Argument
Comme beaucoup d'autres avant moi, il y a longtemps que je me suis intéressé au personnage de Jésus de Nazareth, ainsi qu'aux diverses perceptions que l'on peut avoir de son histoire extraordinaire et des prolongements qu'elle a eue jusqu'à nos jours !
Cette recherche amène à se confronter à plusieurs opinions contradictoires qui vont du déni total ou de l'indifférence, à la foi « du charbonnier » ; opinions qui sont pour la plupart sincères, certes, mais aussi bien souvent aveugles et partisanes – en fait deux dogmatismes !
Pourtant, il est vrai qu'une vie humaine peut très bien se construire à partir de l'un ou de l'autre de ces dogmatismes et, quelle que soit la voie choisie, elles sont, sans aucun doute, toutes les deux honorables pourvu qu'elles soient assumées réellement (ce qui n'est pas toujours le cas hélas).
D'ailleurs, dans la quête de la vérité, toutes les opinions sont légitimes quand elles sont, si j'ose dire, de bonne foi !
Dans cette recherche, la méthode scientifique prônée par les uns nous laisse, malgré tout, de grands vides ; tandis que la voie spirituelle prônée par les autres et qui s'appuie, elle, sur les seuls textes des Évangiles Synoptiques, ou ceux des Actes « cimente » ces mêmes vides mais sans les combler non plus.
Bref, de grandes questions sur le personnage de Jésus – plus qu'aucun autre personnage – restent donc toujours sans réponse ;
D'où venait-il réellement ?
De quels moyens a bénéficié Paul de Tarse (Saül) pour l'édification du Christianisme tel que nous le connaissons aujourd'hui et dont il fut le vrai créateur même si la direction a été dévolue à Pierre ?
Et de quelle puissance politique ou autre, émanaient ces moyens ?
Judas était-il ce « vilain traître » que les textes nous présentent, ou comme son propre Évangile semble le suggérer « sa trahison relèverait-elle plutôt du service commandé » ? Et dans ce cas commandé par qui ?
Pourquoi est-ce Pierre qui a été choisi comme chef de l'Église nouvelle au lieu de Jacques qui semblait peut-être plus à même intellectuellement d'occuper la fonction ?
Sans doute parce que l'Église primitive appelée « l'Église de Jacques » était considérée comme étant trop « juive » et pas assez universelle pour représenter le futur Christianisme !
Mais qui avait cette volonté et ce pouvoir, de choisir l'une au lieu de l'autre ?
Pourquoi Ponce Pilate, peu convaincu, semble-t-il, de la culpabilité de Jésus, va-t-il abandonner celui-ci alors qu'il détenait, s'il l'avait voulu, la force politique et militaire pour lui éviter un sort cruel ?
Le Grand Prêtre ou le Sanhédrin avaient-ils un moyen de pression sur le Procurateur romain et si oui lequel ?
Etc., etc.
Ni la foi ni la science ne répondent vraiment à ces questions.
De plus, les Églises officielles, catholiques, orthodoxes, protestantes, islam... ne sont, selon moi, que des « machines » profanes exotériques ayant peu de rapport avec l'enseignement de Jésus ; elles sont pourtant partie prenante et responsables des soumissions négatives qui ont affectées par la suite, une grande partie de l'humanité.
À partir de là, tout ou presque reste ouvert et j'ai eu l'envie de présenter, dans ce livre, mes propres conclusions sur cette épopée et sur les suites qu'elle a eues jusqu'à notre époque même ; car la fascination pour Jésus est si grande, encore aujourd'hui, que l'on peut, je crois, s'autoriser à formuler, à son sujet, les hypothèses les plus folles.
Mais la folie n'est-elle pas le passage obligé pour atteindre la Sagesse ?
C'est ce que j'ai tenté de faire modestement dans cet ouvrage.
Et si les lecteurs m'ont bien lu : le croyant ou l'incroyant, y trouveront, peut-être, chacun, des motifs supplémentaires de réflexion.
C'est en tout cas, l'espoir qui a motivé « l'invention » de ce récit qui présente « cette autre hypothèse » et signale les éventuelles conséquences
qu'elle pourrait avoir sur notre présent et probablement aussi sur notre avenir.
SAX
À l'aube du troisième Millénaire...
Profession de foi
J'écris ce livre après 79 ans d'une vie qui s'est finalement révélée intéressante.
