CHAPITRE 1 : (Marc)
Marc posa sa Bible d'un geste brusque sur le chevet du lit et soupira de colère en pensant au rôle qu'avait joué la femme dans la perte de l'humanité. Si elle n'avait pas désobéi, tous seraient heureux à jamais, il n'y aurait pas eu la mort et surtout, il n'aurait pas perdu de nouveau un patient. Perdre un patient qu'on croyait convalescent, pour un médecin c'était le comble. Aujourd'hui quelqu'un avait rendu l'âme dans sa clinique, et depuis il n'avait pas le moral. Il voulait se réconforter en lisant la Bible, mais il était tombé sur le passage où l'homme désobéissait à Dieu, et celui-ci maudissait la terre.
La femme ! Toujours la femme ! Tout ce qui était mauvais venait de la femme. Heureusement qu'il n'était pas un dieu, il aurait trouvé un moyen adéquat pour que l'homme soit heureux sans cette créature vile. Il fut un temps, où il aurait donné sa vie pour une femme, pour « ELLE », mais la réalité lui avait apparu à un moment. Aucune femme ne valait la peine, elles étaient toutes des créatures infâmes, qui n'avaient qu'une seule chose en tête, assouvir leur désir, prendre plus de l'homme et surtout le laissé tomber bien après en piétinant son cœur sans aucun regret. Les femmes n'avaient pas de regret, elles étaient toutes hypocrites et voulaient diriger le monde. Il voyait de l'exemple partout autour de lui. Elles ne se privaient pas d'utiliser leurs charmes pour obtenir ce qu'elles voulaient. D'autres comme sa mère, ne se cachaient même plus. Elle était l'exemple du féminisme, pensa Marc amer. Cette femme usait de tous les moyens (chantage, menace, manipulation et bien pire encore), pour obtenir ce qu'elle voulait. Il n'avait jamais vu son père prendre une quelconque décision concernant la clinique et les autres entreprises médicales. C'était toujours sa mère. Elle disait qui il fallait voir, qui il fallait fréquenter et inviter. Elle n'acceptait aucun refus.
Mais c'était fini tout cela. Depuis son retour au Cameroun un an et demi plus tôt, il lui avait clairement montré qu'il n'accepterait plus des ordres venant d'elle. Et aujourd'hui il pouvait en être fier. Il était le seul dans son entourage à remettre sa mère à sa place sans battre de cils. Il l'aimait, c'était sa mère, mais il ne supportait plus sa tyrannie. Il ne supportait aucune tyrannie féminine de toute façon. Les femmes n'étaient rien d'autre que des femmes, même ELLE. Surtout ELLE, Sheena Odom. A ce nom, un frisson traversa le corps de Marc malgré la chaleur, et d'un bond, il se leva pour aller sur le balcon de sa chambre.
Il ne fallait pas qu'il pense à elle, elle ne valait pas la peine d'avoir une seule pensée. Ce n'était qu'un monstre et rien d'autre. L'hypocrisie incarnée, malgré la douceur qu'elle manifestait autour d'elle. Simplement de l'hypocrisie. Heureusement qu'il avait vu qui elle était vraiment.
Arrivé au balcon, il admira la vue. De sa chambre située au deuxième étage, il avait une vue admirable. Il n'avait pas à se plaindre, il venait d'une très bonne famille, son père était un grand homme d'affaire, sa mère était sénatrice et lui, il était médecin, à vingt-sept ans. Son frère cadet Jack était ingénieur, sa sœur Nancy était étudiante en Angleterre. Tous les trois étaient des héritiers de la grande famille Mvomo. Il fut un temps, il avait cru être l'homme le plus heureux de la terre, en rencontrant Sheena...
Bon sang ! Pourquoi ce nom revenait tout le temps dans sa tête ? Surtout aujourd'hui ? Il voulait se changer d'idées, penser à autre chose que la mort de son patient, mais voila que cette fille revenait sans cesse dans sa tête. Le téléphone dans la chambre se mit à sonner. Tout en prenant son temps, il entra, puis soupira en voyant le numéro de sa mère. Il ne manquait plus qu'elle pour que sa journée soit un gâchis total. Il savait que s'il ne décrochait pas, elle allait appeler jusqu'à obtenir satisfaction. Avec un gros soupir, il décrocha.
- Oui maman ? fit-il d'une voix impatiente.
- Ah Marc ! J'avais peur que tu ne décroche pas, je me suis dit que tu allais me sortir une excuse plus tard que tu n'avais pas ton téléphone près de toi. Mais voila que tu décroches sans que je n'insiste...
- Maman, je ne vois pas pourquoi je ne décrocherai pas tes appels. Seulement, je suis souvent réellement occupé tu sais.
- Bref, peu importe. Je t'appelle juste pour te demander d'être près, je suis chez toi dans quelques instants...
