_ Dis Val tu veux bien m'aider pour cette fois? Je te promets que je t'en serais reconnaissant pour le reste de la vie.
Un homme d'une trentaine d'années se tenait devant moi , il avait un regard d'excuse et de supplique, il me regardait avec peine et je ne sus quoi faire.
J'avais moi aussi une pile de documents que mon patron venait de déposer devant moi et je devais les rendre au plus tard à la fin de la journée et mon collègue venait encore m'ajouter une autre pile de documents à gérer pour la même date butoire.
Je n'y arriverais certainement pas il fallait que je le lui dise, il m'était impossible de le faire mais comment allais je m'y prendre pour le lui dire? Surtout que j'ai toujours eu un faible pour lui, et je crois bien qu'il le sait très bien. J'ai soupiré, peu importe mes sentiments, je ne suis pas capable de cumuler autant de travail.
_ Écoute John je....
_ Écoute Val j'ai promis à ma petite amie que je l'emmènerai dîner dans un super resto ce soir mais à cause de ces dossiers je risque de ne pas tenir cette promesse allez s'il te plaît....elle va me bouder si je ne respecte pas ma promesse.
Mon cœur a frémit, ça fait mal d'entendre le mec sur tu aimes parler ainsi mais ce n'est pas la raison qui me pousserait maintenant à refuser. Je ne voulais vraiment pas le faire en plus de sa raison était cruelle et pitoyable il aurait pu finir son boulot et retrouver sa petite amie il n'était que 13 heures et le service se termine à 18 heures ça lui laisse largement le temps de le faire en plus.
_Je suis désolée John mais le patron a demandé à avoir cette pile de documents pour 18 heures et toi comme moi avons les mêmes exigences je ne peux pas t'aider désolée...
_Allez c'est pas si difficile en fait tu peux bien me faire cette fleur? en plus le boss comprendra bien que tu n'as pas pu terminer tout ça à temps lui même doit comprendre que terminer les bilans d'une année entière en 5 heures est chose impossible...ha la la cet homme je vous jure un vrai connard c'est parceque le Big boss le presse déjà qu'il te met cette pression de malade il a glandouillé durant toute la fin d'année et maintenant en plein février il vient te mettre toute cette pression ma pauvre ....
Je suis restée calme sachant que c'était la même chose que ce John me faisait... Exactement la même chose.
J'ai entendu un bruissement à côté et une collègue se décala de son bureau, c'était la femme la plus populaire auprès des hommes du bureau et elle dégageait un certain charisme qui faisait que tout le monde l'écoute et lui obéisse dans un certain sens.
_Allez Valeria tu peux bien lui faire cette fleur aujourd'hui c'est la saint Valentin et j'ai ouïe dire que tu n'avais pas de petit ami alors tu n'as pas d'engagement ce soir tu peux bien faire ça n'est-ce-pas ?
Je me suis sentie particulièrement insultée ! C'est vrai du haut de mes 27 ans je n'avais jamais eu de petit ami même pas un flirt alors oui je voulais vraiment avoir un petit copain , je rêvais de vivre cette journée de Saint Valentin avec une homme à mes côtés mais rien ... je n'attirais personne une femme sombre et isolée de tous.
C'est pas faute d'avoir essayé quand même oh non... J'avais souscrit à plein de sites de rencontres, avec des rendez-vous arrangés et malgré tous mes efforts aucun des hommes qui avaient accepté de me rencontrer en direct n'avait rappelé à croire que je finirais mes jours seule mais le pire c'est que je le ferais vierge...oui je suis vierge et bon sang je veux, je souhaite non... Je prie pour qu'un homme me chevauche mais pour ça il aurait fallu qu'un homme veuille bien le faire....
Il m'était même venue à l'idée de me faire violer au coin d'une rue par un voyou juste pour me faire dévierger tant ma frustration était grande ... tellement pathétique...mais j'en mourrais d'envie...combien de gode j'ai au chevet de mon lit? Mais je sais aussi que la sensation d'une gode n'aura jamais rien à voir avec la sensation d'un véritable acte sexuel et ce dont j'ai envie plus que tout c'est d'un homme mais on aurait dit que je suis pas du tout attirante.
Je n'étais pas interpellée en route et bordel même les petits vieux dans les bars ne me donnent même pas un regard.
Pourtant j'ai essayé...bordel que j'ai essayé de me trouver un mec, après m'être inscrite dans ces sites de rencontres, j'étais même allée dans des soirées pour célibataires, pour ceux de mes correspondants qui voulaient bien me rencontrer cela se terminait toujours par une absence de messages de retour si tant est même que l'homme me dirait au-revoir avec un regard qui disait bah on pourra se revoir.