C'est-à-dire que j'écris avant de mourir ; avant de partir pour un monde que certains nous promettent, sans preuve, comme meilleur.
Je ne saurais dire si après ce passage ultime il y a une suite ou un ailleurs caché quelque part dans les galaxies ou même n'importe où.
La raison nous commande de considérer ce passage comme final, un néant définitif succédant sans doute à la vie comme lorsqu'on débranche une lampe.
D'un autre côté, j'ai peine à croire que le cosmos ne serait qu'un simple et grand poster sur lequel nous serions épinglés et qu'il n'y aurait aucun sens dans l'univers.
Cela voudrait dire que tout ce qui existe n'a aucun sens ! ce qui me paraît impensable ; tout cela s'éclaircira (ou pas) au moment de la mort que je souhaite le plus tard possible.
Mais en attendant ce moment, il reste que l'énigme concernant un éventuel « après » est la question fondamentale qui hante l'esprit et l'intelligence des hommes depuis des millénaires.
C'est pourquoi, par une prudence un peu lâche, j'en conviens, quand on me pose la question : êtes-vous croyant ? je réponds toujours : je suis athée, Dieu merci ! (On ne sait jamais !)
En route vers le 4eMillénaire que je ne connaîtrais pas, à moins d'un énorme miracle !
Récurrences
Moi, j'écris pour les archéologues du 4e Millénaire !
Car tous nos textes constitueront, pour eux, une grille de lecture qui leur permettra de mesurer très précisément la grandeur ou l'étroitesse de notre civilisation !
SAX
Même les hypothèses les plus incroyables doivent être prises en compte.
Ne serait-ce que parce qu'il est arrivé quelques fois dans l'histoire, que certaines d'entre elles soient, par la suite, validées scientifiquement !
SAX
Quelle que soit ma croyance ou mon incroyance, ma cosmologie ou mon pré carré, ma naissance ou ma fin, toutes ces définitions sont les deux faces opposées d'une même médaille : la mienne !
SAX
Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon père
Parole attribuée à Jésus
Évangiles synoptiques
Jésus
Dis-moi !
Jésus, celui qui est venu
Était-il un Dieu ou un Roi ?
Certains alors l'ont vu et su
Mais ils l'ont volontairement disqualifié
Caïphe et Pilate n'étaient pas dupes
Mais ils tremblaient pour leur société
Et la peur souvent décuple
Dans les cerveaux et dans les cœurs
L'évidence d'un possible Dieu incarné
Venu nous délivrer de nos peurs
Pardonner et refonder l'humanité.
A-t-il échoué dans sa mission ?
Sans doute, car d'autres l'ont volée.
Mais sa trace restera hors de Sion
Puisqu'un jour il est né
Il nous a un temps transfigurés
Nous laissant sa croix comme symbole
Nous appelant à être juges ou jurés
Dans un tribunal où il a joué ce rôle
Il était peut-être plus qu'un prophète
Mort comme un homme, ou comme un Dieu
Même s'il avait toutes les facettes
Du chant divin mélodieux
Dis-moi !
Qui était Jésus ? un défenseur de la loi
Ou, pour notre humanité, une dernière issue ?
SAX
Apocryphes
(Extraits de la parole de Jésus)
Évangile de Thomas :
« Je vous donnerai ce que l'œil n'a pas vu,
Ce que l'oreille n'a pas entendu,
Ce que la main n'a pas touché,
Et ce qui n'est pas monté au cœur de l'homme »
(Discours à Jeunai)
Celui qui boit à ma bouche sera comme moi
Et moi aussi je serai comme lui,
Et ce qui est caché lui sera révélé
(Logion 108)
Je suis la Lumière qui les enveloppe tous.
Je suis le Tout, et le Tout est né de moi et le Tout retourne à moi.
Fendez le bois ; je suis là, soulevez la pierre, vous m'y trouverez.
Évangile de Judas
« Que connaissez-vous de moi ? En vérité, je vous le dis, nulle génération de ceux qui sont parmi vous ne me connaîtra ».
(Discours aux Disciples)
Jésus dit à Judas : viens, que je t'instruise des choses cachées que nul n'a jamais vues. Car il existe un Royaume grand et illimité, dont aucune génération d'anges n'a vu l'étendue et dans lequel il y a le grand Esprit invisible.