- Maman, je ne suis pas...
Clic ! Elle avait raccroché. Marc regarda son téléphone ahuri. L'appel de sa mère l'intriguait. D'habitude, elle mettait du temps à discuter en ligne, mais là, cela n'avait fait que quelques secondes. C'était bizarre. A ce moment, il se souvint de ce qu'elle venait de lui dire, elle arrivait chez lui ! D'un geste rapide, il prit sa veste sur le lit, mit ses téléphones dans ses poches, prit les clés de sa voiture sur la table de chevet, et sortit précipitamment de sa chambre. Il descendit les escaliers d'un pas rapide, et entra dans la cuisine où il trouva sa gouvernante.
- Odile, si ma mère me demande, je ne suis pas là. Je déjeune avec des amis.
Il n'avait pas encore fini de donner des instructions à sa gouvernante, que par la fenêtre, il vit le gardien se lever et ouvrir le grand portail. La voiture de sa mère traversa la cour et gara devant la porte d'entrée. Une femme qui paraissait à peine âgée d'une quarantaine d'années descendit de la voiture. En réalité, elle en avait cinquante-cinq ans, mais la chirurgie et les produits cosmétiques lui redonnaient un air jeune. Elle ôta ses lunettes, et jeta un regard détaillant autour d'elle. Vaincu, Marc sorti de la cuisine, et alla accueillir sa mère. Celle-ci le regarda arriver d'un air ironique.
- J'aurais tout parié que je ne te retrouverai plus chez toi, après mon coup de fil.
Ils s'embrassèrent chaleureusement.
- Tu n'as pas totalement tord maman, je vais de ce pas à la clinique.
- J'y sors, et ta secrétaire m'a dit que tu avais annulé tous tes rendez-vous. Alors ne m'invente pas d'histoire. Entrons plutôt, je meurs de chaud. Et dis à ta bonne de nous apporter des rafraîchissements dans le jardin. Et par pitié, qu'elle n'oubli pas les glaçons.
Marc ne parut même pas surpris que sa mère donne des ordres chez lui. Il était habitué, et savait aussi que de sa cuisine, Odile n'avait pas perdu une miette des ordres de sa mère. Tous les deux passèrent par le jardin et prirent place à l'ombre des feuilles de cocotier. Marc avait fait installer des chaises afin de profiter de l'air frais dans l'ombre.
A peine installés, Marc sut que sa mère n'était pas là par hasard. Elle ne se déplaçait jamais pour rien.
- Que me vaut l'honneur de ta visite ? Tu sais bien que dimanche je serai venu pour le dîner hebdomadaire de la famille.
- Ce que j'ai à te dire ne prendra pas trop de temps. Et pour voir mon fils, je n'ai pas besoin d'un jour précis.
Odile arriva avec des boisons, et repartit à l' instant.
- Que veux-tu me dire ? demanda Marc soupçonneux.
Cela commençait à l'inquiéter vraiment. Avec la présence de sa mère quelque part, il fallait s'attendre au pire.
- Dis-moi, je ne te vois plus du tout avec cette fille qui était venue déjeuner un dimanche avec nous, fit sa mère en portant son verre sur les lèvres.
- Laquelle ? s'enquit Marc. Miss Cameroun ? Oh, c'est fini entre nous.
- Ce n'est pas, une si grande perte. Cette fille était tout sauf une miss. Et tu n'as personne en vue en ce moment ? Je ne parle pas de tes histoires sans lendemains, mais du sérieux.
- Non, je n'ai personne en vue pour du sérieux.
- Tant mieux alors.
Sa mère avait un grand sourire, qui commença à inquiéter Marc.
- Où veux-tu en venir ? Et depuis quand mes amours t'intéressent ?
Elle afficha de plus en plus un large sourire.
- J'ai décidé de prendre ma retraite, et je vais te léguer la présidence de la clinique, mais aussi de mon entreprise et ma fondation.
Marc faillit lâcher le verre qu'il tenait en main. Il regarda sa mère avec surprise. Il s'attendait à tout, sauf à cela. Il savait bien qu'un jour, il hériterait de la clinique, mais pas de la fondation aussi, encore moins de l'entreprise de sa mère. Tout cela n'était autre que les bébés de sa mère, ses joyaux précieux. Il avait toujours rêvé de travailler dans la fondation humanitaire de sa mère, celle qui venait en aide aux orphelins, handicapés et pauvres du Cameroun. C'était une grande fondation internationale qui recevait des dons de partout dans le monde, grâce aux relations de sa mère. Et il avait toujours apporté de son aide dans cela. Et savoir qu'il deviendrait l'héritier principal était incroyable. Trop incroyable même, connaissant sa mère.
- Merci, j'en suis très heureux. Seulement, je me demande où se trouve le piège.