Déjà que les rendez-vous se passaient toujours très mal alors je pouvais comprendre la réticence de ces mecs à vouloir me revoir.
En effet entre bafouilles, bégaiement et maladresse c'était le poupon... Je me souviens qu'une fois j'étais tellement stressée et nerveuse lors d'un rendez-vous j'avais renversé mon verre de vin rouge sur la belle veste blanche de mon rendez vous de ce jour et le mec ne s'était pas gêné pour se lever et partir sans demander son reste.
A croire qu'il était là depuis le début par courtoisie attendant...non guettant la moindre occasion pour s'extirper de ce moment insupportable.
Il ne s'était pas plaint, n'avait émis aucun gémissement, il n'avait fait que se lever et malgré mes excuses et mes tentatives pour nettoyer sa veste, l'homme était resté stoïque ... ah oui le seul geste qu'il avait eu à mon égard était de lui faire signe de rester dans son coin de la main avant de sortir du restaurant me laissant seule au milieu des regards d'empathie, de sympathie presque de pitié pour la plupart mais d'autres s'étaient montrés particulièrement odieux et avaient même ri de la situation merdique dans laquelle je me trouvais... c'est peu de dire que mon calvaire n'avait fait que commencer ce soir car prise d'embarras et de honte j'avais essayé de courir loin de cette situation mais malheureusement pour moi, le serveur m'avait intercepté à la sortie me tendant la note de restaurant.
Premièrement, le restaurant avait été une idée de mon rendez-vous et par conséquent je n'avais aucune idée des standards du milieu résultat la facture avait été salée entre le repas super cher juste pour deux malheureuses feuilles de salade, puis s'étaient ajoutés les verres de vin rouge qui comme le disait le serveur était de choix...oui la facture avait été salée et c'est à ce moment que j'ai découvert que l'homme était juste un gigolo qui aimait bien se faire payer le repas par des femmes mais encore mon Humiliation fut grande car le.mec avait même abandonné son repas car ma compagnie était affreuse... je me serais fichue de son statut de gigolo si ça avait permis que je puisse me faire chevaucher cette nuit mais faut croire que la malchance est pire que la mort car même les raclures ne veulent pas de moi à croire que mes parents dont je ne sais rien ayant grandi dans un orphelinat n'avaient pas cessé de lancer des malédictions lors de ma conception ce qui faisait que je serais à tout jamais maudite...comme être abandonnée à ma naissance d'abord et vivre une vie de merde plus tard.
Je n'étais pas si moche voyons j'étais plutôt belle malgré mon apparence sombre, je suis belle à ma manière enfin je le pense Vraiment.
Secondo, je n'avais pas de quoi payer une facture aussi salée résultat j'avais dû signer une reconnaissance de dette mon patron ne ratant pas l'occasion pour m'humilier une nouvelle fois car c'est lui que j'avais dû appeler n'ayant personne d'autre à présenter qui fasse office de garant et qui ait un minimum de valeur.
Tertio, j'étais rentrée trouver mon appartement inondée...par ma faute, j'avais été tellement nerveuse à l'idée de ce rendez-vous que j'avais oublié le robinet de ma douche ouvert et l'eau n'avait fait que couler encore et encore...
En somme une soirée merdique.
J'ai secoué la tête pour éloigner ces pensées d'autodérision loin de mon esprit et j'ai reporté son attention sur mes collègues.
L'un voulait me confier sa part de boulot crachant sur le boss alors que lui aussi faisait exactement la même chose, tandis que l'autre collègue l'encourageait dans ce sens et n'avait pas hésité à m'insulter me rappelant à quel point ma vie était minable.
J'ai soupiré longuement, ça ne servait à rien d'y penser et ils avaient raison au fond qu'avais je à faire en ce jour à part finir de travailler pour rentrer dans mon studio et réchauffer un repas surgelé, m'assoir devant la télé, regarder un autre film à l'eau de rose pour me faire plus de mal et finir avec une autre gode de taille plus grande dans la chatte pour évacuer ma frustration.
Oui j'avais un programme de merde mais c'était mon programme...en fait c'était ce que je faisais tous les soirs en rentrant mis à part peut-être la case de films à l'eau de rose car il y'avait des soirs où je rentrais directement et m'enfermais dans mon studio m'insérant directement la.gode car j'avais beaucoup trop tenu.