Citations
On trouve des sociétés qui n'ont ni science, ni art, ni philosophie, mais il n'y a jamais eu de sociétés sans religion.
Henri Bergson les deux sources de la morale et de la religion
Avant de prendre congé de ses hôtes, Dieu convint de la meilleure grâce du monde, qu'il n'existait pas !
Alphonse Allais le Courrier français
Seul Dieu parle bien de Dieu.
Saint Augustin
I
Quelque part en orbite autour de la Terre, dans la Voie lactée,
4 milliards 500 millions de l'année de la création du système solaire
Qui sera appelée par les Terriens « année 0 »
Le conseiller Karlos MOMP se leva de son bureau, installé au 3eniveau du vaisseau Amiral de la Fédération galactique et s'avança vers le hublot panoramique situé sur sa droite ; il contempla, alors, le paysage qui s'offrait à lui : une planète bleutée et majestueuse comme suspendue dans l'espace avec des fils invisibles, La Terre ! la planète mère de laquelle ses ancêtres, à cause de leurs erreurs fatales, avaient été contraints de partir, des Millions d'années plus tôt.
Planète qui était devenue stérile à cause des stupidités qu'avait commises l'Humanité de cette période : avec des catastrophes naturelles engendrées par des guerres nucléaires qu'ils avaient, par une surestimation de leur ego, eux-mêmes déclenchées ; vitrifiant tout et en faisant disparaître progressivement l'eau contenue sur la planète.
Les survivants qui n'étaient que quelques millions avaient dû émigrer dans l'espace, afin de trouver une nouvelle planète oxygénée et carbonée dont les taux de ces éléments fondamentaux seraient compatibles avec la survie de l'espèce humaine.
Ils avaient pu accoster avec tous les animaux et les plantes terrestres sur ce nouveau paradis – baptisé Terre 2 – situé aux confins de la Voie lactée parce qu'ils maîtrisaient déjà à cette époque les techniques du voyage spatial et de l'hyper espace – et ils s'y étaient installés pendant 12 000 Millénaires en reconstruisant pas à pas une nouvelle civilisation calquée sur l'ancienne mais dégagée des terribles erreurs qui avaient provoqué cette transhumance.
Au fil des siècles, la nouvelle humanité avait grandement progressé et réussi à éradiquer pratiquement toutes les maladies agressives importantes en augmentant, de ce fait, l'espérance moyenne de vie des individus à 200 ans ; mais elle n'avait pas pu (encore) supprimer la mort ; et probablement qu'elle n'y arriverait jamais car la mort semblait être consubstantielle aux espèces vivantes en général et à l'espèce humaine en particulier ainsi qu'une limite ultime indépassable ! Et pour exorciser cette malédiction, les hommes nouveaux avaient développé tout un ensemble de techniques de vie qui alliaient à la fois le paranormal et les sciences exactes.
Tout cela était connu de MOMP, grâce au « grand livre d'histoire » écrit par les ancêtres et s'il réprouvait les erreurs du lointain passé, il ne pouvait cependant s'empêcher d'éprouver une certaine admiration pour les hommes de ce temps, qui avaient réussi cette énorme transhumance, en s'inspirant de textes anciens et avec des moyens techniques bien moins fiables que ceux dont disposait la Fédération aujourd'hui.
Cela avait dû être un travail titanesque en même temps qu'une aventure extraordinaire ! Et la réussite de cette aventure était à porter au crédit des ancêtres rachetant les erreurs de leurs prédécesseurs qui avaient conduit, jusqu'à eux, la terre dans l'abîme.
Mais, il savait aussi que la nouvelle humanité avait tiré les enseignements des anciennes erreurs et s'était organisée en fonction de celles-ci ; Les hommes avaient mis en place, sur la nouvelle planète, une société où les différences ethniques, religieuses ou philosophiques étaient totalement gommées, en s'appuyant sur une direction planétaire démocratique dirigée par des « sages élus » réunis dans un Souverain Collège dont MOMP était le premier Conseiller. C'est-à-dire une sorte de président dont les pouvoirs s'ils étaient importants, l'obligeaient cependant à rendre des comptes au Conseil.
En fait, il pouvait prendre beaucoup d'initiatives avec sa voix prépondérante dans les décisions, mais il devait appliquer aussi celles-ci une fois qu'elles avaient été prises par le Conseil et cela même s'il n'était pas toujours d'accord avec ces décisions. MOMP avait bien l'intention de changer tout cela en affirmant la prépondérance du premier Conseiller – c'est-à-dire lui-même pour le moment.