- Quel piège ?
- Je te connais mère. Tu es assez jeune pour penser à cette retraite anticipée. Je sais à quel point cela te tien à cœur, alors où est le piège ?
- Je suis sénatrice, j'ai déjà trop de boulot. Je n'ai plus le temps pour m'occuper de certaines affaires. Toi tu es jeune, et je sais a quel point cela te tien aussi à cœur. Je ne vois pas pourquoi tu penses cela de moi.
- Je voudrais te croire, seulement, je suis de ton sang. Je suis ton fils.
- Marc, tu es déjà un homme. D'ici peu, tu vas hériter de tout cela, et tu sais bien que cela oblige à devenir responsable.
- C'est-à-dire ?
- Se marier et chercher à fonder une famille.
Marc éclata de rire sans le vouloir, il se calma quelques instants plus tard sous le regard sévère de sa mère.
- Tu as bien failli m'avoir maman. J'ai cru durant un instant que tu étais sérieuse. C'est une bonne blague je l'avoue. Démission, héritage et mariage. Très drôle je t'assure.
- Ravi que tu trouves cela drôle, mais si tu me connais vraiment, tu devrais savoir que je ne suis pas de celle qui font des blagues. Tu vas te marier cette année et tu hériteras aussi de tout cela. Et comme tu viens de me dire à l' instant que tu n'as pas d'histoire sérieuse dans ta vie, j'ai pris les devants pour toi, et je suis allée voir Blaise Odom. Tu te souviens de lui ? Cet ami de ton père... évidemment que tu t'en souviens très bien, je sais que tu as une excellente mémoire. Voilà, je l'ai vu par rapport à sa fille, celle que tu aimais avant ton voyage. Et je lui ai demandé sa main à ta place.
Marc avait l'impression d'être dans un cauchemar, sa mère ne faisait que parler, mais il avait du mal à comprendre exactement ce qu'elle disait. Sa tête avait cessé de réfléchir à l' instant que le nom de Blaise Odom avait été prononcé. Elle parlait d'un mariage à venir. Que voulait-elle dire en associant mariage et la famille Odom ?
- De quoi est-ce que tu parles maman ? demanda-t-il en retrouvant l'usage de la parole.
- Je te parle de ton futur mariage avec Sheena Odom. Tu te souviens, tu me parlais de mariage cinq ans plus tôt. Seulement, vous étiez si jeunes à l'époque. Mais aujourd'hui, je ne vois aucun inconvénient à cette union.
Marc regarda sa mère, et ne put se contenir.
- Mais qu'est-ce qui ne va pas avec toi ? Tu penses que le fait d'être ma mère te pousse à prendre des décisions sur ma vie ? Tu te trompes, il n'en est rien, je ne vais épouser personne ! Tu entends ça ? Personne. Surtout pas cette...Cette fille ! Jamais. Tu devras te trouver quelqu'un d'autre qui décidera de te suivre, moi il n'en est pas question. Si tu veux un mariage, tu n'as qu'à demander à Jack, c'est lui qui est fiancé en ce moment, pas moi. Tu n'en as pas assez de vouloir contrôler la vie de tout le monde ?
Au lieu de répondre, Geneviève se leva, elle plia soigneusement ses lunettes dans son sac. Et regarda son fils.
- Tu vas m'écouter très attentivement cette fois-ci Marc Oliver Mvomo. Tu as jusqu'à ce soir pour accepter mon offre, sinon, demain, je veux ta démission sur mon bureau, et je te déshérite de tout, en revendant tous mes biens aux chinois. Je te préviens, j'ai tous les droits sur tout ce qui concerne ton père. Tu n'étais pas né quand on avait commencé à bâtir tout cela, tu n'étais pas là non plus quand on s'est rencontré. Je suis ta mère, et sur toi, j'ai tous les droits que tu le veuilles ou non. Tu penses que tu peux jouer à ce jeu avec moi ? Tu te crois grand, mais tu n'es qu'un égoïste. Quand je te regarde, je ne vois en rien le fils que tu as été autrefois. Je vois juste un gros idiot qui se croit déjà tout permis simplement parce qu'il se dit déjà médecin. Tu te trompes si tu penses que tu as une autre option pour hériter de ce que j'ai bâti de mes mains. C'est moi qui te fixe les règles. Tu veux tout, tu prends tout ce que je te donne. Je dis bien TOUT ! Sheena Odom y compris. Sinon, tu peux toujours rêver ! N'oublis pas, tu as jusqu'à ce soir pour me donner ta réponse chez moi et en personne. Je veux entendre ta décision de vive voix, cher fils.
