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Huit Fiancées, Une Vérité

Huit Fiancées, Une Vérité

Auteur:: Caius Frostweaver
Genre: Horreur
La famille Mercier, pilier de la haute couture parisienne, traîne une tradition singulière : chaque nouvelle mariée doit passer une nuit solitaire dans l' atelier ancestral. Mais ce qui était coutume est devenu cauchemar : huit jeunes femmes, toutes fiancées à Louis Mercier, l' unique héritier, y ont trouvé une mort atroce, officiellement classée comme "suicides violents". Ma sœur aînée, Élise, fut la première, arrachée à notre monde huit ans plus tôt. Son corps brisé, ses ongles arrachés, témoignaient d' une agonie indicible. Mon père, loin de me soutenir, l' a reniée, couvrant sa mémoire de honte et me laissant seule face à un chagrin insupportable ; j' ai dû le regarder détruire le souvenir d' Élise. Comment la femme douce et aimante qu' était Élise aurait-elle pu se donner la mort de la sorte ? Pourquoi mon père, mon héros, s' est-il transformé en étranger, aveuglé par une colère que je ne comprenais pas ? Je n' ai jamais cru au suicide, ni à la soi-disant malédiction des Mercier. Ma seule conviction est la cruauté humaine, et je me suis jurée de lui arracher la vérité, pour Élise. Aujourd' hui, j' ai enfilé ma robe écarlate et je me suis présentée devant Madame Mercier, le cœur gonflé d' une détermination froide et brûlante. « Je veux être la neuvième épouse de Louis. »

Introduction

La famille Mercier, pilier de la haute couture parisienne, traîne une tradition singulière : chaque nouvelle mariée doit passer une nuit solitaire dans l' atelier ancestral.

Mais ce qui était coutume est devenu cauchemar : huit jeunes femmes, toutes fiancées à Louis Mercier, l' unique héritier, y ont trouvé une mort atroce, officiellement classée comme "suicides violents".

Ma sœur aînée, Élise, fut la première, arrachée à notre monde huit ans plus tôt.

Son corps brisé, ses ongles arrachés, témoignaient d' une agonie indicible.

Mon père, loin de me soutenir, l' a reniée, couvrant sa mémoire de honte et me laissant seule face à un chagrin insupportable ; j' ai dû le regarder détruire le souvenir d' Élise.

Comment la femme douce et aimante qu' était Élise aurait-elle pu se donner la mort de la sorte ?

Pourquoi mon père, mon héros, s' est-il transformé en étranger, aveuglé par une colère que je ne comprenais pas ?

Je n' ai jamais cru au suicide, ni à la soi-disant malédiction des Mercier.

Ma seule conviction est la cruauté humaine, et je me suis jurée de lui arracher la vérité, pour Élise.

Aujourd' hui, j' ai enfilé ma robe écarlate et je me suis présentée devant Madame Mercier, le cœur gonflé d' une détermination froide et brûlante.

« Je veux être la neuvième épouse de Louis. »

Chapitre 1

La famille Mercier, un nom qui résonnait dans tout Paris comme une marque de luxe, était célèbre pour son empire de la mode. Mais derrière les podiums et les couvertures de magazines, les Mercier avaient une tradition étrange, une règle qui se transmettait de génération en génération. Chaque nouvelle épouse de la famille devait passer une nuit, seule, dans l'atelier de haute couture ancestral. Si elle en sortait le matin, indemne, cela signifiait que les ancêtres l'avaient acceptée. Une formalité, disait-on.

Mais cette formalité est devenue un drame. La première fiancée de Louis Mercier, le jeune et unique héritier, a été retrouvée morte dans l'atelier. Sa gorge était tranchée, ses membres brisés dans des positions impossibles. Les caméras de surveillance, pourtant nombreuses, n'ont montré personne d'autre entrer ou sortir. L'affaire a été classée comme un suicide particulièrement violent.

Puis il y en a eu une deuxième. Une troisième. Sept jeunes femmes, toutes fiancées à Louis Mercier, ont connu le même sort tragique dans ce même atelier. Sept "suicides" selon la police. La rumeur a commencé à enfler, parlant d'une malédiction qui hantait les Mercier.

Et puis, une huitième femme est morte. C'était il y a à peine une semaine. Une bouchère robuste et pleine de vie, venue d'un quartier populaire. Les Mercier, désespérés, lui avaient promis une fortune si elle survivait à la nuit. Elle n'a pas survécu.

C'est alors qu'une jeune femme s'est présentée à l'hôtel particulier des Mercier. Elle portait une simple robe écarlate qui tranchait avec le deuil ambiant. Elle s'appelait Amélie Dubois.

Elle s'est tenue droite devant la matriarche, Madame Mercier, une femme au visage durci par le chagrin et l'orgueil, et a dit d'une voix claire :

« Je veux être la neuvième épouse de Louis. »

Il y a huit ans, la sœur aînée d'Amélie, Élise, avait été la première. La toute première à épouser Louis Mercier. Elle était douce, amoureuse, et elle croyait aux contes de fées. Amélie se souvenait encore du jour de son mariage, de son rire qui remplissait la maison. Élise lui avait murmuré à l'oreille, en ajustant sa propre robe de demoiselle d'honneur :

« Ne t'inquiète pas, petite sœur. C'est juste une vieille tradition stupide. Demain matin, je t'appellerai et on ira prendre un chocolat chaud comme avant. »

Élise n'a jamais rappelé.