Il y avait cependant, parmi l'humanité nouvelle des « résistants au nouveau paradis » qui n'acceptaient peu ou pas cette uniformité paisible qui restreignait, pensaient-ils, l'esprit créateur de l'homme ; quelques-uns étaient même de vrais mystiques qui supportaient mal la philosophie molle que la société avait dû mettre en place pour survivre d'abord puis pour progresser ensuite.
Ces « asociaux » en majorité des philosophes, ou des intellectuels, n'étaient pas nombreux, mais leur « lobby » avait pris de l'importance ces dernières années et la Fédération, par prudence, avait été contrainte de les isoler du reste de l'humanité, en les enfermant dans une sorte de prison dorée, où ils pouvaient donner libre cours à leurs pensées ; ils avaient l'obligation cependant de fournir, chaque année, un rapport au Conseil sur l'état de leurs réflexions en vue d'améliorer intellectuellement et physiquement l'espèce et la société.
De ces rapports, étaient sorties de très bonnes choses, par exemple la possibilité de correspondre par voie télépathique sur de grandes distances, grâce à des « artefacts », calculés donnant les moyens de « faire des miracles » ; et de ramener, un individu une fois, à la vie après sa mort et cela pendant un maximum de six mois avant la rechute définitive.
Toutes les techniques mécaniques ou nucléaires étaient entièrement maîtrisées et tout semblait être arrivé, malgré quelques lacunes, à l'aboutissement final.
MOMP revint à son bureau et ouvrit un dossier sur son ordinateur/hologramme, qu'il se mit à compulser.
La fiche signalétique en 3D, qu'il avait devant les yeux, montrait un homme jeune âgé d'une trentaine d'années, barbu et de haute stature. En étudiant ce dossier, MOMP se demanda si son choix était le bon et si cet homme était bien en mesure d'accomplir la mission qu'il allait lui confier.
Mission délicate au demeurant car elle consistait à créer une nouvelle religion sur la Terre qui asservirait « dans la douceur » les peuples présents sur la planète, en les conditionnant mentalement et physiquement, dans le but qu'ils acceptent l'invasion future de la nouvelle humanité retournant vers la Terre Promise de leurs ancêtres.
L'époque actuelle de la Terre avait semblé propice pour atteindre ce but : la Nature avait peu à peu repris ses droits, l'atmosphère initiale s'était reconstituée permettant à nouveau la vie à toutes les espèces y compris l'humaine.
Ainsi, de grandes civilisations S'étaient implantées sur la planète avec un degré suffisant d'éducation permettant un accès à l'art, à la construction, aux jeux de l'esprit.
L'Empire romain, notamment aujourd'hui occupait une grande surface en l'a contrôlant depuis deux siècles avec une armée efficace. : ses Légions.
Mais, cet Empire, bien qu'à son apogée commençait à faiblir et tendait vers la décadence particulièrement dans la région appelée Palestine ; à cause de ses turpitudes en général mais confronté en particulier dans cette province à une religion juive qui semblait prête à faire sauter cette domination grâce à des principes figés mais bien plus profonds et philosophiques que la religion gréco-romaine.
La nouvelle religion prônée par la Fédération apporterait donc un sang nouveau propre à ensemencer les consciences juive et romaine faisant évoluer l'humanité terrestre tout en assurant le pouvoir à la Fédération.
Mais, il y avait aussi une caractéristique particulière qui touchait uniquement à la Fédération : il ne se passait pas un moment, en effet, où ses dirigeants n'envisageaient, un jour, de revenir sur la planète mère en conquérants pacifiques, certes, mais en conquérants tout de même.
Car la nouvelle humanité était furieusement en quête de ses racines !
Les satellites-espions qui sillonnaient la galaxie depuis des millénaires avaient signalé que la Terre semblait avoir retrouvé progressivement son intégrité d'antan et que l'homme depuis 2 millions d'années avait subi le processus universel de la vie et de ce fait avait reparu sur terre.
ET, que la Rose simple et le Coquelicot avaient refleuri sur la TERRE !
Ces mêmes satellites avaient détecté aussi que depuis environ 30 000 ans des sociétés humaines groupées s'étaient reconstituées et qu'elles occupaient une grande partie des terres émergées et que même récemment, des civilisations organisées et puissantes semblaient diriger ces espaces.