D'un geste digne, elle sortit, sans lui laisser le temps de répliquer quoi que se soit. Au fond de lui, Marc n'avait jamais vu une si grande colère dans les yeux de sa mère. Et il sut à cet instant précis qu'elle était plus que sérieuse. Et même s'il demandait de l'aide a son père, il savait bien qu'il ne ferait rien pour lui venir en aide. Pour son père, Geneviève avait le contrôle de tout. Elle se contentait juste de lui rendre des comptes tels qu'elle avait décidé, et lui, il ne faisait rien d'autre que d'accepter. Une fois de plus, Sheena avait réussi à mettre de la pagaille dans sa vie. Mais cette fois-ci, elle allait le payer très cher.
A SUIVRE ;)
CHAPITRE 2 (Sheena)
- Oh mon Dieu! Je vais me marier...Je vais me marier...
Voilà ce que ne faisait que répéter Sheena tout en sautillant de joie dans sa chambre.
- Enfin...Enfin, fit-elle en tombant sur son lit.
Elle était tellement surexcitée qu'elle crut à un moment qu'elle allait exploser de joie. Elle essaya tant bien que mal de se contenir, de peur d'attirer le courroux de son père une fois encore. Elle ne put s'empêcher cependant de lever sa main et de regarder son annulaire, où très bientôt Marc allait mettre l'alliance. Marc...
- Alors les rêves se réalisent vraiment ? Les contes de fées existent il ne fait aucun doute. La preuve, je vais me marier avec mon prince...On va s'aimer et vivre heureux jusqu'à ce que la mort nous sépare.
Marc était revenu, oui, il était là pour elle. Après toutes ces années, il avait tenu à sa promesse de revenir, et vivre avec elle. Pourtant, Sheena avait cru que tout était fini entre, qu'elle ne comptait plus pour lui. Au début, Marc lui envoyait des messages, puis un jour, il n'avait plus jamais répondu ni a ses appels ni a ses mails. Pendant cinq ans, elle avait cru que cet amour entre eux était mort. Mais voila qu'il était là, et avec une bague en plus ! Sheena respira un grand coup, puis croisa les mains devant elle en criant un merci silencieux les yeux levés vers le plafond.
Elle n'avait pas eu le temps de voir Marc et sa mère une heure plus tôt, son père lui avait ordonné d'attendre dans sa chambre, et de ne venir que si on faisait appel à sa présence. Au début, elle avait cru que c'était parce que son père ne voulait pas qu'elle revoit Marc, après le scandale de cinq ans plus tôt. Mais de sa chambre, on entendait très bien la conversation venant du salon. Et la mère de Marc ne parlait pas à voix basse. C'est ainsi qu'elle avait entendu Geneviève demander sa main à son père. Pas Mina, mais Sheena ! C'était incroyable. Ainsi, Dieu lui venait enfin en aide, après toutes ces années de souffrances silencieuses, elle allait avoir son propre foyer, mais surtout diriger sa vie comme elle le voulait. Marc était quelqu'un de merveilleux, leur amour était pur, et elle était sûre et certaine qu'il était devenu un homme encore plus incroyable. Entre eux, ça serait du bonheur. Ils allaient mener une vie parfaite, et avec le temps, Sheena pourrait oublier tout ce qu'elle avait vécu depuis son départ de l'Angleterre.
Elle se souvint de leur première rencontre, cela avait été le coup de foudre entre eux. Tout le monde savait que son père rêvait que Mina épouse l'un des héritiers de la grande famille Mvomo, mais le coup de foudre entre Marc et Sheena avait été le plus fort. Jamais Sheena n'avait voulu prendre la place de Mina, mais elle aimait Marc plus que tout. Seulement, cet amour lui avait causé trop de tortures... Elle chassa rapidement les mauvais souvenirs qui essayaient de l'envahir. C'était un nouveau départ pour elle, alors plus de soucis, juste du bonheur à venir.
Quelques coups furent frappés sur sa porte, et Sheena sursauta. Elle sut que c'était son tour d'entrer en scène, de décider si oui ou non elle voulait épouser Marc. Mais rien ni personne, (surtout pas son père) n'allait l'empêcher de dire oui à l'homme qu'elle aimait. Son cœur se mit à battre rapidement, lentement, elle se leva et s'ajusta comme elle put, puis sortit rejoindre sa mère qui l'attendait devant la porte de sa chambre. Toutes les deux allèrent au salon, où se tenait la réunion. Quand Sheena fit son entrée, les voix se turent, et tous la regardèrent.
- Marc... elle ne put s'empêcher de murmurer son nom.