C'était véritablement pathétique n'est-ce pas? Mais je le savais, je savais je dois être nymphomane même si j'étais encore techniquement vierge ...enfin du fait que je n'avais pas encore goûté à une vraie bite mais je le savais que le jour que cela arrivera ...si ça arrive un jour...je ferais certainement fuir mon amant car j'en redemanderais encore et encore mais ça n'aurait rien fait car j'aurai déjà goûté au fruit défendu.
_ Alors???
La voix de John me ramena à la réalité et j'ai soupiré une nouvelle fois.
_ Oui je vais t'aider mais c'est vraiment la....
Je n'ai pas pu finir ma phrase car le mec était déjà parti en direction de son bureau et revenait avec une pile de documents en mains.
Il les déposa négligemment sur mon bureau avant de lui donner une boisson énergisante histoire de me rebooster un peu.
_Tu devrais t'y mettre alors...
Puis se tournant vers la femme populaire il lui demanda si elle voulait aller déjeuner ce à quoi elle répondit par l'affirmative.
_ En plus je commençais déjà à avoir vraiment faim allons y alors.
Sans un autre mot à mon égard les deux partirent déjeuner me laissant seule devant deux piles de documents, c'était une mauvaise idée déjà que mon travail à moi n'était pas facile mais ajouté aux documents comptables de mon collègue je courais vers le surmenage, j'en étais sûre mais j'avais déjà accepté , je ne pouvais pas revenir sur ma parole surtout s'il s'agit de John et s'il y'avait une chose pour laquelle j'étais fière c'était le fait d'être une femme de parole.
Décidée j'ai pris un stylo, une calculatrice et des dossiers avant de m'y plonger ardument.
J'ai travaillé tellement que je ne vis pas le temps passer et bientôt j'ai senti une douleur dans le dos et cela m'obligea à me redresser pour prendre une pause seulement pour remarquer que la salle était vide et que les baies vitrées donnant sur la ville m'indiquaient clairement que la nuit était tombée depuis longtemps.
J'ai jeté rapidement un œil sur ma montre et mon corps devint froid quand je découvris qu'il était 20 heures et que j'avais fait des heures supplémentaires sans vraiment le vouloir ... mais ça, ce n'était pas le pire , je devais choisir entre le fait que John soit parti sans même me dire au-revoir alors que c'est de sa faute si je suis dans une situation aussi ridicule.
Deuxièmement j'aurais dû aller livrer le travail à mon patron depuis 18 heures mais là à 20 heures j'ai carrément deux heures de retard et ne doute pas que mon patron me le fera payer.
Entre insultes et humiliation je ne saurais plus où j'allais me mettre.
Mon patron n'allait pas hésiter à me rappeler à quel point je suis incapable et incompétente ce que je trouve terriblement stupide car je suis de loin la plus compétente de ses employés raison pour laquelle il me donne tout le boulot plutôt qu'aux autres, ça et le fait que je suis également la seule à se plier à ses caprices car les autres ont beaucoup trop de charisme pour que mon patron ne perde le chemin pour les commander comme il le fait avec moi.
Je me lève rapidement remballant tous les dossiers les miens et ceux de mon collègue même si au final je n'ai fait que les deux tiers du travail demandé mais il devra comprendre que mon travail à moi seule ne pouvait être fait en seulement cinq heures et rajouté à celui de mon collègue je serais prise par les temps obligée de faire des heures supplémentaires.
J'ai remué mon cou douloureux et ai claqué la langue sur mon palet... j'avais un arrière goût d'amertume au fond de la gorge sans compter le fait que mon ventre gargouillait me rappelant que je n'avais pas mangé depuis le petit déjeuner.
Mes entrailles se tordaient et additionnés au fait que ma tête battait fort et que je voyais trouble à cause de la fatigue et la faim je tenais à peine debout.
J'ai pris un moment afin de me calmer et quand ce fut le cas j'ai couru dans le couloir glissant presque sur les carreaux que j'imagine la femme de ménage venait de lustrer...malgré que je ne portais pas de talons hauts j'ai glissé par deux fois avant de me remettre puis m'engouffrer dans le couloir sombre au bout duquel se trouvait le bureau de mon patron.
J'étais tellement obnubilée par mon objectif que je n'entendis même pas le vigile de nuit me parler et finalement j'étais devant le bureau de mon patron.
J'ai inspiré un grand coup avant de tout relâcher puis m'assurant de ne pas tout renverse, j'ai levé la main et ai frappé sur la porte du bureau .
C'était léger presque timide ce qui exprimait clairement l'état d'esprit dans lequel je me trouvais .
Après quelques secondes à frapper n'ayant pas de réponse j'ai décidé d'appeler.