Des visites anonymes fréquentes au fil des temps avaient permis d'étudier de près l'humanité de la Terre et de conclure qu'elle était très proche de celle de MOMP, tant le processus de la naissance de la vie était universel ; car il semblait toujours repasser par les mêmes phases déjà connues de reconstruction.
Après de nombreuses discussions au sein du Conseil un consensus avait été trouvé, et il avait été décidé d'attendre l'époque où l'humanité terrestre aurait la culture nécessaire qui lui permettrait de recevoir le message de la Fédération et d'en tirer tous les profits.
Le Conseil avait estimé que cet « âge » était atteint aujourd'hui et il avait donc programmé, sur l'initiative de MOMP, la mission « RÉSURECTION ».
MOMP effleura une surface en sur -brillance située à la droite de son bureau, un garde en uniforme de secrétaire entra dans le bureau.
- Vous m'avez appelé Conseiller ?
- Oui Cora, Resouscris est-il arrivé ?
- Oui, il attend sur le parvis.
- Faites-le entrer maintenant.
II
Un homme ressemblant en tous points à la photo tridimensionnelle de la fiche signalétique pénétra dans le bureau.
- Bonjour, Resouscris, asseyez-vous, je vous prie
- Bonjour Conseiller, merci.
- Avez-vous étudié le dossier qui vous a été transmis et pensez-vous pouvoir remplir la mission ?
- Oui, j'ai étudié ce dossier mais avant de vous donner une réponse, je souhaiterais avoir de plus amples informations ; car il me semble qu'il est un peu succinct.
- Ah ! je reconnais bien là la déformation intellectuelle qui vous a valu votre isolement autrefois ; mais vous avez raison, il est volontairement incomplet car je suis là pour répondre plus précisément aux questions que vous vous posez
- Avant toute chose, je vous précise que le Conseil estime que, du fait de vos convictions philosophiques, vous êtes le candidat le plus à même de réussir Résurrection.
- Peut-être, mais comme je vais être projeté dans un environnement a priori hostile en étant seul, il me semble que j'ai droit à quelques explications.
- En effet, vous ne pourrez compter que sur vous-même et ne pourrez communiquer avec nous que pour la présentation de vos rapports ou si votre intégrité physique ou même votre vie étaient menacées.
- Comptez sur moi dans ce cas pour appeler au secours !
- Bien ; voici ce que nous savons sur les contours de votre mission :
Vous allez être projeté dans un endroit que les terriens appellent Palestine situé sur les bords Sud-Est d'une mer nommée Méditerranée.
Dans cette région, parmi l'éventail d'ethnies très différentes, deux peuples sont majoritaires. Les Romains qui occupent militairement la région qu'ils considèrent comme une petite partie de leur vaste empire, et les Hébreux, qui se nomment eux-mêmes les Juifs.
Ces derniers – les Juifs – possèdent une culture bien plus ancienne que celle des Romains, puisqu'elle émane d'une civilisation égyptienne aujourd'hui en décadence et également soumise à Rome, comme la plupart des nations terrestres ; ces Juifs professent en outre une religion monothéiste beaucoup plus intellectuelle et spirituelle que celle des Romains qui est, elle, polythéiste.
En général, les Romains sont assez indulgents avec des religions différentes de la leur pourvu que celles-ci n'interfèrent pas dans la gestion sociale et militaire de leur empire. Mais il se trouve que justement, les Juifs mettent en cause l'organisation et la gestion du monde que les Romains imposent militairement.
Ils se souviennent notamment que jadis, leur nation était puissante, crée grâce une icône fondatrice, un homme venu de la Mésopotamie proche qui se nommait Abraham, avec des patriarches, des prophètes dont les paroles ont produit par la suite de nombreux écrits, avec aussi un refondateur égyptien appelé Moïse ; et aussi des Rois puissants comme David ou son fils Salomon ; c'est d'ailleurs ce dernier qui a fait construire un temple à la gloire de leur Dieu ; construction architecturale magnifique et qui est toujours debout aujourd'hui dans leur capitale Jérusalem.
Leur religion s'appuie sur une tradition orale formalisée et écrite précédemment sous leur roi Josias, pour des raisons patriotiques ayant pour but de cimenter la nation qui devait s'opposer, alors, à une tentative d'invasion d'un autre peuple voisin, les Babyloniens.