Elle sentit les picotements le long de son échine, tandis que son regard ne quittait pas Marc. Celui-ci ne cessait de la détailler. Elle lui fit un sourire, il ne répondit pas, continua de la regarder avancer. On aurait dit qu'il ne semblait pas la voir. Sheena se demanda bien à quoi il pensait. Avait-elle changé ? Etait-elle, la même ? Bon sang, pourquoi ne cessait-il pas de la regarder avec cet air là. Il savait bien qu'elle ne supportait pas le regard d'autrui sur elle. Elle ne pouvait pas s'empêcher de devenir gauche. Mais il ne la quittait pas des yeux. A un moment, elle trébucha sur les jambes de son père, et faillit tomber sur lui, si sa mère près d'elle, ne la retint pas. Sheena voulut entrer sous terre tellement elle avait honte.
- Il faut l'excuser, c'est l'émotion de le revoir sûrement, fit sa mère d'une petite voix discrète.
Marc lui jeta un regard ironique, dans lequel Sheena crut lire du mépris !
- J'ai besoin d'air, dit-il soudain.
- Tu ne peux pas sortir maintenant, alors que Sheena est là ! s'écria Geneviève.
- Ecoute, je t'ai dis que la réponse est oui, alors je te laisse le soin de tout arranger comme toujours. Ne me demande pas plus s'il te plaît...
- Marc... !
Sans aucune façon, il se leva et sorti sur la véranda. Un silence glacial plana sur les personnes présentes dans la pièce. Geneviève, la mère de Marc s'éclaircit la voix, et gratifia Sheena d'un beau sourire.
- Sheena ! Tu es encore plus belle que dans mes souvenirs.
- Merci. Désolée de ne pas vous avoir salué, juste que je suis très troublée.
- Ne t'en fais pas pour cela ma chérie. Et moi, je m'excuse du comportement de Marc, juste de l'émotion. Tu le connais, c'est un homme il a besoin de cacher ses émotions.
Sheena eut un sourire gentil. Seulement, ce qu'elle avait cru lire dans les yeux de Marc, n'était pas le regard du Marc de ses souvenirs.
- Oui, je comprends tantine. Moi aussi, je suis toute émue de le revoir.
- Sais-tu pourquoi Marc et moi sommes là mon enfant ? demanda Geneviève.
Sheena ne sut, si elle devait mentir ou alors dire qu'elle avait entendu la conversation de sa chambre. Mais, Geneviève ne lui laissa pas le temps de répondre, elle sortit un énorme écrin blanc, et posa cela devant Sheena. Celle-ci vit son père écarquiller tout aussi les yeux de surprise, on aurait dit qu'il ne s'attendait pas aussi à cette bague.
- Marc est trop timide pour te le demander lui-même, alors, je vais le faire à sa place. Veux-tu me faire l'honneur de devenir ma belle-fille, en épousant Marc Mvomo, mon fils ainé ?
Geneviève ouvrit l'écrin, et Sheena eut devant ses yeux, la plus magnifique des bagues. Elle était couverte de diamant, avec au centre, une magnifique émeraude. Sheena ne put contenir les larmes qui coulaient de ses yeux, c'était magnifique ! Et cela l'aurait été encore, si c'était Marc qui la lui donnait en personne, pensa-t-elle avec regrets. Mais peu importe, la bague était là, ainsi que la demande. Sa mère elle non plus ne pouvait contenir ses larmes.
- Que de pleurer comme tu es en train de le faire, réponds plutôt à madame Geneviève, lui lança soudain son père, qui parlait pour la première fois.
Sheena sursauta, et revint dans la réalité.
- Oui, oui je voudrais épouser Marc...murmura-t-elle en prenant l'écrin. Elle est si belle...Merci.
- Très bien, alors le mariage est arrangé...fit Geneviève en se levant pour prendre Sheena dans ses bras.
- Mmm, fit soudain son père. Arranger c'est vite dit Geneviève, tu ne crois pas ?
Toutes les femmes dans le salon se tournèrent vers lui, sans comprendre.
-Je crois que tu as oublié mon autre fille Mina. Elle aurait bien aimé dire un mot sur le mariage de sa sœur, après tout c'est sa seule sœur. Donc elle mérite aussi sa part dans la dot je crois bien ? Et je voudrais aussi que Marc confirme de vive voix que c'est Sheena qu'il veut épouser.
- Ne t'en fais pas, en ce qui concerne ton autre fille. Elle aura tout ce qu'elle veut. Dis lui de m'envoyer sa liste d'ici demain. Et pourquoi doutes-tu de mon fils, quand je te dis qu'il veut se marier avec Sheena.
- Si je ne me trompe, il correspondait avec Mina quand il était en Angleterre, et je crois savoir qu'il l'apprécie beaucoup. Et son comportement porte à confusion. C'est lui qui devait mettre la bague sur le doigt de Sheena, mais il est dehors en ce moment.
-Je ne nie pas qu'il apprécie ton autre fille, seulement il y a une différence entre apprécier et aimer. Il aime Sheena. Et va l'épouser, pour cela ne t'en fais pas. D'ici un mois, le mariage sera célébré. Je vais tout prendre en charge comme je le disais plus tôt. Tu recevras la dot et les cadeaux qui vont avec.
