du soleil qui transperce les rideaux m'aide à faire le vide dans ma tête.
Bien heureuse de quitter mon lit pour débuter ma journée.
Ouf