Cet ensemble de coutumes seulement orales avait été retranscrit et rassemblé dans un certain nombre de parchemins en peau qui ont pour nom la THORA (la Loi).
Il y a aussi une différence notable entre les deux religions ; les romains, comme beaucoup de peuples avant eux ont de nombreuses représentations – peintures ou sculptures – de leurs dieux ; les juifs s'interdisenttoute représentation divine qu'elle soit graphique ou sculptée ; pour eux, seule compte la Lecture et l'approfondissement de la LOI.
Inutile de vous dire que de nombreux conflits sociaux et religieux, éclatent entre les Juifs et les Romains ! les Juifs s'estimant, avec raison, bien supérieurs spirituellement aux envahisseurs, même si ces derniers ont la prédominance militaire actuellement.
C'est pour cette raison de supériorité spirituelle, entre autres, que vous serez implanté dans le milieu juif.
- Je suis d'accord, mais avant mon implantation, je dois approfondir cette religion qui me semble, en effet, complexe, afin de pouvoir m'intégrer plus facilement.
- Vous avez dans le dossier toutes les informations utiles, apprenez par cœur les écrits de la Thora notamment ceux des prophètes ; vous devez être capable d'assimiler totalement tous les livres fondamentaux : la Genèse, le Lévitique, les Nombres, les Juges, les Rois, etc.. Pour la formation de la nation juive, les livres de Josué et le livre des Maccabées vous seront utiles et pour la religion les livres de la Sagesse et l'Ecclésiastique ainsi que ceux des prophètes Daniel, Isaïe ou Ezéchiel sont indispensables.
En plus dans le livre des Chroniques il est fait mention que le prophète Élie qui vivait du temps de Salomon, aurait annoncé son retour prochain comme Messie – terme qui veut dire entre autres Sauveur – ; ce qui est profitable à votre mission car vous pouvez faire croire au peuple que vous êtes ce prophète revenu sur terre pour accomplir son destin.
En principe, vous avez la capacité intellectuelle pour assimiler tout cela mais vous pouvez aussi vous faire aider par notre laser cervical en cas de problèmes.
- Je pense en effet que le laser me sera utile compte tenu de la difficulté à appréhender correctement cette tradition.
- En fait, il y a plus ; il y a une trentaine d'années, 33 pour être précis, un phénomène curieux est survenu dans une famille juive habitant Nazareth, une ville de la province de Galilée au nord de Jérusalem.
Un enfant serait né sous le nom de Jésus. Il n'y a rien de remarquable à cela si ce n'est que la mère de cet enfant – Marie (Myriam) a toujours dit que cet enfant était un cadeau direct de leur Dieu et que sa conception notamment était d'origine divine.
Ce genre d'affirmation dans ce pays – est considérée comme hérétique – et peut conduire à la mort par lapidation de celle ou de celui qui l'aurait proférée.
Juste avant sa naissance, les futurs parents de Jésus avaient dû se soumettre au recensement de l'Empire décrété par les Romains ; et pour se faire le légat de Syrie (une province voisine), Quirinus vint en Judée pour continuer ce recensement commencé en Syrie par le procurateur Sabinus.
La loi romaine précisait que les familles devaient regagner le lieu d'origine du chef de famille pour être recensées.
Joseph l'époux de Marie étant originaire de la Judée et de la lignée de David, partit donc avec Marie pour le recensement à Bethléem la ville attribuée à ce roi, située au sud de Jérusalem.
Mais Marie était sur le point d'accoucher et Joseph dut trouver un endroit propice en dehors de la ville, les Hôtels étant complets à cause du recensement.
La légende dorée instituée par la suite par la famille précisait que Marie avait accouché dans une étable et que des personnages importants seraient venus de régions lointaines pour saluer cette naissance nouvelle ; Jésus étant considéré par les personnages comme « le nouveau roi » ; et comme ils racontaient qu'ils avaient suivi une étoile qui les avait amenés à Bethléem, ils considéraient donc cette naissance comme ayant également une origine divine.
C'est probablement une histoire inventée de toute pièce, mais elle a inquiété suffisamment leur roi d'alors – Hérode dit : « le grand » (nommé par les Romains) – qui prudemment fit massacrer les premiers nés de son royaume !
Avertis, on ne sait comment, les parents ont pu fuir vers un pays voisin, l'Égypte.