Elle marcha vers la porte.
- Marc ! appela-t-elle.
- Quoi encore ? répondit celui-ci d'une voix sourde.
- Viens ici s'il te plaît.
Il entra. A son air, on pouvait voir qu'il n'était pas du tout content de tout ceci. Mais Geneviève fit celle qui ne voyait rien.-
- Blaise doute de tes intentions sur sa fille. Pire, il pense que tu confonds de jumelle. Alors, dis-lui qui tu veux épouser, afin qu'il soit tranquille.
Marc soupira.
- C'est celle-ci que je veux épouser. Je veux dire Sheena, pas Mina. J'avais promis à Sheena de l'épouser, alors je viens tenir à ma parole.
Puis il sortit, sans jeter un seul regard à Sheena.
Geneviève se tourna vers Blaise.
- Tu es rassuré mon ami ? demanda-t-elle.
- Maintenant oui. Je ne vois aucun inconvénient à ce mariage.
- Très bien alors, tout est réglé. Je vais transférer l'argent de la dot dans ton compte. Je dois partir, mais tout a l'heure, mon chauffeur viendra prendre Sheena pour la conduire chez moi. Nous devons commencer les préparatifs. Et si ta femme veut venir pas de soucis.
- Elles seront prêtes, répondit Blaise.
Geneviève sortit rejoindre Marc dehors, et celui-ci monta une fois dans la voiture, sans venir leur dire au revoir. Sheena les regarda partir de la fenêtre du salon, le cœur lourd. Pourquoi Marc se comportait-il ainsi ? Que se passait-il ? Elle mit quelques secondes à se rendre compte que son père lui parlait.
- Parce que madame va se marier, qu'elle n'écoute plus quand on lui parle n'est-ce pas ? dit-il soudain en se levant de sa chaise.
Sheena fit quelques pas en arrière, tandis que sa mère essayait d'arrêter son père par la manche, mais il se dégagea.
- Désolée père, je réfléchissais...Je m'excuse.
- Tu devrais être désolée. Car cette bague, aurait dû revenir à Mina. Elle au moins elle aurait su quoi en faire. Mais le mal est fait. Tu as encore réussi à attirer toute l'attention sur toi comme toujours.
- Je...
- Tais-toi ! Tu veux répondre quand je te parle ?
Il se plaça devant elle d'un air menaçant. Sheena baissa les yeux et essaya de retenir les larmes qui perlaient de ses yeux.
- Tu sais quoi ? Tu vas assumer tes actes. Je te préviens, dès que tu épouses Marc, tu prendras en charge toute la famille. Peut importe le problème qu'il y aura, tu devras répondre présente. Et si par malheur tu me fais honte, je vais te faire regretter d'être née. Et toi qui es si intelligente, dis-moi comment annoncer à Mina que tu vas épouser son fiancé...
Cette fois-ci, les larmes coulaient des yeux de Sheena. Elle lança un regard désespéré à sa mère, celle-ci était assise sur son fauteuil. Depuis toujours, Sheena savait qu'aucune aide, ne viendrait d'elle pour la défendre contre les coups de son père.
- Si tu veux, je vais dire non à la demande en mariage, je ne voudrais pas créer de probl...
Pan ! Sheena n'eut pas le temps de voir arriver la gifle. Elle porta la main à sa joue afin d'atténuer la douleur. Son père la regardait avec des yeux noirs.
- Et quelle raison vas-tu donner petite sotte ? Le mal est fait, alors assume. Si tu crois que tu vas me faire jouer le mauvais rôle dans cette histoire, tu te trompes. Si tu voulais que tout ceci n'arrive pas, tu n'aurais pas dû séduire le fiancé que j'avais choisi pour ta sœur. Maintenant dégage devant moi avant que je ne fasse un geste qui va te défigurer...
Sheena ne se le fit pas dire deux fois, elle se précipita dans sa chambre, et s'enferma à double tour. Elle s'adossa sur la porte, et sera très fort l'écrin qu'elle tenait dans sa main. C'était son salut, la clé qui lui permettrait de sortir de cette tyrannie paternelle. Elle avait cessé de se demander depuis toujours pourquoi elle avait droit aux coups, et Mina aux câlins. Mais cette fois-ci, tout était fini, d'ici un mois, elle épouserait Marc, l'homme de sa vie, et tous les deux allaient vivre heureux a jamais. Et elle allait enfin lui révéler le grand secret qu'elle gardait enfoui depuis plus de cinq ans.