Encore une fois c'est le silence qui m'accueillit et peu de temps après j'entendis des pas arriver derrière moi et me retournai précipitamment.
C'était le vigile de nuit qui me regardait à la fois désolé et agacé...
Il voulait lui dire que le patron était rentré depuis mais elle n'avait pas voulu l'écouter si elle l'avait fait cela lui aurait évité cette marche inutile surtout qu'elle était vraiment chargée.
_ Je suis désolé ma petite dame mais le patron est rentré depuis des heures vous êtes désormais la seule employée de cette entreprise...du moins avec moi...donnez moi ces dossiers je vais vous aider à porter.
Je n'ai rien dit et ai suivi le vigile vers les bureaux des employés.
Une fois arrivés il s'excusa décidant d'aller faire sa ronde puis laissée seule, j'ai relâché enfin les larmes sur j'avais gardé depuis le couloir...ils étaient partis me laissant leur travail, ils n'avaient même pas eu la décence de m'avertir de leur départ mais j'étais là à faire leur travail...leur foutu travail... j'avais envie de crier de rage de balancer ces dossiers avec colère de les déchirer mais j'ai fini par me calmer...c'était de ma faute d'être aussi cruche, la tête turque qu'on exploite sans qu'elle ne fasse jamais rien et à qui on n'a pas besoin de dire merci quand elle vous rend service.
J'ai toujours été exploitée et je suis sûre que ça restera ainsi si je ne se magne pas le train.
J'ai soupiré essuyant avec force et rage les larmes de mes yeux le frottement ayant provoqué des tâches de rougeur sur mon visage.
J'ai pris le stylo et ai décidé de continuer de travailler...quand il se fit 23 heures, le vigile revint et après m'avoir dit que le temps était passé et qu'il était souhaitable pour moi de rentrer j'ai classé les dossiers par piles de documents mettant ceux de mon collègue de côté ensuite les miens de l'autre pour le lendemain matin.
Je me suis levée et m'étirant longuement décontractant mes muscles les rendant moins engourdis et plus souples puis j'ai pris mon sac remerciant le vigile et sortis de la salle direction l'ascenseur.
Je suis entrée et quand les portes se refermèrent alors que je me retrouvais dans le silence complet de l'endroit j'ai glissé sur le sol et me mis à pleurer.
Pourquoi devaient ils être si méchants et cruels.. pourquoi m'utilisent ils aussi méchamment ?
J'ai pleuré encore et encore et finalement j'étais dans le hall, les lumières étaient éteintes et j'ai soufflé regardant autour...
Personne, j'étais la seule personne à l'horizon.
J'ai soupiré et sortis de l'entreprise frissonnant à la brise de la nuit qui mordait ma peau malgré le lourd manteau que je portais...ce n'était vraiment pas une bonne soirée pour moi.
Je suis sortie voyant de nombreux couples marcher amoureusement et j'ai senti mon coeur se tordre de douleur... j'aurai tellement voulu être comme eux avec mon amoureux en ce jour spécial mais j'étais tellement seule que ça faisait pitié.
J'ai marché longtemps jusqu'au métro n'ayant pas assez d'argent pour prendre un taxi à cet heure de la nuit, je suis arrivée dans la station métro et attendis que le métro arrive.
J'étais assise sur un banc quelques adolescents en fugue non loin et deux hommes derrière .
Je priais juste qu'on ne m'agresse pas du moins qu'on ne me prenne pas mes maigres petits sous ou qu'on ne m'arrache pas mon portable sinon je me maudirai encore plus pour ma vie.
J'étais épuisée et ne rêvais que d'une seule chose, arriver chez moi et me coucher...ce soir pas de gode.
Je m'assoupis un moment prise de fatigue et ce sont des secousses sur mon épaule qui me réveillèrent.Il y'avait un homme tellement beau devant moi qui me parlait...non je n'écoutais rien de ce qu'il disait et me contentai de l'admirer trop impressionnée par son look... peut-être n'étais-je pas aussi maudite que je le croyais et que peut-être je rentrerais avec lui chez moi et malgré ma fatigue les godes seraient au chômage ce soir car je recevrais enfin une vraie bite.
Je souriais comme une débile certainement l'homme me trouva débile car il se décala me montrant les portes du métro qui se refermaient déjà.
_Merde.
Je me suis jetée dans le métro à toute vitesse avant de soupirer de soulagement quand je m'assurai d'y être, j'ai regardé où se trouvait l'homme et me rendit compte avec déception qu'il s'en allait vers la sortie du métro sans même un regard vers ma personne.
_ C'était trop beau pour être vrai j'en étais sûre.