On l'a retrouvée dans l'atelier, dans une position horrible. Ses mains étaient couvertes de bleus, ses ongles arrachés, comme si elle avait griffé les murs, le sol, ou peut-être elle-même, jusqu'à la dernière seconde.

Le monde d'Amélie s'est effondré ce jour-là. Mais le pire n'était pas la mort de sa sœur. Le pire a été la réaction de son propre père.

Le soir où la police est venue leur annoncer la nouvelle, leur père n'a pas pleuré. Il a regardé la photo d'Élise sur la cheminée, et il a dit d'une voix glaciale :

« Cette folle. Elle nous a fait honte. »

Amélie l'a regardé, incapable de comprendre.

« Papa ? »

Il s'est tourné vers elle, le visage déformé par une colère qu'elle n'avait jamais vue.

« J'aurais dû le savoir. C'était une salope. Elle a dû faire quelque chose pour mériter ça. Elle s'est tuée pour nous couvrir de honte. »

Il a refusé d'aller reconnaître le corps. Il a refusé d'assister à l'enterrement. Pour lui, Élise n'existait plus. Il avait effacé sa propre fille de sa vie, la traitant de paria, l'abandonnant même dans la mort.

Ce jour-là, Amélie a perdu sa sœur et son père. Elle n'avait que sa mère, une femme brisée qui pleurait en silence dans sa chambre. Amélie, qui était alors une brillante étudiante en finance, a tout abandonné. Elle s'est inscrite en criminologie. Elle s'est juré, sur la tombe solitaire de sa sœur, qu'elle découvrirait la vérité. Elle ne croyait pas au suicide. Elle ne croyait pas à la malédiction. Elle croyait au mal que les hommes font aux autres.

Chapitre 2

Le fossé entre Amélie et son père s'est creusé de jour en jour. Il ne lui parlait plus que pour critiquer ses choix, pour lui dire qu'elle perdait son temps avec des "histoires de folles".

« Élise est morte. C'est fini. Oublie-la, » lui avait-il lancé un soir, lors d'une rare conversation.

« Je ne peux pas, » avait répondu Amélie, sa voix tremblante de rage contenue. « Elle était ta fille. »

« Elle n'est plus rien, » avait-il rétorqué. « Juste un mauvais souvenir. Tu devrais te trouver un mari, un vrai travail, pas jouer au détective. »

Amélie avait quitté la table sans un mot. Elle savait que toute discussion était inutile. Son père était muré dans une haine et un déni qu'elle ne comprenait pas. Elle se sentait terriblement seule.

La police n'a jamais vraiment enquêté. La famille Mercier était trop puissante, trop influente. Le rapport officiel parlait d'une "crise psychotique aiguë" pour Élise. Pour les sept autres, les conclusions étaient similaires : dépression, anxiété, des suicides causés par la pression d'entrer dans une famille aussi prestigieuse. C'était absurde. Une athlète olympique, une avocate renommée, une artiste excentrique, et même la robuste bouchère... toutes devenues soudainement suicidaires la nuit de leur mariage ? Personne ne semblait trouver ça étrange, du moins pas officiellement.

Amélie a passé les huit années suivantes à se préparer. Elle a dévoré des livres de criminologie, de psychologie, de médecine légale. Elle a étudié chaque affaire de meurtre déguisé en suicide. Elle est devenue une experte, non pas pour obtenir un diplôme, mais pour une seule et unique raison : comprendre ce qui était arrivé à Élise. Elle a économisé chaque centime, vivant modestement, loin des cercles parisiens qu'elle avait autrefois fréquentés.

Pendant ce temps, la malédiction des Mercier continuait. Chaque année ou presque, une nouvelle fiancée était annoncée, et peu de temps après, une nouvelle tragédie. Les profils des victimes étaient incroyablement variés. Une héritière d'une riche famille allemande, une scientifique discrète, une blogueuse mode très populaire... Chacune entrait dans l'atelier, pleine d'espoir ou d'appréhension, pour ne jamais en ressortir vivante. Louis Mercier, lui, semblait indifférent. Il assistait aux funérailles avec un air las, puis recommençait sa vie, comme si de rien n'était.

La famille Mercier, autrefois au sommet de la gloire, devenait peu à peu la risée de Paris. Leur nom était synonyme de mort et de malheur. Les parents des victimes criaient à l'injustice au début, puis, après avoir reçu de généreuses compensations financières, ils se taisaient. L'argent des Mercier pouvait tout acheter, même le silence. Mais il ne pouvait pas effacer la rumeur, cette tache sombre qui grandissait et menaçait de tout engloutir. Les affaires périclitaient, les amis d'hier les évitaient. Ils étaient devenus des pestiférés dans leur propre ville.

C'est là qu'Amélie a décidé qu'il était temps. Elle avait appris tout ce qu'elle pouvait. Elle avait analysé chaque détail des sept autres morts, notant les similitudes, les infimes différences. La mort de la huitième victime, la bouchère, a été le signal. Les Mercier étaient au plus bas, désespérés, prêts à tout.

Elle a enfilé sa robe écarlate, une couleur de défi, de sang et de passion. Elle a quitté son petit appartement et a pris un taxi pour l'hôtel particulier des Mercier, un endroit qu'elle s'était juré de ne plus jamais revoir. Elle allait entrer dans la gueule du loup, non pas comme une victime, mais comme une chasseresse. Elle allait devenir la neuvième épouse, et elle serait la dernière.

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