CHAPITRE 3 (Mina)
Mina composa le numéro de Marc, il fallait qu'elle lui parle, il n'allait pas s'en tirer comme cela ce fils de P****. Son père venait de lui dire que la famille de Marc était venue demander la main de Sheena. Donc, il s'était foutu d'elle et lui avait aussi menti sur ses sentiments. Mina n'avait qu'une hâte, entendre sa voix, et lui dire ce qu'elle pensait de lui. Il décrocha à l'instant.
- Tu vas te marier avec elle ? cria-t-elle quand elle l'entendit dire le fameux « Allô »
- Ecoute mina...commença Marc.
- Tu vas te marier ? Qui plus est, avec Ma sœur ? Sheena ? Dis-moi que c'est une blague, que c'est juste une farce pour me punir de t'avoir fait faux bond la dernière fois que je devais venir passer le week-end avec toi à Kribi. Si c'est pour cela que tu veux me punir, je suis désolée chéri. Je ne pouvais pas, j'avais un défilé urgent.
Marc soupira au bout du fil.
- Non, cela n'a rien à y voir avec toi, rassure-toi, j'avais compris. Et ce n'est pas une blague le mariage avec ta sœur. Je vais me marier avec elle. Désolé...
- Ferme-là ! Tu m'entends ? Ferme-là Marc. Désolé, c'est tout ce que tu trouves à me dire n'est-ce pas ? Tu te fiches de moi c'est ça ? Après tout ce que tu m'avais dit sur elle, à quel point tu la détestais et là, j'entends que tu vas l'épouser. Ce n'est pas possible... S'il te plaît dis-moi que ce n'est pas vrai...
- Mina, ce n'est pas ce que tu crois. Je n'ai pas eu le choix. Ma mère m'a posée une condition que je ne pouvais pas refuser...Je ne l'épouse pas parce que je le veux, mais parce qu'il le faut.
- Tu avais un couteau sur la gorge en lui demandant ta main ? Tu me dis que tu n'avais pas le choix, un grand gaillard comme toi ?
- C'est plus que cela, je vais être président de toutes les sociétés de la famille. Et la seule condition de ma mère est que j'épouse ta sœur. Apparemment elle ne sait rien sur elle. Elle croit toujours que c'est une sainte.
- Je sais très bien que ta mère ne m'apprécie pas, et Dieu seul sait pourquoi d'ailleurs, mais je ne comprends pas pourquoi son choix s'est arrêté sur Sheena ! C'est injuste Marc, je t'aime moi. Et si c'est pour la beauté, je suis plus belle que ma sœur ! Et même si je n'ai pas fait des études universitaires, j'ai eu mon bac tout de même. Alors dis-moi pourquoi moi je n'ai pas pu faire l'affaire ? Pourquoi n'as-tu pas dit que tu voulais que se soit moi la condition ?
- Tu voulais que je fasse quoi au juste ? Que je dise non ? Elle a insisté que se soit ta sœur et personne d'autre. Tu crois que je n'ai pas essayé de la raisonner ? Elle est catégorique sur sa condition. Ta sœur ou rien.
- Donc c'est pour de l'argent que tu épouses Sheena ? Et nous alors ? Tu en fais quoi de notre histoire ? Tu l'aimes encore c'est ça ?
Marc soupira de plus belle au bout du fil.
- Ecoute...cela n'a rien à y voir avec l'amour. Et j'ai fait tout cela pour préserver les entreprises dans la famille. Je n'ai jamais dit que j'allais m'engager personnellement avec elle. Ce mariage sera juste officiel sur le bout de papier, et rien de plus qu'un mariage fictif. Ma mère aura ce qu'elle veut, un mariage, et moi j'aurais tout. Elle ne pourra plus prendre des décisions sur quoi que se soit. Elle croit m'avoir, pourtant c'est elle qui va se faire piéger.
- Humm je retrouve là mon Marco chéri. Un mariage n'empêche pas le divorce n'est-ce pas ?
- Exactement ! Alors cesse de stresser et de m'agresser au téléphone en imaginant une quelconque histoire d'amour avec ta sœur. Je ne la toucherai plus jamais.
- Il y a de cela cinq ans je ne l'avais pas imaginé si je me rappelle bien. Tu avais bien eu une liaison avec ma sœur, et malgré toutes mes tentatives pour te séduire, tu n'étais pas tombé, tu n'avais d'yeux que Sheena, ta déesse ! Alors excuse-moi si je m'inquiète quand on me parle de mariage entre vous !
- Je vais devoir te laisser, j'ai une consultation tout à l'heure. Mais j'espère te voir au mariage ou avant.
Marc éclata de rire, tandis que Mina l'imitait tout aussi.
- Evidemment, je serai là. Ce n'est pas tous les jours qu'on assiste à une parodie d'amour en direct. Je vais prendre du plaisir à te voir promettre devant tout le monde que tu vas l'aimer et la chérir ta bien aimée...
- Bye Mina. Et à bientôt. Depuis que cette histoire a débuté, je n'ai plus assez de temps pour moi.
Marc raccrocha. Mina regarda le téléphone durant quelques secondes, puis, un sourire apparut sur ses lèvres. Durant un court instant, elle avait eu peur que l'amour entre Sheena et Marc soit de nouveau d'actualité, malgré tous les efforts qu'elle avait faits pour les séparer. Mais, Marc l'avait rassuré, il ne faisait que cela pour son héritage. Et après le divorce de Sheena, plus rien ne l'empêcherait, elle Mina Odom de devenir la femme de Marc Mvomo, et d'empocher tous les millions entend que femme de Marc. La vie était vraiment une chance pour ceux qui la méritait, comme elle. Que devait-elle demander de plus ? Elle était mannequin dans l'une des plus grandes agences du Cameroun, elle était belle et bientôt elle allait avoir un appartement de rêve juste pour elle grâce à la dot de sa sœur. Elle fouilla à nouveau un numéro sur son téléphone, et lança l'appel.
- Bonjour ma moitié...fit la voix de Sheena au bout du fil.
- Salut sœurette ! Comment tu vas ?
- Ça va ma chérie, et toi ?
- Tsuip, tu veux que ça aille comment ? Si toi en qui j'ai le plus confiance, me cache des choses ? Quand est-ce que tu allais me dire que tu vas te marier ?
- Oh ma chérie s'il te plaît pardonne-moi. Et pour ma défense, je ne le savais pas, jusqu'à hier soir. J'étais tellement surexcitée que j'ai oublié de te le dire. Toi ma sœur chérie. Je suis vraiment désolée et impardonnable je le sais.
Mina eut un sourire que Sheena ne vit pas de l'autre côté du bout du fil.
- Pas grave, tu es pardonnée. Dis-moi, alors tu as revu Marc...
Sheena soupira.
- Si je l'ai revu ma sœur. Mais je ne sais pas ce qui se passe, il était bizarre. Il ne m'a même pas dit un mot je t'assure. Si sa mère ne m'avait pas donné la bague de fiançailles, je crois que j'aurais juré que ce n'était pas vrai. Mais il a bien dit à notre père que c'était moi qu'il voulait épouser. Dis-moi, toi aussi tu es une cachotière ma sœur.
Mina sursauta.
- Comment cela ? Ce n'est pas moi qui ai oublié de dire à sa jumelle qu'elle allait se marier.
- Tu ne m'avais pas dit que tu correspondais avec Marc quand il était en Angleterre. Je l'ai su par père quand Marc demandait ma main. Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu avais de ses nouvelles ?
- Qu'est-ce que tu vas t'imaginer sœurette ? Oui j'avais des nouvelles de Marc, mais je ne pouvais rien te dire. Il me l'avait formellement interdit. Mais ce n'est pas ça le plus important, tu vas te marier avec lui, tu vois que j'avais raison de te demander de toujours croire en lui. Il a tenu à sa promesse de revenir pour toi.
- Mais je n'ai pas compris pourquoi père lui a demandé s'il ne se trompait pas. Je me dis que père ne s'est pas encore remis que se soit moi que Marc aime, mais j'ai trouvé cela bizarre. Car je sais que tu ne vois plus de problèmes à ce que je sois avec Marc n'est-ce pas ?
- Sheena, tout cela c'est du passé. Je suis ta sœur et je veux ton bien. Marc t'aime, tu l'aimes alors je ne peux que te souhaiter tout le bonheur du monde.
Mina entendit les reniflements de sa sœur en ligne. Elle pleurait ! Quelle idiote cette fille. Comment était-ce possible qu'elles soient sœur.
- Merci Mina, merci beaucoup pour tout ton amour et ton soutien. Tu es la meilleure des sœurs.
- De rien. Bon, je vais devoir te laisser. Mais j'arrive d'ici demain, je veux être là pour préparer ton mariage. Bisous, prends soin de toi.
Mina raccrocha, et ne put contenir le fou rire qui l'habitait. Quand elle se calma, elle alla dans sa douche et se regarda dans le miroir. Puis, envoya un texto à Marc.
« Cc chou, une photo de moi pour que tu ne confondes pas de jumelles. Je pense à toi très fort, et je serai là demain. J'ai hâte d'être dans tes bras. Je t'aime... »
Elle prit une photo et l'envoya aussi en pièce jointe. Quelques instants après, la réponse ne se fit pas attendre.
« Humm toujours aussi belle, tu me donnes envie a cet instant. Et ne t'inquiète pas, je ne peux plus confondre. Je t'attends demain soir et j'espère que tu auras plus qu'une simple photo pour moi. Prends soin de toi »
Il avait aussi joint une photo de lui torse nu.
Mina sourit, et s'apprêta pour aller à sa séance de shooting.
A SUIVRE....HMMMM